Disclaimer : ni Declan ni Peggy ni Miranda ne m'appartiennent…. Vous le savez sans doute sinon vous ne seriez pas là. Le titre lui est de Victor Hugo. Les autres persos et l'intrigue m'appartiennent toutefois.

L'histoire, justement, c'est celle de la résurrection d'un cadavre… Un peu de POV Miranda et de POV Declan par-ci par là… Un D/M implicit ? C'est vous qui voyez… Et je veux des reviews ! pliiiz ! Au programme aujourd'hui, l'arrivée d'un personnage qui fout les jetons (et non, ce n'est pas le zombie Sandra...). J'ai le plaisir de vous présenter Mr Galeon, et en plus il existe en vrai sauf qu'il s'appelle pas comme ça et qu'il enseigne à l'UBS...

Chapitre 4 - Venez dire bonjour à votre sœur !

L'inspecteur Le Leannec les mena directement à l'hôpital de Sandra, dans la banlieue de San Diego. Il avait choisi sciemment de la confier à un petit hôpital pour ne pas ébruiter la nouvelle de ce phénomène encore inexpliqué.

« C'est moi qui ai pris l'affaire Sandra Fiegelstein en charge dès que j'ai senti que les choses allaient tourner au vinaigre. Je l'ai confié à un médecin avec qui il m'arrive de travailler, le docteur Galeon. Normalement, c'est la seule personne dans cet établissement qui est au courant de toute l'affaire ; c'est à dire du fait que sa patiente est décédée il y a plusieurs années. Pour le reste du personnel, il s'agit juste d'une jeune femme qui a vécu une expérience assez bouleversante qui doit rester confidentielle. J'ai délégué un homme à la garde de sa chambre, mais avant que vous ne la voyez je pense qu'il serait préférable que vous discutiez avec son médecin. Si vous voulez bien m'attendre ici, je vais voir s'il est disponible. »

Declan et Miranda s'assirent dans deux des fauteuils verts qui s'alignaient le long du mur. Ils avaient l'habitude de fréquenter l'établissement où travaillait Peggy, leur amie psychiatre, et celui n'en différait guère. Dans le va-et-vient général des blouses blanches et des patients, personne ne leur prêtait attention. Miranda se laissa aller contre le dossier, les mains croisées sur ses genoux.

« Je pense que je te dois des explications. »

Declan sursauta. Si Miranda pensait qu'il lui en voulait de n'avoir rien dit... « Miranda, tu n'es pas obligée si... » Il ne sut pas dire si quoi.

« Ma sœur et moi ne nous connaissions pas vraiment. Il y avait une grande différence d'âge entre nous - elle avait déjà dix-huit ans quand je suis née. Elle n'habitait pas avec nous, je la voyais quelquefois, durant les vacances. Je n'ai pas beaucoup de souvenirs d'elle. Elle vivait déjà aux Etats-Unis à l'époque, elle enseignait le Français et l'Allemand à Seattle. »

« Comment te sens-tu ? »

Elle le regarda, sourit faiblement. « Je ne sais pas. Je ne sais pas comment prendre ça. C'est étrange, je n'ai pas le sentiment d'être tellement bouleversée par cette nouvelle. C'est terrible non ? Ca montre le peu qu'il y avait entre elle et moi. Je n'arrive pas à être heureuse de son retour. C'est comme si j'étais sur le point de revoir une lointaine cousine dont je n'ai pas eu de nouvelles depuis longtemps. »

Elle fit une pause. « L'été où elle est morte, nous avons passé une grande partie des vacances ensemble, rien que toutes les deux. C'est triste que ce soit juste au moment où nous ayons commencé à nous rapprocher qu'elle soit partie. Mais en réalité je ne m'en souviens pas vraiment. Je n'avais que dix ans. »

Miranda semblait prête à continuer, mais Le Leannec revint, accompagné d'un homme brun en blouse blanche, lui aussi, court sur pattes. Il leur lança un regard malicieux indéchiffrable, émit un bruit à mi-chemin entre la quinte de toux et l'éclat de rire, et tandis la main à Miranda.

« Alors voici la sœur de notre... miraculée. Enchanté, docteur Galeon. Ne faites pas cette tête ma petite, je montre les dents mais je ne mords pas. Quel âge avez-vous ? »

« Vingt-deux ans. » répondit automatiquement Miranda sans comprendre où voulait en venir l'homme.

« Vingt-deux ans, très bien, très bien, jeune fille, au moins on évitera le conflit générationnel inversé. Et vous jeune homme, qui êtes-vous ? »

« Oh, je suis Declan Dunn. J'enseigne l'anthropologie à l'université de l'Oregon. »

« Passionnant. Suivez-moi. »

Il les dirigea vers une salle vide où il les fit entrer, s'adossa à la porte pour qu'ils ne soient pas dérangés, et commença à parler sans leur laisser le temps d'intervenir.

« Bien, bien, bien. Eh bien, mademoiselle Fiegelstein, on peut dire que votre sœur nous donne du fil à retordre. Enfin vous n'y êtes pour rien. Je suppose que mon estimé collaborateur vous a déjà fait un résumé de la situation ? Il m'a amené il y a quelques heures une jeune femme morte il y a douze ans. L'autopsie ayant été effectuée par un confrère et néanmoins ami dont je n'oserais remettre en doute l'intégrité, vous pouvez imaginer mon ébahissement devant la situation. »

Miranda et Declan n'osèrent qu'opiner du chef.

« Et bien cet ébahissement est d'autant plus grand que la jeune femme en question se porte comme un ange, si je puis me permettre une telle comparaison. Non seulement elle est vivante, ce qui n'est pas rien étant donné qu'elle a passé douze ans sous terre, mais en plus elle m'a l'air de péter la forme, si vous me passez la familiarité, frôlant la vulgarité, de l'expression. Je ne sais vraiment que dire, si ce n'est que cette jeune femme n'a presque pas sa place dans un hôpital. Bien, vous vous doutez que je lui ai fait subir tous les examens possibles et imaginables dans le but d'amener la lumière sur cette obscure affaire aux effluves bibliques. Nous n'avons pas encore tous les résultats, mais à mon plus grand regret je vais devoir laisser ma miraculée - pardonnez mon attachement précoce - m'échapper, puisque telle est la loi et sa volonté. Nous avons toutefois pensé, monsieur Le Leannec et moi, qu'il serait plus sage de ne laisser la jeune demoiselle partir qu'avec un membre de sa famille, et il semble que vous ayez été la seule disponible. »

« Mes parents sont à l'étranger actuellement. » s'excusa presque Miranda.

« Mais vous ferez parfaitement l'affaire, je n'en doute pas, ma chère amie. Cependant je souhaiterais attirer votre attention sur deux points en particulier. Et quelques. ... Hum, d'abord, sur la ... fragilité psychologique qui pourrait saisir votre sœur au sortir de cette épreuve aussi rare qu'existentiellement bouleversante. Pour parler sans grands mots, disons juste qu'il est préférable, pour ne pas dire nécessaire, que votre sœur consulte un spécialiste dans les mois à venir. »

« Nous connaissons une psychiatre, ça tombe bien. » dit Declan. Miranda lui lança un regard noir, mais le médecin sembla apprécier.

« Bien, très très bien. Ensuite, je dois parler de ... euh, la faiblesse cardiaque de votre sœur. Selon mon confrère précédemment cité, elle est décédée d'une faiblesse cardiaque congénitale jamais détectée. Pour être honnête, étant donné les circonstances, je ne serais pas étonné d'apprendre qu'elle en ait été guérie, mais en attendant les résultats de ses examens je ne peux que vous adjurer de vous assurer qu'elle évite toute situation dangereuse telle qu'effort physique, ivresse, émotion forte, stress... Je pense que pour ce qui est du dernier point, mon collaborateur saura mieux vous parler que moi. »

« Oui, cela concerne les conditions purement matérielles... Avez-vous un endroit où accueillir votre sœur ? »

« Oh, ne vous faîtes pas de souci pour ça, répondit Miranda. Elle logera chez moi, je suppose, et si elle veut avoir son propre chez elle... Ce ne sera pas un problème. Enfin, ce que je veux dire, c'est que ma famille n'a pas vraiment... de problèmes d'argent. Tout ira bien. »

« Bien. De toute façon, votre sœur aura sans doute une pension, vu que la situation est exceptionnelle... C'est juste que les formalités pourraient prendre un moment. Nous aurons de nouveaux papiers d'identité dès demain soir, si les test ADN confirment l'identité de votre sœur. Aussi... je crois vous avoir tout dit. Je pense qu'on peut aller la voir, maintenant ? » demanda-t-il à Galeon.

Celui-ci acquiesça et les guida hors de la pièce sans un mot. Miranda s'accrocha au bras de Declan. Elle se sentait toute faible soudain. Ses jambes tremblaient et son ventre était tout retourné, comme avant un examen important. Sauf qu'aux examens, elle savait que sa peur n'était pas rationnelle. Non, c'était plutôt comme... une rentrée des classes. Une rentrée des classes dans une nouvelle école. L'angoisse de la confrontation avec tous ces étrangers.

Mais à la rentrée des classes, elle pouvait toujours se cacher derrière ses cheveux et tenter de se perdre dans la foule. Là, elle allait être seule.

Ils arrivèrent à une porte où un colosse en uniforme montait la garde. Il répondit au salut de Le Leannec tandis que Galeon, voulant sans doute faire de l'humour, l'implorait de le laisser entrer. Le médecin entra d'abord seul. Une aide-soignante quitta rapidement la pièce. Miranda avait évité de regarder quand la porte s'était ouverte. Elle avait les yeux baissés, et, c'était la première fois que Declan la voyait ainsi, elle se rongeait nerveusement l'ongle du pouce droit.

« Ca ira ? » demanda Le Leannec doucement.

« Hn hn » fit seulement Miranda en hochant la tête.

« Tu veux que je t'accompagne ou tu préfères y aller seule ? » lui chuchota Declan au creux de l'oreille.

« Reste avec moi ! s'écria-t-elle. S'il-te-plaît. » fit-elle d'un ton plus calme. Elle ne serait pas seule. Heureusement qu'elle avait demandé à Declan de venir. Sans lui, elle se serait sans doute enfuie en courant. Sans lui... qu'est-ce qu'elle serait ?

La tête de Galeon apparut dans l'embrasure, avec un sourire presque cruel.

« Allez, c'est votre tour mademoiselle Fiegelstein ! Venez dire bonjour à votre sœur ! »