Chapitre 4 :
Pour l'énième foisdepuis qu'il avait reçu ce mémo de la part du directeur de la police scientifique, soit une demi-heure, le lieutenant Caine relut ce qu'il contenait, n'y croyant pas. Il avait fallu qu'il appelle le directeur pour que ce dernier le lui confirme. Depuis, il se demandait comme annoncer cela.« Un problème avec cette feuille Horatio ? demanda une voix qu'il reconnut comme celle de son beau-frère.
L'interpellé leva la tête et vit Eric Delko dans l'encadrement de la porte de son bureau. Il sourit légèrement.
_ Non… enfin, c'est relatif. Calleigh, Natalia et Ryan sont arrivés ?
_ Oui.
Le chef d'équipe se leva et prenant le feuillet et un dossier, il quitta son bureau. Mais son air soucieux intrigua et inquiéta Eric.
_ Horatio, tout va bien ? C'est Marisol ?
Ce dernier sourit en entendant le nom de sa femme.
_ Oui, oui. Ne t'inquiète pas. Elle va bien, un peu fatiguée peut-être, mais tu la connais, tout plutôt que de l'admettre !
Eric sourit, reconnaissant là sa sœur, épouse d'Horatio. Ils pénétrèrent ensemble dans la salle de repos. Assises dans le sofa, Calleigh et Natalia parlaient chiffon sous le regard distrait de Ryan qui tentait de se concentrer, sur une grille de mots croisés, installé à la table. Eric regarda par-dessus l'épaule du jeune homme.
_ En six lettres : Secret. Ton « c » et ton « t » sont déjà placés.
_ Pouvez-vous m'écouter un instant ? leur demanda Horatio. Merci. J'ai une nouvelle à vous annoncer…
_ Une bonne ? demanda Calleigh.
_ C'est relatif. Vous avez tout eu vent du séminaire qui aura lieu en Californie dans quinze jours ? Eh bien, nous y serons tous les cinq. Nous représenterons le labo là-bas. Pour tous détails, je vous renvoie à ce mémo.
Il posa la feuille et ouvrit le dossier qu'il tenait.
_ A présent, les assignations. Calleigh et Natalia, vous travaillez avec Franck. Il y a eu un accident de la route à South Beach. Ne souriez pas, elle implique un membre de la mafia de la ville. Eric et Ryan avec moi. On a un cadavre dans la piscine d'un night-club. Eric, prends tes affaires de plongée, notre scène de crime est en partie sous les eaux !
_ Sexiste ? demanda alors Calleigh, un regard malicieux à Horatio.
_ Pourquoi ?
_ Les filles d'un côté les garçons de l'autre, expliqua-t-elle.
_ Franck est une fille alors ? demanda Eric. Ça va lui faire plaisir de savoir ça. Je crois qu'il ne s'en doutait pas !
Ryan et Natalia éclatèrent de rire, tandis que Calleigh mettait une tape sur le bras de son meilleur ami. Horatio sourit.
_ Bon, assez ri ! Au travail ! »
Tous s'éparpillèrent rejoignant leurs scènes de crimes respectives.
****
« Dis-moi Eric, demanda Horatio à ce dernier, alors qu'ils examinaient les indices tous les deux, de retour au labo. J'ai quelque chose à te demander
_ Oui ?
_ Veux-tu dîner à la maison ce soir ? Marisol trouve que cela fait longtemps qu'elle ne t'a pas vu. Elle m'a demandé de proposer de venir dîner ce soir.
_ C'est elle ou toi qui cuisine ?
_ Tout dépend de l'heure à laquelle nous rentrerons.
_ Ok. Je viendrais alors. Tu veux que je sois là pour la retenir au cas où elle te sauterait à la gorge quand tu lui annonceras que nous partons tous les deux pour une semaine ?
Horatio ne répondit pas. D'ailleurs, il ne put répondre car Ryan arrivait, un large sourire sur les lèvres. Les deux beaux-frères échangèrent un regard et un sourire qu'eux seuls comprirent. Ryan fronça les sourcils. Depuis le mariage d'Horatio avec la sœur d'Eric, les deux hommes partageaient une complicité qui l'intriguait et le mettait parfois mal à l'aise. Ils se comprenaient souvent à demi-mot et échangeaient des regards lourds de sens, mais incompréhensibles pour un œil extérieur. Quand il s'en était ouvert à Calleigh, la jeune femme l'avait gentiment rembarré, lui expliquant que cela était normal, et qu'ils avaient déjà cette complicité avant le mariage de leur chef. Horatio et Eric froncèrent les sourcils, devant l'expression de Ryan.
« Un problème Mr Wolfe ? demanda le chef d'équipe.
_ Non… mais nous avons une concordance ADN pour les cellules épithéliales retrouvées sous les ongles de notre victime. Il s'agit de l'homme qui a découvert le cadavre.
_ Ah ! lâcha simplement Horatio.
_ Ils avaient peut-être couché ensemble avant qu'elle ne soit tuée, fit Eric. Mlle Fyn était peut-être du genre sauvage au lit. Les femmes sont parfois leur parfait contraire quand elles sont au lit…
_ Si tu le dis… fit Horatio dubitatif. Bon, bien. Vous avez le nom ? Bien.
_ Sinon, vous vous avez quoi ?
_ Je regardais les empreintes que nous avons relevées quand Horatio est arrivé avec les vêtements de la victime, fit Eric.
_ Et ?
_ Nous allons interroger notre ami. Selon Alexx le meurtrier a utilisé une batte en acier comme arme du crime. Hors, j'ai regardé sur les photos prises. Mais rien. Eric, viens avec moi. Il va falloir que tu te mouilles ! Mr Wolfe, prenez sa place pour les empreintes voulez-vous ? »
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Horatio regarda sa montre et grimaça. Vingt heures trente… il avait dit qu'ils seraient rentrés pour vingt heures. Il prit sa veste, ferma son bureau et retrouva Eric dans le labo ADN, où le jeune homme attendait les résultats pour un préservatif trouvé dans la piscine. Les deux hommes n'avaient guère d'espoir. Enfin, le bip salvateur retentit. Ils se précipitèrent sur la feuille et lurent le résultat. Un soupir de soulagement leur échappa.
« Rien de neuf, lâcha néanmoins Eric d'un ton dépité, alors qu'ils se rendaient dans le bureau d'Horatio pour y déposer le dossier. Ça veut juste dire que ma théorie selon laquelle ils ont couché ensemble est la bonne… reste à savoir maintenant, qui l'a tuée ?
_ Excellente question, mais nous y répondrons demain. Pour le moment, nous sommes attendus ! »
Eric sourit en entendant le ton impatient de son beau-frère.
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« Eric ! Horatio ! Enfin vous vous rendez compte qu'il est passé neuf heures ?
_ Désolés, c'est ma faute, fit Eric en enlevant sa veste. Comment tu vas ?
_ Bien merci. Mais je commençais à m'inquiéter. Calleigh m'a dit que vous étiez encore sur une scène de crime quand j'ai appelé. Et Horatio ton portable ne répondait pas. Pas plus que le tien Eric.
_ Nous les avions laissés dans le Hummer, répondit son mari en l'embrassant. Je suis désolé de t'avoir inquiétée. Je suis pardonné ?
_ On verra. Fut la réponse. Allez vous rafraîchir dans la salle de bain. Vous sentez le tabac et l'alcool. Elle leur lança un regard soupçonneux.
_ Notre suspect tenait un night-club. Tu sais bien que nous ne fumons pas.
_ Dans la salle de bain ! Vous empestez »
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Le repas se passa dans une bonne ambiance, la jeune femme raconta sa journée, elle était passée voir ses parents et quelques-unes de ses amies.
_ Maman veut te voir, ajouta-t-elle à l'intention d'Eric, ta dernière petite-amie est passée les voir. Tu vas encore avoir des problèmes…
Horatio rit en silence sous le regard mauvais d'Eric. Après le dessert, le jeune homme décida qu'il était temps pour lui de rentrer. Il connaissait sa sœur et ne voulait pas être présent quand Horatio lui annoncerait la nouvelle. Les disputes conjugales, très peu pour lui ! D'ailleurs, il n'avait rien à craindre pour l'un ou l'autre des protagonistes. Le couple s'adorait trop pour se faire quoique ce soit.
_ Ma chérie, j'ai une mauvaise nouvelle, déclara le lieutenant alors qu'il ressuyait la vaisselle, après le départ d'Eric. Mon équipe et moi devons partir le 15 août pour une semaine et demie. C'est un congrès, et une équipe scientifique de chaque ville doit y aller. Manque de chance, c'est la nôtre qui a été choisie. Crois-moi, j'aurais préféré rester avec toi, mais…
_ Tu ne peux pas faire çà ! répliqua aussitôt Marisol en se retournant, les mains dégoulinantes d'eau. Pas faire cette semaine là. C'est la semaine de notre anniversaire de mariage ! Ne me dis pas que tu l'as oublié ?
Horatio ouvrit de grands yeux. Mince ! Comment avait-il pu oublier ? Un an de mariage !
_ Non, ce…n'est pas… çà. Je ne l'oublierais pas.
_ Menteur ! Je me demande comment tu fais pour arrêter des criminels alors que tu mens très mal ! Tu ne peux pas partir !
_ Je n'ai pas le choix, répliqua Horatio, son ton calme contrastant avec le voix vibrante de colère de sa femme. Crois-moi… tu sais pertinemment que c'est avec toi que je veux être.
_ Je ne parle pas de ce fichu congrès, non je parle de notre anniversaire de mariage. Comment tu as pu l'oublier ? Je me demande comment tu fais pour ne pas oublier que tu es marié.
_ T'entendre me suffit à ne pas t'oublier. Tu es ravissante quand tu es en colère ma chérie…
Elle lui sourit. Bingo ! Elle lui avait pardonné. La jeune femme enserra alors son époux dans ses bras et déposa un léger baiser sur ses lèvres.
_ Ma chemise… gémit ce dernier, tandis que des gouttes d'eau lui coulaient dans le dos.
_ M'en fiche…
Il lui sourit à son tour et elle l'embrassa. Il approfondit le baiser en la serrant contre lui. Décidément, il l'adorait. Elle qui était pourtant tout son contraire. Aussi vive que lui était calme… elle montrait ses sentiments et émotions alors qu'il les gardait pour lui… Deux parfaits contraires, comme disait Eric… mais deux contraires qui ne formaient plus qu'un oxymore… Un doux sourire fleurit sur ses lèvres.
_ A quoi tu penses ? lui demanda sa femme en levant les yeux vers lui.
_ A nous…
_ Je t'aime, souffla-t-elle.
De nouveau, il l'embrassa. Ils abandonnèrent la vaisselle pour se pelotonner dans leur lit. Marisol se blottit dans les bras de son mari, la tête reposant sur son épaule, tandis qu'il laissait ses mains se baladaient sous son chemisier. Elle déposait de petits baisers dans son cou.
_ Je t'aime, lui murmura-t-il au creux de l'oreille.
Le couple échangea un long regard, plus expressif que des mots, lisant dans le regard de l'autre le reflet de l'amour qu'ils éprouvaient l'un pour l'autre. De cet amour dont ils ne cessaient de s'émerveiller, de découvrir, de redécouvrir dans l'autre…
