Hermione accusa le choc. Elle regarda son ancien professeur.

- Vous pouvez répéter, je ne suis pas certaine de...

- Bon, Miss Granger, je comprends bien que ça ne vous enchante pas de vous retrouvez coincée avec moi mais vous n'avez pas le choix, dit-il d'un ton cassant.

- Non, ce n'est pas ça... mais... quitter le pays ?

Il soupira.

- Que ne comprenez-vous pas dans cette phrase ?

- C'est que...

- Sans vouloir vous offenser, j'avais d'autres projets également. Mais votre grand ami Potter a été formel sur le sujet, ma tête étant mise à prix par les partisans, il est préférable de quitter le secteur un moment. Le temps que l'Ordre fasse du ménage.

- Et ça ne vous dérange pas ?

- Je saute de joie, voyez-vous.

Il y eut un silence pesant pendant lequel il la toisa d'un regard méprisant. Elle finit par soupirer de désespoir. Quitter la ville, et le pays par la même occasion pendant que ses amis allaient une fois de plus se battre et être en danger... Elle se sentait dans la peau d'un traitre.

- Bienvenue dans les rangs, lâcha Snape avec ironie.

La jeune femme sursauta et le regarda, les yeux ronds.

- Auriez-vous oublié que je suis legilimens Miss Granger ? Et vous pensez horriblement fort lorsque vous êtes stressée...

Elle tenta de se reprendre, vexée qu'il ait lu dans ses pensées.

- Et concrètement ? Dit-elle d'une voix cassante.

- Concrètement, vous prenez mon bras et nous transplanons.

- Oh ? Vous savez où nous allons ?

- Oui.

- Et ?

- Vous verrez bien, prenez des affaires à vous si vous en avez besoin.

Hermione disparut avec frustration dans sa chambre. Être exilée avec Snape dans un endroit inconnu, elle ne voyait pas pire comme situation !

- Legilimens, Miss Granger, legilimens, grogna l'intéressé dans le salon.

La jeune femme rougit et se reprit aussitôt. Elle attrapa un petit sac qui contenait un nécessaire de survie. Elle n'avait pas perdu ses bonnes habitudes. Elle se changea et prit même le temps de fermer ses volets. Fallait-il vraiment en arriver à des méthodes aussi extrêmes ? Elle se sentait en sécurité chez elle. Mais peut être valait-il mieux prévenir que guérir. Et elle soupçonnait également Harry d'avoir exagéré la situation pour ne plus l'avoir dans les pattes.

Elle revint dans son salon et soupira.

- Très bien, c'est bon.

Snape se leva en grimaçant légèrement. Pendant un instant, elle crut bien qu'il allait vaciller. Elle leva un bras vers lui pour le retenir en cas de chute mais il lui envoya un regard qui l'en dissuada.

- Vous pouvez vraiment transplaner dans cet état ?

- Pour qui me prenez vous ? Dit-il avec dédain.

- J'aime autant que vous en soyez sur, je n'ai pas envie d'être désartibulée, marmonna-t-elle.

- Vous êtes trop bruyante, dit-il seulement.

Elle soupira d'agacement et se résigna. Ils sortirent de chez elle en jetant des regards alentours.

L'atmosphère devant pesante tout à coup. Elle avait l'impression d'être épiée de tout côté, s'attendant à être frappée par un sortilège d'une seconde à l'autre.

Il neigeait légèrement, la rue était déserte et il n'y avait aucun bruit.

Soudain, elle entendit un cri. Elle saisit sa baguette fermement, quelque chose s'agita. Ils étaient là, ils les avaient repérés.

Snape la poussa violemment sur le côté pour l'écarter de lui, elle tomba lourdement au sol alors qu'elle sentit quelque chose la frôler. Elle venait de manquer de se faire tuer, et ce n'était pas à elle qu'elle devait d'être encore en vie. Elle se releva d'un bond, voyant des silhouettes masquées courant dans leur direction en sortant d'une rue adjacente.

Hermione bondit vers Snape et lui attrapa le bras en se plaçant devant lui.

- Transplanez ! Cria-t-elle en lançant un stupefix au plus proche de leur ennemi.

Toujours la même sensation de tourbillonner dans le vide, puis soudain, le contact du sol la ramena à la réalité. Elle se jeta un rapide coup d'œil mais à son étonnement elle était entière ! Et Snape aussi, bien que visiblement fatigué par l'effort.

Elle reprit péniblement son souffle, se rendant compte qu'ils avaient à nouveau été à deux doigts de se faire tuer.

Elle regard alors autours d'elle. Ils avaient atterri sur une côte, en bord de mer. Un léger vent lui fouettait les joues, le ciel était gris et ses pieds s'enfonçait dans le sable. Devant eux à quelques pas, sur une petit butte se trouvait une sorte de cottage. Parfait pour des vacances songea-t-elle, mais pour un exil forcé, elle aurait aimé se trouver dans un coin un peu plus animé... Au moins, personne ne les chercherait dans le coin.

Elle le dépassa et se dirigea vers la petite demeure.

L'intérieur était propre. Elle ne savait pas si quelqu'un était passé par là recensement ou bien si des sorts de nettoyage était actif mais il n'y avait pas cette odeur désagréable qu'on souvent les maisons de vacances. Une cuisine sommaire avec des meubles en bois donnait sur un petit espace pourvu d'une cheminé, d'un canapé et d'un fauteuil qui avait l'air assez confortable, elle devait l'admettre. Derrière une bibliothèque usée était emplie de livres. Fidèle à son habitude elle fit le tour de l'inventaire, ravie de constater qu'il s'agissait pour la plupart de livres de sorciers.

Elle ouvrit une porte qui donnait sur une chambre, un lit trônait contre le mur gauche, faisant face à une commode surmontée d'un miroir. Une deuxième porte faisait communiquer la chambre et la salle-de-bain. Et elle finit ainsi sa visite guidée. Clairement, ils n'auraient pas beaucoup d'intimité et elle espérait que ça n'allait pas durer des mois car elle se voyait mal cohabiter si longtemps avec Snape dans un endroit si confiné.

Apparemment, il était en train de se faire les mêmes réflexions au vue de sa mine terne.

- Vous n'avez qu'à dormir dans la chambre et moi dans le salon, déclara-t-il.

- Non, vous avez été blessé il vaut mieux que vous dormiez à plat.

- Je ne suis pas en sucre Miss Granger ! Vous dormirez dans la chambre, point final.

Elle voulut polémiquer mais abandonna la partie, après tout elle s'en moquait. Elle posa son sac sur la petite table dans l'espace cuisine et entreprit d'en sortir quelques affaires. Ce sort d'expansion était bien pratique !

La nuit était tombée et ils n'avaient toujours pas été contactés. Aucunes nouvelles d'aucune sorte. Hermione se sentait nerveuse, était-ce réellement bon signe ? Ou bien ses amis ne voulaient-ils pas prendre de risque tant qu'ils n'avaient pas fait le ménage ?

Elle était lovée dans le fauteuil qui lui avait parut avenant au premier abord, et n'était pas déçue. Il avait des rayures rouges et blanches caractéristiques d'un goût passé mais n'avait rien perdu de son moelleux. Snape avait allumé un feu dans la cheminée et était sorti sans un mot. Elle ignorait ce qu'il pouvait bien faire et essayait de ne pas s'en inquiéter.

La jeune femme se replongea dans la lecture de son ouvrage, Poisons et contre-poisons naturels, lorsqu'elle entendit la porte s'ouvrir. Snape referma derrière lui, l'air maussade et resta un moment les bras dans le vide. Il ne devait pas savoir quoi faire pour s'occuper et elle le comprenait.

- Il faut refaire vos bandages, dit-elle, en lui jetant un regard.

- Je le ferais, dit-il du ton de celui qui veut éluder le sujet.

Elle fronça les sourcils et referma son livre en le calant dans le fauteuil puis se leva.

- C'est idiot, je vais le faire.

Hermione chercha ce qu'il lui fallait dans son sac et fit signe à Snape de s'asseoir. Il finit par obtempérer et tira une chaise à lui, agacé par le flots d'arguments qu'elle lui opposait. Elle déposa les bandages sur la table et les induit d'une lotion cicatrisante.

- Retirez votre veste et votre chemise, dit-elle tout en s'activant.

L'homme eut un nouveau soupir d'agacement mais fit ce qu'elle lui demandait. Elle entendit le froissement du tissu pendant qu'elle lui tournait le dos, occupé à ses bandages. Lorsqu'elle se retourna pour lui défaire les anciens, elle tomba sur une vision de Snape torse nu, éclairé par la lueur des flammes. Fabuleuse mise en scène, elle devait l'avouer. Ses cheveux noirs retombaient lourdement jusqu'à ses épaules d'une blancheur fantomatique, créant un étrange contraste.

Elle s'attela à la tache sans parler et défit les bandes une à une. Les plaies étaient presque refermées, bientôt il n'y paraitrait plus rien, hormis les cicatrices qu'il allait garder indéniablement. Mais elle s'aperçut que ce ne serait pas les premières. Elle parcourut des yeux la peau blanche de son dos, zébrée de nombreuses marques. A cet instant, elle s'aperçut à quel point il semblait las et fatigué. Il était usé et maltraité par les années, son corps en avait souffert et été amaigri. Il paraissait beaucoup plus vulnérable sans ses éternelles robes noires, comme si une simple égratignure avait pu avoir raison de lui. Et peut être que si son mental n'avait pas été là, il se serait écroulé comme un château de carte.

Alors qu'elle retirait le dernier bandage, elle ne put s'empêcher de poser une main sur une marque qui courait le long de son omoplate gauche comme pour s'assurer de sa véracité.

Elle le saisit tressaillir.

- Oh pardon, je ne voulais pas vous faire mal, s'éxcusa-t-elle.

- Non, vous avez les mains froides.

Considérant soudain son geste très déplacé, elle se dépêcha de refaire des bandages propres sans dire un mot.

- Voilà.

- Merci.

Il reboutonna sa chemise blanche et la jeune femme se rendit alors compte qu'elle n'arrivait pas à le reconnaître dans cette couleur. C'était tellement... inhabituel, que ça en devenait dérangeant. Il repassa alors sa veste noire et la boutonna jusqu'au cou et redevint Snape.

- Vous devriez aller vous coucher, dit-il alors.

- Vous m'imposez un couvre-feu ? Sourit-elle.

- Simple suggestion. Je ne voudrais pas que ma présence maussade vous assomme.

Elle ne savait pas exactement comment elle était censée réagir à ce genre de sarcasme et décida simplement de l'ignorer. Elle se glissa dans la chambre et referma la porte. Elle alluma quelques bougies d'un coup de baguettes et se laissa tomber sur le lit. Avant qu'elle ne s'en rende compte, elle dormait d'un sommeil de plomb.


Ô combien désolée pour ce chapitre qui ne sert à rien ! Et ce rapprochement bancal qui ne sert à rien non plus, le seul et unique but de ce chapitre et de présenter un Snape humain. Parce que non, Snape n'est pas jeune avec un corps d'Apollon, désolée mesdemoiselles. Il est vieux, il est ronchon, et il est usé (non je ne dirais pas moche, je devrais aller me flageller). Pas très romantique je sais ! ;) Mais il y a tellement de fic qui le présente si bien avec un corps de rêve insoupçonné qui fait tomber les minettes, et des cheveux sponsorisés par dessange que je vais laisser ça à d'autres :p

Et pour répondre à Hurricane-Jehn à propos du chap précédent, en fait le sort qu'utilise Hermione pour soigner Snape n'est pas un contre sort spécifique du sectumsempra, c'est un sort basique qui sert à refermer les plaies. Elle est calée en soins la petite hein ? Ouais, bon, Miss-je-sais-tout a encore frappé !

Merci pour vos reviews o/ Rdv au prochain chapitre !

ps: non, je ne compte pas les laisser enfermer là dedans jusqu'à ce qu'ils se sautent dessus, c'est pas dans mes plans :)