Salut à tous ! :D je suis contente, j'arrive à maintenir un rythme de publication régulier ! espérons que ça dure ! ^^ Merci à tous de suivre cette fiction ainsi que pour vos reviews qui me font chaud au coeur :) D'ailleurs, voici quelques réponses. Alors Dagur a un rôle bien particulier mais qui sera révélé bien plus tard dans la fic. Je tiens à faire planer le mystère sur lui encore un peu :p et oui, y'a de la jalousie dans l'air mais ça ne touchera pas qu'Astrid. Vous le verrez au fil des chapitres ;) et Karen n'a pas fini de vous intriguer ! :) voilà ! J'espère que ce chapitre vous plaira tout autant que les autres, oubliez pas de laisser un petit commentaire et à Vendredi si tout va bien ! Bon week-end et bonne lecture ! :)


Chapitre 4 - Un nouvel ami

Karen était rentré chez Harold et avait aidé Valka pour plusieurs petites choses utiles qui ne nécessitaient pas trop de déplacement, comme vider le poisson pour le repas ou tisser de la laine de mouton. Pour l'heure, elle se reposer sur son lit tout en lisant un livre alors que Valka faisait un peu de couture. Comme elle ne voulait pas laisser Karen toute seule, elle en profitait pour faire ce genre de travail.

Pendant ce temps, Varek et Rustik empruntaient une route différente pour aller chez Harold. Scrutant mutuellement du regard les alentours pour s'assurer d'être seul, c'est avec effarement qu'ils se rejoignaient tous les deux devant la porte.

- TOI ?!

- TOI ?!

- Je peux savoir ce que tu fiches ici Varek ?!

- La réponse est évidente Rustik. Je suis venu gagner mon pari en rendant à Karen son beau sourire

- C'est ça cause toujours. Celui à qui elle sourira en premier c'est moi !

- Ah oui ? Et qu'est-ce que tu lui as ramené ? un poisson que Krochefer a régurgité au petit déj ? se moqua-t-il

- Hé ! Te moque pas des problèmes digestifs de mon dragon, d'accord ? Y'avais une arrête qui passer pas c'est tout. Et puis non, j'ai ramené quelque chose de bien mieux qu'un poisson.

- Et c'est quoi ? je ne vois rien dans tes mains.

- Laisse, t'y comprendrait rien. se moqua-t-il en retour

Ils continuaient de se chamailler devant la porte, jusqu'au moment où Valka l'ouvrit. Sans rien dire, elle les regardait avec étonnement de manière successive.

- Je peux vous aider les garçons ?

- Euh... oui Valka. Est-ce que Karen est ici ? J'ai un petit cadeau pour elle. Répondit timidement Varek

- Moi aussi. Et un certainement bien plus meilleur que monsieur-je-ne-décolle jamais de mes bouquins!

- Rustik, m'énerve pas !

- Je vois. Elle est à l'intérieur. Entrez.

Elle regardait avec curiosité les garçons qui s'affrontaient du regard tout en avançant vers le fond de la pièce. Karen avait stoppé sa lecture et avait tourné la tête vers la porte, intriguée par les disputes et la visite en elle-même. En la voyant, les garçons se mirent à rougir bêtement et à ne plus parler. Ce qui inquiéta légèrement la jeune fille alors que Valka semblait amusée.

- Oui ? dit-elle en haussant un sourcil

- Euh... salut...

- Bonjour Karen... dis-moi. comment te sens-tu depuis ce matin ?

- Oh. Bah... bien mieux Varek. Merci. Et vous deux... ça va ?

- Oh nous, ça va très bien.

- Ouais. ça roule !

- Vous êtes sûr ? Vous êtes un peu... bizarre la...

- Oh, excuse le rouge qui me monte aux joues, mais comme tu es si jolie, j'en oublie mes mots. Je suis venue t'apporter un petit cadeau afin de te remonter le moral.

Varek ouvrit sa main et lui tendit deux coquillages différents.

- Ce sont les plus beau que j'ai trouvé sur la plage. Je ne savais pas combien en prendre, alors j'en ai pris un pour chaque syllabe de ton prénom. Tu pourras les ajoutés à ta collection, vu que tu sembles les adorés.

- C'est vraiment très gentil Varek. Ils sont très beaux. C'est... vraiment adorable. Souriait-elle sincèrement

En la voyant sourire, Varek faisait dans sa tête une petite danse de la victoire. Il adressa un regard et un sourire triomphant à son concurrent, ce qui fit rager le jeune Jorgenson.

- Tss ! Si lui il t'offre des coquillages, moi, je t'offre bien plus. Moi.

- Pardon ? fit-elle

- Je t'offre un coeur vaillant qui bat dans le corps d'un homme fort et musclé. Mon bras t'accompagnera à chaque pas que tu feras, ma force te protégera de mille dangers, mon épaule sera là pour te consoler. Tu n'as qu'un mot à dire Karen et le héros de tes rêves sera à tes pieds.

- Euh... wouah. Je suis vraiment très touché Rustik mais... je n'ai pas besoin d'un héros pour le moment.

- Ce n'est pas grave. Tu sauras qui appeler le moment venue.

- Ouais. J'y penserais. En tout cas... merci les garçons.

Malgré sa gène, elle leur adressa un adorable sourire qui fit monter à nouveau le rouge aux joues chez les garçons. Valka demanda ensuite aux garçons de sortir, en prétendant avoir besoin de Karen. Une fois la porte refermé, Karen soupira longuement en se laissant tomber sur le lit.

- Pff... Merci beaucoup Valka. J'étais dans une situation qui devenait un peu délicate. Je savais plus quoi faire.

- J'ai remarqué. Tu as tapé dans l'oeil de deux Vikings aussi ! Ils vont se battre et concourir pour gagner ton coeur. C'est mignon. Dit-elle en s'asseyant à ses côtés.

- C'est surtout inutile de faire ça pour moi. Soupira-t-elle en fixant le plafond

- Pourquoi tu dis ça ?

- Parce que dès que j'irais mieux et que j'aurais retrouvé mon dragon, je m'en irais.

- Ah. Pour continuer de chercher ton père ?

- Oui.

- À ce propos, tu ne nous as pas dit qui il était tout à l'heure. Je suis sure que nous pourrions t'aider ou te fournir une piste, non ?

- C'est gentil Valka, mais c'est mon problème. Et puis je sais où je dois chercher. Bon. Maintenant qu'ils sont partis, je vais pouvoir terminer de lire mon chapitre.

- Oui, profites-en. Je peux te laisser seule une petite heure ? Jumper a besoin de se dégourdir les ailes.

- Allez-y, je ne bouge pas d'ici. j'ai de quoi m'occuper et si je m'ennuie, j'essaierais de dormir un peu.

- D'accord. À tout à l'heure.

Karen lui sourit et la suivie du regard jusqu'à ce qu'elle sorte, avant de replonger dans son livre.

oO*Oo

Bien avant que Valka ne sorte de la maison, les deux concurrents avaient attendu d'être loin de la maison pour discuter.

- Il me semble que j'ai gagné Rustik.

- Elle m'a sourit aussi ! Donc on est à égalité !

- Mais face à ce que tu lui as offert, elle ne t'a pas sourit du tout. Alors que moi...

- Tss. Quelle idée d'offrir des coquillages aussi ! tu n'as pas trouvé mieux ? Ce n'est pas une gamine !

- Je sais. Mais pour info, les coquillages sont des choses qu'elle aime. Son sourire en est témoin.

- Mouais.

- Donc j'ai gagné mon pari. Tu devras laver la grange de Bouledogre durant 3 jours, mon cher Rustik.

- Fanfaronne pas trop vite Varek ! T'a peut être gagné ce stupide pari, mais j'obtiendrais d'elle bien plus qu'un sourire !

- T'entend quoi par la, monsieur le prétentieux ? Je suis curieux de savoir. souriait Varek en croisant les bras

- Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, Karen est une femme. Et je sais ce dont une femme a vraiment besoin, moi ! Et c'est quelque chose de plus précieux que des coquillages. L'amour. Rétorqua-t-il avec fierté.

Varek se permit de rire quelques secondes, mais Rustik demeurait fier et sur de lui.

- Attends, tu essayes de me dire... que tu vas réussir à la conquérir ? Toi ?

- Et comment ! Face à ce corps parfait, elle ne me résistera pas longtemps !

- D'accord. Nouveau pari Rustik. Si tu arrives à la conquérir avant une semaine, c'est moi qui nettoie le dortoir de Krochefer pendant 3 jours. Mais si tu échoue, je rallonge ta corvée de nettoyage à 6 jours !

- Pari tenu ! Prépare déjà ton matériel, tu risques de venir tout récurer bien plus vite que tu ne le penses ! dit-il en marchant vers le village

- C'est ce qu'on verra. Souriait Varek en lui emboîtant le pas.

oO*Oo

Harold et Astrid avaient sillonné toute l'île et n'avaient rien vu d'anormal. Aucune troupe de Traître ou de Parenvrilles à terre, de bateau amarrés ou de dragon sauvage menaçant. Prenant un peu de repos sur le rebord d'une falaise, ils s'asseyaient et se rassasiaient, tout comme leur dragon.

- Aaah... ça fait du bien de faire une pause... dit Astrid en s'allongeant dans l'herbe.

- Ouais, c'est vrai. Répondit Harold

Il était assis à coté d'elle, les yeux rivé sur l'océan.

- À quoi tu penses ?

- Oh, à plein de chose.

- À quoi par exemple ?

- Humph. Tu vas me dire que j'en fais une fixette, mais... l'histoire de Karen et de son dragon ne quitte plus mon esprit.

- Ça peut se comprendre. Elle est comme nous et tu veux lui venir en aide. Ce qui est tout à fait honorable, mais faut pas non plus que ça t'obsède Harold. Dit-elle en s'asseyant à ses côtés

- Je sais. Mais dès que je regarde l'océan, je me dis que son dragon est peut-être tout prêt et qu'ils ne savent pas qu'ils sont proches. Et puis...

- Quoi ?

- Ont à tous les deux perdu un parent proche récemment. Le fait qu'elle nous est parlé du décès de sa mère m'a fait rappelle le décès de mon père. Même que ça s'est passé l'année dernière, le souvenir est toujours aussi présent. Tout comme cette douleur...

- Harold...

- Mais je vous ai vous et ma mère. J'ai cette chance de ne pas être seul au monde. Et c'est pour ça qu'il faut qu'on l'aide Astrid. Il faut qu'elle ait aussi cette chance de pouvoir le retrouver et d'avoir à nouveau une famille.

- Ça risque pas d'être si simple Harold. Souviens-toi de ce qu'elle a dit sur son père. Elle n'a appris son existence que depuis deux mois. Et si ça se trouve, il ignore peut-être qu'il a une fille.

- Tu marques un point. Mais quand même... pourquoi elle n'a pas voulu nous le dire ? À la voir, on dirait que l'identité de son père semble... honteuse.

- Tu crois que c'est une mauvaise personne ?

- Qui sait. À moins qu'il soit sur Berk et qu'elle n'ose pas nous le dire.

- Ou lui dire. Si c'est le cas... qui ça pourrait être ?

Ils se mirent tous les deux à réfléchir, faisant dans leur tête le tour de tous les habitants de Berk qui pourrait avoir une ressemblance avec Karen. Astrid aurait bien voulu parler d'autre choses, mais visiblement, Harold voulait à tout prix tirer tout ça au clair. Alors pour l'aider et avoir un peu d'attention, elle suggéra une idée.

- Pourquoi pas Gueulfor ? Ils ont la même couleur de cheveux je trouve.

- Hum... non. Ils se sont parlé tous à l'heure et aucun des deux n'étaient mal à l'aise. Et puis je pense que si Gueulfor avait une fille, j'en aurais entendu parler.

- Si ça fait 20 ans, je pense que le sujet aurait vite était oublié pour ne pas souffrir. Et puis sincèrement, je doute fort que ce soit quelqu'un de Berk. Elle vient de très loin, donc ça doit être des gens qui viennent de loin aussi.

- Tu penses à... Drago ?

- Je sais pas. Je ne l'imaginais pas avoir des enfants. Il était bien trop préoccupé à préparé sa guerre. La vie de famille, ça devait pas être son truc.

- Mouais. Il m'a dit que sa famille lui avait été arraché a cause des dragons. Donc s'il avait su qu'il en avait eu une autre, je pense qu'il aurait fait quelque chose pour la garder et rester prés d'eux.

- Alors si ce n'est pas Drago... tu penses aux Traîtres ou aux Parenvrilles ?

- Peut-être. Pff... Ça fait trop de questions et d'hypothèses Astrid. Il vaut mieux que ce soit elle qui nous le disent.

- Oui. Si tu veux, on peut parler d'autre chose. Je sens que tu as besoin d'oublier un instant tes tracas et je sais comment faire.

- Ah ? Et comment tu comptes t'y prendre ? demanda-t-il en lui souriant d'un air joueur.

Ravie que son idée fonctionne, elle se mordit la lèvre sous le coup de l'amusement. Joueuse, elle poussa Harold sur l'herbe et se plaça à califourchon sur lui. elle se pencha vers lui et l'embrassa avec passion. Harold se permit de lui rendre ses baisers avec la même fougue et de laisser ses mains se balader sur les hanches et le dos de sa belle. Astrid se redressa, les joue rouge et entrelaça tendrement ses doigts avec ceux d'Harold.

- Alors ? rougissait-elle

- Mission accompli. Je ne pense qu'à ce que tu viens de faire et à ce que j'ai ressenti. Merci.

- De rien. Tu sais à quoi je pense moi ?

- Non.

- Tu ne le sais vraiment pas ?

- Je... non, je vois pas.

Elle préféra ne pas insister. Apparemment, les responsabilités de chef et la fatigue accumulée ont dû faire en sorte qu'Harold oublie un événement important en ce qui les concerne tous les deux, mais elle n'allait pas pour autant lui dire. Elle cacha alors sa déception derrière un sourire en coin et un autre sujet de discussion.

- Tu n'as quand même pas oublié ce qu'il a demain ?

- Humph. Comment l'oublier ? C'est le jour où je suis devenu chef. Pourquoi tu me demandes ça avec tant d'insistance ?

- Parce que... nous savons tous que c'est un jour assez particulier pour toi. Comme tu n'es pas devenu chef dans de... bonne condition, bah pour cette première année et pour te remonter le moral, on a décidé d'organiser une course de dragons vers la fin de l'après-midi et une petite fête dans la grande salle le soir même. Qu'est-ce que t'en dit ?

- C'est très gentil Astrid. Ça me touche. Merci.

- De rien Harold. Euh... tu veux qu'on rentre ou qu'on reste encore un peu seul ?

- J'aimerais de tout coeur qu'on reste encore un peu rien que tous les deux mais il faut que je rentre. J'ai encore pas mal de chose à faire...

- Je sais. Être chef, ce n'est pas de tout repos. Aller vient, on rentre.

- Astrid.

- Hum ?

Il l'attira à lui et l'embrassa un instant.

- Merci de m'avoir accompagné. Et merci aussi pour tout le reste.

- Hé ! Tu me piques mes phrases ! rit-elle

Il riait à son tour, puis ils repartirent en direction du village.

oO*Oo

Karen avait lu trois chapitres de son livre. Ne supportant plus d'être seule, d'être allongé, de lire et de ne pas avoir sommeil, elle referma le livre et soupira avant de se lever et de sortir prendre un peu l'air. C'était le milieu de l'après-midi et le soleil était encore bien présent et chaud, malgré de légères brises fraîches. Elle marcha jusqu'au rebord de la falaise la plus proche et scruta l'océan sans bouger et sans rien dire. Elle ne cesser de penser à Krabulle. Sans lui, elle se sentait seule, vide, triste et surtout, elle avait l'impression de ne pas être totalement elle-même. Depuis 15 ans, ils ne c'étaient jamais quitté et cette absence la rendait malade et folle d'inquiétude. Le regard sévère, elle porta son coquillage à ses lèvres et souffla de toutes ses forces dedans. Et comme la dernière fois, elle fixa l'horizon, les mains jointes. Ne voyant rien au bout de 10 minutes, elle décida de ne pas rentrer, mais de rester là à regarder le paysage.

Elle s'allongea sur le ventre dans l'herbe, le menton posé sur ses bras croisés. Son regard contrarié et en peine se posa alors sur un pissenlit. Elle inspira profondément et souffla dessus, regardant avec un faible sourire les aigrettes se détachaient et s'éparpillaient dans le vent. En suivant la course de cette petite pluie de neige poilue, son regard se posa sur deux dragonniers qui revenaient de leur balade. Elle grimaça en imaginant le vertige qu'elle aurait si elle volait aussi haut qu'eux puis reporta son attention sur l'océan. Il fallait qu'elle retrouve son dragon. Elle se disait avec détermination que dès qu'elle irait mieux et qu'elle l'aurait retrouvé, elle s'en irait, même si au fond, elle aimait être ici. Se retrouver sur une île où des Vikings si gentils vivent en paix avec des dragons était un lieu idéal pour vivre et c'est quelque chose de rare vu le passé entre ces reptiles et les humains. Rester ici serait être comme dans un rêve, mais rester sur Berk était impossible pour elle. Elle n'y avait pas sa place. Pourtant, si elle ne c'était pas donner pour mission de retrouver son père, elle resterait volontiers.

oO*Oo

Une fois au-dessus de Berk, Astrid descendait vers la place du village et Harold se dirigeait vers la forge. Mais du coin de l'oeil, il avait repéré Karen auprès de chez lui. Ne résistant pas à l'envie d'aller la voir et de s'assurer qu'elle allait mieux, il fit discrètement demi-tour. Son arrivée n'échappa pas à Karen qui n'y prêta pas plus d'attention. Elle se releva pour s'asseoir et ne décolla pas son regard de l'océan, même quand Harold s'approcha.

- Salut Karen.

- Salut.

- Comment tu te sens depuis tout à l'heure ?

- Je n'ai pas trop le moral là. Je patiente, je me repose et je m'inquiète. Je peux rien faire d'autre et ça m'énerve un peu.

- Désolé Karen. Mais... au lieu de rester seule dans ton coin, viens au village et joint toi aux autres. Ce serait mieux non ?

Vu sa mauvaise humeur, elle avait envie de lui répondre que c'était inutile de se familiariser avec les autres, puisqu'elle partirait d'ici dès qu'elle et son dragon seront réunis, mais elle ne le fit pas. Il était tellement gentil et bienveillant qu'elle n'arrivait pas à exprimer de la colère envers lui. Au final, elle haussa les épaules.

- Oui... pourquoi pas.

- Alors viens. Je suis sur que tu sentiras mieux.

- Peut-être, sauf que sans mon dragon... je me sens incomplète, à moitié moi-même.

- Je peux l'imaginer. C'est ce que je ressentirais si j'étais séparé de Krokmou.

Il la comprenait. Elle avait entendu tellement histoires sur le conquérant des dragons et ils s'avéraient qu'ils étaient véridiques. Son moral revenait petit à petit.

- Mais t'en fais pas. Mes amis sauront te remonter le moral. Surtout Varek ! Si tu lui parles de ton dragon, il voudra te poser des tas de questions et mettre à jour le livre des dragons. Et crois- moi, il n'est pas le seul à vouloir tout savoir. Poursuivit-il

Karen lui rendit son sourire et Harold l'aida à se relever. Le temps que les deux amis discutaient, Astrid avait discrètement regardé la scène avec une mine triste mais légèrement furieuse. Elle avait vu Harold faire demi-tour et elle c'était empresser d'aller voir pourquoi il n'était pas allé à la forge. Il lui avait dit qu'il avait encore plein de choses à faire, mais elle n'aurait pas cru que l'état de Karen fasse autant partie de ses préoccupations. Et le fait qu'il veuille vite rentrer pour la voir au lieu de rester en balade avec sa petite amie lui procurait un désagréable pincement au coeur. Elle n'aimait pas ressentir la même chose qu'elle ressentait à l'époque où Ingrid était à Berk. Elle n'avait pas envie de commettre la même erreur avec Karen, mais c'était plus fort qu'elle. Ne voulant pas se faire remarquer pour ne pas avoir à faire une scène, elle se cacha quand Harold emmena Karen sur le dos de Krokmou. Une fois qu'ils étaient assez loin, elle marcha avec Tempête vers le village tout en gardant son regard sévère tout le long de la route.

Sur la place, Karen descendait de Krokmou avec un peu plus d'assurance. Harold lui avait fait plaisir en ne volant pas trop haut. Mais à peine arriver, l'attention du chef et des villageois présent se porta sur Baquet et Mulch. Ou plutôt sur Baquet qui c'était mis à gémir de douleur, les mains agrippaient à son seau alors que le pauvre Mulch le regardait tout aussi étonné que les autres.

- Oh oh... soupira Harold avec contrariété.

- Qu'est-ce qui se passe ? s'étonna Karen

- On va vite le savoir. Mulch ? Qu'est-ce qui se passe ?

- Bah... j'en sais rien Harold. On était en train de ramener nos stocks de poissons dans le hangar et puis Baquet s'est mis à avoir subitement mal ! comme ça, sans prévenir !

- Ooooh... j'ai mal, c'est affreux... gémissait le pauvre homme

- Mais le pire, c'est qu'il y a cinq minutes, tout allait bien ! ajouta Mulch

- Ton seau se resserre Baquet ? Une tempête arrive, c'est ça ? demanda Harold

- Une tempête ? vous êtes sérieux ?! Vous êtes en train de prédire l'arrivée d'une tempête juste parce que cet homme a mal au crâne ?! s'étonna Karen totalement perplexe

- En effet, ça peut paraître curieux mademoiselle. Mais sachez que Baquet a prédit bon nombre de tempête grâce à son seau ! Notamment le blizzard d'Olaf ! Et plus le baquet est serré... plus la tempête est violente !

- Mulch. Nous sommes à la moitié de la saison estivale. Les risques de tempêtes glaciales ne seront pas pour tout de suite. Résonna Harold

- C'est ce que je me dis ! Alors pourquoi il... Baquet ? ça va ?

Baquet ne gémissait plus. À la place, il se grattait l'oreille et se tourna vers Mulch à l'appel de son nom.

- Hum ? Non j'ai plus mal là, ça va. Ça devait être une fausse alerte.

- Une fausse alerte ?! Depuis quand tu nous fais des fausses alertes toi ? ça vas pas de nous faire des frayeurs comme ça ? s'exclama Mulch

- Bon. Vous deux, dès qu'il y aura une véritable raison de s'inquiéter pour une tempête, revenez me voir. Du moins quand l'hiver sera là. Viens Karen.

Il entraîna la jeune fille avec lui vers la grande salle, laissant le duo de pécheurs qui se disputaient légèrement tout en continuant d'approvisionner le hangar à provision.

- Dis ? C'est vraiment possible qu'il puisse prédire une tempête avec son seau ? Je veux dire... c'est absurde ! Il fait beau ! demanda-t-elle toujours aussi perplexe

- Oh que oui, c'est possible.

- T'est sérieux ?

- Je te jure que ce n'est pas une blague. La dernière fois qu'il en a prédit une, j'avais 16 ans et elle était bien dangereuse. Et même si les tempêtes n'étaient pas encore prévues pour cette époque de l'année, elle est quand même arrivé. Heureusement, grâce à nos dragons, nous avons pu survivre dans le blizzard. Ah ! Les amis ! appela Harold

Les autres se trouvaient sur les marches qui menaient à la grande salle. En voyant leur chef arriver avec la nouvelle, les garçons souriaient jusqu'aux oreilles et descendaient les marches. Kognedur leva les yeux au ciel et suivait le mouvement. Karen était étonné de voir autant d'attention rien que pour elle, vu qu'elle vivait loin de la civilisation depuis deux mois. Mais d'une part, voir tant de gentillesse, de sourires et d'intérêt lui réchauffait le coeur, mais la contrarier en même temps. Elle ne devait pas trop s'attacher à eux. Le départ en sera moins pénible.

- Salut Karen !

- Salut.

- Comment tu vas depuis tout à l'heure ?

- Bien mieux, merci. Euh...

Elle croisa le regard d'Harold qui l'encourageait du regard à entamer la conversation. Elle rassembla son courage pour oublier sa peine intérieure et s'adressa au groupe avec un sourire et un entrain naturel.

- Qu'est-ce que vous faisiez de beau ?

- Oh rien. On s'ennuie. Répondit Krane

- Ouais. Et moi, on me gave. Rassures-toi, t'y est pour rien. Répondit sa sœur en regarda Karen.

- Euh... d'accord. Varek, j'ai entendu dire que tu adorais mettre à jour votre, euh... livre des dragons. Si tu as le temps, je veux bien te parler de mon dragon. Enfin... vous en parlez.

- Oh ! c'est vrai ?! ce serait génial ! Des nouvelles informations sur les Ebouillantueurs ! de nouvelle connaissance ! des pages pleines de croquis ! oh, par Odin ! J'ai plein de questions qui me viennent en tête ! S'exclama-t-il tout excité

- Hihi. Dans ce cas qu'est-ce qu'on attend ? Souriait-elle

La troupe montait avec bonne humeur les marches menant à la grande salle. Du coin de l'oeil, Karen voyait chacun de ses dragonniers sourire, surtout Varek. Elle admettait que c'était chouette d'avoir des amis. Seulement, ils ne purent monter plus haut vu que du tapage se faisait entendre sur la place du village. Ils entendaient des cris et des petits jets de flammes jaillissaient dans tous les sens.

- Par Thor ! Mais faite quelque chose ! Arrêtez-le ! cria un villageois

- Je peux pas ! il est incontrôlable ! s'exclama une villageoise

- Woh. Ça se gâte on dirait. Souligna Rustik

- Oui. allons voir. Répondit Karen

- Cool ! Du danger ! s'exclamaient les jumeaux

- Bon bah Chouchoute... je crois que le livre devra attendre encore un peu. Soupira Varek

Bouledogre lui donna une petite léchouille pour le consoler. Varek retrouva bien vite son sourire et caressa affectueusement sa dragonne avant de courir avec les autres vers la cause de tout ce tintamarre. Et la raison fut évidente. Un petit Terreur Terrible couleur vert pomme et aux taches marron claires et foncées sur les ailes avait craché plusieurs boules de feu autour de lui et menacer quiconque de s'approcher. Il semblait sur la défensive et tous ceux qui ont fait un pas vers lui recevaient en retour des grognements et des projectiles enflammés. En voyant leur chef, les villageois furent soulagés et réclamèrent de l'aide

- Chef, vous voilà ! faite quelque chose !

- Je veux bien mais... qu'est-ce qui s'est passé pour qu'il soit dans cet état-là ?

- On n'en sait rien ! il jouait dans les caisses en bois et d'un coup, il est devenu fou et dangereux !

- Bon. Je vais régler ça. vous autres, ne faite rien.

Tout le monde obéissait et Karen aussi. Elle regardait avec attention le maître des dragons à l'oeuvre. Harold avançait calmement vers le petit dragon, main tendue vers lui tout en lui parlant calmement. Le dragon semblait se calmer et fit un petit pas vers le chef. Les villageois soupiraient et souriaient de soulagement, mais dès que le dragon se mit à grogner et à recracher deux boules de feu dans le décor, Harold recula et les sourires s'envolèrent.

- Là, je vois pas ce que je peux faire. En général, les Terreur Terrible sont assez faciles à approcher.

- Je crois savoir ce qui va pas. Tu veux bien me laisser essayer ? demanda-t-elle

- T'est sur ?

- Oui. Même si je chevauche un Ebouillantueur, les autres dragons n'ont pas tant de secrets pour moi. Assura-t-elle

- Quoi ? Elle veut stopper le massacre du village ? Et tu vas la laisser faire ? Ce n'est pas cool ça... soupira Kogne

- Soit pas triste frangine. Si ça se trouve, elle va se faire cramer le visage, ou elle se fera mordre, ou dévorer un doigt, ou... suggéra Krane en énumérant les possibilités sur les doigts

- D'accord. Vas-y Karen. Dit Harold

- Oui ! Montre nous ce que tu sais faire ! S'enthousiasma Varek

- Ouais ! Montre nous que tu t'y connais mieux qu'Harold ! ajouta Rustik

- D'accord. Comme on dit, vaut mieux une démonstration qu'un long discours. Mais avant...

Elle se dirigea vers une femme qui avait un poisson dans son panier. Elle s'excusa et argumenta son empreint auprès de la Viking qui ne broncha pas d'un poil. Karen porta le poisson cru à sa bouche, mordit dedans et le mâcha sans dégoût. Quelques-uns de ses spectateurs grimaçaient de dégoût, mais se montraient intrigués et attentifs en la voyant se mettre à quatre pattes et recracher par terre le poisson mâché. Elle imita ensuite à la perfection le cri du Terreur Terrible ainsi que quelques une de ses mimiques. Harold était fasciné, tout comme Varek et les autres. Mais ils étaient tout aussi fascinés de voir le petit dragon se détendre et s'approcher avec une drôle de démarche vers la jeune fille. Harold venait de comprendre quel était le souci avec ce dragon. Il décida de ne pas intervenir et de laisser Karen faire sa démonstration jusqu'au bout. Karen poursuivait ses imitations jusqu'à ce que le dragon soit à porter de sa main. Elle se mit à genoux et caressa le dragon qui se laissait faire alors qu'il mangeait le poisson à terre. Elle le prit ensuite dans ses bras et continua de le bichonner jusqu'à ce que sans qu'il s'en aperçoive, elle lui enlève une petite écharde de la patte arrière. Il poussa un petit cri de douleur qui fut bien vite oubliée grâce aux nouvelles caresses de la blonde.

- La... ça va mieux maintenant ? Une vilaine écharde dans la papatte ça fait pas du bien, pas vrai ? souriait-elle

Fou de joie de ne plus souffrir, le Terreur Terrible grimpa le long de son bras et se blottit dans le creux de son cou, chatouillant la jeune fille à l'en faire rire. Les villageois et les dragonniers applaudissaient Karen qui leur souriait en retour. Les villageois repartirent à leur occupation, laissant la bande entre eux. Karen restait assise en tailleur, grattouillant le petit dragon qui venait de s'installé confortablement sur ses genoux.

- C'était incroyable Karen ! Bravo ! Applaudissait Varek

- Ouais, quel talent ! Karen, Karen ! ouais, ouais, ouais ! Applaudissait Rustik

- Ouais, mais moi je suis déçue. Y'a pas eu de massacre supplémentaire. C'était marrant pourtant. Grommela Kogne

- C'est vrai. Mais dis-toi qu'on vient de voir qu'il existe quelqu'un de plus balèze qu'Harold ! souriait Krane

- Ouais ! Y'a de la concurrence maintenant !

- Hé ! Arrêtez un peu avec vos concours ! gronda Harold exaspéré. En tout cas, bravo Karen. Une écharde. Fallait un œil attentif pour s'en apercevoir.

- Merci. C'était assez logique puisqu'il venait de sortir d'une caisse en bois. Et puis un dragon n'est jamais agressif sans raison. Avant d'agir, faut toujours observer... Oh, regardez- moi ça. c'est un vrai petit trésor maintenant. Quand je pense qu'il y en a qui sont expulsés quand ils deviennent menaçants ou trop dangereux. Comment pourrait-on avoir envie de les chasser alors que ce n'est pas leur faute ? dit-elle en regardant le petit dragon vert

Elle avait dit ça avec gravité et tristesse. En levant son regard vers les dragonniers, elle s'apercevait qu'ils l'a regarder tous bizarre mais avec le sourire. Elle avait aussitôt le rouge aux joues.

- Euh... Désolée. Faite pas gaffe à ce que j'ai dit. Dit-elle en se relevant avec le dragon dans les bras.

- Au contraire. Tes paroles nous montrent que tu es vraiment une amie des dragons. Quels qu'ils soient ! soulignait Varek

- Oui. Et le monde a besoin de personne comme toi Karen. Tes capacités et ton savoir seraient fort appréciés ici.

- Je sais pas quoi dire... Merci.

Elle regardait le petit dragon et le posa par terre.

- C'est bon mon grand, tu peux y aller. Amuses-toi bien et soit prudent. D'accord ? souriait-elle

Mais au lieu de partir, le petit dragon remonta sur Karen depuis le long de sa jambe jusqu'à son cou. Il lui lécha affectueusement le visage, grimpa sur sa tête et se nicha dans ses cheveux tressés. Karen en riait de plus belle.

- Je crois qu'il t'a adopté ! Riait Harold

- Je crois bien ! Hein Gratouille ? riait-elle en lui grattouillant le museau

- Gratouille ? c'est le nom que tu lui donne ? s'étonna Rustik

- Oui ! Il ronronne tellement qu'il aime ça ! Bon. Si on allait le remplir ce livre ?

- Avec joie ! dit Varek

- Harold ! s'exclama Gueulfor

- Oh oh, la récré est finie. Soupira le chef. Oui Gueulfor ? Qu'est-ce qui y'a ?

- Je viens de voir Sven qui m'a informé d'un souci à la ferme des Hodegarde. Il faut que tu y ailles tout de suite.

- Encore eux ?! Bon ok, j'y vais. En avant Krokmou.

Le duo parti s'en plus attendre vers la ferme. Karen c'était rappeler de l'aile étrange de Krokmou et elle avait complètement oublié de reposer la question à Harold, mais elle lui demandera surement ce soir. En attendant, elle, les autres dragonniers, leurs dragons et Gratouille se dirigeaient vers la grande salle sous le regard d'Astrid qui avait observait dans son coin la scène avec le même pincement au coeur que celui qu'elle avait ressenti tout à l'heure. Rageant intérieurement, elle s'en alla à l'académie sur le dos de Tempête.