BON-JOUR !

Non ceci n'est pas une agression je vous rassure :) j'espère que vous ne mourrez pas trop de chaud où que vous soyiez x) Moi je ne mets pas un pied dehors à part le matin sinon je fonds... (je n'ai aucune tolérance à la chaleur c'est trop bien). Sinon, aucun rapport mais je suis trop excitée pour la troisième saison, je vais pas pouvoir tenir ** J'ai vraiment trop hâte !

Bref sinon, voilà le deuxième chapitre, faites comme si vous n'aviez pas remarqué que j'ai 3 jours de retard ;; Tant que j'y pense, je dois vous faire part d'une petite erreur qui concerne les trois premiers chapitres (elle devrait être corrigée dans le deux et le trois, mais je peux parfois la laisser passer quand je relis) : ce n'est pas Junso Sugimoto mais Junsa Sugimoto ! Je ne sais pas trop pourquoi mon cerveau a retenu "Junso" mais il l'a fait et je me retrouve avec une habitude que je dois changer x) Normalement je l'ai corrigée dans ce chapitre et dans les suivants mais si vous voyez passer un "Junso" vous pouvez me jeter des tomates :')

Sinon, merci à Florea et Heaven-Sama pour leurs reviews et Aethyan pour la mise en favori ! Et comme toujours, merci à Hasami pour la bêta-lecture ! On se retrouve dans trois semaines !

PS : Profitez bien du paragraphe d'intéraction entre Atsushi et Akutagawa, c'est la seule scène "Shin Soukoku" que vous aurez avant le chapitre cinq :p

Disclaimer : Les personnages de Bungô Stray Dogs sont toujours àAsagiri Kafuka, et l'univers d'HP est toujours à JK Rowling !


Chapitre Deux – Le préfet et l'assassin


Debout derrière la porte de la salle arrière de la Grande Salle, Ryunosuke entendit clairement le silence qui régna suite à la déclaration de Fukuzawa. Silence bien vite brisé par les cris furieux des élèves. Si les hurlements qui avaient résonné lorsque le directeur avait annoncé le rôle des Aurors étaient virulents, ceux-là l'étaient encore plus. Pourtant, peu impressionnés par cette animosité, les deux Aurors attrapèrent ses bras, et le traînèrent sans ménagement dans la Salle.

Les hurlements cessèrent lorsqu'il entra et des centaines de paires d'yeux se tournèrent vers lui. Ryunnosuke croisa certains regards mais n'y prêta pas attention, se focalisant juste sur la table des Serpentards à laquelle une silhouette s'était levée.

Gin se précipita vers lui et le regarda de haut en bas avant de le serrer dans ses bras. Aucun des deux Akutagawa n'avait l'habitude de ce genre de démonstrations d'affection, mais la situation était de toute façon bien trop sortie de l'ordinaire, les habitudes pouvaient bien aller se faire voir.

« Tu m'as manqué… » murmura Gin si bas que son frère ne pourrait pas jurer l'avoir entendue dire ça.

Il lui rendit son étreinte quelques secondes avant de se décaler. Cette fois, il passa en revue toute la salle, croisant presque uniquement des regards terrifiés. Certains retinrent cependant son attention, comme le regard presque amusé d'Osamu Dazai, celui indéchiffrable de Chuuya Nakahara, et celui simplement surpris d'Atsushi Nakajima.

Ce fut sur ce dernier que son regard resta fixé le plus longtemps. Une foule de pensées lui traversèrent l'esprit mais il ne dit rien, se contentant de lui jeter son regard le plus menaçant. Le jeune homme détourna le regard et le noir en fit de même. L'échange n'était pas passé inaperçu, mais peu de personnes avaient réussi à identifier à qui s'adressait le regard noir d'Akutagawa.

Gin entraîna le jeune homme vers la table des Serpentards ; la place qu'elle occupait était encore vide, mais on ne pouvait pas s'y asseoir à deux. Mal à l'aise, les élèves échangeaient des regards gênés. Aucun ne semblait vouloir bouger – ou plutôt, personne ne voulait s'asseoir à côté d'un assassin.

Gin foudroya ses camarades du regard et ouvrit la bouche pour jeter un commentaire cinglant, mais Chuuya la devança.

« Vous attendez quoi au juste ? » cracha-t-il.

Il se leva et fit signe aux Akutagawa de venir de son côté. Les élèves se déplacèrent instinctivement, effrayés par le capitaine impulsif. Ryunosuke s'assit à côté du rouquin, sa sœur prit place en face.

« Ça fait plaisir de te revoir ! lui sourit Chuuya. J'ai toujours été persuadé qu'ils avaient fait une erreur en t'enfermant.

... » Le noir ne savait pas quoi répondre alors il se contenta de balayer la table de sa maison du regard. Son aîné le remarqua et soupira :

« On ne peut sûrement pas en dire de même pour tout le monde, même au sein de notre maison... On devrait se serrer les coudes, mais les rumeurs ont la peau dure et...

C'est bon, l'interrompit le jeune homme. Ça ne me dérange pas. J'y suis habitué. »

Chuuya et Gin échangèrent un regard navré, qui agaça Ryunosuke. Il ne voulait pas qu'on ait pitié de lui.

« C'EST UNE BLAGUE ? cria une voix masculine qu'il identifia comme celle de Junchiro Tanizaki. Vous allez laisser un assassin revenir parmi nous ? »

Un assassin. Les mots qu'il avait auparavant formulés dans sa tête flottèrent dans l'air, le temps qu'ils soient assimilés par tous, y compris les premières années qui ne savaient pas tous qui il était.

« Monsieur Tanizaki, répondit le vieux directeur, je comprends votre colère. Cependant, n'oubliez pas qu'il n'y aucune preuve indiquant que monsieur Akutagawa soit le vrai responsable de tout cela. Il a peut-être servi de bouc émissaire ou…

Il n'a jamais nié ! s'écria le Gryffondor.

Il n'a jamais avoué non plus ! » s'exclama Chuuya.

Les deux rouquins se défièrent longuement du regard. La tension montait dans la Grande Salle et d'autres protestations se firent entendre. Akutagawa reconnut la sœur Tanizaki, ainsi que Steinbeck qui soutenaient leur camarade de maison, tandis que Chuuya et Gin se portaient à la défense du noir. Une Serpentard blonde se leva également pour les soutenir Ryunosuke n'était pas sûr de son nom, Higashi ou Higuchi, quelque chose dans ce genre.

L'ambiance était en train d'en prendre un sacré coup. Les deux groupes d'élèves s'invectivaient depuis leurs tables, pourtant opposées, et ceux qui ne prenaient pas part au conflit murmuraient néanmoins pour donner leur propre avis. Akutagawa jeta un rapide coup d'œil à la table des professeurs, qui ne semblaient pas savoir comment calmer le jeu.

C'est alors qu'une boule de feu s'envola et explosa devant le plafond enchanté de la salle, provoquant un tel bruit que tous se turent immédiatement. Les élèves, et même les professeurs, échangèrent des regards surpris, presque effrayés, se demandant qui avait bien pu lancer un tel sort, mais ils ne se questionnèrent pas bien longtemps.

Baguette encore levée droit vers le plafond, sourire satisfait sur le visage, Osamu Dazai les contemplait tous d'un air amusé. La situation semblait le divertir au plus haut point, ce qui donna à Akutagawa une furieuse envie de le frapper. Il avait toujours admiré le talent pour la magie de Dazai, mais le septième année avait un caractère que peu de gens supportaient, et avait une certaine tendance à se comporter comme un parfait imbécile.

Du coin de l'œil, Akutagawa vit les Aurors échanger des regards surpris. Visiblement, ils n'étaient pas au courant qu'un génie se trouvait dans les rangs de Poudlard.

Un génie.

Il grimaça intérieurement. Nombreux étaient les élèves à qualifier Dazai de génie. Il était le meilleur de sa promotion, et probablement un des meilleurs élèves que Poudlard ait jamais compté. Excellant dans toutes les matières, il avait obtenu des notes impressionnantes à ses BUSEs, et tout le monde le respectait au sein de Poudlard, professeurs compris. Le professeur Mori l'appréciait particulièrement, et semblait parfois regretter que le jeune homme soit un Serdaigle et non un Serpentard, bien que la maison vert et argent ne soit pas en reste en ce qui concernait les élèves talentueux, puisque Chuuya était aussi très puissant, et qu'avant son incarcération, Akutawaga avait aussi une réputation de bon sorcier.

De son côté, le noir ne s'était jamais estimé comme un bon sorcier il savait qu'il avait des facilités dues à sa famille, composée de grands sorciers, mais se trouvait moyen comparé à d'autres. Pendant un moment, il avait beaucoup envié Dazai, et avait tenté d'apprendre de lui. Cependant, le caractère presque lunatique du jeune homme, associé à des évènements qu'Akutagawa ne désiraient pas se remémorer, l'avaient conduit à mépriser plus qu'à admirer le Serdaigle.

Le chef des Aurors se leva brusquement, attirant l'attention sur lui. Il se pencha vers ses subordonnés, qui l'écoutèrent attentivement avant d'acquiescer silencieusement. Akutagawa se demanda de quoi ils pouvaient parler. Puis, le professeur Fukuzawa se racla la gorge avant de déclarer :

« Je vais être clair. Je n'accepterai de votre part aucune discrimination envers monsieur Akutagawa, vous devez le traiter comme avant. Dans le cas contraire, je serais dans l'obligation de durcir le ton, et de vous punir, ce que je ne désire pas plus que vous. »

Ben voyons, songea le concerné. Comme si les élèves allaient accepter qu'un meurtrier aille en cours avec eux, comme si de rien n'était.

Juste après qu'il ait pensé cela, une petite voix dans sa tête se fit entendre : Mais est-ce que tu es un meurtrier ?

Oh par Salazar, il devenait dingue. Après dix mois à Azkaban, rien de surprenant, mais bon. Sa réintégration allait déjà être compliquée à cause de ses antécédents, pas la peine d'en rajouter.

« D'ailleurs, j'aimerais que messieurs Tanizaki et Steinbeck, ainsi que mademoiselle Tanizaki se présentent à mon bureau dès la première heure demain. » Chuuya et Gin envoyèrent un regard satisfait aux trois concernés, mais perdirent vite leur sourire moqueur lorsque le directeur poursuivit : « Ainsi que monsieur Nakahara et mesdemoiselles Akutagawa et Higuchi. »

Un léger ricanement se fit entendre mais personne, même Chuuya, ne prit la peine de chercher qui en était l'auteur. Tout le monde savait de toute façon qu'il ne pouvait s'agir que de Dazai, le seul qui avait le cran suffisant pour énerver le capitaine de Serpentard. Akutagawa se fit mentalement la réflexion que le match de Quidditch Serpentard/Serdaigle allait être animé cette année. Lui qui boycottait tous les matchs allait peut-être même venir le voir, il aurait éventuellement l'opportunité de voir Dazai se prendre un cognard.

Fukuzawa reprit la parole, cette fois pour rappeler les habituelles recommandations. La Forêt Interdite était évidemment interdite, tous les objets pouvant perturber le calme de Poudlard étaient à proscrire et seraient confisqués, les sélections pour les équipes de Quidditch commenceraient dès la deuxième semaine, il fallait voir avec le capitaine de sa maison pour la date et l'heure exacte.

Enfin, le repas put commencer. Les plats apparurent comme par magie, et tous les élèves purent remplir leurs estomacs vides.

« Du coup, Ryunosuke, fit Chuuya, tu es en quelle année ? Tu devras être en sixième année, mais vu que tu en as raté une…

Je serai en cinquième année, répondit le noir. C'est ce que m'a dit Fukuzawa. Je dois impérativement passer les BUSEs pour savoir quelles matières je continue ou pas.

C'est vrai qu'il y a le problème des BUSEs…

D'ailleurs, Chuuya, tu passes les ASPICs cette année ! intervint Gin.

Argh, ne m'en parle pas…, grimaça le rouquin.

Tu es le meilleur élève de notre maison, tu n'as pas à t'inquiéter non ? observa la jeune femme.

– Peut-être, mais je n'ai pas envie de quitter Poudlard... Et puis, la charge de travail qui m'attend cette année me décourage ! »

Akutagawa sourit très légèrement en entendant le jeune homme se plaindre que les cours de Mori étaient horriblement exigeants, déjà l'année dernière. Le noir se souvenait que le professeur de défense contre les forces du mal n'acceptait que les élèves ayant eu un Optimal aux BUSEs. C'était en conséquent l'une des matières les plus travaillées par les élèves car elle était importante dans de nombreux métiers.

Penser aux BUSEs lui rappela qu'il allait devoir les passer à la fin de l'année. Si on ne te remet pas en prison d'ici là, murmura la petite voix, réapparue comme par magie. Il secoua la tête pour la chasser et se refocalisa sur l'idée principale : il allait passer ses BUSEs. Le seul problème était qu'il ne savait pas ce qu'il voulait faire de sa vie. Mais en réalité, désormais, la question qu'il devait se poser n'était-elle pas plutôt « que pourrait-il faire de sa vie ? ». Avec un séjour à Azkaban dans ses antécédents, les offres d'emplois n'allaient pas se précipiter.

Il soupira longuement, attirant l'attention de ses deux camarades. Il leur fit cependant signe que tout allait bien. Il aurait le temps d'y penser de toute façon, l'année scolaire s'annonçait longue, très longue. Et les regards que presque tous les élèves portaient sur lui le confortaient dans cette idée.

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Lorsque le repas fut terminé, les préfets de septième année de chaque maison escortèrent les élèves vers leurs dortoirs respectifs. Akutagawa avançait silencieusement à l'arrière du groupe, tentant d'ignorer les murmures et les coups d'œil qui lui étaient adressés. Lorsqu'ils arrivèrent devant une impasse, les premières années se regardèrent, surpris. Où était l'entrée de leur salle commune ? Chuuya se tourna vers eux pour leur donner quelques consignes.

« Vous devez absolument donner le mot de passe pour rentrer alors ne l'oubliez pas d'accord ? Il sera toujours marqué dans la salle commune donc si vous avez peur de l'oublier trop souvent, pensez à le regarder à chaque fois que vous sortez. Et faites attention à ne pas vous tromper lorsqu'il changera, le changement s'effectue tous les quinze jours. » Là-dessus, il se tourna vers le mur et déclara bien fort : « Cataracta. »

Lentement, et sous les yeux étonnés des arrivants, le mur en question disparut, dévoilant l'entrée de la salle commune. Les nouveaux élèves y rentrèrent, surpris par la décoration de la salle, chose qui fit rire tous les anciens élèves. Il fallait avouer que leur salle avait quelque chose d'unique, presque effrayant, avec les lampes vertes et l'eau verdâtre du Grand Lac que l'on pouvait observer à travers les vitres de la pièce. Leur salle commune était en effet située dans les profondeurs du Grand Lac de Poudlard, on ne pouvait donc pas y accéder autrement que par la porte principale avec le mot de passe. Cela en faisait une salle très sécurisée dans laquelle seuls les Serpentards pouvaient y rentrer.

Un feu, probablement allumé par les elfes de maison, se consumait dans l'âtre de la grande cheminée, surmontée par une tête de serpent. Akutagawa savoura l'atmosphère sombre, qui rebutait tous les non Serpentards et qui lui avait manqué (d'une certaine manière, il en avait eu des atmosphères sombres à Azkaban, mais celles-là l'étaient presque trop).

Chuuya et l'autre préfète de septième année dont Akutagawa ignorait le nom demandèrent aux nouveaux venus de s'asseoir tandis que les autres allaient retrouver le confort de leurs dortoirs. Certains, comme le jeune homme, restèrent cependant pour écouter un discours dont ils ne se lassaient pas.

« Je suis sûr que vous êtes fatigués, commença le rouquin, mais nous avons une tradition à Serpentard, c'est de briefer les nouveaux venus. Il y a des nés-moldus parmi vous ? » Sans grande surprise, personne ne leva la main. « Bon, dans ce cas, vous savez tous que notre maison n'a pas la meilleure réputation de Poudlard. On dit que ceux qui tournent mal viennent tous de chez nous. Peut-être même que vos propres parents vous ont dit qu'ils espéraient que vous n'iriez pas à Serpentard. Mais vous y êtes, et pour les sept prochaines années. » Il marqua une pause et balaya son auditoire du regard. « Vous allez devoir vous habituer au mépris, aux préjugés, parfois même aux insultes et aux injustices. Laissez-moi vous dire qu'entre un Serpentard et un Gryffondor, ce ne sont pas nous que les profs croient en premier. Vous devrez probablement faire face à des situations qui vous révolteront. On est tous passés par là, et c'est pour ça que je vous préviens. Vous connaissez les valeurs de Serpentard ? »

Les premières années échangèrent des regards surpris par le changement de sujet mais l'un d'eux, qui avait l'air dans son élément – probablement un fils d'une famille de Serpentards – répondit.

« La fierté, l'ambition, la ruse, la provocation et la grandeur.

Ce sont les principales en effet, mais nous en avons une autre, peu connue. La fraternité. » Nouveaux regards surpris des premières années. « Difficile à croire n'est-ce pas ? Pourtant, nous nous entraidons, car nous sommes les rejetés et les laissés pour compte. Si on ne s'entraidait pas un minimum, comment parviendrions-nous à nous en sortir ? »

De nombreux élèves acquiescèrent avec un léger sourire. Chuuya fit de même et frappa dans ses mains.

« C'est tout ce que je voulais dire. N'oubliez pas de viser haut mais n'oubliez pas non plus que vous n'êtes pas seuls, contrairement aux apparences.

Chuuya ! s'exclama un septième année resté en retrait. On va gagner la coupe de Quidditch cette année, pas vrai ?

Bien sûr ! On ne l'a pas eue l'année dernière, et je compte bien rattraper ça ! »

Les deux élèves se tapèrent dans la main en riant tandis que les premières années commençaient à faire connaissance en montant dans leur chambre. Akutagawa fit de même en songeant qu'il devrait partager sa chambre avec des élèves qui étaient certes ses camarades de dortoir mais qui le prenaient pour un assassin. Il sentait qu'il n'allait pas passer beaucoup de temps dans sa chambre cette année…

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Le lendemain matin, alors que tous les élèves descendaient vers la Grande Salle pour prendre leur petit déjeuner, Dazai croisa les six élèves convoqués qui se rendaient dans le bureau du directeur. Il croisa le regard de Chuuya et lui adressa un clin d'œil amusé, auquel le rouquin répondit par une œillade meurtrière.

« J'arrive pas à croire que tu n'ais pas été convoqué toi aussi. » cracha-t-il en passant à la hauteur du brun.

Ce dernier rit légèrement. Il n'avait rien fait de mal, il avait juste empêché le repas de dégénérer. Bon, il aurait pu le faire autrement, mais sa petite boule de feu avait eu l'effet escompté, même si Kunikida l'avait copieusement engueulé après. Il n'avait évidemment rien écouté de son sermon, mais il avait effrayé les plus jeunes en tout cas.

Le petit déjeuner se passa calmement. Dazai discuta un moment avec Mark Twain, qui jouait dans l'équipe de Quidditch et désirait savoir quand se passeraient les sélections. Dazai en avait discuté avec le professeur Ozaki la veille, et il avait obtenu le dernier créneau, ce qui l'arrangeait. Il se débrouillerait pour aller espionner les autres afin de prévoir sa stratégie pour cette année. C'était avec cette méthode qu'il avait fait gagner la coupe de Quidditch à Serdaigle les deux années précédentes.

Leur discussion fut interrompue par la distribution des emplois du temps. Dazai observa le sien, plutôt satisfaisant. Bon, les blocs de trois heures de cours d'affilée étaient un peu de trop, mais au moins, il n'avait pas de cours le vendredi après-midi, il pourrait se concentrer sur ses révisions.

Il commençait avec un cours de potions, avec le professeur Motojiro. Quand Twain, qui regardait par-dessus son épaule, le vit, il s'esclaffa :

« Tu commences avec Motojiro ? Pas de chance… J'ai personnellement arrêté depuis l'année dernière, j'ai eu un Troll au BUSEs.

Je ne peux pas en faire de même, rit le capitaine de Quidditch. J'ai besoin de valider cette matière pour les ASPICs.

Ah oui ! Tu vises la formation d'Auror l'année prochaine c'est ça ?

Oui.

Tu vas y arriver c'est sûr ! »

Dazai sourit à nouveau. Combien de fois lui avait-on dit ça ? Il savait qu'il était un des meilleurs élèves de Poudlard, et s'il avait travaillé aussi dur, c'était pour devenir Auror pour… Pour… Pour quoi déjà ? Le brun se troubla légèrement. Pourquoi avait-il autant travaillé ? Pour être Auror mais… pourquoi voulait-il être un Auror déjà ?

Kunikida le sortit de ses pensées.

« Dazai ? Les cours vont bientôt commencer.

Oh, oui ! Il vaudrait mieux ne pas être en retard le premier jour n'est-ce pas Kunikida ? plaisanta-t-il.

Surtout si tu commences avec le professeur Mitchell…

C'est ton cas ?

Non. J'ai botanique. Et toi ?

Potions.

Tu devrais te dépêcher dans ce cas, c'est à l'autre bout du château ! »

Le préfet-en-chef partir sur ces mots, laissant Dazai presque seul dans la Grande Salle. Il se dépêcha de descendre jusqu'aux cachots où se déroulait le cours. Il arriva dans les derniers, mais néanmoins à l'heure. En entrant dans la salle, il vit que Chuuya était déjà assis à sa place habituelle celle voisine était inoccupée. Le Serdaigle s'y assit.

« Qu'est-ce que tu fais là ? grogna le rouquin.

Je suis cette matière je te rappelle.

Je sais ça ! Je te demande ce que tu fais à cette place.

J'avais envie de m'asseoir à côté de mon ami ! ~ »

Chuuya le foudroya du regard mais n'eut pas le temps de faire un commentaire le professeur Motojiro entrait dans la classe, d'un pas énergique qui inquiéta les douze élèves présents. Il fallait avouer que le maître des potions avait une réputation… explosive, littéralement. Il avait une certaine passion pour les potions dangereuses qui explosaient quand elles étaient mal préparées. Le nombre de cours qui avaient viré à la catastrophe était très élevé, à tel point que tous les élèves se demandaient pourquoi il n'avait pas encore été viré.

« Bonjour à tous ! s'écria joyeusement l'homme. Vous le savez, les ASPICs sont à la fin de l'année, et je dois vous y préparer, donc attendez-vous à beaucoup de pratique cette année. » Traduction : la classe va probablement exploser avant la fin de l'année. « Nous allons tout de suite commencer par la potion de régénération sanguine. Nous allons voir la pratique aujourd'hui, et vous la préparerez au prochain cours. »

Il se retourna et commença à écrire des choses au tableau. Dazai se mit à prendre quelques notes, tout en soufflant à Chuuya :

« Alors, que t'as dit Fukuzawa ?

Juste que c'était bien de vouloir défendre mon camarade mais que je ne devais pas être agressif pour autant, même si… » Chuuya s'interrompit net.

« Même si ? répéta le Serdaigle.

Rien.

Même si quoi ?

Rien je te dis ! Oublie. »

Le jeune homme se reconcentra sur le tableau, mais Dazai n'avait pas dit son dernier mot.

« Qu'est-ce qu'il se passe Chuuya ?

Rien.

Tu plaisantes ? Tu as pratiquement insulté des Aurors chargés de notre protection, et je vois bien qu'il y a quelque chose qui ne va pas.

Ça ne te concerne pas.

Je suis ton ami alors si, je suis concerné. »

Les derniers mots du brun flottèrent dans l'air un instant, avant que le petit homme ne réponde sèchement :

« Ça ne te concerne quand même pas. Occupe-toi de tes affaires ok ? »

Dazai fronça les sourcils. Est-ce que Chuuya venait de reconnaître qu'ils étaient amis ? C'était une première, et cela confortait le Serdaigle dans l'idée que quelque chose n'allait pas. Et si le vert et argent refusait de lui expliquer son problème, il se débrouillerait pour l'apprendre d'une autre manière.

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Une fois ses trois heures de potions écoulées, le brun se rendit dans la Grande Salle pour déjeuner. Du coin de l'œil, il aperçut Chuuya, qui semblait en grande discussion avec le professeur Mori, mais Dazai ne parvenait pas à entendre ce qu'ils disaient. Le rouquin finit cependant par aller s'asseoir à sa table, un air contrarié sur le visage.

« Pourquoi cette obsession pour Nakahara ? » demanda alors Kunikida. Dazai se tourna vers lui, un sourcil levé.

« Pardon ? s'esclaffa-t-il.

Oh allez Dazai, tout le monde vous a entendu hier, dans le Poudlard Express. Et depuis, tu passes ton temps à le regarder à la dérobée. Y compris en cours ce matin.

Mon cher Kunikida, je suis très curieux de savoir comment tu peux être au courant de ce qu'il s'est passé dans notre cours de potions puisque tu n'y es pas.

Poe m'en a parlé. »

Dazai jeta un coup d'œil à Edgar Poe qui discutait avec un autre élève.

« Et en quel honneur t'a-t-il raconté ça ?

Nous évoquions votre dispute d'hier. »

Ah, on y revenait encore, à cette satanée dispute. Le bleu et bronze se demandait bien pourquoi tout le monde en faisait tout un plat, comme si c'était la première fois qu'il se disputait avec Chuuya. Certes, cette fois, leur conflit avait été particulièrement important, puisque tous les élèves présents dans le Poudlard Express les avaient entendus et que, si Oda n'était pas intervenu, ils en seraient probablement venus aux mains, enfin plutôt aux baguettes, mais, par Merlin, il n'y avait pas de quoi en faire tout un plat !

Chuuya avait toujours été susceptible, mais il avait l'habitude des réflexions de Dazai et n'y faisait presque plus attention depuis qu'ils avaient la majorité de leurs cours ensembles. Alors pourquoi diable s'était-il autant emporté quand le brun lui avait demandé si sa sœur l'avait enfin dépassé en taille ? La question l'avait hanté toute la nuit, et il tenait à avoir une réponse.

Il aperçut du coin de l'œil Higuchi, une sixième année de Serpentard, qui quittait la Salle après avoir terminé son repas. Osamu savait qu'elle était amie avec le rouquin et se dépêcha donc de la suivre, abandonnant son assiette à moitié pleine.

« Higuchi ! » s'exclama-t-il une fois dehors.

La blonde se retourna, surprise.

« Osamu Dazai ?..., fit-elle, hésitante.

Sais-tu ce qui cloche avec Chuuya ? » Elle le regarda avec des yeux ronds.

« Ce qui cloche avec Nakahara ? De quoi vous parlez ?

Il est bizarre depuis hier, tu ne trouves pas ? insista le brun.

Bizarre ? Et bien, je pense que c'est compréhensible vu que… » Higuchi s'interrompit brutalement et plaqua sa main sur sa bouche, comme si elle en avait trop dit.

« Vu que quoi ? »

La jeune femme garda le silence, les yeux résolument baissés vers le sol. Lorsqu'elle les releva, ce fut pour partir en courant, laissant un Dazai encore plus perdu qu'auparavant. On lui cachait quelque chose, il en était certain. Et s'il y avait bien une chose qu'il détestait, c'était de ne pas comprendre quelque chose de visiblement très important.

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Cher Junsa,

J'espère que cette lettre parviendra jusqu'à toi. Yama et moi sommes très inquiets tu sais ? Pourquoi n'es-tu pas à Poudlard ? Quelque chose s'est-il passé ? Ta mère t'empêche-t-elle de revenir ? Cela me surprendrait, étant donné que je l'ai déjà rencontrée plusieurs fois, et qu'elle a toujours eu l'air d'adorer la magie et les sorciers. Mais alors, pourquoi n'es-tu pas revenu ?

Rien n'a changé en apparence à Poudlard, mais l'atmosphère est sombre. Tu n'es probablement pas au courant, mais Ryunosuke Akutagawa est de retour. Le directeur Fukuzawa a demandé sa libération provisoire ! Il est toujours persuadé qu'il est innocent. On en avait beaucoup parlé l'anéne dernière, et tu m'avais dit que tu ne le croyais pas coupable. Tu le penses toujours ? Moi, je n'arrive pas à savoir. S'il était vraiment innocent, il l'aurait dit non ? Il n'aurait pas laissé le ministère l'enfermer pendant dix mois à Azkaban !

Je ne sais plus quoi penser. Il y a d'étranges rumeurs qui courent au château. Ils disent que le professeur d'étude des moldus est du côté des sorciers extrêmes, et qu'il n'enseigne plus convenablement sa matière. Ce sont les sixièmes années qui en ont parlé en premier. Il se contenterait de critiquer les moldus et d'inciter à la violence envers eux. J'ignore si c'est la vérité cependant, mais tous ses cours sont suspendus jusqu'à nouvel ordre.

S'il te plaît, Junsa, donne-nous signe de vie.

Ton ami, Atsushi.

Atsushi reposa sa plume dans l'encrier. Il voulait écrire au plus vite à Junsa, qui n'était vraisemblablement pas là. Un rapide coup d'œil à la pendule lui indiquait que le couvre-feu n'était pas encore passé, et qu'il avait le temps de monter jusqu'à la volière pour l'envoyer avant d'aller faire sa première ronde avec Gin. Deux jours avaient passé depuis la rentrée, et une certaine routine commençait à s'installer, malgré le problème lié au professeur d'étude des moldus. Aucune nouvelle n'avait été communiquée aux élèves et les cours étaient toujours annulés.

En arrivant dans la volière, Atsushi eut la surprise d'y trouver une jeune fille aux couleurs de Gryffondor. Elle avait de longs cheveux noirs attachés en deux couettes et des yeux bleus inexpressifs. Quand il entra, elle le fixa et le Poufsouffle sentit un léger malaise s'emparer de lui. Il se dépêcha de choisir un hibou et de lui accrocher la lettre à la patte. Il lui indiqua ensuite l'adresse et laissa l'animal prendre son envol.

Lorsqu'il se retourna, la jeune fille le fixait toujours, sans expression. Le jeune homme se demandait ce qu'elle avait. Il n'avait pas l'impression de la connaître – il ne connaissait presque personne de Gryffondor – et elle était vraisemblablement plus jeune que lui. Une part de lui désirait faire connaissance avec la fille, mais il ne pouvait pas trop s'attarder ici ou il allait arriver en retard à sa première ronde.

Il prit donc la décision de quitter la volière, mais alors qu'il passait la porte, l'inconnue parla pour la première fois.

« Tu es Atsushi Nakajima ? » Elle avait une voix claire et innocente, celle qu'ont les jeunes enfants n'étant pas encore entrés dans l'adolescence.

« Oui…, répondit le gris, hésitant. On se connaît ?

Non. Mais je connais Junsa. »

Atsushi écarquilla les yeux et sentit son pouls s'accélérer.

« Tu le connais ? Tu sais pourquoi il est absent ?

Oui. Et non. Nous vivons dans la même ville, à quelques rues l'un de l'autre. Mais je ne sais pas pourquoi il n'est pas là. Tout ce que je sais, c'est qu'il avait quelque chose d'important à te dire.

Et qu'est-ce que c'était ?

Je ne sais pas. »

Le Serdaigle soupira. Cette discussion semblait ne mener nulle part.

« En tout cas, c'était important. Très important. Je voulais quand même te prévenir. »

Elle passa devant lui et partit, sans laisser à son interlocuteur le temps de lui demander son nom. Cette fille l'intriguait beaucoup. Et que penser de ses paroles ? Junsa avait quelque chose à lui dire. D'accord. Mais s'il ne savait pas quoi, il ne voyait pas trop ce qu'il était censé faire. Il soupira à nouveau, et décida de mettre cet évènement de côté pour se focaliser sur sa ronde avec Gin.

Il se rendit rapidement au point de rendez-vous, devant la statue de Boris le Hagard. La jeune femme l'y attendait déjà, son habituel air ennuyé sur le visage.

« Avant que tu t'excuses, dit-elle en guise de salutation, tu n'es pas en retard. Tu es pile à l'heure. »

Atsushi ne sut quoi lui répondre, il se contenta donc d'une sourire malaisé. Gin le fixa un instant avant de se mettre en marche. Ils devaient patrouiller au cinquième étage. En avançant le long de couloirs sombres, le gris se demanda ce qu'elle pensait de la remise en liberté de son frère. Il avait vu l'étreinte affectueuse qu'ils avaient échangé, donc il se doutait qu'elle était heureuse mais se questionnait quand même sur son ressenti vis-à-vis des évènements de l'année passée.

Cependant il ne pouvait pas lui poser la question du but en blanc pas vrai ? Ils se connaissaient à peine, et même s'ils étaient amis, cela aurait été déplacé comme question. C'était personnel après tout.

« C'est amusant, déclara soudainement la jeune femme.

Qu'est-ce qui est amusant … ? interrogea le préfet masculin.

Tu es la première personne extérieure à la maison Serpentard qui ne me demande pas ce que je pense de la remise en liberté de mon frère. Enfin, je pense que l'affirmation correcte est plutôt « n'ose pas » me demander. »

Atsushi sentit son malaise s'accroître. Elle avait tapé dans le mille, sur un ton si neutre qu'il n'arrivait pas à déterminer si c'était un reproche ou une simple observation. Pourtant, quand elle se retourna vers lui, il eut l'impression de distinguer un léger sourire sur son visage, qui disparut très rapidement.

« Qu'est-ce que tu en penses toi ?

Pardon ?

La remise en liberté de Ryunosuke. Qu'en penses-tu ? »

L'argenté garda le silence un instant, réfléchissant à ce qu'il pourrait bien répondre. Il savait que son interlocutrice attendait une réponse honnête, mais pouvait-il vraiment se le permettre ? Elle risquait de très mal prendre sa réponse. Il choisit finalement une approche subtile – du moins, il espérait qu'elle le soit.

« Je-Je ne sais pas trop en fait… J'ai surtout été surpris, c'était si soudain… Rien ne laissait présager cette décision…

Tu trouves ? Pourtant, tu devais savoir, comme chacun d'entre nous, que Fukuzawa n'a jamais accepté la décision du tribunal, et que le fait que Hawthorne soit nommé ministre garantissait une réouverture de l'enquête. » Elle replaça une mèche de cheveux derrière son oreille et poursuivit : « Après, je dois avouer que je ne m'attendais pas à une remise en liberté si…rapide on va dire. Je pensais plutôt que le procès serait réouvert, et que les débats et scandales allaient commencer. Mais, personnellement, tant que je peux à nouveau voir mon frère en liberté, même provisoire, cela me suffit. »

Atsushi la fixa, surpris. C'était probablement la phrase la plus longue qu'il l'entendait prononcer. Elle le remarqua et reprit, sur un ton un peu plus agressif et méfiant.

« Quoi ?

Rien… C'est juste que je ne m'attendais pas à ce que tu me confies autant de choses…

Ça te surprend ? Ce n'est pas ce que tu attendais avec ta question ? »

Pour la millième fois depuis le début de leur ronde, le cinquième année de Poufsouffle ne savait pas quoi répondre. Il avait la désagréable impression que Gin était très douée pour deviner à quoi pensaient ses interlocuteurs, et pour les mettre dans l'embarras en les devançant. Cela ne correspondait pas beaucoup à l'idée qu'il se faisait de la Serpentard, mais d'un autre côté, il n'avait jamais vraiment cherché à la connaître et s'était contenté des rumeurs qui couraient à son sujet.

Un léger bruit le tira de ses pensées, provenant du fond d'un couloir devant lequel ils étaient déjà passés. Les deux préfets se retournèrent, et se rendirent silencieusement vers l'endroit. Ils tombèrent alors sur une curieuse scène, à savoir un Dazai qui avait coincé contre le renfoncement du mur une jeune fille qu'Atsushi reconnut : c'était la Gryffondor qui l'avait interpellé dans la volière et qui connaissait Junsa.

Il hésitait sur la conduite à adopter : indéniablement, Dazai était en infraction puisqu'il était dans les couloirs et semblait maltraiter une élève plus jeune cependant, pouvaient-ils le lui faire remarquer ? Il était leur aîné, ainsi qu'un des élèves les plus populaires et les plus intimidants de Poudlard. Gin, elle, sembla avoir moins de questionnements puisqu'elle se précipita pour les séparer.

« Dazai, que fais-tu ? s'insurgea-t-elle. Tu t'en prends aux jeunes maintenant ?

Tiens, Gin, Atsushi, vous faites votre ronde ? J'espère que personne n'enfreint le règlement ~

Tu es en train de le faire !

Moi ? Ah, mais non, au contraire, je viens juste d'attraper cette jeune demoiselle qui se baladait dans les couloirs ! Vous ne l'aviez probablement pas remarquée. Ne vous inquiétez pas, je ne dirai rien à Kunikida !

Toi aussi tu es dans les couloirs !

J'ai une autorisation ma chère, comme tu peux le voir. »

Il sortit de la poche de sa cape un bout de papier froissé sur lequel était gribouillé un mot. Atsushi le prit et déchiffra l'écriture illisible du professeur Ozaki, qui déclarait effectivement avoir retenu le capitaine de l'équipe de Serdaigle dans son bureau pour une affaire urgente à régler.

« La salle commune des Serdaigles n'est pas par là pourtant…, fit-il, hésitant.

Je vous l'ai dit, j'ai repéré cette jeune fille en dehors des couloirs, donc je l'ai attrapée. » A ces mots, la concernée tressaillit et sembla vouloir dire quelque chose. Elle s'interrompit cependant, la bouche grande ouverte, comme si elle venait de se souvenir de quelque chose.

« Retournez dans vos dortoirs tous les deux alors…, déclara Gin d'une voix moins assurée qu'au début. Et si on vous revoit, on vous retire des points ! »

Dazai gloussa légèrement, comme si la perspective de se voir retirer des points par des élèves plus jeunes que lui l'amusait au plus haut point. Il se garda cependant d'ajouter quelque chose et prit le chemin de sa salle commune. La Gryffondor, elle, l'observa s'éloigner avant de se mettre elle aussi en route. Avant qu'elle ne parte, Gin l'interrogea :

« Tu vas bien ? Il ne t'a pas… Blessée ou autre ? »

Au son de sa voix, Atsushi comprit que, comme beaucoup de Serpentards, elle méprisait le brun et son caractère horripilant. Lui ne reprochait rien de particulier à son aîné, si ce n'était son exubérance et son ton presque toujours faux.

« Non, tout va bien… » déclara la rouge et or d'une voix fluette avant de partir pour de bon, laissant les deux préfets à nouveau seuls. La plus jeune des Akutagawa se tourna alors vers son homologue masculin et déclara :

« Il y a quelque chose de bizarre dans cette histoire. »

Le Poufsouffle ne dit rien, mais en son for intérieur, il acquiesça. Malgré tout le respect qu'il éprouvait pour Osamu Dazai, il était forcé de reconnaître que ce qu'il venait de se passer était clairement suspect.

Et, bien qu'il l'ignorait encore, son intuition, et celle de Gin, étaient plus que correctes.