Harry atterrit lourdement sur un sol dur, dans un endroit extrêmement humide, sur le dos. À première vue, il ne connaissait pas cet endroit, mais il était difficile de l'évaluer compte tenu de la noirceur ambiante. L'adolescent apprit bientôt à ses dépens que l'endroit ne possédait pas un plafond très haut en essayant de se relever.

- Outch! s'écria Harry, dans sa vaine tentative de se remettre debout. Mais c'est fait pour les elfes, cet endroit!

C'est alors qu'une pensée le frappa avec la force du Poudlard Express. Ginny aurait dû être avec lui, elle avait été envoyée sur Terre en même temps que lui…Non?

Juste comme il commençait à vraiment paniquer, il entendit une explosion assourdissante qui fut tout de suite suivie par l'atterrissage brutal de quelque chose de lourd sur lui. Il réalisa ce que c'était lorsque la masse se mit à se tortiller sur lui.

- Ginny!

- Qui tu voulait que ce soit, sombre idiot.

Harry s'arrêta un instant à ses paroles. Ginny n'avait pas l'habitude de répondre aux gens de manière si abrupte, et cela l'inquiéta aussitôt.

- Ça va? lui demanda Harry. Tu n'a pas l'air dans ton assiette.

- Tu ne serait pas dans un meilleur état que moi si tu avait entendu ce que je viens d'entendre.

- Qu'est-ce que tu viens d'entendre?

Harry l'entendit soupirer bruyamment et, même si ils étaient plongés dans le noir complet, il pu presque deviner la voir rouler ses yeux, manie qu'elle semblait avoir développée l'année dernière, alors que son frère devenait trop protecteur.

- Ne le prends pas mal, mais je n'ai pas vraiment envie de parler de ça tout de suite. Peut-être plus tard…

À son ton, le Survivant su qu'il n'y aurait probablement pas de plus tard, mais il ne poussa pas son enquête plus loin. Il finirait bien par l'apprendre d'une manière ou d'une autre…

- Tu sais où on est? lui demanda-t-il, changeant de sujet intentionnellement.

- Non, dit-elle. Attends! Est-ce que tu as ta baguette sur toi?

- Oui.

Il l'alluma avec un "lumos" et la pièce s'éclaira. Une pièce avec plusieurs portes apparut devant lui. À côté de lui, Ginny poussa un cri rapidement étouffé par sa main.

- Je sais où on est, annonça-t-elle, manifestement bouleversée. On est dans le caveau des Weasley, sous le lac.

- Ok, soupira Harry. Tu sais comment on peut sortir?

- Mais pour qui tu me prends? répondit-elle ironiquement. Je suis une Weasley, après tout.

Elle se dirigea d'un pas vif vers une porte semblable à toute les autres, ses cheveux enflammés se balançant joyeusement dans son dos. Harry vit ses lèvres bouger alors qu'elle formait les mots. Secouant la tête, elle passa à une autre porte, et encore une autre jusqu'à ce que son visage s'illumine.

- Harry, tu m'ouvrirais la porte s'il te plaît?

- Comme tu veux.

Il essaya d'enfoncer la porte, sans succès. Il s'arrêta brusquement quand il entendit Ginny ricaner derrière lui.

- Qu'est-ce qu'il y a de si drôle? demanda-t-il, suspicieux.

- Toi, répondit la jeune fille, toujours en riant.

Le Survivant se regarda de la tête au pieds, mais ne trouva rien de suspect. Il fut forcé de redemander à une Ginny toujours prise de rire ce qu'elle trouvait drôle.

- Rien… C'est juste que… Tu est un sorcier oui ou non?

- Oui, mais c'est quoi le…

Quand il comprit de quoi elle riait tant, il pouffa lui aussi. Le pauvre con qu'il était essayait d'enfoncer une porte, alors qu'un simple "Alohomora" aurait sufi. Il secoua la tête et lança le sort, mais la porte resta curieusement fermée.

- C'est bizarre, ça, marmonna Harry, plus à lui-même que d'autre chose. Pourtant je suis sûr d'avoir prononcé correctement…

- Je suppose que ça veut dire que l'on est prit ici? demanda judicieusement Ginny.

- Apparemment…

- Ginny soupira et se laissa glisser sur le sol en s'appuyant sur le mur, les yeux fermés. Elle se mit soudain à rire toute seule.

- Ginny?

- Désolé, Harry, c'est juste que ça fait bizarre de dire qu'on à résisté à un Avada Kedavra, qu'on est revenus d'un monde de morts, mais qu'on est incapable d'ouvrir une fichue porte.

- Il se laissa glisser à ses côtés lentement. Ils restèrent ainsi un bon moment, jusqu'à ce que le silence devienne inconfortable.

- Ginny?

- Oui?

Il avala sa salive et se motiva mentalement pour finalement dire ce qu'il avait à dire, ce qui le torturait depuis la fin de l'année scolaire.

- Chez les Dursley, j'ai eu amplement le temps de penser à l'année dernière, à notre rupture surtout. J'était sincère quand j'ai dit que je ne voulait pas qu'il t'arrive quelque chose juste à cause que tu sortait avec moi. Après, à la Vallée de la Mort, je …

- Harry, prononça tristement Ginny.

- Je me suis rendu compte que j'avais fait la plus grosse erreur de ma vie, ce jour là, au bord du lac. Je voulais….

- Harry! cria presque la jeune fille, désespérée de le faire taire.

Il arrêta finalement son discours et la regarda avec des points d'interrogations dans les yeux. Incapable de soutenir ce regard plus longtemps, la jeune fille se releva en s'appuyant sur le mur avant de laisser échapper un gémissement étouffé. Elle redescendit sa main sur la paroi, ce qui laissa une trace rouge dessus.

Soudain, la paroi rocheuse se fissura et tomba par terre, laissant un passage étroit apparaître. Une douce lueur scintillait à la fin de ce passage. La lumière du jour…

- Je pense que j'ai trouvé comment sortir, finalement, annonça Ginny, amusée.

Ils sortirent dehors, mais durent se protéger les yeux des rayons du soleil couchant. Ils étaient bien sur le terrain des Weasley, le soir à en juger par le déclin de l'astre solaire. Le lac était calme comme à son habitude, et le vent dans les feuilles était une merveilleuse musique à leurs oreilles, eux qui avaient passé si près de la mort. Soudain une question s'imposa à son esprit : Si ils étaient dans le caveau des Weasley à leur réveil, alors cela voulait dire que quelqu'un avait déplacé leur corps pendant leur "sommeil" pour les emmener ici. Horrifié, Harry regarda la jeune fille à côté de lui qui avait apparemment compris la même chose.

- Harry, tu penses à ce que je pense?

- Je pense que oui, répondit-il.

- De mieux en mieux, bougonna-t-elle. Résumons ma journée : Un, je me fais tuer. Deux, je me retrouve dans un endroit bizarre avec un bonhomme bizarre qui me dit que je suis l'héritière de Gryffondor. Trois, ma famille pense que je suis morte et m'a enterrée. Qu'est-ce qui peut arriver de pire?

Elle soupira bruyamment et regard à l'horizon où le soleil se couchait puis vers le lac, un peu plus loin.

- Il va bientôt faire nuit, annonça Ginny. Viens je vais te montrer un endroit où dormir. C'est près du lac, on aura pas long à marcher.

Il s'avéra que l'endroit dont parlait Ginny était une grotte sous l'eau du lac, donc elle était très humide et froide. Silencieusement, ils se couchèrent à même le sol et tentèrent de trouver le sommeil. Ce fut cependant peine perdue car, ce qui paraissait comme plusieurs heures plus tard, Harry était encore bien éveillé et entendait l'adolescente claquer des dents derrière lui. Au bout d'un moment, il se retourna et s'adressa à elle, dans le noir.

- Ginny, tu est réveillée?

- Oui, soupira-t-elle. Malheureusement… J'essaye de m'endormir, mais à chaque fois que j'y pense, je me rappelle que j'ai un lit bien chaud chez moi à moins d'un kilomètre d'ici…

Dans l'obscurité, tout ce qu'il pouvait distinguer d'elle était ses yeux qui reflétaient le peu de lumière environnante.

- Tu as froid? demanda Harry, dans l'espoir de changer de sujet.

- Un peu, répondit-elle.

Mais elle mentait, ses dents qui claquaient toujours l'avaient trahie. Pas très habile avec les mots, Harry ne chercha pas à continuer. Il s'endormit alors que les oiseaux commençaient à chanter. Par contre, il ne fallut pas longtemps pour que son sommeil si dûment mérité ne s'interrompe brusquement.

- Harry, réveille-toi!

Aussitôt, il fut sur ses pieds, baguette sortie, prêt à l'attaque, mais contre quoi, nul ne le savait. L'esprit encore un peu embrumé, il réalisa que c'était Ginny qu'il menaçait et abaissa tout de suite sa baguette, honteux.

- Désolé, marmonna-t-il.

- Je ne vois pas pourquoi tu devrais l'être, tu était simplement sur tes gardes. On s'en va à la maison.

- Comme tu veux.

La maison des Weasley et la grotte n'étaient pas loin l'unes de l'autre, aussi furent-ils rapidement arrivés à destination. La maison biscornue se tenait toujours fièrement à l'horizon, derrière la colline, mais quelque chose clochait. Après une deuxième vérification, Harry s'aperçut que ce qui n'allait pas était le fait qu'il n'y avait pas de bruit en provenance de la maison, ni aucun gnomes se cachant dans le jardin, aucune action quoi. Ginny aussi l'avait remarqué, et elle s'apprêtait à se lancer vers la maison de ses parents quand Harry la retint. Elle le regarda sans comprendre.

- Ça ne nous avancera à rien si on se fait prendre par quelque chose avant d'arriver là-bas, essaya-t-il de la convaincre. On a qu'à transplaner chez les Dursley et aller chercher ma cape d'invisibilité, après on reviendra, je te le jure.

La rouquine semblait aux prises avec un dilemme intérieur puissant. Plusieurs interminables secondes plus tard, voyant qu'elle n'avait pas encore répondu, il réessaya.

- Ginny… S'il te plaît, ne fais rien de stupide…

- Regarde qui parle, ironisa-t-elle.

Le Survivant eu soudain le pressentiment qu'elle allait se mettre à courir, alors il avança. Ce fut une bonne chose car elle s'enfui exactement à ce moment là. Elle courait très vite et ce fut seulement parce que Harry s'était déjà donner un élan qu'il put la rattraper, lui agripper la taille et transplaner avec elle.

Merci aux trois D et à Wilkie Tycross, l'année dernière, grâce auxquels il avait réussi à finalement transplaner sans se désartibuler. La sensation d'étouffer dans un tube de caoutchouc le reprit violemment et il fut soulagé d'arriver dans le living-room du 4, Privet Drive. Devant lui, Ginny vacilla un instant, puis se reprit et explosa de colère.

- Mais à quoi tu penses, triple buse! hurla-t-elle, furieuse. Mes parents et mes frères sont là-bas et toi, tu transplane ailleurs. Ils sont peut-être avec des Mangemorts, Harry! Ils sont peut-être en train de se faire torturer. J'exige que tu me ramène là-bas, tout de suite!

- Dans tes rêves, Ginny, répliqua-t-il. Tu veux te faire tuer ou quoi?

- Si c'est pour les aider, peut-être bien! Je veux retou…

Elle se tut brutalement fixant un point derrière lui. Perplexe, Harry se retourna et resta figé d'horreur. Par terre, sans vie, gisaient les corps de Vernon, Pétunia et Dudley Dursley.

Leurs yeux grands ouverts trahissaient leur peur au moment de leur décès, et, pour une fois, Harry eu pitié d'eux. Ils n'avaient rien fait qui justifiait un tel acte de cruauté. Même si il avait souvent souhaiter en être débarrassé, Harry n'avait jamais souhaité les voir périr.

- Harry… C'était ta famille, non?

- Aux yeux des gens, oui, mais aux miens, c'est vous ma vrai famille.

Il ne mentait pas en disant cela. Les Weasley l'avait traité comme l'un des leurs; les Dursley, non. Le Survivant savait qu'il aurait du être triste, mais il n'arrivait pas à trouver les mauvais côtés à leur mort, et il s'en sentait très coupable. Les regarder le rendait mal à l'aise et il pouvait voir que Ginny n'y était pas mieux.

- On va la chercher, cette cape? proposa Harry.

- C'est comme tu veux.

Il montèrent au deuxième étage, où ils trouvèrent toutes les pièces saccagées. Les vêtements étaient tous par-terre et les portes avaient toutes étés arrachées. Heureusement la malle de Harry semblait avoir été plus ou moins épargnée.

- Mais qu'est-ce qu'il cherchaient, à ton avis? demanda Ginny, encore sous le choc de la découverte morbide qu'ils venaient de faire

- Je n'en sais rien, soupira Harry, farfouillant dans sa malle de Poudlard. Je l'ai!

Il fourra la cape dans sa poche et tendit sa main à Ginny.

- Mais… Et les Dursley? On ne peu pas les laisser comme ça.

- On va revenir après…

Hésitante, elle agrippa sa main et ils transplanèrent au Terrier, derrière la colline pour se protéger des regards indiscrets. Là, il ressorti la cape de sa poche et couvrit Ginny et lui avec.

- Promets-moi, exigea Harry, que quoi qu'il arrive, tu restera sous cette cape.

Ginny le regarda gravement dans les yeux et il lu dans les siens tout l'amour qu'elle avait pour sa famille, et qu'elle ferait tout pour les aider. Elle ne promettrait pas…

- Ne me demande pas de tenir une promesse que je serai incapable de tenir.

Harry roula des yeux sous sa cape. De quoi pouvait-il bien s'attendre de la part d'une Weasley? Il se résigna à partir en se disant que si elle agissait stupidement il pourrait toujours les faire transplaner ailleurs.

Le Terrier n'était plus le Terrier d'autrefois. La vie qui habitait cette maison avait disparut, de même que les odeurs de bonne cuisine qui vous assaillaient dès que vous vous approchiez un tant soit peu. Bientôt, les deux adolescents arrivèrent près de la porte d'entrée, laissée entrouverte, et se glissèrent à l'intérieur et arrivèrent directement dans la cuisine.

Dans chaque coin de la pièce se tenait quatre Mangemorts encagoulé et silencieux, tenant en joue les huit autres membres de la famille Weasley et Fleur, qui était assis à la table de cuisine. Ils arboraient tous le même air de souffrance et de manque de sommeil. Personne ne disait un mot, tout était silencieux.

Mrs Weasley avait le visage luisant de larmes et ses mains tremblaient incontrôlablement. Mr Weasley n'avait aucune expression, et les sept autres ressemblaient tous à des morts-vivants.

Harry sentit Ginny se raidir à ses côtés, sortir sa baguette, et il se prépara à la rattraper si elle se décidait à anéantir les quatre serviteurs de Voldemort. Au moment où elle s'élançait vers l'avant, une autre silhouette encagoulée descendit les escaliers et vint vers eux. Il retira sa capuche et tous purent voir son visage. Peter Pettigrew.

- Il n'y a rien en haut, aucune trace des artefacts que le maître recherche, couina-t-il à la ronde. On s'en va.

- Il était temps, marmonna une voix, juste comme ils s'en allaient.

Il n'y avait pas que l'attitude de Mr Weasley qui avait changé, sa voix aussi s'était considérablement altérée. Et une expression féroce qu'Harry ne lui avait jamais vue imprégnait son visage cerné de fatigue. Pettigrew resta de marbre un instant, puis se tourna vers l'homme roux qui le regardait fixement.

- Comment ça, il était temps, répéta l'ancien Gardien du Secret des parents de Harry.

L'expression de Mr Weasley se durcit encore plus, si possible.

- Ma fille viens de mourir, sale traître, gronda-t-il. J'ai du l'enterrer devant vous et maintenant je suis surveillé même en essayant de faire mon deuil. Alors je demanderais à ce que vous SORTIEZ DE CHEZ MOI!

Peter Pettigrew n'avait jamais été quelqu'un de courageux, alors il fit ce qu'il savait le mieux faire, il prit ses jambes à son cou.

- Ginny… Ma petite fille… Morte…Pourquoi? Pourquoi? gémit Mr Weasley. Elle avait quinze ans, par Merlin. QUINZE ANS!

Alors, cet homme si fier éclata en sanglots et trouva refuge sur l'épaule de sa femme, elle aussi en pleurs. Bientôt, tout le clan Weasley se joignit à eux pour exprimer leur désespoir.

- On s'en va, supplia Ginny, la voix enrouée. Il faut que je m'en aille d'ici ou je vais craquer et faire quelque chose de stupide.

Harry lui serra la main en guise de réponse et ils transplanèrent. Leur destination fut une porte une simple porte noir avec un heurtoir en forme de serpent en plein cœur du Londres moldu.

- 12 Square Grimmauld, annonça Harry.

Avec un grincement sinistre, la porte s'ouvrit sur l'ancienne demeure des Blacks et laissa entrer ses deux nouveaux occupants.