17H03

Adossé contre les coussins décorant son lit, les genoux repliés et collé à sa poitrine et la tête posée sur les rotules, Maître Panda tentait de ralentir les battements de son cœur et de calmer sa respiration. Il venait de vivre le quart d'heure le plus intense de sa vie… Dans le mauvais sens du terme ! Mais qu'est-ce qui lui avait prit ? Demander de partager avec le Patron, le Patron nom de dieu ! Les images des quinze dernières minutes défilaient sans cesse dans sa tête, lui montrant encore et encore l'homme en noir collé à lui et cette saloperie de petit bout de gâteau qui le narguait entre ses lèvres. Il releva la tête et posa cette fois son menton sur ses genoux, laissant ses yeux dériver sur les plis du drap. Il ne supporterait pas une nouvelle confrontation de ce genre, c'est certain. Le fait d'être dans la même pièce que lui deviendra invivable, entendre sa voix sans se remémorer les événements passé sera un pur cauchemar… Mais il allait devoir se faire une raison, les Instants Panda ne sont pas dissociables d'SLG. Et puis, Mathieu ne lui pardonnerait pas de sitôt de le lâcher en plein épisode parce que « la présence du Patron est intolérable » (on dirait les mots que les profs écrivent dans les carnets de correspondance, non ? Laissez tomber ). D'ailleurs, le vidéaste venait de pénétrer dans sa chambre, une moue inquiète sur le visage. Le chanteur se redressa et s'assit en tailleur, attendant de connaître la raison de la venue de son créateur.

« Ça va ? Je t'ai vu foncer comme un dingue dans ta chambre.
- Oh… Ce n'est rien ne t'en fais pas.
- Vraiment ? Donc le fait que le Patron soit d'une désagréable bonne humeur et qu'il sifflote depuis que tu es là n'a rien à voir ? demanda-t-il en croisant les bras, attendant une explication plus claire. »

La personnalité tachetée baissa les yeux. Il allait vraiment devoir tout déballer à son créateur ? C'était l'une des choses qu'il voulait tout particulièrement éviter, de un parce que c'était trop personnel, de deux car il ne voulait pas affronter le regard, quel qu'il soit, du schizophrène sur lui après cette révélation et de trois… Parce que c'était horriblement gênant ! Vous vous imaginez, vous, dire à une personne proche que vous avez accepté de vous soumettre totalement au plus grand délinquant sexuel de la planète pour la survie d'une espèce ? Non ! Il soupira une nouvelle fois et pointa son bureau du doigt.

« Premier tiroir à droite… »

Mathieu ouvrit ledit tiroir pour en sortir l'unique feuille qui s'y trouvait. Elle était un peu froissée mais il lu tout de même ce qui y était inscrit. Un silence pesant s'installa. Le cœur du panda commençait à lui faire mal. Il n'arrivait même pas à imaginer ce que son créateur allait dire tellement il appréhendait la suite. Les yeux du vidéaste se posèrent sur lui, l'interrogeant.

« Pourquoi tu as signé ce truc ?
- En échange de ma signature, il acceptait de me présenter une femme qu'il avait rencontré et qui pourrait… M'aider.
- Comment ça, t'aider ? questionna-t-il avant de comprendre de lui-même, Oh… Mais, qu'est-ce qui t'assure qu'il respectera sa parole ? Dans ce fameux contrat, rien n'indique qu'il doive de présenter cette fille.
- Hein ? »

Précipitamment, il se leva de son lit, ne prêtant pas attention à l'engourdissement de ses jambes et prit le document des mains de Mathieu pour le relire. Son sang ne fit qu'un tour lorsqu'il vit l'énorme erreur qu'il avait commit en signant ce bout de papier froissé. Dans la seconde qui suit, il cognait contre la porte de la chambre du Patron, prêt à exploser. N'attendant même pas de réponse, il pénétra dans la pièce, découvrant un homme à sa fenêtre qui s'étonna de l'état de colère dans lequel il se trouvait. Il posa la feuille contractuelle violemment sur le bureau du criminel.

« Tu te fous de moi, c'est ça ?
- Qu'est-ce qui t'arrive la peluche ?
- T'as intérêts à m'expliquer, rapidement !
- Déjà, il va falloir que tu te détendes ! répondit l'homme en noir d'une voix froide et dure, ensuite, pose le problème correctement avant de m'aboyer dessus boule de poil ! »

L'allusion à son collier le rendit encore plus irascible et il serra les poings à s'en faire saigner les mains.

« Tu t'es bien fichus de moi avec ce contrat en carton, pas vrai ? Tu n'avais pas l'intention de me la présenter cette fille, hein ? cria-t-il en prenant la feuille et en la mettant bien en face de celui qu'il accusait de mentir, elle est où, ta prétendue promesse que tu m'as faite ce soir là, hein ? Nulle part ! »

Maître Panda reprit doucement un rythme de respiration normal. Crier comme ça l'avait complètement essoufflé. Il sentit le papier lui échapper mais compris pourquoi lorsqu'il vit son vis-à-vis le tenir entre l'index et le majeur de sa main gauche. Celui-ci sortit un briquet de sa poche ainsi qu'une cigarette qu'il alluma d'un geste habile puis glissa l'outil dans sa poche. Il inspira une grande bouffé de fumée avant de la souffler en pleins visage du chanteur qui toussota immédiatement.

« Qu'est devenue notre confiance mutuelle, gamin ?
- Il n'y en a jamais eue ! La seule relation, si on peut appeler ça comme ça, qu'on ais eu, c'est ce vieux contrat foireux que tu m'as incité à signer. Pourquoi d'ailleurs ? Hein ? C'était quoi ton plan ? Ne me fais pas croire que tu as fais ça juste pour me voir avec un collier autour du coup, je saurais que c'est faux ! Tu voulais m'humilier, c'est ça ? Le coup du biscuit, c'était juste pour te foutres de moi ? Pour prouver que tu avais le contrôle sur tout ? Bravo ! Du pur génie ! Et après ? Tu veux quoi maintenant ? Me faire manger dans une gamelle ? Te servir de moi pour assouvir tes pulsions perverses ? Vas te faire voir espèce d'enfoiré prétentieux. Tu peux crever pour que je t'adresse encore une fois la parole, c'est clair ? finit-il, prêt à fondre en larmes. »

Il sortit de la chambre sur ces mots. Tout les autres avaient du l'entendre hurler, les voisins aussi peut-être, mais il s'en foutait. Maintenant, il se foutait que tout le monde soit au courant de leur petit arrangement. Plus rien ne pouvait le mettre encore plus en rogne qu'il ne l'était déjà. Il ferma la porte de sa chambre à clef puis s'effondra une nouvelle fois sur son lit, ne voulant plus voir personne. Après quelques secondes sans bruit, des sanglots finirent par briser le silence. Toute la rage accumulée s'écoula sous forme de gouttes salée qui séchait la peau de son visage au fur et à mesure. Pendant de longues et atroces minutes, il ressassa les derniers mots qu'il avait balancé au Patron qui était resté de marbre face à lui. Ce salopard… Il n'avait fait que le manipuler depuis le début, pourtant, il n'arrivait pas à le détester. Pourquoi n'arrivait-il pas à haïr la personne la plus dangereuse au monde et qui plus est, s'était foutu de lui d ? C'était comme si une partie de lui n'acceptait pas son choix, comme si, malgré tout ses efforts, il finirait par pardonner tout les actes de ce criminel. Pourquoi ? Mais pourquoi cette partie de lui n'arrivait pas à se décrocher du Patron ?


Bien ! Ça, c'est fait !
Honnêtement, si une autre personne que Maître Panda avait gueuler comme ça sur le Patron, je pense sincèrement qu'il se serait prit une balle ! xD
Et vous, vous en pensez quoi ?
On se retrouve au prochain chapitre les gens !
Hugs !