Naruto se réveilla nonchalamment. C'était samedi, et comme à chaque fois, il séchait les cours, profitant de l'absence du CPE et de celle de son père. Il marcha avec lenteur jusqu'à atteindre son salon, puis sa cuisine, le visage toujours endormi. Mais la vue de Shizune dos à lui, excessivement courbée le réveilla entièrement et rapidement. Il se pencha légèrement, juste assez pour voir le sous-vêtement rouge que la jupe de soubrette cachait encore.
Néanmoins, Shizune le vit, se redressa brusquement et lui fit face, ses deux mains plaquant sa jupe contre ses jambes au niveau de ses fesses. Voyant ses joues rouges et son air affolé, Naruto prit sa mine de confident et lui lança :
- Si tu veux, je peux te retirer cet uniforme gênant.
Elle le gifla sans réfléchir et déguerpit presque en courant. Naruto se massa la joue en se demandant pourquoi elle continuait d'être aussi pudique alors qu'il savait très bien qu'il lui plaisait. Mais bon. Actuellement, il en avait après Gaara. D'ailleurs, il espérait que le rouquin serait présent à la fête de Neji, donnée le soir.
Oui, Gaara était son cousin, mais comme il n'était pas son cousin germain, Naruto estimait que le lien de parenté s'annulait. C'était très tiré par les cheveux, tant pour lui que pour Sasuke ou Temari, et même Neji, les trois seuls au courant, mais il le désirait depuis un moment et toutes les excuses étaient bonnes pour parvenir à ses fins.
Kushina, qui avait vu son comportement inacceptable envers la dame de service, se permit de lui lancer le journal dans la figure. Naruto se retourna vivement et regarda autour de lui dans l'espoir de trouver quelqu'un, mais rien. Et c'était la deuxième fois que ça lui arrivait. Peut-être Shizune venait-elle de le lui lancer avant de repartir cacher sa honte. Il se força à croire à cette hypothèse et ouvrit l'un des placards en bois d'arbre bi-centenaire-alors-attention-à-ne-pas-l'abimer et prit une boite de céréales devenus molles, exposées à l'air libre depuis plus d'une semaine dans un paquet mal fermé.
Il les mangea en grimaçant un peu, mais c'était tout ce qui lui faisait envie, ce matin. Ensuite, il reprit la direction de sa chambre, entra dans la salle de bain qui y était collée et se lava rapidement.
Il ressortit nu et trempé, ne se souciant pas du sol en parquet, et se posta devant son armoire, après avoir attrapé son téléphone et composé un numéro.
- Sabaku.
- Salut, Tema.
- Ça va ?
- Tranquille. J'ai besoin que tu m'aides à choisir une tenue pour ce soir.
- Ah oui, c'est vrai que tu as une soirée, lâcha-t-elle en se rappelant.
- Ton frère vient ?
- Ouais.
Naruto souffla silencieusement en tentant de calmer son sang qui se réchauffait à cette annonce.
- O-Ok. Bon, je mets quoi ?
- Mets un haut rouge, il aime cette couleur. Tu vois celui super-moulant avec un trou rectangulaire au niveau du nombril ?
- Je remettrai jamais cette horreur, Temari.
- Bon, alors... Oh, je sais ! Encore mieux ! Tu vas mettre le blazer noir, mais sans rien en-dessous !
Naruto soupira :
- Nan, c'est juste trop moche ! J'veux pas quelque chose d'étrange !
- Bon bah... Mets le T-shirt rouge avec un tigre noir dessiné dessus.
- Ok. Avec quoi ?
- Un slim simple et tes Rangers. Je m'arrangerai pour que Gaara porte un truc qui ressemble. Ça pourra vous faire un sujet de discussion, pour vous lancer. Et je n'accepte pas de refus, cette fois !
Il rit un peu en assurant que ça lui allait. Un petit silence s'installa pendant lequel Temari cherchait ses mots, mais elle finit par se lancer :
- Naruto... Si jamais il devait vraiment se passer quelque chose entre toi et mon frère ce soir...
- Je sais, Temari. Si j'suis le seme -ce qui risque d'arriver- je ferai gaffe. On mettra des capotes et j'ferai doucement.
- D'accord. Bon, alors bonne journée ?
- Ouais, toi aussi. Et merci.
Et ils raccrochèrent en même temps. Naruto sortit les vêtements que lui avait conseillés son amie, les rangea dans l'un des sacs à dos qui lui servait habituellement à aller en cours, enfila autre chose de plus confortable et quitta la maison avant que son père n'arrive.
Et Kushina se réjouit malgré le fait qu'elle sache que son fils courait à la débauche, car elle avait pour l'instant le temps de poursuivre son enquête. Elle avait le numéro et l'adresse de Shikaku, Fugaku, Nadeshiko et Kazehaya. Elle allait commencer par celui qui habitait le moins loin, à savoir son cousin. Et puis elle se rappelait du chemin depuis que son fils lui avait rafraichi la mémoire.
Elle sortit de la maison en passant par une fenêtre ouverte -ça serait louche si la porte d'entrée s'ouvrait toute seule- et vola à toute vitesse jusqu'à la maison Sabaku. Elle constata avec soulagement que la fenêtre de la cuisine était ouverte, et s'y engouffra rapidement.
Elle sentit un vif sentiment de nostalgie s'emparer d'elle à la vue de Kazehaya, qui lui rappela une nouvelle fois à quel point les années avaient passé depuis son décès. L'homme, si elle se rappelait bien, devait avoir entre quarante-cinq et cinquante ans. Ses cheveux rouges étaient beaucoup moins flamboyants que la dernière fois qu'elle l'avait vu, son visage était fermé, et si elle se fiait aux rides aux coins de sa bouche, il devait souvent arborer cette mine. Comment un homme qu'elle avait connu jovial et toujours prêt à faire n'importe quoi avait pu se transformer en... en Fugaku ? Il semblait si froid !
Il lui passa au travers, s'arrêta quelques secondes en sentant un vent froid mais pensa qu'il s'agissait de la fenêtre. Puis Kushina entendit la voix de Temari qui l'appelait :
- Papa !
Il se tourna, et regarda sa fille descendre les escaliers jusqu'à arriver devant lui. Elle lui fit un grand sourire, assez adorable, et Kushina n'eut pas de mal à se voir en elle : c'était le genre de sourire charmeur qu'elle-même avait souvent fait à son père lorsqu'elle avait quelque chose à demander. La jeune femme commença d'une petite voix :
- Tu sais que tu es le meilleur papa du monde ?
- Oui, répondit-il sur un ton méfiant.
- Et tu sais que je t'aime ? Que tu es le plus grand, le plus fort, et le plus drôle des papas ?
- Tema, qu'est-ce que tu veux ?
Le sourire de la blonde s'évanouit un peu, sûrement parce qu'elle était déçue d'avoir été percée à jour. Kushina soupira. Cette fille avait encore du chemin à faire avant d'être capable d'amadouer n'importe quel homme.
- C'est à propos de Gaara, finit-elle par lâcher.
- Qu'a-t-il fait ?
- Rien ! Il a été très sage toute la semaine. C'est pour ça que je me demandais si... Enfin si tu accepterais qu'il sorte un peu ce soir...
- Pour aller où ? demanda Kazehaya, soudainement plus sévère.
- Il veut dormir chez un ami, mentit la jeune femme à moitié. Je le conduirai et la remmènerai, si ça peut te rassurer. Ne t'inquiètes pas, je connais le garçon chez qui il va. Il est droit.
L'homme sembla douter un peu, ses yeux noirs plongés dans ceux presque suppliants de sa fille. Il lâcha un long soupir et fit un mouvement de main agacé :
- Allez-y.
Temari lui fit un grand sourire sincère, l'embrassa sur la joue en le remerciant :
- Merci, Papou.
Et elle remonta à l'étage, fière d'elle. Kushina eut un bref rire. Kazehaya restait toujours aussi faible devant les beaux yeux de sa princesse. Elle suivit Temari à l'étage, là où elle savait que les chambres se trouvaient. Au fond du couloir, elle vit la chambre parentale, celle que son cousin avait partagée avant la mort de sa femme. Elle s'arrêta une demi-seconde à ce souvenir. Elle n'avait côtoyée Ayuka que pendant quelques années, avant qu'elle ne meure en donnant naissance à Gaara. Kazehaya avait été ravagé pendant de longs mois, avant de progressivement tenter de se remettre avec l'aide de ses amis.
Kushina s'engouffra en se contorsionnant dans le petit espace de la porte entrouverte. Minato avait raison, elle avait prit un petit peu de poids avant de mourir.
La chambre avait complètement changé depuis son décès. Ayuka, qui était peintre, réussissait à l'époque à toujours convaincre son mari d'accrocher toujours plus de ses oeuvres aux murs. Elle peignait le plus souvent ce qu'elle rêvait, ce qui en général donnait des peintures plutôt abstraites, mais colorait bien leur espace personnel.
Or, actuellement, les murs étaient blancs et vides. La pièce ne contenait que le strict minimum : un lit, une armoire, un bureau et une petite table de chevet. Kazehaya et sa famille n'étaient pas très riches, mais Kushina était pourtant sûre que son cousin pouvait s'offrir bien mieux que ça. Mais au moins, cela réduisait son champ de recherches.
Elle s'approcha du bureau, et ouvrit le premier des trois tiroirs pour y trouver plusieurs porte-documents, classeurs et pochettes, soigneusement rangés sûrement dans un ordre bien précis. Bien. Kushina ne savait pas à quoi tous ces papiers pouvaient bien servir. S'il avait cédé son cabinet à Temari, n'était-il pas censé être à la retraite ?
Elle attrapa un premier classeur qu'elle ouvrit, et commença à lire la première feuille. Il y avait des chiffres partout, sous forme de pourcentages, d'additions et de soustractions. Elle vit quelques phrases, en rapport avec le cabinet Sabaku et tourna les pages, les lisant chacune en diagonale, mais ne trouva rien pour son enquête. Elle referma alors le classeur, le replaça exactement comme elle l'avait trouvé avant d'en attraper un autre, recommencer, et lâcher un long soupir d'ennui.
Elle reposa le dernier classeur, et ouvrit le deuxième tiroir. Une pochette était cachée en bas de la pile de classeurs, mais l'oeil de Kushina fut d'abord attiré dessus lorsqu'elle vit un début de phrase russe écrit dessus. Elle le sortit de la pile et lut dans sa langue natale : "DOSSIER KUSHINA 1"
Ses yeux s'agrandirent ! Oui ! Elle aurait sauté dans les bras de Kazehaya. Le dossier n'était pas énorme, mais il contenait sûrement plus de choses que chez son mari, non ? Elle ouvrit la pochette pour voir que les documents semblaient cette fois bien moins classés et ordonnés.
Elle lut une première feuille, qui contenait les mêmes informations que celles qu'elle avait trouvé du côté de son mari : tuée intentionnellement par un chauffard ayant brutalement disparu, quelques photos de la scène de crime... Elle eut une grimace de dégoût en voyant une photo de son corps à la morgue et tourna rapidement la page. Là où les choses devenaient plus intéressantes. Il y avait bien plus de détails de l'enquête. Il était dit que tous ses amis avaient été interrogés, ainsi que ses collègues de travail, ses supérieurs hiérarchiques, et les clients de l'hôpital avec qui elle avait eu des altercations. Minato aussi avait été interrogé, mais le témoignage des voisins l'avait disculpé. Kazehaya aussi avait été suspecté, et les policiers l'avaient gardé à l'oeil.
Kushina fronça les sourcils. Elle lut en bas de page qu'il était le seul à avoir un mobile. Impossible. Ces policiers étaient idiots. Kazehaya ne lui aurait jamais fait de mal. Alors qu'elle s'apprêtait à lire quel était ce mobile, des bruits de pas se firent entendre dans l'escalier. Elle sursauta, enfonça le dossier dans le tiroir, mais ne le referma pas de peur de le faire claquer, et regarda avec appréhension son cousin entrer dans la pièce.
Il vit son bureau ouvert et son tiroir dérangé, et fronça les sourcils. Il ne se souvenait pas avoir fouillé son bureau. Il sortit un trousseau de clés de sa poche, verrouilla son tiroir après avoir tout rangé, et quitta sa chambre en appelant Temari pour savoir si c'était elle qui était entrée. Kushina se mordit la langue, se retenant d'arracher ce tiroir du meuble pour découvrir la vérité. Vaincue, elle reprit la direction de sa maison -si elle pouvait encore appeler ça comme ça- et ne cessa de réfléchir.
Au fond, n'était-ce pas louche que Kazehaya détienne autant d'informations sur l'enquête la concernant ? Oui, il tenait beaucoup à elle, elle le savait, mais même son propre mari ne gardait pas ces éléments dans sa chambre. Et puis, quel mobile son cousin aurait-il pu avoir pour la tuer ? Elle secoua la tête. Même s'il avait eu le meilleur mobile du monde, ils avaient traversé bien trop de choses ensemble pour que l'idée de passer à l'action ne lui effleure l'esprit.
C'est avec cette conviction en tête qu'elle arriva au château Namikaze.
xxxXxxx
- Sasuke, j'avais jamais remarqué, mais t'as des belles fesses, toi aussi.
Ledit Sasuke lança un regard noir -littéralement- à Naruto, même si ses joues étaient un peu rouges. En temps normal, ce genre de remarque ne lui aurait fait ni chaud, ni froid, mais il se rappelait qu'il avait lancé pratiquement la même phrase à son ami blond lors d'une soirée trop arrosée.
Naruto ricana un peu et continua :
- Vous avez vraiment besoin d'autant de temps pour choisir des vêtements qu'on va porter dans un endroit plutôt sombre ! Surtout que vous finirez la soirée à poil !
- Parle pour toi, répondit l'Uchiha en se retournant vers l'armoire.
Neji entra dans la pièce, une bouteille de coca à la main.
- Vous avez soif ? demanda-t-il.
Naruto acquiesça, mais Sasuke déclina. Il était actuellement en boxer devant l'armoire de la chambre de Neji, à chercher quoi mettre. Logiquement, il n'était pas censé venir à cette soirée, mais Naruto avait tellement insisté et l'avait tellement supplié qu'il avait fini par annuler ses plans toujours secrets pour venir avec son ami.
Neji vint s'asseoir à côté de Naruto sur son lit. Ils ouvrirent la bouteille et burent tour à tour. Le plus âgé des trois, chuchota à l'oreille de Naruto :
- Rappelle-moi, Sasuke a quelqu'un en ce moment ?
Le blond s'apprêtait à lui répondre, mais se rappela que Sasuke souhaitait sûrement que cela reste un secret. Il se contenta de hausser les épaules, et Neji poursuivit :
- Tu pense qu'il va profiter de la soirée pour choper une nana ?
Naruto haussa les épaules une nouvelle fois, s'attirant le regard de Sasuke qui demanda :
- Pourquoi vous chuchotez ?
Les deux autres détournèrent le regard et firent exagérément semblant de rien. Sasuke leva les yeux au ciel et attrapa les vêtements qu'il avait choisis, avant de les enfiler rapidement.
- Tu te changes pas, Naruto ?
Le jeune homme hocha la tête et se déshabilla pour mettre les vêtements qu'il avait soigneusement pliés et rangés dans son sac. Une fois fait, les trois jeunes hommes se regardèrent les uns les autres, attendant chacun pour voir si quelque chose clochait, mais tout allait bien. Naruto tendit le poing, et les deux autres tapèrent dedans avec les leurs.
Il restait encore quelques heures avant que la fête ne commence, alors une ou deux missions de Saints Row IV sur PlayStation ne seraient pas de trop, si ?
xxxXxxx
- Minato ?
L'interpellé se retourna. Il vit Itachi qui l'appelait de plus loin dans la pièce. Il s'approcha de son cadet et celui-ci lui dit :
- J'ai oublié de te demander à quelle heure je termine, lundi.
Minato sortit son téléphone professionnel, dans lequel les horaires de tous les animateurs étaient inscrits :
- Tu finis à dix-huit heures trente.
Itachi hocha simplement la tête et remercia son vis-à-vis. Il monta la dernière chaise sur une des petites tables, pour aider les dames de service, et s'apprêtait à quitter la pièce lorsque le directeur de l'école passa juste devant lui, dans le couloir. Il lui sourit poliment et salua :
- Bonjour, Hashirama.
- Oh, bonjour Itachi. Tu n'étais pas censé avoir déjà fini ?
- J'étais sur le point de partir.
- Bien.
Hashirama lui mit une petite tape sur l'épaule et aperçut Minato. Il lui fit un sourire peut-être trop resplendissant pour le platonique "Bonjour" qu'il avait l'intention de lui dire, ce qui eut pour effet de rendre sa voix excessivement aigüe. Minato lui répondit timidement et reprit ce qu'il était en train de faire. Itachi leva les yeux au ciel et revint vers son supérieur, lorsque Hashirama fut parti :
- Minato ?
- Hm ?
- Tu sais, vous arrivez peut-être à berner les autres, mais votre jeu d'acteur devient de plus en plus mauvais. Vous allez bientôt être découverts, tous les deux.
- Je ne vois pas de quoi tu parles !
Itachi attrapa le menton de Minato entre le pouce et l'index pour le forcer à le regarder dans les yeux.
- As-tu réellement la prétention de pouvoir tromper les yeux des Uchiha ?
Le blond secoua lentement la tête. Personne n'aurait pu le prétendre. Les Uchiha étaient des gens très sensibles aux émotions des autres. Ils regardaient dans vos yeux et pouvaient savoir ce que vous pensiez, comment vous vous sentiez. Et même s'ils ne faisaient pas toujours de remarque, vous pouviez être sûr qu'ils s'en étaient rendu compte. C'était une capacité qui avait toujours charmé les Namikaze.
- Je ne te juge pas, tu fais ce que tu veux, et je sais que vous faisiez ça avant même que je ne rejoigne cette équipe. Je te dis juste que ça devient tellement évident que, bientôt, tout le monde sera au courant. Fais juste attention à toi, Minato.
L'autre hocha une nouvelle fois la tête et Itachi le lâcha avant de lui sourire et de quitter l'établissement. Minato soupira longuement et sortit lui aussi de la pièce, en fermant la porte à clé comme à chaque fois qu'il partait en dernier. Il se retourna et faillit avoir une crise cardiaque en voyant Hashirama tout près de lui, les sourcils froncés comme rarement. Il porta une main à son coeur et le repoussa doucement :
- Tu m'as fait la peur de ma vie !
L'autre eut un sourire bref avant de répondre :
- Minato, tu as l'air vraiment soucieux depuis le début de la semaine. Quelque chose ne va pas ?
- Tout va très bien, pourquoi ?
- Pas de ça avec moi.
Son air se radoucit un peu et il attrapa la main de son amant :
- Si quelque chose ne va pas, tu peux m'en parler, d'accord ? Je suis ton ami.
- Ça va, ne t'inquiètes pas.
Hashirama soupira, il prit Minato dans ses bras, et retenta :
- Tu n'as pas besoin d'être comme ça quand tu es avec moi, rappela-t-il en embrassant sa tignasse blonde.
- J'ai juste vue une psychologue, c'est tout.
- C'est pas tout. Si c'était le cas, tu irais mieux et tu sourirais.
- Je suis un peu fatigué, répondit le Minato en lui rendant son étreinte. Reste un peu avec moi, s'il-te-plaît.
Hashirama acquiesça et emmena son amant dans le bureau pour leur faire du café. Minato s'assit sur la chaise en face du bureau et accepta volontiers la tasse qu'on lui tendait. Il souffla dessus doucement, sous le regard tendre du directeur.
- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-il en relevant les yeux vers le brun.
- Rien. Je te regarde juste.
- Je ne vois pas ce qu'il y a de spécial à regarder, répondit-il en rougissant un peu.
- C'est juste toi, qui est spécial.
Minato détourna les yeux et avala une gorgée de café, en jetant des coups d'œil à son amant pour savoir s'il le regardait encore.
- Tu me mets mal à l'aise, Hashi.
- Ne sois pas si pudique.
Son sourire s'agrandit et il baissa les yeux sur un de ses documents pour commencer à écrire dessus. Minato se détendit un peu et avala une autre gorgée.
- Je ne peux pas rester très longtemps. Mon fils est seul à la maison. J'ai un peu peur qu'il fasse une bêtise.
- Je comprends, ne t'inquiète pas.
Minato sourit un peu et vida sa tasse d'une traite, puis la posa sur le bureau d'Hashirama. Il se leva, déposa un baiser sur ses lèvres et se dirigea vers la porte. Il attrapa la poignée, la tira vers le bas, fit volte-face, et regarda longuement le brun sans pouvoir empêcher ses joues de rougir de nouveau.
- J'ai parlé de toi avec Naruto...
Hashirama écarquilla les yeux, et Minato reprit :
- Ma psy m'a conseillé de tenter de communiquer plus. Je veux essayer d'installer un climat de confiance avec lui, alors je vais éviter de lui cacher ce genre de choses...
- Mais il était déjà au courant, non ?
- Oui, mais on n'avait pas clairement mis les choses à plat. Maintenant, c'est fait. Il ne l'a pas très bien pris, mais ça c'est mieux déroulé que ce que je pensais. On a même mangé ensemble.
Hashirama vit le sourire sincère sur le visage de son amant et ne put s'empêcher de l'imiter. C'était très rare que Minato parle de sa vie privée ou de ses problèmes. La seule raison pour laquelle Hashirama était au courant des mauvaises relations entre Minato et son fils venait du fait qu'un jour Naruto ait débarqué aux heures de travail de son père, et une dispute avait éclaté entre les deux. À partir de ce moment-là, il avait été impossible pour Minato de cacher ses problèmes au directeur, qui avait été très compréhensif.
L'animateur fit un dernier sourire à son interlocuteur avant de jeter un coup d'oeil à sa montre, et de partir presque précipitamment. Il attrapa un bus un arrêt plus loin qui le déposa à dix minutes de marche de chez lui. Lorsqu'il arriva enfin, son premier réflexe fut d'appeler Naruto. Mais ce fut Kurenai qui arriva et le salua respectueusement :
- Bonjour, Herr Namikaze.
- Bonjour, Kurenai. Tu sais si Naruto est là ?
- Il est sorti depuis près d'une demi-heure.
- Oh... Merci.
Il fit un sourire à la dame de service avant de rejoindre le salon. Il s'installa sur la grande table propre, et salua Shizune qui passait par là. Il fut surpris de la voir lui lancer un regard meurtrier, mais n'y prêta pas trop attention. Il ne restait qu'une semaine avant que lui et ses collègues ne commencent la session d'animation d'été, et en tant que responsable, il se devait d'aider à arranger les plannings de chacun, ainsi que faire les fiches de paiements. Des chiffres. Il détestait ça.
Il sortit de son sac plusieurs dossiers, de nombreuses feuilles et un stylo. Il plaça sur son nez ses lunettes de repos et commença à remplir les fiches avec application, ne pouvant s'empêcher de se demander quand son fils rentrerait.
xxxXxxx
Vingt-et-une heures finit par arriver, au grand soulagement des trois jeunes hommes qui n'en pouvaient plus de tuer des gens bêtement dans leur jeu vidéo. Le cousin de Neji ne pouvant pas les emmener en voiture, ils durent prendre le bus pour se rendre au lieu de la soirée.
C'était un local, dans un coin de la ville appartenant à la famille Hyûga. Neji l'utilisait et le prêtait à ses amis pour toutes sortes d'occasions.
Ils arrivèrent les premiers, parce que la soirée avait été annoncée pour vingt-et-une heures trente. Neji souhaitait venir à l'avance pour savoir si tout avait été décoré et installé correctement. Il constata avec soulagement que tout semblait parfait.
Au rez-de-chaussée, il y avait un sol en parquet ciré marron clair, tellement propre que l'on pouvait se voir dedans. De grosses poutres venant du plafond semblaient créer une séparation entre la piste de danse et un coin rempli de chaises et de tables un peu en vrac, même si c'était fait exprès pour donner une impression de confort et de naturel. Deux boules à facettes pendaient du plafond pour éclairer les deux parties de la pièce, laissant déjà danser leurs lumières multicolores et fluo. Contre le mur à droite, un grand buffet tenu par deux femmes ressemblant fortement à Neji débordait de nourriture et de boissons prêts à être servis. Au fond de la salle, on pouvait voir deux grosses enceintes, prêtes à cracher leur son, sagement branchées à côté d'une chaise. On s'imaginait déjà un garçon à moitié déprimé assis dessus, attendant patiemment de devoir changer de musique tout au long de la soirée. Le dernier élément était un escalier.
- Il mène où, l'escalier ? demanda Naruto.
- Il y a plein de mini-pièces en haut. Elles ont été aménagées en chambre, même si c'est un peu du vite-fait. Mais ça donnera de l'intimité si certaines personnes ont envie de... Enfin tu vois...
- Baiser ? termina calmement le blond.
Neji hocha la tête tandis que Sasuke restait un peu en retrait, ennuyé.
Finalement, une demi-heure plus tard, les invités commencèrent à arriver. Kiba, le meilleur ami de Neji, arriva pour s'occuper des lumières et du son, et s'assit à la chaise du déprimé. Neji ne restait pas loin de l'entrée, saluant chaque personne qui arrivait par une bise ou une poignée de main, toujours accompagnés d'un faux sourire ravi. Naruto et Sasuke étaient appuyés contre un mur sur le côté, le premier attendant que les choses sérieuses arrivent, le deuxième se demandant de plus en plus ce qu'il 'foutait' ici.
Ce n'est que lorsqu'une certaine personne franchit la porte d'entrée qu'un fin sourire sombre se dessina sur ses lèvres. Il poussa son ami du coude et lui désigna la nouvelle arrivante du menton, appréciant de voir son ami pâlir à cette vue. La jeune fille les vit tous les deux et courut vers Naruto, les bras grands ouverts, la mine heureuse :
- Naruto !
- S-Sakura ? Qu'est-ce que tu fous là ?
- Neji m'a invité, répondit-elle fièrement.
Naruto lança un regard meurtrier au Hyûga, qui fit mine de ne pas le voir. Son attention se reporta ensuite sur la fille aux cheveux roses qui s'agitait devant lui :
- Tu vas danser ce soir ? demanda-t-elle pleine d'espoir.
- Je sais pas danser, répondit le blond immédiatement.
Il se tourna ensuite pour chercher de l'aide auprès de Sasuke, qui se contentait de le regarder avec un amusement à peine dissimulé.
- Je peux t'apprendre, reprit la jeune fille. Il te suffit de bouger tes pieds en rythme et-
- J'ai pas de pieds ! fut la seule réponse qui vint à Naruto pour échapper à ce qui risquait de suivre.
Sakura le dévisagea longuement avant d'éclater de rire et lui dire :
- Oh, Naruto, qu'est-ce que tu peux être drôle des fois !
Elle allait l'attraper par le bras mais il s'éloigna vivement, et s'adressa en criant assez fort à la première personne qu'il croisa, sans même prendre le temps de savoir de qui il s'agissait.
- Yo ! Ça faisait un bail !
Puis il s'arrêta en voyant Gaara lui lancer son regard assassin. Le roux s'arrêta également, le regarda longuement, avant de s'approcher de lui, la main tendue. D'abord surpris, Naruto ne réagit pas, mais il finit par attraper la main de son cousin et la serrer un peu mollement. Depuis quand Gaara le saluait ? Il n'eut pas le temps de penser plus que ça qu'il voyait Sakura arriver vers lui du coin de l'oeil. Il attrapa son vis-à-vis par le bras et l'emmena sur la piste de danse qui commençait à se remplir.
Il vit Sakura abandonner l'idée de l'aborder une nouvelle fois et se jeter sur Ino qui venait d'entrer.
Naruto soupira et regarda Gaara, qui le scrutait avec méfiance, se demandant ce qu'il comptait faire. Le blond n'avait plus qu'une seule solution : il se mit à danser. Contre Gaara. Celui-ci resta un moment immobile, ne sachant pas comment réagir, puis se sentit rougir au contact de son bassin contre celui de Naruto. L'autre en profita et se serra un peu plus à lui, oubliant Sakura et se rappelant quel était son but de la soirée. Il se pencha sur lui et lui dit à l'oreille :
- On essaie pas de me botter le cul ce soir ?
- Pas venu pour ça.
- Ah bon ? Pourquoi alors, reprit-il en se frottant légèrement à l'autre.
- Danser. Et toi ?
- Je compte finir la soirée dans une des chambres à l'étage. Mais j'sais pas encore avec qui...
Alors que Gaara commençait à sembler se détendre, Naruto approcha brusquement son visage du sien, déposa un baiser étrangement chaste sur sa joue, et partit rejoindre Sasuke contre le mur, non sans jeter un dernier regard à son cousin un peu hébété.
Sasuke dévisagea son ami, reconnaissant bien là ses façons de faire et lui dit :
- Il lui arrive quoi, à l'autre. Il a pas essayé de te tuer ?
Naruto haussa les épaules en tordant sa bouche vers le bas avant de répondre :
- J'crois que Temari a dû lui parler. Mais on s'en fout, on dirait que la soirée va bien s'passer, ajouta-t-il d'un ton plus coquin.
Sasuke roula des yeux avant de poser de nouveau son regard sur la piste de danse. Gaara finit par reprendre ses esprits et s'approcha du buffet sur le côté. La salle se remplissait de plus en plus, le son de la musique augmentait au fur et à mesure, la chaleur se faisait légèrement plus intense. Tout ce que Sasuke détestait. Mais que Naruto adorait.
La soirée passa lentement, des gens ne cessaient d'arriver, certains que les deux amis connaissaient, d'autres carrément inconnus. Certaines filles leur lançaient des regards, et Naruto ne put s'empêcher d'en remarquer certaines dont il s'occuperait après avoir eu Gaara. Il voyait de temps en temps Sakura qui lui jetait des regards qu'elle voulait langoureux, avant qu'Ino ne lui claque l'arrière de la tête en s'excusant silencieusement auprès de Naruto pour la ténacité de son amie.
Finalement, Naruto attrapa son meilleur ami par la main et le traina sur la piste de danse. Sasuke tenta de se débattre mais la prise sur son poignet se fit plus ferme et Naruto lui dit :
- Je sais que t'as un copain. C'est pour ça que j'fais ça, idiot !
- Quoi ?
- Si t'es en couple, tu danses qu'avec moi. J'ai remarqué ça.
Sasuke soupira et essaya une nouvelle fois de partir mais l'autre l'attira contre lui et commença à se déhancher devant lui. L'Uchiha lui dit d'un air un peu sombre :
- Dis plutôt que tu veux essayer de rendre ta cible jalouse.
- Les deux, répondit l'autre après un bref rire.
Puis il passa ses bras par-dessus les épaules du brun qui abandonna, et fit quelques vagues mouvements en rythme pour ne pas rester immobile. Il voyait les yeux bleus de son ami qui balayaient la salle du regard, pour se stopper sur ce qu'ils recherchaient. Sasuke demanda :
- Il nous regarde ?
Naruto se serra un peu plus contre lui et répondit :
- Il nous fixe, même.
- Tu comptes arrêter ton jeu quand ?
- Quand il en pourra plus.
Naruto gloussa et continua de danser avec son ami, non sans lancer des regards de défi à son cousin dont les yeux émeraude semblaient s'assombrir de seconde en seconde. Le blond ne put retenir un autre rire qui secoua sa poitrine contre celle de Sasuke. Peut-être allait-il enfin avoir ce qu'il voulait.
xxxXxxx
Minato se demandait où était son fils, et ce qu'il faisait. Il avait essayé de le joindre à plusieurs reprises, mais évidemment, il n'avait pas répondu. Sa femme, à côté de lui, bouillonnait. Elle se demandait si ce genre de situations se déroulait souvent. Elle en avait déjà vu des pas mal, depuis la petite semaine qu'elle venait de passer chez les vivants, mais là elle s'inquiétait carrément.
Minato faisait les cent pas. Ce genre de situations arrivait souvent oui, mais il paniquait à chaque fois. Il restait éveillé jusqu'à des heures pas possibles, et son fils finissait par arriver complètement saoul, souvent accompagné. Mais cette fois, c'était un peu blessant. Vu la discussion qu'il avait eue la veille avec Naruto, il avait un petit espoir pour que son fils ne fasse plus ce genre de choses, preuve de son envie de changer, mais s'il continuait sans s'en soucier, Minato savait ce que cela signifiait : Naruto se fichait complètement de lui, et les évènements de la veille lui importaient peu. Lui se sentait trahi et stupide, et une colère mêlée à une profonde peine lui tordaient l'estomac.
Il ne pouvait que parcourir son salon en long et en large, imité par sa femme. Il avait téléphoné chez Fugaku, qui disait que Sasuke était allé avec Naruto au terrain de basket, pour une partie nocturne, mais Minato ne les avaient pas trouvés là-bas.
Il soupira. Il attrapa son téléphone et composa le numéro de Kazehaya. L'homme décrocha au bout de cinq sonneries :
- Sabaku.
- Bonsoir, Kazehaya. Je te dérange ?
- Non, je viens juste de rentrer. Un problème ?
Minato fit abstraction du ton dur de son correspondant et se lança :
- Naruto est sorti depuis un moment, mais il est injoignable. Est-ce qu'il est chez toi ?
- Non.
- Oh... Est-ce que Temari est là ? Elle ne répond pas sur son portable.
- Elle est sortie avec des amies et Gaara est allé dormir chez son ami.
- D-D'accord. Merci, et désolé du dérangement.
- Attends Minato. Tu veux que je vienne chez toi ?
Minato resta un instant silencieux, plus qu'étonné par la proposition. C'est Kazehaya qui reprit la parole :
- J'arrive en voiture dans moins de vingt minutes. Reste chez toi.
Et il raccrocha, laissant l'animateur déboussolé. Depuis quand Kazehaya venait lui rendre visite ? Ils n'étaient pas en mauvais termes, mais n'étaient pas non plus de grands amis. Minato ne savait pas du tout à quoi s'attendre.
Comme annoncé, Kazehaya arriva moins de vingt minutes plus tard. Il frappa à la porte et attendit qu'on lui ouvre. Minato l'accueillit poliment, comme il le faisait toujours, et fut surpris de voir Temari l'accompagner.
- Bonsoir Tema. Tu n'étais pas avec des amies ?
- Si, mais comme j'étais pas loin de la maison, Papa m'a attrapé en route pour me ramener ici sans me dire pourquoi.
Son père lui lança un regard à moitié désapprobateur, qu'elle reçu avec un grand sourire faussement innocent.
Minato les invita à prendre place sur le canapé du salon. Comme à chaque fois, Kazehaya fit remarquer à quel point le château était beau et grand, et à quel point sa fille rêvait de vivre dans ce genre d'endroit quand elle était petite.
- Oui, Papa, quand j'étais petite. C'est fini, maintenant !
Son père fit mine de ne pas l'entendre et Minato se racla la gorge, un peu mal à l'aise en présence de son cousin par alliance. Celui-ci prit la parole :
- Donc, tu dis que tu ne sais pas où est ton fils ?
- C-C'est ça, oui. Il est parti avant que je ne rentre du travail et... Et depuis j'arrive pas à le joindre.
- Bien.
- Tu ne sais pas non plus, Temari ?
- Aucune idée, mentit la jeune femme. C'est pour ça qu'on est là, Papa ?
L'homme hocha la tête et Temari soupira :
- Vous n'avez pas besoin de faire toute une histoire pour rien. Il doit sûrement être dehors avec des amis, comme d'habitude. Il fait ça souvent, non ?
Minato acquiesça.
- Alors ne vous en faites pas. Il reviendra demain après avoir dessaoulé.
Les deux hommes se raidirent en même temps. Minato lança un regard à Temari qu'elle comprit sans peine, et elle se leva pour rejoindre la cuisine mine de rien, rapidement suivie par son oncle. Kushina les accompagna en jurant en russe.
- Qu'y a-t-il ? lui demanda Temari lorsqu'ils furent hors de portée de voix de Kazehaya.
- Je pense que j'ai des raisons de m'inquiéter. Ça va complètement à l'encontre de ce qu'on s'était dit hier, au cabinet.
- Je sais ça. C'est pourquoi la situation est si compliquée. Le fait que je sois son amie et sa psychologue m'empêche de pouvoir vous aider sur ce coup-là.
- Donc, tu sais où il est ? demanda l'autre en se rapprochant de sa nièce.
- Oui, mais je ne peux pas te le dire. En tant que psychologue, je devrais, mais en tant que jeune femme, je n'ai pas envie de trahir mon ami.
- C'est important s'il te plaît.
Elle regarda son air presque suppliant, avant de se détourner, gênée et de répondre :
- Je peux juste te dire qu'ils sont à une fête.
- Qui ça "ils" ? Ne me dis pas que ton frère y est aussi.
Toujours sans le regarder, elle hocha lentement la tête, et Kushina se frappa le front du plat de la main.
- Tu es consciente de ce qui se passe dans ce genre de soirées ?
- Je sais oui. J'y ai moi-même prit part plusieurs fois. Mais ça n'est pas nouveau, ce genre de sorties pour Naruto, si ?
- Non, ce n'est pas nouveau. Mais... j'essaie d'arranger les choses avec lui pour qu'on ressoude nos liens. Et ce genre de sorties... Je suis pas sûr que les autres parents laissent leurs enfants mineurs se rendre dans ces fêtes.
Temari inspira profondément et prit son air professionnel :
- Tu ne dois pas te baser sur ce que tu vois chez les autres parents mais donner ta propre éducation à ton fils. Tu comprends ?
Il hocha faiblement la tête et se mit à se ronger un ongle. Temari sentait qu'il n'était vraiment pas bien.
- Donc, sans prendre en compte l'avis des autres parents, autorises-tu ton fils à se rendre dans ce genre de soirée ?
Il secoua la tête. Temari prit une autre inspiration et se relança :
- Bon. Je vais te dire où il est, mais c'est juste parce que c'est toi, d'accord ?
- Vraiment ?
- Hm. Je pense qu'après ça Naruto va me détester...
- Je lui parlerai. Enfin, j'essaierai !
Elle acquiesça et il la prit une nouvelle fois dans ses bras avant de lui dire :
- On devrait peut-être retourner au salon. Ton père va trouver ça étrange.
- Il est surtout occupé à regarder tous tes meubles !
Il rit à cette remarque et il regagnèrent la pièce principale, pour constater qu'en effet, Kazehaya était penché sur un des meubles et le regardait avec attention. Temari se racla la gorge, attirant son attention et il se redressa vivement, lissa les plis de ses vêtements et vint vers eux, un faux sourire aux lèvres. Sa fille leva les yeux au ciel tandis que Minato se disait que les gens du côté de Kushina étaient vraiment étrange, elle comprise dedans. Sa femme ne put heureusement pas entendre ces mots, mais elle ne rit pas au comportement étrange de son cousin. Ça n'avait rien à voir, mais elle repensait à ce qu'elle avait découvert le matin.
- Je ne sais pas ce que vous vous racontiez tous les deux, mais j'espère juste qu'avec ça vous savez au moins où se trouve Naruto.
- Oui, je vais accompagner Minato aller le chercher. Par contre, toi tu rentres à la maison.
Il ouvrit grand les yeux et demanda, indigné :
- Pourquoi je ne viens pas ?
- Tu es trop vieux pour les sorties nocturnes, répondit sa fille.
- Et toi tu es trop jeune ! Les enfants de France font n'importe quoi !
Minato et Temari eurent un rire bref avant que la jeune femme n'arrive à convaincre son père qu'il devait rentrer. Elle prit le volant, Minato à côté d'elle, son père assis derrière comme un enfant puni. Ils le déposèrent devant leur maison avant de reprendre la route. Au bout d'un petit moment de silence, Minato finit par demander :
- Il ne sait pas que Gaara est là-bas ?
- Non. S'il le savait, mon pauvre frère n'aurait plus jamais le droit de sortir.
- Tu sais... En tant que parent, je peux te dire que ça nous fait très mal, quand les enfants nous cachent des choses.
Elle cligna des yeux plusieurs fois, à défaut de pouvoir les enlever de la route mais garda le silence. Il y avait une tension étrange qui semblait émaner de son oncle, et sans exagérer, elle avait un peu peur.
xxxXxxx
Naruto eut un sourire satisfait. Alors qu'il était au buffet et faisait mine de se servir, il vit du coin de l'oeil Gaara s'approcher de lui. Il fit semblant de ne pas le voir et attendit que l'autre parle. Il lui demanda après un instant de silence couvert par la musique :
- Tu... T'es en couple avec Uchiha ?
- Pourquoi ? demanda le blond sur un ton faussement innocent.
- T'as dansé avec lui toute la soirée.
- C'est faux. J'ai aussi dansé avec toi.
Gaara mit un temps avant de répondre :
- Ça a pas duré longtemps.
- Tu voulais plus ? demanda-t-il en se tournant vers lui avec un sourire joueur.
Son cousin baissa les yeux et rougit. Naruto s'approcha de lui et le frôla :
- Si tu as envie de quelque chose, il suffit de demander...
Les joues de l'autre prirent la même couleur que ses cheveux. Il resta un instant le regard accroché au sol avant d'articuler quelque chose d'inaudible. Naruto se pencha et lui dit à l'oreille :
- Plus fort Gaara, j'entends pas.
- T-Tu veux monter à l'étage ?
Naruto eut un autre sourire satisfait. Il attrapa Gaara par la main et traversa la grande salle pour s'arrêter au pied de l'escalier. Il balaya la pièce du regard, et lorsque ses yeux bleus croisèrent ceux charbon de son meilleur ami, il lui fit un clin d'oeil en désignant d'un mouvement de tête discret le roux accroché à son bras. Sasuke eut une moue désabusée avant de tourner le regard. Naruto eut un bref rire avant de commencer son ascension.
Ils arrivèrent dans un long couloir plutôt sombre, dont les murs étaient occupés de plusieurs portes. Naruto en ouvrit une sur la droite, pour y trouver une fille et un garçon en pleine action. Il essaya une autre porte, verrouillée. La troisième pièce était occupée par une bande de fumeur. Il ouvrit une porte sur la gauche pour tomber une salle de bain. Sans plus réfléchir, il s'y engouffra, son cousin toujours sur ses talons. Même ici, la lumière semblait tamisée, ce qui était parfait pour mettre Gaara un peu plus à l'aise.
Naruto lui fit face et l'embrassa, doucement d'abord, avant de quémander l'entrée de sa bouche. Gaara, ne sachant que faire, entrouvrit légèrement les lèvres avant de sentir la langue de Naruto venir rejoindre la sienne.
Le blond s'appliqua pour tenter de guider son cousin complètement perdu, en passant ses mains sous son T-shirt. Gaara frémit et Naruto les fit reculer jusqu'à ce que le dos du rouquin soit contre un mur, entre le lavabo et la baignoire. Il descella leurs lèvres pour passer les siennes dans le cou de l'autre qui posa machinalement ses mains tremblantes sur les hanches de son vis-à-vis en laissant échapper un halètement.
Naruto sourit contre sa peau et bientôt, le T-shirt de Gaara et le sien étaient au sol. Il y eut un léger instant de flottement pendant lequel ils s'observaient, le seul bruit étant la musique qui leur parvenait, fortement atténuée par la porte close. Gaara fut le premier à bouger, contre toute attente. Il attrapa le haut du pantalon de Naruto pour rapprocher leurs deux bassins.
Le blond se laissa faire et après avoir laissé quelques marques dans le cou de son vis-à-vis, il ouvrit le bouton de son pantalon, passa sa main sous son boxer et empoigna la demi-érection de l'autre, lui arrachant un faible gémissement. Il eut un sourire narquois avant de démarrer un lent mouvement de va-et-vient sur la longueur du roux qui gémit une nouvelle fois en rejetant la tête en arrière, les mains posées sur les épaules du blond qui se réjouissait de voir son sociopathe de cousin presque geindre sous ses caresses.
Il retira sa main du sous-vêtement de Gaara et lui intima silencieusement de finir de se déshabiller, pendant que lui faisait de même. Sans perdre de temps, il se recolla au roux, fit quelques légers mouvements de hanches pour frotter leurs érections, avant de fouiller dans l'armoire au-dessus du miroir. Il soupira de soulagement en y trouvant deux préservatifs et un tube de lubrifiant à moitié entamé. Il ne savait même pas s'il aurait été capable de se retenir, s'il n'y en avait pas eu.
Gaara le regarda faire avec appréhension et Naruto l'embrassa avant de lui demander :
- T'es puceau, hein ?
L'autre hocha lentement la tête et le sourire Naruto s'agrandit :
- J'vais te faire du bien...
Il retourna le rouquin pour qu'il soit face au mur, puis attrapa le tube de lubrifiant pour en enduire ses doigts. Il mit une petite claque sur la fesse droite qui rougit juste après, attirant un regard surpris, gêné, furieux et désireux de son cousin. Naruto eut un bref rire avant de mettre un doigt à l'intérieur. Il attendit que l'autre se détende avant de mettre le deuxième, puis le troisième. Quand il jugea que Gaara était prêt, il enfila le préservatif avec habileté et se positionna à son entrée.
Il poussa lentement et sans s'arrêter, jusqu'à être complètement à l'intérieur, arrachant à son amant un petit cri de douleur étouffé.
- T'es prêt ? J'vais bouger.
Avec ça, il ressortit pour rerentrer et prendre un rythme très lent, attendant que Gaara s'habitue à lui, et cherchant sa prostate en même temps. Le roux commençait à gémir faiblement lorsque Naruto trouva sa prostate. Il ne put retenir un grand cri de plaisir ainsi qu'un frisson qui parcourut tout son corps, jusqu'à presque se propager dans celui de Naruto. Le blond sourit de satisfaction et commença à littéralement pilonner Gaara sous cet angle spécial, avec toute la force dont il était capable.
Le roux ne pouvait que gémir fort et continuellement, tandis que la seule chose qui l'empêchait de s'écrouler était les mains de Naruto fermement agrippées à ses hanches. Il sentit soudain une main s'écraser durement contre sa fesse et Naruto accéléra encore.
Au bout de quelques minutes, Gaara ne put se retenir et jouit durement contre les dalles du mur dans un cri qu'il ne s'imaginait pas capable de pousser. Alors qu'il pensait s'évanouir, Naruto effectua trois autres poussées avant de lui aussi se vider dans le préservatif, à l'intérieur de son amant.
Ils tombèrent tous deux au sol, haletants, avant que le blond ne se retire doucement pour poser la tête contre le dos de l'autre. Un instant de silence s'ensuivit, seulement coupé par les respirations laborieuses des deux jeunes hommes.
Finalement, Naruto se releva. Il attrapa tous les vêtements, rendit à son cousin ceux qui lui appartenaient et ils se rhabillèrent tous les deux, même si Gaara lançait quelques coups d'œil gênés au blond. Même si ça avait été assez agréable, il n'imaginait pas que sa première fois serait une baise rapide dans un coin de maison qui ne leur appartenait pas.
Lorsqu'ils furent de nouveau présentables, Naruto ferma le préservatif souillé qu'il jeta dans la petite poubelle près de la porte. Il attrapa son cousin par la nuque pour l'entraîner dans un long baiser avant de le regarder dans les yeux, front contre front, un sourire arrogant sur son visage et lui dire à voix basse :
- On recommence quand tu veux.
Il lui mit une tape sur les fesses en se mordant les lèvres avant de quitter la pièce et redescendre en vitesse les escaliers, complètement satisfait. Il vit Sasuke toujours appuyé au mur, un verre de jus à la main, la mine ennuyée voire boudeuse, qui regardait le vide. Il s'approcha de lui et n'eut même pas besoin de parler pour qu'il comprenne tout.
- Calmé ? demanda le brun.
- Ooooh, ouais !
- On peut rentrer ?
- Ooooh, ouais !
Sasuke ne prêta pas attention au ton de son ami et prit la direction de la porte d'entrée. Ils firent un signe de main à Neji sur la piste de danse et sortirent du bâtiment. Ils frissonnèrent à cause de l'air frais, mais ce n'était pas désagréable.
- J'vais appeler mon frère pour venir nous chercher.
Naruto acquiesça et regarda son ami décrocher son téléphone, parler moins d'une minute et raccrocher.
- Il arrive, annonça-t-il.
Naruto hocha une nouvelle fois la tête et ne put s'empêcher de penser à ce qui venait de se passer. Il frémit en souriant légèrement avant qu'une voiture qu'il ne connaissait que trop bien ne s'arrête devant eux. Son visage se décomposa lorsqu'en plus de son amie blonde, son père sortit de la voiture. Il se dirigea vers Naruto l'air décidé et sévère, suivit par Temari qui tentait visiblement d'arriver avant lui.
Naruto lança un regard assassin à Temari en comprenant qu'elle l'avait trahi et elle lui répondit par une moue désolée et gênée.
- Je me faisais un sang d'encre, commença Minato en arrivant à sa hauteur.
- Y'a pas besoin. C'est pas comme si c'était jamais arrivé.
- On en parlera à la maison. Viens, on rentre.
Mais Naruto ne bougea pas. Sa mine se ferma et il regarda son père droit dans les yeux. Minato se retint de les lever au ciel. Il s'adressa de nouveau à son fils d'une voix dangereusement basse et calme :
- Tu ne veux pas venir ?
Naruto secoua la tête.
- Bien.
Le plus jeune s'attendait à ce que son père abandonne, mais à sa grande surprise, celui-ci reprit :
- Naruto Uzumaki, si tu ne montes pas dans cette voiture tout de suite, je te jure que plus jamais tu ne mettras les pieds dehors.
Naruto haussa les deux sourcils mais ne bougea pas, sentant le coup de bluff et sachant bien que jamais son père ne serait capable de l'empêcher de sortir s'il en avait envie. Sasuke, derrière lui murmura :
- Naruto, j'pense que tu devrais rentrer. Il a l'air sérieux.
Son ami lui envoya un regard sombre qui le fit taire. Kushina venait d'arriver sur les lieux, n'ayant pas put rentrer dans la voiture et regardait son mari et son fils se faire face. Elle posa une main sur sa bouche en voyant sur le visage de son mari une colère qu'elle n'avait pas vue depuis longtemps. Temari restait en retrait, les poings serrés, se sentant responsable. Elle vit Gaara sortir lui aussi du bâtiment. La psychologue lui fit rapidement signe de monter dans la voiture et il s'exécuta sans poser de question. Minato fit un pas en avant, imité par son fils, et ils se rapprochèrent jusqu'à être presque collés l'un à l'autre, leurs regards toujours accrochés.
Sasuke s'approcha également et attrapa le bras de son ami pour tenter de le calmer, mais Naruto se défit sans problèmes. Il allait commencer à parler lorsque sa voix tremblante de colère lui asséna :
- Ta gueule.
En tant normal, Sasuke se serait énervé mais ce n'était pas du tout le bon moment. Temari n'osa même pas tenter de calmer son oncle, vu l'état dans lequel il semblait se trouver. Finalement, Naruto lâcha un "Hm" provocateur et poussa son père du doigt. Mais celui-ci inspira bruyamment et ne répliqua pas, alors Naruto le poussa plus franchement.
Temari, Sasuke, Kushina et Gaara arrêtèrent de respirer pendant une bonne minute en voyant ce qui suivit.
xxxXxxx
Petite review pour ma cruauté ?...
