ENTRETIEN AVEC UN CRIMINEL
Chapitre 4 – Déchirement
- Vous voulez dire que c'est lui qui est parti ? S'étonna Iruka, les yeux écarquillés.
- C'est exact, confirma Naruto. Et d'ailleurs, le perdre fut la chose la plus terrible qu'il me soit jamais arrivée. C'était une souffrance abominable dont je croyais ne jamais pouvoir me défaire... Mais laissez-moi vous expliquer la chose.
Comme je vous l'ai déjà dit, notre conversation avec Madara avait profondément marqué Sasuke. Il n'était plus le même homme et se complaisait dans un quotidien de massacre. J'ai essayé de le raisonner, j'ai fait acte de présence et espérant qu'il recouvrerait un jour la raison. Mais malgré tous mes efforts, plus le temps passait, plus il perdait son humanité... Ce fus une période difficile durant laquelle je n'ai eut de cesse de me remettre en question. Pourtant, j'étais incapable de l'abandonner. Et le pire dans toute cette affaire, c'est qu'il en étant parfaitement conscient.
Les semaines ont passé. Puis est arrivé ce jour fatidique : le jour où Sasuke, perdu dans sa haine et dans son désir de vengeance, a blessé un innocent à mort. Un enfant de cinq ans. Si j'avais jusque là toléré ses écarts de conduite, je ne fus bien évidement pas capable de laisser passer ce crime.
- Vous n'êtes pas sérieux ! S'exclama Iruka, l'air horrifié. C'est abominable !
- J'en suis conscient, et je regrette de ne pas avoir été en mesure de l'arrêter à temps, répondit Naruto en baissant les yeux. Si j'avais été plus ferme avec lui dès le début, cet incident ne serait probablement jamais arrivé.
- Allons, ne vous blâmer pas, le consola-t-il.
- C'est pourtant la vérité. J'aurais pu l'en empêcher, mais je ne l'ai pas fait.
- Et pourquoi donc a-t-il tué ce pauvre enfant ?
- Sasuke n'est guidé que par un seul objectif : sa vengeance, expliqua Naruto. Cet enfant était un moyen de pression pour obtenir des informations... Mais les choses ont malheureusement dérapé lorsque nos interlocuteurs ont refusé de coopérer.
Je me souviens de l'horreur que j'ai ressenti lorsqu'il a abattu ce petit garçon. Le voir l'exécuter, sans une once d'hésitation, m'a fait comprendre à quel point il était devenu mauvais et incontrôlable... J'ai alors usé de mon seul atout : la force. Je l'ai traîné jusqu'à un hôtel malgré ses protestations, et je lui ai demandé des explications. C'était la toute première fois que j'osais m'opposer à lui. Ma colère était si grande ! Il m'a sourit avec orgueil et je lui ai mis une gifle.
- Tu es devenu fou Sasuke ! Ai-je hurlé. Comment as-tu pu faire une chose pareille !
- La fin justifie les moyens, a-t-il simplement répondu en haussant les épaules.
- Les êtres humains ne sont pas de simples objets ! Ce n'était qu'un enfant !
Je l'ai giflé encore et encore, espérant que mes coups lui remettraient les idées en place. Puis je me suis effondré devant lui. C'était la première fois depuis bon nombre d'années que je laissais libre court à ma tristesse. Sasuke m'a alors pris dans ses bras en riant et m'a embrassé.
- Je vous demande pardon ? S'exclama Iruka.
- Vous avez bien entendu, répondit Naruto, un sourire triste au visage. Je ne m'y attendais pas non plus. Mais sachez que malgré la colère et la haine, ce baiser a certainement été l'un des plus tendre qu'il m'ait donné...
Je ne me souviens de rien après ça. Lorsque je me suis réveillé, il faisait jour dans la chambre d'hôtel, et Sasuke n'était plus là. J'ai appelé plusieurs fois sur son portable, fait le tour de la résidence et même demandé aux hautesses s'il avait laissé un mot à mon égard. Mais rien. Il s'était comme volatilisé, me laissant derrière lui sans aucune explication.
J'attendis plusieurs jours, espérant qu'il revienne. Je ne pouvais pas accepté le fait qu'il soit parti sans moi. Ma vie entière tournait atour de lui. Pourtant, au bout d'une semaine, je dus bel et bien me rendre à l'évidence : Sasuke était parti, et il n'avait nullement l'intention de revenir me chercher.
- Qu'avez-vous fait après cela ? Demanda Iruka. Êtes-vous parti à sa recherche ?
- Bien évidemment. Qu'aurais-je pu faire d'autre ? Sasuke était mon univers. Toute ma vie gravitait autour de lui.
J'ai tout d'abord sillonné les endroits où nous passions la plupart de notre temps : le manoir Uchiwa, le quartier général à Kabukicho, la résidence du banquier... Mais il n'y avait aucune trace de lui. J'ai alors décidé de contacter nos collaborateurs les plus proches, c'est-à-dire les familles mafieuses avec qui Sasuke entretenait des relations plus ou moins amicales. Mais une fois encore, cette piste n'a rien donné... Et après un mois de recherche, j'ai fini par perdre espoir.
- Vous avez abandonné ? Demanda Iruka, l'air dubitatif.
- C'est ce que je comptait faire, en effet, répondit Naruto en baissant les yeux. Mais une rencontre m'a redonné confiance. J'étais parti noyer mon chagrin dans un bar luxueux, près du quartier de Shibuya...
Une jeune femme est alors venue m'aborder. Elle se prénommait Sakura Haruno. Comprenant ma détresse, elle m'invita à prendre un verre en sa compagnie et consola mes peines avec une gentillesse peu commune. Nous parlâmes durant de longues heures et je compris qu'elle possédait une intelligence hors du commun. Vous savez, certaines personnes ont une aura extrêmement particulière, un charisme qui rassure et encourage. C'était le cas de Sakura.
Je la revis plusieurs fois dans le même bar durant les jours qui suivirent. Chaque fois, elle venait me parler et tentait de me changer les idées. Bien sur, je ne m'étais pas encore risqué à lui révéler tous les détails de l'histoire. J'avais passé sous silence la mafia, les complots et toutes les parties compromettantes de ma vie. En vérité, elle pensait que ma tristesse découlait d'une simple peine de cœur.
- Vous ne lui avez jamais rien dit ?
Naruto eut un sourire tendre, le regard perdu dans le vide.
- Aujourd'hui, elle connaît les moindres détails de mon passé, répondit-il en riant. Sakura est la meilleure amie que j'ai jamais eut.
- Et comment votre relation en est-elle arrivée là ?
- Patience, je vais vous expliquer...
Nos rencontres s'éternisèrent durant plus d'un mois. J'appris à la connaître et nous partageâmes des moments complices. Puis, voyant à quel point elle était généreuse et compréhensive, je me risquai enfin à lui révéler quelques détails sur ma condition.
- Que penses-tu de Kyubi ? Lui ai-je demandé un jour.
Elle sembla surprise par ma question. N'importe qui l'aurait été à sa place. Puis, après un bref silence, elle répondit simplement qu'on ne pouvait juger une personne sans la connaître réellement. Elle ne connaissait pas Kyubi et elle ne pouvait donc pas se permettre de donner une opinion sur lui.
Sa réponse me donna la force de poursuivre mes aveux. Je lui expliquai alors qui j'étais et comment s'étaient déroulées les trois dernière années de ma vie. Elle m'écouta avec attention, ne cachant malgré tout pas sa surprise... Et, à mon plus grand soulagement, elle déclara avec fraîcheur :
- Tu es quelqu'un de bien, Naruto.
Après cette conversation, Sakura devint mon amie la plus proche. Je passais la majeure partie de mon temps en sa compagnie, et elle prit bientôt à cœur mes espoirs de retrouver un jour Sasuke. Son soutient et sa nature optimiste me donnèrent l'énergie nécessaire pour continuer mes recherches. Mieux encore : elle m'apprit à m'ouvrir davantage aux autres. Les mois qui suivirent marquèrent ainsi un tournant décisif dans mon existence...
- Que voulez-vous dire par là ? Demanda Iruka, intrigué.
- Sakura m'a aidé à sortir de cette bulle de solitude dans laquelle je m'étais enfermé depuis le départ de Sasuke, expliqua Naruto en souriant. Elle m'a encouragé à faire de nouvelles rencontres, à évoluer dans certains loisirs et bien d'autres choses encore.
- Mais en quoi cela a-t-il été « un tournant décisif » ?
Naruto s'étira sur le banc, un sourire rayonnant au visage. Ses yeux se perdirent quelques instant par-delà les voies ferrées sur lesquelles les trains crissaient à n'en plus finir. Puis il reporta son attention sur Iruka et poursuivit son explication.
- Pour tout vous dire, j'ai fait la rencontre de certaines personnes. Et ces personnes sont devenus chères à mes yeux. Elles font aujourd'hui partie intégrante de ma vie et m'ont aidé à bâtir une chose dont je suis terriblement fier.
- Et quelle est cette chose ?
- Konoha.
- Allons donc ! L'histoire de Kyubi était déjà dure à avaler, et maintenant vous voulez en plus me faire croire que vous êtes le fondateur de Konoha ? S'énerva Iruka en fronçant les sourcils. La plaisanterie a ses limites !
- Inutile de vous énervez, Monsieur Umino, déclara Naruto en lui tapant le dos dans un geste amical. Je me contente de vous relater les faits. Si mon histoire ne vous plaît pas, vous êtes libre de partir... Mais sachez que même si je possède certes de nombreux défauts, le mensonge n'en fait pas parti.
Iruka eut un moment d'hésitation, puis un soupire lui échappa. Il n'avait de toute façon rien à perdre à écouter le récit de ce jeune homme. Car après tout, même si son histoire sonnait comme une litanie de bêtises, elle avait au moins le mérite d'être intéressante.
- Poursuivez, je vous prie, déclara-t-il finalement de nouveau.
- Bien. Comme je vous l'ai dit, les mois qui succédèrent ma conversation avec Sakura furent peuplés de rencontres toutes plus étranges et merveilleuses les unes que les autres...
La première eut lieu dans un casino de Shibuya. Sakura m'y avait emmené car elle avait de nombreux amis parmi le personnel. Alors que nous étions attablés devant l'un des nombreux tapis de jeux, un jeune homme attira mon attention. Grand, brun et le style négligé, il avait réussi à amasser plus de sept millions de yens en l'espace de deux heures. Curieux de voir comment il s'y prenait, j'attendis qu'il ait quitté la partie pour venir à sa rencontre.
Nous parlâmes durant quelques minutes et il se présenta sous le nom de Shikamaru Nara. Je compris au fur et à mesure que nous conversions qu'il devait sa réussite à une seule et unique chose : sa tête. En effet, il avait un sens de l'observation très développé et un esprit particulièrement vif. D'ailleurs, Shikamaru est certainement l'homme le plus intelligent que j'ai croisé dans toute ma vie.
- Vous parlez du célèbre Commandant Nara ? Demanda Iruka, une pointe d'admiration dans la voix. L'homme qui a élaboré la stratégie offensive des armée nippones durant la Seconde Guerre Mondiale ?
- Il s'agit en vérité de son petit-fils, répondit Naruto. Et vous pouvez me croire sur parole : dans leur ligné, il n'y a pas un seul abrutit.
J'ai très vite sympathisé avec lui. Et avec sa lucidité hors du commun, il eut vite fait de découvrir qui j'étais. Cela ne sembla pourtant pas le choquer plus que ça, et nous restâmes donc en bon termes.
Quelques jours plus tard, je fis la connaissance d'Ino Yamanaka, une prostitué de Kabukisho. Elle et Sakura étaient amies depuis l'enfance, et malgré le travail immorale qu'elle exerçait, Ino était une femme de raison qui avait du bon a être connue.
Puis je me liai d'amitié avec Sai, un fugitif d'Hokkaido. Aujourd'hui encore, je vous avoue que sa personnalité reste un grand mystère pour moi. Il peut paraître particulièrement insensible et son ironie en énerve plus d'un... Mais, dès notre première rencontre, je compris que c'était un homme de confiance.
S'en suivit de Kiba Inuzuka, un éleveur d'animaux qui fournissait la police en chiens renifleur. C'était un sacré énergumène celui-là... Un véritable hyperactif ! Mais sa compagnie m'était agréable et, même s'il m'en coûte de l'avouer, nous avions de nombreux points communs.
- Vos connaissances sont vraiment étranges... Marmona Iruka.
- Je vous l'accorde, répondit Naruto en riant. Mais c'est ce qui fait le charme de Konoha !
Le fait est que je me retrouvai bientôt entouré de nombreux amis. Pour moi qui n'avait jamais été très ouvert et doué en matière de relation, c'était un exploit ! Et ce sentiment d'appartenance à un groupe me donna envie d'officialiser les choses. C'est ainsi que j'eus l'idée de créer Konoha...
Et voilà pour ce quatrième chapitre ! C'est à partir de là que l'action va commencé, puisque les jalons de mon histoire sont quasiment tous posés. J'espère que vous avez apprécié la lecture, même si j'ai quelques doutes sur la qualité de ce chapitre... Je tiens aussi à m'excuser de l'avoir publié tardivement, contrairement à ce que j'avais annoncé. J'ai eut la bonne surprise de trouver un emploi saisonier pour le mois d'aout, et mes journées sont donc assez chargées, d'autant plus que je travail même les weekend. Mes excuses donc pour ne pas avoir respecté les délais, je tâcherais de me rattraper sur le prochain chapitre ! La rentrée à la Fac approche également, donc je ne donne pas de date précise pour la prochaine publication. Merci encore d'avoir lu mon récit, et n'hésitez pas à me laisser vos impressions ! A très bientôt =)
