- Vous n'auriez pas dû venir, Carter.
- Si le médecin m'a autorisé, c'est qu'il a estimé que mes capacités physiques étaient intègres, se défendit l'intéressée d'un ton rassurant. Ce n'était qu'une chute banale en jogging.
- Quand même… Ca a réveillé votre douleur au genou.
Pour couper court à ses protestations, elle s'enfonça dans la masse bleutée en tête de file. Jack lui emboîta le pas, et ils se retrouvèrent à quelques galaxies de là, sur une planète au paysage rocailleux sur fond sablé. Par Jo'lin, Jack savait qu'il n'avait qu'à avancer sur 500 mètres pour atteindre le camp Tok'ra, dissimulé derrière les massifs rocheux. Son Colonel scruta autour d'elle, puis se détendit en abaissant légèrement son arme. Ils n'avaient rien à craindre pour le moment ; mais combien de fois s'étaient-ils fait surprendre ?
Beaucoup moins méfiant, Jack renchérit :
- Et vous courrez souvent, Carter ?
- Dès que le temps me le permet, mon Général.
- Carter arrêtée par un peu de pluie… J'aimerais bien voir ça !
- Et vous ? dévia-t-elle.
- Vous croyez vraiment que j'entretiens ce corps d'athlète en buvant des bières devant la télévision ?
Ce disant, il se regarda lui-même, feignant l'admiration ; quand il releva les yeux, il surprit le regard de Sam sur son corps. Elle leva la tête et détourna vivement les yeux en croisant son regard, surprise en train de mater son supérieur. Il lui sembla voir ses joues s'empourprer, et elle fixa la porte, certainement dans l'espoir que le reste de l'équipe arrive pour mettre fin à ce moment gênant.
Jack voulut dire quelque chose, pour détendre l'atmosphère, mais aucun mot ne lui vint : lui-même était trop troublé. Troublé par la vague de chaleur qui l'assaillit en prenant conscience de ses yeux bleus rivés sur lui, troublé par son membre à l'étroit dans son pantalon, troublé par le désir violent qui le saisit sans qu'il ne s'y attende. Troublé par son excitation, digne d'un adolescent pubère.
- Autre chose que je ne sais pas, Carter ? se força-t-il à articuler d'un ton anodin.
- Si vous voulez tout savoir, j'ai fait quelques années d'arts martiaux. Et beaucoup de natation, dans mon adolescence.
Imaginer Carter en maillot de bain –étrangement, en bikini- n'arrangeait pas vraiment ses affaires. A cela vint s'ajouter un sentiment curieux, qui lui disait vaguement quelque chose mais avant de pouvoir l'identifier, le reste de SG1 traversa enfin et les rejoignit. Daniel balbutia quelques explications à propos de leur retard, que Teal'c confirma d'un hochement de tête stoïque.
Reprenant ses esprits après cette diversion rêvée, Jack prit la direction de la troupe et gagna le campement, en dépit de ses pieds qui avaient une fâcheuse tendance à s'enfoncer dans le sable fin aux teintes brunes et oranges. Tandis que ce contretemps agaçait Jack, Jo'lin sembla y trouver son compte : Jack sentit son appréhension, et en devina aisément la cause. Chacun de ses pas le rapprochaient d'elle. Déjà, son rythme cardiaque s'accélérait, éclipsant l'incident de tout à l'heure.
Lorsqu'ils pénétrèrent le campement, ils furent accueillis par des Tok'ras et un échantillon de la population locale, vêtus de vêtements amples aux couleurs du paysage. Le soleil tapait fort, et ces derniers leur confièrent de quoi se couvrir la tête, à la manière des touaregs. On les conduisit sous un large auvent pour les briefer :
- D'après les dernières nouvelles, la progression du Goaoul'd est rapide. Son vaisseau-mère arrivera demain, peu après le lever du soleil. La flotte restera pour couvrir ses arrières, mais il tient plus à les asservir par l'intimidation, résuma un Tok'ra, celui qui semblait être à la tête de la colonie.
- Vous êtes certain de vous ? La subtilité et la demi-mesure ne font habituellement pas partie des qualités des Goaoul'ds, remarqua Jack.
- Nos sources sont fiables. Il s'agit de bon sens : pourquoi détruire la moitié de la cité alors qu'on peut l'avoir en intégrité en ménageant ses forces armées ?
Habituellement, Jack aurait cherché à en savoir plus ; d'ailleurs, il sentit le regard appuyé de son équipe, qui attendait la protestation. Mais Jo'lin avait confiance en ses semblables, d'autant qu'il avait déjà travaillé ici et connaissait la majorité des hommes présents dans cette colonie. Aussi ne ressentit-il pas le besoin de perdre du temps à confirmer la fiabilité de l'information.
- Nous avons donc affaire à un Goaoul'd qui réfléchit, mauvaise nouvelle, fit-il.
Il laissa Jo'lin prendre le relai, comme s'il avait passé le volant à son co-pilote :
- Jack a raison, il est loin d'être stupide : il faudra redoubler de prudence. Le plan semble cependant tout tracé : il s'agit de neutraliser le vaisseau-mère, et on paralysera la flotte qui suit.
- Ce qui impliquerait de monter à bord, intervint Teal'c, pragmatique.
- De quelle force de feu disposent les habitants de cette planète ? demanda Jack.
- Assez pour se défendre d'une attaque du vaisseau-mère, mais en aucun cas de la flotte entière.
- Autrement dit, nous n'avons droit qu'à un plan A.
- Nous ne pouvons pas évacuer ? tenta Daniel.
- Nous parlons d'une société de plusieurs milliers d'individus, docteur Jackson. Ca prendrait plus d'une journée sans compter qu'ils ne sont pas prêts à laisser leurs vies derrière eux, sans se battre.
- Que cherche l'ennemi ici ? Une population à asservir, une de plus ? intervint Sam.
- Il convoite les mines de naquadria, que nous extrayions depuis plus de deux siècles. Notre économie repose uniquement sur cela. En échange du minerai, les Tok'ra nous assurent la protection face aux convoitises de nos voisins, jaloux ou concurrents, répondit le représentant de ce monde.
La situation ainsi exposée, ils s'employèrent à mettre sur pied un plan de bataille. Il fut convenu que grâce à la source infiltrée, ils embarqueraient à bord du vaisseau, où leur but serait de neutraliser le Goaoul'd et de l'obliger ainsi à donner l'ordre de départ à sa flotte sous la menace. Plan simple, mais efficace, comme Jack les aimait. On leur montra finalement leurs tentes, où ils se reposeraient avant la mission de demain. Alors que l'équipe s'installait, cédant à l'envie de Jo'lin, Jack leur faussa compagnie et erra parmi les tentes, à la recherche de la jeune femme dont il ne savait rien, même si l'état dans lequel elle mettait Jo'lin lui laissait entrevoir des soupçons.
Se sentant observé, il se tourna et vit quelqu'un qui attendait, debout devant une tente. A son corps fin et vigoureux plus qu'à son visage, qu'il ne distinguait pas parfaitement à cette distance, il la reconnut. Jo'lin hésita un moment, et ce fut Jack qui prit l'initiative d'avancer vers elle. Il s'arrêta à un mètre d'elle, et détailla avec curiosité son visage irrégulier parsemé de tâches de rousseur, sa bouche fine, son nez aquilin, et surtout ses yeux, des yeux d'un vert émeraude, tirant vers le brun clair à proximité de l'iris. Elle le dévisagea tout aussi indiscrètement, découvrant le nouvel hôte de Jo'lin :
- Oui, je suis plus vieux que Laam, lança Jack.
- Vous pourriez être mon père, sourit la femme.
Effectivement, elle était jeune en apparence, elle devait avoir dans les vingt-cinq ans :
- Pourtant, vous êtes certainement plus âgée que moi.
- On ne fait pas de remarques sur l'âge d'une femme, règle un du parfait gentleman, le taquina-t-elle. Comment vous appelez-vous ?
- Jack. Jack O'neill. Et vous ?
Il y eut un silence, et la surprise mêlée à la déception se peignit sur le visage de son interlocutrice. Jo'lin rassembla son courage et prit le relai :
- Je suis désolée, Ayla. Jack et moi, nous ne sommes pas mêlés.
- Bonjour, Jo'lin, fit une voix plus rauque que celle d'avant.
- Bonjour, Ta'cri.
- Tu aurais pu lui parler de nous.
- Je renouvelle mes excuses, auprès de toutes les deux. Jack n'est qu'un hôte temporaire, et je ne tenais pas à le mêler à notre histoire.
- Quelle histoire ?
Les yeux de Ta'cri brillait d'une colère contenue, et son ton était aussi tranchant qu'une lame de rasoir. Sans attendre de réponse, elle passa sous l'auvent et Jo'lin l'imita. Lui tournant le dos, elle retira lentement le tissu qui lui recouvrait la tête, dévoilant une chevelure fluide et chatoyante, qui tomba en cascade sur ses épaules :
- Ta'cri, je suis désolé.
Il vit la ligne de ses épaules se tendre, sous la tension. Meurtri, il poursuivit :
- Je pensais qu'on me trouverait rapidement un autre hôte, mais ce n'est pas le cas. Jack m'a prêté son corps mais ne souhaite pas qu'on se mêle, et je respecte son désir en échange de sa charité.
Elle se retourna :
- Et que crois-tu que ça change ? Tu m'as ignoré, Jo'lin ! J'étais morte d'inquiétude, et quand j'ai appris ta guérison, je suis aussitôt venue et qu'as-tu fait ?
Il baissa les yeux sous son regard fiévreux :
- Qu'as-tu fait, Jo'lin ? insista-t-elle.
- Je t'ai évité, concéda-t-il en affrontant son courroux.
- Pourquoi ?
- Tu n'as jamais vécu ça… Je… Jack n'est pas moi, je ne suis pas lui, tu comprends ? Nous ressentons diverses choses, nous ne faisons que cohabiter dans le même corps… Nous parlons, mais nous ne pensons pas ensemble… Il y a une scissure, Ta'cri. Il y a un fossé entre ce que je veux, et ce qu'il désire. Je…
Jack prit conscience de l'abattement de Jo'lin. Il pensait être le seul à souffrir de la situation, mais à l'évidence, Jo'lin était loin d'être heureux. Alors que Jack exprimait son besoin de revenir sur Terre, Jo'lin ne se plaignait jamais, le réconfortait parfois, le supportait toujours. Pourtant, à présent qu'il en parlait, Jack sentait le poids qui oppressait Jo'lin. Le sentiment d'être prisonnier, lui aussi. D'étouffer, à l'étroit.
- Je veux être avec toi, mais lui ne connaît rien de toi, il ne te désire pas comme je te désire, tu vois ? Il n'éprouve pas une once de l'attirance dont je suis envahie quand je te vois. Il est hors de nos souvenirs, hors de notre complicité. Il peut le ressentir, mais il ne peut pas le vivre…
Ta'cri l'écoutait, tout reproche, toute rage s'évanouissant au fur et à mesure de sa plaidoirie désespérée. La voix de Jo'lin se brisa, alors qu'il laissait libre cours à sa peine, alors qu'il se laissait aller à la fatigue causée par la compartimentation :
- C'est comme si j'avais une maison, mais que je ne pouvais occuper qu'un placard, dont je devais constamment vérifier la fermeture. J'étouffe, Ta'cri…
Les yeux brillants, elle s'approcha de lui et le prit dans ses bras menus, le serrant contre sa poitrine. Il s'accrocha à elle comme un naufragé, et Jack assista à cette scène, honteux et blessé d'être la cause et le témoin de tout ce mal-être.
Ayla et Ta'cri…
Jo'lin avait eu raison : Ayla n'était pas physiquement à son goût. Alors que sa beauté transperçait le Tok'ra, Jack trouvait qu'elle manquait de formes féminines, que son visage manquait d'harmonie, même si ses yeux magnifiques l'adoucissaient et que l'ensemble ne manquait pas d'un certain charme. Caractériellement parlant, de ce qu'il avait pu observer, Ayla était plutôt douce et espiègle, tandis que Ta'cri était plus expansive et rentre-dedans. Elles se complétaient assez.
Mais Jo'lin avait tort : en d'autres circonstances et avec un peu de temps, Jack aurait aimé ces deux personnes, cette femme forte, loyale et passionnée qu'elles formaient ensemble. A la pensée de ces deux yeux émeraude larmoyants à l'heure de la fin, Jack se sentit au bord de la nausée. Il s'assit sur une chaise de jardin, et but une nouvelle gorgée de bière.
Il aurait aimé être étranger à la compassion. De toute manière, sa compassion n'aiderait pas Ta'cri à surmonter sa douleur, à se pardonner ses erreurs et à se perdre dans son reflet sans chercher une vérité que ni elle, ni personne ne connaîtra jamais…
Le soleil poursuivait son chemin dans le ciel, commençant à décliner dans le courant de l'après-midi. Jack ne sut si Jo'lin était motivé par la gêne de s'être laissé aller, ou tout simplement par le besoin d'être seul, mais il quitta Ta'cri peu de temps après avoir recouvré son self-control. Avant de partir, elle l'avait embrassé, d'un baiser doux et chaud, et il avait alors senti la passion qu'elle contenait. Jo'lin avait réprimé le désir qui montait en lui, et s'était éloigné en sentant son regard dans son dos, lui contractant l'échine.
Jo'lin sentit la contrariété de Jack :
- Je suis désolé.
- C'est moi qui suis désolé. Je ne savais pas…
- Ce n'est plus qu'une question de temps pour qu'un nouvel hôte se présente. Il faut juste un peu de patience, le coupa-t-il abruptement, pour clore la conversation.
Pas de doute, il était gêné par cet épanchement. Jack n'insista pas, tout aussi mal à l'aise que son colocataire. Heureusement, La silhouette de Sam apparut au détour d'une tente, en compagnie d'un Tok'ra et d'un habitant local. En approchant, il l'entendit manifester son intérêt pour les mines de naquadria, et exprimer son envie d'aller visiter les gisements et l'exploitation.
- L'occasion de nous changer les idées…
- Génial, du charabia scientifique et des considérations économiques… Tout ce que j'aime ! fit Jack, sarcastique.
Il se laissa finalement conduire, parce que, en compagnie de Carter, tout prenait tout de suite plus de sens. Il la suivit dans les industries et les laboratoires quelques heures, avant de finir par une visite rustique des mines. Alors que, délaissés quelques minutes par leur guide, ils s'aventuraient plus profondément dans les mines, Jack répéta, ahuri :
- De la spéléologie ?
- Oui, c'est une activité à la fois sportive et scientifique qui consiste…
- Je sais en quoi ça consiste, Carter ! Ce que je me demande, c'est ce que vous n'avez pas fait dans votre vie !
Il devina son sourire, bien qu'elle fût dos à lui. Il eut le réflexe de baisser la tête et de se voûter, le passage commençant à devenir franchement étroit. Il essaya de se souvenir depuis combien de temps ils avaient quitté leur guide, et ce fut Jo'lin qui estima le nombre alertant de dix bonnes minutes. Il en informa son second, qui tourna la tête vers lui :
- On m'a toujours dit que j'avais un sens de l'orientation infaillible, mon Général.
Son sourire rassurant se décomposa lorsqu'elle vit les yeux exorbités de son supérieur hiérarchique. Celui-ci tendit le bras pour la saisir, juste au moment où elle ne sentit plus le sol sous son pied. Elle bascula en avant, et une brusque montée d'adrénaline lui monta à la tête ; la chute fut toutefois de courte durée car elle se retrouva projetée contre le torse de Jack, qui avait réagi à temps. Elle mit deux secondes pour s'autoriser à respirer, alors qu'elle contemplait le vide qui s'offrait à elle. Elle ne se risqua pas à se pencher, mais à première vue, c'était un gouffre sans fond.
La deuxième sensation qui la saisit, ce fut une bouffée de chaleur inconsidérée, alors qu'elle prenait conscience de leur proximité. Dans un réflexe second, il avait passé un bras autour d'elle, la plaquant solidement contre lui, et elle avait une main collée sur son avant-bras. Elle sentait son souffle chaud et saccadé s'écraser contre sa nuque, et sa propre respiration s'emballa. Ce que Jack ne manqua pas d'enregistrer, ce qui le ramena à la même excitation primaire et incontrôlée qu'en début d'après-midi.
En transe, il se pencha légèrement, ses lèvres frôlant la peau si délicate de son cou ; elle se déroba discrètement, délestant la pression sur son avant-bras, comme une invitation à relâcher son emprise. Le sentiment qu'il avait eu du mal à cerner plus tôt revint, et Jack parvint à l'identifier comme de la frustration une faim dévorante, inassouvie qui prenait naissance au creux de ses reins et gagnait tout son corps. Complètement dépassé, il ressentit la colère que cette frustration engendrait en lui, cette sensation d'impuissance qui le clouait au sol. Il trembla -de peur, de colère ?- ; son étreinte se resserra sur elle, contre sa poitrine.
- J'ai du mal… à respirer, mon Général, se manifesta Sam.
- Jack… Calmes-toi, tout va bien…
Un à un, ses muscles se détendirent, alors qu'il laissait évacuer la tension qui l'habitait :
- Je m'excuse, Carter, mais vous m'avez fait une de ces peurs ! réussit-il à dire.
Ils reculèrent, afin de se retrouver à bonne portée de l'abîme :
- Votre sens de l'orientation laisse à désirer, Carter… Rappelez-moi de ne plus jamais vous suivre aveuglément !
- Je remercie vos réflexes de militaire chevronné, mon Général. C'était moins une.
Néanmoins, son regard était fuyant et si Jack le pouvait, lui-même se fuirait. Qu'est-ce qui lui avait pris ? Son attirance pour Carter faisait partie de son quotidien depuis longtemps, et jamais il n'avait eu à en souffrir de la sorte. Il savait que ce mois loin de sa planète, de ses habitudes, de sa vie était difficile ; mais cette rage ? Il ne la connaissait pas. Jack devait bien admettre que pour une fois, il avait besoin d'aide. Ce fut sans doute ce sentiment de complète perdition qui poussa Jo'lin à prendre les rênes en douceur :
- Je crois qu'il vaudrait mieux revenir sur nos pas et rejoindre le guide. On se trompe facilement ici : toutes les galeries se ressemblent.
Grâce à ce conseil avisé, ils ressortirent dix minutes plus tard à l'air libre. La nuit tombait vite, et ils gagnèrent le campement alors que les trois lunes de la planète se dessinaient dans le ciel assombri. Il y avait un feu de camp Tok'ra, à l'extrémité de la colonie ; il s'y rendit après que Sam se soit faufilée sous la tente de Daniel en prétextant la fatigue. Cependant, il la connaissait trop bien pour ne pas remarquer son sourire forcé, et le regain de prudence qu'elle essayait de masquer. Même si elle n'avait jamais eu à se méfier de lui jusqu'à ce jour, il savait qu'il n'était pas paranoïaque.
Lorsque Jo'lin et lui revinrent de la veillée, ils s'isolèrent derrière une dune, et contemplèrent les astres. Jack avait laissé les mines derrière lui, et oublia le lendemain, la présence et le soutien discret de Jo'lin lui étant d'une aide précieuse. Tandis qu'une lune orangée exerçait une attraction sur Jo'lin en lui évoquant une cascade de cheveux roux, Jack était absorbé par le scintillement des étoiles, de cette panoplie de mondes qu'il avait visité avec Sam. Et la nuit passa.
