Titre : De la haine.
Disclaimer : J'aimerais revendiquer Severus Snape comme ma propriété personnelle mais je crois que c'est raté… T.T
Rating : T
Genre : Drama, romance.
Bonjour à tous ! Toujours à l'heure ! Il est 13h, j'ai pas mangé, je viens d'ingurgiter 5h d'histoire militaire ! Youpi ! T.T Merci la borne internet de l'université !
Réponse à Emilie.V : merci pour ta review, ça fait toujours plaisir ! Voilà la suite que tu souhaitais tant !
Trêve de blabla ! Bonne lecture !
Chapitre 3 : céder
Assis sur un tabouret, Severus, le visage défait, fixait d'un air absent un point imaginaire.
A quelques pas de lui, Sirius, qui avait trouvé la force de boire un peu de bouillon brûlant, avait retrouvé l'inertie du sommeil, éreinté par les paroles échangées.
Mensonge.
Mensonge depuis le début. Dans ses mains reposait la page de journal
élimée que gardait Sirius entre ses maigres hardes. Sur la photo,
la famille Weasley, un rat auquel il manquait un doigt. Le doigt
retrouvé à sa mort.
Ses certitudes n'avaient été que
colosse aux pieds d'argile, réduit en peu de mots à l'état de
poudreuse. Il se sentait vide, creux comme une cosse.
S'il
disait vrai, l'assassin de Lily n'avait jamais été si près de
lui.
Toutes ses années près de l'objet de sa déchéance… Il
haïrait Black pour avoir réduit ces décennies de paix pour un
nouveau supplice.
Un frisson parcourut son corps ankylosé. Le foyer se mourait, le froid pénétrait les os. Glissant comme une ombre, il prit sa cape et s'engouffra dehors. Il allait couper du bois.
Elaguer les sentiments.
*
Severus,
dos au feu, absorbait la chaleur de l'âtre.
Le malade
s'agitait dans son sommeil, tremblant malgré le brasier et
l'édredon de plume. La pâleur et la moiteur de sa peau lui
conférait, à la lueur des flammes, un aspect cadavérique. A
quelques pas de lui reposaient les liens qui l'enchainaient au lit.
La nuit était tombée depuis peu, mais portait, de par la réfraction de la lune sur la neige, un éclat neuf sur le monde. Comme un regard. Une mise à nu. Le professeur s'empressa de fermer les volets. Les fenêtres, déformées par le froid et l'humidité, grinçaient et chuintaient comme de vieux os.
« Saletées… », marmonna Severus entre ses lèvres.
Parmi
le fracas du bois, quelques mots. Black parlait en dormant.
Severus,
le geste suspendu, regardait le mouvement imperceptible de ses
lèvres. Le soulèvement abrupt de sa poitrine.
« …non… »
Il glissa d'un pas près du lit. Le froissement des draps étouffait les mots, des aveux impromptus. Severus attendait, le souffle court. L'espace s'emplissait d'un silence avide.
« …pas eux …»
Le cœur qui s'arrête.
« NOON ! POURQUOIII !.. »
Le corps tendu se débattait contre les couvertures. Dans l'esprit de Severus, le vide.
« NOON… JAMES, LILY, NON ! »
Des fourmillements dans sa tête. Sur le visage du malade, un déchirement familier…
« PRENEZ-MOI ! PRENEZ-MOI ! TOUT MAIS PAS EUX !
-LA FERME !!! TAIS-TOI ! Tais-toi…»
Le professeur se laissa glisser à terre, retenant de ses mains la douleur qui lui fracassait le crâne.
« Par pitié, tais-toi… »
Black s'était mis à pleurer. Le son rocailleux de ses plaintes éclatait contre les murs immaculés.
«… je suis désolé… Harry… »
Par les ajoures des persiennes, la lumière vespérale baignait les deux hommes.
*
Severus se réveilla, le visage ankylosé. Une des ses joues portaient la marque cuisante du tissu et du bois. L'esprit embrumé se rappela lentement les éclats, l'absence soudaine. Il peina à se relever.
Ses mains se perdirent sur la surface plane du lit. Il était vide. Les secondes s'écoulèrent durant lesquels Severus sentait son corps s'égrainer peu à peu. Il parcourut la salle d'un oeil hagard.
Des volutes vaporeuses s'échappaient de la salle de bain. Dans la cheminée, un feu neuf crépitait doucement, aux dépens des buches conservées pour la flambée matinale. La marmite chantait, gardant l'eau à température pour un bain prochain.
Il
fallut quelques minutes pour que le corps de Severus retrouve ses
fonctions vitales, se rappelle l'air dans ses poumons. Prudemment,
il prit la direction des fenêtres, qu'il ouvrit en grand, inspira
profondément.
La neige tombait de nouveau, s'amoncelant sans
bruit. La forêt, étendue comme ligne d'horizon, disparaissaient
sous le vent et la brume. Les volets caressèrent l'épaisseur en
chuchotant.
Le grincement des gonds. Severus se retourna
brusquement.
Sur le pas de la porte, Sirius le dévisageait.
Eclairé
par la lumière crue du jour, l'homme se posait là, exposant à
ses yeux une maigreur provocatrice. Sa peau bleuie de coups criait
comme une dénonciation.
Severus pourrait, sous sa paume calleuse,
sentir la sailli de ses côtes, le soulèvement douloureux de ses
muscles.
Le tressaillement de sa peau sous le froid.
Le temps s'échappait tandis qu'ils s'observaient en chien de faïence, échangeait leurs mutismes abrupts. Puis, doucement, Sirius prit la direction du lit avant de s'y perdre.
Ce fut une journée baignée de silence.
*
Sur
la table, une assiette s'était ajoutée à l'ancienne. Une
intruse.
Severus prenait soin de manger lentement, récupérant
de sa fourchette la nourriture tiédie sur les rebords de son
assiette. Parfois, le regard s'égarait sur la masse qui reposait
entre les draps. Une fois fini, il portait ses couverts dans l'évier,
les nettoyait consciencieusement à l'eau savonneuse. La vaisselle
essuyée, rangée, il rejoignait l'épais fauteuil où l'attendait
un livre écorné par l'usage.
Alors, s'élevaient le
froissement d'un pied nu sur le sol, le grincement d'une chaise.
Le tintement redoublé de la céramique.
*
Le temps était venu.
Le soleil était réapparu depuis quelques jours, amenuisant l'épaisseur de neige à sa juste hauteur. Le ciel alors nettoyé de tout nuage revêtait des bleus océans, agressifs à l'œil. La forêt reprenait vie. Au-delà… Severus referma la fenêtre avec lenteur.
« Je
ne veux plus te voir ici. Ou tu t'en vas, ou je te renvoie là où
est ta place. »
La phrase avait jailli entre ses lèvres,
comme une mécanique bien huilée.
Severus aurait du avoir le
sentiment d'un équilibre retrouvé. Sirius, assis à la table,
leva un œil indifférent.
Sans bruit, il se dirigea vers le lit
qui avait gardé sa chaleur, et s'empara de sa chemise de détenu.
Son geste se suspendit un instant.
« Je le tuerais. »
-Je ne veux rien entendre. »
Dans
l'ombre, la stature du professeur retrouvait la raideur acquise par
des années d'introspection.
Les poings de Sirius se serrèrent
compulsivement.
« Bien sur », un rictus déforma son visage inanimé « Comme si c'était si simple. Il est tellement plus facile de s'enterrer entre quelques murs. »
Il semblait à Severus qu'on l'écorchait à vif.
« Quoi ? Qu'est-ce que tu as dit ? »
Sirius se retourna. Il souriait à pleine dent.
« Je n'ai pas la lâcheté de celui qui se terre. »
Une table renversée, un cri inhumain. Severus empoignait Sirius par la gorge.
« Tu ne sais pas ce que j'ai vécu ! JE T'INTERDIS DE ME JUGER ! ».
Les doigts se resserraient, tentaient d'écraser l'injure contre le mur. D'effacer ce sourire sur son visage.
« Bien sûr que je le sais. J'ai traversé des années de souffrance, à revivre ce qui ne peut être changé. »
Un rire étrange sortit de sa bouche.
« Regarde-nous. Ne nous trouves-tu pas pitoyable? »
Le professeur suspendit son geste. Ses pensées. Il n'y avait en Sirius que la profondeur de son regard. Son souffle rauque.
Severus écrasa ses lèvres contre les siennes. Brutal, rageur, avide. Sirius essoufflé se débattait, répondait tandis que ses mains s'emmêlaient dans les cheveux, tiraient à faire mal, de ces mains avides qui s'enfonçaient entre les interstices de ses côtes...
Ils firent l'amour à corps perdu, sans état d'âme.
A suivre…
Une ptite review siouplait m'sieur 'dame !
