Le Soleil se levait tranquillement sur une vallée d'Hokkaido, laissant passer ses rayons dans la chambre vide de Yukimura. Mais passons plutôt à la chambre d'à côté, où deux personnes se réveillaient.

- Ouaaah... Chéri, il faudrait aller réveiller Hyouga... Il a collège, aujourd'hui.

- Vas-y, toi. Je pense qu'il sera plus heureux de te voir toi que moi, son tyran de père.

La femme soupira. Elle se leva et alla ouvrir la porte de son fils.

- Hyouga, deb...

Il n'était pas là. Personne n'occupait cette chambre qui semblait vide sans son propriétaire. Sa mère observa tous les recoins de la chambre, puis tous les recoins de la maison, mais aucune trace de son fils.

- Qu'est-ce que tu as à courir dans tous les sens comme ça?! Demanda son mari qui était tranquille devant la télé avec une tasse de café.

- Notre fils a disparu! Je te le répète depuis tout à l'heure!

- QUOI?! Mais c'est pas vrai, quelle plaie ce gamin!

- Ne parle pas de Hyouga comme ça! Dit la mère en donnant soudainement une claque à son mari.

Celui-ci en resta tétanisé. Jamais sa femme n'avait osé lever la main sur lui...

- Tu ne peux pas t'inquiéter un peu pour ton fils au lieu de ne penser qu'à lui crier dessus?! Continua-t-elle. Il a disparu, il a encore fugué! Il ne va pas bien en ce moment, à cause de nous je parie... Nous sommes des parents indignes...

Maintenait, des larmes coulaient sur le visage de la jeune femme.

Son mari la prit dans ses bras.

- D'accord, excuse-moi pour ce que j'ai dit. On va le retrouver, ne t'inquiète pas.

- Oui...

- D'abord, il faut aller inspecter sa chambre. S'il a réelement fugué, alors il devrait avoir prit une partie de ses affaires, je pense. On va aller voir.

Le couple monta jusqu'à la chambre de leur fils, et constatèrent en effet que son sac et des affaires avaient disparu, signe qu'il était donc parti de sa propre volonté.

- Qu'est-ce qu'on va faire...? Dit la mère qui avait encore les larmes aux yeux.

- Il a peut-être laissé un mot, une lettre, je ne sais pas...

Il se mirent à fouiller la pièce de fond en comble, avant de s'apercevoir que la lettre était simplement posée sur le lit.

- Là, chéri, regarde! Dit-elle en prenant l'objet dans sa main.

Ils lurent la lettre:

Papa, maman,

Désolé de vous causer autant de soucis. Je sais que je ne suis pas le fils que vous vouliez que je sois... Mais à présent, j'ai choisi ce que je voulais faire et avec qui je voulais aller. J'aime quelqu'un, et je sais que cette personne veillera toujours sur moi comme un ange gardien. Et cet ange gardien, cet ange des Neiges, je l'aimerai toujours. Soyez sans crainte, je serai heureux maintenant. Alors, s' il vous plaît, ne me cherchez pas et continuez votre vie comme si je n'avais jamais été là. Ça ne vous changera pas beaucoup.

Adieu...

Yukimura Hyouga

- Hyouga...

- Il est donc vraiment parti...

- Mais où est-ce qu'il aéé pu aller?! Dit sa mère en pleurant. Et qui est cette personne qu'il aime, cet "ange gardien"?!

- Je ne sais pas. Quelqu'un de son équipe, peut-être? On dirait qu'il a écrit qu'il allait chez lui... Il faudrait téléphoner à tous les joueurs de son équipe. Je pense qu'on devrait aller au collège, il pourront sûrement nous aider.

- Tu as raison. Viens, on y va. Plus tôt on ira, mieux ce sera.


Bien loin de là, dans une petite maison tranquille que nous connaissons bien, il y avait un garçon qui se réveillait, un garçon qui ne se rendait sans doute pas bien compte des conséquences de ses actions.

- Fubuki-sempai...?

L'adolescent regarda à côté de lui, mais son adoré ne s'y trouvait pas. Il décida de se lever voir où il était.

- Fubuki-sempai, vous êtes là...? Demanda-t-il traversant le salon.

Il arriva devant la cuisine et vit son compagnon qui faisait cuire ce qui devait être une crêpe, et qui était totalement plongé dans son action, tellement que quand il allait retourner sa crêpe il ne remarqua MALHEUREUSEMENT PAS Yukimura arriver.

- CÂLIIIINNNN!

- Non, Yukimu...

SPLAAF!

Et la crêpe tomba sur la tête de l'adolescent... Qui malheureusement continua son cirque.

- Ouah, je vois plus rien! Je suis sur une planète inconnue où il fait noir et où TOUT EST GLUANT!

- Yukimura, arrête de faire le gamin!

- Mais qui êtes vous, espèce inconnue de cette planète inconnue? Je ne peux pas vous voir... Mais je sens la chaleur attractive qu'émane votre corps... Dit-il en le prenant dans ses bras.

- Enlève au moins cette crêpe de ta tête!

- J'aimerais bien être vraiment sur une autre planète avec vous.

- Oui, comme ça on aurait pas d'oxygène! Dit Fubuki en riant légèrement.

- Eh, c'est pas drôle! Moi, je vous ferai du bouche-à-bouche avec tout l'air qu'il me restera pour que vous viviez le plus possible.

- Et bien, moi aussi alors... Mais enlève ça de ta tête, lui dit-en en enleva la crêpe à moitié cuite qu'il avait sur la tête. C'est malin, regarde, tu as plein de pâte dans les cheveux!

L'adolescent rigola. Une chose qu'il ne faisait pas souvent avant...

- Tu devrais aller prendre une douche, continua l'ainé. Pendant ce temps je vais continuer à faire le petit déjeuner.

- D'accord! Dit-il avec un grand sourire.

après avoir pris ses vêtements, il allait entrer dans la salle de bains quand il se retourna vers Fubuki et lui dit:

- Fubuki-sempai, vous ne serez plus jamais seul, je vous le promets.

Fubuki lui sourit. Et puis il eu un flash-back: Cette phrase, on lui avait déjà dite. Exactement la même, il y a moins d'une quinzaine d'années...

- Snif... A... Atsuya... reviens... ne me laisse pas seul...

- Shiro...

- Atsuya? C'est toi?!

- Je suis avec toi maintenant. Tu ne seras plus jamais seul, je te le promets.

- AAAAH...!

Ce cri fit sursauter Fubuki qui fut sorti immédiatement de ses pensées. Son premier réflexe : Courir en direction de la provenance de ce cri.

- Yukimura! Est-ce que ça va?! Cria-il en se dirigeant vers la salle de bain.

Il se retrouva nez à nez avec l'adolescent, parfaitement intact et en train de trembler comme un feuille. (et encore habillé!)

- Mais, qu'est-ce qu'il y a..?!

- L... L... Là! Bégaya Yukimura en pointant du doigt... Une énorme araignée sur le mur qui le fixait.

- AAAH! Elle est énorme!

- F... Fubuki-sempai, en... enlevez-là!

- Euh... Je... P... Pourquoi tu ne le fais pas, toi...?!

- M... Mais c'est vous l'adulte! C'est vous qui devez le faire!

- Euh... Tu sais, les araignées, ça peut être très dangereux...!

- Vous ne me rassurez pas vraiment, là!

- Bon! Dit Fubuki en soupirant et en se rapprochant lentement de la bestiole.

D'ailleurs, cela fit rire l'adolescent qui le regardait, parce que franchement, voir Fubuki sur ses gardes comme un cow-boy qui s'apprêtait à tirer sur son ennemi c'était assez comique. Celui-ci prit une boîte au hasard derrière lui, sans vraiment regarder. Il prit la boîte dans une main et le couvercle de l'autre, puis d'un coup sec il enferma la bête à l'intérieur.

- Voilà, je l'aie eue! S'exclama-t-il en se dirigeant vers la fenêtre et en jetant l'araignée dehors.

- Merci!

- Je ne savais pas que tu avais peur des araignées!

- Moi non plus, je ne savais pas que vous en aviez peur!

- Oui, bon, ça va, on a tous peur de quelque chose...!

Soudainement, une idée vint à la tête du bleuté.

- Dites, vous aviez peur de quoi quand vous aviez mon âge?

Fubuki le regarda d'un air étonné, surpris qu'il lui demande cela.

- J'avais surtout peur... d'être seul... Dit-il d'une voix à peine audible.

- Et bien, vous n'êtes plus seul maintenant! Dit Yukimura en le serrant fort dans ses bras parce que cette histoire est vraiment très guimauve.

- OH NON, MA CRÊPE! S'écria l'argenté en cassant littéralement l'ambiance.

L'attaquant d'Hakuren le lâcha, le voyant ensuite fuir en vitesse hors de la pièce. Il referma la porte, ne sachant pas vraiment si la crêpe de son compagnon était réellement en train de brûler ou s'il avait dit ça pour fuir au plus vite, gêné par son comportement.


- Tu es vraiment sûr que l'on doit demander au collège...? Je pense que ce serait mieux d'aller voir la police...

- Tu as raison chérie, mais pour l'instant il faut mieux aller voir le principal et les enseignants, et même les élèves. Ils sauront sûrement plus de choses concernant ce qu'il se passe avec Hyouga, nous n'irons voir la police qu'en dernier recours, si nous n'avons vraiment aucun résultat.

- Oui... Répondit la jeune femme en baissant les yeux.

- Monsieur le Directeur accepte de vous recevoir, dit une femme habillée classieusement en ouvrant la porte.

Les deux adultes se levèrent de leur chaise et suvirent la femme jusqu'à un bureau, où tout s'avérait être rangé impeccablement et à sa place. Assit sur son fauteuil, le directeur fit signe aux deux parents de s'assoir sur les fauteuils qui se trouvaient en face de lui.

- Alors, expliquez-moi tout. Si je ne me trompe pas, il s'agit de votre fils.

- Oui, c'est exact, commença la mère. Il faut dire que... nous ne sommes pas très présents dans son quotidien. Je pense que c'est à cause de cela qu'il a fait une fugue il y a quelque jours, et... Nous nous sommes encore disputés hier soir, et ce matin, il n'était plus dans sa chambre. Il s'est encore enfui, et... nous ne savons pas où il est parti. Tout ce qu'il nous a laissé, c'est cette lettre...

La femme tendit le morceau de papier au directeur, qui la prit avant de la lire entièrement.

- Mmm... Je vois...

- Savez-vous de qui il s'agit? Demanda le père.

- Oui, bien sûr, il s'agit sans nul doute de votre fils qui a écit ceci!

- Mais non, cela nous le savions déjà! Savez-vous de qui parle-t-il lorsaqu'il évoque la personne qu'il aime?

- Ah, oui, pardon! Eh bien, je suis désolé, mais je ne peux guère vous aider à ce sujet. Je ne m'occupe pas physiquement des élèves, je ne connais pas leur vie personnelle... Mais, attendez, je pense que quelqu'un s'y connaîtra sans doute. Je suppose que le Coach Fubuki pourrait nous aider ; Il est très proche de ses élèves, je pense qu'il en saurait quelque peu.

Il marqua une pause avant de se souvenir :

- Mais au fait, c'était bien lui qui a receuillit votre fils lorsqu'il s'était perdu, non? Il doit savoir mieux que nous ce qui lui arrive.

- Mais oui, c'est vrai, ça! Il faudrait aller le voir tout de suite pour le lui demander. Savez-vous où il se trouve?

- Eh bien, habituellement il est dans son burau, mais vu l'heure il ne doit pas être arrivé. Il est encore tôt, et les cours ne débutent que dans une demi-heure. Nous pourrons interroger les élèves aussi, si vous le souhaitez...

- Très bien... Mais pour l'instant, nous sommes toujours sans nouvelles de Hyouga...

- Je suis persuadé qu'il va bien. Et puis qui sait, peut-être qu'il se présentera en cours ce matin.

- Éspérons...

- Allons, ne soyez pas si négatifs. Je vais avertir le surveillant qui se charge de s'occuper de l'entrée des élèves dans le collège, ainsi il pourra m'avertir s'il voit votre fils entrer!

- Merci... C'est vraiment aimable à vous de nous aider.

- Bah, c'est le moins que je puisse faire. Surtout n'hésitez pas si vous avez besoin de quoi que ce soit d'autre. Pour Fubuki, vous n'avez qu'à l'attendre devant son bureau ; Il finira bien par arriver tôt ou tard. Maintenant, si vous voulez bien m'excuser, j'ai du travail.

- Oh, euh, oui, pardon... Merci encore. Nous allons faire ce que vous avez dit.

Ils sortirent donc du bureau après avoir serré la main du directeur, avant que la porte ne se referme derrière eux.

- Allons attendre devant le bureau de ce coach, dit le père en commençant à marcher vers la sortie du bâtiment administratif.


- Yukimura, dépêche-toi, on va être en retard!

Celui-ci rangea vite fait le paquet de céréales dans le placard, le bol dans le lave-vaisselle, le lait dans le réfrégirateur, mit ses chaussures à ses pieds, prit son manteau et son sac sur les épaules et fila en vitesse dehors où Fubuki l'attendait. Voyant la voiture au bout de l'allée, il couru vers elle, sans prendre en compte le verglas qui se trouvait sur le sol. De ce fait, il glissa dessus assez maladroitement...

- WooOoAaooOoooaaAa!

...Avant d'atterrir littéralement par terre la tête la première. Il se releva en se frottant le visage, qui lui était tout rouge. Il entendit derrière lui un rire qui ne pouvait être que celui d'une seule personne.

- Ouaaaïïïeee... Vous pourriez vous inquiéter un peu de moi au lieu d'être mort de rire!

- Dé...Désolé! C'est plus fort que moi!

- je vois ça...!

- Hahaha... Tu veux que j'aille te chercher quelque chose pour te soigner le visage..?

- Non, ça ira! Et puis on risque d'être encore plus en retard! Dit Yukimura en entrant dans la voiture.

Fubuki le suivit, et s'installa bien sûr à la place du conducteur. (parce que l'inverse, ça ne l'aurait pas trop fait...) Une fois qu'ils avaient démarrés, Yukimura ne se retint pas de se plaindre.

- Non mais franchement, vous auriez pu éviter de rire comme ça! J'ai eu mal, moi! Et d'ailleurs j'ai toujours mal!

Fubuki lui adressa un de ses habituels irrésistibles sourires.

- Haha! Ne t'inquiète pas, ça va passer. Sinon, quand nous arriverons au collège tu iras à l'infirmerie... Et puis tu es mignon comme ça!

- H-Hein?!

Le visage de l'adolescent devint plus rouge qu'il ne l'était déjà.

- Je ne suis pas mignon, je ne suis pas un chat ou un bébé!

- Mmmh, tu veux que je te trouve des synonymes? Beau, attirant, craquant, irrésist...

- N-Non, c'est bon!

Yukimura tourna la tête, histoire de se changer un peu les idées et de refroidir les pensées qui lui venaient à l'esprit. C'était le paysage habituel de cette région du nord d'Hokkaïdo : De la neige, des sapins, des montagnes... Mais malgré leur ressemblance, il savait qu'elles étaient toutes différentes. Chaque coin et chaque recoin de ces montagnes avait son avantage particulier. Il se rappelait quand il était petit, qu'il allait faire des batailles de boules de neige et des bonhommes de neige comme tous les autres enfants de son âge. Ça lui paraissait si lointain... Pourtant, ce n'était pas il y a si longtemps. Puis il repensa à celui qu'il avait à côté de lui. Lui aussi, il avait vécu toute son enfance ici. Il devait se souvenir des mêmes moments de joie et de jeux que lui. Enfin... Jusqu'au jour où... L'accident avait eu lieu... Pourquoi avait-il fallu que ça arrive, pourquoi à lui? Il devait être si heureux, avec toute sa famille... avec son frère... Mais juste une avalanche avait réussi à casser en mille morceaux la vie remplie de joie qu'il avait. Monde cruel. C'est vrai, le monde est cruel : Même si vous êtes heureux durant un moment, ce moment finira toujours par s'estomper. Est-ce ce qui arrivera bientôt...? Est-ce que leur moment heureux va s'estomper lui aussi?

Yukimura tourna la tête de la fenêtre à moitié embuée par le froid.

- Dites, Fubuki-sempai... Comment cela se fait-il que vous n'ayez pas quitté Hokkaïdo lorsque vous étiez plus jeune, et même maintenant? Enfin, après... l'avalanche... Vous ne vouliez pas partir d'ici...?

- Si, j'y ai pensé... plusieurs fois, même... Mais tu sais, après qu'aie eu lieu cet incident, j'étais encore vraiment jeune et je ne pouvais pas choisir où aller. Puis, lorsque j'ai eu ton âge, se sont les... hum... sentiments de mélancolie et de désespoir concernant la mort de ma famille et surtout celle de mon frère qui sont revenus, et ces souvenirs me rattachaient à cet endroit. Puis maintenant c'est un peu pareil, sauf que les sentiments qui me retiennent ici sont ceux qui étaient joyeux et nostagiques. Et puis c'est chez moi ici, et je mets beaucoup de cœur à m'occuper de l'équipe de football d'Hakuren. J'aime cet endroit, tout simplement. Et je ne peux pas le quitter.

- Moi non plus, je ne veux pas le quitter... Murmura Yukimura en se souvenant des propos de son père parlant du fait de l'envoyer étudier loin d'ici.

- Mmh? Tu as dis quoi?

- Non, rien...

- Mais au fait, comment as-tu su qu'il était arrivé ça à ma famille?

- H-Hein?! Oh, c-c'est Goenji-san qui me l'a dit, un jour...

- Quand ça?

- Oh, je ne sais plus vraiment, un jour où il était venu voir comment était notre entraînement.

- Ah, bon... Répondit Fubuki, un peu sceptique.

- Si si, c'est vrai.

Bien sûr, Goenji-san ne lui avait pas parlé de ça, mais il se souvenait très bien de ce jour où l'ancien attaquant des Raimons étaient venu voir leur entraînement. Les deux adultes avaient parlé durant toute la durée de l'entraînement, et il en était vert de jalousie de les voir si proches. Tellement que ce jour-là, il n'arrêtait pas de se retourner pour voir s'ils ne faisaient pas plus que parler et qu'il jouait tellement mal qu'il était sorti du terrain pour ne pas déconcentrer les autres. Et puis ce qu'il avait lu dans son journal la veille... Grrrr, ce qu'il détestait cet homme! Déjà qu'il ne l'appréciait pas à cause de son rôle dans le Fifth Sector, mais alors là...

- Ça va, Yukimura?

- Euh, oui pourquoi?

- Non, c'est que tu faisais une de ces têtes... Tu étais sout crispé, comme si tu étais énervé...

- Est-ce que vous aimez encore Goenji-san?

La question était sortie toute seule, comme ça. Dans un élan de colère et de jalousie.

Fubuki prit un air surpris en entendant cette question peu convenante.

- Mais... Tu sais, c'est de l'histoire ancienne, tout ça... Finit-il par dire. Et puis c'est lui qui t'a raconté ça?

- Euh, oui, oui...

- C'est bizarre quand même...

- Bah, le froid devait lui avoir gelé le cerveau.

- Hey, calmos! Dit Fubuki en rigolant. Je sens de la jalousie dans l'air!

- N'IMPORTE QUOI! Sécria l'adolescent en tournant la tête.

Fubuki se tut, se plongeant dans ses pensées. Mieux ne valait pas lui dire qu'il y en avait eu encore d'autres...

Finalement, au bout de dix minutes ils arrivèrent enfin au collège, où Yukimura boudait toujours.

- Allons, tu ne vas pas faire la tête juste pour ça. Je te dis que c'est du passé tout ça, c'est oublié.

- Mmmh...

- Allez, descends de la voiture maintenant, tu vas être en retard.

-...Vous me jurez que c'est tout oublié cette histoire d'amour avec Goenji-san?

- Mais oui... C'était il y a longtemps, maintenant.

- Ok...!

L'adolescent sortit de la voiture et se dirigea vers l'entrée arrière du collège avec le coach.

- Tu ne voudrais pas entrer par l'entrée principale plutôt que par le parking arrière? Ce serait plus pratique pour toi, enfin je pense. Plutôt que de faire tout le tour jusqu'aux salles de cours...

- Non, ça ne me dérange pas. Comme ça je suis plus longtemps avec vous! Et puis il y a trop de monde devant le collège, le bruit, les bousculades et tout... Je peux m'en passer.

- Haha! Bah, c'est comme tu veux. Je te comprends!

Yukimura s'accrocha au bras de son aîné, façon de dire qu'il ne voulait pas se séparer de lui.

- Fubuki-sempai... Dites-moi, comment on fait pour avoir des enfants?

Fubuki ouvrit grand les yeux, avant de déglutir.

- Hein...? Tu... Tu ne sais pas? Eh bien... Euh... En fait... Enfin non, il faut... Euh...

- Non mais ça va, je rigolais! Je vous ai bien eu!

Fubuki lâcha un long soupir, heureux de ne pas avoir à expliquer ce sujet délicat.

- Ça oui, tu m'as fait peur...

- Dites, est-ce qu'avec Goenji-san vous avez déjà-

- Qu-Quoi?! Yu-Yukimura, on ne pose pas ce genre de questions voyons! C'est-C'est très personnel!

- Ben quoi, je ne vois pas ce qu'il y a de personnel à passer Noël ensemble...!

- ...Hein?!

- Ben oui, je voulais dire "est-ce qu'avec Goenji-san vous avez déjà passé Noël ensemble" mais vous m'avez coupé en plein milieu de ma phrase! Vous croyiez que j'allais dire quoi?

- Oh, euh, rien du tout...

Décidément, ce matin il n'était vraiment pas bien réveillé. Ou plutôt son cerveau n'était pas en place, ou bien il ne fonctionnait pas correctement. Penser à de telles choses... Ce n'était pas son genre, pourtant! Mais... Avec Yukimura près de lui, comme ça... Non. Surtout pas. Éloigner ces pensées obscènes. Tout de suite. Ce n'était encore qu'un gamin! Il ne devrait absolument pas penser à de telles choses. Même si en vérité, il avait du mal à ce moment même à faire disparaître son désir en voyant le visage super-mignon de l'adolescent qui le fixait de ses intenses yeux bleu turquoise.

- Euh... Yukimura, tu devrais aller en cours...

- Oh mince, déjà 8h05! Oui, il faut que j'y aille! À tout à l'heure! Rajouta-t-il.

Il regarda l'adolescent s'éloigner vers le bâtiment des salles de cours, avant de lui-même entrer dans celui gris et morne où se trouvait son bureau.

Il marchait dans les couloirs, perdu dans ses pensées, quand il vit deux adultes devant sa porte.

- Excusez-moi, vous cherchez quelqu'un? Demanda-t-il. Parce que si vous voulez voir Mr le Directeur, c'est à l'autre bout du bâtiment...

- Non, non, c'est bien vous que nous cherchions.

- Ah? Et, que voulez-vous? Je suppose qu'il s'agit d'un de mes élèves.

- Oui, en effet ; Nous sommes les parents de Yukimura Hyouga. Et... Il a disparu, il a fugué, et nous ne savons pas où il est allé, ni même s'il va bien. Et comme vous le côtoyez souvent, nous nous sommes dit que... vous auriez sans doute des informations.

Fubuki déglutit. Que fallait-il faire? Tout leur avouer...? Leur dire qu'il était avec leur fils i peine deux minutes? C'était... Juste impossible.

- Tout va bien? Demanda la mère en voyant la teinte pâle que le visage de Fubuki venait de prendre.

- Euh... oui, oui...

- Alors, pouvez-vous nous aider? Pitié, dites-nous que vous savez quelque chose!

Quel idiot. Voilà ce qu'il était vraiment. Il avait voulu jouer à ce jeu, et maintenant il en payait les conséquences. Mais... Il devait tout leur dire... Ces parents s'inquiétaient pour leur fils, et c'était largement compréhensible. Et lui seul détenait la clé de ce qui pour eux était un mystère.

Il prit une grande inspiration, avant de lancer d'une voix monotone :

- Eh bien, oui, je sais quelque chose. Enfin, tout en fait. Hier soir, tard, votre fils s'est rendu chez moi, et il m'a tout expliqué, tout ce qu'il s'était vraiment passé avec vous. Il était vraiment désespéré... J'ai préféré le garder, et il a dormi chez moi. Pensant qu'il était déjà assez boulversé parce qu'il venait de lui arriver, j'ai pensé qu'il serait mieux d'attendre le lendemain pour le remettre dans le droit chemin. Je l'ai donc emmené au collège ce matin, il doit juste venir de rentrer en cours. Toutes mes excuses si... Cette histoire vous a inquiété. Tout est de ma faute, rajouta-t-il en s'inclinant.

- Je... Je ne sais pas quoi dire... Bégaya la femme, les yeux grands ouverts.

- Moi, je sais quoi dire! Il faut donner une bonne correction une bonne fois pour toutes à cet enfant, lui apprendre à respecter ses parents et à ne pas aller s'introduire et s'immiscier chez les gens comme ça, et qu'il est complètent débile de partir ainsi sans réfléchir aux conséquences!

- Monsieur, calmez-vous, je vous en prie... Ce n'est pas de sa faute, il n'était pas bien, il ne faut pas lui en vouloir.

- Non, vous n'y êtes pour rien vous, et ne vous immisciez pas dans cette histoire de famille! Je veux voir mon fils IMMÉDIATEMENT!

- Eh bien... C'est qu'il est en cours actuellement et...

- Je n'en ai que faire! Allez tout de suite me le chercher, nous avons besoin de lui parler!

- Je ne sais pas en quelle salle il est exactement... je vais appeler un surveillant, il nous l'amènera... Dit Fubuki en paniquant légèrement.

Tout ça ne présageait rien de bon... Mais il n'avait pas le choix. À moins d'assomer ses parents, de chercher dans toutes les salles jusqu'à le trouver, de le prendre par le bras et de courir dans la voiture afin de fuir et de s'exiler dans un endroit loin de celui-ci, il ne voyait pas d'autre solution. Mais même si il n'aurait pas dit non à cette idée, elle était quand même incongrue et le fait qu'il le fasse vraiment était improbable vu la situation. Et puis il n'avait pas envie de se faire arrêter non seulement pour avoir agressé des gens, mais en plus pour kidnapping. Franchement, il avait déjà assez de poblème comme ça.

- C'est bon, j'ai appelé le surveillant, ils vont nous emmener votre fils dans un instant, dit tristement Fubuki en rangeant son portable. Et, entrez donc dans mon bureau plutôt que de rester ici dans le couloir...

- Hmpf! Eh bien, qu'il fasse vite!