Creep

Chapitre 3

Coucou tout le monde !

Higu au rapport!

Pour ceux qui suivent HTSAL, je n'ai pas abandonné. J'ai juste une panne d'inspiration. Je m'y remets dès que possible !

Pour ce chapitre je tiens à remercier Mizu, ma copine de Kurtbastian et qui est ma bêta.
Ainsi que Sandra, qui me corrige également et me motive.

Je vous aime les filles.

Bonne lecture!


« Look into my eyes, now you're getting sleepy

Are you hypnotized by secrets that you're keeping ?

I know what you're keeping

I know what you're keeping

Got a secret

Can you keep it ?

Swear this one you'll save

Better lock it in your pocket

Taking this one to the grave

If I show then I know you won't tell what I said

'Cause two can keep a secret if one of them is dead. »

Secret – The Pierces.


Après cette journée mouvementée, l'heure du repos était enfin arrivée. Kurt devait réfléchir à ses options, à ses futurs choix. D'une certaine manière, c'était assez simple, peu de choix s'offraient à lui : il pouvait choisir d'être avec, ou, contre Jesse. C'était à lui de voir.

Choix numéro un : il envoyait Jesse se faire shampouiner, il décidait de se battre, mais à quel prix ? La mort de tel ou tel enfant ou bien même la sienne. La question la plus importante s'imposait d'ailleurs : avec quelles armes ?

Choix numéro deux : il obéissait gentiment, comme un brave petit soldat et il abandonnait.

Mais que choisir ?

Sa conscience, qui lui dictait d'envoyer Jesse paître ?

Ou bien sa peur -car oui, il avait peur !?

Face à un tel adversaire, il n'avait absolument aucune chance, il le savait. Le jeu était perdu d'avance.

Hop !

« -Kurt, le salua Jesse alors que le châtain sursautait. »

C'était tout de même dingue : Jesse parvenait à lui faire peur simplement en apparaissant.

« -Euh... Salut, dit Kurt incertain. »

Quelque chose d'étrange se produisit à ce instant : alors que le cœur de Kurt se remettait encore de la surprise, Jesse s'avança vers lui et replaça, d'un geste complètement naturel, une mèche derrière son oreille. Il souriait, l'enfoiré. Instinctivement, Kurt recula. Quel était son problème à la fin ?!

« -Excuse moi, susurra Jesse.

-N-non, non, ce n'est rien. »

Kurt détestait la façon dont sa voix s'abaissait en sa présence, il détestait cette peur encrée et irrationnelle qu'il ressentait.

Jesse s'avança derechef. Kurt recula, jusqu'à ce qu'il trébuche -et la palme d'or de la maladresse revenait à … Le châtain ferma les yeux et attendit la chute. Celle-ci ne vînt pas surpris, Kurt ouvrit les yeux. Jesse l'avait rattrapé ! Et voilà qu'il était allongé sur son ennemi, c'était de mieux en mieux... Kurt pouvait le sentir sous lui.

Kurt repensa à toutes les fois où David Karofsky l'avait accusé de vouloir se « faire » tout les garçons de McKinley et eut envie de rire. Le corps sous le sien avait beau être chaud, Kurt n'avait jamais ressenti autant de dégoût !

Dans tes dents, Dave, pensa amèrement le châtain.

Sans que Kurt ne s'y attende, Jesse retourna la situation et se retrouva sur lui -non, là, c'était encore mieux ! La main de Jesse soutenait sa tête, sa bouche était proche, trop proche, de son oreille, si proche que Kurt pouvait sentir son souffle effleurer sa peau.

« -Tu as été très sage, je suis fier de toi. »

Que Jesse soit fier, c'était bien, Kurt en était très heureux, l'un d'eux l'était au moins, mais il n'avait pas pour autant besoin d'en faire tout un cirque !

Jesse posa la tête de Kurt sur le sol, doucement. L'herbe chatouillait le visage du châtain et il voulait s'échapper. Il en était cependant incapable. Il était prisonnier de son propre corps.

« -Tu n'as même pas parlé de la petite Delange aujourd'hui, continua Jesse. J'ai été surpris.

-Je...

-Shh, shh, l'interrompit Jesse en posant un doigt sur sa bouche. »

Kurt détestait la position dans laquelle il se trouvait. Le corps de Jesse pesait sur le sien, ses lèvres étaient proches de sa peau et le châtain avaient envie de hurler.Jesse caressa son visage, puis ses cheveux. Sa main descendait, elle revint sur son visage, ses joues, puis il passa un doigt sur ses lèvres. Sa main redescendit, elle passa sur son cou, tandis que sa main libre le serrait contre lui. Kurt se sentait nauséeux, il haïssait cette proximité ! Pour qui se prenait Jesse ? Il n'avait pas le droit de le toucher ainsi !

Une petite part de son cerveau hurla que seul Blaine était autorisé à le toucher comme ça, mais Kurt décida de l'ignorer -premièrement parce que ce n'était pas le moment, mais surtout parce que le châtain ne voulait pas entacher les souvenirs qu'il avait avec le bouclé.

« -Tu as fait tant d'efforts, Kurt. »

Une lueur étrange éclaira les yeux de Jesse et il se releva. Il souleva Kurt et le planta devant lui l'espace d'un instant, Kurt eut peur que ses jambes ne le lâchent. Elles ne l'abandonnèrent pas. Raides, elles étaient encrées au sol. Kurt était terrifié, Jesse n'avait plus l'air humain, il ressemblait plutôt à un démon, au diable en personne même...

« -C'est pour ça que je suis désolé, ajouta t-il.

-Désolé ? Couina Kurt.

-Oui. »

La star du film arrivait, sa lame, sa merveilleuse, sa fantastique lame apparue dans sa main. Jesse caressa une fois de plus le visage de Kurt puis plaça une main derrière sa tête avant de lui tirer les cheveux de façon à ce que sa tête soit penchée.

« -Rachel était si heureuse de te retrouver, elle sera absolument dévastée en te perdant, mais je sais que tu hésites encore. Tu ne dois pas hésiter Kurt. »

La lame de Jesse s'approchait dangereusement du visage de Kurt. Jesse la passa sur lui, de son ventre à son cou et Kurt devina que ce n'était qu'un moyen de plus pour son bourreau de lui montrer ce dont elle était capable.

Son haut de pyjama était découpé en deux et il n'avait fallu qu'une seconde à Jesse, deux tout au plus. L'exemple était plutôt convaincant, son torse dénudé en était la preuve.

« -Il faut que tu comprennes. »

La lame frôla le cou de Kurt, celle-ci arriva à ses lèvres. Kurt se demanda si Jesse le ferait vraiment. Le châtain ferma les yeux et pria en silence. Il aurait tout donné pour se réveiller de ce cauchemar.

Jesse l'observait, tel un prédateur. Il vit la peur dans les yeux de Kurt et sourit, s'il aimait une chose, c'était bien ça : voir la peur dans les yeux de ses victimes.

La peur était-ce ce qu'avait ressentie Sophie Delange lorsqu'elle avait vue cette lame se rapprocher de ses lèvres tout comme elle le faisait à présent ? Probablement.

Kurt n'avait plus aucun doutes, Jesse oserait.

À l'aide de sa précieuse lame, il fit une incision au coin de la lèvre de Kurt et cet enfoiré choisit l'endroit précis de la précédente.

Kurt grimaça, mais il parvint à refréner le cri qui menaçait de s'échapper à tout instant.

-Je sais que ça fait mal, mais crois-moi, il faut que tu comprennes. »

Kurt aurait préféré que Jesse se la ferme, il tentait d'utiliser une voix rassurante, presque celle d'une mère à son enfant et elle l'énervait plus qu'autre chose, quitte à souffrir, il aurait aimé pouvoir souffrir en paix. Sans cette stupide voix agaçante qui faisait bouillir son sang de rage.

« -ESPECE DE MALADE ! Hurla une voix qui était inconnue à Kurt.

Jesse le lâcha, Kurt tomba à terre tel un vulgaire sac de pomme de terre. Il toucha la blessure, il saignait pour de bon cette fois-ci.

Un garçon aux cheveux châtains sortit des bois, sa démarche était rapide, déterminée. Ses yeux verts brillaient de rage et son doigt était pointé avec colère vers Jesse. Le jeune homme était grand et le fait qu'il ne porte qu'un bas de pyjama permettait à Kurt de voir qu'il était musclé.

L'inconnu passa devant Jesse, qui lui lança un regard noir et se dirigea vers Kurt avant de s'accroupir devant lui.

« -Tu n'as rien ? S'enquit t-il. »

L'inconnu avait l'air ému, ce qui surprit Kurt. Le châtain ne comprenait pas pourquoi cette personne qu'il n'avait jamais vu semblait tant s'inquiéter de son sort. Kurt ne savait pas pourquoi il était là, ni ne connaissait ses motifs. Tout ce qu'il savait, c'était que ce garçon avait un air torturé digne d'un personnage de fiction et qu'il l'avait sauvé des griffes de Jesse.

« -Non, finit par répondre Kurt, merci.

-De quoi te mêles-tu ? S'écria Jesse. »

L'inconnu se releva et son attention se porta sur Jesse. Sa posture se fit plus droite, il avait soudain l'air beaucoup plus sûr de lui.

« -Tu n'es qu'un fou, cracha l'étranger. »

Tiens, il marquait un point.

« -De quoi te mêles-tu ? Répéta Jesse.

-Tu allais le blesser ! Répliqua l'inconnu.

-Je le sais, merci Sherlock !

-Tu nous fais honte ! »

Honte ? Nous ? L'inconnu connaissait Jesse plutôt bien apparemment et Kurt se demanda s'ils faisaient partis d'une sorte de groupe sectaire composé de psychopathes.

Sebastian se tourna précipitamment vers Kurt, comme s'il avait entendu ses pensées et Kurt baissa la tête rapidement, il avait l'impression de réagir comme un enfant s'étant fait prendre la main dans le bocal de cookie et se sentit ridicule.

« -Sebastian, tu ferais bien de ne pas te mêler de mes affaires, dit Jesse.

-Tes affaires ?! Tes affaires ?! S'exclama Sebastian, ahuri, son attention de nouveau portée sur Jesse. Laisse-moi rire !

-Oh, tu peux t'en donner à cœur joie !

-Tu me forces à me répéter Jesse : tu nous fais honte ! Tu entends ?! Tu fais honte à notre profession ! »

Profession ? Kurt pensait être légèrement moins perdu, il avait au moins obtenu un prénom, ce qui était un pas, mais voilà qu'il était à nouveau confus : profession ? Une secte à la rigueur, il aurait comprit, mais une profession ?

« -Et toi, lança Jesse, tu es le pire enseignant que j'ai pu voir ! »

Enseignant ?! Kurt hésita à rire. Profession, enseignant, c'était de pire en pire.

« -Je suis d'accord sur ce point, dit tristement Sebastian.

-Quelqu'un aurait-il..., commença Kurt.

-Écoute-moi bien Sebastian, le coupa Jesse, ce ne sont pas tes affaires.

-Bien-sûr que si Jesse, tu mets toute la communauté en danger ! »

Et voilà qu'il y avait une communauté ! Kurt avait l'impression d'être dans une parodie de Twilight. Il avait toujours su que son obsession pour Taylor Lautner lui causerait des problèmes.

« -Je sais ce que je fais ! Répliqua Jesse.

-Euh... Est-ce que quelqu'un, risqua Kurt.

-Bien ! Le coupa Sebastian -décidément, personne ne l'écoutait- mais je te préviens, continua t-il, lui, dit-il fortement en désignant Kurt du doigt, tu l'oublies ! »

Sebastian se tourna vers Kurt, il s'approcha de Kurt, s'accroupit derechef -Kurt n'arrivait pas à croire qu'il était resté à terre tout ce temps !- et posa une main sur son front.

« -Réveille-toi, ordonna t-il. »


Kurt ouvrit les yeux et sursauta : il était de nouveau dans sa chambre, comme si de rien n'était.

L'adolescent se releva et un énorme frisson le parcouru de haut en bas. Son haut de pyjama était coupé en deux, dévoilant son torse. Comment allait-il expliquer ça ? Pas seulement à sa mère, qui finirait bien par le découvrir, mais à lui même ?! C'était bien le plus gros problème, il était incapable de se l'expliquer. Kurt n'était pas superstitieux, il n'était pas religieux, il ne croyait pas au paranormal. Il était pragmatique.

Il tenta de trouver des explications, mais il ne parvint à en trouver que trois :

Il devenait fou.

Ses rêves avaient, allez savoir comment, des répercussions sur sa vie réelle.

Il devenait complètement fou.

Il détestait devoir se l'admettre mais la troisième lui paraissait la plus plausible.

L'adolescent retira son haut de pyjama et le jeta dans un coin de la pièce avant d'enfiler son peignoir. Le réveil sur sa table de chevet indiquait minuit vingt-et-un. Kurt soupira youpi, il était reparti pour une énième nuit blanche.

Le châtain décida de ranger un peu, mais d'abord, il devait soigner la blessure qu'il avait à la lèvre. Il était surpris de ne pas ressentir de douleur, mais pensa que ce n'était que dû à l'adrénaline.

Arrivé dans la salle de bain, Kurt poussa un cri semblable à celui d'une souris. Il ne ressentait pas la douleur non pas grâce à l'adrénaline mais bien parce qu'elle avait disparue ! Il resta planté devant le miroir pendant un long moment. Il n'arrivait pas à y croire : les cernes sous ses yeux, la blessure, même le stupide bouton sur son nez avaient disparus ! Sa peau était de nouveau parfaite, il semblait rayonner, malgré la stupeur dans son regard.

C'était clair à présent : il devenait fou.

Kurt retourna dans sa chambre, chamboulé. Il devait ranger à présent, ce n'était plus une simple idée pour s'occuper, mais bien un besoin. Il était terrifié et ne voulait qu'une seule chose : faire taire son esprit.

L'adolescent ouvrit le premier tiroir de sa commode et y trouva son journal intime. Il l'ouvrit et relu les dernières pages, celles consacrées à son anniversaire. Après cette soirée, il n'avait plus eut le courage de continuer.

Lorsqu'il finit de relire les pages, ses pensées se dirigèrent immédiatement vers cette journée infernale qui avait tout changé.

31 Octobre

Son anniversaire.

Lorsqu'il était encore un enfant, Kurt adorait cette journée, parce qu'elle lui était dédiée. Il se souvenait vaguement des moments passés avec ses parents, son père l'appelant « champion » en lui tapotant le dos et sa mère lui chantant « joyeux anniversaire ». Ce dont il se souvenait vraiment, c'était de la joie qu'il éprouvait à cette époque qui lui paraissait si lointaine et si simple.

Cette année là, cependant, comme toutes les autres années depuis le divorce de ses parents, Kurt l'avait détestée.

Ce matin là, Blaine était venu le réveiller avec un baiser et Kurt s'était surpris à sourire, jusqu'à ce qu'il se souvienne de la raison pour laquelle il ne se sentait pas bien. Pour une fois, même la présence de Blaine n'avait pu effacer le fantôme de ce père absent. Kurt n'était pas stupide, il avait depuis longtemps accepté l'idée de ne plus revoir l'homme, Burt Hummel avait fait un choix et Kurt n'en faisait pas parti, cela ne l'empêchait pas d'espérer recevoir ne serait-ce qu'un coup de téléphone.

Bien évidemment, son père n'avait pas appelé, alors Blaine avait fini par confisquer le téléphone portable de Kurt et par débrancher son fixe d'un geste rageur. C'était tous les ans la même chose, Blaine s'énervait en voyait à quel point Kurt était déçu. Puis, le bouclé avait tout fait pour remonter le moral du châtain : des baisers pleins de tendresse aux chansons stupides, il avait passé la journée à le couvrir d'attention, jusqu'à la cerise sur le gâteau. Kurt était allé prendre une douche avant de se préparer et en revenant avait trouvé un paquet cadeau sur son lit. Blaine lui avait lancé un regard encourageant et Kurt s'était précipité sur le paquet.

Une veste en cuir violette.

LA veste en cuir violette qu'il voulait depuis des mois.

Ensemble, les deux adolescents s'étaient préparés pour la soirée qu'organisait le châtain. La célèbre fête d'Halloween doublée de sa soirée d'anniversaire. Cette tradition avait commencé au collège et depuis, chaque année devenait plus épique que la précédente.

Cette année là, la soirée avait été presque parfaite. Presque parce qu'il avait été obligé d'inviter Jesse Saint-James et que celui-ci s'était comporté bizarrement.

Jesse avait décidé que Kurt et lui devaient tout faire ensemble : souffler leurs bougies, par exemple -oui, Jesse était aussi né un trente-et-un octobre, quelle joie ! Son rôle était bien de pourrir la vie de Kurt jusqu'au bout... Il avait un costume similaire à celui du châtain : Dracula. Il l'avait collé toute la soirée, Kurt avait même pensé que Blaine finirait par le tuer, surtout lorsqu'il lui avait offert un pendentif qui se trouvait en ce moment dans une décharge, quelque part...

Cependant, le comportement de Jesse n'avait pas été le plus étrange Kurt avait pu remarqué plusieurs détails perturbant durant cette soirée. Tout d'abord, lui et Jesse étaient nés le même jour et Kurt avait eu le temps d'apercevoir une tâche de naissance identique à la sienne – une forme marron qui ressemblait à une clef - lorsque Jesse avait décidé de retirer sa chemise.

Qu'ils partagent la même date d'anniversaire passait encore, mais la même tâche de naissance... ? Kurt avait oublié ce détail, parce qu'il avait d'autres choses en tête...

Kurt continua de tourner les pages, jusqu'à ce qu'il tombe sur une photo, une photo qui représentait la bande avant son changement. Blaine était devant lui, la tête de Kurt était posée sur son épaule. À la droite de Kurt, Rachel, Jesse. Puis, accroupies, Santana, Mercedes -Kurt était appuyé sur elle. Puis, derrière eux, debout sur un banc, , Matt et Quinn qui faisaient des grimaces, leurs mains appuyées sur les têtes de Kurt et Rachel.

Ils étaient heureux, souriants. Kurt se rappelait de ce jour. En juin, alors qu'un professeur était absent, ils avaient tous été acheter des boissons ainsi que des bonbons et des gâteaux -que l'on voyait, ici et là sur la photo et ils avaient été dans un parc proche du lycée. Ils avaient immortalisé la scène grâce à un passant qui les avait gentiment pris en photo, leur permettant ainsi de tous apparaître.

Kurt était tout à coup furieux : contre lui-même.

Il était furieux de les avoir perdus, furieux d'avoir laissé Jesse lui voler sa vie, ses amis, son bonheur.

L'adolescent ferma d'un coup sec son journal et le jeta contre le mur. Il tomba à terre et la photo glissa jusqu'à ses pieds. D'un coup de pied, il l'a balança sous son lit et décida de s'allonger.

Des tas de questions traversaient son esprit. Il revoyait cet inconnu, Sebastian et ne pouvait s'empêcher de s'interroger : qui était-il ? Pourquoi l'avait-il sauvé ? Comment connaissait-il Jesse ? Pourquoi étaient-ils tout les deux dans son rêve ? Pourquoi ces rêves étaient-ils si réels ? Comment l'avait-il soigné ? Pourquoi avait-il la sensation de devenir complètement fou ? Sebastian était-il même réel ? Autant de questions qui n'avaient pas de réponses.

Kurt était fatigué. Ses paupières étaient lourdes. Il voulait dormir encore un peu, une part de lui même espérait même que ce chevalier servant serait présent...


Kurt arriva dans le parc et regarda autour de lui, anxieux. Il pouvait tomber sur Sebastian et obtenir des réponses mais le risque était clairement de tomber sur Jesse. Si son ennemi était là et pas Sebastian, Kurt ne donnait pas cher de sa peau.

« -Te voilà ! S'écria Sebastian. »

Kurt sursauta avant de soupirer de soulagement, ce qui était ridicule et naïf : il ne connaissait pas Sebastian pour l'amour de Dieu ! L'inconnu était peut être pire que Jesse !

« -Qui es-tu ? Demanda Kurt.

-Eh bien, tu ne perds pas de temps, ça me plaît, répondit Sebastian.

-Qui es-tu ? Répéta Kurt.

-Sebastian. »

Ce n'était pas vraiment une réponse, un prénom, d'accord, mais un prénom qu'il connaissait déjà ! Ce prénom ne lui donnait pas de réponses, ne lui apprenait rien de nouveau. Pourtant, il semblait que Kurt n'obtiendrait rien de plus et qu'il allait devoir s'en contenter. Alors, il décida de changer de tactique.

-Merci pour tout à l'heure, enfin, merci de m'avoir sauvé, dit-il.

-Je t'en prie.

-Tu m'attendais ? S'enquit Kurt.

-En effet. »

Kurt jeta un rapide coup d'œil aux alentours, à la recherche de Jesse. Il ne connaissait peut être pas ce Sebastian, mais il l'avait sauvé de ce psychopathe, alors le châtain préférait de loin sa compagnie. C'était dire à quel point Jesse l'effrayait. Sebastian avait apparemment été un enseignant... Avait-il appris à Jesse ce qu'il savait ? Lui avait-il appris à être un meurtrier ? Si oui, pourquoi Kurt se sentait-il rassuré par sa présence ?

« -Il n'est pas là, soupira Sebastian. »

Sebastian semblait être agacé, tendu. Kurt aurait juré pouvoir voir les nœuds qui nouaient son cou et ses épaules. Sa voix était basse et froide. Ses poings serrés.

« -Pardon ? Dit Kurt.

-Jesse, précisa l'adolescent, il n'est pas là. »

Oh ! Comment... ? Une fois de plus, c'était comme si Sebastian avait lu dans ses pensées...

Ce qui était totalement impossible, n'est ce pas ?

« -Je me demande pourquoi il t'en veut autant, continua Sebastian.

-Moi aussi. »

C'était la vérité, certains l'auraient traité de victime qui cherchait la pitié, mais Kurt ne savait vraiment pas pourquoi Jesse le haïssait autant, pourquoi il s'acharnait ainsi.

-C'est étrange, il a toujours été très.., commença Sebastian.

-Je peux te poser une question ? Le coupa Kurt. »

Sebastian ferma les yeux un instant, il semblait toujours aussi tendu et agacé mais ses poings n'étaient plus serrés et lorsqu'il rouvrit les yeux, il avait l'air parfaitement calme et serein.

« -Bien entendu, répondit-il.

-Pourquoi m'as-tu sauvé ?

-Ais-je le droit à un joker ?

-Je ne pense pas, non.

-C'est dommage, parce que je vais m'en servir. »

Le ton de Sebastian était catégorique et une fois de plus, Kurt se sentait comme un enfant. Un enfant à qui on aurait refusé un dessert avant le dîner. Le ton de Sebastian ne laissait pas place à la discussion, il était net, il ne laissait pas le choix à Kurt.

-Tu refuses de répondre à mes questions ? S'indigna Kurt.

-Ce n'est pas ça.

-Alors qu'est-ce que c'est ?

-Tout vient à point à qui sait attendre. »

Kurt sentait l'exaspération s'emparer de lui. Toute personne qui connaissait Kurt Hummel savait qu'il n'était pas du genre à être patient. La patience était une vertu qu'il ne possédait pas. Il n'aimait d'ailleurs pas les surprises non plus et toute cette histoire commençait à l'énerver parce qu'il se retrouvait avec un mystère à élucider et que Sebastian lui ressortait ce refrain qu'il avait déjà entendu.

« -Et c'est reparti pour un tour, soupira t-il.

-Quoi ?

-J'en ai marre qu'on me dise d'attendre.

-Ça doit être frustrant. »

Non, ça ne l'était pas du tout... Non, mais ! Sebastian le faisait-il exprès ? Cherchait-il à l'énerver encore plus ? Parlez d'une évidence ! Bien sûr que ça l'était ! Sebastian s'en moquait, lui, il avait les réponses ! Pas Kurt.

« -Non, tu crois ? Soupira Kurt ironiquement.

-Tu m'en vois navré.

-Je veux simplement comprendre ce qu'il m'arrive, ce n'est pas trop demandé quand même !

-Tu n'es pas prêt.

-Mais prêt pour quoi bon sang ?

-La vérité ! »

Kurt avait envie de lever les bras en l'air et de hurler, Sebastian jouait la carte de la compréhension mais il n'aidait pas, il ne faisait qu'en rajouter... Au lieu d'obtenir des réponses, Kurt ne faisait que découvrir de nouveaux mystères.

« -Quelle vérité ?

-Celle te concernant. »

Sebastian gardait son calme et c'était probablement le pire. C'était comme s'il ne se rendait pas compte de la situation dans laquelle Kurt se trouvait, ni de sa sa gravité. La vérité le concernant ? Kurt s'attendait presque à ce que Sebastian lui annonce qu'il était un sorcier... Ou bien un Jedi tiens ! Blaine en serait ravi... Non. Pas Blaine. Pas maintenant. Kurt n'allait pas penser à Blaine maintenant, pas quand il était encore énervé et confus.

« -C'est une blague ! Finit par s'exclamer le châtain. Tu te moques de moi, c'est ça ?

-Non, pas du tout.

-Alors je t'écoute !

-Kurt, le monde recèle de nombreux secrets, certains sont révélés au grand jour, d'autres sont tapis dans l'ombre, jalousement gardés... »

Ah bah tiens ! Kurt avait vraiment l'impression d'avoir été projeté dans un film paranormal ou de science-fiction. Un de ces films qu'il détestait mais qu'il avait regardé pour faire plaisir à Blaine.

« -Je ne vois pas le rapport avec moi, dit-il bêtement.

-Je ne peux rien t'expliquer pour le moment, sois patient, répliqua Sebastian. »

N'avait-il donc pas encore compris ?

« -Je ne le suis pas !

-Je l'ai remarqué. »

Kurt se tut, se bornant à le fixer. Il croisa les bras sur sa poitrine et se retint de taper du pied. Bien sûr il avait le comportement d'un enfant colérique mais le manque de sommeil et sa nature de diva étaient en train de prendre le dessus.

« -Je vais te faire une promesse, dit Sebastian.

-Je suis tout ouïe, soupira Kurt en roulant des yeux.

-Demain, ici même, nous aurons une conversation. Elle ne te révélera rien sur toi, mais, ajouta t-il avant que Kurt n'ai le temps de répliquer, tu auras une surprise, ensuite, tout deviendra plus clair. »

Kurt avait des doutes, de sérieux doutes quant à la véracité de ces propos. Premièrement, cette discussion n'allait rien lui révéler sur lui, deuxièmement, une surprise ? Kurt n'était pas du genre patient, Sebastian semblait ravi de lui faire une surprise, comme si une surprise pouvait l'apaiser. Ce n'était pas le cas ! Kurt détestait les surprises ! Presque plus qu'il ne détestait l'attente.

« -Tu ne me mens pas ? Se contenta t-il de demander, parce qu'il ne voulait pas non plus se disputer avec Sebastian.

-Je te jure que c'est la vérité, répondit Sebastian.

-Dans le doute, je vais te croire.

-Merci, maintenant, il faut que je parte.

-Pourquoi ?

-C'est un secret. »

Sebastian ne pouvait-il pas travailler avec lui un peu ? À peine Kurt commençait à se calmer, Sebastian rajoutait quelque chose. Un secret ? Un secret de plus voulait dire Sebastian ! Toute cette histoire était un bordel de secrets plus agaçant les uns que les autres !

« -Je déteste les secrets, grogna Kurt.

-Moi aussi, souffla Sebastian, mais tu apprendras que parfois, nous en avons besoin.

-Si tu le dis... »

Kurt abandonnait. Il n'allait pas chercher à discuter, il avait compris que c'était vain. Sebastian n'était visiblement pas prêt à lui répondre et pousser ne servait à rien.

« -Passe une bonne fin de nuit, chuchota Sebastian.

-Toi aussi. Sebastian ?

-Oui ?

-Sérieusement, pourquoi me protèges-tu ?

-Chaque chose en son temps. »

Sebastian disparut avec un hop bruyant et Kurt grogna. Il était de nouveau seul et ses pensées partaient dans tout les sens.

Dépité, Kurt décida de s'installer sur l'unique table de ping pong du parc. Une brise légère le frappa, lui rappelant ces après-midis avec la bande, ces après-midis avec lui. C'était une sensation terrible. Kurt avait l'impression que ces moments appartenaient à une autre vie, à une autre personne. À quelqu'un qui n'était pas lui. Et son cœur était déchiré en deux : il y avait cette part de lui qui voulait retrouver cette ancienne vie. Et il y avait l'autre : celle qui savait que sa place n'était plus là, cette part qui désirait changer totalement de vie, sans jamais se retourner...

Et de nouveau, un souvenir lui revint, le sien. Celui de Blaine. Pour lui, Kurt n'avait pas le droit d'abandonner, pour lui, il devait retrouver son passé. Mais c'était si douloureux, oui, si douloureux qu'il souhaitait par-dessus tout s'échapper, fuir, en lâche, ces souvenirs...


Kurt quitta le parc pour se retrouver dans sa chambre. Il se sentait reposé, Jesse n'était pas revenu et pour la première fois depuis des mois, il avait pu avoir quelques heures de sommeil.

L'adolescent posa ses jambes au sol, assis sur son lit, il s'étira en baillant avant de sourire, heureux à l'idée d'un jour nouveau, ce qui était rare ces derniers temps.

Il quitta son lit et descendit les escaliers en fredonnant. Elizabeth était en pleine conversation téléphonique et à croire son expression, c'était très intéressant. Kurt secoua la tête, un sourire tendre aux lèvres. Dieu que sa mère pouvait être une commère ! Le châtain avait souvent du mal à y croire, il voyait sa mère comme quelqu'un d'extrêmement sérieux, puis, certains matins, il l'a voyait échanger des ragots au téléphone et il comprenait à quel point elle pouvait jouer l'adolescente quand elle le voulait.

« -Oui ! Bien sûr que je m'en rappelle ! S'écria la femme avant de se tourner vers Kurt. Bonjour mon poussin !

-Bonjour maman, dit Kurt.

-Quoi ? -Kurt sursauta- Un nouveau voisin ? … Dans la maison des Johnson ? Tu plaisantes ! … Il ne doit pas être au courant... Tu veux dire que... Oh mon dieu ! C'est complètement fou ! … Je suis d'accord, pauvre garçon … Oui, oui, à tout de suite ! »

Elizabeth raccrocha et Kurt roula des yeux tout en se versant une tasse de café.

« -C'est quoi le scoop ? Demanda l'adolescent, son ton plein d'un faux enjouement qui ne trompait pas sa mère.

-Un étudiant va emménager dans la maison des Johnson. SEUL ! »

Kurt roula des yeux derechef et prit une gorgée.

« -D'accoooooord et quel est le problème ? À en juger par ta façon de parler, je m'attendais à quelque chose de beaucoup plus croustillant, je suis déçu maman.

-Mon chéri, tu ne te rends pas compte ?

-Non, pas vraiment, soupira Kurt. »

Elizabeth soupira à son tour tout en s'affairant dans la cuisine à la recherche de son repas pour la journée.

« -La maison des Johnson est hantée ! S'écria t-elle.

-Ce ne sont que des racontars maman, souffla Kurt. »

L'adulte secoua la tête en souriant tendrement et se pencha pour l'embrasser sur le front.

« -Bien sûr, bien sûr, admit t-elle. Je dois filer, sois sage aujourd'hui, d'accord ?

-Promis, dit Kurt.

-Bonne journée mon poussin, je suis contente de voir que tu t'es enfin reposé. »

Kurt laissa sa tête tomber sur la table, à côté de sa tasse alors que l'adulte s'en allait en riant. Évidemment qu'elle avait remarqué que son état s'était « amélioré ».

« -Moi aussi, j'en suis content, murmura t-il. »

Il l'aurait été d'avantage s'il n'avait pas été aussi perdu cela dit. Mais c'était une petite victoire, il n'allait pas s'en plaindre.


Après une journée mouvementée pleine de shopping – il avait réussi à trouver la réplique exacte de son pyjama – et de discussions avec Mercedes, Kurt s'était endormi avec un tas de questions en tête : pourquoi Sebastian le protégeait-il ? Était-il vraiment un allié ? Au fond, ce n'était pas la question la plus importante, Sebastian l'avait sauvé, c'était ce qui comptait vraiment. De plus, Sebastian l'avait également soigné, ce qui avait rendu Mercedes folle.

Cette histoire n'avait aucun sens, Kurt n'allait pas se plaindre de l'existence de Sebastian, bien au contraire ! Cependant, il aurait tout de même aimé pouvoir lui parler, dans la vie réelle, parce que Sebastian était peut être le fruit de son imagination, un personnage protecteur inventé par son esprit. Kurt développait peut être un trouble de la personnalité... Il n'était plus sûr de rien. C'est pour cela qu'il avait hâte de pouvoir parler à Sebastian.

Kurt se posait bien évidemment d'autres questions. Il se demandait notamment qui était cet étudiant qui arrivait seul, en cours d'année et qui décidait de vivre dans une maison dite hantée. Selon sa mère, il était courageux. Balivernes ! Les Johnsons étaient des fous, qui après s'être offert un voyage au bout du monde, au Japon, dans une région particulièrement superstitieuse, avaient imaginé des fantômes et avaient déménagé. Selon Kurt, ils avaient surtout décidé de se donner une bonne raison de partir et de profiter de l'argent que leur fils, devenu footballer, gagnait. Mais ça, c'était une autre histoire.

Sebastian avait tenu sa première promesse. Il était bien dans le parc, assis sur l'un des bancs, un t-shirt « Nirvana » sur le dos.

Kurt fronça les sourcils, ce n'était pas qu'il détestait le rock et tous ses dérivés, mais le Grunge ? Vraiment ? Kurt était un fashionista, il ne pouvait pas tolérer le grunge. Ne serait-ce que par principe.

Sebastian se mit tout à coup à rire et Kurt se demanda pourquoi. Il n'eut toutefois pas le temps de poser la question.

« -Je t'attendais, annonça Sebastian.

-Comme hier ?

-Oui. Et tu as, comme hier, des questions, des tas de question à poser.

-Comment fais-tu pour tout savoir ? À croire que tu lis dans les...

-Pensées ? C'est le cas.

-Quoi ? Hurla t-il. »

Ce n'était qu'un cauchemar ! Sebastian mentait, n'est ce pas ? Il ne lisait pas vraiment dans ses pensées, pas vrai ? Kurt ne pouvait pas y croire ! C'était bon... Il était fou... Ou alors, quelqu'un l'avait définitivement transporté dans une sorte de mauvaise parodie de Twilight... Et si c'était le cas, Kurt était déçu... Où étaient les paillettes ? Où était le loup garou ?!

« -Du calme ! Le morigéna Sebastian.

-Très drôle, tiens ! Gronda Kurt. Tu m'annonces que tu lis dans les pensées et tu voudrais peut être que je prenne ça à la légère ? Je ne peux pas rester calme !

-Petite précision, sourit Sebastian, je ne lis pas dans toutes les pensées, enfin je le peux, mais il faut que je le veuille, ce n'est qu'un détail... Bref... Je ne lis que dans les tiennes Kurt. »

A cet instant, Kurt hésita entre le rire et les larmes. Sebastian était toujours aussi sérieux, à croire qu'il ne se rendait pas de l'ampleur de ses propos...

« -Pourquoi les miennes ? Pourquoi moi ? »

Kurt se demanda s'il était un monstre... Ça y était, il était Bella... Il était l'erreur de la nature, à la différence près qu'un beau vampire ne l'attendait pas...

« -Je lis dans les tiennes automatiquement, expliqua Sebastian, c'est comme une seconde nature.

-J'en ai de la chance, grogna Kurt. Pourquoi donc ?

-Parce que tu es unique. »

C'était de mieux en mieux. Il était donc vraiment l'erreur de la nature.

« -Tu es fou, Sebastian.

-Je ne le suis pas.

-Alors explique-moi ! S'écria Kurt.

-Je ne peux rien dire pour l'instant. »

Kurt croyait devenir fou. L'adolescent sentait l'énervement prendre possession de son corps. Pour qui se prenait Sebastian ? Il ne pouvait pas lui annoncer ce genre de chose et ne pas expliquer !

« -Mais... commença à protester Kurt.

-Nous avons encore du temps, le coupa Sebastian, commençons par le commencement.

-D'accord, soupira Kurt. »

Il n'était pas vraiment d'accord, mais ce n'était pas comme s'il avait le choix. Sebastian était clair. Kurt n'obtiendrait pas ses réponses tout de suite et il devait l'accepter.

« -Première question, dit Sebastian, je t'écoute.

-Qui es-tu pour Jesse ? Demanda Kurt.

-Question suivante.

-Tu as dit que...

-J'ai dit : question suivante. »

Kurt se retint de taper du pied. Il croisa les bras sur sa poitrine. Il voulait hurler de frustration.

« -Bien, grogna Kurt. Je n'ai plus de questions, ajouta t-il, en colère.

-Faux !

-Faux ? Répéta Kurt, incrédule.

-Tu en as encore deux : suis-je un allié ? Je dirais que oui, mais il n'en tient qu'à toi d'avoir confiance en moi. Deuxième question : qui est cet étudiant qui emménage ? Je répondrais qu'il ne t'est pas étranger. »

Kurt ne comprenait pas pourquoi Sebastian s'épuisait à le faire parler alors qu'il pouvait tout simplement se servir dans son esprit...

« -Ah non ?

-Tu le vois dans tes rêves, sourit Sebastian.

-Jesse ? Jesse n'est pas un étranger, il n'est pas nouveau non plus.

-Ce n'est pas Jesse. »

Kurt réfléchit un instant... Si ce n'était pas Jesse...

« -C'est... Attends, c'est toi ?

-C'est exact.

-Tu veux dire que tu existes vraiment ?

-Évidemment, je suis comme Jesse, comme toi.

-Oui, mais justement, je ne comprends pas comment il peut être dans mes rêves et le savoir une fois réveillé, je veux dire, d'accord, il me fait peur et c'est possible qu'il soit dans mes cauchemars, mais comment peut-il être le véritable Jesse ?!

-Kurt, je serais aussi au courant.

-Tu vivras dans la maison d'en face, dans mon quartier, tout en connaissant mes rêves et ce que veut me faire Jesse ?!

-Je serais dans ton lycée aussi.

-Non vraiment, c'est de mieux en mieux. »

Sebastian s'approche de Kurt et posa une main sur son bras, comme pour le calmer.

« -Hey, dit-il doucement, je sais que ça craint, mais ce n'est pas si terrible que ça.

-C'est vrai, dans un sens, c'est même une bonne chose de savoir que j'aurais un allié, mais pourquoi venir te perdre à Lima ? Je suis sûr que tu as une vie, des amis et tout ça, alors pourquoi tout quitter ?

-Parce que tu as besoin de quelqu'un qui est au courant de ce qui se passe, à l'intérieur même du rêve. Tu as besoin de quelqu'un qui puisse te protéger de Jesse. Tu as besoin d'un arbitre.

-Un arbitre ? On dirait que tu parles d'un jeu, rigola Kurt. »

Sebastian le relâcha et se recula.

« -Ça n'a rien d'un jeu, dit-il froidement. Malheureusement, c'est plus grave que ça.

-Explique-moi, s'il te plaît.

-Plus tard, ce n'est ni l'endroit, ni le moment. Je passerai te voir demain chez toi, ta mère ne sera pas là, n'est-ce pas ?

-Non, enfin... Pas de huit à dix-neuf heures.

-Bien, je serai là à quatorze heures. Invite ton amie Mercedes. Tu peux lui faire confiance.

-Ok ?

-Maintenant, il est temps pour moi d'y aller.

-Déjà ?

-Oui. »

Mesdames et monsieur, bienvenue à l'aéroport de Columbus, nous vous souhaitons un agréable séjour dans notre état.

« -C'est quoi ça ? S'enquit Kurt.

-Hum, je propose de te donner les explications plus tard.

-Sebastian !

-À tout à l'heure. »

Et hop, Sebastian disparu. Columbus, Sebastian était arrivé dans l'Ohio. Il serait là d'ici quelques heures, il lui faudrait le temps d'aller chercher ses bagages, puis de venir jusqu'à Lima et … Kurt devenait complètement fou. Ce n'était pas possible. Sebastian n'était qu'une création de son esprit, il ne pouvait pas débarquer comme ça. Et s'il débarquait ainsi, il lui devait de sacrées explications.


Kurt était resté quelques temps dans le parc, puis il s'était réveillé, étrangement calme et reposé, deux fois de suite, c'était un nouveau record !

Il se leva d'un bond et regarda l'heure. Il était dix heures. Il se mit à courir à la fenêtre. Un camion était en face, garé devant la maison (hantée) de ses anciens voisins. Sebastian était-il déjà là ? Était-ce réellement possible ? Il attrapa son cellulaire et composa le numéro de Mercedes.

« -Oui ? Grogna la jeune femme.

-Je te réveillé, dit bêtement Kurt.

-Non, tu crois ? Il est... Kurt, on a toujours la même conversation, quelle heure est-il ?

-Dix heures.

-Bon sang Kurt ! M'appeler à dix heures en week-end ?! Tu as perdu la tête, ça y est.

-Sûrement, as-tu quelque chose de prévu ?

-Oui. Non. Je ne sais plus. »

Kurt sourit. S'il adorait une chose, c'était bien Mercedes au réveil à la fois énervée et compatissante, la jeune femme devenait un véritable paradoxe.

« -Mercy ?

-Non. Je n'ai rien de prévu.

-Parfait, tu peux passer chez moi, s'il te plaît ?

-Pourquoi pas, quelle heure ?

-Treize heures trente.

-Ok. Y-a-t-il un motif particulier ?

-Je l'espère, nous verrons tout à l'heure.

-Je ne vais pas chercher à déchiffrer, à toute.

-'Toute. »

Kurt se surprit à sourire. Au moins, il ne serait pas seul pour affronter cette rencontre. À quoi pensait-il ? Au moins, il ne serait pas seul pour affronter la déception lorsqu'il comprendrait que Sebastian n'était que l'objet de sa stupide imagination.


Il était une heure vingt et Kurt regardait encore par la fenêtre. L'adolescent avait l'impression de s'être transformé en stalker il avait passé la matinée collé à la vitre.

Kurt se serait senti mal si quelque chose n'avait pas attiré son attention, l'adolescent faillit s'étrangler quand il vit Sebastian, en face de la rue. Bien sûr, il s'y attendait, Sebastian l'avait prévenu, mais d'une certaine façon, il avait espéré être fou. Le châtain avait l'impression d'inventer l'apparition de Sebastian. Il se pinça et poussa un petit couinement aigu. Il était bel et bien éveillé et Sebastian était bien là, il rentrait chez lui, dans la maison hantée.

Sebastian se tourna un instant et leurs yeux se croisèrent. Sebastian lui fit un clin d'œil et sourit, cinq minutes plus tard, Kurt était toujours cloué à sa fenêtre, sa bouche formait un « o » parfait.

Sebastian ressortit avec un panier remplit de gâteaux. Il sonna chez l'un de leurs voisins et sembla se présenter.

Mercedes frappa à la porte à treize heures trente tapante. Kurt ouvrit rapidement et la tira à l'intérieur. Un coup d'œil lui suffit à voir que quelque chose n'allait pas avec son amie. Elle semblait songeuse, préoccupée.

« -Mercy, ça ne va pas ? S'enquit le châtain.

-Si, si, c'est juste que je... »

Mercedes ne finit par sa phrase, l'adolescente secoua la tête, comme pour s'éclaircir les idées.

« -Oui ? L'encouragea Kurt.

-Non. Rien. Bref, que se passe t-il Blanc Bec ?

-As-tu vu le mec qui est dans le quartier ? Demanda Kurt. »

Il détestait employer le terme « mec », mais il voulait avoir l'air détaché. Il n'était pas certain de la véracité des propos de Sebastian et ne voulait pas passer pour un fou.

« -Tu veux dire, ai-je vu le bellâtre châtain qui offre des gâteaux à tes voisins ? Répliqua Mercedes.

-Oui.

-Tu m'étonnes que je l'ai vu ! S'écria t-elle. Oh Kurtie, as-tu flashé sur lui ?

-Bien sûr que non.

-Je ne te jugerai pas, ce serait parfaitement compréhensible. »

Kurt roula des yeux. Bien sûr que Mercedes allait en conclure qu'il avait des vues sur le nouveau.

« -Arrête tes bêtises ! Le « bellâtre » c'est Sebastian ! Dit-il.

-Attends, attends, blanc bec, quand tu dis « Sebastian », tu veux parler du Sebastian ?

-En personne ! »

Mercedes se mit à tourner en rond, comme un lion en cage et Kurt ne pouvait qu'observer son amie, fasciné. Mercedes n'était pas du genre à perdre son sang-froid.

« -Oh mon dieu ! S'écria t-elle un instant plus tard. Tout s'explique !

-Qu'est-ce qui s'explique ? Mercy, tu me caches quelque chose ! L'accusa Kurt.

-Il était dans mon rêve. »

Kurt fronça les sourcils, perdu.

« -Qui ? Demanda t-il.

-Sebastian !

-Pardon ?!

-Je te le jure ! Cette nuit. Je faisais un rêve idiot, comme d'habitude. Et d'un coup, ce type, Sebastian, ton voisin ! Il est arrivé, il m'a observé et puis pouf ! Hop ! Aussi vite qu'il était arrivé, il s'était évaporé. J'ai pensé que c'était un caprice de mon subconscient !

-Je crois que l'on va avoir une petite conversation, lui, toi et moi ! »

Kurt n'arrivait pas à y croire. Sebastian n'était pas seulement dans ses rêves, Kurt ne l'avait pas inventé, mais le châtain ne comprenait pas ce qu'il avait été faire dans les rêves de Mercedes. D'ailleurs, comment était-ce possible ? Était-il une sorte de marchand de sable ?

« -Kurt, il faut que je comprenne, dit Mercedes, Sebastian, le Sebastian qui t'a sauvé de Jesse, il va... C'est vraiment ton nouveau voisin ?

-Oui. Du moins, je crois... Apparemment, il sera au bahut avec nous..

-Et... Et il se souviendra de vos rêves ?

-Normalement, c'est ce qu'il m'a dit, mais...

-C'est délirant.

-Je ne te le fais pas dire. »

Kurt et Mercedes demeurèrent silencieux. L'un comme l'autre attendaient avec impatience cet entretien. Kurt avait beaucoup de questions à poser et pour une fois, il ne redoutait pas le moment où Sebastian dirait « cela suffit pour aujourd'hui, il est temps de se lever. », après tout, il vivait seul et n'avait aucune obligation, du moins, c'était ce que Kurt pensait et quant à lui, sa mère ne rentrerait que cinq heures plus tard, ils avaient du temps. Le plus important était que Kurt ne redoutait pas le moment où Jesse, le psychopathe de service, arriverait pour plomber l'ambiance.

Deux heures.

La sonnette retentit. La libération avec. Kurt et Mercedes se levèrent, tels des soldats et se mirent à courir vers la porte. Kurt l'ouvrit à la volée. Sebastian était là, le sourire aux lèvres, ses yeux brillaient, moqueurs. Il avait un panier remplit de gâteaux à la main et le lui tendit.

« -Bonjour, se contenta t-il de dire. »

Kurt eut soudain un doute. Et si la personne qui se trouvait devant lui n'était pas Sebastian ? Du moins, pas le Sebastian de ses rêves ? Il ne savait pas comment réagir : se montrer intime et prendre le risque de se faire passer pour un fou ? Ou bien, réagir comme si il le voyait pour la première fois ?

« -Bonjour, murmura t-il finalement.

-Kurt, c'est moi, chuchota joyeusement Sebastian.

-Pour de vrai ? Je ne suis pas fou ?

-Pas pour l'instant. »

Kurt ressentit la soudaine envie de le prendre dans ses bras tant il était soulagé.

« -Ouf, tu es pile à l'heure en tout cas ! Merci pour les gâteaux, mais...

-Ne penses-tu pas que cela aurait paru, comment dire ? Louche ? Que je vienne directement chez toi après mon arrivée ? Je me suis présenté à tous nos voisins et je finis donc par toi.

-Tu es un génie ! S'exclama Kurt. Entre.

-Merci. Bonjour Mercedes, dit Sebastian, c'est un plaisir de te rencontrer.

-De même, balbutia t-elle. »

Kurt secoua la tête avec amusement. Son amie était si discrète.


ET VOILA POUR CETTE FIN DE CHAPITRE.
Le prochain chapitre est écrit, et corrigé.
J'attends un peu d'avoir de l'avance mais j'essaierai de ne pas être trop longue.

S'il vous plaît, laissez des reviews. Elles m'encouragent vraiment et j'ai envie de savoir ce que vous en avez pensé.

Bisous sur vos fesses.

Higu.