Bonsoir à tous ! Nous voilà jeudi soir. Déjà le 4eme chapitre de cette histoire. Le prochain chapitre sera l'épilogue, eh oui déjà ...!
Remerciements à : Isatis2013, Jade181184, SailorChronos1 et Paige0703 pour vos commentaires qui me font grandement plaisir.
Merci à Isatis2013 pour sa correction ! Miaou !
Bonne lecture !
Chapitre 4 : Bouleversements
Dans la précipitation, John avait renversé le fauteuil de son compagnon au moment même où la balle avait franchie la vitre. Se redressant sur ses coudes, il observa le visage pétrifié de Finch. Se mettant sur les genoux il se glissa derrière Finch. Il du se recoucher en entendant un deuxième tir, dont la balle se logea dans le mur. Jurant, il attira son compagnon et le mit à l'abri dans le couloir. Campés sur ses gardes, il demanda tout de même :
-Ca va Harold ?
-Je ne sais pas.
-Je suis désolé, je n'avais pas d'autre choix.
-Je le sais John, je ne vous en voudrai pas.
-Venez, vous ne devez pas rester ici, vous êtes une cible facile.
John l'aida à se relever et s'aperçut immédiatement de sa raideur. Il sentit un regret s'emparer de lui mais il le guida dans la chambre où se trouvaient les deux femmes et les animaux.
-Qu'est ce qui se passe ? Murmura Sanaé qui s'était couchée au sol avec Laura.
-On nous attaque mais je vais m'en occuper. Fit John. Je laisse Harold avec vous.
-John ! S'exclama Finch, s'agrippant à la commode pour tenir debout.
-Je ne le laisserai pas nous faire du mal Harold. Trancha John. Il a voulu vous tuer, Sanaé et Laura aussi, je ne peux pas laisser passer !
John quitta la chambre en claquant la porte, laissant Sanaé et Laura abasourdies. Finch se mit à prier pour que son compagnon revienne entier. Reese déboula dans le couloir et se mit en position, armant son revolver et vérifiant s'il possédait une cartouche de balles. Il se glissa vers la porte d'entrée et se précipita tout près du van alors qu'une nouvelle rafale tombait. John inspira profondément et réfléchi sur la probable position de l'autre homme. Il était certain que ce n'était que le frère et personne d'autre. Jamais son instinct ne l'avait trompé. John se baissa et passa devant le van. Il repéra l'angle de tir. L'homme était bien trop loin pour qu'il puisse l'atteindre. Il fit demi-tour et entra à l'intérieur du véhicule, accédant à sa réserve d'armes. Il trouva la plus adaptée alors qu'une balle traversait la paroi métallique du van. Il se dépêcha et retourna dehors. Il prépara son arme et l'arma. Il choisit alors un nouvel angle de tir. Mais l'autre homme l'avait vu arriver et une balle passa sous son nez. John jura. Comment pouvait-il parvenir jusqu'à cet homme qui semblait plus que motivé à terminer cette mission ? Il réfléchit rapidement. Il n'y avait qu'une solution. Il se mit au volant et démarra le véhicule.
-Oh non. Marmonna Finch en entendant les roues déraper sur le bitume.
-Qu'est ce qu'il fait ? Chuchota Laura.
-Je ne sais pas.
-Il sait ce qu'il fait au moins ? Demanda Sanaé.
-John est un ancien militaire, le plus doué.
Finch ferma les yeux et grimaça. Si John avait essayé de réduire l'impact de la chute en glissant un bras dans son dos, il avait tout de même un peu mal. Laura remarqua sa grimace et se redressa, se rapprochant de lui.
-Mr Wren ? Vous vous êtes fait mal ?
-Ce n'est rien.
-Je ne pense pas, votre visage et votre posture parlent pour vous. Assura la jeune fille.
A nouveau, un échange de tirs furieux se fit entendre. Laura se mit à genoux, dissimulée par le grand lit tandis que Finch couchait le haut de son corps sur la commode, se raidissant. Les félins poussèrent des cris effrayés et se cachèrent sous le lit. Bear gronda.
- Asseyez-vous Mr Wren, ce serait mieux. Remarqua Sanaé.
Finch se laissa glisser sur le plancher et ne put retenir un gémissement. De son côté, John menait une rude bataille avec l'autre homme. En effet, après avoir rapproché le véhicule de lui, il en était redescendu et le visait furieusement. Mais l'homme parvenait à esquiver ses coups en se roulant sur les côtés. Irrité, John se détacha du véhicule qui le protégeait pourtant et avança droit vers lui. Les balles sifflèrent, le frôlant. John braqua son revolver et tira sur l'intrus. Cette fois-ci la balle le toucha en pleine épaule et il s'écroula. John se rapprocha et une fois face à lui, il le prit violemment par son haut, le soulevant et le plaquant contre un arbre.
-T'es qui toi pour avoir sauvé Laura et Sanaé ? Cracha l'autre.
-Leur ange gardien. Rétorqua John, en lui assenant une violente claque sans pour autant le laisser retomber.
-Elles méritent de mourir pour ce que Erwan à fait.
-Parce qu'il a tué votre frère ?
John le frappa de nouveau au visage. Une dent vola.
-Ca c'est pour l'homme que vous avez tenté de tuer.
-Le vieux à lunettes ?
John sentit une rage folle s'emparer de lui et jeta l'homme à terre. Il se mit à califourchon sur lui, et le tenant fermement d'une main au niveau de l'épaule il lui envoya une droite. L'autre se débattit mais John, poussé par la rage et la colère, continua à lui donner des coups. Le visage en sang, l'autre baissa les bras. John, furieux se redressa et s'empara de son arme.
-Vas-y, je n'ai rien à perdre. Ricana l'autre.
Le cœur de John se figea. Je n'ai rien à perdre. Il se revit quelques années auparavant : lorsqu'il était clochard, errant dans les rues de New York, se fondant parmi la masse des travailleurs, des adolescents, des personnes âgées et des touristes. Je n'ai plus rien à faire. C'était ce qu'il se répétait. Parce qu'il avait tout perdu. Déstabilisé, John dut se reprendre rapidement face à l'agitation soudaine de l'ennemi, qui s'était relevé et qui se précipitait sur lui. John se retrouva à terre alors que le coup partait. Un râle lent se fit entendre et Reese repoussa le corps de l'homme, qui s'étala à côté de lui, comme un pantin. John se redressa et contempla le corps, essoufflé. Il repensa à son compagnon qu'il avait laissé et se leva, accourant vers la maison…
-Monsieur, je peux faire quelque chose pour vous aider ? Supplia Laura.
Sanaé s'était assise, plus rassurée d'entendre que les coups de feux s'étaient éloignés. Bear léchait le visage de Finch, conscient qu'il devait souffrir. Les félins étaient sortis de leur cachette. Noah s'était posé sur les jambes d'Harold. Nala et Néo s'étaient installés à proximité de Sanaé.
-Ca ira.
-Monsieur Wren, je peux peut être vous aider ? Je fais des massages spéciaux.
-Ca va passer Laura. Tenta de rassurer Finch.
-Je ne crois pas. J'ai appris à reconnaître les signes évidents de fortes douleurs. Tout ce que vous avez à faire c'est de me donner votre main, c'est tout.
Finch la regarda perplexe.
-Vous nous avez sauvés, alors laissez-moi vous aider. Rajouta Laura.
-Faites-lui confiance Mr Wren, elle est douée.
Finch hésita mais tendit finalement sa main. Laura la prit de ses deux mains puis y exerça des pressions. L'informaticien écarquilla des yeux, surprit mais sentit rapidement un relâchement musculaire dans tout son corps. Laura veillait sur ses réactions et elle cibla un endroit particulier sur la paume de la main. Harold soupira de soulagement et ferma les yeux. Bear regardait la jeune fille, remuant la queue et lui donna un coup de langue pour l'encourager. Laura sourit. John apparu sur le seuil de la porte et s'y arrêta net en voyant la scène sous les yeux. Finch, assis par terre, les jambes allongées, son dos calé contre le lit, les yeux clos. Laura en face de lui, massant sa main et Sanaé, souriant. L'ex-agent s'avança doucement et comprit le geste de la jeune fille. Un sourire apparu sur ses lèvres. Il se pencha et posa une main sur l'épaule de Laura, qui arrêta progressivement le massage, sentant que Finch était complètement détendu
Harold ouvrit les yeux et s'exclama :
-John ! Que vous est-il arrivé ?
En effet, Reese était couvert de terre et avait une tâche de sang sur sa chemise.
-Ce n'est rien, ce n'est pas mon sang.
-Vous l'avez tué ? Demanda Sanaé.
John tourna la tête vers elle. Il réfléchit.
-Oui.
Un silence pesant se fit.
-Etait-ce l'homme qui a tué mon mari ?
-Oui.
-Alors merci Mr Randall.
Laura s'écarta et se blottit contre sa mère. Aussitôt Sanaé caressa les cheveux de sa fille pour la rassurer.
-Nous sommes en sécurité maintenant. Signala John. Laura ?
-Moui ?
-Merci pour le massage.
-De rien. Répondit-elle. Dites, je peux vous poser une question ? Vous n'êtes pas obligé d'y répondre.
-Quelle est cette question ? Demanda John, méfiant.
-Mr Wren est votre compagnon ?
Reese resta interdit. Comment avait-elle deviné ? Il avait pourtant essayé d'être discret !
-Dois-je prendre votre absence de réponse pour un oui ? Fit Laura.
John glissa ses mains dans celles de Finch et l'aida à se relever. Il le colla contre lui, gardant une main dans son dos.
-Oui, nous sommes compagnons. Approuva John.
Finch rougit mais se tut.
-Alors je suis contente. Laura eut un sourire sincère et franc. Mr Wren, le massage que je vous ai fais a du vous fatiguer, je conseille en général de s'allonger quelques minutes.
John la remercia une fois de plus et accompagna Finch dans leur chambre. Harold s'installa sur le lit, fatigué.
-Vous avez besoin de quelque chose ?
-Non, John, ça va.
Rassuré, Reese l'embrassa. Un miaou se fit entendre et John remarqua que Noah les observait. Amusé, John fit signe au félin de venir et l'installa sur le lit. Noah miaula et s'installa en boule contre Finch, frottant sa tête sur son bras. John laissa son compagnon se reposer tranquillement et retourna dans le salon. Il fit la moue en voyant le chantier. Sanaé se rapprocha de lui.
-Je vous donne un coup de main Mr Randall ?
-Volontiers.
Ils rangèrent la pièce tous les deux. John se chargea de colmater les trous dans le mur et plaça un carton à la fenêtre. Sanaé remit les meubles en place et ramassa les bris de verre. Des rires se firent entendre. John, intrigué, alla voir. Il retrouva Laura allongée sur le sol de la chambre, Nala sur sa poitrine, qui léchait son visage. Néo s'amusait avec les cheveux de l'adolescente. Laura se tortillait sous les léchouilles et riait de bon cœur. John se cala contre la rambarde de la porte et songea à la conversation qu'il avait eu avec son compagnon, deux semaines plus tôt
Deux semaines auparavant :
-Noah ! Non ne …
Finch retira de justesse le félin alors qu'il allait s'attaquer à sa cravate. Au lieu de cela, Nala bondit sur ses cuisses et attrapa le tissu, plantant ses griffes dedans et tirant. L'ex-reclus glapit et déposa Noah sur le bureau avant d'écarter Nala à son tour.
-Je ne sais pas ce que vous avez tous aujourd'hui…
-Ils vous préfèrent sans cravate ? Gloussa John.
-C'est plutôt vous qui voulez que je la retire !
Finch observa sa cravate mais dû se rendre à l'évidence : les petites griffes des chats avaient eu raison du tissu. Contrarié, il se résolu à la retirer. John haussa un sourcil, intéressé. Harold le vit faire et le fusilla du regard, lui faisant comprendre d'éviter toute tentative pour le déconcentrer puis caressa Noah qui quémandait de l'affection. Néo leva la tête mais retourna jouer auprès de son copain Bear, chassant la queue du malinois.
-Miaouuuu. Se manifesta Nala.
-John, vous ne pouvez pas la prendre un peu ?
-Et pourquoi ? Demanda Reese, sans bouger d'un poil de la chaise, nettoyant son arme avec un chiffon doux.
-Noah m'accapare déjà et je n'ai pas terminé mes mises à jour.
-Hum.
-John ?
-Que voulez-vous que je vous dise ? Vous les avez sauvés, ils vous en sont reconnaissants.
Finch soupira. John ne bougea pas.
-Très bien.
Finch défit le premier bouton de sa chemise avec une lueur de défi. John écarquilla les yeux mais afficha un sourire mutin.
-Dois-je le prendre pour une provocation ?
-Non.
John l'interrogea du regard.
-Plutôt pour une promesse à venir. Prononça Finch, sans manquer de rougir. Mais seulement si vous vous occuper de Nala.
-C'est du chantage.
-Vous croyez être le seul à pouvoir en faire ?
-Non. Répondit spontanément John. En revanche je suis surpris. Essayez un deuxième bouton pour voir ?
Finch fit sauter un deuxième bouton. John sourit franchement et se leva, prenant Nala avec lui. Au passage, il donna un tendre baiser à son patron. Finch lui rendit son baiser puis reprit ses mises à jour, martelant le clavier. Noah s'assit et fixa l'écran, ce qui semblait l'amuser. En voyant le pointeur de la souris bouger sur l'écran, il bondit dans l'espoir de l'attraper.
-Noah ! Gronda Finch.
Le matou se retourna et le regarda avec un petit air effronté.
-Cesse de sauter, tu ne pourras pas l'avoir.
Noah soupira alors que Finch reprenait. Le félin fit des étirements et vint s'allonger sur un des avant bras de Finch, ce qui le surprit, le stoppant dans ses manœuvres. Noah ferma les yeux et ronronna sur le bras. Finch se pinça les lèvres mais n'eut pas le courage de le repousser et continua d'une main. John observait la scène, amusé, tout en câlinant Nala, installée sur le dos, sur les cuisses de l'homme, les petites pattes en l'air pour jouer. Néo avait cessé de jouer et dormait sur le dos de Bear, en boule.
-Harold ?
-Oui Mr Reese ?
-Vous pensez qu'on gardera les chats ?
-J'avoue que je me suis posé la question. Soupira Harold, cessant son travail.
-Vous y avez déjà réfléchi ?
-Un peu. Si nous devons les faire adopter, ou les donner, il serait préférable que ce soit à des connaissances.
-Pour être certain qu'ils en prendront soin ?
-Exactement.
John remarqua que Finch observait Noah endormi sur son bras et vit un voile de tristesse dans son regard.
-Mais vous vous êtes attachés à ces chats Harold.
-Oui je sais. Murmura-t-il. Mais nous devons être prudents. Ils s'entendent bien mais qu'en sera-t-il quand ils seront adultes ?
-Ca ne devrait pas changer. Les chats qui sont habitués à vivre en communauté, le restent en général.
Finch hocha la tête en signe d'approbation.
-Je ne suis pas certains que nous pourrons garder tout le monde. Avoua Finch.
-Pourquoi ?
-Parce que … Nous avons les missions, nous avons déjà Bear et nous ne sommes pas toujours là pour nous en occuper. Jusqu'à aujourd'hui, nous avons fait de notre mieux John. Mais je ne sais pas s'ils… sont heureux. Expliqua Finch.
-Il y en a un qui l'est en tout cas. Fit John, désignant Noah.
-Oui, mais Nala et Néo ?
-Je ne sais pas. Ils nous apprécient mais ce n'est pas comme Noah qui a l'air de tenir à vous.
-Peut être parce que c'est le premier que j'ai tenu dans mes bras. Remarqua Finch.
-C'est fort possible. A cet instant vous avez du créer une connexion avec ce chat.
Harold observa Noah. Prit d'une impulsion, il le bougea doucement. Noah protesta mais se calma lorsqu'il se retrouva confortablement installé dans les bras de son sauveur. Il ronronna et frotta sa tête contre la chemise de Finch.
-Mais ce qui est certain…
John se tut, captant l'émotion chez Finch.
-C'est que je ne pourrai pas laisser Noah à quelqu'un d'autre. Souffla-t-il.
John déglutit, se pinça les lèvres. A cet instant, il voyait combien son compagnon tenait à ce petit chat, combien il l'aimait. Il connaissait Finch. Si Harold adorait Bear et en prenait soin, veillant sur son alimentation, la fréquence des promenades et lui donnant l'affection nécessaire pour rassurer le malinois, il n'en était pas moins attaché à Noah, plus qu'aux autres chats. John comprenait qu'il ne pourrait pas détruire ce lien. Il ne le souhaitait même pas. Il savait que ce petit félin avait le don de détendre son compagnon dans certaines situations où il était parfois tendu. De plus, il appréciait vraiment Noah. Le chat semblait très intelligent et comprenait ce qu'on lui disait malgré son très jeune âge. De plus il était très affectueux, sportif et vif. John pouffa, se disant que ce félin devait sans doute le représenter lui, sous forme d'animal. L'ex-agent secoua la tête.
-Nous le garderons, soyez-en sûr. Je vous le promets.
-Vous n'êtes pas jaloux ?
Cela fit rire John.
-Harold… J'apprécie Noah, je suis seulement jaloux quand il prend ma place dans le lit !
Finch eut un rire franc. Noah, intrigué, tourna la tête vers John.
-Quoi ? Ce n'est pas vrai ? Se vexa faussement John en direction du chat.
-Miaou ?
Noah se redressa et Finch le laissa redescendre avec grâce. Noah bondit sur les cuisses de l'agent, jetant un regard vers sa sœur installée et se dressa sur ses pattes arrière, posant les pattes avant sur la poitrine de l'agent et léchant la petite barbe de John.
-Mais oui, je t'aime bien toi tu sais.
En guise de réponse, Noah posa ses pattes sur les joues de l'agent et ronronna plus fort, comprenant.
-Il sait comment vous charmer. Dit Finch.
-Qui peut résister ? Soupira John.
-Personne je crois. Répondit franchement l'informaticien.
Aujourd'hui :
-Tu t'amuses Laura ?
L'adolescente se tourna vers John.
-Oui. J'ai l'habitude. Je joue avec les chats au Pet's Care. Il y en a beaucoup qui sont jeunes alors je joue avec eux pour les distraire.
-Vous faites du bénévolat ? Pour quelle raison ?
-Oui eh bien, en fait c'est parce que ça fait des années que je demande à ma mère d'adopter un animal de compagnie mais elle n'a jamais voulu… alors j'ai trouvé cette solution et grâce à Mr Wren en plus.
-Harold vous a donné cette idée ? Questionna John, même s'il connaissait déjà la réponse.
-Oui, en fait c'est sans doute grâce à lui que je suis encore là aujourd'hui
-Que voulez-vous dire ?
-Hum.
John se rapprocha d'elle et entrebâilla la porte. Il s'assit face à elle et Nala prit place sur les jambes de John.
-Harold a fait quelque chose ?
-Et Bear aussi. Ajouta-t-elle, tout doucement. En fait ils étaient là au bon moment.
John haussa un sourcil.
-Je ne regardais pas ou j'allais ce jour là. J'allais traverser un passage piéton alors que les véhicules n'étaient pas à l'arrêt. Parce que je n'étais pas bien, un peu dépressive…
John posa une main sur le bras de Laura.
-… Mais Mr Wren m'a vu ce jour-là. Et il m'a empêché de traverser alors que j'aurai pu me faire renverser par un taxi. Je n'imagine pas ce qui se serait passé s'il n'avait pas été là… Murmura Laura.
-Parfois, Harold a le don d'être là au bon moment. Rassura John.
-Et je lui en suis reconnaissante. Il a su m'écouter et me parler pour me rassurer. Bear essayait aussi à sa façon.
Le malinois donna un coup de langue affectueux à la jeune fille.
-Bear sait quand ça ne va pas. C'est son point fort. Sourit John.
.
Après une longue nuit de repos, Sanaé et Laura avaient décidé de retourner à l'aérodrome. John les avait accompagnés puis était revenu pour ranger le matériel avec Finch, qui allait beaucoup mieux. Lorsqu'il revint, il trouva Harold dehors, observant d'un œil critique l'état du Van. John pinça les lèvres et se rapprocha de lui.
-Finch ?
-Je me dis que j'ai sans doute bien fait de ramener du supplément. Jugea Finch, désignant les impacts de balles.
-Vous avez quelque chose pour masquer ?
-Oui. Venez.
Finch monta à l'intérieur et prit un rouleau de scotch de la même couleur que celle du van.
-Ca fera l'affaire en attendant une vraie réparation. Approuva John. Il prit le rouleau.
-Je vais m'occuper de l'intérieur.
-Et je fais dehors, travail d'équipe ? Fit John avec un clin d'œil.
-Oui. Sourit Finch.
Ils s'occupèrent de reboucher provisoirement les trous et chargèrent le véhicule avec le matériel manquant. Ils entendirent un fracas dans la maison et se regardèrent, inquiets. John alla voir en premier, suivi de Finch. Une pomme roula entre les jambes de l'ex-agent lorsqu'il franchit le seuil de la cuisine. Finch suivit du regard le fruit qui se baladait puis vit Néo sauter dessus, mordant dedans, suivi de sa sœur et de son frère qui voulaient jouer.
-Et tu ne dis rien Bear ? fit John, alors que le chien était assis, penaud devant les trois félins qui s'acharnaient sur le fruit.
Bear émit un son de protestation. Finch alla voir dans la cuisine et comprit la réaction du chien. Il se pencha et attrapa la gamelle vide.
-Je crois que Bear les a laissé faire parce qu'il a faim Mr Reese.
John claqua sa main contre son front.
-Je lui avais promis de le nourrir en revenant… C'est de ma faute Bear excuse-moi.
Finch remplit la gamelle et l'agita sous le nez de Bear, qui accouru. Puis il en fit de même avec la gamelle des chats. John du récupérer la pauvre pomme déchiquetée.
-Il vaut mieux qu'ils s'acharnent dessus que sur le mobilier.
-En effet.
Ils laissèrent les animaux manger puis décidèrent qu'il était temps de retourner sur New York. Finch prit la voiture de John tandis que Reese conduisait le van.
Une semaine plus tard
-Harold ?
-Je suis là. Répondit Finch.
L'agent se laissa guider par le son de la voix de son compagnon et le rejoignit dans la rangée où il se trouvait. Finch tenait un livre en main, ouvert sur les premières pages, concentré dessus. John sourit devant son sérieux et déposa un baiser sur sa tempe.
-Tout s'est bien passé ? Demanda Finch en relevant la tête.
-Oui, Lionel a bouclé le malfaiteur. Grâce à vos recherches qu'il a qualifiées de « précieuses ».
-C'est toujours un plaisir d'aider notre bon ami. Remarqua Finch.
-N' en faites pas de trop, vous savez combien je suis jaloux ? Fit Reese, se plaçant derrière Finch et l'entourant de ses bras, posant son menton sur une épaule. Finch s'y cala, se sentant bien.
-Je le sais. Concéda Harold. Cependant, j'aime vous penser jaloux de temps à autre.
-Pourquoi ?
-Je ne sais pas. Sourit-il.
-Je suis sûr que si. Rétorqua John, déposant un baiser dans le cou de Finch, le faisant frissonner.
-Peut être parce que c'est une preuve de votre amour ?
-C'est certain ! SI je pouvais je serais bien plus démonstratif !
Harold sentit que les mains de John tenter de se frayer un chemin sous son gilet de costume.
-John !
Il donna une petite tape aux mains de l'agent.
-Hey ! Je n'ai pas le droit ? Pourtant nous ne sommes pas en public !
-Mais il y a trop de … vitres.
-Vitres qui sont obturées par les toiles du chantier. Se moqua John. Mais si ce n'est que ça, je peux vous emmener au fin fond de la bibliothèque… Murmura-t-il.
Le souffle chaud de Reese fit violemment trembler l'informaticien qui se sentait bien faible dans ses bras. Alors que John poursuivait sa lente torture sur Finch, un téléphone sonna.
-Misère ! Je ne l'ai pas pris avec moi ! S'exclama Finch, se dégageant de l'étreinte de son agent. Reese tenta de le retenir mais n'y parvient pas. Il laissa Finch filer et le vit hâter le pas avant que la dernière sonnerie ne retentisse. Finch décrocha à temps, n'ayant pas vérifié l'appelant.
-Oui ?
-Mr Wren ?
-Lui-même.
-Je suis Tara, une de vos secrétaires. Une certaine Laura Suarez s'est présentée à l'accueil et demande à vous voir.
Finch fronça les sourcils.
-Est-elle toujours là ?
-Oui.
-Pouvez-vous lui dire que je serais disponible dans une heure ?
-Je lui transmets.
-Faites-la monter dans la salle d'attente à mon étage, je me chargerai d'aller l'accueillir. Veillez à ce qu'elle ne manque de rien.
-C'est comme si c'était déjà fait Mr Wren.
-Merci.
Harold raccrocha. John avait tout entendu.
-Il faut qu'on retrouve nos couvertures ?
-Oui… Mr Randall.
- Alors allons-y Mr Wren !
-Heureusement que Bear est à la maison pour surveiller les chats. Remarqua Finch en prenant son manteau.
-J'espère qu'il surveille bien. Plaisanta John.
-Il vaudrait mieux. Glissa Finch avec une petite moue.
John se mit à rire, conscient que Finch détestait le désordre. Ils se mirent en route et une heure plus tard, Harold alla accueillir Laura. Lorsqu'il entra dans la salle d'attente, où seule Laura patientait, elle se leva et lui sourit franchement.
-Mr Wren.
-Bonjour Mlle Suarez.
- Oh s'il vous plaît appelez-moi Laura, j'ai l'impression de prendre 20 ans quand vous m'appelez comme ça !
-Si vous le souhaitez Laura. Vous pouvez m'appeler Harold.
-Vraiment ?
-Oui, vous me suivez ?
Elle le suivit jusque dans le bureau où Finch lui offrit de s'installer dans le canapé et lui en face dans un fauteuil.
-Qu'est ce qui vous amène ?
-Je voulais vous remercier. Mr Randall n'est pas là ?
-Mon compagnon ?
-Oui.
-Je peux l'appeler, il sera là en deux minutes.
-Il travaille aussi ici ?
-Oui, c'est mon associé et mon bras droit aussi. Sourit Finch. Il se pencha vers la table basse où se trouvait un téléphone et tapa le numéro du bureau de John. Une sonnerie se fit entendre et John décrocha.
-Bureau de Mr Randall.
-John, pouvez-vous venir dans mon bureau ?
-Tout de suite patron.
John arriva en à peine une minute. Lorsqu'il entra, il sourit en voyant Laura.
-Laura. Salua-t-il.
-Mr Randall.
-Vous pouvez utiliser mon prénom.
-Très bien.
John prit place dans un autre fauteuil.
-Je voulais vous remercier tous les deux. Pour nous avoir sauvé. D'abord Harold, vous m'avez empêché de commettre une bêtise il y a quelques mois puis vous John… Vous avez réagi rapidement en comprenant que j'ai failli mourir lors de mon saut en parachute. Alors je vous en suis reconnaissante aujourd'hui.
John et Finch échangèrent un regard.
-Même si je n'ai plus mon père… J'ai compris ce qui s'est passé. Avoua-t-elle.
-Que s'est-il passé ? Demanda prudemment Finch.
-La police a enquêté. Elle a retrouvé l'identité de l'homme qui a tenté de s'en prendre à nous : Nick Frosmon. En cherchant des liens avec papa, ils ont vu qu'il avait un autre nom et un casier judicaire. Je n'aurai jamais cru que papa avait tué un chef de gang quelques années auparavant. Nick était le frère de ce chef.
-C'était une vengeance.
-Oui mais pas seulement. Fit la jeune adolescente. Maman a essayé de me le cacher mais j'ai vu un mail que papa avait tenté d'envoyer. J'ai compris. On l'a forcé à mourir sinon c'était Nick qui s'en chargeait.
Finch observa son compagnon d'un coin de l'œil, se doutant que cela devait lui rappeler ce geste qu'il avait failli commettre avant qu'il ne le trouve et le sauve. Mais John semblait impassible.
-Je pense que papa n'a pas cherché à se sauver parce que si vous n'aviez pas été là et s'il avait tenté de s'en sortir…
Laura ravala sa salive, ses yeux s'embuant.
-Je pense qu'il n'aurait pas supporté de nous voir mourir.
Elle reprit son souffle, effaçant d'une main la larme qui venait de couler.
-Alors même si j'ai perdu quelqu'un, grâce à vous je suis toujours là et avec ma mère.
-Nous sommes désolés pour votre père. Fit Finch.
-Vous ne pouviez pas être partout non plus… Mais il y a quelque chose qui me turlupine.
-Et quoi donc ? Questionna John.
-C'est comme si vous saviez. J'ai un peu de mal à croire que vous étiez là par hasard.
Finch décida de jouer le jeu.
-Savez-vous garder un secret Laura ?
John tourna vivement la tête vers lui.
-Bien sûr que je sais. Affirma Laura.
-Disons que nous sommes des anges gardiens. Dit Finch. Je suis bien directeur des assurances et John mon associé mais nous avons un autre travail.
-Et quel est ce travail ?
-Nous avons un superviseur qui surveille les interactions étranges ou les nouvelles situations. Lorsqu'il croit que cela nécessite une enquête et une surveillance, il fait appel à nous.
-Vous êtes en train de me dire que votre superviseur est capable de tout voir? Demanda Laura.
-Non, il voit seulement ce qui est visible. Bien souvent cela ne représente qu'une partie de l'iceberg.
-Et nous avons pour mission de creuser et de comprendre. Rajouta John.
-Et d'intervenir aussi. Remarqua Laura.
-Seulement dans les situations extrêmes, lorsque nous sommes dans un lieu éloigné ou que le premier poste de police se trouve à plus d'une trentaine de kilomètres à la ronde. Poursuivi Finch.
-Vous jouez un peu les super héros. Sourit Laura.
-Un peu. Approuva John. Harold n'intervient que très peu sur le terrain, mais il n'est jamais loin.
-Il y a deux rôles en fait. Celui qui est militaire puis l'autre qui fait les recherches ?
Finch sourit.
-C'est malin, on ne croirait pas que vous faites ça Harold. En revanche pour John, on sait tout de suite qu'il a été militaire.
-Qu'est ce qui me trahit ? S'amusa John.
-Votre assurance, votre démarche droite et votre sérieux. Vous êtes toujours alerte aussi. Votre sauvetage le prouve aussi, vous avez déjà sauté en parachute et très peu savent qu'il faut garder les membres contre le corps pour gagner en vitesse. C'était un sauvetage millimétré et seul un soldat entraîné en aurait été capable.
-Vous êtes très intelligente Laura. Sourit Finch.
-Je lis beaucoup pour apprendre.
-Vous aimez la lecture ?
-Oui, les romans de tout genre mais j'aime aussi m'intéresser à l'histoire américaine.
Finch se redressa et se pencha vers elle.
-Et la littérature ancienne ?
-Aussi, même si le style est très différent, j'apprécie.
-Pour quelle raison ?
-Cela me montre la manière dont pensaient les auteurs auparavant. Ils avaient une manière précise de voir les choses, qui ne se fait plus aujourd'hui. Ils sont capables d'utiliser des mots très compliqués et parfois inconnus alors que tous les auteurs d'aujourd'hui, en général, n'utilisent que des mots simples, dans le but de rendre la lecture plus accessible. Je trouve cela dommage que nous ayons perdu le charme de la littérature ancienne.
John vit l'intérêt soudain chez Finch et ô combien il était ravi d'entendre ces mots de la bouche d'une lycéenne.
-Vous aimez la littérature Harold ? Questionna Laura.
-C'est un vrai accro. Répondit Reese avant que Finch ne lui donne la réponse.
-Voyons John, n'exagérez pas.
L'agent mit la main sur le côté de sa bouche, comme s'il s'apprêtait à dire un secret.
-Il peut dire ce qu'il veut, il faut toujours que je ramasse son livre quand il s'endort le soir !
-Mr Randall, voulez-vous bien être sérieux ?
Mais Laura éclata de rire et Finch comprit que c'était le but recherché par John en le voyant sourire à son tour. Ils continuèrent à discuter tranquillement puis Laura décida qu'il était temps qu'elle prenne congé.
-Pétillante cette fille .Remarqua John.
-Elle est courageuse malgré tout. Jugea Finch.
-Elle essaye d'être forte mais ce n'est pas facile pour elle. Approuva John.
Finch acquiesça et jeta un œil à sa montre.
-Nous avons discuté pendant deux heures ?
-C'est fort possible.
-Mais vous ne vous êtes pas ennuyé ? Demanda Finch, étonné.
-Du tout. Pas quand vous êtes avec moi.
-Jo…
-…et puis c'était intéressant finalement. Coupa John.
-Vraiment ?
-Oui. Je suis toujours ravi de vous voir passionné par la littérature, c'est comme s'il n'y avait pas assez de livres sur terre pour étancher votre soif de lecture.
-A ce point ? Se troubla Finch.
-Oui, mais je vous aime comme ça.
Finch se sentit fondre.
-Nous devrions peut être rentrer.
-Pour vous assurer de retrouver la maison dans le même état que ce matin ? Gloussa Reese.
-J'espère bien, c'est la première fois que nous les laissons ensemble. Murmura Finch.
John pria intérieurement que tout se passe bien… Quelques minutes plus tard ils étaient devant la maison. Finch déverrouilla la porte, nerveux, et entra doucement, suivi de John. Ils furent étonné de ne pas être accueillis par Bear. Finch s'avança prudemment et ne trouva personne au rez de chaussée.
-Ils sont sans doute à l'étage. Fit John.
Ils montèrent les escaliers et John capta un bruit étouffé provenant du bureau. Il fit signe à Finch et ils découvrirent une scène pour le moins cocasse. Au milieu de la pièce en désordre, quelques livres traînant par terre, des stylos, la table basse poussée, une pauvre plante déchiquetée, Bear était allongé au sol, avec sa petite tête mécontente.
-Oh Bear ! S'exclama Finch en le voyant recouvert de scotch.
John fronça les sourcils, scannant la pièce du regard. Finch se précipita vers le malinois pour l'aider, devinant que son compagnon à quatre pattes ne devait pas apprécier cette matière collée sur ses poils et qui empêchait tout mouvement. L'ex-agent retourna dans le couloir et le longea. Il passa la tête dans la chambre d'ami. Rien. Il continua et entra dans leur chambre. John vit le drap du lit froissé et en déduisit qu'ils ne devaient plus être bien loin. Il alla dans la salle de bain attenante et découvrit les trois chats.
Noah était en boule dans un des lavabos, ronflant. Nala était allongée sur le tapis, malheureusement presque réduit en miettes. Néo quant à lui était derrière les toilettes. John fit la moue en voyant les quelques dégâts : un flacon de parfum avait explosé au sol, de la mousse à raser s'étalait sur le plan de la double vasque. De l'autre côté, un bain moussant avait été ouvert et son contenu coulait doucement dans la baignoire. John se mit à redouter la réaction de Finch s'il découvrait les dégâts. Et cela ne tarda pas…
-John, où êtes-vous ?
-Ici. Marmonna John.
Finch arriva à sa hauteur. John pu voir son visage se décomposer et la colère prendre possession de ses yeux. Si John n'avait pas été militaire, il aurait reculé devant cette lueur. Il vit les poings de Finch serrés et déglutit. L'informaticien amorça un pas et s'empara de Néo dans un premier temps puis de Nala et de Noah et repassa devant John sans dire un mot. L'ex-agent, le suivit du regard et le vit descendre l'escalier en direction de la cuisine. En se déplaçant un peu pour avoir une meilleure vue, il pu voir Finch mettre les trois chats dans le transporteur et prononcer d'une voix froide et tranchante :
-Vous restez là pour vos bêtises.
Finch remonta ensuite.
-John, allez me chercher un ciseau dans la trousse de secours.
Reese s'exécuta, sachant qu'il valait mieux ne pas le contrarier. Il ramena ledit ciseau à son compagnon dans le bureau. Finch tira sur le scotch tout en découpant très peu les poils du malinois. Bear émit plusieurs sons mais avait confiance en son maître. Une fois débarrassé des intrus collants, Bear remercia Finch à sa manière : en lui léchant la joue. Mais cela ne calma pas la colère qui émanait de Finch et Bear préféra ne pas en rajouter et alla se coucher sur le coussin de la pièce, en boule, la queue entre les jambes.
-Harold…
-Ne dites rien.
John se tut. Harold alla jeter les morceaux de scotch et nettoyer les ciseaux. John ramassa les livres et les empila sur la table basse, qu'il avait replacée. Il loucha sur la pauvre plante. Il la prit et la descendit dans le jardinet à l'arrière de la maison puis rejoignit Finch dans la salle de bain. Il le trouva en train de reboucher le bain moussant. Finch avait déjà nettoyé la mousse à raser. John vit son maintien tendu et hésita. Finch s'assit sur le rebord de la baignoire et se passa une main sur le front. John attrapa une éponge dans le meuble sous les lavabos, puis des mouchoirs et nettoya le parfum au sol. Cinq minutes plus tard le sol était propre et Harold n'avait pas bougé de place. Cependant John sentait qu'il s'était calmé un peu, ressentant moins ces ondes si particulières. Et il lui semblait entendre les rouages du cerveau de son patron en marche. Reese jeta tout dans la poubelle et prit place à côté de lui. Sans un mot, John posa une main sur la cuisse de son compagnon. Finch tourna la tête vers lui.
-Harold ?
-C'est ce qui nous attendra à chaque fois qu'on les laissera. Lâcha Finch.
-C'est normal au départ. Ils grandissent et ils ne savent pas ce qui est bien ou mal. Tempéra John.
-Je le sais, mais j'ai déjà dit que nous ne pourrons pas faire l'éducation des trois en même temps John.
-Parce que c'est compliqué ?
-Oui. Nous ne pourrons pas John.
-Sauf pour Noah ?
-Un seul c'est possible mais les trois en même temps… Et nous avons déjà Bear.
-Il va bien ?
-Je pense mais il est contrarié. Avoua Finch.
-Vous pensez comme moi ?
-Que Bear s'est fait avoir ? Je le pense aussi. Et je ne voudrai pas que cela arrive de nouveau.
-Vous avez peur que Bear doute de son intelligence.
-Je ne veux pas le contrarier et lui imposer cela.
John prit la main de Finch dans la sienne. Il fut rassuré de le sentir répondre à son geste.
-Nous devons songer à trouver une famille pour Nala et Néo. Marmonna Finch.
-Si c'est ce que vous voulez. Le soutint John. Il déposa un baiser sur sa tempe et le vit esquisser un mince sourire. Vous voulez m'aider à préparer le dîner ? Souffla-t-il, caressant doucement sa nuque.
Finch approuva doucement.
-Vous venez ? Demanda John en se relevant.
-Allez-y, je vous rejoindrais.
John descendit à la cuisine, retira sa veste, remonta les manches de sa chemise et se mit aux fourneaux après avoir choisi les ingrédients. Des miaous indignés se firent entendre et John se tourna vers le transporteur, contrarié. Finch le rejoignit et remarqua sa contrariété. Il soupira puis décida de libérer les trois chats. Ils ne sortirent pas aussitôt, craintifs en sentant que la colère n'était pas totalement retombée chez leur sauveur. Finch aida John à une préparation facile. Noah se faufila doucement à travers la pièce et frotta sa tête sur la cheville de Finch. L'informaticien pinça les lèvres. Noah insista et se mit à miauler en voyant l'absence de réaction. Finch résista mais John le regardait d'un air doux et il craqua. Il lâcha le couteau et prit le chat, prenant place sur une des chaises. Noah, heureux, ronronna et se blottit dans ses bras. John observa son partenaire caresser d'un geste tendre le petit félin. Nala et Néo sortirent à leur tour du transporteur, tout en restant en retrait, préférant jouer entre eux. John décida que c'était le bon moment pour aborder le sujet.
-J'ai peut être à qui confier Nala et Néo. Annonça Reese.
Finch releva la tête, intrigué, l'invitant à poursuivre.
- Que pensez-vous de Laura ?
- J'y avais songé. Dit Harold. Si cela ne tenait qu'à elle, je pense qu'elle accepterait. Mais cette jeune fille est au lycée et elle poursuivra sans doute ses études après.
-Il n'y a pas qu'elle.
-Vous parlez de sa mère ?
-Oui, elle aime peut être les chats aussi ?
-Je ne sais pas. Mais Laura m'avait glissé que sa mère ne voulait pas d'animaux parce que cela demande certaines dépenses.
-C'est un investissement certes mais Nala et Néo peuvent leur apporter de l'amour.
Finch fut troublé.
-Vous voulez dire que … Vous voulez les aider dans leur chagrin ?
-Oui. Elles ont perdu un mari et un père. Fit John. Je sais que cela ne le remplacera jamais mais si ça peut les aider aussi.
-Je ne sais pas trop John. A vrai dire je me pose la question depuis quelques jours.
Noah se dressa sur ses pattes arrière et capta le regard de Finch, curieux.
-Vous pensez que Noah comprend ce qu'on dit ? Murmura Harold.
-Je ne sais pas. Je sais qu'ils sont très intelligents cependant.
-Est-ce une bonne idée de le séparer de son frère et de sa sœur ? Lâcha Finch. Il s'est habitué à eux.
-Mais il aime aussi Bear, n'avez-vous pas oublié cette scène l'autre jour ? Rappela John, un sourire au coin des lèvres.
-Non. Sourit Harold.
Noah lécha la joue de Finch et se blottit à nouveau contre lui.
-Nous devrions en parler avec Mme Suarez ? Proposa Finch.
-Oui, ce serait un bon début.
-Par contre, il ne faudrait pas que … la grand-mère soit là si nous allons la voir. Remarqua Finch.
-Vous avez toujours les caméras dans l'appartement ?
-Oui, je pourrais vérifier si elle est présente.
-Alors, ce n'est pas un souci. Approuva John.
-Je vérifierai l'emploi de temps de Mme Suarez, mais je sais qu'elle a démissionné il y a quelques jours.
-Parce que c'était trop dur de travailler sans Erwan ?
-Je suppose. La distance ne devait pas être facile non plus. Etre éloigné de ses proches pour faire un deuil n'est jamais simple.
John acquiesça.
Le lendemain après midi, n'ayant pas de mission, Finch et John se rendirent chez Sanaé. Elle était seule, Finch ayant vérifié. Sanaé fut étonnée de les voir mais les accueilli avec plaisir. Une fois installés dans le salon, les deux compères dans le canapé et Sanaé dans un fauteuil en face, la discussion commença :
-Qu'est ce qui vous amène Mr Wren, Mr Randall ?
-Appelez-moi Harold, ce sera plus simple ainsi. Proposa Finch.
-C'est valable pour moi aussi. Rajouta John.
-Très bien Harold et John. Alors ?
-Nous voulions savoir si vous alliez bien. Commença John.
-Eh bien. Ce n'est pas facile, mais nous essayons de nous en sortir. Tout a été tellement vite que ça nous semble irréel.
-Je peux comprendre. Fit Finch, qui en savait quelque chose aussi.
-J'ai démissionné de mon boulot à l'aérodrome. Ce n'était pas rentable et …
-…ça vous rappelait l'accident ? Erwan ? Souffla John.
-C'est ça. J'ai préféré revenir ici, pour être plus présente auprès de ma fille. Je sais que ça fait des années que je me suis éloignée d'elle et … parfois je le regrette.
-Je suis sûr que Laura doit être ravie de vous voir ? Dit Finch.
-Elle l'est. Elle arrive à me parler plus facilement. J'ai appris qu'elle faisait parti d'une association depuis quelque temps…
-Vous a-t-elle dit que je lui avais proposé cette idée ? Sourit Harold.
-Oui. Elle me l'a dit quand j'ai demandé des explications. Je n'avais pas compris pourquoi elle vous connaissait quand vous êtes venus nous secourir. Je ne sais pas ce que je devrais dire, mais Laura est heureuse de s'occuper des animaux qui ont été abandonnés.
-Car elle se sent utile. Fit John.
-Je pense. Mais Laura a toujours été expressive et elle a constamment besoin d'exprimer son amour.
-C'est aussi un des buts de notre visite. Fit Finch.
-Vraiment ? Que voulez-vous dire ?
-Mme Suarez, aimez-vous les chats ? Questionna John.
Prise au dépourvu, elle mit quelques instants avant de réponse.
-Oui. J'en avais un quand j'étais plus jeune.
-Vous n'avez jamais songé à adopter de nouveau ?
-Non.
-Puis-je savoir pourquoi ? Demanda Finch.
-Mon chat n'avait que quatre ans lorsque je l'ai perdu. Il était malade mais mes parents n'avaient pas les moyens de payer un traitement pour le guérir. Je l'ai regardé… perdre des forces tous les jours. J'étais impuissante.
Finch déglutit, John se tritura les doigts. Ils avaient touché un point sensible.
-Alors quand je l'ai perdu, je me suis promis de ne jamais adopter de nouveau si je sais que je serais incapable d'assurer les soins s'il en avait besoin.
-Et si c'était possible ? Sourit Finch.
-Comment ?
-Vous vous souvenez des chats qui étaient avec nous ?
-Oui : Noah, Néo et Nala.
-Disons que nous recherchons quelqu'un de confiance pour adopter Néo et Nala.
-Et vous pensez que je suis la personne idéale ?
-Oui. Cependant, comme ces chats sont sous ma responsabilité, je propose d'assurer toutes les dépenses nécessaires pour eux. Rajouta-t-il.
Sanaé écarquilla les yeux.
-Vous … voulez … que je m'en occupe ? Et vous financez ?
-Ce seront les vôtres. Mais je payerai pour qu'ils ne manquent de rien. Rassura Harold.
-C'est très généreux, mais voulez-vous vraiment faire cela ?
-Mme Suarez, John et moi avons des journées parfois longues. Nous ne pouvons pas nous occuper de trois chats en même temps. Nous avons déjà un chien et nous avons fait le choix de garder Noah parce que c'est celui qui s'est le plus lié avec nous. Nala et Néo peuvent encore intégrer une famille qui sera plus présente que nous deux.
-Je vois… Sanaé pinça les lèvres, les larmes aux yeux. Vous êtes très généreux. Vraiment.
-Vous accepterez ?
-Alors là je dis oui ! S'exclama Sanaé. Elle effaça une larme de bonheur du dos de la main. Laura sera contente quand je lui annoncerai !
-A ce propos, nous voudrions lui faire la surprise. Est-ce possible ? Demanda Harold.
-Ca doit pouvoir se faire ! Approuva Sanaé tout sourire.
-Nous avions pensé à elle quand John et moi parlions de faire adopter Néo et Nala, mais nous ne savions pas si vous alliez accepter.
-Vous avez mon accord. Je serais ravie d'accueillir Néo et Nala et de m'en occuper avec Laura.
-Je suis ravi de compter sur vous Mme Suarez. Ajouta Finch. John sourit. Quand pensez-vous que nous pourrons amener les deux petits ?
-En fin de semaine, vendredi ? Proposa Sanaé.
-Dès la fin des cours de Laura ?
-Pour lui faire la surprise lorsqu'elle rentrera ? Intervient John.
-Vous avez tout compris. C'est une façon de bien commencer le week-end.
Finch prit ses dispositions et promit d'honorer sa promesse de surprise. Puis ils laissèrent Sanaé pour retourner chez eux. Bear leur fit la fête avec Noah. Finch lança un regard contrarié à John.
-Je vais voir. Annonça Reese.
Il chercha Nala et Néo au rez-de chaussée. Ne les trouvant pas, il décida de monter directement dans la chambre et ne fut pas surprit de les voir dans la salle de bain attenante. Il croisa les bras, un sourcil haussé face au spectacle. Nala et Néo jouaient ensemble avec le rouleau de papier toilette déroulé sur le carrelage. John siffla pour attirer leur attention et ils se figèrent. Mais ils reprirent tranquillement leur jeu. Finch, sans doute intrigué par le temps que son compagnon mettait, l'avait rejoint. Il poussa un soupir en les voyants.
-Ce n'est pas pire que la dernière fois. Tempéra John.
-Non. Ca va. Un rien les amuse.
Finalement Nala et Néo se lassèrent du papier et quittèrent la salle d'eau. John ramassa les déchets et les jeta à la poubelle. Il rejoignit son patron qui s'était installé dans le bureau. Il le trouva installé dans un fauteuil, un livre en mains, Bear à ses pieds et Noah couché sur ses cuisses, les yeux clos. Ne résistant pas, John alla lui voler un baiser et s'allongea dans le canapé, les pieds sur l'accoudoir. Il vit Finch jeter un œil critique à ses pieds par-dessus le livre et il sourit. Il retira ses chaussures avec ses pieds et vit son compagnon sourire avant de reprendre sa lecture. Nala décida de grimper sur l'ex-agent et elle marcha sur lui, voulant l'embêter. Néo décida de se joindre à elle et reproduisit ses gestes. John marmonna et tenta de les occuper en les chatouillant. Nala feula lorsque John tenta de la taquiner.
-Du calme, ce n'est rien. Rassura Reese.
Néo posa sa patte sur la main intruse de John, la repoussant, comme s'il protégeait sa sœur.
-Harold, vous avez remarqué qu'ils font la paire ces deux là ?
-Oui. En fait depuis le premier jour.
-Qu'est ce qui vous a guidé ?
-Noah étant le seul à s'être écarté d'eux pour venir me voir ils sont toujours restésensemble même sur la table d'auscultation. Et j'ai remarqué par la suite qu'ils aimaient jouer ensemble, même si Noah participait aussi. Quelque chose me disait que ce frère et cette sœur allaient rester très proches.
-Vous avez été très attentif Harold.
-Ils avaient besoin d'attention Mr Reese.
-Et moi ? Taquina John.
-Vous ?
-Avez-vous veillé sur moi ?
-Comment pouvez-vous dire cela ? Murmura Finch, perturbé. Vous savez que je veille toujours…
-Je sais. J'aime seulement vous taquiner Harold.
-Quand cesserez-vous ?
-Peut être jamais ? Parce que j'aime vous voir tomber dans mes petits pièges.
Finch grommela.
-Mais je le sais ne vous inquiétez pas. Vous n'êtes pas bavard mais vos gestes et vos réactions parlent pour vous. Complimenta John. Alors ça me suffit largement.
Finch laissa ses yeux errer sur le corps de l'agent, détailla de nouveaux ses courbes, puis cette mâchoire, ces lèvres qui le poussaient au crime.
-Je t'aime John.
Noah leva la tête vers Finch.
-Je t'aime Harold. Répondit d'une voix chaude John.
La queue de Noah s'agita, comme s'il était content puis il se rendormit.
-Dites Harold, on ne devrait pas amener les petits faire un tour chez le vétérinaire avant de les donner ?
-Ce serait une bonne idée. Je pourrais également les faire vacciner.
-Il est aussi conseillé de stériliser les chats ?
-Oui, je devrais demander si c'est possible.
John reposa son regard sur les deux chats agités qui s'amusaient sur lui. Finch reprit sa lecture sereinement.
Le lendemain matin, Finch avait appelé la vétérinaire pour une visite de contrôle. La professionnelle lui avait demandé de venir le matin même car elle était disponible. Ainsi Finch s'y était rendu avec John et Bear.
-Ils grandissent ces petits. Constata la vétérinaire. Ils sont sages ?
-Hum. Dit Finch.
-Il leur arrive de faire quelques bêtises. Répondit John.
-Même si c'est désagréable c'est aussi le signe qu'ils sont très curieux et qu'ils grandissent.
Elle vérifia l'état de santé général des trois félins. Nala se laissa faire. Néo feula. Noah s'installa sur le dos, voulant jouer avec les mains de la femme.
-Ils ont tous un caractère différent. Rit-elle. Ils sont en forme, je vais leur faire les premiers vaccins recommandés.
Noah miaula en sentant l'aiguille et alla se cacher contre Finch une fois terminé. Harold le caressa sur la tête. Nala gronda et Néo voulut prendre la fuite. Reese, qui avait anticipé, l'avait rattrapé et le maintenait.
-Nous étions venus vous demander autre chose aussi. Se manifesta Finch.
-Je vous écoute.
-John et moi avons décidé de garder Noah avec nous. En ce qui concerne Nala et Néo, nous allons les faire adopter par une famille.
-Les deux dans une même famille ?
-Oui, nous en avons déjà discuté avec elle. Cela n'est pas un souci et nous avons confiance en eux. Je voulais savoir s'il était possible de …
-…de castrer Noah et Néo puis de stériliser Nala. Compléta John.
-Ils n'ont que trois mois et demi. C'est encore trop tôt. Il est recommandé de le faire lorsqu'ils atteignent leur puberté, soit à partir de 6 mois.
-Je vois. Emit Finch. Noah miaula et se frotta contre le gilet de l'informaticien.
-Vous pouvez informer la famille qui va adopter qu'il est vivement recommandé de pratiquer ces opérations.
-Nous n'y manquerons pas. Fit Finch.
-Vous savez comment faire pour finaliser l'adoption ?
-Non pas vraiment mais disons que c'est une adoption… arrangée.
-Comment ça ?
-La famille qui va adopter adore les chats mais … Commença Finch.
-…le financement des soins, de l'alimentation posait un problème… Intervint John.
-..Donc nous avons décidé de financer tout ce qu'il faut et cela ne pose aucun souci.
-Je vois. Dit la femme. Vous restez propriétaire mais vous voulez les confier à des personnes ?
-Oui parce que s'occuper de trois chats pourrait s'avérer difficile puisque nous ne sommes pas toujours présents.
-C'est une bonne initiative que vous avez prise
-Merci. Fit Finch.
-Vous pourrez donc dire que Nala et Néo sont prêts à aller dans une nouvelle famille ! S'exclama-t-elle.
Finch sourit, tout comme John. Ils remercièrent la femme et rentrèrent, commençant à réfléchir à ce qu'il fallait préparer pour le départ des chats en fin de semaine.
A suivre...
