Chapitre 4: Ramasser les morceaux

« Où crois-tu aller, Potter ? » Le grognement bas et sauvage qui pouvait à peine passer pour un ton civil fit sursauter Harry, bien qu'il le cacha bien. Il pouvait sentir la peur s'installer dans son ventre, mais il la fit taire, déterminé à ne pas la montrer à l'autre sorcier.

Son oncle avait toujours utilisé le même ton avec lui chaque fois qu'Harry était sur le point de devoir courir pour sa vie. Heureusement qu'il était beaucoup plus rapide que son costaud d'oncle mais là, c'était nécessaire pour éviter ces poings.

Il s'était étrangement habitué aux pulsations de sa magie et il savait qu'elle se renforçait chaque jour. Il avait passé toute la journée au lit hier après s'être réveillé dans la nuit pour regarder Rogue dormir. En fait, il avait mis du temps à se calmer, mais heureusement, il était trop fatigué pour faire des cauchemars. Rogue l'aurait sûrement jeter hors du lit.

Harry avait été très surpris que Rogue lui ait permis de rester dans le lit hier, mais il ne pouvait pas se tenir debout ou même bouger sans gémir de douleur. Le vieux sorcier lui avait finalement fait avaler une potion anti-douleur et lui avait dit de se taire.

« J'allais me coucher, Monsieur », dit Harry avec doucement, tournant et tenant dans ses bras son pyjama qu'il avait sorti de ses malles que les Elfes de la maison avaient descendues pour lui. Le maître des Potions le regarda d'un air maussade, comme il n'avait encore jamais regardé Harry, pensa-t-il avec regret, mais Harry lui, garda son visage neutre et vide.

« Et où supposes-tu que ton lit se trouve ? » grogna le sorcier plus âgé avec une expression presque écœurante de joie et de triomphe sur le visage et Harry sentit son estomac se retourner.

Il aurait dû le savoir. Il soupira, il n'avait vraiment pas de réponse à donner.

Sa magie palpita un instant et ses muscles eurent une crampe de douleur, mais Harry s'y était étrangement habitué maintenant. Madame Pomfresh lui avait dit qu'il ressentirait de la douleur jusqu'à ce que sa magie soit habituée à la présence de Rogue. Ça apaiserait Harry d'être touché par Rogue mais le sorcier plus âgé refusait régulièrement, bien qu'il ait enlevé son blocage magique, permettant à la douleur de simplement passer entre eux.

« Dans la chambre à coucher, peut-être, monsieur. » Harry était un peu en colère contre le maître des Potions. Si seulement Rogue pouvait aller droit au but, qu'il puisse aller se coucher. Il était fatigué, bon sang, et il n'aimait certainement pas asticoter les gens, même si c'était de leur faute s'ils étaient dans le pétrin, mais Rogue lui ferait jamais oublier ça.

« Ah, comme tant de fois en classe, Potter, tu as eu tort. Ton lit n'est pas dans ma chambre, mais je vais t'offrir deux choix, » Rogue sourit d'un sourire diabolique et Harry soupira profondément.

C'était peut-être mieux de gérer le Rogue normale plutôt que celui, curieusement attentionné, qu'il avait vu hier. Il n'avait pas vraiment la force de lui tenir tête.

"Peut-être pouvez-vous m'informer de ces choix afin que je puisse y penser et le faire pour pouvoir me coucher... »

« Les bonnes manières, Potter ! » coupa Rogue, bien que le sourire courba les lèvres minces de nouveau et les yeux foncés brillèrent dangereusement. « Mais je ne m'attendais pas à ce que tu en aies avec ton père et Black comme modèle. Ne nous laissons pas détourner du sujet. Tu peux soit dormir sur le canapé... »

Harry se retourna pour regarder le canapé. Il était assez grand mais Rogue savait qu'Harry ne pouvait pas utiliser sa magie pour le rendre encore plus grand, maudit soit-il.

« Ou tu peux dormir dans le placard que je t'ai si généreusement attribué. » Harry se retourna si vite que sa tête tourna pendant un moment. Le sang quitta son visage et il ne put se retenir de reculer avec peur, soulevant sa baguette sans en être conscient alors qu'il fixait Rogue.

Le vieux sorcier le fixa intensément, sans cligner des yeux et fronçant les sourcils. Il n'y avait aucune expression de joie sur le visage pâle qui était flanqué entre deux rideaux de cheveux noirs. Harry se força à respirer lentement, il allait bien, et il ne se passerait rien.

Le souvenir des nombreuses fois où il avait entendu le verrou glisser de sa porte sous les escaliers lui vint à l'esprit, mais il l'ignora fermement. Sa gorge était sèche et Rogue regarda Harry comme s'il était une expérience intéressante que le vieux magicien ne voulait rien de plus qu'étudier.

Il secoua la tête lentement, forçant chaque mot à sortir péniblement et dit, « Je vais prendre le canapé, merci, professeur. »

Rogue se leva, lentement alors Harry glissait dans la salle de bain pour se changer. Ça avait failli. Il se demandait si Rogue savait, mais non, le vieux sorcier avait toujours dit que le contact visuel était essentiel à la Légimencie et c'était une chose qu'Harry avait essayé d'éviter, de regarder Rogue directement dans les yeux, pas du tout, parce qu'il ne voulait pas voir le dégoût et la haine dans les orbes noirs sans fond.

Il se changea rapidement, regardant son visage pâle qui se reflétait dans le miroir. Ses yeux étaient larges et craintifs et n'étaient pas comme d'habitude, et ses cheveux dépassaient de nouveau dans tous les sens. Il grognait sur lui-même avant de soupirer, regardant vers le bas et non vers le sorcier vaincu dans le miroir en face de lui.

Quand il entra dans le salon, Rogue était introuvable. Harry soupira et se frotta les yeux, dissimulant un sourire à la couverture qui flottait sur le dossier du canapé alors qu'il plaçait ses lunettes et sa baguette sur la table avant de se recroqueviller sous la couverture et de laisser l'obscurité l'emporter, espérant y trouver de beaux rêves pour changer.

Il avait eu raison. Séverus soupira en s'asseyant sur le lit, prenant une gorgée du verre d'eau sur son chevet. Par la porte ouverte, il pouvait voir le dos du canapé où Potter dormait.

Il avait eu raison dans ses hypothèses. Potter avait été négligé et probablement abusé. Le visage du gosse quand Séverus lui avait dit de dormir dans le placard, était tout ce dont il avait besoin pour savoir.

Pendant un moment, il craignit que Potter n'éclate en larmes, mais le jeune Sauveur du monde des magiciens avait réussi à se ressaisir, même s'il admettait qu'il tremblait et se tenait à peine debout, mais Potter s'en était sorti.

Il soupira de nouveau. Juste ce dont il avait besoin. Un autre enfant maltraité et ça avec son propre passé. Il devait encore parler à Potter de leurs liens et il devrait le faire avant que leur mariage ait lieu. Potter le jetterait probablement au travers de la pièce s'il Rogue le faisait sursauter en faisant un mouvement vers lui après qu'ils se soient mariés.

Il se frotta les yeux avant de passer une main dans ses cheveux. Potter avait passé toute la journée d'hier dans son lit, malade, tremblant et frissonnant. Séverus s'était demandé quand il serait en mesure de réclamer son lit à nouveau et aujourd'hui il avait pris sa décision, Potter dormirait sur le canapé, au moins jusqu'à la nuit du mariage et après cela… eh bien Séverus verrait.

Il passa à nouveau une main dans ses cheveux et se coucha, au milieu du lit, les bras tendus, puis il se tourna vers le côté. Le lit était un tout petit peu vide sans Potter. Séverus se fâcha contre lui-même. Le morveux et ce lien forcé lui faisaient penser à des choses auxquelles il n'avait pas pensées depuis des décennies.

Il secoua fermement la tête et ferma les yeux, laissant l'obscurité le prendre et il ne se réveilla que lorsque les cris commencèrent.

Les yeux noirs et vifs s'ouvrirent et Séverus saisit immédiatement sa baguette alors qu'il se redressait, le dos contre la tête de lit, alors que l'instinct et l'habitude prenaient le dessus. Ses yeux passèrent de la porte ouverte du salon à la porte fermée de la salle de bain. Il murmura un sort pour vérifier si quelqu'un avait tenté de pénétré dans ses quartiers, mais il ne rencontra qu'une seule présence.

Cela ne signifiait pas qu'il n'y avait personne qui était caché dans la chambre. Sa magie tourbillonnait autour de lui et un autre retentit, les yeux de Séverus furent attirés, en alerte vers la porte du salon.

Potter hurlait et s'il y avait une chose dont il était sûr à propos de Potter, il n'avait jamais hurlé, surtout quand il était en danger. Il hurlera peut être pendant l'union, murmura en lui une voix traîtresse, mais Séverus la fit taire. Il se figea soudain d'horreur avant de sortir en trébuchant du lit. Il connaissait une autre raison possible, pour laquelle quelqu'un pouvait hurler de cette manière, un sort impardonnable, et plus particulièrement l'Endoloris.

Séverus avança lentement vers la porte ouverte, sa baguette tendue devant lui. Une forte magie pourrait causer sa mort, mais son adversaire n'avait pas besoin de le savoir. Il fronça les sourcils sur le fait qu'il ne ressentait aucune douleur, mais il resta prudent.

Il entra dans la pièce, ses yeux sombres scannant la pièce où il vivait depuis 20 ans et qu'il connaissait par cœur même dans le noir. Il n'y avait personne dans la pièce mais le cri revint, légèrement enroué et Séverus se précipita sur le canapé.

Potter tournait dans tous les sens. Il cria: « Rémus, je suis désolé, vraiment désolé. C'est de ma faute...j'aurais dû essayer encore plus...j'aurais dû le tué avant, mais je… »

Dérouté, Rogue continua d'écouter. Potter rêvait évidemment de la bataille finale où il avait été forcé de devenir un tueur. Il en eut assez entendu, son cœur se déchira douloureusement, tandis qu'il tendait une main pour secouer Potter.

Il fut encore plus perplexe quand Potter serra sa main dans son sommeil.…

Quelque chose le tourmentait à la lisière de sa conscience et Harry lutta pour se concentrer alors qu'il criait : « Non, ne les tuez pas. Vous me voulez moi, pas eux… tuez-moi… c'est ce que je veux… »

« Potter, réveille-toi ! »

Ses mains s'étaient enroulées dans les vêtements de Séverus pendant que Harry luttait pour se réveiller. « Potter, lâche-moi ! Potter, libère-moi tout de suite ! »

Il connaissait cette voix, mais il ne se rappelait pas à qui elle appartenait. « Rémus ? » demanda-t-il, son esprit embrumé et il sentit quelqu'un sursauter tout près et marmonner.

« Est-ce que je te rappelle d'une façon ou d'une autre le sac à puce hurlant à la lune, Potter ? » Ses yeux s'ouvrirent dans l'horreur et il se retrouva en train de les plisser pour mieux voir Séverus Rogue qui était assis sur le canapé, son lit.

Il lâcha immédiatement les robes noires devant lui et se recula contre l'accoudoir du canapé, espérant que Rogue irait s'asseoir ailleurs, la proximité du vieux sorcier le rendait nerveux.

Rogue pencha la tête sur le côté, puis se leva, bien que quelque peu troublé, et dit: « il semble que je ne puisse même pas te laisser seul pendant quelques heures sans que tu me harcèles, Potter. »

« Que voulez-vous dire ? » demanda Harry irrité, il était agacé et fatigué et n'était pas d'humeur à plaisanter.

« Tes hurlements m'ont réveillé d'un sommeil profond »

« Mes hurlements, monsieur ? »

« Tu as fait un cauchemar. »

« Oh... » alors c'était ça. Il avait fait un autre cauchemar. Il soupira, il savait qu'il aurait dû mettre un sort de silence ou quelque chose comme ça mais sa magie était trop faible. Rogue le regarda bizarrement et lui dit :

« Allez, viens. »

« Où ça ? »

« Dans le lit, Potter. Je n'ai pas envie d'avoir à venir ici chaque minute de la nuit pour réveiller le précieux petit Potter d'un cauchemar… »

« Non, je vais rester ici. J'ai juste besoin d'un sort de silence et ça ira bien... »

« Excuse-moi, Potter ? » Soudain, Harry fut presque soulevé du canapé par le col de son pyjama alors qu'il faisait face à un maître de Potions furieux. Il s'écarta de l'autre magicien qui avait levé la main, les doigts écartés en l'air. Il recula dans le fond du canapé, effrayé, les yeux grand ouverts, mettant ses lunettes qu'il avait arrachées de la table, et vu le visage figé de son professeur.

« Potter ! » aboya Rogue, agrippant Harry fermement par l'épaule, l'autre main pointant la porte ouverte de la chambre sérieusement.

« Non ! Si vous n'aimez pas que je vous réveille alors permettez-moi de mettre en place un sort de silence, ils fonctionnent bien... »

« Que veux-tu dire par qu'ils fonctionnent ? » fit le professeur d'une voix basse, tourné vers le petit sorcier qui était encore blotti, se faisant encore plus petit sur le canapé.

Harry se rendit immédiatement compte qu'il avait fait une erreur en regardant bien le visage de son ancien professeur. Rogue était pâle mais ses yeux s'étaient rétrécis et une veine palpitait au-dessus des épais bandages et Harry craignit, comme souvent avec l'oncle Vernon quand son visage devenait violacé, que Rogue allait exploser et lui en mettre une.

Harry pensa à mentir ou à dire qu'il avait fait une erreur et que Rogue ne devait pas faire attention à lui, mais alors le vieux sorcier se passa une main tremblante sur le visage et soupira avant que les yeux noirs ne retombent sur le visage d'Harry et que le sorcier s'asseye, beaucoup trop près pour le confort d'Harry, mais Harry resta silencieux et Rogue dit :

« Potter, explique-moi ce que tu veux dire par 'ils fonctionnent'. Tu as déjà fait ça avant, n'est-ce pas ? » Le ton était bas et étrangement doux.

Harry ne put que hocher la tête, mais il ne voulut pas croiser le regard sombre du Professeur. Il était plus facile de regarder ses genoux au lieu d'être forcé de rencontrer les yeux noirs qui pourraient voir au plus profond de son âme s'il le permettait. Donc, il regarda ses genoux en disant :

« Je les utilise toujours au dortoir avant de m'endormir. Je ne veux pas réveiller quelqu'un alors… »

« Mais personne ne pourra te réveiller si tu souffres d'un cauchemar. »

Harry releva la tête brusquement et avant qu'il puisse s'en empêcher, il balbutia, « Mais pourquoi quelqu'un voudrait me réveiller ? »

Ça arriva si vite qu'Harry n'eut pas le temps de se préparer. Des mains fortes attrapèrent ses biceps dans une poigne de fer et tandis que Rogue était légèrement essoufflé, il se mit à gronder le visage à quelques centimètres de celui d'Harry : « Dis-moi avec quel genre de personnes tu as grandi pour que tu penses que personne ne va te réveiller après avoir souffert d'un cauchemar comme cela. »

« Ceux chez qui Dumbledore m'a envoyé, peut-être ? Ou vous allez me blâmer pour ça aussi ? » dit brusquement Harry, sa colère et sa peur lui donnant un avantage. Rogue cligna des yeux comme s'il avait été frappé, puis relâcha immédiatement Harry alors qu'il reculait et siffla vers lui.

« Tu es comme ton père, Potter ! »

Cela ne fit qu'alimenter la rage de Harry et il se leva, les jambes tremblantes et les mains serrées sur ses bandages et rétorqua à son professeur qu'il détestait et qui l'avait traité injustement depuis le moment où il était entré dans sa salle de classe depuis toutes ces années, « Oh vraiment, et comment, monsieur, puisque je n'ai jamais connu mon père. Personne ne parle de lui, personne ne comprend ce que je veux ou pense. Ils disent que je suis exactement comme mon père, mais personne n'a jamais demandé si je voulais être comme lui ? J'ai vu vos souvenirs, celui où il vous a harcelé et, ouais il y a toujours deux versions d'une histoire, mais je ne veux pas être comme cet homme ... »

Trop tard, il réalisa qu'il étouffait un sanglot alors qu'il continuait, « ...personne n'a jamais rien dit au sujet de l'homme qui m'a protégé, qui m'a sauvé, mon père. Je ne veux pas entendre parler de James Potter, l'écolier, la brute parce que je sais ce que c'est que d'avoir des gens qui ne veulent pas de vous. Je suis arrivé ici, espérant échapper à tout ça et vous me traitez injustement dès le premier moment où j'ai mis les pieds dans votre classe simplement parce que je ressemble à mon père. Un homme que je n'ai jamais connu et à qui je ne voulais peut-être pas ressemblér. Mais non, personne ne réfléchit à ce que je veux. Je ne veux pas de cette fichue cicatrice. Je ne veux pas les souvenirs, les cauchemars ou le fait que je sois un meurtrier à l'âge de 17 ans, ou d'être la putain de raison pour laquelle 50 personnes sont mortes ! »

Il respirait lourdement au moment où il termina son petit discours et il essuya avec colère ses yeux sur son bras et jeta un coup d'oeil à Rogue. L'homme semblait fait de pierre, ses yeux illisibles et son visage sombre souligné de lignes sombres, insondable.

« Eh bien, venez alors, Potter. Dans le lit. Je dois pouvoir te réveiller sans avoir à traverser la pièce pour le faire. » La voix de Rogue était douce et soyeuse, mais le vieux sorcier ne regarda pas Harry alors qu'il se dirigeait vers la chambre.

Cela prit un certain temps, mais finalement le jeune Gryffindor se glissa hors du canapé et suivit Rogue, voyant le sorcier assis sur le lit. Il devrait probablement s'excuser pour son petit discours, il s'était emballé et il n'avait pas eu l'intention de décharger son cœur encore lourd de toutes ces petites choses inutiles, vraiment, il n'aurait pas dû.

« Écoutez, je suis désolé », commença-t-il en se tortillant, sa baguette tapotant sa cuisse, se sentant très conscient de lui-même alors qu'il contemplait le sol sombre sous ses pieds glacés.

« Non, Potter ! Ne t'excuse pas ! Je sais que la manière dont je t'ai traité était moins que juste, surtout la première fois et souligne mes mots, je ne m'excuse pas, mais il y a quelque chose que tu dois savoir. Après que nous ayons été liés, je crois que le lien qui est déjà entre nous, la chose qui relie notre magie ensemble, aussi faible soit-elle, doit être consommé dès que possible. »

Rogue se tourna vers lui, son visage curieusement ouvert et Harry déglutit, sa gorge soudainement sèche. La tension dans la pièce augmenta et Harry savait qu'il n'allait pas aimer la suite. « Mais je pensais que c'était ce que nous avons fait quand nous sommes mariés. »

« Malheureusement non, Potter. Cela signifie par le contact physique, donc par rite sexuel... »

Harry savait qu'il avait pâlit considérablement et s'étouffa. « Voulez-vous dire que je serai forcé de coucher avec vous ? Ou que vous voulez... ? »

Snape fronça les sourcils quand il remarqua la pâleur de Potter. Il sembla vouloir tenter un mouvement vers Harry, mais sachant que c'était malvenu, il se pencha en avant et dit d'une voix pressante: « Non, Potter. Tu ne seras pas forcé de faire quoi que ce soit. Je ne te forcerai pas à faire quoi que ce soit, je ne suis pas ce genre d'homme. Nous pouvons y aller doucement mais il est conseillé, surtout si je suis condamné à Azkaban, de consommer le lien dès que possible, mais je ne ferai pas quoi que ce soit que tu ne veuilles pas..."

« Mais comment et pourquoi… et... » bégaya Harry. Il se sentit un peu déconnecté.

« Potter, viens ici. Respire, de lentes et constantes respirations. Comment, nous en discuter plus tard et pourquoi, comme je l'ai dit, nous ne ferons cela que lorsque nous serons suffisamment à l'aise, parce que je ne suis pas sûr de ce que ça va nous faire, à nous ou à notre lien. » La voix de Rogue était patiente et il s'écarta pour qu'Harry puisse s'asseoir, ce que le jeune homme fit après une légère hésitation.

La bouche de Harry s'ouvrait et se refermait et finalement, très mal à l'aise, il s'exclama : « Est-ce que ça va faire mal ? »

Il pu se sentir rougir et Rogue le regarda bizarrement avant d'aboyer : « Tu veux dire que je viens de t'informer que nous sommes censés nous lier et assez vite en plus, et, comme si ce n'était déjà pas assez mal d'être marié l'un à l'autre, tout ce que tu penses à demander c'est si cela va faire mal. C'est quoi ton problème ? ! »

Harry rougit de manière inconfortable et jeta un coup d'oeil au tapis sous ses pieds en marmonnant quelque chose doucement.

« Qu'est-ce que tu as dit, Potter ? » La voix de Rogue rompant le silence qui était tombé et Harry le regardant en disant :

« Je suis vierge, d'accord ? Je n'ai jamais eu de rapports sexuels… »

Snape pâlit encore plus, puis il se détourna, levant les mains et enfouissant sa tête dedans alors qu'il marmonna « Oh formidable, je vais me marier à un puceau. Tu ne pouvais pas faire la même chose que tous les ados et perdre ta virginité le plus tôt possible ? »

Harry fut surpris et la douleur commença à bourgeonner dans sa poitrine, sans savoir pourquoi. Ses doigts serrèrent les draps et il ravala ses larmes. C'était encore là, la chose qui prouvait qu'il n'était pas normal. Ce n'était pas suffisant qu'il doive se marier à cet homme et le fait que Rogue pourrait être son premier, quelque chose qu'Harry préservait, espérant y donner un sens, pas parce qu'on essayait de rentrer dans son pantalon simplement parce qu'il était célèbre. Monstre...

Le mot qui avait été le premier de sa vie semblait déterminer chaque virage que sa vie avait pris et pendant qu'il déglutit, il essaya de se lever mais une main forte autour de son poignet le tira en arrière. « Où vas-tu ? » grogna Rogue et Harry ravala ses larmes alors qu'il se retournait pour lui faire face.

Les yeux noirs passèrent sur son visage et Rogue soupira en répondant « Oh bon sang… je dois gérer un Garçon-qui-a-survécu offensé. Vas au lit et cesse de m'ennuyer. Depuis quand mes paroles t'affectent de cette façon ? »

Peut-être parce que tu es le seul qui reste de mon passé, présent et étrangement de mon futur…

Harry se força à sourire et lui dit: « Vous voulez me chanter une berceuse pour que je puisse m'endormir en paix ? »

Le regard sur le visage de Rogue n'eut pas de prix, mais pendant un moment, alors que la main du maître de la Potion serrait sur son poignet, Harry ressentit de la peur dans son ventre, cependant Rogue secoua la tête, sourit de nouveau et dit. « Si tu te comportes vraiment bien, je pourrais être enclin à te donner un baiser. Maintenant, au lit ! »

Le dernier mot furent dit dans un souffle et les yeux sombres déjà embrumés. Harry rampa rapidement sous les couvertures, incapable d'empêcher un frisson à l'idée de partager un lit avec Rogue. Il n'avait jamais partagé un lit avec quelqu'un avant ça et ça lui avait pris du temps de s'habituer à partager un dortoir avec 4 autres garçons.

Il s'allongea dans le lit, tendu, sentant celui-ci bouger tandis que Rogue s'installait aussi. Il senti que les draps étaient tirés, puis les lumières s'éteintent, sa magie faisant un bond en avant. Il attendit un moment, toujours tendu, un autre et chuchota en plaçant ses lunettes sur la table de nuit. « Bonne Nuit, Professeur Rogue. »

Et comme il s'endormait, il aurait pu jurer qu'il le sorcier se tourner dans le lit et chuchoter en retour, « Bonne nuit, Potter. »

Harry s'est réveillé quand la cheminée s'alluma. Il se retourna, sachant et espérant que cela ne le concernerait pas. L'espace à côté de lui était vide et froid et Harry fronça les sourcils pendant un moment, se demandant pourquoi son lit était si grand, mais le vide dans son esprit était trop accueillant pour en sortir et il ferma à nouveau les yeux.

Soudain, une voix forte cria, effrayant Harry à tel point qu'il sortit sa baguette et la leva par habitude, ne pouvant même pas voir parce qu'il n'avait pas ses lunettes. Sa magie s'agita, mais il reconnut Rogue et répondit : « Quoi ? Vous ne pouvez même pas me laisser dormir ? »

Il n'était pas du matin, il ne l'avait jamais été, même quand il dormait à peine la nuit à cause de cauchemars, qui avaient été étrangement absents pour le reste de cette nuit, bien qu'Harry se soit réveillé quelques fois pendant la nuit pour se déplacer dans le lit quand l'homme tirait les couvertures ou ronflait à côté de lui.

« Potter, la directrice est là pour te voir. Crois-moi, je t'aurais déjà jeté dehors, mais ça n'aurait pas été agréable si elle t'avait trouvé sur le canapé. » admonesté le maître des Potion et Harry senti son agacement pointer, mais prit ses lunettes de la table et les mit sur son nez, marchant vers le salon.

« Potter, tu ne peux pas la voir habillé comme ça ! Même Dumbledore n'était pas assez fou pour rencontrer quelqu'un en pyjama ! » grogna Rogue

« Oh, et qu'en savez-vous ? Vous passiez beaucoup de temps avec lui la nuit ? » répondit Harry par-dessus son épaule, en continuant vers le salon.

« Potter, fais attention à ce que tu dis ! »

« Oh allez, c'est vrai, n'est-ce pas ? Vous aviez prévu sa mort dans la nuit. Feu le directeur devait garder ses réunions secrètes la nuit. Ne veut pas dire qu'il avait raison à propos d'elles. » Harry ne savait pas d'où venait sa colère, mais en un instant, elle était là. La colère parce que Dumbledore l'avait trahi, et lui avait permis de mourir sans lui dire honnêtement ce qu'il devait faire.

Une veine trembla sue la tempe de Rogue, puis le vieux sorcier leva sa baguette, chuchotant avec un vilain sourire narquois sur le visage. « Recurvite »

Harry eut un hoquet alors que sa magie tournoyait si vite qu'il tomba, entendant un autre bruit sourd à proximité et des bruits de pas précipités. Une petite bulle s'échappa de sa bouche et Harry lutta pour empêcher son estomac de se rebeller alors que la voix sévère du professeur McGonagall dit, « Vous l'avez mérité, Séverus. Vous savez que vous ne pouvez pas faire de magie. »

Il ouvrit les yeux pour trouver la vue inhabituelle du maître de la Potion sur le sol, pâle et transpirant face à face, s'agrippant à son cou, mordant sa lèvre de douleur, mais tout en maintenant un regard dur et sombre.

« Donnez-vous un moment pour récupérer et puis Harry, quand vous serez habillé et prêt, Il y a Ronald et Ginevra Weasley ainsi qu'Hermione Granger qui attendent dans mon bureau. Ils veulent vous parler… »

Harry sentit son estomac se serrer et cela n'avait rien à voir avec le fait que sa magie était à nouveau épuisée, grâce à Rogue ou le fait que ledit sorcier lui jeta un coup d'oeil alors qu'Harry se demandait ce que ses amis allaient dire.

Les escaliers tournants étaient les mêmes, mais Harry fut un peu étourdi par la rotation qu'ils faisaient. Le professeur McGonagall avait dit qu'elle l'emmènerait à la tour, elle ne voulait pas qu'Harry y aille seul , surtout après les deux jours où il avait été malade et incapable de faire quoi que ce soit.

Il savait qu'il était pâle et il se demandait si elle allait rester avec lui, quand il parlerait à ses amis. C'était étrange, il ne s'était jamais senti nerveux avant de parler à ses deux meilleurs amis et à son ex-petite amie, mais maintenant il n'avait vraiment pas envie d'y aller, préférant retourner au lit et se cacher sous les couvertures.

Ils s'arrêtèrent en haut de l'escalier, devant la porte en bois, et Harry prit une profonde respiration, sentant la main de la directrice et ancienne responsable de maison sur son bras, alors qu'elle lui dit dans un doux murmure. « Bonne chance, mon garçon. Vous n'avez pas à vous racheter quoi que ce soit. Vous avez fait votre choix et pour le meilleur et pour le pire, vous devez vivre selon ce choix. Maintenant, allez leur montrer la bravoure des Gryffindors. »

Si Harry avait été auparavant confus, il était maintenant complètement déconcerté. Elle ne fit que presser son épaule, puis continua son chemin, avec l'intention de donner à Rogue un petit aperçu de ce qu'elle pensait, d'après ce qu'il avait compris.

Prenant une profonde inspiration, Harry força son esprit à se vider. Il était excité de voir ses amis. Cela faisait plus de trois jours qu'il ne les avait pas vus et si on comptait les jours où il avait dormi, c'était presque une semaine depuis la bataille finale. Il se demandait comment ils allaient. Il savait qu'ils n'étaient pas blessés, mais ne connaissaient pas leur état d'esprit. Il voulait savoir ce qui était arrivé à Fred et où ils en étaient maintenant.

Prenant une autre profonde inspiration, il poussa la porte et entra. Quoi qu'il trouva, il ne l'avait pas prévu, il découvrit Ron debout près de la fenêtre et Hermione le prit d'assaut, se jetant ses bras, en larmes et à bout de souffle quand elle s'exclama, « Oh Harry, tu vas bien. Il ne t'a pas blessé, n'est-ce pas ? Oh tes mains, qu'est-ce qui s'est passé ? »

Elle parlait si vite que Harry pouvait à peine suivre, mais il n'avait d'yeux que pour la jeune femme rousse assise dans une des chaises devant le grand bureau en bois. Il ignora le tableau qui lui faisait tristement signe, les yeux bleus scintillant dans un visage vieilli alors qu'il caressait sereinement sa barbe blanche.

Elle le fixait froidement et ses lèvres étaient serrées de colère. La sensation de quelqu'un tenant sa main lui fit tourner le regard vers Hermione comme elle répétait. « Harry, qu'est-il arrivé à tes mains ? »

« Oh, j'y ai planté mes ongles quand j'avais mal. Ça va beaucoup mieux en fait… »

« Mais pourquoi ne guéris-tu pas tes coupures ? Je veux dire, tu connais le sort. Je te l'ai enseigné l'an dernier. » Elle lui lança un regard étrange et Ron se retourna pour le regarder aussi, se détournant finalement de la fenêtre.

Son meilleur ami avait les bras croisés sur sa poitrine et les yeux bleus étaient durs. Harry avait déjà vu Ron en colère, mais maintenant, quelque chose semblait bizarre alors que Ron attendait que son ami réponde. Harry le fit finalement, en regardant Ron.

« Je ne peux pas utiliser de magie. C'est trop dangereux. Je suis trop faible pour l'utiliser. Ma magie pulse tout le temps et elle est vraiment faible.… »

Il se tut, il ne savait pas vraiment comment l'expliquer. Il regarda Ginny. Il voulait qu'elle dise quelque chose, n'importe quoi, au lieu de rester juste là, à le regarder avec colère. « Pourquoi tu ne peux pas utiliser ta magie, Harry ? Je ne comprends pas... »

Il était étrange que Hermione ait admis quelque chose comme cela, mais Harry soupira et s'assit sur une chaise, jetant un coup d'oeil vers ceux qu'il considérait comme des amis et dit, « c'est parce qu'elle est lié à Rogue. Il a été gravement blessé et parce que ma magie a été utilisée pour le garder en vie, nous partageons la magie et à cause de la bataille avec Voldemort, celle-ci a été épuisée et il faut du temps pour la récupérer. »

Harry se tut quand Ron dit: « Bon sang, mais pourquoi as-tu fait ça ? »

« Je ne sais pas. Ce n'est pas comme si un interrupteur s'était allumé ou quelque chose comme ça. Je n'avais juste pas envie d'être seul. » Harry fut interrompu par un gémissement étranglé de Ginny et il se précipita, « Non… Je ne veux pas dire ça comme ça. Il est le seul être encore vivant qui connaissait mes parents, et je… je ne pensais pas qu'il méritait de mourir de cette manière. C'est pas comme si je me soucie de lui d'une telle manière et je ne savais pas qu'il était possible de lier sa magie avec quelqu'un... »

« Cela n'est possible que lorsque cette personne ne peut pas bloquer la demande, si tu le veux et si tu as le choix entre la mort et une vie liée. Ce n'est pas un choix conscient habituellement, mais un choix fait par l'être intérieur et ta magie doit être compatible avec l'autre partenaire. C'est vraiment pourquoi c'est si dangereux. Peu de magie sont compatibles et c'est très rare. C'est arrivé au Moyen-Âge avec des membres d'une même famille..." récita Hermione et finalement Ginny se leva et dit, interrompant Hermione

« Mais le Ministère de la magie n'est pas toujours au courant de ces cas. Seuls quelques-uns sont enregistrés et ce sont généralement ceux qui ne sont pas mariés. » La voix de Ginny était triste et Harry sentit son cœur se briser et lutta contre l'instinct de se lever et de la prendre dans ses bras.

Il sentit sa gorge s'assécher et Hermione devint pâle. Ron détourna le regard et, avec un haut le cœur son estomac se retourna et Harry réalisa qu'ils n'avaient pas dit à Ginny ce qui allait se passer dans quelques jours. « Eh bien, Ginny, le fait est que je vais me marier avec Rogue. »

Elle pâlit instantanément et Harry fut sur ses pieds, ignorant son vertige alors qu'il marchait vers l'avant et la tira dans ses bras. Elle étouffa un sanglot et s'affaissa contre lui avant de se rendre compte contre qui elle s'appuyait et elle le repoussa brutalement.

« Ne me touche pas ! »

« Ginny ... Je ... »

« Non, tu avais promis. Je t'ai attendu toute une année, Harry. Je t'ai soutenu quand tu es parti pour la quête des horcruxes, et maintenant tu vas faire quelque chose comme ça. Je croyais que c'était fini ! »

« Moi aussi ! Je ne voulais pas lier ma magie à Rogue. Tu penses que j'étais heureux quand je me suis réveillé pour me trouver lié à quelqu'un comme lui ? » lui cria Harry

« Tu en as fait le souhait. Tu étais celui qui ne voulait pas être laissé seul ! Bon sang, Harry, pourquoi tu ne peux pas arrêter de te mêler de tout ça ? Tout ce que tu avais à faire, c'était de tuer tu-sais-qui et rien de plus »

Harry se sentit figé. Encore une fois, quelque chose qu'il était censé faire. Rogue l'avait accusé de ne pas perdre assez vite sa virginité et Ginny l'accusait de ne pas avoir tué Voldemort assez vite. Personne ne se souciait de ce qu'il pensait ou voulait. Il voulait que sa première fois signifie quelque chose et il ne voulait pas être un meurtrier à l'âge de 17 ans.

Il se souvint des yeux brillants de Fred qui le fixait en souriant et de Rémus et Tonks qui étaient couchés là comme s'ils dormaient. Il était un monstre sans valeur, personne ne se souciait de lui.

« Ginny, que veux tu que je fasse ou que je dise ? »s'étouffa-t-il, enterrant ses larmes et essayant de les avaler. Il ne voulait pas lui montrer à quel point il souffrait, elle ne ferait que le blesser davantage.

« Je te déteste, Harry ! » cria-t-elle avant de s'enfuir de la chambre, pleurant encore. Hermione fit un petit « oh », et Ron frissonna, disant d'une voix douce, un peu pâle lui-même.

« Elle est un peu bouleversée après l'enterrement de Fred. Tout le monde est secoué… »

« Quand étaient les funérailles ? » demanda doucement Harry. Il aurait voulu y aller. Fred avait été comme un grand frère pour lui.

« Hier. Nous avons demandé au professeur McGonagall, mais elle a dit que tu étais malade. Qu'est-ce qui s'est passé, Harry ? » Ron ne semblait plus fâché, mais fatigué et défait, un regard que Harry connaissait et qui reflétait ses propres sentiments.

« Rogue a bloqué la douleur de son attaque et ça s'est retourné contre moi. Je n'ai pas pu bouger pendant une journée entière et j'ai dormi toute la journée d'hier. Si j'avais su je serais venu. J'aurais bien aimé venir, je veux dire... » Hermione s'approcha et prit sa main.

« C'est enfoiré t'a fait ça ? Je ne comprends pas pourquoi ils te laissent épouser ce bâtard. » gronda Ron en se rapprochant

« Il est resté avec moi, cependant. C'était bizarre. Personne n'est jamais resté avec moi quand j'étais malade. Ça va de mieux en mieux, j'essaie de m'ajuster. Il ne me touche toujours pas, seulement quand je souffre, ou quand il pense que je ne regarde pas. Comme quand il pense que je dors. »

Ron avait l'air prêt à exploser et finalement il le fit en crachant: "- »Rogue t'a touché ? »

Même Hermione avait l'air scandalisée et elle chuchota: « Harry, tu dois le dire à la Directrice quand il te touche dans un endroit inapproprié. Il est toujours enseignant et ... «

« Ne vous inquiétez pas, dans quelques jours, il aura toutes les excuses de me toucher partout où il veut, et il le doit parce que c'est ce que tout le monde attend, » dit Harry alors qu'il commença à raconter l'histoire que Rogue lui avait révélée hier soir seulement. « ...Il ne va pas me forcer. Je sais qu'il me déteste et parfois je me dis que je devrais peut-être le laisser faire. Je veux dire que je n'aurais pas d'autre chance, en plus il ne m'a jamais menti. Il a dit que ça affecterait le lien mais de quelle façon nous ne sommes pas sûrs… »

« Il pourrait devenir plus fort, mais il n'y a pratiquement aucun document écrit sur le sujet, donc je ne peux pas t'aider. Oh, Harry, c'est toujours à toi que ça arrive, n'est-ce pas ? » Son amie lui fit un sourire triste.

« Imagine être marié à ce sale type, ce bâtard, et qui te laisser souffrir, » Ron avait l'air lui-même à nouveau et il dit, se redressant « On devrait suivre Ginny, s'assurer qu'elle n'ait aucun problème. »

« Vous viendrez pour le mariage, n'est-ce pas ? » Harry demanda tranquillement. Il le voulait, il le voulait vraiment.

Hermione lui fit un sourire pincé et lui dit. "Nous verrons Harry. Il y a beaucoup de choses qui restent encore à faire, et je ne suis pas sûre que nous pourrons venir. Nous allons essayer cependant. »

Ça lui déchira le cœur de savoir que ses meilleurs amis ne seraient pas là pour partager ce qui était susceptible d'être le jour le plus important de sa vie. Il avait besoin d'eux, il avait besoin d'avoir quelqu'un qui l'aimait réellement. Ron lui agrippa l'épaule et Hermione lui a fit un câlin, puis Ron murmura : « Prends soin de toi, mon pote. Si tu as besoin de quelque chose, fais-le moi savoir. Je te soutiens même quand tu fais ce genre des bêtises.… »

« Je ne voulais pas… je… juste… »

«Tu ne voulais pas être seul. Oui, je sais. Mais honnêtement, Harry, Rogue ? » Ron lui fit un sourire tordu, lui serrant l'épaule, puis sortit, laissant le malheureux Garçon-qui-a-survécu, seul.

Harry descendit lentement dans les cachots, la démarche instable. Il évita la vue de la destruction du château pendant la bataille finale. Il s'arrêta épuisé, il ne connaissait pas le mot de passe des quartiers privés de Rogue et il se demanda si le sorcier lui permettrait d'entrer s'il frappait à la porte.

Peut-être que s'il ouvrait la porte, ça prouverait qu'elle était ouverte. Il la poussa, sentant les sorts de protections passer sur son corps, puissants, et pendant un moment il craignit qu'il ne serait pas en mesure d'entrer, mais la porte s'ouvrit à son toucher.

Son cœur souffrait des réactions de ses amis, il traversa le salon, ne voulant pas vraiment parler à qui que ce soit. Rogue était là, assis près de l'âtre sur une chaise avec un livre à la main.

Le maître des Potions lui jeta un coup d'oeil et revint à son livre tandis que Harry passait sans dire un mot. « Quel est le problème, Potter ? Tes amis n'ont pas réagi comme tu le souhaitais. Tes fans ne vénèrent plus le sol sous tes pieds. »

Son cœur fut blessé par ses paroles, mais il ne s'énerva pas. Il était trop fatigué pour vraiment penser à une chose pareille. Pourquoi avait il osé espérer que les gens se soucient de ce qu'il voulait parce qu'il avait été prouvé par Ginny et par Rogue qu'il était simplement censé faire ce qu'il avait à faire, comme perdre sa virginité à un certain âge et assassiner Voldemort à l'âge de 15 ans au lieu de 17.

Il secoua la tête sans même répondre. « Potter, réponds-moi quand je te dis quelque chose ! » Le sorcier s'agita et Harry se retourna pour regarder Rogue qui était assis raide dans sa chaise.

Il ne dit rien et quelque chose changea dans les yeux de Rogue. Le sorcier rangea son livre et demanda d'une voix douce, étrangement gentille comme pour l'apaiser, « Que s'est-il passé, Potter ? »

« Rien vraiment. Il semble juste que les gens voulaient que je devienne un meurtrier à l'âge de 15 ans ou au moins le plus tôt possible, parce que ce n'était pas commode pour eux que j'ai vaincu et tué Voldemort quand j'avais 17 ans. La même chose avec ma virginité. J'aurais dû en faire ma première priorité au lieu d'essayer de rester en vie et de vaincre le Seigneur des ténèbres. « Sa voix semblait si plate, si abattue que ça aurait fait tressaillir Harry s'il n'avait pas été aussi fatigué.

Rogue s'assit, une expression alarmée passant sur son visage tandis que le sorcier regarda ses mains pendant un moment avant de se retourner vers Harry, et de dire de la même voix étrange: « Je n'aurais pas dû dire ça, Potter. C'était déplacé et injuste, vu les circonstances dans lesquelles tu as vécues tes années d'adolescence, pas comme un ado normal, mais traqué par un fou. Par rapport à la deuxième partie, puis-je demander qui t'a accusé d'une telle idée ridicule ? »

« Ginny Weasley, monsieur, » répondit Harry, dans un soupir

« Potter, aussi commode que cela eût été si tu avais vaincu le Seigneur des ténèbres plus tôt, cela n'aurait pas été plausible, tu n'aurais pas été entraîné et très probablement mort et tu n'étais pas prêt. On n'est jamais prêt à tuer quelqu'un, que ce soit par légitime défense ou pour d'autres motifs. »

« Oui, mais personne ne peut nier le fait que cela aurait sauvé beaucoup plus de vies », dit seulement Harry avant de s'en aller, laissant Rogue le fixer alors qu'il fermait la porte de la chambre derrière lui. À l'intérieur du salon, conscient de la souffrance du jeune sorcier qui allait bientôt être son mari, Rogue soupira et fixa ses genoux, disant doucement en fin souffle.

« Tu as tort, Potter. Peu importe les vies que tu aurais pu sauver, tu aurais été détruit dans le processus. Je te promets, alors que d'autres personnes l'ont négligé, de te montrer que tu vaux tout autant que les autres gens qui sont vivants. Le monde sorcier est étrange, ils exigent un héros mais ils ne voient pas les cicatrices ou ne ramassent pas les morceaux, je vais le faire. Et souligne mes mots, Potter, peu importe ce que tu penses de moi ou de notre mariage à venir, je vais ramasser les morceaux du héros blessé parce que vraiment le monde n'a pas besoin d'un deuxième Séverus Rogue... » Le sorcier soupira conscient de l'énorme tâche qui l'attendait et sachant que les choses ne feraient que devenir plus difficiles avant de pouvoir s'améliorer.