Par NVJM Eönardë
Ce chapitre-ci est réservé à l' « Ordre de la Magie », l'organisation secrète dirigée par Rossignol et officieusement par Leiuds. Les détails fournis sur certaines personnes sont très utiles…
XXXIII) Manigances dans l'Ombre, V
Le vingt mai mil neuf cent nonante-trois… quelque part en France.
Filius Flitwick, professeur d'enchantement et de charmes à Poudlard, se trouvait actuellement dans la résidence de la Comtesse de France Marie Delacour. Pourquoi ?
Tout simplement pour rencontrer celui qui l'avait sorti de sa pétrification voici de cela quelques mois, alors qu'il se trouvait à l'infirmerie de Poudlard.
Alors qu'il s'ennuyait comme un rat mort, l'esprit enfermé dans son propre corps par le basilic mâle de la Chambre des Secrets, il avait été contacté par Légilimencie par un Français qui s'était présenté sous le nom de « Eddie Malroys » (I).
Comment cet homme avait-il put faire cela, sans lui lancer le sortilège dit de Legilimens, il l'ignorait. Toujours est-il que ses défenses mentales, entraînées depuis des années et d'un niveau très respectable, n'avaient pas tenues une demi seconde face à cet intrigant intrus...
Retour en arrière
- Qui… qui êtes-vous ? Demanda Flitwick, effrayé par la puissance mentale dont l'inconnu avait fait preuve.
- Mon cher professeur, répondit la voix avec un net accent Français, je me nomme Eddie Malroys. Je suis le premier ministre du Gouvernement suppléant de la France Magique, aux ordres de la comtesse de France, Madame Mathilde Delacour.
- Et que me voulez-vous donc, pour entrer en contact avec moi de cette manière fort impolie ?
- Il fallait que je vous parle entre hommes… ou plutôt, devrais-je dire entre moi et vous, hybride mi-humain mi-gobelin.
- Co… comment le savez-vous ?
Comment cet inconnu connaissait-il son secret le mieux gardé ? Personne ne savait quelle était son ascendance, à l'exception de Dumbledore !
- Rien ne dut échapper à la justice, tout lui échappa, rien ne m'échappe aujourd'hui, Filius Ortèkgon Flitwick. Rendez-vous au domicile de la Comtesse de France, le vingt mai prochain, pour onze heures du matin très précisément. Ceci n'est pas une demande…
La présence étrangère s'évanouit alors comme elle était venue, en prenant néanmoins soin de restaurer les défenses mentales du petit professeur… à un niveau plus que largement supérieur à ce qu'elles étaient précédemment.
Fin du retour en arrière
Lorsqu'il s'était réveillé dans l'infirmerie de Poudlard, Filius avait clairement adopté un air perdu durant quelques instants. Tout le monde avait cru que cela était dût au fait qu'il ne savait pas ce qu'il lui était arrivé.
Même s'il n'en avait jamais parlé à quiconque, son ascendance métissée lui avait apportée une grande connaissance du passé. Et il savait que les personnes ayant reçu le titre de Comte et de Comtesse de France oeuvraient toujours « pour le plus grand bien ». Cette phrase lui rappela soudain son directeur, Dumbledore, qui la prononçait bien souvent. Y avait-il un rapport ?
La demeure qui s'étendait sous ses yeux à cet instant était un véritable château de type renaissance entièrement construit en pierre blanche, habillé de colonnes et des balcons finement décoré de sculptures de merveille représentant de nombreuses créatures magiques. Il était bon de noter qu'il n'y avait aucun sorcier de présent.
Marchant quelques minutes sur la voie de marbre blanc finement taillé, il parvint bien rapidement à un luxueux escalier qui devait à lui seul valoir plus que son quartier de banlieue. Du moins, à en juger par les sculptures magiques incrustées d'or et de pierre précieuses… il y avait là une sirène de marbre noir vêtue de fils d'or pur. N'importe quel conservateur de musée Moldu se damnerait pour l'acquérir.
L'admiration de Flitwick fut rapidement interrompue par l'arrivée d'une personne forte étrange. Il s'agissait d'un homme, visiblement âgé d'une trentaine d'années, qui semblait aspirer toute joie pour la redistribuer sous forme de peine… du moins, à en juger par son air triste supportant tous les maux du monde.
- Filius Flitwick, je présume ? Demanda t'il inutilement, en donnant au dénommé une forte envie de se pendre.
- Lui-même, répondit tristement le petit professeur. Monsieur Eddie Malroys, n'est-ce pas ?
- Toutes mes condoléances. Suivez-moi, je vous prie.
Se retournant alors sans plus un mot, le dénommé Eddie s'engouffra droit à l'intérieur du luxueux manoir.
Les couloirs de celui-ci étaient véritablement à l'image de son extérieur : luxueux à l'outrance, si lumineux que l'on croirait être en extérieur, et surtout… sans aucune trace d'art ou d'objet sorcier. L'or, l'argent, les bois de luxe et les pierreries étaient visibles partout, l'ensemble étant recouvert de soieries et de velours. A n'en pas douter, un seul mètre carré de cette demeure valait plus à lui seul que votre propre maison…
Le trajet continua quelques instants durant à travers des salles d'un luxe inouï. Une galerie des glaces magiquement agrandie était nettement plus grande que celle du château de Versailles, ce qui n'était pas rien. Le niveau de l'art était encore accru par le fait que des Nymphes et des Vélanes d'une incroyable beauté parcouraient nues des prairies que l'on pouvait voir par transparence derrière les miroirs.
Il s'agit du même système que pour les tableaux enchantés, pensa Flitwick à juste titre en sentant son pantalon le serrer. Quelles merveilles ! Mais quelles merveilles !
- Entrez ici, geignit soudain Malroys, sortant le petit professeur de ses pensées admiratives.
Saisissant une poignée de porte ronde faite d'un unique diamant, le cercueil ambulant pénétra dans une bibliothèque relativement restreinte, un simple bureau de travail où il devait se trouver tout de même quelques cinq mille ouvrages… Sans compter que plusieurs étagères étaient visiblement installées sur des rails. Il est aussi bon de noter que la totalité des livres se trouvait emprisonnée sous des sphères lumineuses, traduisant de puissants sortilèges de stase.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que Filius était impressionné. Lancer un sortilège de stase n'était pas en soi un exercice difficile. Mais en créer un suffisamment puissant pour se maintenir et devenir à la fois palpable et visible… cela dépassait son niveau propre ! Lui-même ne parvenait à faire tenir ses enchantements qu'un mois environ, et Dumbledore n'en était guère à plus.
A ce moment, Malroys prit place derrière le bureau, dans un large fauteuil de cuir cousu de fils d'or, et invita le petit professeur à s'asseoir en face de lui, sur une chaise spartiate et branlante.
Elle va s'effondrer sous mon propre poids, je parie, pensa t'il.
Il prit néanmoins place, préférant ne pas froisser son interlocuteur. Il était évident que les « œuvres » magiques présentes dans cette maison avaient pour seul but de l'impressionner, et de l'avertir quand à un éventuel comportement déplacé.
A sa grande surprise, la chaise tint non seulement bon, mais se transforma en un magnifique siège tapissé d'une soie si épaisse qu'il aurait pu s'y enfoncer et ne pas réapparaître.
Je comprends, pensa-t-il, un sortilège auto-adaptant… la chaise se transforme en fonction des préférences de son porteur. Ingénieux…
- Bien, s'exclama Malroys en croisant les mains sur son bureau. Commençons ! Quelles sont vos questions ?
- Hum… effectivement, comme vous vous en doutez, j'ai quelques petits sujets qui m'intriguent, répondit narquoisement Filius. Mais voici la principale et plus évidente. Pour quelle raison m'avez-vous tiré de ma pétrification ?
- Parce que j'ai besoin de vous.
- Pour ?
- Vous avez le choix, soit vous acceptez, soit vous mourrez dans d'atroces souffrances.
Un frisson parcouru soudain Filius lorsque le regard frigorifique de son interlocuteur se posa sur lui.
- Vous n'avez pas répondu à ma question, je vais donc la reformuler. Quel est donc ce choix ? Demanda-t-il prudemment, en glissant une main dans sa poche à baguette… pour s'apercevoir que celle-ci n'était plus là !
Se levant alors, Malroys sortit de ses poches un cure-dent étonnement grand, et commença à ses nettoyer les crocs. Car, effectivement, il n'avait pas une dentition banale. Il n'était muni que de canines… C'est alors que Filius remarqua que c'était sa baguette qui en était réduite à faire l'amour avec celles-ci.
- Mon cher Filius, voyez-vous, je suis membre d'une organisation secrète sous le nom de E3, c'est-à-dire tout simplement « Elfe Trois ». Cette société anonyme a pour but principal de retrouver la gloire de l'ancien temps, cette époque révolue où tous les peuples avaient le droit de vivre ensemble et heureux.
Ne masquant alors pas son étonnement, Filius demanda :
- Vous avez dit « but principal », monsieur Malroys. Bien que j'ignorasse beaucoup de choses concernant l'Histoire, je pense savoir de quelle période vous parlez. Mais voici, qui dit « objectif premier » dit aussi « objectif second », et peut-être plus encore.
- Notre organisation a effectivement plusieurs buts, admit Malroys. Mais pour les connaître, il faudra nous rejoindre et prêter divers Serments Absolus.
- Sans rien savoir de plus ? Excusez-moi, mais je pense que je vais prendre quelques temps pour réfléchir. Si cela vous sied, je reviendrais dans quelques jours.
- Cela sera inutile, répondit immédiatement Malroys.
- Et pourquoi donc ?
- Pour plusieurs raisons. Déjà, ce manoir aura changé de localité. Ensuite, sans mon aide, vous ne pourriez de toute façon le découvrir. Il est placé sous un sortilège de Fidélitas tout particulièrement sadique. Et, enfin, vous ne quitterez vivant ce dit endroit que si vous acceptez de prêter les serments que je vous ais demandés.
- Serait-ce une menace ? S'empourpra Flitwick, outragé, sans pour autant s'agiter.
Il ne fallait point oublier qu'il était désarmé…
- Considérez cela comme vous le voulez, mon cher, répondit Malroys. Mais je serais vous, j'accepterais. De plus, même si vous aviez votre baguette –ou même un régiment de clones- vous ne pourriez rien faire contre moi. Dans l'art magique, vous n'êtes guère plus avancé qu'un élève de première année.
- JE SUIS PROFESSEUR ! COMMENT OSEZ-VOUS !
Soudain, sans pouvoir rien ajouter, Filius se sentit quitter le sol et se soulever dans les airs… Malroys s'approcha alors de lui, menaçant, et siffla à son oreille :
- J'ose, mon cher, pour la simple raison que je pourrais vous annihiler d'une simple pensée. Vous avez vu de quoi j'étais capable dans les Arts de l'Esprit ? Sachez que je suis loin d'être le plus puissant de ce domaine, dans notre ordre. Et pourtant, je pourrais sans peine vous transformer en poupée inerte. Je suis sûr que bien des Fanatiques aimeraient vous torturer et profiter indéfiniment de votre cadavre. Qu'en dites-vous ? Cela me paraîtrait amusant…
- Que donc voulez-vous dire par là ? Pâlit Filius. Pourquoi toutes ces menaces ?
- Mon cher, répondit Malroys en relâchant son interlocuteur de son emprise et en reprenant place dans son fauteuil de cuir, que savez-vous des Pères et des Mères ?
- Les Dieux Sorciers ? Et bien, ce sont des légendes, non ? Comme pour toutes les religions, par ailleurs.
- Il s'agit là de paroles d'Athée, mon cher, répondit patiemment Malroys. Je vais donc éclairer votre lanterne.
Les Pères et les Mères sont originellement un groupe de huit sorciers et sept sorcières, tous frères et sœurs de sang, vivant voici de cela environ sept mille ans, aux origines de la civilisation. Connus comme étant les tous premiers êtres humanoïdes magiques de l'histoire, ils possédaient une soif de savoir intense qui les as poussés à accroître leur pouvoir pour toujours apprendre et maîtriser plus de magies de toutes sortes. C'est ainsi que, après deux cent années de vie, ils devinrent de véritables dieux veillant sur leur peuple.
Mais cette déification n'eut pas que de bons effets, loin de là. Imbus d'eux même au possible, les Pères et les Mères en vinrent bien vite à dédaigner ceux qui les entouraient, y compris ceux qui avaient des capacités magiques, considérant qu'eux seuls étaient dignes de pureté.
Un jour, fous de suffisance, ils se mirent à copuler entre eux à tout va, créant ainsi des lignées « pures », dont descendent aujourd'hui tous ceux qui se disent de « sang-pur ».
Connus comme les plus puissants des nécromanciens que le monde ait jamais connu, les Pères et les Mères en vinrent à voler une puissance magique inouïe à des milliers de personnes, performant sans limites massacres et génocides, et devinrent ainsi véritablement des dieux, réalisant sans peine des miracles. En son temps, Merlin lui-même ne put faire face à leurs descendants, ceux-ci n'étant qu'un atome comparé à la puissance d'une planète.
Le but de notre ordre est d'exterminer jusqu'à la moindre pensée, jusqu'au moindre atome, jusqu'au moindre souvenir de ce qu'on été les Pères et les Mères, afin que jamais, de quelque manière que ce fut, ils ne puissent revenir en ce monde.
Achevant son flamboyant récit, Malroys sembla soudain se rendre compte qu'il s'était de nouveau mit debout, et qu'il criait plus qu'il ne parlait, enflammant le cœur de Filius d'une intense envie de combattre.
- Rejoindre notre ordre signifie prêter serment absolu de combattre à jamais les Pères et les Mères, par delà la vie et la mort, jusqu'à leur extinction totale. Acceptez-vous, ou préférez-vous mourir maintenant ?
N'ayant alors guère d'autre choix, Filius ne put que répondre :
- Soit, j'accepte… mais à condition de pouvoir continuer à enseigner à Poudlard !
- Cela ne sera pas un problème, mon cher. C'est ce qui était prévu. Maintenant, prêtez serment à l'Ordre de la Magie ! Dites ce qui est prévu !
Se levant alors, Filius dit d'une voix forte et solennelle :
- Moi, Filius Ortèkgon Flitwick, me met ce jour au service de l'Organisation nommée « Ordre de la Magie » ! Je jure sur ma vie, ma magie et mon existence de toujours œuvrer pour le plus grand bien, à la destruction totale et définitive des Pères et des Mères, de leurs œuvres maudites, et à l'annihilation totale et définitive de la moindre de leur réalisation !
Achevant ses serments, Filius souffla alors, étonné de se retrouver tout soudain épuisé, prêt à s'endormir sur place. Il avait l'impression d'avoir été vidé de sa magie. Cela était-il possible ?
- Il est normal que vous soyez éreinté, mon cher G3, dit Malroys. Un serment absolu est en soi très difficile, et j'ai usée de votre magie afin d'ériger des protections mentales infaillibles autour de vos serments. Ainsi, aucun intrus ne pourra savoir que vous faites partie de notre ordre.
- Des défenses infaillibles ? Navré de vous contredire, Monsieur Malroys, mais rien n'est infaillible. C'est impossible.
- Impossible n'est pas Créateur, mon cher. Maintenant, allons ! Nous devons nous dépêcher d'aller assister à une réunion de notre Ordre, à notre siège. Pour cette fois-ci, je me chargerais de dissimuler votre identité moi-même. Vous devrez absolument l'apprendre vous-même durant l'entraînement qui vous sera imposé durant vos prochaines vacances. Moi ou notre chef Rossignol ne seront pas toujours là.
Ce disant, Malroys éleva une main au-dessus de la tête de Filius, et laissa couler de sa paume ce qui ressemblait à de l'obscurité sous forme liquide.
- Qu'est cela ? S'étonna Filius, quelque peu effrayé.
- Il s'agit de magie sous forme gazeuse, emprisonnée par un filet de magie solide, et travaillée pour être l'opposé des Photons baryoniques tout en les absorbant. Autrement dit, personne ne peut savoir qui vous êtes tant que vous portez ce rideau d'ombre, et aucun moyen, magique ou autre, ne peut le percer sans l'ôter entièrement. Ce qui nécessite non pas une grande puissance, mais une grande habilité dans les Arts Elémentaires. Chacun de nos membres se doit d'ignorer l'identité des autres tant que cela est possible. Seul Rossignol, le chef, sait qui est qui. Moi-même recevrais un sortilège d'amnésie afin de vous oublier. Allons, maintenant, allons-y !
Achevant de dissimuler son contact, Malroys se recouvrit lui aussi d'ombre, puis saisi l'épaule de Filius pour luminoplaner soudain…
…
Quelques instants plus tard, à Poudlard.
Les deux nouveaux alliés réapparurent soudain dans un lieu bien connu de l'un d'entre eux… le bureau du petit professeur de sortilèges.
- Mais que faisons-nous là ? S'étonna celui-ci.
- Nous sommes là non loin de notre lieu de réunion. Nous ne pouvons y transplaner ou luminoplaner directement, nous devons donc faire un détour par Poudlard.
- Il est impossible de transplaner à Poudlard !
- La preuve que non. Habituez-vous à voir vos acquis être balayés comme poussière au vent, dans notre Ordre ! Dès que votre entrainement commencera, vos bases seront radicalement corrigées.
Filius ne trouva rien à répondre à cela.
- Maintenant, poursuivis Malroys, nous pouvons parvenir jusqu'à Pôdlad. A vrai dire, il est possible d'y transplaner directement aussi, mais il faut pour cela être accepté par les barrières, et ce n'est pas chose facile depuis la mort du Créateur.
Ils disparurent de nouveau, sous le regard scrutateur d'un type fort étrange, accroché nonchalamment à une des poutres du plafond de la salle…
…
Quelques instants plus tard… à Pôdlad.
- Où sommes-nous donc ? S'étonna Flitwick en apparaissant en un lieu visiblement en ruines.
La pièce où ils étaient réapparus était effectivement une antiquité. Hormis un bureau récemment utilisé, tout le reste était dans un déplorable état. Les murs étaient au mieux lézardés, au pire écroulés. Le plafond et le sol semblaient ne tenir que par la grâce d'un miracle. Et la poussière avait envahis les lieux depuis bien des siècles… les squelettes de souris et autres rongeurs étaient à moitié ensevelis.
- Vous êtes à Pôdlad, mon cher, répondit finalement Malroys.
- Avec ma voix, tout le monde risque de me reconnaître…
- Vous n'êtes pas aussi célèbre que vous semblez le penser, mon cher… Sachez que Poudlard n'est plus une affiche que le monde observe en permanence !
- Poudlard est célèbre dans tout le monde sorcier !
- Et le monde sorcier n'est rien ! A peine dix pourcents de l'ensemble du monde magique ! Alors ne fanfaronnez pas, je vous prie !
Filius ne trouva rien à répondre. Il devait bien avouer que cette habile réponse l'avait mouché…
C'est impossible, se dit-il. Il n'y a presque plus de Vélanes, de Vampires, de Loup-garous, de Gobelins ! Quel peuple peut donc bien dominer, si ce n'est les sorciers ?
- En terme de population, répondit misérablement Malroys, les sorciers ne sont que quatrièmes, après trois des peuples que vous avez pensés…
- Vous lisez dans mes pensées ! S'empourpra Flitwick, outragé. Comment…
- Comment ose-je ? Tout simplement car j'en ai le droit, de par les Lois de Sang !
Disant cela, le croque-mort donna l'impression qu'il allait se mettre à pleurer. Ce qu'il ne parvint néanmoins pas à faire…
Mouahaha, pensa-t-il, j'adore jouer la comédie ! J'aurais dût me mettre au théâtre, décidemment…
En effet, Filius ne s'était pas souvenu des barrières soi-disant « infranchissables » que Malroys avait érigées dans son esprit…
- Dites-moi, demanda Flitwick en s'efforçant de dissimuler ses pensées, pourquoi avez-vous dit « Pôdlad » et non pas Poudlard ?
- La réponse est simple, G3. Pôdlad est le nom de Poudlard au Moyen-Âge. Ce n'est que le temps et les naturelles déformations linguistiques qui l'on changé. Mais vous verrez, un jour, ce lieu reprendra son nom premier. Le Poudlard que vous connaissez n'est en réalité qu'un millième du Pôdlad.
- Un millième ? Ne put s'empêcher de s'exclamer Flitwick. Vous plaisantez !
- Non, cela est vrai. Si vous souhaitez en savoir plus, vous pourrez demander à l'un de nos membres de vous faire une petite visite des lieux. S1 est, je pense, le plus indiqué pour ce faire. A votre avis, quelle est la taille de la forêt interdite ?
- La… ? Et bien, immense, près de mille fois la taille du parc de Poudlard. Pourq…
Filius se tut alors. Une idée folle venait de germer dans son esprit. Mais… elle était impossible ! Créer une illusion d'arbre était possible, mais une forêt aussi titanesque, cela ne se pouvait ! D'autant plus que cette forêt était un écosystème réel, peuplé par des milliers d'espèces d'animaux et de plantes magiques ! Cela était totalement impossible !
- Impossible n'est pas Créateur, répondit alors Malroys, n'ayant pu s'empêcher d'ouïr les pensées de son compagnon.
Fronçant largement les sourcils, le petit professeur ne put s'empêcher de demander :
- Que voulez-vous dire par là ?
- Nous voici arrivés ! S'exclama alors Malroys, esquivant ainsi la question au bon moment. Mon cher, soyez le bienvenu dans la salle du conseil de Pôdlad !
Devant les yeux étonnés de Filius était apparu un immense amphithéâtre. Immense dans tous les sens du terme. Son plafond, constitué d'une gigantesque verrière sans le moindre pilier, s'élevait à bien cent mètres de hauteur. La distance d'un bout à l'autre du cercle qu'était la pièce avoisinait largement les deux cent mètres. Les gradins, quand à eux, étaient constitués à un bout par des sièges visiblement réservés aux géants, tandis que, de l'autre côté, les minuscules estrades semblaient parfaites pour accueillir des fées et aux être aussi petits.
Malroys et Filius se dépêchèrent de descendre les marches de l'un des nombreux escaliers bordant les différents sièges des gradins, en direction d'un groupe d'une cinquantaine de personnes qui discutaient là à voix basse. Pour qui tendait bien l'oreille, un bruit de martellement continu se faisait entendre, venant des profondeurs du sol.
Au milieu de la pièce, debout devant un pupitre de diamant pur, se trouvait un homme que Filius n'aurait jamais espéré voir en une représentation animée, et encore bien moins en chair et en barbe… Il en resta absolument pantois. C'était le seul qui n'était pas dissimulé par un rideau d'ombre, et il n'en avait nul besoin. Le pouvoir émanant de lui ne laissait aucun doute sur son identité.
Dès que les nouveaux venus apparurent dans la salle, il se tourna dans leur direction en souriant, et s'exclama d'une vois de ténor absolument fascinante :
- Ah, E3 ! Soyez le bienvenu parmi nous ! Je dois avouer avoir été inquiet de votre retard !
- Excusez-moi, mon cher Rossignol, mais j'achevais ma mission. Voici donc celui qui sera désormais l'un de nos fidèles, je vous présente « G3 ».
- Excellent, E3, merci à vous ! Permettez-moi d'achever votre tâche…
- Allez-y.
Un sortilège de mémoire fut soudain lancé.
- Mon cher E3, recruteur de l'Ordre de la Magie, s'exclama Rossignol, oubliez ce jour et définitivement l'identité du nouveau venu, le dénommé « G3 ».
Avant qu'il ne puisse réagir, la même chose arriva à Filius. En un instant, il se sentit perdu, ne sachant plus où il en était.
Quelques secondes plus tard, néanmoins, il revint à l'instant présent, parfaitement éveillé. Une étonnante présence l'avait ramené au monde. Imitant toutes les personnes présentes, il se mit à écouter le dénommé « Rossignol ».
- Mes chers amis, dit celui-ci, il me semble donc bon de vous présenter E3 et son invité. Désormais, E3 se chargera exclusivement du recrutement de nos membres en France et quelque peu au Royaume-Uni et en Irlande. G3, quand à lui, prendra part à notre effort de propagande, et enquêtera discrètement sur nos ennemis.
L'intérêt de la réunion d'aujourd'hui porte sur l'accomplissement des missions données voici de cela déjà de nombreux mois. Nous allons commencer par faire le point. LG1, où en êtes-vous dans votre poursuite du criminel Fenrir Greyback ?
- Je l'ai finalement rattrapé voici de cela deux semaines, Rossignol, répondit celui que nous connaissons en tant que Remus Lupin. Il est actuellement à la bonne garde de notre ami G1, enfermé dans les geôles de celui-ci. Il attendra son procès en ayant droit à sa potion tue-loup. S'il le souhaite, il pourra apprendre la véritable histoire et transformer son animagus incontrôlé en forme maîtrisée. Mais je dois avouer avoir bien peu d'espoir. Il est visiblement totalement fou. Son esprit a été détruit par d'innombrables drogues magiques, sans compter avec une soif de violence qui l'a infecté au plus profond de son être.
- Bien, Merci LG1. Je ferais le nécessaire lorsque je le pourrais. Nous en venons donc maintenant à l'avancé des travaux simultanés menés par Va1, Ve1, Ve2, G1 et G2. Dans l'ordre, veuillez me faire le rapport de votre avancée.
- Mon cher Rossignol, répondit froidement le nommé Va1 –visiblement un vampire-, mon peuple a achevée la première phase de notre entreprise. Nos orphelinats et écoles provisoires sont prêts et disposent de tout ce qui leur est nécessaire. Nos châteaux sont devenus de véritables bastions auto-suffisants pouvant soutenir un siège de plusieurs siècles.
- Ve1, Ve2 ?
- Pour notre part, commença Ve1, notre gouvernement provisoire dispose de tout de qu'il lui faut pour lancer sa révolution. Nous n'attendons plus que Va1 pour abriter notre peuple, et G1 et G2 pour l'attaque coordonnée.
- Merveilleux ! G1, donc ! Où en êtes-vous ?
- Malheureusement, Rossignol, notre travail est bien plus compliqué que prévu. Depuis l'arrivée de Rufus Scrimgeour au pouvoir Sorcier Britannique, l'attention de ceux-ci s'est décuplée et nous oblige à considérablement ralentir notre expansion si nous voulons ne pas nous faire remarquer. Excepté ce point noir, tout se déroule bien mieux que prévu. Les familles fanatiques anglaises, italiennes, Françaises et espagnoles ont été presque toutes dépouillées de leur fortune grâce à la réévaluation de la Noise et du Galion. Cela, sans compter avec les quantités d'artefacts magiques dérobés dans leurs coffres ! Nous avons même retrouvés nombre d'œuvres d'arts et d'objets historiques ! Imaginez, dans le coffre Potter, nous avons récupérée la Plume d'Or du Père Créateur !
Un murmura de stupéfaction s'éleva alors dans la salle. C'était là une nouvelle d'une étonnante émotion. Cette relique du temps passé qu'était la Plume d'Or avait une immense valeur pour les peuples Magiques. C'est en effet avec elle que le Père Créateur, déifié par les Gobelins à juste titre, avait signées toutes les déclarations d'union, de paix et de fraternité qui étaient à l'origine de l'Âge d'Or. Elle avait très certainement été dérobée sur son corps après son assassinat lors de la dernière bataille et la débâcle de la Guerre de l'Alliance, ce conflit de dix années durant lequel les fanatiques sorciers avaient massacré sans limite des millions de créatures magiques, et ainsi mises bas toutes les œuvres réalisées durant ce temps.
- Il vous reste tout de même plus d'un an pour mener vos projets à bien, continua Rossignol en ramenant ses compagnons à la réalité. Certes, ce point noir dont vous nous parlez est regrettable... Scrimgeour a les mêmes idées que Fudge, mais il est très vif et intelligent, ce qui le rend diablement redoutable.
- Il n'y a que le premier ministre Moldu qui parvienne à lui tenir tête, s'exclama une voix.
Un centaure, habillé de son manteau d'ombre s'avança soudain.
- Pardonnez mon impudence, Rossignol, mais savez-vous comment ce Moldu peut-il connaître avec tant de précision l'existence des Lois de Sang ? Je conçois qu'il ait une ascendance magique, mais il ne me paraît guère prudent d'agir comme il le fait. Ne pensez-vous pas qu'il serait bon de le recruter parmi-nous ?
- Et bien mon cher C1, répondit Rossignol en souriant, je pense que notre cher Moldu sera le plus à même de vous expliquer tout cela ! Rajson, si tu veux bien ?
- Merci, Rossignol, s'exclama alors une voix bourrue, en provenance des gradins situés derrière les membres de l'Ordre de la Magie.
Tous ceux-ci se retournèrent comme un seul être, leur baguette tendue en direction du nouveau venu, de redoutables sortilèges sur le bout des lèvres. Sous les yeux étonnés, Rajson Leiuds lui-même se tenait nonchalamment installé sur un des sièges de la salle.
- Baissez donc vos baguettes, grogna t'il avec son habituelle politesse. Je ne vais pas vous manger !
Ces mots dits, il se leva et s'avança tranquillement en direction du pupitre central, les mains dans les poches, fendant la foule sans un seul regard pour quiconque. Ce n'est qu'en remplaçant Rossignol à l'estrade du discours qu'il expliqua finalement sa présence.
- Vous devez tous vous demander ce que je fais ici. La raison en est bien simple. Tout commence en l'an mil neuf cent soixante cinq.
A cette époque, je n'avais aucune charge politique d'une quelconque sorte. Je me contentais d'étudier la magie sous toutes ses formes, sans prêter attention à de quelconques superstitions. J'avais pour projet de vie de mener enfin à bien les souhaits de tant de mes ancêtres.
- Vous devez vous demander de quelques ancêtres je parle ? Et bien voici !
Sous les regards surpris des membres de l'ordre de la magie, le Moldu leva alors une baguette et inscrivit son nom dans l'air en lettres de feu, avant de les faire se réordonner d'un geste.
Rajson Enu Leiuds
Je suis un Léonard
- Plus précisément, ajouta-t-il, Léonard vingt-quatrième du nom.
En effet, depuis la débâcle, moi et mes ancêtres, descendants du Père Créateur, Léonard Premier du Nom, nous nous efforçons de travailler pour mettre en place une puissance capable de renverser à jamais les Pères et les Mères, ainsi que tout ce qui va avec eux. Jusqu'à maintenant, malgré d'impressionnantes réalisation, aucun d'entre eux n'a réussi à faire quelque chose de concret, ruinés qu'ils ont été par les Fanatiques.
Pour ma part, j'ai créé l'Ordre de la Magie. C'est lors de mes études que je suis tombé par hasard sur un étrange ouvrage traitant de l'histoire de Merilin, selon l'un de mes ancêtres. Celui-ci a découvert que le Héros n'avait pas œuvré pour les sorciers fanatiques comme ceux-ci ont tenté de nous le faire croire, mais qu'il avait été leur martyre. Ce livre étant scellé au nom des lois de sang, je n'ai pas eut d'autre choix que de le croire sincèrement. Cet ouvrage disait que Merilin possédait un tableau animé enchanté aux ondes magiques, afin que tout ce que son Réel vivait soi connu de son Pigmenté (II). Je me suis donc mis en tête de retrouver ce cher Merilin, réduit à l'état de tableau.
Je l'ai découvert à Poudlard, dans un sombre couloir dissimulé par un Fidélitas, endormi par l'ennui d'être seul depuis tant de siècles. Je dois avouer que, tout jeune que j'étais à ce moment là, j'ai manqué de tact. Le réveiller en peignant un poids tirant sur sa barbe n'est pas le meilleur moyen de s'attirer sa sympathie.
Juste à côté, Rossignol gloussa en se remémorant ce moment. Il avait vraiment eut mal, ce jour là ! Jusqu'à ce qu'il se souvienne qu'un tableau n'avait pas de sensations physiques.
- Vous l'aurez compris, reprit Leiuds, notre cher Rossignol ici présent est bel et bien le véritable Merilin ! En chair et en poils !
- Hey !
- Oui, je sais, je ne suis pas en reste ! Tais-toi donc !
Bref, vous l'aurez compris, ce jour là avait été grand pour l'Espoir. Par un procédé qui m'est encore inconnu, il a usé de mon énergie magique et a copié son personnage dans son tableau, et fit sortir l'un d'eux à l'état réellement réel. Je dois avouer que pour y croire, je l'ai pincé si fort qu'il doit encore en avoir les marques.
- En effet, grogna Rossignol en montrant ses bras ridés, où des marques bleuâtres restaient visibles, indélébiles.
- Avec Merilin étrangement revenu au monde, j'ai mis au point un plan d'action qui a pour but d'enfin accomplir l'œuvre tant attendue par mes ancêtres et les vôtres. Ressusciter l'Âge d'Or !
Cela est une œuvre titanesque, mais toutes les éventualités possibles et imaginables ont été prévues, y compris et surtout les pires. Nous pouvons nous adapter à n'importe quelle situation et en sortit vainqueurs. Mais pour cela, l'Ordre de la Magie a besoin de temps et de pouvoir ! C'est pour cette raison que je me suis présenté aux élections Moldues : pour pourvoir surveiller ceux-ci et pour pouvoir intervenir légalement dans les affaires sorcières. Bien que Scrimgeour ait rompus les accords entre Moldus et Sorciers, l'usage des lois de sang me permet d'imposer mes décisions sans aucune peine.
La quantité de travail à abattre est encore titanesque, innommable. Nous espérons qu'il ne nous faudra pas plus de dix ans pour parvenir à accomplir suffisamment, mais cela semble impossible. Quelques accrocs se sont en effet présentés. Les fanatiques ont prit conscience de ce qui se passait et ont commencé mettre en œuvre en masse leurs sortilèges nécromanciens afin de multiplier leur nombre. C'est pour cette raison, prévue, que vos peuples doivent se préparer à combattre.
Leiuds se tut alors quelques instants, et regarda autour de lui. Ses interlocuteurs, bien que bouillonnants visiblement de questions, attendaient qu'il achevasse son discours. Il attendit un moment en souriant d'un air sadique, laissant monter l'impatience, avant de continuer.
- Maintenant, me direz-vous, qu'en est-il de la version peinte de notre cher Merilin ? Et bien, étant toujours relié par son sortilège d'ondes magiques, il est totalement conscient de ce qui se passe dans la réalité.
- Il me semble que c'est là tout ce que j'avais à vous dire. Maintenant, quelles sont vos questions ?
Une seule personne leva la main.
- Oui ?
- Êtes-vous le seul Léonard survivant ? Demanda le dénommé S1, visiblement étonné et heureux à l'extrême.
- Non. Au jour d'aujourd'hui, nous sommes trois Léonard en vie. Moi-même, mon frère aîné le Vingt-troisième, et son fils mon neveu le jeune Léonard, le vingt-cinquième, élève à Poudlard. A Poudlard, outre le fait de surveiller attentivement le château, le tableau de Merilin veille sur mon neveu.
Ce jeune homme a été capturé et torturé par les fanatiques à un point que vous n'imaginez pas. Rossignol a réussi à le libérer, mais son esprit avait subis des dommages irréversibles, de même que son corps. Cela est extrêmement triste, car ce jeune garçon a un potentiel inouï, que même Rossignol considère comme incroyable. A la mesure du Créateur, dit-il parfois.
En ce qui concerne mon frère, le vingt-troisième, il est devenu le gardien du savoir antique. Il parcourt le monde afin de réunir le plus possible de connaissances dans la bibliothèque de Pôdlad, et mène des recherches scientifiques intenses afin de comprendre les merveilles réalisées par notre ancêtre, et afin de créer des armes permettant de vaincre définitivement les Pères et les Mères. Il prend aussi parfois des élèves. Ce n'est arrivé que deux fois jusqu'à maintenant, avec un couple de deux jeunes gens à chaque fois. Il a néanmoins cessé après la seconde fois, pour une raison que j'ignore.
- Maintenant, je suis navré mais il faut que j'aille accomplir ma paperasse journalière. Pour vos questions, posez-les à Rossignol, il s'en fera un plaisir…
Un regard noir habilement lancé ne laissa au Piaf aucune possibilité de réplique ou de protestation. De son côté, Leiuds luminoplana en direction de son bureau ministériel, ravi de son mauvais coup.
- Bien, dit Rossignol en reprenant sa place au pupitre. Vous l'aurez compris, Rajson Leiuds, aussi nommé E1, est le fondateur de notre ordre au même titre que moi. Bien que j'en sois le dirigeant, les serments que vous avez prêtés vont aussi à sa personne. Maintenant, quelqu'un a-t-il quelque chose à ajouter ? Oui, G3 ?
- Monsieur Rossignol, dit Filius, sans vouloir paraître importun, puis-je savoir pour quelle raison monsieur Leiuds ne s'est-il pas révélé plus tôt ? Cela me semble étrange.
- La raison en est que E1 est assez, disons… asocial. Il déteste apparaître en public, aussi paradoxal cela puisse paraître, et ne fait des discours que lorsqu'il a un but.
S'il n'y a plus rien à ajouter, cette réunion est terminée. Je demanderais à tout un chacun de mettre en œuvre tous les efforts possibles pour achever vos missions dans les plus brefs délais. Si vous n'en avez pas, de nouveaux ordres vous parviendront via notre messager ailé dans les prochaines heures. Avant que vous ne partiez, je demanderais seulement à G3 et S2 de rester ici afin que nous mettions en place votre programme d'entraînement. G3, vous irez dès que possible à l'encontre de S4 dans les sous-sols, afin qu'il vous remette une nouvelle baguette. Et maintenant, dit Rossignol en descendant de son pupitre, au revoir à toutes et à tous !
Hum, pensa Flitwick, il me faudra réaliser quelques recherches sur le Temps Interdit… Cela me sera utile pour comprendre les aspirations de tous ces gens !
UHDS
Quelque part dans la nature, le même jour.
Depuis maintenant deux années qu'il pratiquait chaque jour de nombreux exercices de Légilimencie et surtout d'Occlumencie, notre cher camarade Léonard avait vues ses capacités mentales augmenter de façon drastique, et était capable de se souvenir de maints détails passés. Mais avoir un plein accès à sa mémoire n'était pas forcément idéal, surtout lorsque vous aviez subi le pire…
A ce moment, il était miraculeusement en train de dormir pour une longue nuit de trois heures. Il ressassait les inepties lues dans la Gazette du Sorcier du jour, et les étonnantes et intrigantes nouvelles de celles de Gringotts, lorsque son esprit fut tout soudainement accaparé par un cauchemar. Un de plus, et –il l'espérait- le dernier…
Etrangement, il ne voyait pas la désagréable scène de ses propres yeux… il se sentait comme dans une pensine, comme si on lui avait implantés de nouveaux souvenirs durant la journée et que ceux-ci étaient actuellement absorbés par sa conscience…
S'il savait…
Retour en arrière
Londres, mois d'août mil neuf cent nonante un.
- Où en es-tu, Rossignol ? Demanda l'énigmatique E1, impatient.
- Je lui ai déjà refermées ses blessures, répondit le piaf, et l'ai drogué avec trois litres de potions diverses et variées. Il a retrouvées ses capacités physiques, grâce à ma Légilimencie qui trompe son cerveau et annule sa douleur. Il est encore dans le coma, je vais le réveiller demain. Ensuite, je lui expliquerais tout, et le réparerais, le droguerais à nouveau, et tu connais la suite.
- N'oublie pas de réparer les os cassés de force.
A ces mots, Rossignol soupira lourdement.
- Es-tu sûr que tout cela soit nécessaire ? Il n'est qu'un enfant !
- Non, il ne l'est plus. Il ne l'a jamais été. OBEIS, ROSSIGNOL ! EXECUTION !
- Tu fais une erreur, E1, dit alors le piaf, en se relevant et en partant.
Si tu savais tout, espèce de pion, pensa alors le dénommé Rajson Leiuds en réponse.
…
Les jours suivants, Léonard fut réveillé de force par Rossignol, introduit dans son esprit. En un temps bien trop court qui lui coûterait bien des forces, le fragiliserait physiquement à jamais et lui ôterait des années et des années de vie, il fut remit sur pied. Maintes potions et opérations eurent raison de ses anomalies physiques et de ses plaies. Des heures durant, Rossignol érigea des défenses mentales dans le cerveau de l'enfant, afin de le protéger des débris des manipulations des scientifiques fanatiques du Département des Mystères.
Il apprit aussi les bases de l'Occlumencie et de la Légilimencie, afin de pouvoir lui-même améliorer sa maîtrise de sa personne. Couplé à cela, grâce à sa Légilimencie, le Piaf introduisit de force dans son esprit maintes connaissances en provenance d'une multitude d'ouvrages. Cela lui coûterait cher d'un point de vue de la stabilité mentale et de la mémoire… mais il n'y avait pas le choix. Il fallait faire vite.
Cinq jours après avoir été libéré de son calvaire, Léonard se retrouvait lâché dans la nature, en train de lire un livre fort intéressant dans un wagon du dénommé « Poudlard Express ».
Fin du retour en arrière
Là où il était, Léo se réveilla en sursaut et hurla de douleur et d'horreur… il venait de comprendre : son corps brisé n'en avait plus pour longtemps.
Il était condamné.
UHDS
Habituellement, les chapitres intitulés « Manigances dans l'Ombre » ne contiennent pas de passage propre à Léo. Pouvez-vous deviner pourquoi il y en un ici ?
Le prochain chapitre s'intitulera : « Le Livre de la Création ».
…
I. Anagramme, et oui… une fois de plus. Bien entendu, « Eddie Malroys » n'est pas là le nom complet du bestiau…
II. Le « réel » sous-entend le personnage vivant. Le pigmenté est la peinture animée de ce personnage. En temps normal, une peinture animée représente le vivant au moment où celui-ci a été peint. S'il est mort à cent ans mais a été peint à trente, il sera comme il était à trente, avec le physique, la mémoire et les connaissances de cette époque. Tout ce qui a été vécu ou réalisé après lui sera totalement inconnu. L'usage d'ondes magiques permet de régler cela. Relier le tableau et le vivant de cette manière permet de faire évoluer le pigmenté comme s'il était vivant, et ce jusqu'à la mort du vivant.
