Disclaimer: Harry Potter est la propriété de J.K. Rowling and Warner Brothers Entertainment Inc.

Titre original : On The Last Day Of Our World.

Auteur : Sansa 1

Traductrice : Crazysnape

Beta readers : Grands Merci à Cyzia et Quiproquo les magiciennes grâce à qui les fautes disparaissent… Merci les filles!

Résumé : Harry et Draco se réveillent un matin et découvrent qu'ils sont les dernières personnes sur Terre. Pourront-ils découvrir ensemble ce qui est arrivé à leur monde ? HP/DM

Rated 'R' (par sécurité).

Chapitre 4

La salle sur demande

Draco poussa la porte d'un grand geste, la faisant pivoter d'un seul coup, et les deux garçons regardèrent dehors dans la belle journée. Harry prit une faible inspiration, fit glisser une main sur son visage avant de passer le seuil et de pénétrer dans le Chaudron Baveur. "Eh bien cela répond au moins à cette question," dit-il doucement.

Draco regardait la rue déserte, les yeux écarquillés. " Etrange," murmura-t-il en se dressant pour voir au-delà du carrefour où se trouvait le Chaudron Baveur. Il fit timidement un pas, puis un autre, puis encore quelques uns en descendant la rue, les yeux sillonnant toutes les directions.

"Viens, Draco," l'appela Harry depuis le pub. Draco regarda distraitement derrière lui, mais continua prudemment d'avancer dans la rue. "Draco !" le rappela Harry, avec plus insistance, et cette fois Draco se tourna vers lui d'un air renfrogné.

"Quoi, Potter !" cria-t-il. L'écho de sa voix se répercuta sur les immeubles environnants et s'acheva en un, "otter, otter, otter" qui disparut si lentement que Draco aurait pu jurer qu'il l'entendait encore plusieurs d'une minute plus tard. Haussant un sourcil, il se tourna et avança de quelques pas en direction de la porte. Poussant Harry hors de son chemin, il la referma derrière lui. "Ok, je vois ce que tu veux dire," dit-il et il leva les yeux au ciel.

Les deux garçons se fixèrent. Finalement Harry parla. "Tu ne t'es pas reposé. Préférerais-tu le faire ici ou à Poudlard ?"

Draco considéra la chose et décida qu'il était juste assez fatigué pour que ce genre de décision lui incombe. Et effectivement il décida. "Ici," dit-il.

Harry hocha la tête. " Bien. A présent que dirais-tu de la chambre 11 ?" Il eut un petit sourire triste. "Je peux attester de son confort."

Draco haussa les épaules, indécis, et ils se traînèrent jusqu'aux escaliers. Draco regardait la porte principale en montant. Harry ne manqua pas de remarquer le malaise de l'autre garçon. "Un peu sinistre, hein ?" dit-il alors qu'ils continuaient de monter. Draco répondit d'un simple signe de la tête.

Quand ils arrivèrent sur le palier, Harry mena Draco jusqu'au couloir de la chambre 11. Il ne se préoccupa qu'à la dernière seconde de savoir si elle serait fermée ou pas, mais le loquet s'ouvrit sans le moindre problème et les garçons entrèrent dans la chambre.

"Euh…je suppose que je vais aller dans la chambre à côté,"balbutia Harry alors que Draco se tenait au milieu de la pièce, regardant lentement autour de lui. Il se tourna pour partir, mais avec la rapidité d'une vipère, la main de Draco se souleva et le saisit par le coude.

"Où est-ce que tu vas ?"

"Je...pensais juste…chambre à côté," dit Harry.

"Oh."

Harry s'attarda, ne faisant pas de nouvelle tentative pour sortir. Il n'aurait rien pu faire, de toute façon, même s'il l'avait voulu : pas avec les doigts de Draco, plantés dans son bras.. "Tu veux que je reste ?" s'aventura à demander Harry, espérant secrètement que Draco dirait oui.

"Oui ! Qu'est-ce que t'en penses ?"

Le " ok" de Harry éclata comme un petit rire hystérique, et Draco l'examina d'un œil critique.

"Oui, Potter. Je pense définitivement que tu devrais rester ici. Tu ne me sembles pas bien équilibré"

"Moi" s'exclama Harry. "Je ne suis pas celui qui..."

"C'est bon, Potter. Tu marques le point. Nous sommes tout les deux effrayés. Tu vois, je l'ai admis. Peut-on se dispenser de ce spectacle de macho maintenant ?" grogna Draco et il ferma la porte et la verrouilla avec sa baguette. "J'ai vraiment besoin de sommeil."

Harry serra la mâchoire de frustration, mais concéda intérieurement que Draco avait marqué un point.

"Bien," dit-il.

Alors que Draco déboutonnait sa robe et ôtait ses chaussures, il regarda Harry circonspect. "Est-ce que tu penses que nous devrions faire des tours de garde …pour surveiller ?"

Harry secoua la tête. "Non. Je vais installer quelques alarmes." Ses mots étaient hachés et Draco réfléchit à ce qui pouvait ennuyer l'autre garçon, mais se dit finalement qu'il était trop fatigué et que franchement, il s'en moquait. Mais, bien sûr, une petite voix dans sa tête l'interrompit pour lui faire gentiment remarquer que ce n'était pas vrai. Draco maudit sa conscience.

"Qu'est-ce qui ne va pas, Potter ?" demanda-t-il en montant sur le lit.

"Rien," répondit Harry sans se retourner. Il commença à poser les protections.

Draco soupira. "Bien. Je vais me coucher."

" Oui, fait donc cela"

Draco se moqua d'Harry qui avait le dos tourné avant de taper son oreille et de s'allonger dessus. Laisse-toi aller, lui demanda son esprit, et il le fit. Deux minutes plus tard, il dormait.

Harry soupira lorsqu'il entendit que la respiration de Draco se faisait régulière. Il ne pourrait pas s'endormir maintenant, même si sa vie en dépendait. Il comprenait que Draco ne soit pas bouleversé par la disparition des Moldus comme il pouvait l'être, mais il en voulait au Serpentard de le prendre sans sourciller.

Ce n'était pas un fait mineur pour Harry.

C'est en partie, pensa-t-il parce qu'il ne se rendait plus compte que Draco du nombre de personnes qui n'était tout simplement— plus là. Pour Draco, le monde Moldu était périphérique, et le resterait toujours. Mais Harry avait vécu en tant que moldu durant plus de la moitié de sa vie — il connaissait le monde Moldu, et le voir désert avait été un plus grand choc que tout ce qui était arrivé jusqu'ici. Il soupira et se massa les temples. Il avait mal à la tête.

Il finit de disposer les alarmes et se tourna vers le lit. Il hésita à dormir sur le sol pendant dix secondes avant de grogner et de ramper sur le lit, à côté de Draco. En dépit du repos qu'il avait pris précédemment, et de son énervement, il s'endormit instantanément.

Quand Draco s'éveilla ce ne fut pas à cause des alarmes, mais du doux ronflement du garçon dans ses bras. Il resta dans la semi conscience qui précédait le réveil complet pour profiter de la chaleur du corps blotti contre lui. Puis la mémoire lui revint.

Draco écarquilla les yeux et se tendit pour repousser Harry, mais au dernier moment, il hésita. Etait-ce si mal d'avoir Harry dans ses bras ? Se demanda-t-il. La simple présence physique d'une quelconque personne était assez réconfortante, surtout dans leur situation. Mais à la surprise de Draco, il était encore plus heureux que ce soit Harry. Il connaissait le pouvoir d'Harry, autant que son sens du devoir et des responsabilités. Si quelqu'un pouvait le protéger, c'était bien Harry. Très peu de personne prendrait la peine de protéger Draco. Et pourtant, en dépit de leurs différences, Draco sentait qu'en cas de besoin, Harry le ferait de bon coeur. Cette pensée le réchauffa.

Bizarre. Peut-être n'avait-il pas assez dormi.

C'était la seule interprétation que Draco était prêt à donner à sa soudaine envie d'attirer Harry plus près de lui au lieu de le repousser. Tournant la tête, Draco enfouit tendrement son nez dans les cheveux du brun. Son corps répondit de manière appropriée.

Il avait définitivement besoin de se rendormir, pensa-t-il en poussant un petit grognement. Peut-être s'était-il cogné la tête. Après tout, les gens ne se souvenaient pas toujours de leurs blessures à la tête. C'était une raison médicale valide qui justifierait cette soudaine attirance. Aussi calmement que possible, Draco tendit la main et commença à tâter son crâne à la recherche d'une bosse ou d'une coupure.

"Qu'est-ce que tu fais ?" demanda la voix endormie d'Harry.

La main de Draco reprit sa place sur le côté. "Rien."

" Je sais. C'est la première chose à laquelle j'ai pensé en me réveillant dans cette position."

" Quoi ?"

" Que j'avais dû me cogner la tête."

Bizarrement, cela agaça Draco. "Et tu t'es dis que ce serait la seule raison pour laquelle tu serais blotti contre moi? Une blessure à la tête ?"

Harry scruta Draco à travers ses cheveux ébouriffés et le fixa de ses grands yeux verts encore ensommeillés. "Ce n'est pas ce que tu pensais ?" demanda-t-il.

"Certainement pas."

" Prouve-le."

Les yeux de Draco s'écarquillèrent et son pouls s'accéléra. Mais après avoir regardé les yeux d'Harry adoucis par le sommeil, et senti des mains chaudes nichées contre lui, l'une posée dans son dos, l'autre sur son torse juste entre leurs deux corps, il décida que ce ne serait pas une telle corvée… de prouver qu'il avait raison. Draco ferma les yeux et secoua doucement la tête pour l'éclaircir. Quel point voulait-il établir ? Quelque chose l'embrassa.

Oh ouais, c'était ça.

Draco prit immédiatement le contrôle de leur contact, faisant tourner leurs corps afin d'être à moitié allongé sur Harry, le pressant contre le matelas de son poids. Il garda leurs attouchements doux et fugaces, frôlant juste leurs lèvres l'une contre l'autre, encore et encore jusqu'à ce qu'il entende Harry gémir de frustration. Ridiculement content de lui, il laissa sa langue glisser autour des lèvres d'Harry, tout d'abord sur celle du dessous, puis du dessus, avant de plonger et ravager férocement la bouche de l'autre garçon, d'une manière complètement opposé à sa précédente exploration.

Quand il s'éloigna pour prendre une inspiration indispensable, Harry le repoussa. Draco le fixa bouche bée, tentant de reprendre sa respiration et son sang froid. "Quoi ?" demanda-t-il, confus.

"C'est bon j'ai compris, Malfoy." La voix d'Harry était calme et tremblante. Il se glissa hors du lit, loin de Draco. La frustration de ce dernier atteint des sommets.

"Qu'est-ce qui se passe bon sang, Potter ?" hurla-t-il.

" Va te faire foutre !" entendit-il murmurer Harry.

Draco grimaça, hésitant et tira la couverture sur son corps à présent tremblant. "Comme tu veux, Potter. Mais souviens-toi : un mendiant n'est pas exigeant," ajouta-t-il, sarcastique.

Harry se retourna une dernière fois pour désactiver les alarmes. "Je n'ai rien demandé, Malfoy," fit-il remarquer en conservant une dignité sereine. Les alarmes disparurent dans un sifflement de colère.

Tout comme Harry.

Quand Draco descendit les escaliers, presque une heure plus tard, ou du moins cela sembla être une heure selon sa perception du temps, Harry l'attendait. Il attaqua directement.

"Peux-tu transplaner ?" demanda-t-il.

Draco se raidit. "Bien évidemment."

Harry hocha la tête. "Je pense que ce serait mieux que par cheminette. Je préférerais arriver directement aux protections de Poudlard plutôt que de retraverser le Pré-au-Lard. Et toi ?"

" Je ne pourrais être plus d'accord."

Draco examina Harry avec attention. Selon ce qu'il pouvait voir, Harry semblait disposer à laisser la scène un peu délicate qui s'était passé à l'étage derrière eux. Draco ne savait pas bien comment il se sentait à ce sujet. Mais il laissa passer pour l'instant.

"Prêt ?" demanda Harry.

"Tu ne perds pas de temps."

" Je veux me barrer d'ici, ce qui n'est peut-être pas ton cas."

" Si bien sûr. Retournons dans ce grand château sinistre et désert. Comment cette irréfutable logique pourrait-elle m'échapper ?" Draco fut satisfait de voir un sourire s'étirer au coin des lèvres d'Harry, et il sourit aussi émerveillé de voir qu'il était toujours capable de plaisanter.

"Ensemble ?" suggéra Harry.

"C'est ce que je préfère."

Et dans un gros craquement, ils transplanèrent.

Le temps que Harry et Draco parcourent la distance séparant les protections de Poudlard de l'entrée du château, la nuit était à nouveau là.

"N'y a-t-il aucun rythme ou aucune logique à tout ceci ?" demanda Draco qui louchait devant le soleil qui se couchait.

"Je n'ai pas encore trouvé le fonctionnement," répliqua Harry qui était à ses côtés.

"Eh bien continue de chercher, Potter."

Harry grogna.

"On va où ?" demanda Draco alors qu'ils pénétraient dans le château. Il regarda autour de lui et frissonna, frappé par la fraîcheur de la pièce.

"Je pensais à la Salle sur Demande." Harry se tourna vers Draco. "Puisque ma magie semble fonctionner, j'espère qu'il en est de même pour celle du château. La pièce nous donnera tout ce dont nous pourrons avoir besoin, y compris la nourriture, et c'est près de la bibliothèque."

" Ah, oui,"dit Draco avec dégoût. "La bibliothèque."

Harry leva les yeux au ciel "Tu as une meilleure suggestion?"

"Hummm. Non."

Harry leva à nouveau les yeux au ciel. "C'est bien ce que je pensais. Complètement stupide." Il secoua la tête et commença à monter l'escalier principal. "Que dirait ton père ?" dit-il sans attendre de réponse de la part de Draco.

"Merde alors, mais qui s'intéresse à ce qu'il pense," Murmura Draco dans un souffle. Mais Harry l'entendit. Jetant un coup d'œil derrière lui, il tenta de croiser le regard de Draco, mais ce dernier le dépassa sans un mot.

Les semaines suivantes s'écoulèrent sans événement majeur. Si l'on pouvait considérer l'étrange et imprévisible écoulement du temps comme sans événement. Dès le troisième "jour" Draco cessa presque de prêter attention à l'accélération et au ralentissement du temps. Mais Harry avait commencé à suivre leurs rythmes de sommeil et leurs temps passé éveillés, espérant mesurer véritablement le temps s'étant écoulé. De ce fait, il ne lui fallut pas longtemps pour découvrir un rythme dans ses jours et nuits qui en semblaient pourtant dépourvus.

Selon Harry, le temps passait approximativement au même rythme que d'habitude, sauf qu'ils s'adaptaient et recommençaient, comme une voiture dans un embouteillage. Il était très fier de lui d'avoir découvert ça. Draco, bien qu'impressionné, ne le laissa pas paraître, évidement.

"Merci pour cette information complètement inutile, Potter. Je dormirai mieux ce soir."

Harry s'était contenté de soupirer avant de reprendre ses recherches.

Ils passèrent des jours à la bibliothèque, cherchant tout ce que pourrait expliquer ce qui leur était arrivé, ou bien même qui décrirait un événement similaire s'étant déjà produit dans le passé. Comme prévu, -- du moins selon Draco – il n'y avait rien.

A la fin du premier mois, Draco s'ennuyait. La vie était pourtant confortable grâce à la Salle sur Demande. Enfin du moment que Draco ne laissait pas Harry souhaiter leur repas. Il n'avait absolument aucune imagination, et il n'arrivait pas à comprendre, peu importe le nombre de fois où Draco le lui expliquait, que la tourte bergère n'était pas agréable à manger cinq fois de suite ! Dès lors, les repas étaient devenus la responsabilité de Draco. Ils se délectaient d'un dîner savoureux et variés chaque soir. Il avait même fait découvrir Au-Garçon-Qui-Ne-Mange-Que-De- La-Tourte-Bergère quelques nouveaux plats délicieux.

D'un autre côté, Harry avait prit en charge les tâches un peu plus terre à terre. Des choses que Draco n'avait franchement jamais prises en considération auparavant. Comme être sûr qu'ils aient des vêtements propres. Pas que ce soit un travail fatiguant puisqu'il suffisait après tout que de faire un vœu, mais pour une raison inconnue Harry était assez doué pour s'en souvenir alors que Draco non.

L'un dans l'autre, leur relation se développait dans un climat de bénéfice mutuel – avec une exception. Lors de leur première nuit, Harry avait souhaité deux lits, et de ce fait, chaque nuit ils dormaient seul. Draco avait découvert au fil du temps qu'il trouvait cet arrangement de plus en plus frustrant. Mais si Harry ressentait la même chose, il ne le montrait pas.

Et comme un Malfoy ne demande pas, Draco gardait son mécontentement pour lui.

Un jour alors qu'il était dans la bibliothèque, repensant pour la centième fois à ce petit détail qui l'ennuyait, l'ombre commença à avancer sur le sol et la table. Levant la tête, il remarqua que le soleil se couchait avec sa rapidité habituelle. Haussant les épaules : c'était une excuse aussi bonne qu'une autre, il ferma le livre qu'il était en train de lire et se traîna hors de la bibliothèque.

Il avait depuis longtemps cessé de s'énerver à cause du silence du château. En fait, pour une foule de raisons dont il n'avait pas encore parlé avec Harry, il en venait à apprécier cette solitude. La plus irrésistible des raisons : pas de Lucius Malfoy. Draco se renfrogna en pensant à l'homme.

Draco arriva à la Salle sur Demande au moment où naissait la nuit noire. Il ouvrit la porte, s'attendant à voir Harry déprimant à l'intérieur. Enfin, pas vraiment déprimant. Harry ne semblait pas non plus gêné par l'isolement. Il semblait en fait plus en paix avec lui-même qu'il ne l'avait jamais été, du moins depuis que Draco le connaissait.

Mais Harry n'était pas là.

Draco ignora sa peur, à la place il lança un "incendio" sur le feu, et s'installa devant avec un livre. Il fixait la même page depuis ce qu'il pensait être une demi-heure au moins avant de se lever d'un bond et de commencer à faire les cent pas. Dix minutes plus tard, il saisissait sa cape et partait à la recherche d'Harry.

Au bout d'une heure, Draco se tenait au milieu du hall d'entrée et s'obligeait à ne pas paniquer. Mais en dépit de tous ses efforts, sa respiration était de plus en plus haletante et son cœur battait la chamade. Il frotta une main contre son ventre, tentant de le calmer et, pour ce qui lui sembla être la centième fois, appela Harry. Seule sa propre voix lui répondit.

Draco était à présent quasiment sûr qu'Harry n'était pas dans le château. Mais il n'avait pas la moindre idée de l'endroit par lequel il devait commencer ses recherches à l'extérieur. Soudain l'inspiration fut là. Il tendit la main et cria, "Accio Eclair de feu !"

Qui sait, peut-être que le merveilleux balai du garçon était toujours dans la tour de Gryffondor. Mal à l'aise, Draco se balançait d'un pied à l'autre en attendant. Alors qu'il était sur le point de perdre espoir, le balai d'Harry arriva à toute vitesse dans sa direction provenant de la fenêtre la plus proche du plafond. Lorsque Draco tendit la main pour le saisir, des morceaux de verre tombèrent sur le sol. Il sourit.

"Tu es passé par la fenêtre, n'est-ce pas ?" demanda-t-il, puis il grogna. Si le fait qu'il parle à un balai n'était pas un signe montrant qu'il devenait hystérique, rien ne l'était. Courant vers la porte de devant, il la poussa à la hâte et monta sur le balai.

Cette nuit-là le terrain était tout noir. Les garçons avaient découvert, que certaines nuits la lune était là. En fait, durant les semaines qu'ils avaient passées ici, ils avaient vu chacune de ses phases au moins une fois. Mais ce soir, il n'y avait rien, et la brise vive et fraîche disait à Draco que les nuages étaient probablement à blâmer. Il fronça les sourcils réalisant qu'il pouvait presque sentir l'air froid précédant la tempête.

Il faisait pour la seconde fois le tour complet du terrain, volant plus bas au cas où il avait manqué quelque chose, quand ses yeux captèrent un éclat vers l'extrémité du terrain de Quidditch. Le vent était à présent assez violent. Une soudaine rafale faillit le faire tomber, et lorsqu'il se retourna vers ce qu'il avait vu, cela avait disparu. Serrant les dents à cause du froid croissant, il se dirigea vers la partie nord du terrain de Quidditch. Quand il se fut rapproché, il vit une forme effondrée, allongée, immobile sur le sol.

Draco atterrit en courant et en un instant fut auprès d'Harry. Le jeune homme était complètement immobile, et au départ Draco ne put rien voir, ne rien entendre par-dessus le souffle du vent. Il sentit finalement quelque chose. Un son fantomatique – une respiration superficielle et grinçante, et un mouvement — le faible tressaillement de sa main. Pleurant presque de soulagement, Draco souleva Harry, attentif à sa jambe qui semblait étrangement tordue, et commença à retourner vers l'école. Alors qu'il se tournait, il remarqua que les restes d'un balai de l'école brisé étaient cachés sous le corps d'Harry. Maudissant la folie du brun, Draco commença la longue marche menant au château.

Harry reprit douloureusement conscience en entendant la voix de Draco contre son oreille.

"Stupide ! Stupide ! Mon dieu si tu survis à ça je te tue !"

Harry ne put empêcher ses lèvres de s'étirer en sourire lorsqu'il entendit la panique dans la voix de l'autre garçon. Résolu à abréger la détresse de Draco, il tenta de lui dire qu'il allait bien. Mais tout ce qui sortit fut un gémissement de douleur. Son erreur suivante fut de tenter de bouger. La douleur explosa dans chaque nerf de son corps, mais tout ce qu'il parvint à faire fut un son étranglé lorsqu'il essaya de crier.

"C'est de ta faute ! Espèce de crétin ! Laisse moi deviner — tu étais en train d'essayer l'une de tes actions complètement imprudentes de Quidditch. Et sur un balai de l'école en plus ! Idiot ! Tu as de la chance de ne pas être mort !"

Il allait peut-être un peu loin, pensa Harry. A cause de la douleur, il essaya de repousser les mains de Draco qui rodaient autour de sa tête. Draco les saisit aisément et les replaça au niveau de ses côtes. "Ne bouge pas !" gronda-t-il contre Harry.

Harry considéra que c'était un bon conseil. Cela semblait faire moins mal lorsqu'il restait immobile. Décidant de prendre le risque, il entrouvrit un œil, et fut contrarié de voir que sa vision était entachée par le rouge du sang qui coulait dans son oeil. Draco s'accroupit au-dessus de lui, les lèvres si fermement serrées qu'Harry se demanda vaguement comment il parvenait à parler. Ses yeux étaient rouges, à moins que ce ne soit dû à son regard voilé, et il paraissait extrêmement énervé. Et autre chose encore. Apeuré.

"Où sont mes lunettes ?" coassa-t-il. Draco lui accorda un regard avant de recommencer à fixer la grosse entaille sur sa tempe.

"J'en ai aucune idée."

" Je ne vois rien."

" Bien. Peut-être que comme ça tu resteras loin du danger."

Harry se risqua à rire doucement, puis il le regretta. Toute sa cage thoracique était douloureuse. « Pourquoi Draco…" il haletait toujours à cause de la douleur, "Je ne savais pas que tu t'en souciais."

Comme aucune réponse ne venait, Harry se risqua à un nouveau coup d'œil en direction de son invraisemblable sauveur. Cette fois, il n'y eut aucun doute quant à la provenance de l'humidité aux coins des yeux de Draco, et Harry tendit la main pour toucher sa joue sur laquelle des larmes se répandaient. "Je vais bien, Draco," dit-il sincèrement contrit.

Draco ne répondit pas, il secoua juste la tête et mordilla sa lèvre inférieure. "Tu ne vas pas bien, Potter."

" A quel point me suis-je blessé ?" demanda Harry s'estimant assez rétabli pour parler.

"Je ne….Je ne sais pas. Merlin, je ne suis pas médicomage !"

" D'accord, d'accord, d'accord, calme-toi," l'apaisa Harry. Harry resta silencieux un long moment tandis que Draco nettoyait autour de sa plaie à la tête. Quand il eut fini, Harry serra les dents pour lutter contre la douleur et tendit la main vers celle de Draco. "Ça va aller, Draco. On y arrivera ensemble. Il y a des tonnes de potions de guérison à l'infirmerie."

" Mais je ne sais pas ce qui ne va pas chez toi ! Je n'ai pas la moindre idée de ce que je peux te donner !"

Harry entendait la peur et l'incertitude de la voix de Draco. Il pressa la main du blond, attirant le regard de l'autre garçon sur le sien. "Je vais aller bien," lui assura-t-il.

Pendant une minute, Draco ne bougea pas, puis il se pencha et pressa fermement ses lèvres contre celles d'Harry. Et malgré la douleur, Harry put sentir le frémissement provoqué par ce bref contact. "Tu as intérêt," murmura Draco contre sa bouche.

"J'irai mieux," lui assura Harry.

Cette nuit engendra de nouveaux intérêts. Même avec les livres médicaux de la bibliothèque et la réserve bien remplie de l'infirmerie, certaines des aptitudes guérisseuses dont Harry avait besoin étaient au-dessus de leurs capacités à tout deux. De ce fait, Harry fut obligé, pour cette fois, de faire la majeure partie de sa guérison naturellement— avec du temps.

Draco ne s'ennuyait plus. Il passait des heures à la bibliothèque à lire des textes médicaux, et à perfectionner ses sortilèges de guérison. Il obligea Harry à descendre aux cachots avec lui en boitant pendant qu'il brassait des potions de guérison, des simples et des complexes. Harry le suivait sans sourciller. Il en comprenait la nécessité. La leçon avait été dure à apprendre, mais il réalisait à présent qu'ils étaient loin d'être prêts à se débrouiller seuls sur une longue durée. De plus, il avait découvert qu'il adorait regarder Draco préparer des potions. En fait, il avait découvert qu'il aimait regarder Draco quoiqu'il fasse.

Les centres d'intérêts d'Harry aussi avaient changé. Draco avait raison—il était heureux ici. Il n'avait pas eu une seule vision sur Voldemort depuis leur "arrivée", et il trouvait cette solitude libératrice. Il n'y avait pas de "Celui-Qui-A-Survécu ceci" et Celui-Qui-A-Survécu cela. Ici, avec Draco, il était juste Harry. Mais il n'était pas non plus du genre à perdre son temps. Alors pendant que Draco s'occupait à devenir leur médecin à demeure, Harry commença à vivre dans la section interdite de la bibliothèque. Il absorbait toutes les informations qui l'intéressaient, principalement des sorts défensifs, lesquels étaient auparavant précieusement enfermés sous l'œil attentif de Madame Pince. La vérité était qu'il cherchait quelque chose de particulier, et six semaines après sa chute, il trouva.

Harry glissa de son balai, qu'il avait prit l'habitude de monter pour traverser les couloirs le temps que sa jambe guérisse et entra dans la Salle Sur Demande. Draco était déjà là, et il leva la tête lorsque Harry entra.

"Je t'ai déjà dit que tu devais utiliser ta jambe et ne pas te contenter de monter sur satané balai pour aller n'importe où. Tu as besoin d'exercice, dans le cas contraire tu vas perdre certaines de tes facultés à te déplacer."

"Oui, docteur."

Draco se renfrogna simplement. Harry sourit, heureux d'être rentré à là maison.

Il boita jusqu'au sofa et s'écroula à côté de Draco. Il s'étira, appuya sa tête contre les coussins, et fixa son ami. Quand Draco se renfrogna plus encore, Harry sut qu'il avait conscience qu'il le regardait. Se sentant d'humeur taquine, Harry tendit la main, et la plaça sur la jambe de Draco. Très lentement, il traça des dessins complexes sur la cuisse couverte de jean de Draco.

Voir le rouge monter aux joues de Draco et sa respiration s'accélérer suffit à faire augmenter les battements du cœur de Harry. Il ne changea pourtant pas sa douce caresse coquine. Finalement, Draco sortit sa main et la posa sur celle d'Harry, l'immobilisant.

" Qu'est-ce que tu fais ?" demanda-t-il d'une voix rauque, lorsqu'il se tourna finalement.

Harry sourit. "Je touche," répondit-il simplement.

Comme Draco ne répondait pas, et se contentait de le fixer, Harry décida qu'il était l'heure de sa surprise. "Je nous ai fabriqué quelque chose," dit il. Il se tourna pour fouiller dans sa poche, mais ne retira pas la main posée sur la jambe de Draco.

Lorsqu'il se tourna à nouveau vers Draco, il tenait deux petites amulettes. Elles semblaient complètement identiques aux yeux de Draco, et il lui fit remarquer.

"Elles sont sensées l'être," expliqua Harry. "Je leur ai jeté un sort pour qu'il en soit ainsi. Une pour toi, et une pour moi." Il en tendit une à Draco.

"A quoi servent-elles ?" demanda Draco, curieux.

"Elles ont infusé dans un sortilège spécial de contrôle. Grâce à cela, je sais exactement où tu te trouves à chaque instant, juste en me concentrant. Cela me préviendra aussi si tu es blessé ou en danger."

Les yeux de Draco s'écarquillèrent. Il regarda le petit cercle doré de plus près. "Est-ce que la mienne fera la même chose ?" demanda-t-il. Harry hocha la tête et Draco eut un large sourire. "Ne te fais pas des idées, Potter," dit-il en l'enfilant. "Ça veut pas dire qu'on est marié, ni quoi que ce soit d'autre."
Harry eut un petit sourire énigmatique et refit des petits cercles cajoleurs sur la jambe de Draco.

OoOoOoOoOoO

Prochain chapitre : Chocogrenouilles.