Bonjour à tous.
D'abord, je réponds à Brownie, que je remercie de sa review.
Je ne vais pas m'attarder sur la difficulté à trouver des doujins de grande qualité mettant en scène cette romance. Je vais cependant t'aider à rallonger la liste des suspects : les personnages de Touhou 13 sont inclus dans cette fanfic. Tu auras donc droit à un aperçu de la rivalité entre Byakuren et Miko.
C'est tout ce que dirais, même si ça n'a guère d'important dans l'histoire, c'est juste du détail pour donner de la profondeur aux héroïnes.
Donc, voici la suite, durant laquelle l'intrigue se met lentement en place.
Vous aurez votre content d'hémoglobine et de suspens plus tard. Je vous le garantis.
Bonne lecture et n'hésitez pas à mettre des review, votre avis m'intéresse.
Disclaimer : Touhou Project est à ZUN.
Chapitre 4 : Marisa stole the precious thing
Thème conseillé : Touhou 12.8, Great Fairy Wars : Marisa Theme - Magus Night ( http :/www. youtube .com/ watch?v =WcXATKWTsSw )
Reimu Hakurei se frotta une nouvelle fois les yeux, alors qu'elle jetait un œil distrait au calendrier. Déjà jeudi, la semaine passait vite, songeait-elle, en terminant de mettre les manches de son kimono.
La matinée avait fort mal commencé pour elle, puisque la miko avait prévu de se prélasser avant de sortir faire ses courses, mais un imprévu l'avait forcée à se lever de bonne heure. Finalement, elle se sentait obligée de tenter de résoudre la mystérieuse affaire qu'on lui avait exposée. Reimu décida d'aller explorer une piste au sujet du meurtre de Keine, allant interroger les yôkai de la forêt de la magie, située à proximité du village humain ou l'enseignante défunte donnait ses cours.
Cependant, la miko ne partait pas seule. Il faut dire que son réveil n'avait pas été des plus agréables et qu'elle était souvent accompagnée lors de ses sorties.
En effet, le matin même, alors que la prêtresse dormait du sommeil du juste, la porte de son temple s'ouvrit d'un coup. Dans l'entrebâillement illuminé par les rayons de l'astre solaire, elle distingua vaguement une silhouette. A mesure que les yeux de la miko s'adaptaient à l'intense éclat du soleil, elle identifia la blonde vêtue d'une robe noire et qui tenait un vieux balai à la main.
- Je suis rentrée ! avait alors hurlé Marisa à tue tête, comme si elle était chez elle.
La blonde considérait l'endroit ou ses amies vivait comme son véritable foyer, plus que sa propre demeure. Le fait qu'elle entre avec son habituelle indécence était devenu quelque chose d'habituel pour Reimu, comme un élément normal qui caractérisait la sorcière ordinaire, indissociable de sa personnalité enjouée et rieuse.
Cela n'empêcha pas Reimu de grogner, alors qu'elle était encore à moitié endormie et que les bandelettes qui entouraient sa poitrine pour la nuit commençaient à se défaire sous les gestes de la miko qui n'avait pas encore revêtu son habituel kimono rouge et blanc.
- Je croyais que cet endroit était ouvert toute la journée ? demanda Marisa avec une fausse naïveté, tout en rappelant la légendaire hospitalité du temple Hakurei.
- Oui, affirma Reimu dans un soupir, mais pour les gens ayant besoin de secours. Pas aux idiots ou aux profiteurs, dit-elle avec un ton acerbe.
Marisa haussa les sourcils, sans se préoccuper de l'insulte à peine voilée. Elle préféra se racler la gorge, tout en désignant la pièce voisine d'où l'on entendait clairement les ronflements ivres de Suika Ibuki.
- Cas spécifique, ajouta Reimu en faisant un geste de la main pour couper court à cette conversation.
Voilà donc comment Reimu Hakurei, la merveilleuse prêtresse protégeant les rêves, s'était retrouvée dans le village humain, à suivre tant bien que mal Marisa, qui s'amusait à fouiner partout, regardant tous les étalages avec avidité.
Comme d'habitude, les rues du village fourmillaient d'activités, en raison de la présence du marché qui poussait tout le monde à faire ses emplettes. Au moins, dans cette masse de personnes, on pouvait facilement espérer en trouver une qui saurait au moins quelque chose sur la mort de Keine.
Tout était calme, jusqu'à ce que Reimu se rende compte qu'elle avait perdu de vue sa coéquipière.
- Au secours ! cria un homme furieux qui déboulait de son stand avec encore un couteau à la main. Attrapez cette voleuse !
C'est bon, songea t-elle blasée, elle l'avait retrouvée.
Sans surprise, la voleuse en question prit de l'altitude, juchée sur son balai. D'une main, elle retenait son chapeau pointu, alors que de l'autre, elle mangeait une belle pomme rouge, bien juteuse.
Reimu soupira du caractère exaspérant, mais en même temps si attachant, de son amie kleptomane. Elle décida de poursuivre la sorcière dont le culot monstre n'avait d'égal que la volonté et le sérieux qu'elle n'affichait qu'en de rares occasions. Marisa continuait son vol, tout en terminant son repas, durement acquis selon elle.
Le vol, né d'une impulsion aussi soudaine qu'irraisonnée, avait du être planifié pendant au moins une vingtaine de secondes. Quant à l'exécution, elle avait du lui prendre, à tout casser, au moins cinq secondes, le temps d'enfourcher son balai et de voler le fruit.
Oui, pour Marisa, faire vingt secondes de planification et cinq secondes d'efforts, c'était un travail harassant et tout travail mérite salaire.
La blonde était tellement souriante, grisée par l'adrénaline et l'envahissant sentiment jouissif d'avoir commis un acte interdit, qu'elle ne fit pas attention aux deux adorables fées rouges qui s'approchèrent du balai par dessous.
- Demonic Control, Return Inanimate, chuchota une voix froide mais assurée.
Deux explosions ébranlèrent le ciel, attirant tous les regards, alors que la sorcière perdait le contrôle de son balai. Trop choquée par l'explosion qui l'avait prise en traître, Marisa avait sursauté et ne put redresser le manche à temps. Elle chuta de plusieurs mètres, avant d'être catapultée et de rouler dans les gravillons en gémissant.
Alors que le balai tombait au sol, suivi par le chapeau pointu, Marisa grimaça à cause de la douleur. Les brûlures consécutives à l'explosion, ainsi que les craquements dans ses os la faisaient souffrir. Elle chassa les petits morceaux de gravier incrustés dans sa chair, notamment au niveau de ses genoux ensanglantés, avant de se redresser péniblement pour s'asseoir. Son regard se tourna vers la forêt proche, pour tenter de voir son agresseur.
- Alice ? demanda bêtement Marisa en reconnaissant la robe bleue et la poupée volant aux cotés de la manipulatrice. Ca va ?
La marionnettiste affichait un visage inexpressif, si ce n'était par l'éclat de colère qui brillait dans ses yeux. Si elle venait d'utiliser et de sacrifier deux poupées explosives pour l'arrêter, c'est qu'elle devait vraiment être en colère.
- Tu sais, Alice-chan, dit la blonde avec un sourire charmeur, même si une grimace de douleur fut perceptible alors qu'elle rouvrait la plaie au niveau de son genou gauche, si tu veux me voir, il y a des moyens plus délicats, da-ze !
La blonde en robe bleue ne fut pas vraiment amusée par cette invitation charmeuse. Elle serrait les poings, ivre de fureur, jusqu'à ce qu'elle fasse un petit signe.
Shanghai et Hourai, les deux poupées fétiches d'Alice, sortirent leurs armes acérées. Marisa sut qu'elle avait vraiment fait quelque chose d'incorrect, puisque sinon Alice n'aurait jamais laissé ses deux marionnettes poser leurs lames près du cou et de la gorge de la blonde, qui déglutissait lentement.
Là, elle était mal. Mais malgré la menace de mort réelle que la yandere faisait planer, son esprit n'était pas assez vif. La sorcière ne posa qu'une question simple et suicidaire.
- Qu'est-ce que j'ai fait ? demanda t-elle en se retenant d'ajouter un « encore » en fin de phrase.
Alice lui colla une gifle, alors qu'elle s'abaissait jusqu'à se mettre au niveau de la célèbre voleuse.
- Ou est-il ? demanda t-elle froidement, en agrippant la longue natte tressée qui pendait lamentablement sur l'épaule de la sorcière.
- Ou est quoi ? répliqua Marisa avec incompréhension.
Mauvaise réponse, ou du moins pas celle visiblement attendue, puisque Alice activa une autre Spell Card, convoquant un groupe de poupées rousses qui frappa la blonde désarmée dans le dos. Après que Marisa n'ait hurlé, attirant Reimu qui arriva finalement devant la marionnettiste, la froide fabricante de poupées reporta son attention sur sa victime à terre.
- Tu sais très bien de quoi je parle, dit-elle, envahie par une glaciale fureur. Ne fais pas l'innocente. Donc, je répète ma question. Ou est mon grimoire ?
Le grimoire d'Alice. Un ouvrage rare, empli de formules cabalistiques dont la signification échappe même à l'actuelle propriétaire qui passait beaucoup de temps à en percer les secrets enfouis. Un tel recueil d'expériences magiques était un atout incroyable, une tentation pour tout utilisateur de la magie et elle ne doutait pas une seconde que ce soit cette kleptomane qui volait, ou qui empruntait tout à vie selon le point de vue de l'intéressée, qui ne l'ait malencontreusement embarqué durant sa dernière visite.
- Je n'ai pas ton grimoire ! se défendit Marisa qui aurait bien voulu reculer devant l'air effrayant d'Alice, s'il n'y avait pas eu le couteau effilé de la poupée posé sur son cou.
- Menteuse ! gronda Alice en donnant un coup de pied dans les côtes de la sorcière.
- Du calme, ordonna Reimu, qui ne tenait pas à devoir affronter une de ses amies. Libères là, tu vas trop loin.
Alice ricana, tout en obéissant. Comme si c'était elle qui allait trop loin, en dévalisant les honnêtes yôkai.
- Tu sais que j'interdis l'accès à ce livre en raison de sa dangerosité. Même moi, je ne l'ai exploré qu'en surface. Il contient des choses terribles qui, mal utilisées, pourraient être désastreuses. Je sais que tu me l'as volé, je l'avais encore hier soir, quand tu étais chez moi. Je le conservais toujours dans ma cachette et les serrures n'ont pas été forcées. Une seule personne était dans ma maison, avec un accès à toutes mes possessions. Toi.
- D'accord, d'accord ! avoua Marisa. C'est moi qui l'ai pris, mais j'avais une bonne raison !
- Laquelle ? fit Alice, glaciale. J'espères que tu ne l'as pas utilisé pour caler un meuble ou je ne sais quoi.
- Non, dit-elle penaude, j'avais besoin de la formule pour transformer les champignons. Mon mini Hakkero est à réparer et j'avais besoin de cette formule pour mieux maîtriser la magie.
- Et tu n'as pas eu le bon sens de venir me le demander ? Je passerais chez toi pour le récupérer, dit elle avec un regard ne souffrant aucune contestation.
Leur discussion fut interrompue par Aya, qui volait à basse altitude, laissant le vent fouetter son visage et faire flotter sa courte jupe. Elle avait un lourd paquet de documents à la main, ainsi qu'une bourse à sa ceinture, tandis qu'elle distribuait son fameux journal.
- Edition spéciale ! criait-elle à qui voulait l'entendre. Yukari et sa servante photographiées nues dans leur onsen !
Immédiatement, toutes les têtes se tournèrent vers elle et plusieurs personnes sortirent leurs yens sans tarder.
- Fais voir, demanda Marisa avec intérêt, alors qu'elle se relevait difficilement.
- D'abord tu payes, trancha Aya, après tu te rinces l'œil.
La blonde sortit une pièce du porte-monnaie qu'elle avait dans sa poche, avant d'être arrêtée par Reimu.
- Avec ton argent, coupa la miko en reprenant ce qui était à elle, alors que Marisa se grattait l'arrière du crâne en murmurant une vague excuse, ainsi que quelque chose sur ses habitudes.
Dès qu'elle fut en possession du quotidien, attirée par la couverture, un sifflet admiratif franchit les lèvres de la sorcière, alors qu'elle ouvrait le journal à l'article l'intéressant le plus.
- Aya, demanda t-elle à l'oreille de la tengu, je suppose que tu as les originaux en couleur. Tu demandes combien pour un agrandissement ?
La blonde reçut un coup de gohei sur la tête, donné par Reimu, ce qui la ramena rapidement à la réalité.
- J'pouvais toujours tenter, ronchonna t-elle pour se justifier.
- Nous avons d'autres choses plus urgentes que ton voyeurisme, coupa Reimu. Nous devons retrouver qui a tué Keine.
- As-tu des informations sur l'arme du crime ? demanda Alice, qui dissimulait son intérêt derrière son masque d'indifférence.
- L'arme utilisée est perforante, affirma Reimu, je m'en suis aperçu quand j'ai examiné le corps, lorsque je l'ai lavé avant de l'habiller. Au vu de la profondeur et de l'aspect pointu, je penche pour un kunai, ou un couteau particulièrement soigné, voire un poignard.
La sorcière blonde, resta pensive quelques instants.
- Un poignard, murmura t-elle, c'est l'arme de prédilection de la soubrette du Scarlet Devil Mansion.
- Très juste, approuva Alice. Mais il faudrait également trouver le mobile de ce meurtre. Un suspect sans motif, ça ne nous sert à rien. Je vais aller voir au Kourindou, afin de déterminer si quelqu'un aurait acheté une arme récemment.
Reimu, Alice et Marisa se séparèrent, fixant une nouvelle rencontre chez la magicienne ordinaire, afin de faire le point sur les informations qu'elles auraient éventuellement récupérées.
La journée allait être longue, pensèrent-elles, alors qu'elles ignoraient encore que la liste des cadavres s'allongerait très bientôt.
