10

Disclaimer : tout appartient à JKR et je ne fais aucun profit en écrivant cette histoire.

Béta : Tania comme toujours !

Merci à : Kisis (contente de te retrouver) et Shinily (merci pour tous ces compliments !)

xxxXXXxx

Etant d'un naturel généreux j'ai décidé de vous livrer la suite plus tôt afin de vous délivrer de la terrible angoisse provoquée par la fin du chapitre précédent…

xxxXXXxx

Chapitre 4 – Fiancé ? Impossible !

Draco n'en menait pas large en revenant dans le salon. Pourquoi avait-il dit à Vincent et Gregory qu'ils pouvaient rentrer chez eux ? Ses jambes tremblaient et il repensa à la promesse qu'il avait faite à Lily. Elle allait se réaliser, ce fou psychopathe allait le tuer et ensuite il tuerait Harry. Il ne s'était jamais senti aussi impuissant. Pourquoi n'avait-il pas pris des cours de karaté au lieu d'étudier le droit ? Il aurait pu désarmer cet homme au regard fou qui allait les tuer. Il n'y avait aucun doute possible sur ses intentions.

A quoi lui servaient sa fortune et sa langue acérée dans ces circonstances ? Par tous les dieux, il n'était pas un homme d'action, il était un planificateur. Personne ne pouvait le battre lorsqu'il était derrière son ordinateur, en sécurité dans son bureau. Mais là, il était face à un homme armé jusqu'aux dents…

Il essayait de réfléchir rationnellement mais tous les rouages de son cerveau étaient bloqués sur le pistolet qui le menaçait. Il fit passer tout son désarroi dans son regard pour essayer de prévenir Harry, en espérant qu'il ne fasse rien d'inconsidéré.

Dés qu'il l'aperçut, Harry comprit que quelque chose de grave était en train de se passer et il se leva d'un bond.

« Ne me dis pas que tu fais cette tête parce que tu as fait tomber les pizzas ? »

L'indignation que ressentit alors Draco lui fit oublier sa peur et retrouver toute sa morgue. Comment Harry pouvait-il croire qu'il était terrifié par une chose aussi stupide ?

« Les pizzas vont bien Harry » répondit-il d'un ton acide, « j'ai juste peur que nous ne puissions pas en profiter ».

Il avança de deux pas puis se retourna pour découvrir non pas un, mais deux hommes. Un chinois à la mine patibulaire qui tenait les cartons de pizzas et un géant rouquin avec des yeux fous qui le menaçait de son pistolet.

« Salut Harry » dit le chinois. « Je suis venu t'apporter ta commande en personne ».

« Gino ? Ron ? Mais qu'est-ce que vous faites ? »

Draco ne comprenait plus rien. Ce chinois était le pizzaïolo ? Et le rouquin était le fameux Ron, le copain d'enfance d'Harry ?

« Tu vas bien, Harry ? Dés que Gino m'a raconté qu'il devait te livrer des pizzas dans ce quartier de richards, j'ai compris que tu avais des problèmes et que c'était en fait un appel au secours. Le nez pointu t'a enlevé ? Hein ? C'est ça ! »

De quel nez pointu parlait cet énergumène se demanda Draco.

Harry se frappa le front pendant que Gino rigolait de bon cœur.

« Parce que tu penses vraiment qu'un ravisseur aurait eu l'obligeance de me prêter un téléphone pour que je commande des pizzas, en donnant son adresse en plus ? Juste pour que tu débarques arme au poing pour venir me sauver ? »

Le rouquin haussa les épaules. « J'ai déjà vu des choses plus tordues t'arriver ».

« Tu peux baisser ton arme, je n'ai été enlevé par personne » dit Harry qui pensa que Ron n'était pas si loin de la vérité que ça. « Gino, amène les pizzas par ici, je meurs de faim ! »

Les deux hommes se dirigèrent vers le canapé alors que Draco, toujours sous le choc, n'avait pas bougé d'un pouce. Harry le prit par la main et l'installa dans un fauteuil sur l'accoudoir duquel il prit place à son tour.

Ron avait déjà ouvert les boites et commençait à manger une part de trois jambons avec enthousiasme. Le temps que Draco retrouve ses esprits, il en avait déjà mangé trois alors que Gino et Harry entamait la deuxième.

« Puis-je savoir ce que vous faites ? Qu'est-ce qui vous donne le droit de vous introduire chez moi, de me menacer avec une arme et ensuite de vous installer tranquillement pour dévorer mes pizzas ? » demanda-t-il d'une voix glacée.

Harry le regarda avec surprise, il ne comprenait pas sa colère subite. Puis, tout à coup il réalisa que contrairement à lui, il ne connaissait pas Ron et Gino et il avait vraiment eu peur. Cette réalisation lui provoqua un pincement au cœur, surtout parce qu'il n'avait pas compris plus tôt et il se mit à passer une main apaisante dans le dos de Draco.

« Techniquement ces pizzas sont toujours à moi puisque tu ne les as pas encore payées » commença Gino qui reprit très vite en voyant le regard de tueur qui lui lançait Draco. « D'ailleurs, je vous les offre. Je me présente, Gino. En fait, mon vrai nom est Han Chang mais comme Chang pizzas ne sonnait pas terrible et prêtait à confusion, j'ai préféré Gino. Je suis un ami d'Harry, on s'est rencontré à l'ordre du Phénix. Et je tiens à préciser que j'ai essayé d'empêcher Ron de débarquer ici arme au poing… » débita-t-il à toute allure sous un regard qui avait dépassé depuis longtemps le stade de la fusion.

« Ho ça va, Gino. Pas la peine de faire carpette devant un nez pointu qui ne s'est pas présenté non plus lorsque nous sommes arrivés ! » intervint Ron la bouche pleine.

Draco sentait la rage monter en lui par vagues devant la désinvolture de Ron. Et puis d'abord, il n'avait pas le nez pointu !

« Quand aurais-je eu le temps ? Avant ou après qu'un primate mal élevé me pointe son arme sur la tempe ? »

Harry admirait la retenue et le langage châtié de Draco alors qu'il bouillait de rage. Ron avait tort de se comporter de cette façon et il savait exactement comment lui donner une petite leçon bien méritée.

Le rouquin était quelqu'un de foncièrement gentil mais il avait une vision du monde quelque peu réductrice. Il y avait la catégorie des « bons » dont lui et ses amis étaient membres et celle des méchants. Les riches, dont Draco faisait partie, appartenaient définitivement à la seconde. C'était pourquoi lorsque Gino lui avait dit qu'il devait livrer des pizzas dans ce quartier huppé, toutes ses facultés de raisonnement s'étaient fait la malle et il avait foncé sans réfléchir un seul instant à la stupidité de ses déductions.

Et maintenant, il s'empiffrait de pizzas en snobant Draco. Il vit que Gino qui était beaucoup plus observateur le regardait avec suspicion mais il n'en tint pas compte, il savait qu'il ne s'en mêlerait pas.

Il attendit que Ron ait la bouche pleine et prit son air le plus innocent.

« Tu t'es conduit comme un imbécile, Ron. Et en plus, au lieu de t'excuser tu es désagréable avec Draco »

Comme prévu, Ron ne pouvait pas parler et il fit un geste de la main qui voulait dire « et alors ? »

« Et alors, j'attends que tu présentes des excuses à mon fiancé… »

Draco sentit sa rage refluer en entendant ces paroles qui produisirent l'effet d'un baume apaisant sur ses nerfs à vif. Il tourna la tête vers Harry qui lui fit un clin d'œil complice, cela acheva de le calmer. Il se renfonça confortablement dans son fauteuil pour profiter du spectacle.

Gino avait arrêté de manger et promenait un regard rond d'étonnement de l'un à l'autre.

Lorsque l'information principale de la phrase parvint au cerveau de Ron, une réaction en chaine se produisit.

Il voulut parler mais comme il avait la bouche pleine, il s'étrangla et projeta des résidus de pizza à peine mâchés tout autour de lui. Il se mit à tousser de plus en plus fort et son teint prit une jolie teinte écarlate. Enfin, ses yeux, habituellement bleu pâle, prirent une couleur assortie au reste de son visage et des larmes jaillirent.

A ce moment, il obtint le pardon de Draco qui se promit quand même de concocter une petite vengeance discrète.

Ron retrouva la possibilité de parler, ce qu'il ne fit pas. A la place, il se mit à hurler en pointant Draco de son index.

« Fiancé ? Avec lui ? Impossible ! Qu'est-ce que tu lui as fait, enfoiré de nez pointu ? »

Mais qu'est-ce qu'il a avec mon nez ? se demanda Draco en portant une main à son appendice. Il est pourtant parfait. Personne ne s'est jamais plaint de mon nez !

« Ron ! Ça suffit ! ». La voix d'Harry claqua, dangereuse et pleine de menaces contenues.

Ron tenta d'ouvrir la bouche mais Harry fut plus rapide.

« N'aggrave pas ton cas. Tu ne dis pas un mot de plus et tu sors de cet appartement. Tu n'y reviendras que lorsque tu seras calmé et prêt à présenter des excuses à Draco » dit-il en montrant la porte du doigt.

Draco était admiratif. Malgré sa petite taille, Harry avait la stature d'un chef. D'ailleurs Ron ne s'y trompa pas, il maugréa mais se leva néanmoins. Il attrapa son blouson d'un geste rageur et sortit de la pièce à grands pas.

Gino lui emboita le pas mais en prenant tout son temps. Au moment de sortir, il se retourna avec un sourire espiègle.

« Félicitations. N'oubliez pas pour le mariage, chez Gino est le meilleur restaurant italien de toute la ville ! »

Il referma vivement la porte sur laquelle vint s'écraser la béquille d'Harry.

« Quelles plaies ces deux là » dit-il en soupirant et en se laissant choir sur un fauteuil. « Tu veux goûter la fruit de mer ? Par chance, Ron n'est pas resté assez longtemps pour tout manger ! »

Draco hocha distraitement la tête. Harry voyait bien qu'il était plongé dans des pensées pas très réjouissantes mais il s'était refermé comme une huitre. Harry n'avait jamais été très doué pour ouvrir ces coquillages récalcitrants. Il décida de commencer par s'excuser pour Ron en attendant que le rouquin le fasse lui-même.

« Ecoute, Draco, je suis vraiment désolé pour ce qu'a fait Ron. C'est un garçon très gentil mais il a parfois des réactions insupportables… »

« Je n'en doute pas »

Bon, de toute évidence, Ron n'était pas le sésame qui allait permettre d'ouvrir le coquillage.

« Je crois que la première clause de notre contrat est remplie » dit Harry en s'essayant à la plaisanterie. Il balaya la table basse et le canapé d'une main, montrant ainsi le bazar qui régnait entre les cartons ouverts et les miettes répandues un peu partout par Ron.

« Il n'y aura pas d'autres clauses. Le contrat est annulé » dit Draco d'une voix qu'il voulait ferme et définitive.

Allons bon ! Il m'enlève de force pour passer ce maudit contrat, et hop ! Tout à coup, juste parce que Ron fait une idiotie, il n'y a plus de contrat. S'il croit que je vais me laisser faire, c'est mal me connaitre. J'ai décidé que ce contrat serait conclu et il le sera !

« Pourquoi ? »

« Tu demandes pourquoi ? » dit Draco en se levant et en commençant à faire les cent pas. « Tu n'as pas vu que je suis incapable de te protéger ? J'étais paralysé par la peur. Tu n'aurais jamais du te fâcher avec ton copain… Je suis sur qu'il aurait été capable de réagir, lui ! »

Voilà donc où était le problème. Encore une victime du syndrome des contes de fée. Heureusement pour Harry, sa mère lui avait expliqué dés le plus jeune âge le pouvoir de conditionnement de Blanche Neige qui cantonnait la fille au rôle de pucelle ayant besoin d'être sauvée par le prince charmant. Pucelle et idiote ! Qui mangerait une pomme donnée par une vieille sorcière et passerait ses journées à faire le ménage en chantant ? Apparemment ce n'était pas le cas de Draco qui avait été contaminé, sans doute très jeune.

Il l'avait identifié à la princesse –saloperies de marguerites dans les cheveux- et lui était le prince charmant. Harry allait devoir combattre en douceur toutes ces idioties bien implantées dans la jolie tête blonde et lui faire comprendre qu'il n'avait aucun besoin d'être sauvé et qu'on avait parfaitement le droit de ne pas être un héros. Il allait devoir faire preuve d'un tact qu'il n'était pas certain de posséder.

« Tout d'abord, Draco, j'aimerais que tu t'assoies afin que nous puissions en discuter calmement »

Quelle horreur ! Il parlait comme sa mère !

« Il n'y a rien à discuter. Je n'ai rien à t'apporter » dit Draco en s'asseyant quand même.

Harry trouvait son air buté extrêmement mignon et il s'empêcha de sourire en pensant à la mort de la mère de Bambi, épisode traumatisant de son enfance, qui lui rendit tout le sérieux nécessaire à cette difficile discussion.

« Je tiens à te rassurer sur un point important, je ne suis pas fâché avec Ron. A l'heure qu'il est, il est en train de hurler que j'ai perdu la raison ou que je suis drogué auprès d'Hermione chez qui il a couru dés qu'il est sorti de cet appartement. Depuis des années, Hermione est le cerveau de notre groupe et la voix de la raison. Elle va le ramener à de meilleurs sentiments d'une phrase bien choisie et le tirer ici par la peau des fesses pour qu'il s'excuse. Toutes nos disputes, et crois moi, elles sont nombreuses, finissent de cette façon. Celle là ne fera pas exception à la règle »

Harry fit une pause et regarda attentivement Draco pour être certain d'avoir toute son attention. Ce qui était bien le cas.

« Ensuite, tu te sous-estimes… ». Il fit un geste de la main pour empêcher Draco de l'interrompre.

« Qui serait prêt à faire face à un homme armé ? Surtout en n'ayant jamais été confronté à ce genre de situation. Tu as eu exactement la bonne réaction » affirma Harry avec la plus grande conviction.

« Ha bon ? » se contenta de répondre Draco.

Il savait parfaitement qu'il n'avait eu aucune réaction mais si Harry pensait qu'il en avait eu une, il ne fallait surtout pas le contrarier. Il se redressa légèrement pour écouter ce que le brun avait à lui dire.

« Tu as eu la grande intelligence de ne rien faire ».

Harry utilisait un ton de conspirateur comme s'il partageait un grand secret avec Draco. Lequel était totalement confus car il ne voyait pas du tout comment le fait de ne rien faire pouvait être qualifié d'intelligent.

« Je commence à voir où tu veux en venir… » répondit-il sur le même ton. Bien que ce soit un mensonge éhonté, Draco prit une mine inspirée.

« Je suis sur que si je ne t'avais pas révélé leurs identités, tu aurais concocté un plan brillant pour nous sortir d'affaire »

Draco hocha la tête avec conviction. Il n'était pas vraiment sur qu'au moment où Ron lui avait pointé un revolver sur la tempe il aurait été capable de planifier quoi que ce soit. Mais en y réfléchissant, c'était une possibilité à ne pas écarter. Cela aurait pu arriver. Oui. Très probablement.

Harry retint un sourire en voyant Draco reprendre progressivement contenance et décida d'enfoncer le clou.

« Vois-tu ma mère est la pire des chieuses mais c'est aussi une femme qui fait souvent preuve d'une intuition surprenante. Elle nous a associé au moment même où elle a vu ta photo et je pense qu'elle a eu raison. Tu es exactement celui dont j'ai besoin »

« Ha oui ? »

Après tout c'était normal. Il était un aristocrate de la plus haute lignée. Son père était comte et il hériterait du titre à sa mort. De plus, il était un avocat renommé, même si ses méthodes étaient parfois contestables, il n'avait jamais perdu une affaire. Totalement rasséréné, Draco écouta la suite du plaidoyer d'Harry en étant déjà presque convaincu.

« Ron et moi sommes semblables. On agit d'abord et on réfléchit après. C'est pour ça que nous n'arrivons pas à coincer Voldemort. Cet homme machiavélique a toujours une longueur d'avance sur nous. Toutes ses affaires sont soigneusement réfléchies et il prend toutes les précautions possibles. Nous avons besoin de quelqu'un capable de réfléchir comme lui et tu es l'homme de la situation ».

Evidemment qu'il l'était !

« Je vais chercher du papier pour rédiger notre contrat » dit Draco en ayant retrouvé toute son énergie et en se levant avec un sourire éblouissant.

Harry le retint par le poignet.

« Crois-tu vraiment qu'on ait besoin de tout écrire noir sur blanc. C'est fastidieux … »

Draco leva un sourcil interrogatif.

« Je te propose le deal suivant : on est fiancés et tu m'aides à coincer Voldemort. Pour le reste on improvise au fur et à mesure »

Draco considéra un instant cette proposition que finalement il trouva avantageuse. Il n'était pas un ardent supporter de l'improvisation mais cela lui laissait d'intéressantes marges de manœuvre.

« Je suis d'accord » répondit-il.

Harry se leva et se plaça face à Draco. Avec un grand sourire il cracha dans sa main et la tendit en disant « deal ».

Draco le considéra avec le plus grand dégoût. Il n'attendait quand même pas qu'il fasse la même chose ? De toute façon, il ne savait pas cracher.

Harry se méprit sur le manque de réaction de Draco.

« Tu fais la même chose et on se serre la main. Le mélange de salive scelle symboliquement notre accord ».

Intéressant comme concept, pensa Draco qui avait une idée bien meilleure pour mélanger leurs salives.

Harry reconnut immédiatement son visage de Diable lorsqu'il s'approcha de lui. Il passa la main derrière son cou et, très lentement, rapprocha ses lèvres de celle du brun, lui laissant le temps de le repousser. Harry n'avait pas de telles intentions, bien au contraire. Dés que Draco posa les lèvres sur les siennes, il ouvrit la bouche et happa la langue qui ne demandait que ça.

Ce baiser était fantastique et combla Harry. Le jeune homme avait toujours pensé que le baiser était l'acte le plus significatif d'une relation. Il lui était arrivé de larguer un mec uniquement parce qu'il embrassait comme un escargot.

Mais ce baiser là était carrément parfait. Draco maitrisait à merveille l'art d'embrasser, pas trop de dents, pas trop de salive, ni trop lent, ni trop rapide, juste parfait.

Il se laissa aller doucement et bientôt ne fut plus conscient du monde qui l'entourait. Au fur et à mesure, la fièvre montait et Harry commença à se frotter contre Draco.

Puis, tout à coup… Plus rien.

Harry ouvrit brusquement les yeux pour découvrir que le blond l'observait un sourire en coin satisfait au visage.

« Mais qu'est-ce que tu fais ? »

Draco se contenta de lever un doigt, réclamant son attention et Harry entendit alors la sonnette de la porte d'entrée sur laquelle quelqu'un s'acharnait.

« Je vais tuer cet emmerdeur » marmonna-t-il dans sa barbe imaginaire tout en emboitant le pas à Draco qui se dirigeait déjà vers l'entrée.

A peine arrivé, il entendit Ron s'égosiller derrière la porte.

« Tu vois, je te l'avais dit ! Il l'a tué ! »

« Ne soit pas stupide » lui répondit la voix agacée d'Hermione.

Et voilà, en matière de mauvais timing, vous pouviez faire confiance à ces deux là. !

Ron, appuyé sur la porte, fut déséquilibré par son ouverture et s'étala de tout son long aux pieds de Draco qui l'enjamba avec grâce avant de se diriger vers Hermione.

« Mademoiselle Granger, j'imagine » dit-il en lui faisant un baisemain.

« Ouiiiii » gloussa Hermione en rougissant.

S'il y avait une preuve incontestable que Draco était le diable, c'était bien celle-là. Faire rougir et glousser Hermione ne pouvait être que l'œuvre d'une puissance surnaturelle extrêmement maléfique.

« Appelle-moi Hermione et je pense qu'on peut se tutoyer… »

« Avec plaisir »

« Je vais refaire le portrait à ce dragueur à la noix ! » grogna Ron à voix basse.

Harry leva les yeux au ciel en avisant l'air sournois de Draco. Nul doute qu'il venait de comprendre que Ron était amoureux d'Hermione. Nul doute non plus qu'il allait en tirer partie pour se venger. L'aveuglement du rouquin était pain béni.

« Désirez-vous boire quelque chose ? » demanda Draco de sa voix diabolique qui envoya des frissons dans le dos d'Harry.

« C'est gentil, Draco, mais ne te dérange pas. Nous ne voulons pas vous ennuyer trop longtemps » répondit Hermione d'une voix espiègle en montrant Harry de la main.

Le jeune homme avait gardé, de ses activités précédentes, une mine chiffonnée qui ne lui avait pas échappée.

Le brun jeta un coup d'œil dégouté à Draco qui paraissait aussi tiré à quatre épingles que d'habitude.

« Ron avait juste une chose à te dire, Draco. Ensuite nous nous sauverons pour vous laisser retourner à vos activités » dit Hermione d'un ton aimable. « Ronald ! » ajouta-t-elle d'un ton beaucoup moins aimable.

« Je m'excuse » dit le rouquin à contrecœur.

« Excuses acceptées » répondit Draco magnanime.

« Bien. Maintenant nous partons. J'ai été ravie de faire ta connaissance Draco. Harry on se verra bientôt… »

La jeune fille attrapa Ron par la main et le traina vers la porte. Avant de sortir, elle envoya à Harry un regard qui voulait dire qu'il ne s'en sortirait pas aussi facilement et qu'il lui devait des explications.

« Quelle énergie ! » constata Draco avec un brin d'admiration dans la voix.

« Et encore, tu n'as rien vu. Je vais avoir droit à un interrogatoire musclé et je doute pouvoir lui cacher la vérité bien longtemps… » répondit Harry en soupirant.

« Alors comme ça le rouquin est amoureux d'elle ? »

Harry considéra avec suspicion la mine innocente de Draco puis préféra ne pas répondre.

« Si nous allions nous coucher ? Je commence à être vraiment fatigué »

Draco s'en voulut immédiatement. Evidemment qu'Harry était épuisé après la journée qu'il venait de passer.

« Bien sur. Viens je vais te montrer ta chambre »

« Ma chambre ? »

« Tu ne crois quand même pas que nous allons faire des galipettes alors que tu as une jambe dans le plâtre ? »

« Bien sur que non ! Mais imagine que ta mère passe à l'improviste. Toute notre histoire tomberait à l'eau si elle nous trouvait dans des lits séparés… »

Draco le regarda avec suspicion.

« Ho allez ! On est des adultes. Je t'assure que je sais parfaitement me maitriser ! »

Draco ne voulait pas être un coup d'un soir pour Harry et il avait bien l'intention de le faire attendre jusqu'à ce qu'il se rende compte qu'il l'aimait lui aussi. Mais comment résister à ce regard suppliant ? Harry avait tout d'un adorable démon tentateur.

« D'accord »

A suivre

xxxXXXxxx

Le bonus de Tania

Draco sentait la rage monter en lui par vagues devant la désinvolture de Ron. Et puis d'abord, il n'avait pas le nez pointu ! (^^ ca va le marquer ca)

« Quand aurais-je eu le temps ? Avant ou après qu'un primate mal élevé me pointe son arme sur la tempe ? » (bonne réplique !)

Harry admirait la retenue et le langage châtié de Draco alors qu'il bouillait de rage. (Pareil ! j'admire ce genre de personne !) Ron avait tort de se comporter de cette façon et il savait exactement comment lui donner une petite leçon bien méritée. (bien ! ca fera apprendre à Ron et ca rassurera Drago de voir que Harry est de son côté !)

Lorsque l'information principale de la phrase parvint au cerveau de Ron, une réaction en chaine se produisit. (« sort le pop-corn et s'installe confortablement dans son fauteuil pour mieux apprécier le spectacle à venir ! »)

« Il n'y aura pas d'autres clauses. Le contrat est annulé » dit Draco d'une voix qu'il voulait ferme et définitive. (…QUOI ?! il plaisante ? mais pourquoi ?!)

Il l'avait identifié à la princesse –saloperies de marguerites dans les cheveux- et lui était le prince charmant. (mouahaha ! j'aimerais bien voir la tête de Harry a cet instant !)

Harry trouvait son air buté extrêmement mignon (c'est le genre de truc qu'il vaut mieux lui taire^^) et il s'empêcha de sourire en pensant à la mort de la mère de Bambi, (-_- ha ?! il a rien de plus sérieux et triste en mémoire ? ^^ lol quoi !) épisode traumatisant de son enfance qui lui rendit tout le sérieux nécessaire à cette difficile discussion. (Si Draco savait à quoi pense Harry !)

« Qui serait prêt à faire face à un homme armé ? (bien vu ! Il est resté calme, allant même jusqu'à essayer de prévenir et donc de sauver Harry ! Tout le monde ne réagit pas aussi froidement face à un flingue !) Surtout en n'ayant jamais été confronté à ce genre de situation. (en plus !) Tu as eu exactement la bonne réaction » affirma Harry avec la plus grande conviction.

« Ha bon ? » se contenta de répondre Draco. (hé oui, preux chevalier^^)

Après tout c'était normal. Il était un aristocrate de la plus haute lignée. (bah voilà, il à bien récupéré de l'événement lui^^ le revoilà flambant neuf, notre prince) Son père était comte et il hériterait du titre à sa mort. (de quoi renforcer son complexe de chevalier en armure) De plus, il était un avocat renommé, même si ses méthodes étaient parfois contestables, il n'avait jamais perdu une affaire. (son arme, c'est la ruse et l'éloquence !) Totalement rasséréné, Draco écouta la suite du plaidoyer d'Harry en étant déjà presque convaincu. (^^ trop fort Harry ! il arrive a convaincre un avocat renommé !)

« Quelle énergie ! » constata Draco avec un brin d'admiration dans la voix. (Élémentaire ! mais pas sur qu'il reste admiratif si elle en a après lui^^)

« D'accord » (une victoire pour Harry !^^)

xxxXXXxxx

A bientôt pour la suite !