Bonjour tout le monde ! Excusez-moi pour la petite attente, seulement j'ai pris un peu de temps afin de rédiger ce chapitre. J'ai tenté de mettre un maximum d'émotions dans ce chapitre, tout en vous fournissant quelque chose de conséquent. Ce chapitre est donc un petit peu plus long que le précédent, et j'espère que cela vous plaira. Bonne lecture !

Mawenn35 : Je veux bien que tu continues tes compliments qui me font très plaisirs (-; En tous cas, merci beaucoup, voici la suite, et j'espère qu'elle sera à la hauteur de ton qualificatif de "génial histoire".

Alana : Merci pour ta review, je suis très content que l'instinct paternel de Charles t'ait plu, car il me tenait à cœur de transmettre cela sans tomber pour autant dans la "guimauve". Normalement, on en apprendra davantage sur les dons de la petite et son histoire dans le prochain chapitre.

Fulmen : Une review très agréable qui me pousse à mettre la barre très haute (-: Merci beaucoup, et j'espère (non sans une certaine appréhension, je te l'avoue), que ce chapitre te plaira.

Moonlight : Pas de soucis voyons, ça me fait très plaisir que tu suives mon histoire. J'espère que ce chapitre, que j'ai voulu encore plus long que le précédent, te plaira.


Charles Xavier's POV

Je ne l'avouerai probablement jamais mais ce jour-là, mes pouvoirs de télépathie furent très sérieusement mis à mal par la fillette qui s'était endormie devant moi. Paisible et sereine en apparence, je pouvais néanmoins sentir une véritable tempête ravager l'enfant, une tempête d'émotions si noires que je ne pus m'empêcher de partager une partie de cette tristesse dévastatrice. Car outre l'ouragan qui détruisait l'esprit de la petite fille, je ressentais quelque chose d'encore bien plus sombre et terrifiant, qui semblait se cacher quelque part dans les tréfonds de l'âme de l'enfant. Mais chaque fois que je tendais à apaiser cette chose obscure qui faisait souffrir ma protégée, un profond sentiment de peur et de désespoir m'envahissait, et je devais me retirer de l'esprit de la fillette pour ne pas perdre pieds moi-même.

Mon regard n'avait pas quitté le visage rasséréné de l'enfant que nous avions recueillie. Une triste conclusion s'imposa alors d'elle-même : cette enfant était traumatisée et mes pouvoirs à eux seuls ne parviendraient pas à guérir réellement le mal être de la petite. S'ils parvenaient à l'apaiser légèrement, ce n'était que passager, et dès que je me retirais de l'esprit de ma protégée, cette dernière était de nouveau torturée par ses terribles émotions. Je n'avais jamais eu l'occasion de voir tant de sentiments obscures au sein d'une seule personne...Rectification, j'avais déjà eu une fois cette importunité, mais je préférais l'oublier. Oublier pour ne plus souffrir. Et puis, cette enfant n'avait rien de comparable avec Erik. Elle n'était pas Erik.

Mon regard finit par se détourner de la créature fragile qui reposait dans le lit, et balaya la pièce dans laquelle nous nous situions. Peu après avoir déclaré à Hank et Sean que l'enfant resterait avec nous tant que nous n'en connaitrions pas plus sur elle, j'avais demandé à mes deux anciens élèves de lui trouver une chambre dans laquelle elle pourrait se reposer tranquillement. J'ignore encore quelle mouche à piquer ces deux-là et quelle idée il leur a pris d'installer notre protégée dans la chambre qu'occupait Erik il y a encore trois mois. Rien n'avait bougé depuis que le contrôleur de métal s'en était allé, pour tout dire, une couche de poussière avait fini par recouvrir tous les bibelots, comme pour les figer dans le temps. Un malheureux sourire étira mes lèvres. Non, je ne la laisserai pas devenir Erik.

Other's POV

Lorsque je m'éveillai, je fus un instant saisi d'une terrible angoisse. Mon cœur manqua un battement lorsque je réalisai que Charles avait disparu. Tremblante à cette idée que mon seul ami m'avait abandonnée, je me levai brusquement et, prise de panique, fit quelques pas hésitants à la recherche du professeur. Je pensai à l'appeler, mais alors que j'ouvris la bouche pour prononcer son prénom, ma voix s'étouffa de nouveau et ma gorge se serra. Impossible d'articuler le moindre mot. Ce fut donc à regret que je fus maintenue au silence, contrainte de garder en moi l'angoisse qui me serrait le cœur.

Bien heureusement, cet angoisse ne dura pas très longtemps. En effet, alors que je m'apprêtai à me jeter sur la porte de la chambre afin de partir à la recherche de mon sauveur dans le reste de la bâtisse, un son attira mon attention. Imperceptible pour quiconque n'y prêtant pas attention, mais il sonna tel une trompette à mes oreilles. Le bruit d'une respiration, calme et reposée. Je détournai le regard de la poignée sur laquelle j'avais déjà posé ma main et aperçu alors ce qui m'avait échappé : le fauteuil de Charles était bien là, me tournant le dos pour faire face à la fenêtre. Sur la pointe des pieds, je me dirigeai donc vers la chaise en métal de mon ami, avant d'apercevoir une tousse de cheveux châtains dépassant du dossier. Un sourire rassuré naquit alors sur mes lèvres. Sans hésitation aucune mais en prenant garde de ne pas faire de bruit, je m'avançai vers le fauteuil et me positionna face à lui. Je pus alors voir Charles, qui, profondément endormi, avait laissé sa tête roulé contre son épaule et ses cheveux lui tomber sur le front.

Je n'avais jamais aimé voir les gens tristes. Depuis toute petite, observer la douleur autour de moi me ravageait presque autant que la personne que je voyais peinée. Maman me disait qu'il s'agissait là d'une grande qualité, et m'avait donné un conseil pour remonter à coup sur le moral de n'importe qui. Or, ce jour-là, alors que je contemplai mon protecteur assoupi dans sa chaise métallique, un seul mot me venait à l'esprit : douleur. Charles était triste. Pourquoi ? Je l'ignorais. Mais ses traits tirés témoignaient d'une souffrance trop souvent refoulée, et les sillons sur ses joues étaient l'évidence même qu'il avait pleuré peu avant de s'endormir. Dans son sommeil, l'homme que j'imaginais le plus puissant au monde dévoilait ses faiblesses. Après un bref instant d'hésitation, je me décidai à appliquer le conseil de maman et me penchai sur Charles pour déposer un bref bisou sur sa joue. Cela avait toujours fonctionné avec maman, et j'espérais de tout cœur que cela ferait son effet sur mon ami.

Ce dernier ne tarda pas à s'agiter dans son sommeil, avant de papillonner des yeux, à demi-réveillé. M'apercevant, un doux sourire vint étirer ses lèvres. Sourire qui contrastait étrangement avec les marques encore visibles de ses sanglots. Très vite, la détresse qui ravageait le visage du professeur se transforma en une joie immense. Je lui rendis son sourire. J'étais moi aussi heureuse car mon bisou avait fonctionné.

Charles Xavier's POV

Le premier sentiment qui traversa mon cœur lorsque je m'éveillai fut une brève sensation de peur. Alors que je me laissais tomber dans les bras de Morphée, quelques larmes avaient roulées bien malgré moi le long de mes joues. Des larmes de colère ? De tristesse ou bien de douleur ? Certainement un peu des trois. Mais ceci, la petite ne devait pas le voir. Je ne voulais pas qu'elle le voit. Seulement voilà, je me doutais bien que quelques traces de mes larmes devaient avoir subsisté, et il était trop tard pour les cacher à l'enfant. Ainsi, faute de ne pouvoir les dissimuler à la fillette, je tentais d'esquisser un sourire lorsqu'un fait me revint en mémoire. A m'inquiéter ainsi pour la faiblesse que j'avais laissé percevoir, j'avais oublié le plus important. Elle m'avait fait un bisou.

Mon sourire devint alors plus grand et je plongeai un regard empreint de joie dans celui de l'enfant. Elle m'avait fait un bisou. Pour tenter d'effacer de mon visage la souffrance qu'elle y avait vue. La dernière fois que quelqu'un avait agi de la sorte avec moi remontait à plusieurs décennies, alors que Raven et moi n'étions que des enfants. Nous aimions à cette époque courir dans le grand jardin du manoir, mais j'étais moins habile sur mes jambes que ma petite sœur, aussi il m'arrivait de chuter dans les gravillons de l'allée. Dans ces moments, je ne pouvais m'empêcher de pleurer et Raven, dans l'espoir de calmer ma douleur, me faisait un bisou. Puis, avec son aide, je me relevai et nous nous en retournions, clopinant pour ma part, jusqu'à la grande bâtisse.

Aujourd'hui, la fillette venait de faire pour moi ce que Raven avait fait autrefois. J'étais tombé et elle m'avait relevé, faisant plus pour moi avec un bisou que ce que j'avais pu faire pour elle avec tous mes pouvoirs. Il s'agissait bien en effet de savoir lequel de nous deux relevait l'autre ; sûrement un peu des deux, je n'en doute pas. J'étais reconnaissant envers ma protégée pour ce qu'elle avait fait à mon égard, pour son innocence et sa pureté qui avait réussi à dissiper toute mes peines.

- Merci. Finis-je par déclarer, réalisant qu'un froid commençait à s'installer.

La fillette, comme un peu plus tôt dans la journée, ne me répondit pas. Je ne m'en froissai guère : en effet, j'avais appris un jour que l'on pouvait perdre la parole suite à un évènement traumatisant. J'espérais juste pour l'enfant que cette perte ne serait pas définitive, et qu'un jour ou l'autre elle pourrait de nouveau parler. Peut-importe le temps que cela prendrait. D'ici là, nous trouverions d'autres moyens pour communiquer.


Voilà pour aujourd'hui ! Je ne peux qu'espérer que mon chapitre vous plaira, car j'y ai mis beaucoup de cœur et de passion. Les reviews sont toujours les bienvenues. De mon côté, je vais m'atteler au prochain chapitre, afin de ne pas vous faire trop attendre.

Bye bye (-;