Lorsque Rhadamanthe vient trouver son frère cadet le soir-même, ce dernier remplissait des papiers, assit derrière son bureau. Ses yeux tombent sur des pétales blancs au sol, puis sur la rose blanche dans un vase posé à côté de l'ordinateur. S'il est surpris de trouver une fleur ici, il n'en laisse rien paraitre.
- Qu'est-ce qu'il y a ? demande Minos sans se tourner vers lui.
- Ordre du Seigneur Hadès : il faut se débarrasser d'Aldébaran du Taureau. A toi de le faire où à un de tes Spectres.
Minos repose son stylo et sa calculatrice :
- Je vais m'en charger personnellement, ça ne sera pas très difficile. J'ai besoin de tuer.
- Alors dépêche-toi, le centre ferme dans moins d'une heure.
Sur ces mots, Rhadamanthe quitte les lieux. En partant, il jette un coup d'oeil au magasin d'en face. Son visage reste impassible lorsqu'il aperçoit le jeune vendeur accroupit devant un pot d'oeillets, pourtant sa stupeur est sans égale.
Une telle ressemblance, ce n'est pas un hasard !
Rhadamanthe continue sa route sans s'attarder. Il va devoir surveiller son cadet de près...
OoOOOOOoooooOOOOOOOOOoooooooooooo
Minos ferme son garage et enfourche sa moto en lançant un regard vers la silhouette d'Albafica visible à travers la vitre.
Toi, je te ferai bientôt crier.
Il lance sa moto à pleine vitesse sur la route et ne met même pas un quart d'heure à arriver à destination.
Tranquillement, il passe la porte du centre aéré. Presque aussitôt, une jeune femme vient vers lui :
- Vous venez chercher...?
Crac !
Le doux bruit de son cou brisé d'un geste précis résonne agréablement à ses oreilles. Le cadavre retombe à ses pieds. Sans un regard, il appelle son Surplis. L'armure noire apparait devant lui, les plaques viennent immédiatement se placer sur son corps pour le protéger des possibles futures attaques du Chevalier d'Or du Taureau. Il enjambe le corps et entre dans une grande salle. Une trentaine de gamins jouent au ballon, avec de la pâte à modeler, font de la peinture... autant de jeux divers et variés pour les occuper.
Et une grande cour de récréation rien que pour moi ! Par où commencer ?
Minos s'avance vers le premier enfant qui le regarde, les yeux écarquillés devant la belle armure noire.
- Tu as des ailes, tu voles ?
- Peut-être. Tu veux apprendre ?
Le gosse hoche frénétiquement la tête, ravi. Minos sourit. Un sourire dangereux et menaçant. Il attrape les deux mains de l'enfant. Le tenant à bout de bras, il tourne sur lui-même, à toute vitesse, et lâche soudain sa proie qui part en vol plané dans un cri, avant de s'écraser contre une bibliothèque mal fixée. Le meuble tangue. Le gamin retombe au sol. La bibliothèque instable bascule sur lui.
Immédiatement, la terreur s'empare des enfants qui se mettent à hurler et pleurer, alertant ainsi sa véritable proie : Aldébaran du Taureau.
Le directeur du centre aéré surgit dans la salle, vêtu de son armure d'Or.
- Enfin, Taureau, c'pas trop tôt. Je commençais à m'ennuyer ! s'exclame Minos.
Aldébaran le toise, les bras croisés.
- Tu comptes te battre ainsi ? se moque Minos en remuant le petit doigt.
Les yeux du Chevalier d'Or s'écarquillent lorsque l'un des enfants s'effondre à terre, la nuque brisée. Immédiatement, Aldébaran utilise son attaque de la Corne du Taureau pour riposter, en gardant les bras croisés. Guère impressionné, Minos s'enveloppe avec les ailes de son Surplis afin de se faire protéger.
Les cris des enfants qui retentissent lui procurent un plaisir malsain.
Le Chevalier du Taureau fronce les sourcils en constatant que son adversaire n'est même pas égratigné. Une lueur de stupeur s'allume dans ses yeux lorsque ses bras se mettent en mouvement d'eux mêmes pour se décroiser.
Minos soupire d'un air ennuyé :
- Tu n'es pas très distrayant, gros tas.
Aldébaran bande ses muscles pour résister, mais la puissance de la Technique de Minos le dépasse. Et surtout, il sait qu'il ne peut pas totalement déployer son cosmos, ce serait prendre un trop gros risque : celui de blesser les enfants.
- Laisse-les partir, Minos du Griffon !
- Tu crois que tu es en position de me donner des ordres, Taureau ? rétorque son ennemi. .
Le Chevalier lutte de toutes ses forces. Ses attaques fusent les unes après les autres, mais Minos n'a aucune difficulté à les esquiver comme de rien. Las, il finit par prendre le contrôle d'Aldébaran du Taureau grâce à sa Manipulation Cosmique ; des fils d'énergie surgissent du bout de ses doigts et dirigent ce qu'il veut. Les personnes prisonnières de cette Technique deviennent de parfaits petits pantins et jusqu'à présent nul n'a su en réchapper.
C'est donc avec horreur qu'Aldébaran regarde ses propres poings frapper à mort le gosse que Minos a poussé vers lui.
Avachi dans un fauteuil, maître total du jeu, le Général de Hadès oblige le Chevalier d'Or à tuer plusieurs enfants du Centre Aéré. Les tentatives de rebellion du Taureau le font rire et les gamins ne peuvent pas s'enfuir, il n'a qu'à remuer un doigt pour les attraper avec un fil de cosmos.
Finalement las de cette petite distraction, Minos serre brusquement un poing, brisant net tous les os de sa victime qui s'effondre dans un bruit sourd sur le plancher, le faisant craquer bruyamment. Les enfants survivants sont tassés dans un coin et le supplient à travers leurs sanglots. Il n'en a cure. Utilisant ses liens de comsos, il saucissonne l'un d'eux et resserre ses fils devenus coupant comme des lames jusqu'à ce que la tête se détache du corps.
Horrifiés, les deux mômes survivants essayent de s'enfuir. Il les retient avec sa Technique et les oblige à jouer durant quelques minutes avec la tête de leur camarade en guise de ballon... avant de les démembrer d'un geste sec et précis.
Minos se lève du fauteuil en jetant un regard dédaigneux au corps d'Aldébaran du Taureau.
Si c'est ça les guerriers d'Athéna... Le Poisson est mort et la grosse vache vient de claquer. Il suffit de confier la mission de tuer les Chevaliers d'Or à mes frères et moi, la Guerre Sainte est gagnée d'avance pour nous.
Il quitte le Centre Aéré. Ses puissantes ailes battent l'air, il survole la ville, de bonne humeur après ce massacre.
Qu'est-ce que les humains vont pouvoir inventer comme explication, cette fois?
