Chapitre 4 : L'anniversaire.
Harry discutait avec Luna Lovegood lorsque la sonnette de la porte d'entrée retentit
- Excuse-moi, dit Harry à Luna.
Il se rapprocha de la porte qu'il ouvrit.
- Bon anniversaire Harry, s'écria Hermione dès qu'elle vit Harry.
- Bonjour Hermione, répondit Harry, ravi.
Il s'écarta de la porte.
Hermione entra, suivie de près par Ron.
- Bon anniversaire vieux, dit Ron.
- Merci, répondit Harry.
Harry regarda son salon. Pour son anniversaire, Ginny avait invité ceux qu'elle appelait affectueusement « les couples d'amis ». Les « couples » étaient Ron et Hermione, Neville et Susan, Luna et Colin Crivey.
Harry était étonné de voir que Luna et Colin ensemble. Ils travaillaient ensemble au Chicaneur, c'était ce qui les avait rapproché. Luna était journaliste et Colin était photographe. Ginny, elle, n'avait manifesté aucune surprise lorsque les deux amoureux s'étaient révélés.
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Harry regarda, d'un œil amusé, Ron amener des cousins à Hermione pour qu'elle soit plus à l'aise sur sa chaise. Pour le remercier de son énième signe d'attention excessif, Hermione frappa discrètement Ron avec l'un des cousins.
- Je suis enceinte, rappela Hermione. Pas en sucre.
- Je le sais bien, dit Ron fautif.
Pendant le repas, Luna avait raconté le récit de l'expédition qu'elle avait menée à la recherche des Ronflak Cornus. En plus du trépidant témoignage de Luna pour le Chicaneur, Colin était parvenu à saisir quelques clichés des créatures, jusque-là imaginaires, ce qui avait donné plus de crédibilité au Chicaneur.
Malgré la bonne ambiance et la bonne volonté de Ginny, Harry ne parvenait pas réellement à se détendre.
Il pensait sans cesse aux récentes attaques, dont le Royaume-Uni semblait ne pas être le seul pays victime. D'autres pays européens subissaient d'étranges attaques semblables. Harry passait son temps à essayer de comparer ses théories avec celles de Ron.
- … un sortilège en sommeil, explique Harry à voix basse. Un sort reçu, il y a plusieurs années et qui ne serait actif que maintenant.
- Dans ce cas Érin Brooks et Spencer Andrew devraient avoir quelque chose en commun, rejeta Ron, et ce n'est pas le cas… et aucune trace de sortilège n'a été trouvé. Et si l'on ajoute les attaques dans le reste de l'Europe…
- Peut-être qu'ils ont été choisis au hasard, persista Harry. Et pour la trace des sorts, ce ne serait pas la première fois qu'un sorcier suffisamment puissant parviendrait à les masquer…
- Les deux qui étaient capables de faire ça, étaient Dumbledore et Tu-Sais-Qui. Ils sont tous les deux morts, expliqua Ron.
- Uniquement en Angleterre. On ne connaît pas bien les grands sorciers des autres pays, rappela Harry.
- Il y aurait un déclencheur au sortilège, dit Ron en réfléchissant.
- Oui, dit Harry soulagé que Ron commence à voir les choses comme lui.
- Le problème, c'est que ces attaques n'ont pas été simultanées, dit Ron. Il faudrait trouver la première attaque de la liste.
- Il y en a eu une en Grèce et une en Albanie vers la fin Juin, et trois autres en Croatie, en Roumanie et en Bulgarie durant le mois de juillet, avant celle d'Andrew, expliqua Harry.
- Le truc, c'est de savoir lesquelles font partie de notre liste, dit Ron.
- Ça s'accélère en tout cas, fit remarquer Harry. Il y en a de plus en plus et sur une zone plus grande, la dernière attaque a eu lieu ce matin au Nord du Niger.
- Tu crois que Tu-Sais-Qui pourrait être derrière tout ça ? demanda timidement Ron. Que ce serait lui qui aurait jeté des sortilèges en sommeil ?
- Quel âge a le meurtrier le plus jeune déjà ? demanda Harry.
- Sept ans, répondit sombrement Ron. C'était dans le sud de la France, il y a trois jours. Un gamin qui n'avait pas encore révélé ses talents de sorcier. Il a tué sa sœur avec la baguette magique de son père.
Harry ne pouvait s'empêcher d'être soulagé de ne pas avoir eu à s'occuper de ce genre d'affaire.
- Si Voldemort est derrière tout ça cela voudrait dire qu'il aurait jeté ces sorts après sa résurrection, déduit Harry.
- Qu'est-ce que vous mijotez avec ces messes basses ? demanda Ginny à l'autre bout de la table.
- Rien, répondirent Ron et Harry en s'écartant l'un de l'autre.
Ginny fit une petite moue dubitative.
- Toujours pas d'explications aux crises de folie ? demanda Hermione.
- Quoi ? demanda Ron étonné.
- Bien que tu cherches à m'épargner le dur monde extérieur depuis que je suis enceinte, je travaille au Ministère et je lis la Gazette du Sorcier, rappela Hermione à Ron. Je suis au courant de toutes ces attaques et je sais également que tous les ministères de tous les pays du monde commencent à paniquer.
Ron fit une grimace.
- Je n'aime pas que tu te tracasses pour rien, dit Ron. Ce n'est pas bon pour toi, tu pourrais peut-être arrêter de tr…
- Non, interrompit Hermione. Alors ? Harry ?
- Ben, on patauge, confia Harry.
- Vous me donneriez une interview ? demanda Luna à Ron et Harry.
- Seul Bernard Cramer a le droit de communiquer sur les affaires en cours, dit Harry.
Luna parut déçue durant un dixième de seconde puis récupéra sa gaieté habituelle.
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Après le dessert, Ginny fit monter tout le monde à l'étage pour montrer la chambre d'amis flambant neuve.
Harry pensait fermer la marche en montant les escaliers, mais il fut stoppé par Neville qui lui agrippa le bras.
- Je peux te dire un mot ? demanda Neville à voix basse.
- Oui, répondit Harry, surpris.
Le reste du groupe disparut à l'étage sans se rendre compte de l'absence d'Harry et de Neville.
- Harry dis-moi, est-ce qu'il y a une explication pour ces attaques à travers l'Europe ? demanda brutalement Neville.
- Je n'ai pas le droit de te donner une réponse précise, dit Harry étonné.
- Je le sais bien, répondit Neville. Mais je ne dirai rien… Après tout ce qu'on a vécu, il y a trois ans... Tu sais que tu peux me faire confiance.
Harry hésita.
- Eh bien, commença Harry. Il n'y a aucune explication plausible et cela empire.
Neville parut encore plus effrayé.
- À ton tour, dit Harry.
- Quoi ? demanda Neville.
- Dis-moi ce qui te tracasse ? demanda Harry. Je sais bien que quelque chose t'inquiète.
Neville se mordit la lèvre.
- Depuis fin juin, commença Neville. Au début, j'étais aux Seychelles, je me suis dit que là-bas, c'était peut-être différent. Mais une fois rentré, c'était toujours pareil…
- Neville, je ne comprends pas de quoi tu me parles, avoua Harry.
- Je les sens d'ici, expliqua Neville. La seule fois où je les sentais comme ça, j'étais à quelques mètres…
Harry sentit la panique monter en lui.
- Neville ? interrogea Harry anxieux.
- Les Forêts de Kodrulles grondent, Harry, lâcha Neville angoissé.
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- Les rideaux sont très jolis, dit Susan.
Harry regarda les escaliers, où les invités et Ginny descendaient.
Harry se détourna pour cacher la peur qui avait envahi son visage.
À part Neville, il n'y avait que Voldemort capable de trouver les Forêts de Kodrulles. Etait-il bien mort ? La prophétie était-elle bien accomplie ?
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Les invités étaient partis assez tôt, on était en semaine, et tout le monde travaillait le lendemain. Harry et Ginny débarrassaient la table.
- Neville et Susan sont adorables ensemble, dit Ginny.
Encore une fois Harry n'écoutait Ginny que d'une oreille distraite.
- Susan m'a dit que les Seychelles, c'est vraiment super, dit Ginny.
Et si Neville se trompait ? pensa Harry.
- Par contre Susan, m'a dit que Neville s'est lassé dès la fin du mois de juin, continua Ginny.
Toutes les attaques ont commencé aux alentours de l'Albanie, avant de s'étendre progressivement, pensa Harry.
- Si un jour tu te décides à prendre des vacances on pourrait peut-être y aller, dit Ginny. Kyle acceptera de me donner des vacances facilement.
Harry revint aussitôt à la réalité.
- Pourquoi ton supérieur Kyle Sanders accepterait de te donner des vacances facilement ? demanda Harry suspicieux.
- Parce que j'attends toujours que tu en prennes pour pouvoir caler une partie de mes congés dessus, expliqua Ginny. Mais comme tu n'en prends jamais, moi non plus je ne prends quasiment jamais de vacances.
- Ha ! dit Harry soulagé.
Il n'aimait pas beaucoup Kyle Sanders. Il était jeune, il travaillait avec Ginny. Harry avait entendu deux stagiaires parler de lui, et les gloussements de deux jeunes filles avaient achevé de le convaincre qu'il n'aimait décidément pas Kyle Sanders.
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Harry surveillait la vaisselle qui se lavait toute seule, pendant que Ginny nettoyait le salon.
La première attaque étrange avait eu lieu en Albanie, les suivantes en Grèce, en Croatie, en Roumanie et en Bulgarie. Mais alors pourquoi l'Angleterre a été touchée si rapidement ? À ce moment-là, les attaques étranges ne s'éloignaient pas autant de l'Albanie. Pourquoi Spencer Andrews avait-il fait l'exception ? Andrew ?…Andrew…?
Harry était persuader d'avoir loupé quelque chose.
Andrew ? Liverpool ?
Soudain ça lui revint, l'homme à qui avait appartenu le Gant de Serdaigle, le Gant dans lequel Voldemort avait caché l'un de ses Horcruxes, l'Horcruxe qu'il avait dissimulé dans les Forêts de Kodrulles… Cet Homme… il s'appelait Andy Andrew et il habitait Liverpool.
