CHAPITRE 4

31 avril (samedi)

En congé prénatal depuis la veille, Hermione lui avait déjà écrit deux fois pour lui donner le planning des deux prochains dimanches. Demain il devait rencontrer une dénommée Annelise et dimanche prochain une certaine Cameron. D'après ses dires, elles étaient tout ce qu'il y a de plus "normal", Annelise était aidemage et Cameron secrétaire de son service.

Ron qui lui était passé chez lui, avait au vu du fiasco avec l'ancienne prétendante, proposé à Harry de l'emmener en boite pour qu'il drague lui-même.

Mais il avait refusé, il trouvait déjà les dîners éprouvants alors aller en boite pour collectionner des aventures d'un soir, cela ne l'intéressait pas du tout.

Il reçut une lettre vers 13 heures. Il ne reconnut pas le hibou qui toquait derrière la fenêtre et hésita à lui ouvrir, se demandant qui pouvait bien lui écrire. Il faillit jeter la lettre sans l'avoir ouvert, en pensant qu'il s'agissait peut être de Marta, mais il se rappela qu'elle ne connaissait pas son nom et qu'elle ne savait pas non plus où il habitait.

Il décacheta l'enveloppe et sourit en voyant l'expéditeur.

Cher Harry,

Sans nouvelles de toi et de Raphaël, je voulais savoir si une promenade au parc et une glace vous tenteraient.

J'attends avec impatience ta réponse.

Blaise.

- Raphaël, ça te dirait une promenade au parc.
- Oui papa veux bien.

- Avec Blaise ?

- Vouiii, répondit-il surexcité.

- Ok, je lui réponds de passer nous chercher alors.

Le hibou repartit avec sa réponse et moins d'une demi-heure après, on toquait à sa porte.

Raphaël se rua pour ouvrir et reparut l'instant d'après chevauchant les épaules du métis.

- Bonjour Blaise, tu ne devrais pas céder à tous ses caprices.

- C'est rien, sourit Blaise.

- Je prends nos manteaux et on y va.

- Descends bonhomme, ton père va te mettre ton manteau. Tu es content de venir te promener ?

- Oui, y a un botoggan ?

- Un toboggan, rigola Blaise, oui, il y a aussi une balançoire et plein d'autres trucs.

- Tiens Raph, donne ton bras. On est prêt !

- On transplane, vous me donnez la main.

- Oui, fit Harry en rougissant au contact de ses doigts enlaçant les siens.

- C'est parti, sourit Blaise qui avait remarqué, avec joie, le trouble d'Harry.

Ils arrivèrent près du parc, à l'abri de grands arbres. Après s'être assuré de ne pas avoir été repérés, ils marchèrent pour regagner le trottoir. Sans s'en rendre compte, Blaise et Harry se tenaient toujours la main. Ce n'est que quand Raphaël réclama les bras de son père qu'ils s'en aperçurent, Harry rougit de plus belle et Blaise essaya de contenir sa joie en lui faisant un grand sourire. Ils arrivèrent au parc et Raphaël se précipita vers le toboggan rouge. Blaise désigna un banc et ils s'installèrent pour veiller sur l'enfant.

- Merci d'être venus, fit Blaise.

- Merci d'avoir eu l'idée, Raphaël manque de ces sorties. Tu ferais un bon père.

- Ça malheureusement je ne le saurai jamais.

- Oh ! J'oubliais.

- Et comme l'adoption ne sera jamais légalisé pour les homos je ne connaîtrai jamais ce bonheur.

- C'est dégueulasse, râla Harry, c'est comme si sans Ginny on ne m'avait pas laissé mon fils sous prétexte qu'il n'y ait pas de figure féminine à la maison.

- Les lois sont comme ça, on y peut rien, soupira Blaise.

- Tu as déjà essayé avec une fille ?

- Non, fit Blaise en affichant un air dégoûté.

- Fait pas une tête pareille, rigola Harry, tu pourrais aimer.

- Tu as déjà couché avec un mec ?

- Non, s'offusqua Harry.

- Pourquoi ? Tu pourrais aimer.

- T'as gagné, rit Harry. Je n'ai jamais été attiré par un homme, il n'y a toujours eut que Ginny.

- C'est tout !

- J'ai flirté avec Cho Chang, mais ce n'était pas sérieux.

- Tu n'as eu que Ginny, fit Blaise dubitatif, je comprends mieux pourquoi tu restes autant attaché à elle.

- Elle est l'amour de ma vie.

- Était, précisa Blaise.

- Je n'en sais rien, je suis un peu perdu.

- Papa, viens à la balançoire.

- J'arrive mon ange.

Blaise les regarda avec un sourire attendrit, Raphaël riait aux éclats en demandant à Harry de le pousser plus fort. Harry regardait parfois dans sa direction et il se demandait quelles pensées pouvaient bien lui traverser la tête dans ces moments-là. Il lui souriait et Blaise sentait son cœur se gorger de tout un tas de sentiments qui lui faisaient presque tourner la tête. Quand Raphaël vint à sa rencontre pour se jeter dans ses bras, c'est tout naturellement qu'il le réceptionna et s'amusa à le soulever au-dessus de sa tête. Les rires de l'enfant, accompagnés du sourire de Harry le rendaient fou de joie et il ne cessait de s'extasier devant ce tableau qui s'offrait à lui.

Après s'être promenés et avoir mangé une glace, Blaise les raccompagna et s'attarda un peu devant la porte d'Harry.

- Tu veux entrer ? Demanda Harry.

- Non, il vaut mieux pas, grimaça Blaise.

- Pourquoi ? J'ai dit ou fait quelque chose de mal ?

- Non, au contraire tout était parfait.

- D'accord, répondit Harry soupçonneux.

- Si tu veux tout savoir je meurs d'envie de t'embrasser et je sais que ce n'est pas ce dont tu as envie, donc je préfère partir avant que tu ressentes le besoin de me repousser.

- Merci d'être prévenant avec moi, je ne sais pas comment j'aurais réagi.

- On peut se revoir quand même ?

- Oui, tant qu'entre nous ce sera clair et net, je n'y vois aucune objection.

- Merci, bon et bien merci.
- Non, merci à toi je n'ai jamais vu Raphaël aussi heureux qu'aujourd'hui.

- Prends soin de toi et de ton fils, au revoir.

Il transplana et Harry referma sa porte sur un drôle de sentiment. Il ne savait pas comment il devait réagir face à ce que lui avait dit Blaise. Déconcerté, il s'approcha de sa cheminée et contacta Ron.

- Ron, tu es là ?

- Oui, fit le rouquin en reposant une revue de Quidditch.

- Il faut qu'on parle.

- Qu'est-ce qu'il t'arrive ?

- Tu es seul ?

- Oui, Mione fait des courses pour notre repas de demain, tu viens toujours ?

- Oui bien sûr, je te contacte pour autre chose. C'est au sujet de Blaise, il est venu aujourd'hui et nous avons été au parc. Nous avons passé un bel après-midi, mais au moment de partir il m'a avoué qu'il voulait m'embrasser.

- Ah ! Et il ne l'a pas fait.

- Non, il m'a dit qu'il ne voulait pas que je le repousse.

- Il ne veut pas perdre ton amitié, répondit Ron.

- C'est plutôt étrange comme attitude.

- Quoi ? Qu'il ait voulu t'embrasser ou qu'il ne l'ait pas fait ?

- Les deux je crois.

- Harry tu es mignon et tu plais énormément, je suis sûr qu'il n'est pas le seul à vouloir t'embrasser et si il ne l'a pas fait c'est qu'il te respecte, il t'aime bien et il aime aussi Raphaël, il n'a pas voulu te blesser ou vous perdre.

- Tu crois ?

- Oui, soupira Ron, je ne suis peut-être pas très fin mais toi tu décroches la palme de la naïveté parfois.

- Traite moi d'idiot tant que tu es.

- Idiot, imbécile, stupide, crétin, choisit celui qui te convient le mieux.

- C'est sympa d'avoir des amis compréhensifs.

- À demain vieux, j'espère qu'on n'aura pas encore à faire à une idiote.

- Comme cela on fera la paire, ricana Harry. Ça ne dérange pas si j'amène Raphaël ?

- Non pourquoi ? Maman ne peut pas le garder ?

- Je ne lui ai pas demandé, souffla Harry. Je sens qu'elle désapprouve que je veuille refaire ma vie, c'est dur aussi pour elle.

- C'est dur pour tout le monde, elle nous manque mais il faut avancer cela ne veut pas dire qu'on l'oubliera. Elle n'aurait pas aimé te savoir malheureux.

- Je ne l'ai jamais dit à personne, fit Harry, mais la dernière fois que nous nous sommes vu, nous avons passé notre temps à nous disputer. Elle est morte alors que nous étions fâchés.

- Elle t'aimait plus que tout Harry, cela ne voulait sûrement rien dire pour elle.

- Peut-être, soupira Harry.

- Vous vous étiez disputé à quel sujet ?

- Je ne peux pas te le dire par voie de cheminée, on en reparlera plus tard.

- Comme tu veux bonne soirée Harry.

- Bonsoir Ron.

01 mai (dimanche)

Harry arriva avec Raphaël, bien décidé à dire à Hermione qu'il avait fait une erreur et que ce déjeuner, serait le dernier auquel il viendrait.

La jeune femme sembla déçue, mais finalement pas autant qu'il l'aurait pensé.

La dénommée Annelise arriva finalement et Harry fut agréablement surpris. Elle n'avait absolument aucuns points communs avec Marta, elle avait de longs cheveux châtains et des yeux noisette et il ne sut pas si elle avait été briefée par Hermione, mais elle était tout ce qu'il y a de plus naturel.

En plus d'être jolie, il apprécia son calme et sa patience avec Raphaël qui s'enticha rapidement de la jeune femme, au point de ne plus la quitter.

Après le déjeuner, qui s'étala sur les deux premières heures de l'après-midi, la jeune femme repartit et Harry, conquis, lui promis de la contacter dans le courant de la semaine. Il n'en revenait pas de son aisance avec la jeune femme, bavarder avec elle lui avait semblé si naturel, comme si ils se connaissaient depuis des années.

Hermione ravie, chantonnait, tandis que Ron restait sur la réserve. Il avait apprécié la jeune femme lui aussi, mais après s'être fait des idées sur une possible relation entre Blaise et son meilleur ami, il avait un peu de mal à l'imaginer avec elle.

05 mai (jeudi)

Après s'être renseigné sur les horaires de travail de la jeune femme, auprès de Hermione, Harry c'était enfin décidé à l'inviter à dîner, non sans avoir pesé le pour et le contre pendant deux jours. La jeune femme avait accepté sans hésitation et lui avait proposé le jeudi soir, car elle était de repos le lendemain. Après avoir déposé Raphaël chez Hermione, il la rejoignit à l'hôpital. Il se dirigea jusqu'au service où travaillait habituellement Hermione et tomba sur la jeune femme qui terminait sa journée. Après mes salutations d'usages, il redescendit dans le hall pour l'attendre, elle devait se changer et revêtir des habits de civil. Il patientait depuis quelques minutes, quand il fut interpellé.

- Bonjour Potter.

- Salut Malefoy, tu es souffrant ?

- Non, mon ami travail là, tu ne te souviens pas ?

- Ah si ! Gregory, c'est ça ?

- Oui et toi ?

- J'attends quelqu'un.

- Un rencard ?

- Oui, rougit Harry.

- Une femme ?

- Oui, je ne suis pas gay.

- Il n'y a rien de mal à ça tu sais.

- Je n'ai rien dit de tel.

- Bonne soirée alors Potter.

- Merci toi aussi.

- Elle le sera, sourit-il.

Il le regarda partir et vit Annelise arriver en trottant, elle s'excusa de l'avoir fait attendre et il s'empressa de la rassurer, en lui disant qu'elle avait été plutôt rapide. Il lui tendit son bras qu'elle accepta et ils se rendirent au restaurant dans lequel il avait fait une réservation.

- Merci de m'avoir invité Harry.

- Merci d'avoir accepté, répondit-il.

- C'est ta première sortie ?

- Depuis ma femme, oui.

- Ça a dû être difficile pour toi.

- Oui et toi ?

- Je sors d'une longue histoire un peu chaotique avec une rupture assez difficile.

- Et tu te sens prête à construire autre chose ?

- Je ne sais pas, tu sembles différent de tous les hommes que je rencontre habituellement, généralement ils ne souhaitent qu'une chose c'est de me mettre dans leur lit.

- Ce n'est pas mon intention, la rassura Harry.

- Tu es gentil et ton fils et adorable.

- Ce n'est pas un problème pour toi ?

- Que tu aies un enfant ? Non, ça ne me dérange pas. J'espère quand même un jour avoir les miens.

- Excusez-moi, les interrompit le serveur, tenez c'est la maison qui vous l'offre.

- Merci, fit Harry en regardant le seau à champagne et sa bouteille.

- C'est un honneur de vous recevoir Monsieur.

- Merci, répondit Harry gêné, mais on voudrait pouvoir dîner sans que tout le monde soit au courant de ma présence.

- Bien Monsieur, désolé du dérangement.

- Merci à vous, sourit Harry.

- Tu es une vedette ? Rigola la jeune femme.

- Si on veut, Hermione ne t'a rien dit ?

- Non, juste quelques trucs banals, comme ton prénom, la couleur de tes magnifiques yeux et que tu étais veuf avec un enfant.

- Donc tu ne connais pas mon nom de famille ?

- Non, et c'est ?

- Potter, murmura-t-il.

- Comment ?

- Potter.

- Ah comme Harry Potter ! Oh Merlin c'est toi !

- Oui effectivement.

- Ben ça alors. Je ne t'ai pas reconnu.

- Ça change quelque chose ?

- Non, c'est juste irréel. Est-ce que par hasard tu connaîtrais un certain Théodore Nott ?

- Oui pourquoi ?

- C'est mon ex, soupira-t-elle en triturant sa serviette.

Un long silence s'installa et Harry un peu perdu dans ses pensées, ne savait pas trop quoi penser de tout cela. Quand il regarda le jeune femme, il vit qu'elle était sur le point de pleurer.

- J'ai toujours cru qu'il me mentait, fit Annelise, je l'ai traité de mytho. Il m'a dit qu'il avait combattu à tes côtés et je l'ai traité de menteur. Il disait vrai ?

- Oui, répondit Harry surpris par la tournure que prenaient les choses. Il n'a pas voulu suivre les traces de son père et il nous a rejoint très vite, ce fut l'un des premiers. Il s'est battu, a été blessé à la jambe mais il n'a jamais abandonné. Il a été courageux et a refusé l'ordre de Merlin quand le Ministère a voulu le décorer.

- C'est pas vrai, se mit elle à pleurer.

- C'est-ce qui vous a séparé ?

- Oui, je suis trop conne, renifla-t-elle.

- Tu l'aimes toujours ?

- Oui. Tu crois qu'il arrivera à me pardonner ?

- Je n'en sais rien, il est fier et je pense que tu as dû le blesser en ne le croyant pas.

- Oh non, fit elle bruyamment attirant sur eux les regards des autres clients.

- Un problème Monsieur Potter ? Fit le serveur.

- Non merci, grimaça-t-il, viens partons.

- Ouiiii.

Arrivé chez lui après avoir déposé la jeune femme devant chez elle, Harry reprit son éternelle place dans son canapé. Raphaël passait la nuit chez ses amis et il ne voulait pas aller le réveiller. Il se servit un whisky et trinqua à l'échec de sa vie, avant de rire tout seul. Finalement, il était peut-être destiné à finir seul.

On frappa à sa porte et avant qu'il ait le temps de réagir, la porte s'ouvrit et Ron apparut.

Ils se regardèrent un instant et l'air désolé qu'affichait Ron en plus du sourire qui ressemblait plus à une grimace qu'à un sourire de compassion, le firent rire à nouveau.

- Je te croyais anéanti, bougonna Ron.

- Tu es déjà au courant.

- Annelise pleurait dans notre cheminée quand je suis parti. Quelle histoire !

- Raphaël dors ?

- Oui, depuis longtemps.

- Tu veux un verre ?

- Oui, vas-y.

- Accio verre, tiens, fit il après lui avoir servi une rasade de whisky.

- A la tienne vieux.

- Tu t'es toujours plains Ron, mais c'est toi qui a la meilleure vie de nous tous, tu as un boulot sympa, des collègues sympas, une maison sympa, des amis sympas, ajouta-t-il en se désignant, une femme sympa et bientôt une petite fille…

- Laisse-moi deviner, le coupa Ron, sympa ! Tu as bu combien de verres ?

- Un whisky et un gorgeon de champagne, avant que l'autre éclate en sanglots en plein resto.

- C'est quand même dingue ça, l'ex de Nott.

- Je suis destiné à rester tout seul, encore et toujours.

- Tu as Raphaël et nous.

- Mon fils a besoin de moi, mais dans 10 ans il me traitera de vieux con et vous il faudra bien un jour que vous coupiez le cordon pour vous consacrer à vous seuls, je suis un emmerdeur.

- Mais non, tout le monde t'aime.

- Non, soupira-t-il, tu sais que même Ginny elle ne m'aimait plus.

- Qu'est-ce que tu racontes ?

- Elle aussi a fini par me détester.

- Tu dis n'importe quoi Harry.

- Le jour où elle est morte, on s'est disputé et ce n'était pas la première fois, elle m'en voulait.

- Ça arrive qu'on se dispute dans un couple.

- Pas comme ça, elle ne me supportait plus, moi, mes idéaux, d'avoir des rêves différents des siens. Quand elle est tombée enceinte j'étais l'homme le plus heureux au monde. J'allais enfin avoir ma famille rien qu'à moi.

- Je m'en souviens, sourit Ron.

- Et Ginny tu sais ce qu'elle m'a dit ce jour-là ?

Étonné, Ron hocha la tête négativement, s'attendant au pire.

- Qu'elle n'en voulait pas ! S'énerva Harry, elle ne voulait pas être enceinte, pas déjà. Elle voulait une carrière, une vie de femme, pas de mère. Elle a voulu avorter et j'ai dû la menacer de la quitter pour qu'elle le garde. À partir de ce moment-là tout c'est dégradé, j'ai pris sur moi, je l'ai aimé encore plus pour la soutenir, j'ai essayé d'être à la hauteur mais rien n'y a fait.

- Pourquoi n'avoir rien dit ? Fit Ron surpris.

- C'était notre vie, nos problèmes. Mais je crois que le pire est arrivé quand son patron a jugé qu'elle ne pouvait plus partir en mission à cause de son état. Elle s'est mise à me haïr en m'accusant d'être égoïste.

- On ne s'est rendu compte de rien, souffla Ron.

- Vous ne la voyiez presque plus à l'époque, quant à moi je faisais semblant d'être heureux

- Mais ça c'est quand même amélioré avec la naissance de Raphaël ?

- Non, jamais elle ne s'est levée pour un biberon la nuit. Elle a retravaillé trois semaines après, elle s'en fichait de notre enfant, tout ce qui comptait c'était son boulot.

- J'ai du mal à y croire, fit Ron.

- Et pourtant c'est vrai. Je n'ai jamais pu la détester et je l'aime encore. Elle m'a donné la chose la plus merveilleuse au monde, mon fils.

- Pourquoi n'avoir rien dit, on aurait pu t'aider, en parler ensemble.

- J'ai essayé, mais je crois que j'avais honte de ne pas être capable d'avoir la vie de famille à laquelle j'aspirais. J'ai toujours cru que cela s'arrangerait avec le temps. Dès qu'elle a retravaillé ça allait mieux puisqu'elle n'était pratiquement jamais là. Elle partait en mission toujours plus loin, toujours plus longtemps. Le jour où elle est morte on s'était disputés car je lui avait encore reproché de ne pas suffisamment s'occuper de notre fils. Je m'en suis voulu de sa mort, je suis sûr qu'à cause de notre dispute elle avait l'esprit ailleurs et qu'elle a été moins vigilante, c'est de ma faute.

- Non, ne dis pas ça, je suis désolé de n'avoir rien vu, grimaça Ron. Tu veux venir dormir à la maison ce soir ?

- Non, mais je veux bien sortir, j'ai besoin de voir du monde, de changer d'air.

- Je viens avec toi, je préviens Mione.

Ils retournèrent au pub gay, où ils étaient certains de retrouver leurs amis. Seamus était effectivement là, fidèle au poste. Assis seul sur une des banquettes rouges, il sirotait une bière le regard perdu dans le vague. Il sursauta quand ils s'approchèrent et que Ron lui tapa sur l'épaule.

- Salut Seam, fit Ron, tu es tout seul ?

- Ah c'est vous les gars, non je suis avec Blaise.

- Il est là, fit Harry en le cherchant des yeux.

- Pas pour longtemps, il s'est trouvé un mec.

- Ah, fit Ron étonné.

- Étonnant ! Tiens le voilà.

- Salut les mecs, fit Blaise, voici Jérome.

- Non c'est Jérémy, répondit le petit blond qui l'accompagnait.

- Oui, je le sais.

- Tu as bu ? demanda Ron.

- Non maman.

- Menteur, rit Seamus.

- Et alors ?

- Alors rien, soupira Ron.

- Harry, déjà fini ton rencard ?

- Comment tu le sais ? Fit le concerné.

- Tout ce sait ici bas, tu viens Jordan on s'en va.

- C'est Jérémy, le reprit le blond.

- Soit à l'heure au boulot et en forme, cria Ron. Comment sait-t-il pour ton rendez-vous ?

- J'ai croisé Malefoy à l'hôpital, répondit Harry.

- Il est venu tout à l'heure, précisa Seamus, et maintenant que j'y pense, Blaise allait bien avant sa venue et ensuite il s'est mis à faire la gueule et à boire. Bon je vous laisse, fit-il en regardant sa montre.

- Déjà ! fit Ron.

- J'ai un avion dans 6 heures.

- Tu dors quand ? Plaisanta Ron.

- Quand je serai refroidi dans ma petite boite. Bonne nuit Harry à bientôt.

- Bon voyage. Tu vois dès que j'arrive tout le monde semble fuir.

- Je suis là moi, tu ne trouves pas ça étrange que Blaise sorte avec quelqu'un juste après avoir appris que tu avais un rencard ce soir !

- Non, je n'ai même pas fait le rapprochement.

- C'est peut-être pour ça que tu es encore tout seul.

- De toute façon je ne suis pas gay Ron.

- Essaye !

- Ah non mais t'es marrant toi ! C'est facile à dire, s'énerva le brun, si il te plait tant que ça Blaise sort avec lui et ne me fais pas chier. Bonne nuit.

Ahuri, Ron le regarda partir, ou plutôt s'enfuir, du pub et soupira bruyamment. Harry toujours en colère, transplana jusqu'à chez lui et tout en maudissant le rouquin pour ses idées débiles. Après s'être débarrassé de ses vêtements, il s'allongea sur son lit et s'endormit en laissant s'échapper quelques larmes.