Que le combat commence ! Bonne Lecture !
CHAPITRE IV : Juste Un Coup
_C'est qui elles ? Demanda un molosse avec un cou aussi large et solide qu'un mur de briques.
_Elle, dit Itô Daisuke en attrapant Yusu par la taille, c'est ma copine et l'autre, c'est la meuf de notre manager. Elles nous suivent à chaque concert…
_Emmerdant pour draguer les minettes, s'esclaffa le garde à tête de chien.
_Oh ! Ajouta Karin avec un air coquin. Ça n'a jamais été un problème pour nous…
Et tandis que la petite brune emboitait le pas à sa sœur et à son compagnon de fortune, elle lança un petit sourire en coin au molosse qui, sans aucun doute, se faisait déjà des idées quant à la façon dont allait se finir cette soirée.
_Très bon ça, murmura le chanteur du groupe. Tu es une sale garce.
_Je sais, approuva-t-elle en ricanant.
Ils avancèrent, sûr d'eux vers une grande porte au-dessus de laquelle était indiqué « Kisei, Accès Interdit ».
_C'est là ? Demanda Yusu avec une petite voix apeurée.
_Ouep ! Lança Itô. Une fois là-dedans mesdemoiselles, ne vous faites pas choper. Ça serait con de perdre de si jolies paires de…
_C'est bon, le coupa Karin. On a compris.
Le jeune homme sourit en ouvrant la porte.
La première pièce dans laquelle ils entrèrent était vide. Les murs, décorés de nombreux miroirs brillaient de mille éclat grâce aux ampoules allumées au-dessus de chaque glace.
_Ça ressemble à des coulisses de tournage, murmura Yusu, intimidée. En plus glauque…
_Bienvenu ! Clama une voix accueillante derrière eux.
Tous tournèrent brusquement la tête, surpris par l'homme qu'ils n'avaient pas entendu entrer.
_Excusez-moi si je vous ai fait peur. Ce n'était pas mon intention !
_Pas de soucis, ajouta poliment Karin en le saluant.
Elle retînt son souffle. Cet homme était très grand et sa carrure, fine et dynamique. Il portait sur ses cheveux grisonnant un chapeau haut de forme et une tenue qui contrastait totalement avec l'ambiance du bar que lui avait décrit Okuda Kane. Malgré sa bonne cinquantaine, il dégageait une aura et un charisme à faire pâlir Itô Daisuke dont la réputation auprès des filles n'était apparemment plus à refaire.
_Je suis Soejima Wataru – le cœur de la petite brune manqua un battement – le maître des lieux. Et voici Ijichi, mon garde du corps personnel.
Un petit blond, gonflé aux hormones sortit de l'ombre pour se placer derrière son patron. Il avait l'air absent et mou mais Karin le considéra avec beaucoup de méfiance. Elle savait qu'il ne fallait pas se fier à l'apparence d'une personne, surtout après avoir fréquenté si longtemps Ururu.
_Je vous demanderai, reprit-il avec un sourire charmeur, de vous amuser plus que jamais. Il n'y a aucune interdiction. Je veux, et j'insiste, que cette nuit soit pour vous la plus inoubliable de toute. Surtout pour vous, mademoiselle…
Il prit la main de Karin et y déposa un baiser délicat. Elle se força à sourire, le regard enflammé comme si tout son être y répondait. Mais au fond d'elle, elle brûlait d'un tout autre feu. Elle était dévorée par l'envie de le tuer tout de suite.
Cependant, sans arme et seule en compagnie de sa sœur et du chanteur, elle ne pouvait pas faire grand-chose.
_Par contre, dit Soejima Wataru en reprenant un air très sérieux, presque sévère, il est interdit de parler de ce que vous verrez à l'extérieur du Kisei. Ce qui a était fait ou vu ici, doit rester secret. C'est un petit peu comme si vous pouviez laisser ici ce qu'il y a de plus sale et de plus… obscène si je puis dire. Rien ne sortira de ces portes. Alors, votre présence entre ces murs sera toujours la bienvenue. Suis-je clair ?
Le silence s'installa, pesant.
Le gérant du bar prit cette non-réponse pour un oui intimidé et il sourit en regardant Itô Daisuke.
_Et bien mon jeune ami, lui dit-il. Le concert commence dans quelques minutes et mes adorateurs sont impatients de vous voir arriver sur scène ! Vous aimez vous faire désirer à ce que je vois.
_C'est de ma faute, minauda Yusu à la surprise générale. J'ai mis du temps à me préparer. Je voulais me faire belle parce qu'on m'a dit qu'il était très difficile d'entrer ici… je suis désolée…
Soejima porta sur elle un regard qui énerva Karin et lorsqu'il s'adressa à sa sœur, sa voix était mielleuse.
_Alors, lui dit-il, je ne peux pas vous en vouloir… amusez-vous bien dans mon humble demeure…
Puis il ouvrit majestueusement la porte qui menait au grand hall du Kisei.
Tout-à-coup, un brouhaha énorme leur vînt aux oreilles. Partout, des cris, des rires, des gémissements.
_Incroyable, murmura Itô Daisuke en entrant dans l'immense salle.
_C'est par ici, reprit le maître des lieux. Je vous laisse profiter de la soirée. Je retourne à mes occupations.
Et tandis qu'il s'éloignait avec le dénommé Ijichi, les trois acolytes pénétrèrent dans l'antre du diable.
[… … …]
_Bordel de merde ! Cria Itô Daisuke pour se faire entendre. Regardez-moi ce foutoir ! J'en ai déjà vu des trucs de taré, mais ça, jamais !
Yusu laissa échapper un gémissement qui fut enfouis au milieu du vacarme ambiant. Partout, çà et là, des hommes et des femmes s'agitaient, s'embrassaient, se caressaient et plus encore.
_C'est la première fois que je vais chanter dans un baisodrome de cette taille !
La situation avait l'air de l'amuser. Yusu, au contraire semblait se retenir de vomir. Alors, comme pour la sommer de garder son calme, Karin lui prit la main et la serra très fort.
_Tout va bien, lui chuchota-t-elle à l'oreille. Tout va bien se passer. Fais ce que je te dis et tout ira bien, ok ?
Sa jumelle acquiesça, les larmes aux yeux.
_Bon, je vous laisse là ! La scène m'attend ! Que le spectacle commence…
Puis il partit en bondissant, se faufilant du mieux qu'il pouvait au milieu de la masse alcoolisée, voir complètement shootée.
_Suis moi, cria la petite brune à sa sœur, couvrant à peine le brouhaha des gémissements.
Elles se glissèrent difficilement vers une table en verre et des sièges libres dans un coin du grand hall.
_Deux bières, demanda Karin à la serveuse qui s'éloignait déjà, son plateau en l'air pour éviter de se faire renverser par ces paumés.
_Mon Dieu, murmura Yusu en plaçant ses mains devant sa bouche. Regarde !
Mais elle n'avait pas besoin de se tourner vers elle pour savoir ce qui choquait sa sœur. Depuis leur premier pas dans le hall, elle avait déjà repéré les grandes prisons de verre qui surplombaient le tout, comme des chandelles transparentes pointant vers le plafond.
Les chaînes qui y bougeaient parfois, étaient proches du sol, ce qui lui indiquait que les shinigamis enfermaient à l'intérieur n'avaient pas assez de force pour se tenir debout.
Elle pensa alors que c'était une bonne chose que Jinta l'ai vidée de son reïatsu. Même si elle sentait une légère faiblesse, elle n'éprouvait pas la douleur de se la faire grignoter petit à petit par la Pièce Maîtresse.
Perdue dans sa réflexion, elle ne s'était pas rendue compte que le concert venait de débuter. Les gens encore assez clair pour marcher s'étaient entassés vers la scène en hurlant comme des furies.
_Tu crois qu'ils nous ont vus, dit Yusu en fixant les cages de verre.
_Je ne sais pas. Mais arrête de les regarder comme ça. On va se faire repérer…
Mais ce fut pire encore pour Karin car sa jumelle gigotait sur place comme si des décharges électriques la traversaient.
[… … …]
Ce petit manège dura une bonne vingtaine de minutes pendant lesquelles la petite brune observait chaque détail avec minutie.
La plupart des gardes postés autours des cages se contentaient de se frotter à des femmes enivrées au lieu de faire leur travail. Les quatre gars de l'escorte personnelle de Soejima Wataru se promenaient çà et là au milieu des paumés et les autres vigiles avaient tout aussi l'air bourré qu'eux.
_C'est bizarre, dit Karin.
_De quoi ? Demanda Yusu.
_Le gérant n'a pas l'air plus inquiet que ça. Ses gardes se promènent partout. Ils font la fête au lieu de faire leur boulot.
_Regarde-le, Karin. Il règne en maître sur les lieux. Il n'a pas peur. Il doit penser qu'il ne craint rien grâce au gros caillou qui traîne derrière sa tête…
En effet, Soejima se délectait de son pouvoir suprême. Il se levait souvent de son trône pour caresser la Pièce Maîtresse en narguant du regard ce que Karin pensait être la place des shinigamis. Ces-derniers devaient être furieux dans leur cage de verre.
Elle continua d'observer la salle, placée dans un coin à seulement quelques mètres du gérant.
Ainsi, elle ne sursauta pas quand Yoshida Bankichi lui posa la main sur son épaule.
_Pour le moment, dit-il, tout se passe comme prévu.
_Je sais, répondit-elle.
_Sauf peut-être une chose…
Il attrapa Karin par le bras pour la soulever et la mettre face à lui.
_Qu'est-ce que tu fou ! Grogna-t-elle.
_N'es-tu pas censé être ma petite-amie ? Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, cet enfoiré de Soejima n'arrête pas de nous fixer comme des bêtes curieuses.
_Normal, murmura-t-elle dans le creux de l'oreille, je te rappelle que nous n'appartenons pas à son cercle de dégénéré.
Yoshida passa ses bras autours de sa taille. Il fit glisser ses lèvres sur celle de la petite brune tout en continuant à lui parler.
_Que dirais-tu, poursuivit-il, de danser avec moi ?
_Quelle genre de danse…
_Le genre qui se camoufle au milieu de cet amas de taré…
Karin fit glisser délicatement sa main entre les cuisses de son partenaire, puis arrivée sur son objectif, elle serra sa virilité gonflée très fort. Juste assez pour le voir grimacer de douleur.
_Même pas en rêve, susurra-t-elle avec un sourire.
Elle relâcha la pression et planta ses prunelles noires dans les siennes.
_Je comprends mieux pourquoi on t'appelle la « Tigresse Noire », dit-il en riant.
_Et bien ! Cria une voix derrière eux. Ce n'est pas vraiment le moment pour ça mes lapins.
_Tiens… Nasu, trou du cul, lança-t-elle en soupirant. C'est pas trop tôt.
_Ne sois pas si impolis avec une personne de mon talent !
_Tu as mon arme, murmura-t-elle en se rapprochant assez près pour qu'il l'entende.
Elle sentit une main glisser discrètement sous sa veste en cuir et un objet froid et lourd se caler entre son short et sa peau.
_Attention, dit-il en ricanant. Je n'ai pas mus la sécurité…
La petite brune le fusilla du regard.
_Nasu, ajouta-t-elle. Quand on en aura fini avec tout ça, je t'éclaterai la tête.
_Ça me va !
_Où sont les filles qui t'accompagnent ? Demanda Yoshida en les cherchant du visage.
_Regarde là-haut !
Sur les socles de verre destinés aux shinigamis, quatre belles jeunes femmes occupaient des gardes en se collant à eux. Efficace. Au signal, elles seraient en première ligne pour en immobiliser au moins le double grâce à l'effet de surprise.
_Je m'occupe des deux gardes à l'entrée, grogna Nasu Aki la même excitation qu'un gosse devant ses cadeaux de Noël.
_Où est le troisième ? Demanda Yusu.
_A l'extérieur. Il retient les gens qui veulent entrer dans le Kisei sans invitation.
_Bon. Faut que j'arrive jusqu'à Soejima sans emmerdes, reprit Karin en observant la situation.
_T'inquiète, ajouta Yoshida. Je me charge de neutraliser les vigiles qui se mettront sur ton chemin. Au signal, les portes s'ouvriront en moins de trois secondes et il y aura assez d'hommes à l'intérieur pour te faciliter la tâche.
La petite brune acquiesça avec un sourire animal. Tout son corps tremblait sous l'effet de l'adrénaline. Dans quelques minutes, le clown allait bouffer son chapeau haut de forme sans aucun moyen de revenir en arrière.
_Ok, murmura Karin. C'est partie…
[… … …]
Tandis que les plans de la jeune fille se mettaient en place, d'autres personnes les observaient avec beaucoup d'inquiétude.
« On va plus tenir longtemps… »
« Je sais, faut compter sur Kuchiki-san et sur nos subordonnés pour nous sortir de ce merdier ! »
« Je vais pas pouvoir tenir la connexion mentale très longtemps Sotaïcho… »
« Bordel de merde… »
« Qu'est-ce qui s'passe Kurosaki ? »
« Le vieux, t'as vu ça ? Je suis en train de rêver c'est ça ? Dis-moi que c'est ça… »
« Non. Tu ne rêves pas, malheureusement. »
« Qu'est-ce qui s'passe ! »
« Yusu et Karin sont ici… »
« Qui ça ? »
« Mes sœurs… bordel qu'est-ce qu'elles foutent là ! Surtout Yusu ! »
« Calme-toi Ichigo. Tel que je connais Karin, elle doit sûrement préparer quelque chose. »
« Tu crois qu'elles sont venues nous aider ? »
« Sûrement. »
« Mais bordel ! Elles ne peuvent rien faire avec tous ces gardes ! C'est une connerie ! Et puis comment elles savent ? Et pourquoi Yusu est là ? Et… et qui c'est ce mec qui fou ses sales pattes sur ma sœur ! »
« Ichigo ! Calmes-toi. Ça ne me rassure pas plus que toi de les savoir ici, mais si tu prends le temps de réfléchir deux minutes, il n'y a qu'elles qui peuvent nous sortir d'ici. »
« Il n'y a que Karin pour être assez folle et foncer dans le tas. »
« Tôshirô… si c'est pour dire des conneries pareilles, j'préfère que tu retournes dans ton mutisme et que tu nous foute la paix… »
« Hitsugaya Taïcho… »
« M'en fou… »
« Il n'a pas tort, Ichigo. Ta sœur a un tempérament enflammé. Malgré nos différents, elle ne nous laisserait jamais tomber. »
« Bien, messieurs ! A entendre parler nos camarades, j'ai comme l'idée que ce bar va se transformer en vrai pugilat dans moins d'une heure… coupez la connexion et préparez-vous ! »
« Je sens qu'on va bien s'amuser… »
[… … …]
Une jeune fille, d'un pas décidé, s'avança vers l'autel du maître des lieux en repoussant fermement ceux qui lui barraient le chemin. Dans son dos, un homme aux cheveux châtains se glissait entre deux colosses montant la garde. Sur sa droite, tout près d'elle, un brun caressait sa cicatrice sur le visage en lui souriant à pleine dent. Puis, à quelques mètres à peine, sa sœur fébrile se glissa discrètement contre les parois de la scène où se jouait le dernier requiem de l'enfoiré qu'elle devait buter.
Elle posa ses iris noirs sur Okuda Kane et Itô Daisuke qui cessèrent tout-à-coup toute musique.
_Mes amis ! Cria le chanteur dans le micro. Pour vous ce soir, nous avons une surprise de taille ! Ecoutez bien ! Cette musique-là va vous faire frémir jusqu'à votre dernier soupir !
Et alors que les fanatiques criaient de joie, Karin, dans un geste assuré, brandit son arme à feu vers Soejima Wataru et tira…
