Bonsoir, bonsoir!

Oui, je sais que vous m'en voulez de ce retard. Mais en ce moment je n'ai pas une minute à moi. Et puis vous ne m'en voulez pas vraiment. Parce que ce soir il y a la suite de Black Ops. Eh oui. L'attente forme le lecteur. Ou les voyages forment la jeunesse, peu importe. Bref.

Bonne lecture!

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-Je te présente la Regazza Bellissima, susurra Alfredo en pointant du doigt vers la mer.

Hermione suivit des yeux la direction indiquée par l'index de son protégé, et inspira doucement. Malgré le luxe que son poste l'amenait souvent à côtoyer, elle n'oubliait pas ses origines. Fille de dentistes, Hermione n'avait manqué de rien, vivant dans un charmant pavillon victorien, mais ses parents n'étaient pas non plus d'immenses fortunes, et parfois elle s'étonnait d'évoluer présentement dans un tel milieu où tout était beau et cher.

En l'occurrence, Alfredo honorait sa promesse de l'amener passer une journée en mer sur son luxueux yacht. Trente mètres de long, pourvu d'une cabine et étincelant sous le soleil matinal, le petit navire n'attendait plus qu'eux. Ils étaient accompagnés par deux hommes de main d'Alfredo, lourdement armés, et qui durant leur excursion serviraient également de matelots.

Alfredo, toujours galant, l'aida à descendre dans la barque qui les amena au yacht, et ils furent sur le pont en quelques minutes.

Après la visite de la Regazza, Hermione s'assit sur un fauteuil pliant et regarda paresseusement l'eau défiler sous la coque, tandis qu'Alfredo partait leur chercher lui-même du Champagne. Elle souffla dès qu'il fut hors de vue.

Malheureusement, elle n'avait que peu de choses à raconter à Saphira. Alors que son hôte était charmant, peut-être même trop, elle n'avait jusqu'alors rien aperçu de ses activités illicites. Elle n'avait rien pour étoffer le dossier et recevoir ainsi une confirmation de mission pour abattre le mafioso.

Et à présent, elle avait un autre problème, bien plus grand que le manque d'informations à propos de la Rosa Nera. Ses lèvres se plissèrent alors qu'elle songeait à sa rencontre de la veille avec son adversaire, collègue, et ennemi, Drago Malefoy.

Loin de lui et de la tension latente qui accompagnait chacune de leurs rencontres, Hermione parvenait à mettre son désir de l'instant face à lui sur le compte de la faiblesse, de l'adrénaline. Elle savait que c'était faux, et qu'une analyse biaisée de ses sentiments contradictoires à l'encontre de l'agent blond pouvait s'avérer dangereuse pour elle, mais elle ne pouvait s'empêcher de se souvenir qu'avant que leur haine éclate en autre chose, il avait été son ennemi d'école, celui qui l'avait insultée, salie et tourmentée durant leur scolarité commune. Et se dire que l'excitation de l'interdit lui provoquait ces frissons délicieux et cette moiteur caractéristique face à lui était tellement plus simple que d'admettre qu'elle l'admirait réellement, en tant qu'homme.

Hormis leur attirance, visiblement réciproque, la présence de Chevalier Noir était un ennui réel. Il avait reçu l'ordre de tuer Alfredo, et mettait évidemment du cœur à la tâche, autant par envie de la gêner dans sa mission contradictoire à la sienne que par nécessité d'exécuter les ordres. Elle ne comprenait pas comment ils avaient pu recevoir des missions si opposées alors que concernant la même cible, et se promit de faire parvenir un rapport au Ministre dès qu'elle rentrerait à Londres. Mais en attendant, Saphira était injoignable : la jeune femme avait tenté de la contacter le matin même sans succès. Sans doute la chef des Black Ops était-elle en déplacement.

Ce qui la laissait seule face à Malefoy. Il allait falloir qu'elle le neutralise, mais elle ne savait pas comment. Le fait qu'il soit un aussi excellent agent, cumulant toutes les qualités requises pour l'emploi- force mentale et physique, charme inouï, intellect supérieur...allait la desservir. Ce serait lui ou elle, et elle savait que Malefoy n'hésiterait pas à la tuer si elle lui mettait des bâtons dans les roues- par ailleurs la réciproque était vraie.

-Champagne ?

Hermione leva les yeux sur Alfredo et déglutit. Il avait profité de son absence pour se changer et ne portait dorénavant qu'un maillot de bain bleu marine, laissant à sa vue un torse tonifié et doré, des jambes fermes et sculptées, et des abdominaux...des abdominaux absolument, somptueusement...

Hermione sourit et accepta gracieusement la coupe qu'il lui tendait, se fouettant mentalement. Malgré elle, elle ne put s'empêcher de songer à Malefoy, encore et toujours lui. Avait-il des abdominaux aussi parfaits ?

-Il fait trop chaud pour rester habillée, même si cette robe te va à merveille, commenta Alfredo en la regardant de haut en bas avec un sourire en coin.

Hermione jeta un bref regard à sa robe blanche, dans le style arlésien, qu'elle avait acheté sur un coup de cœur quelques jours avant la mission Ombre, et battit des cils, flattée et irritée à la fois, puis rétorqua d'une voix amusée,

-Je suis ici pour assurer votre protection, Alfredo. Pas pour défiler en maillot de bain...

-L'un n'empêche pas l'autre, rit-il avec un clin d'œil un peu trop séducteur, et puis, que risquons-nous en pleine mer ? Je t'assure que je ne crains pas les requins.

Elle éclata de rire et hocha la tête. Elle commençait réellement à avoir chaud, et puis, ce n'était pas comme si Malefoy allait les pourchasser au large.

Drago plissa les lèvres jusqu'à ce qu'elles ne soient qu'une ligne blanche dans son visage, puis posa ses jumelles à ses côtés dans la barque gonflable motorisée. Il avait craqué sur ce petit bijou : entièrement démontable, une vitesse de pointe de cent soixante kilomètres heure, facilement transportable, et surtout indétectable, car la barque était presque silencieuse et quasiment plate de surcroît. Il fallait être pourvu de jumelles pour la voir et souvent, on ne la remarquait que lorsqu'elle arrivait dans les cinquante mètres- si encore on la remarquait. C'était parfait pour filer le yacht de Volupti.

Enfin, si on pouvait appeler cela un yacht. À ses yeux, une barque de pêche était plus luxueuse que le transport de ce pseudo-mafieux de rien du tout. Mais peut-être se montrait-il de mauvaise foi, après tout.

Lâchant un juron à voix basse, Drago accéléra, mais même le vent et le sel marin sur son visage ne purent le dérider.

Pourtant, il aurait dû se douter que Louve Blanche serait à bord : il s'y attendait, même, et en conséquence de cela il avait failli reporter son plan d'attaque. Néanmoins, il ne s'attendait pas à la voir flirter visiblement avec la cible, coupe de Champagne à la main. Pour qui se prenait-elle au juste ? Était-elle employée pour défendre sa vie ou pour se glisser dans son lit ? Il battit des cils, irrité, et lâcha l'accélérateur pour reporter suspicieusement ses jumelles sur son nez.

Il faillit s'étouffer.

Hermione bascula la tête en arrière, éclatant de rire à une phrase de son protégé qui la dévorait des yeux, puis posa sa coupe sur une table basse et porta ses mains à sa taille, retroussant sa robe et la faisant passer par-dessus sa tête, révélant un corps magnifique vêtu d'un maillot de bain deux pièces rouge bordeaux à liseré or- bien voyons. Alfredo promena un regard nettement appréciateur sur ses courbes, et Drago en fit autant.

Elle était indéniablement belle. Drago se rendit compte que bien qu'il connaisse Granger depuis une quinzaine d'années, c'était la première fois qu'il la voyait aussi peu vêtue. Et elle était splendidement belle. Elle n'avait pas le plastique d'un mannequin, mais ses formes naturelles étaient tout aussi seyantes. Ses seins emprisonnés surmontaient un ventre plat, une taille fine et des jambes élancées. Elle avait un joli corps- rien de spécial en soi, mais tellement...elle. Drago se maudit en réalisant ses propres pensées.

Puis jeta un regard critique à son entre-jambe, et souffla de dépit, avant de reporter ses jumelles sur la scène.

Alfredo promena un doigt sur la peau pâle de l'épaule de sa protectrice, et sa bouche s'ouvrit pour faire une remarque. Louve Blanche rit à nouveau, puis le mafioso posa une main faussement galante au creux de ses reins et l'entraîna vers la proue, montrant un dauphin du doigt au loin.

Sans ôter sa main du dos de Hermione.

Drago allait commettre un meurtre, c'était décidé. Il savait pourtant qu'il ne devait pas, ne pouvait pas ressentir de telles choses pour Granger, mais il ne pouvait s'en empêcher. À côté de l'admiration naturelle qu'il exprimait pour une femme de sa classe et un agent de son rang, son désir pour elle atteignait des sommets. Il n'avait jamais rien ressenti de tel- son attirance était d'une violence extrême, et lorsqu'il aurait enfin mis la main sur la jeune femme, il se promit qu'elle ne quitterait pas son lit pendant une semaine. Même lorsqu'elle serait grand-mère, elle pleurerait de joie en se remémorant ses parties de baise avec lui. Drago savait pourquoi son désir pour Granger était aussi intense- jamais une femme ne lui avait résisté aussi longtemps. Cela, cumulé au feu nourri de l'adrénaline de leur métier, offrait un cocktail explosif.

Pour en revenir à Alfredo, c'était définitivement un homme mort. Follement possessif et jaloux, Drago avait horreur qu'on touche à ce qui lui appartenait- et Granger lui appartenait jusqu'à ce qu'il en décide autrement. Il imagina Hermione, allongée sous le mafieux, et cette pensée lui donna envie de foncer sur le yacht en hurlant de rage avant d'abattre tout le monde et de filer avec elle. Mais il devait se contrôler.

Granger le tenait déjà fermement par le sexe. Il ne pouvait pas se permettre de la laisser lui retourner le cerveau en outre, sinon il était perdu.

Ayant amarré sa barque le long du yacht, Drago monta sur le bâtiment en toute discrétion. Hermione et l'autre nul étaient toujours à la proue du navire, dos à lui, discutant. L'un des gardes était occupé à la barre, et l'autre surveillait les environs, de à bâbord. Personne ne regardait en sa direction.

Leste et silencieux, il sauta par-dessus la rambarde et se glissa dans la cabine, fermant à moitié la porte derrière lui. Il ricana et ôta son sac à dos, lissant d'un revers de main son débardeur noir et son pantalon militaire, puis sortit de son sac plusieurs cartouches de poudre et des fils électriques, mettant son plan en place en toute tranquillité.

Hermione était légèrement gênée. Le pouce d'Alfredo traçait dans son dos de petits cercles, faisant se hérisser ses poils et envoyant des décharges d'envie dans son bassin. L'homme en question parlait d'une voix de plus en plus rauque, à son oreille, des poissons qu'on pouvait trouver dans la région- ce qui aurait pu s'avérer passionnant s'ils ne se trouvaient pas dans une telle situation. Autour d'eux, la tension sexuelle était presque palpable.

-Hermione.

Il y avait une demande claire dans la voix d'Alfredo, et elle se tourna vers lui, yeux mi-clos. Elle se lécha les lèvres sans y songer, et le regard de l'italien y glissa, avant qu'il se penche doucement vers elle pour saisir sa bouche de la sienne.

Avant qu'il puisse l'embrasser, cependant, le regard de Hermione capta derrière lui la porte de la cabine, qui était presque fermée.

Elle se redressa brusquement, ignorant le sursaut étonné et déçu du mafieux, et fixa la porte avec attention. C'était un détail qu'elle avait enregistré sans y penser, comme il lui arrivait souvent dans son métier. En quittant la cabine avec le Champagne, Alfredo avait laissée la porte ouverte. Il n'y avait pas de vent, et les deux gardes n'avaient pas bougé. Saisie d'un soudain doute, elle posa le doigt sur ses lèvres et récupéra dans son sac à main son pistolet GSH-18 et Alfredo, comprenant, recula en silence. Hermione avança jusqu'à la cabine sans un bruit, et se positionnant contre le montant, claqua la porte avant de pointer son arme partout.

La cabine était vide.

Plissant les yeux, elle avança dans la pièce de quelques pas, guettant attentivement le salon de luxe, la cuisine américaine et le coin chambre. C'était apparemment vide, et elle se maudit de sa stupidité. Mais, d'un autre côté, cela lui avait permis d'échapper au baiser d'Alfredo, baiser qui aurait été une très mauvaise idée lorsqu'elle y repensait.

Hermione soupira, posa son pistolet sur le bar à proximité, et se frotta les yeux en s'éloignant de quelques pas.

Elle se raidit soudainement, comme si son sixième sens venait de l'avertir d'un danger imminent, mais c'était trop tard. Un bras puissant s'enroula autour de sa taille, l'attirant contre un torse ferme qu'elle pouvait sentir derrière son dos, et l'autre bras de l'intrus se plaça sur sa poitrine, tenant un couteau contre sa gorge. Au moindre mouvement, il pourrait la tuer.

Son cœur s'emballa. Pas par l'effet de la panique, mais par l'effet de tout autre chose, et elle sut qui se trouvait derrière elle, instinctivement. Haussant un sourcil, elle murmura,

-Cela commence à devenir une habitude que je n'aime pas. C'est très impoli d'attaquer quelqu'un par derrière, Malefoy.

Le rire mélodieux du blond lui répondit.

-Il y a un détail que tu oublies, Granger. La dernière fois, je t'ai désarmé. Cette fois tu t'es désarmée toute seule. Peut-être que la prochaine fois, tu te déshabilleras sans que j'ai à te le demander.

La respiration de Hermione s'accéléra. C'était la première fois qu'il parlait ouvertement d'une telle possibilité entre eux. La première fois qu'il mettait leur tension sexuelle en paroles. Elle ne savait pas si elle devait s'en sentir réjouie ou inquiète.

-Je ne te demanderai même pas ce que tu fais ici. Alfredo a une garde réduite, tu n'auras aucun mal à l'éliminer, puis à tuer ta cible, et j'imagine que tu veux me liquider durant le processus ?

-Voyons, Granger, s'exclama-t-il d'une voix mielleuse. Je viens presque de t'avouer que je voulais te surprendre de la sorte une troisième fois. Ce qui pourrait s'avérer difficile si tu es morte, n'est-ce pas ?

-Et pourtant, soupira-t-elle, il va bien falloir que tu me combattes pour accéder à Alfredo.

-Pas forcément, rétorqua-t-il. Je pourrai simplement te neutraliser avant de m'occuper de lui.

-Ah, mais où est le jeu ?

Elle pouvait presque sentir son sourire derrière elle. Il posa son menton sur le sommet de son crâne et tapota brièvement le couteau contre sa gorge.

-Les règles du jeu, c'est moi qui les fixe ici, chérie. Alors, qu'avons-nous ? Deux gardes...simple comme bonjour. Un mafioso isolé et séducteur pathologique...les yeux fermés. Toi...

Il fit mine de réfléchir puis sourit à nouveau.

-J'ai quelques comptes à régler avec toi, Louve Blanche. Je n'aime pas qu'on empiète sur mon territoire, ce que tu as la fâcheuse tendance à faire. Comprends-moi bien, je n'ai aucun scrupule à t'abattre, mais le jeu en l'occurrence ne concerne que nous deux. Volupti et ses deux gorilles n'ont jamais fait partie de l'équation. Alors, pour intéresser quelque peu la partie, j'ai pipé les dés pour m'assurer la victoire.

-Ah ? Vraiment ? Et serais-tu assez galant pour m'expliquer de quelle façon ?

Il la fit pivoter brutalement vers le lit immense au fond de la cabine. Elle haussa un sourcil.

-Non, Malefoy. Ce n'est absolument pas le moment de penser à ce genre de...

Il laissa échapper un éclat de rire et secoua la tête.

-Regarde bien.

Il la relâcha soudain, la poussant loin de lui pour plus de sécurité, et saisit paresseusement le pistolet qu'elle avait posé sur le comptoir avant de le braquer sur elle. Elle le foudroya du regard, et avança jusqu'au lit, glissant ses mains sur les draps avec méfiance, vérifiant les oreillers, puis se mettant à genoux pour regarder sous le sommier.

Elle tomba nez-à-nez avec un boîtier noir flanqué d'une horloge. Cinq minutes. Quatre minutes cinquante-neuf. Quatre minutes cinquante-huit...

Se relevant d'un bond, Hermione serra les poings et fixa Drago, ébahie. Cheveux légèrement décoiffés par le vent marin, bras parfaitement dessinés nus, petit sourire en coin, il n'avait jamais semblé plus beau à la jeune femme, plus dans son élément. Mais pour l'heure, elle avait autre chose à l'esprit que la beauté de son ennemi mortel.

-Une bombe ? Tu as mis une fichue bombe dans la cabine de ce yacht ! Mais...

-Il y a une combinaison à quatre chiffres pour la désamorcer, mais tu n'as qu'un essai, assura-t-il calmement. Alors je te déconseille vivement de tenter. Maintenant, parlons affaires.

Hermione plissa les yeux dans sa direction et croisa les bras sur sa poitrine, se rendant alors compte de son habillement vague. Sans rougir, elle le fixa : de toute manière, il la voyait ainsi depuis plusieurs minutes déjà.

-Que veux-tu ?

-Volupti va mourir, répliqua-t-il avec sérieux. Que tu le veuilles ou non. Pourquoi t'acharner à le défendre ? Quitte ce navire avec moi, Granger.

-Pourquoi voudrais-tu me sauver, Malefoy ? Nous nous détestons. C'est un miracle que nous ne nous soyons pas encore entre-tués.

-Potter aurait ma peau. Et en tant que chef des Aurors, sa puissance est presque illimitée, improvisa Drago tranquillement. Je suis arrivé ici en barque incartable, amarrée à tribord. Tu vas venir avec moi.

Hermione se mordit la lèvre, pensive, puis répondit à voix basse,

-Non.

-Non ?

-Non. Ma mission est de protéger Alfredo, qu'importe la tienne. Je le ferai jusqu'au bout et tant pis si cela me coûte la vie. En tant que Black Ops, nous sommes préparés à mourir, non ? Je ne laisserai pas tomber ma charge.

La lèvre de Drago se retroussa soudain de dégoût tandis qu'il la regardait sombrement de haut en bas. Elle frissonna sous la noirceur de son regard, qui lui rappelait tant pourquoi elle haïssait cet homme.

-D'après ce que je vois, tu ne te contentes pas de le protéger, cracha-t-il. Dis-moi, Granger, est-ce qu'il t'apporte tout ce tu peux attendre d'un homme ? Est-ce que tu trouves cela excitant, de coucher avec un criminel notoire ? Est-ce que tu exauces tous tes rêves de petite fille en baisant avec l'ennemi ?

La bouche de Hermione s'ouvrit. Elle était scandalisée.

-Non, mais on croit rêver, rétorqua-t-elle avec mépris. Tu oses me faire la morale, Malefoy ? Tous les journaux à scandale se jettent sur tes petites coucheries. J'ai vue des prostituées avec un tableau de bord moins chargé que toi. De quel droit est-ce que tu me juges sur ce que je peux faire ou non avec un homme ? Ne me dis pas que tu n'as jamais couché avec une cible afin de lui arracher des informations ?

Ils se dévisageaient en chien de faïence, et Hermione ajouta,

-Et d'ailleurs, tout cela te regarde parce que... ?

-Exactement, répliqua-t-il froidement. Tu sais quoi, Granger ? Si tu es aussi chaude que ça, pourquoi ne viendrais-tu pas tromper l'ennui dans mon lit une nuit ou deux ? Je te montrerai ce qu'un véritable homme peut faire de ses mains, et si tu vaux le coup, je te laisserai peut-être y revenir à l'occasion.

Le sang de Hermione ne fit qu'un tour. Elle ne supportait plus la vulgarité de cet homme pourtant si gentleman en temps normal, et ne comprenait pas d'où lui venait cette colère. Elle fit fi de son pistolet qu'il brandissait, et s'approcha de plusieurs grands pas, avant d'abattre de toutes ses forces sa main sur la joue du blond. Le claquement partit comme une détonation, laissant derrière lui le silence, seulement coupé par les halètements enragés des deux adversaires.

Avec un regard noir, Drago la saisit par la nuque, l'attira à lui, et plaqua ses lèvres contre les siennes. Ce n'était pas à proprement parler un baiser. C'était une recherche mutuelle de dominance, et Hermione y plongea à son tour de toute son âme.

Elle noua immédiatement ses bras derrière la nuque de l'agent, agrippant ses cheveux et tirant, tout en l'embrassant avec fureur. En retour, il lâcha son couteau et jeta le pistolet sur le comptoir, saisissant les hanches de Hermione et plaquant leurs bassins ensemble. Contre son bas de maillot de bain, autant dire peu de choses, elle pouvait sentir son érection impressionnante, éveillant en elle mille sensations interdites. Elle ne put s'empêcher de s'y frotter avec un gémissement de plaisir, et il répondit en approfondissant leur baiser et en promenant ses mains sur ses fesses. Hermione mordit sa lèvre jusqu'au sang, et il rétorqua en claquant sa main violemment contre ses fesses.

Elle n'en revenait pas. Il avait osé la fesser...

Elle s'éloigna quelque peu, à la recherche d'air, et le regarda en réduisant ses yeux à deux fentes vengeurs. Il arborait un rictus, mais ses yeux pétillaient d'amusement : il était magnifique. Elle ne put s'empêcher de laisser échapper un petit rire et il roula des yeux avant de l'embrasser à nouveau, avec autant de passion qu'auparavant, mais une complicité sexuelle s'était dorénavant installée entre eux.

Elle recueillit de sa langue la gouttelette de sang qui perlait à sa lèvre inférieure, et se laissa tenter par le diable en personne qui embrassait, embrasait, léchait, mordillait, caressait...lorsqu'ils s'éloignèrent de nouveau, il posa son front contre le sien, visiblement apaisé, bien qu'elle ne sache pas pourquoi, et avoua,

-Je pourrais faire ça pendant des heures, Granger, et plus encore...mais étant donné que d'après la bombe, ce yacht n'a plus que deux minutes trente à vivre...

Hermione se raidit et s'éloigna d'un bond, tentant d'oublier chaque muscle de son corps lui suppliant de revenir entre les bras de cet homme. Elle le regarda yeux écarquillés, et la mâchoire de Drago se contracta, comme s'il regrettait déjà ce qui allait suivre entre eux.

Puis tout s'enchaîna si vite.

Hermione feinta vers sa droite pour aller récupérer son arme, et il tomba dans le piège, se jetant sur le pistolet. Pendant ce temps, la jeune femme courut vers la sortie pour se précipiter sur le pont. Elle entendit clairement le juron de Drago, puis, pendant qu'elle s'élançait à travers la porte, un coup de feu résonna derrière elle, emportant un morceau de bois à quelques centimètres de son dos.

Elle s'arrêta durant un quart de seconde, abasourdie, avant de se remettre à courir à toute vitesse. Elle n'en revenait pas.

Drago avait osé lui tirer dessus.

Alfredo, occupé à siroter un verre de punch, leva des yeux affolés sur elle tandis que d'un geste, elle indiqua aux deux gardes d'approcher rapidement.

-Bombe à bord, déclara-t-elle. Descendez en moins de trente secondes le canot et éloignez-vous. Je vous rejoins : je vais sécuriser la zone, j'ai de bonnes raisons de croire qu'un ennemi se trouve encore à bord.

Les deux gardes se précipitèrent vers le canot pour la mise à flots, et Alfredo, fronçant les sourcils, porta un doigt aux joues de Hermione, le retirant mouillé.

-Hermione, tu pleures ? Pourquoi ?

Elle se toucha les joues avec une bruit de gorge. Elle ne s'était pas rendue compte qu'elle pleurait jusqu'alors.

-Ce n'est rien, assura-t-elle. Montez dans ce canot immédiatement.

Alfredo haussa les épaules, puis lui obéit. La jeune femme essuya ses larmes, en se traitant mentalement de tous les noms. C'était stupide. Évidemment que Drago lui avait tiré dessus. C'était un réflexe d'agent et de toute manière, ils en avaient, techniquement, le droit. Si un agent en gênait un autre dans le déroulement d'une mission, alors il était autorisé de procéder à la neutralisation par tous moyens du gêneur. Elle aurait dû savoir que cela arriverait- Drago et elle se détestaient- mais cela ne l'empêchait pas d'avoir mal.

Elle préférait ne pas analyser la raison pour laquelle elle souffrait autant.

Elle souffla d'aise en voyant le canot motorisé se diriger lentement vers le lointain. Elle espérait seulement qu'elle pourrait le rejoindre à la nage.

-Granger.

Hermione tourna sur son talon et fixa Drago d'un regard noir. Il venait d'apparaître sur le pont, étonnamment sans arme à feu, et semblait quelque peu soucieux.

Lorsqu'elle en finirait avec lui, il aurait certainement quelques soucis de plus.

Drago soupira. La jeune agent le fixait d'un regard mauvais, et il ne pouvait pas lui en vouloir. Il n'avait pas voulu lui tirer dessus : pas vraiment, en tout cas. Sa feinte l'avait surpris, et il désirait simplement la neutraliser.

Mais il s'était réellement rendu compte de cela après que le coup de feu soit parti. S'il recevait l'ordre de tuer Granger, ce qui n'était pas près d'arriver, il le ferait sans un battement de cil. Mais en attendant, il préférait éviter.

Hermione fut sur lui en un éclair, abattant son poing dans son nez. Il fronça les sourcils et tenta d'esquiver son prochain coup, qui rata : elle tremblait de fureur et ne visait plus correctement, frappant avec sa rage, plutôt que de se comporter comme agent surentraîné.

-Je suis désolé, plaida-t-il avec agacement en esquivant un coup de genou dans ses parties intimes. Granger...

Elle le gifla, et il parvint à attraper son bras.

-Granger, il reste moins de trente secondes...

-Si je meurs, cracha-t-elle, la dernière chose que je ferai avant, c'est te tuer !

Elle se dégagea et lui asséna un double coup de poing dans le ventre, le pliant en deux, avant qu'il esquive de justesse un coup de pied dans son visage. Il vérifia sa montre. Quinze secondes.

-Granger...Hermione !

Il lui saisit le bras, la tirant violemment à sa suite vers la rambarde, et sauta, l'entraînant avec lui. Alors qu'ils plongeaient tous les deux dans l'eau, le yacht explosa en un ramassis de rouge, de noir et de débris, puis tout ne fut plus que silence.

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Alors? Ce chapitre?

Qu'en pensez-vous?

Dans le prochain il y aura du muy caliente, bien sûr. Avec ce p'tit bisou, nous, on reste sur notre faim. Faut corriger ça. Et étant donné que ma soeur, enceinte de sept mois, se comporte en ce moment comme une goinfre, y a plus grand chose dans les placards. Alors vivons de fanfics et d'eau fraîche. Ou de Dramione et de lemon. Ou de je ne sais pas quoi. Breffons.

A très bientôt pour I'm Still Alive!

Au fait: Les Agneaux sont en cours, cela arrivera, mais j'ai un emploi du temps de dingue actuellement et c'est un miracle quand j'ai une heure à moi seule. Je devrai me faire ermite, j'aurais moins de soucis. Enfin bon.

N'oubliez pas de reviewer! J'apprécierai grandement. Imaginez si j'étais athlète, que je galérais pour franchir la ligne d'arrivée, et que vous, vous soyez mon petit public en train de m'encourager. Applaudissements, appels, promesses d'apéro...bref, vous me comprenez.

A très vite!

DIL.