Titre : Un enfant de toi
Auteur : x-shinigami-x
Couples : à venir
Genre : Tranche de vie, Romance, Mpreg, angst, drama, family, general, threesome (à venir)
Histoire : AC 195. Lors d'une mission, Heero et Duo sont capturés. Heero est relâché mais pas Duo... Quelques mois plus tard, le pilote du Deathscythe revient, mais pas seul...
Un immense merci à LicyLie, darkmoonlady, gueularde, elodiedalton, Bernie Calling et loriinda pour leur review sur chapitre 03.
Note : Comme il est indiqué un peu plus haut, cette histoire contient le rating M-preg, c'est à dire, grossesse masculine. Si cette idée vous dérange, alors inutile d'aller plus loin dans l'histoire, car celle-ci sera basée essentiellement sur ce thème. Vous voilà prévenu !
A tous les autres, je vous souhaite une excellente lecture en espérant que ce chapitre vous plaise autant que les précédents.
Chapitre 04
Lorsque Duo se réveilla, il était de nouveau dans sa chambre d'hôpital. La pièce était plongée dans le noir et seul un "bip" régulier lui parvenait. Poussant un soupir de fatigue et de lassitude mêlé, Duo se redressa sur ses coudes et tenta de s'asseoir. A la douleur qui lui vrilla l'abdomen, il ne pu retenir un gémissement et les événements de la veille lui revinrent en mémoire. Malgré lui, il ne pu retenir un frisson de peur lui parcourir l'échine quant à ce qui l'attendait.
- Dans quoi est-ce que tu t'es encore fourré mon pauvre Duo, murmura-t-il pour lui-même. Des fois tu ferais mieux d'apprendre à réfléchir avant d'agir inconsidérément ! Déjà là, peut être qu'Heero te prendrait moins pour un crétin...
- Tu parles tout seul maintenant ? Demanda avec une pointe d'amusement une voix féminine à l'entrée de la chambre.
- Que veux-tu, répondit le natté en souriant à son médecin, c'est l'âge !
- C'est cela oui, vient te plaindre, renchérit la jeune femme en entrant dans la pièce. Comment te sens-tu ?
- Un peu barbouillé, avoua le natté en se recouchant alors que Sally redressait les coussins dans son dos.
- C'est normal, ça va passer, c'est l'effet de l'anesthésiant qui s'estompe. Je vais te chercher quelque chose à manger je reviens.
- Merci, murmura le natté, en se calant contre ses oreillers, épuisé autant moralement que physiquement, la douleur ne l'aidant pas à se sentir mieux.
Avant même que la jeune femme n'ait quitté la pièce, Duo sombrait de nouveau dans un sommeil réparateur. Il fut réveillé pour la seconde fois par un rayon de soleil qui lui caressait délicatement le visage. C'est avec beaucoup de difficultés qu'il parvint à ouvrir les yeux, après les avoir refermés une première fois, aveuglé par le trop plein de lumière matinale. La douleur à son abdomen se réveilla en même temps que lui, lui amenant les larmes aux yeux et en dépit de toute sa volonté, il ne put retenir un gémissement de souffrance. Tournant la tête vers l'autre côté de la pièce, il laissa alors libre court à ses larmes, se libérant ainsi du trop plein de douleur qui lui contractait le coeur depuis quelques jours.
"Vois Heero..." Pensa-t-il. "Vois ce que je subis pour toi... Cesseras-tu de me voir comme un moins que rien après ça ? Ou au contraire me reprocheras-tu mon comportement inconscient en me traitant de "baka" comme tu en à pris l'habitude... Si tu savais comme ce mot me blesse un peu plus à chaque fois que tu le prononces avec ce mépris glacial qui te caractérise...
- Duo ? Appela la voix douce mais inquiète de Sally en entrant dans la chambre les bras chargés d'un plateau repas.
Aux spasmes qui secouaient les épaules de l'adolescent, la jeune femme posa le plateau sur la chaise à côté d'elle et se précipita vers l'américain et s'assit sur le bord du lit. Impuissante face à la détresse du natté, elle se contenta de lui poser une main qui se voulait rassurante sur l'épaule.
Prenant ce geste pour une invitation, Duo se laissa aller dans les bras de la jeune femme qui, d'abord surprise, finit par refermer ses bras autour du corps frêle de l'adolescent, le berçant tendrement. Ce n'est qu'après un temps qui lui parut interminable que les sanglots de Duo finirent par se calmer. Doucement, afin de ne pas briser le silence de l'instant, Sally demanda dans un murmure :
- Ca va mieux ?
- Oui, répondit le natté en se redressant, essuyant ses yeux du revers de sa manche. Pardon...
- Y'a rien à pardonner Duo, le rassura la jeune femme d'un petit sourire qui se voulait apaisant.
Duo ne répondit rien, se murant dans un silence bien trop inquiétant pour tout ceux le connaissant un minimum. Au fond d'elle, Sally se sentait impuissante et mal à l'aise face à la souffrance visible de l'américain. Ses entrailles se nouaient d'indignation face à la cruauté de l'organisation pour laquelle elle travaillait et la folie pure du Colonel Treize qui était prêt à briser la vie d'un enfant pour parvenir à ses fins. Sentant la colère monter en elle, elle s'efforça de penser à autre chose.
- Je t'ai apporté de quoi te restaurer, déclara-t-elle. Tu n'as rien mangé cette nuit, il faut que tu te nourrisses maintenant. Je ferais tes soins après.
- Merci Sally, murmura simplement Duo, le regard éteint.
Comprenant le besoin de solitude de l'adolescent, elle s'éclipsa discrètement. En son fort intérieur, elle commençait à remettre en question l'intégrité mentale du Colonel Treize, sentant une once de rébellion poindre en elle.
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Vêtu simplement d'une chemise blanche, Duo suivit Sally jusqu'à la salle de douche ou pour la seconde fois, il dut se laver entièrement avec un savon antiseptique dont l'odeur lui souleva l'estomac. Lorsqu'il fut propre, Sally lui donna une chemise propre et c'est dans un silence monastique qu'elle le mena au bloc opératoire. De son côté, Duo était muet comme une tombe et redoutait ce qui allait se passer. Si extérieurement il ne laissait rien transparaître de ses émotions, ne souhaitant pas faire cette joie à Treize qui l'observait de l'autre côté de la baie vitrée, un sourire victorieux étirant ses lèvres, intérieurement, son estomac se nouait sous l'effet de l'angoisse et de l'appréhension. Il était un soldat, il n'avait jamais été préparé à l'éventualité d'avoir un jour le rôle de mère porteuse... Il était préparé à beaucoup de chose, comme l'avait voulu son entraînement, il était un assassin redoutable, il pouvait tuer froidement sans la moindre pitié, mais jamais il n'aurait pensé que la folie de Treize Kushrénada puisse être aussi grande.
Il avait seize ans... Il n'avait pas l'âge de faire la guerre, ni même de porter un enfant... Pourquoi Heero ne pouvait-il pas comprendre que s'il riait tout le temps, même si souvent le coeur n'y était pas, et que s'il faisait des bêtises, c'était pour oublier et leur faire oublier à eux, ses amis, la guerre et les atrocités qu'elle entraînait. Leur faire oublier l'espace d'un instant qu'ils étaient des soldats programmés pour tuer et détruire, et leur apporter un peu de cette insouciance et cette adolescence qui leur faisait défaut. Leur faire oublier qu'ils n'avaient pas eut d'enfance et que probablement, ils n'auront pas de futur, la guerre étant faite de sacrifices...
Retrouvant ses esprits, Duo prit place sur la table d'opération, suivant du regard les gestes minutieux de Sally qui, tremblante, préparait le matériel dont elle aurait besoin, avec l'aide de son assistant. Gardant le regard posé sur la jeune femme, Duo se forçait à ne pas regarder de l'autre côté, où derrière la vitre, Treize observait l'opération avec un sourire malsain, accompagné de son âme damnée, le lieutenant Zechs Merquise. Contrairement à son supérieur, le jeune homme gardait une certaine distance vis à vis de tout cela, ressentant malgré lui, une pointe de pitié et de compassion pour le jeune pilote.
Etant le confident et bras droit du Colonel, ce dernier lui avait expliqué son plan. S'il était resté stoïque face au Colonel, Zechs n'en avait pas moins été bouleversé en apprenant la machination de son supérieur. Il avait accepté beaucoup de choses jusqu'à maintenant, peu être même trop, mais faire souffrir un gamin, était pour lui quelque chose d'inadmissible. Il imaginait trop bien la douleur que devait ressentir l'adolescent et il ne pouvait l'accepter, c'était au dessus de lui. Pour Treize, le garçon allongé un peu plus loin était un soldat, obnubilé par sa guerre, il ne voyait pas l'adolescent en lui. Contrairement à lui, Zechs avait parfaitement conscience de cela, sa propre soeur mettant, comme ces soldats, sa vie en jeu en se battant à leur côté.
Il fut sortit de ses pensées par la voix joyeuse de Treize qui s'exclama avec satisfaction :
- Vois mon ami... Notre victoire, et le début d'une ère nouvelle...
Zechs ne répondit rien, se contentant de fixer Duo, un début de malaise s'insinuant sournoisement en lui.
De son côté, Duo sursauta légèrement au contact du gel froid que Sally étala sur sa peau. Au sursaut du natté, elle expliqua, dissimulant très mal le tremblement de sa voix :
- Je vais te faire une échographie, afin de voir à quel endroit je dois... Je dois implanter l'embryon. Le gel permet une meilleure réception des ultrasons.
- Oh, souffla le natté complètement ignorant de la procédure.
Après avoir vérifié que tout était en ordre, la jeune femme attrapa la seringue que lui tendait son assistant et jetant un dernier regard à Duo, elle murmura dans un souffle :
- Je suis désolée... Pardonne-moi Duo...
L'américain lui renvoya un regard inondé de larmes contenues et se mordit violemment la lèvre inférieure lorsqu'il sentit l'aiguille s'enfoncer dans la peau de son ventre. Tournant la tête du côté opposé, ne souhaitant pas que Sally le voit dans cet état, il laissa alors libre court à ses larmes silencieuses, des larmes d'impuissance et d'humiliation. A cet instant, il se fichait du regard satisfait de Treize, ne le voyant même pas. La vue brouillée, il ne vit pas non plus l'air bouleversé qu'affichait le lieutenant Zechs Merquise à la vue de son visage ravagé par les larmes et l'apparente fragilité qu'il dégageait.
Une fois l'intervention effectuée, Sally aida Duo à se rhabiller tout en lui donnant quelques renseignements :
- Dans la journée et les prochains jours qui suivront, tu risques de te sentir un peu nauséeux et ton corps peu devenir douloureux, mais c'est normal. De toute façon, je serais là, d'accord ?
- Hn... Souffla distraitement le natté.
Alors que Sally allait prendre Duo dans ses bras pour le réconforter, la voix du Colonel Treize retentit dans les haut-parleurs, la faisant sursauter :
- Docteur Po, j'aimerais m'entretenir en privé avec vous !
- J'arrive, répondit-elle. Va avec Andrew, ajouta-t-elle à l'intention de Duo. Il va te reconduire à ta chambre. Je te rejoins là bas, d'accord ?
Et sur ces mots, elle laissa Duo aux soins de son assistant, puis quitta la salle d'opération pour rejoindre le Colonel Treize.
- Allons dans mon bureau, voulez-vous, déclara-t-il, une fois qu'elle les eut rejoint.
Sans un mot, la jeune femme suivit Treize et Zechs et lorsqu'ils arrivèrent dans le bureau du Colonel, ce dernier déclara :
- Je suis entièrement satisfait du travail que vous avez fournis jusqu'à maintenant, Docteur Po. Cependant, bien que je ne doute pas une seconde de votre loyauté envers Oz, je me dois de vous informer que je n'apprécie pas de vous voir vous lier d'amitié avec le prisonnier.
- Mon Colonel, commença Sally, je vous assure...
- Silence ! Trancha le Colonel. C'est donc Andrew qui s'occupera du patient dès à présent.
- Andrew ? Répéta Zechs avec incrédulité. Mais ce n'est qu'un assistant. Il est loin d'avoir l'expérience de Sally !
- C'est là que vous vous trompez mon ami, répliqua Treize, un sourire vainqueur étirant ses lèvres. Andrew a suivit une formation spéciale et est tout à fait apte à s'occuper du patient.
Après un court silence, durant lequel Zechs et Sally tentèrent d'enregistrer l'information, la jeune femme déclara :
- Mon Colonel, sauf votre respect, je ne suis pas certaine que cela soit une bonne idée. Du... Le patient s'est habitué à moi et je crains que de désigner Andrew à son chevet ne le perturbe plus qu'il ne l'est déjà. La réussite de l'expérience dépend grandement du garçon, ne craignez-vous pas qu'un choc émotionnel trop important n'en vienne à faire échouer l'expérience ?
- Je comprends vos craintes, Docteur Po, déclara Treize, mais je vous assure qu'elles sont totalement infondées. Vous l'avez dit vous même, le sujet est en parfaite santé pour voir l'expérience aboutir, nous n'avons donc aucun soucis à nous faire de ce côté là.
- Mais...
- La discussion est close, poursuivit Treize, vous pouvez disposer.
- Merci mon Colonel, déclara-t-elle sèchement avant d'ajouter, sachez tout de même, que je trouve absolument inadmissible que l'on puisse faire subir cela à un gamin !
Sur ces mots, elle quitta vivement le bureau de son supérieur hiérarchique, claquant violemment la porte.
- L'impétuosité de la jeunesse, déclara Treize sans se départir du petit sourire narquois qui étirait ses lèvres.
- Ne craignez-vous pas qu'elle puisse avoir raison ? Demanda Zechs qui, au fond de lui, rejoignait les craintes et les idées du jeune médecin. Après tout, ce n'est encore qu'un enfant et d'après ce que l'on raconte sur lui, il serait plutôt instable psychologiquement...
- Allons mon ami, rétorqua Treize, soyez sans crainte. Même s'il s'avérait qu'elle ait raison, nous disposons d'une équipe médicale entièrement compétente et apte à faire face aux pires situations.
Comprenant qu'il était inutile de parler avec le Colonel, Zechs ne répondit rien et prit congé. Une fois dans les couloirs de la base, il partit à la recherche de Sally qu'il retrouva un peu plus loin.
- Docteur Po ! Appela-t-il.
Intriguée, Sally s'arrêta et se retourna pour attendre son interlocuteur. Arrivé près d'elle Zechs déclara :
- Je reste admiratif de la façon dont vous avez parlé au Colonel Treize toute à l'heure.
- Je n'ai fait que lui exprimer le fond de ma pensée, répliqua sèchement Sally. Maintenant si vous permettez, je dois aller voir Duo.
- Vous savez, poursuivit Zechs sans tenir compte de l'interruption de la jeune femme. En toute honnêteté, je rejoins votre point de vue concernant le jeune pilote.
A ces mots, Sally s'arrêta subitement et se tournant vers le Lieutenant d'Oz, elle lui adressa un regard incrédule.
- Vous vous foutez de moi ?
- Croyez le ou non, rétorqua Zechs vexé du manque de confiance de la jeune femme.
Puis, la prenant par le bras, il la fit entrer dans la première salle vide qui lui tombait sous la main et déclara :
- Ecoutez, je comprends qu'étant donné ma position et mon statut au sein d'Oz, mon discours peut vous paraître des plus étranges, mais il n'en est pas moins irréfléchi. Je sais que vous savez ce que Treize projette de faire avec l'enfant qui naîtra de cette union, l'ultime soldat, le guerrier absolu. Obnubilé par sa guerre, il oublie que ses adversaires ne sont rien de plus que des enfants.
Après un court silence, satisfait d'avoir retenu l'attention de la jeune femme, il poursuivit, d'une voix étrangement grave :
- Bien évidement, tout ceci n'est pas totalement désintéressé. Vous devez certainement savoir que Réléna Darlian n'est autre que ma jeune soeur. Qu'est-ce qui empêche Treize de s'en prendre à elle comme il s'en prend aux pilotes de Gundam ? Contrairement à Treize, je n'oublie pas que les pilotes ne sont que des enfants impliqués dans cette guerre presque à leur insu. C'est une tâche bien trop lourde à porter pour des jeunes de leur âge...
Surprise par les aveux de son vis à vis, Sally déclara d'une voix teinte d'étonnement :
- Je ne pensais pas que Zechs Merquise puisse avoir un coeur derrière ce masque...
- On a tous nos blessures, répondit le blond en esquissant un petit sourire triste à Sally.
- Que proposez-vous ? Demanda alors la jeune femme, changeant délibérément de sujet.
- Je crains que l'on ne puisse plus rien faire pour le moment, répondit Zechs. Quitter la base maintenant serait trop dangereux pour votre ami, sans matériel médical adapté pour la suite, nous ne pouvons nous permettre une telle folie. Le mieux pour lui est de rester là jusqu'à terme, c'est ensuite que nous pourrons agir, car connaissant Treize, je doute qu'il le laisse partir aussi aisément une fois l'expérience achevée.
- Vous voulez dire que... Commença Sally, ayant peur de comprendre là ou voulait en venir le grand blond.
Zechs ne répondit rien, se contentant d'hocher positivement la tête d'un air grave.
- Vous avez raison, souffla Sally. Néanmoins, cela nous laisse neuf mois pour voir comment les choses évoluent et agir en conséquence.
Zechs hocha de nouveau la tête et après un court silence, Sally déclara :
- Vous m'excuserez mon Lieutenant, mais j'aimerais aller voir mon patient...
- Puis-je vous accompagner ? Demanda alors Zechs.
- Bien sûr, répondit la jeune femme, en dissimulant mal sa surprise.
Ils restèrent silencieux tout le long que dura le trajet jusqu'à la chambre qu'occupait Duo et alors qu'ils arrivaient dans le couloir, la voix du natté retentit, chargée de colère :
- Ne me touchez pas, espèce d'huître tétraplégique !
A ces mots, Zechs et Sally se regardèrent avant de se précipiter à la rencontre du natté. Quelle ne fut pas leur surprise lorsque, arrivant dans la chambre, ils découvrirent un Duo debout sur son lit tentant d'échapper à l'assistant de Sally qui s'évertuait à le calmer :
- T'es sourd ou quoi, tête d'ampoule ? S'exclama le natté. Moi vivant tu ne me touchera pas avec tes sales doigts crochus, espèce de sorcière ! J'exige que ce soit Sally et personne d'autre qui s'occupe de moi ! T'as imprimé, atrophié du cerveau !
- Je ne savais pas qu'on pouvait avoir un vocabulaire aussi fleurit à cet âge, fit remarquer Sally qui, adossée contre le cadrant de la porte, souriait de toutes ses dents, amusée par le spectacle qu'offrait le natté.
- Ah, Sally tu tombes bien ! S'exclama l'américain en se précipitant vers elle. Dis, il a pas la lumière à tous les étages ton collègue ! Ajouta-t-il en lui lança un regard méfiant par dessus son épaule. Par pitié, fait lui comprendre que je refuse catégoriquement qu'il pose ses mains de gros vicieux sur moi !
- Ecoute Duo... Commença-t-elle avec hésitation, ne sachant pas comment lui annoncer la décision de Treize. Le Colonel Treize à décrété que maintenant, ce serait Andrew qui s'occupera de toi.
- Que... Quoi ? Souffla le natté, déboussolé par la nouvelle. Je refuse ! Ajouta-t-il avec fermeté après avoir retrouvé son assurance.
- Ecoutez Duo... Commença Zechs.
Semblant se rendre compte de la présence de l'officier d'Oz aux côtés de son médecin, Duo se tourna vers lui et, le reconnaissant, il s'exclama :
- Vous !
- Ecoute, Duo... Reprit Sally, sache que je désapprouve totalement cette décision, j'ai tenté de le faire revenir dessus, mais sans résultats... Je suis désolée Duo...
- Comment est-ce que tu peux m'abandonner comme ça, Sally ? Demanda le natté d'une petite voix. J'avais confiance en toi...
- Duo, s'il te plaît...
- Sachez que j'ai plaidé la cause du Docteur Po auprès de Treize, mais il n'a rien voulu savoir, déclara Zechs, intervenant pour la première fois, touché plus qu'il ne l'aurait cru par la détresse de l'américain.
- C'est ce que nous allons voir... Souffla le natté, une lueur farouche étincelant dans son regard devenu bien trop sombre. N'est pas Shinigami qui veut, ajouta-t-il dans un murmure.
Et sans attendre de réponse de ses vis à vis, il prit la direction du bureau du Colonel. Mi inquiète mi intriguée, commençant à connaître le caractère impulsif de son patient, Sally lui emboîta le pas, bientôt imité par Zechs qui souriait, amusé par le caractère bien trempé du natté, sentant poindre en lui une once de sympathie pour ce jeune rebelle.
Moins de cinq minutes plus tard, Duo entrait violemment dans le bureau du Colonel, ne se donnant même pas la peine de se faire annoncer. Assit à son bureau, l'aristocratique leva alors les yeux vers lui et le reconnaissant, un large sourire vint étirer ses traits.
- Que me vaut l'honneur de votre visite, mon ami ?
- J'exige que vous réhabilitiez Sally à ses fonctions ! Je n'accepterais personne d'autre qu'elle pour s'occuper de moi ! Ordonna l'américain d'un ton qui n'acceptait aucun refus.
- Oh, souffla alors Treize. Et si je refuse, que comptez vous faire pour m'y obliger ?
Imperceptiblement, il fit signe à ses gardes d'attraper le natté. Cependant, Duo les avait vu et alors que le premier garde allait l'immobiliser, Duo se mouva avec rapidité, évitant le coup qui lui était destiné et assomma le garde d'un coup violent derrière la tête. Puis, dans un geste rapide, il sortit le scalpel jusqu'à présent caché dans sa manche. Se mouvant avec agilité et une grâce presque déconcertante, sa natte ondulant dans son dos au rythme de ses mouvements, Duo évinça ses adversaires sans aucune difficultés, sous le regard ébahi de Sally et appréciateur de Zechs. Lorsqu'il ne resta qu'un seul garde face à lui, Duo se baissa subitement et d'un mouvement rapide de la jambe, l'envoya au sol. Là, il l'attrapa par le col, et lui présenta une lame de scalpel habilement dérobée au laboratoire sous la gorge afin de l'immobiliser.
- Vous êtes loin de savoir à qui vous avez à faire, Treize, souffla Duo en insistant bien sur le nom de son adversaire afin de marquer l'ironie qui déformait sa voix. Ce que je vous ai demandé plus tôt n'était pas une requête, c'était un ordre !
Sans se départir de son calme, Treize s'empara du verre de vin reposant sur son bureau et après avoir bu une gorgée, il déclara :
- Je te trouve bien présomptueux, pour un gamin !
- Peu être, mais en attendant, le gamin à mis au sol et sans aucune difficultés cinq de vos hommes ! Fit judicieusement remarquer le natté, un sourire narquois étirant ses lèvres. Et puis, vous aurez beau m'envoyer tous les soldats ou les scientifiques que vous voulez, je ne céderais pas ! Personne d'autre que Sally ne s'occupera de moi !
Amusé de la réaction de Duo comme s'il s'amusait du comportement rebelle et belliqueux d'un animal prit au piège, Treize partit dans un grand éclat de rire.
- Très bien, je cède à ton caprice, Sally s'occupera de toi, céda le Colonel.
- Trop aimable, marmonna le natté pour lui même en libérant son otage.
Et sans plus de cérémonies, il quitta la pièce aussi rapidement qu'il était entré, suivit par Zechs et Sally. Puis, se tournant vers Zechs, il demanda avec une hargne non dissimulée :
- Je peux savoir ce que vous faites encore là ?
- Je suis là parce que je partage le point de vue de Sally, Duo, répondit Zechs en insistant sur le prénom du natté.
Face au regard sceptique mêlé d'incompréhension que lui adressait le natté, il poursuivit :
- Mon point de vue et celui de Treize diverge concernant certains points. Si Treize n'a aucun scrupule à te faire vivre cette épreuve, il n'en est pas de même pour moi.
Presque malgré lui, Duo fut plus troublé par la sincérité qu'il pouvait déceler dans la voix de son vis à vis que par sa réponse en elle-même. Perdant tout son mordant, il demanda d'une voix qui cachait mal son état d'esprit :
- Vous n'avez pas peur que Treize apprenne que vos idéaux ne sont plus les mêmes que les siens ?
- Ca ne risque pas, répondit le grand blond en souriant. Vous oubliez que je suis passé maître dans l'art de manipuler les gens.
- Hn... Ouais... J'avais oublié qu'on vous appelait pas "l'aristocratique aux longues dents" pour rien...
Un sourire ironique étira les lèvres fines du natté et après un court silence, il ajouta :
- Mais qu'est-ce qui me certifie que vous ne jouez pas un double rôle avec moi ? Après tout, je n'ai aucune preuve de votre bonne foi...
- J'espère que ce geste vous confortera de ma loyauté, déclara simplement le blond.
Et avant que Duo et Sally n'aient le temps de réaliser ce qui se passait, Zechs retira le casque qui dissimulait la partie supérieure de son visage, dévoilant un visage aux traits fins et délicats. Ne s'attendant pas du tout à ce geste, Duo émit un hoquet de surprise, tandis que Sally restait muette de stupéfaction. Jamais personne n'avait encore vu le Lieutenant Zechs Merquise sans son casque et Duo était perdu. Pourquoi lui dévoilait-il son vrai visage ? Etait-il vraiment sérieux quand il lui disait qu'il approuvait de moins en moins les agissements de Treize ?
- Zechs ? Murmura Duo complètement perdu.
- Non, répondit celui-ci. Milliardo Peacecraft.
- Peacecraft ? S'exclama le natté. Mais... Réléna...
- Réléna est ma soeur cadette, avoua le blond avec un petit sourire triste. Mais venez, allons parler de tout cela ailleurs, ajouta-t-il.
Sans poser de question, Duo et Sally emboîtèrent le pas à l'aristocratique et quelques instants plus tard, ils étaient de nouveau dans la chambre du natté. Prenant place sur le lit, Sally et Duo fixèrent leur vis à vis, attendant patiemment la suite des explications. Soupirant, Zechs resta debout face à eux et repris là où il s'était arrêté :
- Milliardo Peacecraft est mon nom de naissance. Suite à l'assassinat de ma famille dont ma soeur et moi sommes les seuls rescapés, j'ai décidé de me venger en m'engageant dans les forces spéciales d'Oz sous un nom d'emprunt.
Voyant Duo ouvrir la bouche pour parler, Zechs le devança :
- Vous êtes les deux seules personnes à être au courant de ma double identité... J'espère que cela vous suffit comme preuve de ma bonne foi...
Après un court silence, un sourire naquit sur les lèvres de l'américain qui déclara :
- Les autres ne me croiront jamais quand ils apprendront que j'ai fais ami ami avec l'aristocratique aux longues dents.
Comprenant le sous-entendu de l'américain, Zechs se permit de sourire à son tour. Puis, se tournant vers Sally, il reprit plus gravement :
- En attendant, je jouerais de mon double rôle pour vous tenir informés des desseins de Treize. Je tenterais également de faire pression sur lui afin que les conditions de vie de Duo ne soient pas trop mauvaises...
- Merci mon Lieutenant, votre aide nous sera très précieuse... Commença Sally.
- Zechs !
- Pardon ? Demanda la jeune femme, perdue.
- Appelez-moi Zechs, répéta le blond en souriant.
Ils discutèrent ensemble encore un moment, puis, se sentant fatigué, Duo s'allongea et finit par s'assoupir, bercé par les voix de Zechs et Sally. Etrangement, avec eux à ses côtés, il se sentait en sécurité. Ce fut le silence régnant dans la pièce qui finit par le réveiller.
- Sally ? Appela-t-il d'une voix encore pleine de sommeil.
- Oui Duo ? Répondit la jeune femme en entrant dans la pièce.
- Je peux avoir de l'eau s'il te plaît ?
- Bien sûr. Ne bouge pas, je vais te chercher ton repas, c'est l'heure que tu manges un peu.
- Merci Sally, souffla le natté.
La jeune femme quitta la pièce pour en revenir quelques minutes plus tard. Posant le plateau sur la table à côté du lit, elle aida son patient à se redresser avant de lui donner son repas. Le silence s'installa entre eux et c'est finalement Duo qui consentit à le briser dans un murmure hésitant.
- Sally ?
- Oui Duo ? Qu'y a-t-il ? Demanda le jeune médecin en reportant son attention sur l'américain, intriguée par la soudaine détresse qu'elle décelait dans sa voix.
- Que va-t-il se passer maintenant ? Demanda-t-il d'une voix tremblante, des larmes pointant au coin de ses yeux.
- Je ne sais pas Duo, répondit Sally dans un murmure en lui caressant tendrement les cheveux. Je ne sais pas... Mais tout va bien se passer d'accord ? Je suis là, Zechs est là, tu n'es pas seul... Si tu as besoin de parler ou quoi que ce soit, tu sais que tu peux nous le demander, d'accord ?
- Merci, souffla le châtain. J'ai peur... Ajouta-t-il entre deux sanglots. J'ai horriblement peur...
- Je sais Duo, murmura Sally sans cesser de le bercer. Mais je te fais la promesse de faire tout mon possible pour que tout se passe bien.
Duo ne répondit rien, mais raffermit sa prise autour de Sally, ne s'étant même pas rendu compte qu'il se serrait contre elle à la recherche d'un peu de chaleur humaine. Après un temps indéterminé, ils se séparèrent et Sally resta auprès de l'américain le temps qu'il mange son repas. Puis, après lui avoir fait ses soins et s'être assurée qu'il ne manquait de rien, elle déclara dans un souffle :
- Maintenant repose-toi Duo, tu en as besoin...
Sur ces mots, elle quitta la salle, et après s'être retourné quelques fois dans son lit, Duo finit par sombrer dans un sommeil profond et sans rêve, épuisé physiquement et moralement.
A suivre...
Voilà pour ce chapitre un peu plus long, qui rattrape celui d'il y a quinze jours. Alors vous à t-il plus ? Pensez-vous que Zechs est sincère ? Ou alors qu'il joue un rôle auprès de Duo ?
J'attend vos réactions :D
En tout cas, j'espère que ce chapitre vous à plus ! Si c'est le cas, ou non, n'hésitez pas à me laisser un petit commentaire pour me faire part de votre point de vue :) Ca fait toujours plaisir ;)
Je vous souhaite de passer une bonne fin de week end et à dans quinze jours :)
bises
- shini -
