Chapitre 4
Hermione attendait les jambes croisées, l'une s'agitant dans l'air, impatiemment dans une salle d'attente. Les gens autour d'elle la dévisageaient. Auparavant elle savait que si elle était dévisagée c'était parce qu'elle était Hermione Granger, membre du Trio d'Or et héroïne de la Grande Guerre. Aujourd'hui si elle était dévisagée c'était à cause de l'assassinat de son mari, lui aussi héros de guerre, et surtout à cause de l'article qui avait été publié le matin-même par le journal de Rita Skeeter.
D'ordinaire, Hermione était plutôt patiente, même si elle avait ses limites. Ce jour-là, elle avait atteint sa limite dès qu'elle avait vu la Une du journal d'une des femmes qu'elle haïssait le plus au monde : Rita Skeeter. Après avoir été virée par la Gazette du Sorcier, après la guerre, Skeeter avait fondé son propre journal qui était à son image : de mauvais goût et calomnieux. Hermione se fichait de ce que pouvait bien dire ce journal, et la plupart des sorciers en pensaient de même. Mais ce matin-là, la tendance s'était renversée et apparemment la majorité des sorciers pensaient tout à coup que l'article pouvait dire vrai. Elle avait immédiatement envoyé un hibou urgent à son avocat et transplané directement à son bureau.
La standardiste appela le nom d'Hermione et cette dernière soupira de contentement. Elle ne pouvait plus supporter les regards lourds qui l'entouraient. Elle était dans une salle d'attente d'avocats, et ces personnes aussi, tout le monde était ici parce qu'ils avaient des problèmes, se disait-elle. Après tout, ils n'étaient pas si différents.
Elle monta les escaliers et son avocat l'attendait devant la porte de son bureau. Il l'accueillit en lui serrant chaleureusement la main.
- Madame Weasley, dit-il en lui faisant signe d'entrer dans le bureau.
- Maître Hemingway, répondit-elle.
Elle s'assit face à son bureau alors qu'il prenait lui aussi place.
- Je n'oserais pas vous demander pourquoi vous êtes ici, déclara-t-il un peu gêné.
Hermione lui fit un sourire et fouilla dans son sac à main. Elle trouva le journal de Skeeter et le laissa tomber sur le bureau de son avocat.
- Je vous avais engagé des années auparavant pour protéger mon image et poursuivre tous ceux qui osaient pénétrer ma vie privée ou raconter des mensonges à mon sujet.
- On peut poursuivre Skeeter pour diffamation, bien entendu, mais sincèrement Madame Weasley, ce devrait être le cadet de vos soucis. Elle est la première mais certainement pas la dernière dans cette affaire.
Hermione savait qu'il disait la vérité. Mais elle ne pouvait rien faire contre l'enquête qui était menée en ce moment même, probablement contre elle, et elle se sentait impuissante. Alors elle avait reporté sa colère sur Rita Skeeter, parce que contre elle, elle pouvait faire quelque chose. Hermione soupira.
- J'ai, en effet, surtout besoin d'un avocat en ce moment pour défendre mes intérêts dans cette… affaire. Je travaille moi-même au département de la justice magique, comme vous le savez, et je sais que je suis probablement la coupable idéale. D'ailleurs dans la plupart des cas d'assassinat d'une personne c'est souvent le conjoint qui est responsable.
L'avocat la regarda avec compassion.
- Je… Malheureusement, je dois vous dire que je ne serais pas le meilleur dans ce rôle. Je crois sincèrement en votre innocence, ne vous méprenez pas, mais je ne m'occupe pas d'affaires criminelles et mes associés non plus. Nous sommes plutôt dans les affaires avec des crimes ou infractions minimes ou dans les divorces, ou des problèmes de voisinages, enfin vous voyez, expliqua-t-il.
Hermione le regarda avec un air désespéré. Elle s'en était doutée. Il était très bon pour protéger l'image publique des personnes célèbres, mais elle ne l'avait jamais vu défendre quelqu'un accusé de meurtre ou d'un autre crime grave. Elle passa une main dans ses cheveux et soupira bruyamment.
- Je peux cependant vous conseiller un cabinet d'avocats si vous voulez, ajouta-t-il face au désespoir d'Hermione.
Elle lui fit un sourire et accepta sa proposition. Il marqua alors l'adresse du cabinet en question sur un petit bout de parchemin et la lui glissa sur le bureau. Hermione lut l'adresse et s'étonna que le cabinet soit dans le Londres moldu.
- Ce sont bien des sorciers, n'est-ce-pas ? Demanda-t-elle.
- Oui, oui. Ils ont leurs bureaux dans le Londres moldu mais ce sont en effet des sorciers. Ils sont quatre associés et si je dois vous en conseiller un ce serait probablement…
Il ne finit pas sa phrase alors qu'Hermione le regardait en attendant que la suite vienne. Elle se demanda s'il avait un trou de mémoire, ou Alzheimer ou même perdu l'usage de la parole.
- Ce serait ?
- Eh bien c'est un avocat qui s'est en quelque sortes spécialisé dans les affaires quelque peu délicate ou très médiatisée, comme la vôtre. Un héros de guerre tué par sa femme qui elle-même est une héroïne de guerre, c'est du pain béni pour les journaux.
- J'ai cru comprendre, oui, marmonna Hermione. Donc qui est cet avocat ?
- Drago Malefoy, lâcha-t-il.
Hermione ne répondit pas et le toisa pendant quelques secondes. Elle finit par lâcher un rire sincère et se reprit.
- Vous me conseillez d'aller voir Drago Malefoy pour qu'il défende ma cause, qu'il sauvegarde mon image publique et m'évite une éventuelle condamnation, si nous en arrivons jusque là ? S'étonna Hermione. Vous devez vous moquer de moi, rit-elle.
- Absolument pas, je ne connais pas un meilleur avocat pour ce type d'affaire, affirma Hemingway.
- Bien, conclut Hermione. J'y réfléchirai, rajouta-t-elle avant de faire ses adieux à son avocat.
Elle sortit du bureau et resta figée dans le couloir. C'était déjà tout réfléchi elle ne demanderait jamais à Drago Malefoy de la défendre.
Elle n'avait pas remis les pieds dans la maison qu'elle partageait avec son mari depuis qu'elle l'avait vu baignant dans son propre sang dans le salon. Elle avait élu domicile au Chaudron Baveur, prenant une chambre pour une durée illimitée. Elle ne savait que faire pour l'instant car elle ne savait pas si elle aurait un jour le courage de retourner dans cette maison.
Cela faisait déjà plusieurs jours qu'elle n'était pas retournée à son boulot et ce matin-là, avant d'aller chez son avocat, elle avait reçu une lettre de son chef de département qui lui « suggérait » de prendre quelques semaines de repos. Hermione savait ce que cela voulait dire. Une enquête avait été lancée sur elle, dans l'affaire de l'assassinat de Ron Weasley et elle ne pouvait pas donc retourner au département de la justice magique, ayant accès à tous les dossiers là-bas. Elle s'y était attendue, elle savait que c'était la procédure. Il fallait lancer une enquête pour chacun des suspects et étant présente sur les lieux le jour du meurtre et était la femme de la victime, elle était bien évidemment un des suspects.
Elle ne rentra pas au Chaudron Baveur après le rendez-vous avec son avocat, elle se dirigea directement vers le Ministère. Elle avait toujours sa carte d'employé, car après tout même si son chef de service ne voulait pas qu'elle vienne travailler, elle était toujours une employée du Ministère. Elle prit l'ascenseur pour aller au niveau 2 du Ministère et dès son arrivée dans le couloir, elle croisa quelques visages familiers.
Après tout le niveau 2 était celui du département de la justice magique, elle s'y était attendue. Quelques personnes la saluèrent et elle leurs rendit leurs sourires, mais elle n'était pas là pour cela. Elle n'était pas là pour rendre visite à ses collèges ou même à son chef de département. Elle traversa le long couloir jusqu'à arriver aux bureaux des aurors.
Elle poussa la porte qui débouchait sur une grande salle avec les photos animées de chaque personne recherchée activement, ainsi qu'une salle d'attente pour les visiteurs, et enfin il y avait les bureaux personnels de chaque aurors. Elle toqua à celui d'Harry et entra directement. Il était le seul à avoir droit à une secrétaire, puisqu'il était le directeur depuis deux ans. La secrétaire la fit patienter et elle ouvrit quelque peu la porte derrière son bureau qui menait au bureau d'Harry. Hermione l'entendit annoncer sa présence.
Harry sortit une minute plus tard et la prit dans ses bras. Ils sortirent du Ministère pour se diriger vers un restaurant non loin, où ils avaient pris l'habitude de déjeuner ensemble régulièrement avec Ron et Ginny. Mais cette fois-ci ce ne serait qu'eux. Hermione sentait que Harry était agité et pas aussi à l'aise que d'habitude face à elle. Elle fronça les sourcils, s'inquiétant, alors que le serveur leurs servait leurs entrées.
- Harry, que se passe-t-il ? Tu as l'air… différent.
Le concerné sembla presque surpris de sa question. Il la regarda dans les yeux quelques secondes pour finalement prendre une longue gorgée d'eau.
- C'est le boulot. Je suis revenue trop tôt, je pense, mais je n'avais pas le choix, expliqua-t-il. Je suis le directeur. Quoiqu'il arrive.
- Tu as accès au dossier de l'enquête ? S'intéressa Hermione.
- Non, parce que je suis impliqué étant de la famille et une des dernières personnes qui l'a vu. Même si j'y avais accès, tu sais très bien que je ne pourrais rien te dire, ajouta-t-il en haussant les épaules.
- Je sais, souffla Hermione alors que la déception l'envahissait.
Elle commença à manger son entrée alors qu'un silence pesant s'installait entre eux. Elle ne saurait dire d'où il venait, et elle commença à paniquer. Peut-être que Harry la croyait coupable ? Ou peut-être qu'il avait des soupçons ? Hermione tenta de s'apaiser en se disant que si c'était le cas, il ne l'aurait pas invité pour le déjeuner.
- En fait, il y a bien quelque chose, lâcha Harry avec une pointe de tristesse en lui.
- Tu me crois coupable ? Répondit Hermione qui avait lâché sa fourchette dans son assiette.
- Non, bien sûr que non, répondit-il précipitamment en lui prenant la main. Non, Hermione, tu es folle, non, jamais je ne pourrais croire cela, ajouta-t-il pour la rassurer.
- Excuse-moi, Harry, je suis stupide, dit-elle alors en baissant le regard. C'est depuis la parution de ce stupide article de Skeeter… J'ai peur que tout le monde me croie coupable, souffla-t-elle.
Harry se pinça les lèvres. Il ne savait pas comment lui annoncer, ce qu'il avait à lui dire car il savait qu'elle serait affectée. Finalement il prit son courage à deux mains et serra un peu plus la main d'Hermione comme pour lui apporter son soutien.
- La Gazette a eu accès au dossier de l'enquête, lâcha-t-il.
- Pardon ? S'exclama alors Hermione.
- Je ne sais comment, je ne sais pas d'où vient la fuite si elle vient de ton département ou de celui des aurors, mais la Gazette a eu accès au dossier. Même si l'enquête n'est pas terminée, ils ont probablement déjà beaucoup d'éléments et des débuts de piste. La Gazette ne va pas perdre de temps et publier le tout demain, j'imagine.
- Tu ne peux rien faire ? Couina Hermione. Et comment sais-tu cela ?
- Ginny. Elle y travaille et elle a entendu au détour d'un couloir qu'ils avaient eu accès au dossier hier soir. Elle a aussi entendu qu'ils allaient tout publier au plus vite, avant qu'un autre journal n'ait accès à ce dossier.
Hermione se prit le visage dans les mains et tenta de se calmer pour ne pas s'effondrer. Elle ne savait pas ce qui était contenu dans ce dossier mais elle ne souhaitait pas qu'il soit rendu public. Elle n'était pas prête pour ça et elle avait le fort pressentiment que les éléments présents dans le dossier n'étaient pas en sa faveur, sauf s'ils avaient trouvé une autre piste pour désigner un coupable.
- Depuis ce matin j'essaie de déterminer d'où vient la fuite, j'essaie vraiment. Mais on n'arrive pas à trouver quoique ce soit et sans preuve je ne peux faire une perquisition à la Gazette et les empêcher de publier quoique ce soit. On continue de travailler dessus bien entendu, rajouta-t-il. Mais je préférais te prévenir maintenant.
- Tu as bien fait Harry. Par merlin, souffla-t-elle. Personne ne prend au sérieux les articles de Skeeter car ils sont sans fondement, mais ceux de la Gazette… Tout le monde lit la Gazette ! S'exclama-t-elle. Et s'ils disaient que j'étais coupable ?
- Ils ne peuvent en être surs, la rassura Harry. À ce stade de l'enquête il n'y aura jamais marqué dans le dossier que tu es coupable. Non. Ils cherchent encore sûrement d'autres pistes, ils cherchent à déterminer qui pourrait être le coupable. Ça prend des mois. Ne t'inquiète pas Hermione, il n'y aura rien de cet acabit, conclut Harry.
Hermione souffla. Il avait raison. Ils ne pouvaient pas déclarer en Une de la Gazette qu'elle était coupable de cet assassinat car il n'y avait aucune preuve et qu'ils n'étaient pas le Magenmagot. Tout irait bien.
Hello !
Bon... Techniquement on est samedi car il est 00:01 à l'heure à laquelle j'écris ceci. Mais bon, on va dire que ça compte comme un vendredi haha.
J'espère que vous avez aimé ce chapitre ! Beaucoup pensait qu'elle contacterait directement Drago, eh.. non haha. Donc ce ne sera pas encore dans ce chapitre là que je l'introduirai.
Breeef, j'espère qu'il vous a plu et qu'il vous tarde de lire le prochain chapitre ! En tout cas merci merci merci pour vos reviews et de continuer à lire cette fiction.
S'il reste des fautes j'en suis désolée, je ne l'ai relu qu'une seule fois rapidement :/ J'essaierai de le relire encore demain et de modifier si jamais il en reste !
Bonne soirée ou journée à tous et à vendredi prochain !
