Bonjour bonsoir,

Voici le second chapitre pour aujourd'hui :-) je rappelle que je publie cette « fic' » quand je peux, et surtout lorsque je fini d'écrire un chapitre.

Pour une fois, je n'écris rien en avance. :-) Bonne lecture !

La Magie du Temps

Chapitre quatre

Le Monde des Sorciers

Severus et Harry avaient le même regard inquiet mais ce fut le plus jeune qui s'abaissa au niveau des créatures qui couinèrent de crainte.

- Une mère et sept enfants, murmura Lily. Ils ont l'air très affaiblis.

La pancarte, au-dessus de la cage magique empêchant toute fuite, affichait cent Gallion par « créature ».

- On a l'argent, fit Lena.

- Oui mais on ne peut pas tout dépenser sur un coup de tête, marmonna Sirius tout aussi mal à l'aise.

Le regard noir de Lily le fit taire.

- On est assez riche pour vivre sans travailler durant trois cents ans, Siri', alors laisse-nous tranquille avec tes soi-disant craintes budgétaires.

- Oh, fit-il. Autant ?

- Oui, répondit Lena en souriant doucement. Harry ?

Le garçon se retourna doucement, plus pâle que jamais, et ses yeux vrillèrent vers Hermione et Luna qui riaient dans un des autres rayons de l'immense magasin.

L'enseigne abritait certes énormément d'ingrédients et de préparations diverses mais aussi deux autres plus petites enseignes qui faisaient frissonner les quatre adultes. Ce qui choqua le plus Lily fut les gens qui passaient près d'eux sans aucun regard pour ces pauvres êtres enfermés et traîtés comme de la sous-crasse pour ne pas dire de mot vulgaire que Lily aurait bien aimé crier.

- Où est votre père ? demanda doucement Lily en s#abaissant vers la mère des sept petits.

La jeune elfe tourna la tête vers un autre elfe, dans la cage d'à côté, la tête entre ses mains. Il pleurait à chaude larme près de deux corps allongés.

- Ils… commença Harry.

- Arrête de pleurer, sale elfe ! hurla un homme en frappant contre les barreaux de fer. Désolé pour ce cinéma, madame, ces petits sont seulement fatigués à ne rien foutre !

- Nous allons les prendre, intervint Sirius avant que Lily ait pu manquer de respect à l'homme qu'elle qualifiait déjà d'abject.

La main de Severus se plaça entre les omoplates de son « épouse », tentant de calmer les pulsions meurtrières. Le regard que Lily porta sur lui n'avait pas besoin de mots. Elle semblait se retenir à grande peine de ne pas torturer l'homme devant eux et des étincelles marron jaillissaient de ses doigts.

- Comment ? Tous ? se moqua l'homme.

- Oui, répondit Severus à la place de Lily qui préféra prendre Harry contre elle et lui murmura quelque chose.

La mère de la petite famille les observa, étonnée et légèrement craintive.

- Finissez les achats de potions, exigea Lily de Severus et Harry. Je reste ici et nous partirons avec les elfes ensuite.

- Et les vêtements ? demanda Sirius légèrement déçu.

- Je m'en occupe, intervint Lena. Je vous retrouve ici dans dix minutes.

- Dix minutes ? se moqua spontanément Severus, ce qui le surprit lui-même.

Lena leva les yeux au ciel et les planta là alors que Lily appelait Luna et Hermione. Severus soupira et embarqua Harry – pourquoi lui ? – vers les autres rayons.

- On va prendre de la terre de lune, même si je ne sais pas à quoi cela pourra servir, murmura Severus. Ne fait pas cette tête, je ne sais pas tout sur tout !

- Mais…

- Mais ?

- Vous avez fait des études en potion ? demanda timidement Harry, s'attendant vraisemblablement à ce que Severus le frappe.

L'adulte l'observa, se demandant d'où Harry avait ce comportement distant, et craintif. L'enfant semblait marcher sur des œufs à chaque fois qu'il ouvrait la bouche, et cela ne lui plaisait guère. James Potter devait se retourner dans sa tombe.

Enfin, celui de leur ancien monde…

- Je n'ai pas la science infuse, et j'ai commencé à enseigner à Poudlard bien avant de pouvoir suivre des études plus poussées.

- Vous pensez pouvoir le faire maintenant ?

Était-ce des étoiles qui brillaient dans les yeux de l'enfant ? En quoi cela l'intéressait-il ?

- Je… présume.

- Comme ca, vous pourriez être définitivement indépendant, concernant le projet de Lily et Lena.

- Lily est ta mère, le rabroua Severus.

L'enfant perdit son sourire et son regard se perdit dans le vide.

- Harry ? demanda Severus en étouffant un soupir.

Il prit son « fils » par les épaules, et prit son menton entre ses doigts.

- Aussi difficile que cela puisse être, chuchota l'adulte. Je suis ton père, tu es mon fils. Lily est vivante. Tu ne lui as pas adressé la parole une seule fois, je comprends que tu ais peur, mais nous sommes là pour toi, compris ? Je suis ton père. Lily est ta mère. Evite de nous appeler par nos prénoms.

Il sentit Harry frissonner et décida de changer de sujet.

- Je sais que tu n'aimes pas les potions…

- Je… j'aime bien, prof… j'aime bien, mais je suis nul.

Severus haussa un sourcil en l'observant.

- Nous allons y remédier. Quels sont les ingrédients qui t'intéressent ?

Prit de court par la question, Harry observa son père, s'attendant à une moquerie bien placée.

- Harry. Observe ce qu'il y a autour de toi. Je veux que tu prennes dix flacons de chaque ingrédient qui t'intéresse dans ce rayon, je m'occupe du suivant. Ceux qui ne te font pas envie ne sont pas à prendre.

- Euh…

- Ais confiance en toi. Nous pourrons toujours revenir s'il nous manque quelque chose.

Très surpris, Harry marcha quelques pas avant de tomber sur des fruits séchés dont quatre catégories de fruits qu'il ne connaissait absolument pas. Il prit des fioles contenant des Amlysos, des asplusias, des berolz et des blias avant de tomber sur de magnifique… Plumikus. Il ne connaissait vraiment aucun des noms et espérant que Snape saurait quoi en faire. Il prit un livret sur les divers fruits exotiques et Snape le rejoignit avec une corbeille pleine flottant dans les airs derrière lui.

- Très bonne idée, fit-il en souriant. Je vais prendre aussi quelques livrets sur les plantes, puis nous allons régler nos achats. Tu viens ?

Harry acquiesça et ils allèrent au comptoir où plusieurs ingrédients provenant des étagères protégées les attendaient déjà.

- Ainsi que les sept petits elfes, leur mère et ceux dans la cage d'à côté.

- Etes-vous certain ? demanda la vendeuse, plus que surprise.

- Oui, répondit Severus.

La femme soupira et pris une plume avant de noter tous les achats grâce à un sortilège de reconnaissance qui décrivait chaque article.

- Si on inclut les elfes cela vous fait une somme de…

Les chiffres exorbitants apparurent en noir dans les airs et Severus régla la somme sans broncher.

- Une des femelles attend des petits, cru bon de rajouter la vendeuse avant de disparaître dans l'arrière-boutique.

- Super, marmonnèrent Harry et Severus d'une même voix.

Un petit sourire complice étira leurs lèvres et Severus se permit de décoiffer ce qui lui servirait dorénavant de fils.

- Allons rejoindre les filles.

- Et Sirius.

- Sirius est une poule mouillée, fit Severus, amusé et choquant par là même son petit gryffondor en herbe.

Le portoloin de retour les fit atterrir dans la pièce de réception encore vide de meuble. Les adultes ainsi que Luna, Hermione et Harry observaient les treize elfes devant eux.

- Bienvenue dans notre Domaine, fit alors Sirius.

- La magie nous lie déjà, rajouta Lily. Les liens ont été créés lorsque vous cherchiez les ingrédients, fit Lily à l'attention de Severus et Harry. Les elfes sont liés à notre famille et à celle de Sirius.

La jeune femme pris Severus à part alors que les enfants observaient les elfes craintifs, et tremblants.

- Il faut absolument leur donner de meilleurs habits, murmura Harry.

Hermione renchérit en voulant même les libérer.

- Hermione, l'interrompit alors Sirius. Tu ne connais pas tous les tenant et les aboutissants d'un lien entre un elfe et leur famille d'adoption. J'ai vu quelques livres dans la bibliothèque de notre Manoir, tu devrais les lire.

- Mais ils sont malheureux !

- Et sans nous, sans notre aide, Hermione, ces pauvres petits elfes mourront. Est-ce que c'est ce que tu veux ?

La bouche ouverte, elle bougea la tête vers Harry.

- Non ! Non, ce n'est pas ce que je veux, mais…

- Mais rien, Hermione, fit Sirius d'une voix douce. Nous serons leur famille, ils seront notre famille. Nous allons les aider à aller mieux, et nous ferons de notre mieux pour qu'ils soient heureux. Je te le promets.

Hermione baissa la tête et Lily revint vers eux.

- Bien, à ce que j'ai compris vous n'avez même pas de nom, fit la jeune femme. Est-ce vrai ?

Le père des sept petits se dandina difficilement sur ses petits pieds, n'osant pas regarder Lily dans les yeux. Ils s'abaissèrent tous à leur niveau, s'asseyant à même le sol. Lena revint avec quelques coussin et invita les elfes à s'asseoir dessus.

- N'ayez crainte, fit Sirius en montrant les coussins.

- Je vais poser les règles, commença Lily alors que tous les elfes s'étaient assis et observaient leurs mains.

- Mais avant tout, nous aimerions savoir si vous avez des noms, continua Severus.

- Rusty… murmura le compagnon de la petite elfe. Rusty appelle sa femme Olia.

- Très bien, approuva Lily en souriant avec gentillesse. Et Olia, as-tu donné des prénoms à tes enfants ?

Voyant que la jeune créature n'osait pas, Lily coula un regard vers Lena.

- Les liens avec vos précédents Maîtres sont rompus, n'ayez crainte, fit alors la jeune blonde.

- Olia a nommé ses petits, oui, murmura la jeune femme-elfe.

- Et comment s'appellent-ils ? demanda Harry en prenant un ton doux et gentil.

- Dans… dans l'ordre de naissance, il y a… hésita la jeune elfe. Il y a Losiana, Onyx, Rhéna, Zéos, Lios, Malina et Jimmy, Madame Maîtresse.

- D'accord, merci, Olia, répondit Lily.

- Mais si vous n'aimez pas… hésita Olia.

- Ce sont tes petits Olia, je te laisse les nommer comme tu le souhaites. Et vous autres, comment vous appelez-vous ?

- Olav s'appelle Olav, Maîtresse Madame Lady Prince, et il y a Naiya puis Pouky et Mesho.

- D'accord, très bien, fit Lily en riant doucement. Alors, déjà je voudrais que vous nous appeliez par nos prénoms, et non par des titres que nous ne souhaitons guère avoir. Nous sommes une famille et vous n'êtes pas nos esclaves. Vous vous confectionnerez ou vous vous achèterait de quoi vous habiller convenablement, nous vous donnerons une sorte de salaire tous les mois afin que vous puissiez acheter ce que vous souhaitez. Chacun de vous étant en âge de travailler aura des tâches particulières.

- Il me semble que l'une d'entre vous est enceinte, marmonna Severus.

- Naiya, fit timidement Jimmy.

- Alors Naiya, continua Lily, tu devras te reposer.

- Naiya peut travailler ! s'écria l'elfe, horrifiée.

- Tu pourras faire une ou deux petites choses si tu le souhaites, mais tu devras te reposer afin de protéger les petits êtres qui vivent dans ton ventre, fit Luna après un échange silencieux avec Lily.

- Je confirme, répondit Lily. Mesho et Jimmy, comment allez-vous ?

Les deux elfes, appeurés, serrèrent leurs petits doigts contre eux.

- Je vous demande de nous répondre sincèrement. Première règle : tout ce que vous entendrez et verrez ici ne devra sortir de ce domaine ou même de votre bouche devant des personnes autre que nous. Vous devez nous obéir, mais nous vous demandons de donner votre avis si vous avez des idées. Il y a forcément des domaines dans lesquels vous aurez plus d'expérience que nous. Si vous êtes malades, si vous ne vous sentez pas assez bien ou que vous avez besoin de voir un soignant, j'exige que vous nous le dites, sous peine de sanction grave, fit un peu plus durement Lily. Je vous demande de manger trois repas sains et complets par jour, ainsi qu'un goûter l'après-midi. Vous devrez avoir au minimum douze heure de pause par jour, durant la nuit, sans compter les pauses repas de trente à soixante minutes selon votre programme. Vous devrez également plannifier votre semaine afin d'avoir au minimum une journée et demie de libre par semaine, jusqu'à deux jours et demi, et si cela ne fonctionne pas, je vous demanderai de nous prévenir afin que nous prenions plus d'elfes. Olia et Rusty devront avoir trois jours par semaine et des journées plus courtes afin de s'occuper de l'éducation de leurs petits. Au-dessus de cette pièce, ainsi qu'aux sous-sols, des quartiers vous sont d'ores-et déjà réservés. Je vous prie de les aménager comme bon vous semble, en évitant les artéfacts de magie noire. Maintenant, je réitère ma question. Mesho et Jimmy, vous étiez allongés sur le sol de la cage, et n'avez vraiment pas l'air d'être en forme. Comment allez-vous ?

Les deux elfes qui les fixaient étrangement ouvrirent la bouche plusieurs fois avant d'oser parler.

- Les Anciens Maîtres nous ont donnés des potions revigorante pour que l'on aille un peu mieux. Mais Mesho est très fatigué, Madame…

- Lilia. Ou Lily.

- Merci, fit difficilement Mesho. Mesho est malade depuis quelques semaines.

- Jimmy a dû beaucoup travailler pour les Anciens Maîtres, et il a dû nettoyer tous les sols à l'eau de javel à main nues.

- Pardon ? s'étouffa presque Lena. Oh mon dieu !

- Tes mains, exigea Severus en les prenant de force. Tu n'aurais pas pu le dire plus tôt !

- Sev', fit Lily en levant les yeux au ciel. Ce n'est pas dans la nature d'un elfe de se plaindre, se moqua-t-elle un peu.

Le regard noir que lui lanca Severus ne lui fit ni chaud ni froid.

- Tu as de l'essence de dictame ? demanda Severus à Lena.

Elle fit un mouvement de main et une trousse avec plusieurs fioles apparurent devant eux.

- Quels étaient le nom des potions que vous a fait ingérer vos anciens persécuteurs ? demanda alors la jeune blonde.

Severus fit attention à ne prendre que des potions n'interférant pas avec celles que nommaient les elfes et soigna les blessures de chacun d'eux. Certains n'osèrent guère leur montrer les traces des fouets mais Lily leur demanda de retirer leurs vêtements, et Lena leur donna de petits slips pour leur intimité. Chose qu'ils n'avaient jamais mis et trouvèrent bien pratique sous le regard attentif de tout le petit groupe.

Harry vint spontanément aider Severus afin de nettoyer les plaies alors que son père appliquait les différents baumes cicatrisants.

Lena les conduisit ensuite, avec Severus, à l'étage supérieur et leur donna accès à leurs quartiers où n'étaient présents que le stricte minimum. Mais c'était déjà énorme aux yeux des elfes.

- Les ordres pour les deux jours qui suivent, fit Severus. Vous vous reposez, vous dormirez dans les lits présents dans chacune des chambres, vous mangerez et vous vous confectionnerez des vêtements dignes.

- Les elfes ont des pouvoirs bien plus impressionnants que les humains, rajouta Lena. Vous avez des dons que nous n'avons pas. Vos habits, surtout en présence d'invités, doivent être digne de nos familles.

Les elfes acquiescèrent et découvrirent avec stupeur les différentes chambres.

Severus eut un petit sourire en apercevant les regards émerveillés et les murmures. Oui, les lits étaient grands. Oui, les matelas étaient de très bonne qualité et il y avait assez de linge pour changer les draps tous les jours durant un an sans rien nettoyer. Lena avait dû dépenser une sacré somme… Ils laissèrent les créatures s'installer, leur annonçant que Lily les accompagnerait très certainement pour les achats de meubles divers et de tissus.

La journée avait été sacrément longue, pensa Severus en s'affalant dans un fauteuil de la suite parentale. Très mal à l'aise à l'idée de devoir partager la pièce avec Lily, il retint un soupir.

Il avait pu découvrir un semi sous-sol dans lequel il avait entreposé les ingrédients achetés durant l'après-midi et il avait fait une liste avec Lily de tout ce qu'il devrait acheter comme matériel. Lena leur avait annoncé qu'un autre terrain leur appartenait dans le village d'à-côté et qu'ils pourraient y créer leur laboratoire, s'ils voulaient se lancer dans cette activité.

- Sev' ? Les enfants dorment, Sirius et Lena sont allés dans leur Manoir à côté. Ça va ?

Il acquiesça, évitant le regard de son amie.

- Je peux dormir dans une autre chambre, tu sais, se moqua la jeune femme. Sirius ne dormira pas non plus avec Lena cette nuit. Nous avons tous besoin de nous retrouver, de faire le point. Ce n'est ni facile pour nous, ni pour les enfants.

- Je sais bien… murmura Severus. Je te laisse cette chambre, elle est trop grande pour moi, fit-il en se levant.

Lily le prit dans ses bras, et l'embrassa sur la joue.

Contre son gré, bien sûr. Il grogna pour la forme, mais apprécia l'étreinte réconfortante et le doux parfum framboise-vanille dont il avait oublié l'odeur depuis des décennies…

- Sev', ne te perds pas trop dans tes pensées. On t'aime, même si tu es l'homme le plus grognon de la terre.

Il se racla la gorge, gêné par la proximité de Lily.

- Tu… tu m'as manqué.

- Toi aussi, Severus. Tu m'as énormément manqué. Et malgré tout ce qu'il a bien pu se passer, Sev', je t'aime. Comme un ami, mais aussi comme un amour que je n'ai jamais pu vivre. Et toi, tu es devenu un vieux garçon renfermé, t'interdisant de prononcer un « je t'aime » ou ne serait-ce que d'y penser.

L'homme grogna à nouveau, déclenchant le rire plein de vie de son amie.

Le regard triste se posa sur les yeux verts, avec douceur.

- Tu m'as tellement manqué, répéta l'homme avant de serrer la femme contre lui.

C'était peut-être une des volontés de Magia, pensa-t-il. Il n'aurait pas pu rêver mieux, mais cela restait difficile. C'était… étrange. Complexe, aussi.

- Va dormir, tu es épuisé, se moqua doucement Lily en lui montrant la porte. Mais le lit est assez grand pour deux, alors si tu ne trouves pas le sommeil, n'hésite pas à venir me parler ! Je vais lire un peu.

Il secoua la tête en sortant de la grande chambre, puis alla dans la chambre d'amis.

Peut-être arriverait-il à s'y faire.

Peut-être pas.

En une journée il avait perdu la vie, s'était promené dans les limbes, remonté le temps, il était aussi devenu le père du Survivant, l'époux de sa meilleure amie et l'ami de son pire ennemi qu'il commençait à apprécier contre son gré.

Contre son gré, vraiment ?

Il osa bailler en s'affalant avec très peu de dignité sur le grand lit, avant de sombrer dans un sommeil réparateur.

Plus de cauchemars. Plus de crainte. Du bonheur ?

Sursautant, l'homme en noir se réveilla. Un lumos lui permis de voir l'heure et il grogna pour la forme. Ils n'avaient pas pris les baguettes à Paris comme il était prévu… pourquoi s'était-il réveillé ?

Une boule de lumière flottait dans le couloir faisant un angle droit par rapport à sa chambre, et il fronça les sourcils. Il aperçu un petit corps recroquevillé par la fenêtre et se leva, faisant craquer son dos. Il sorti le plus silencieusement possible de la chambre, et se dirigea vers la fenêtre sous les escaliers de l'aile des enfants.

Harry, la tête appuyée contre la fenêtre, semblait dormir tout en tremblant. Il était trois heures du matin, que faisait-il là ?

Ne sachant pas trop comment faire, il tenta de ne pas l'effrayer et s'assit à ses côtés, observant le corps de son fils.

Pris d'un instinct étrange, il posa sa main sur l'épaule du petit corps et Harry se débattit soudainement.

- Non, oncle Vernon, s'il te plaît ! Oui, oui je nettoierai la cuisine, je…

- Harry ?

L'enfant se recroquevilla encore plus et serra ses jambes contre son torse en tremblant violemment.

- Harry, réveille-toi, mon grand, murmura Severus qui lança un silencio sur la cage d'escalier.

Harry ouvra brutalement les yeux et fit un bon en arrière, se protégeant le visage de ses bras.

- Harry, ce n'est que moi, fit alors Severus un peu plus durement.

- Dé… désolé, murmura l'enfant.

Les pensées étaient volatiles, pensa Severus en observant sans le vouloir le désordre présent dans les pensées de l'adolescent.

- Viens, murmura l'adulte avant de prendre de force son fils contre lui.

Il l'aida à se relever et le conduisit à la chambre d'amis.

- Viens, répéta plus doucement encore Severus, l'invitant à s'allonger sur le lit avant d'hésiter quelques secondes.

Il soupira encore une fois et s'allongea à son tour, alors que Harry tremblait, dans un état second. L'enfant ne s'était très certainement pas rendu compte de qui lui parlait, et cela ne rassurait absolument pas Snape qui sonda à nouveau les pensées bien trop présentes en surface pour qu'il puisse les ignorer.

Pétunia qui l'enfermait dans le placard sous l'escalier, Vernon qui le traitait de monstre en lui donnant des coups de ceinture, les « bains » dans l'eau de pluie du jardin, les « repas » que lui offraient généreusement ses deux tuteurs, Dudley qui coursait l'enfant dans le quartier, avec des garçons tout aussi gassouillés que le cousin.

- Il y a un coffre, sur ta droite, mon fils, murmura Severus. Un grand coffre marron, avec un gros cadenas en or. Ces souvenirs sont des images inutiles, qui parasitent ton esprit, murmura encore l'adulte. Mets-les dans ce coffre, elles y seront bien mieux qu'à la surface. Voilà… un peu plus sur la droite… tends ton bras, mon grand. Voilà, tu y es… ferme le coffre et allonges-toi sur le lit d'herbes près de toi. Dors, repose-toi, je veille jusqu'à l'aube…

Lily observait les deux corps qui s'endormirent au même instant, et eut un sourire triste pour son fils. Elle n'avait pas imaginé que cela soit si difficile. Pourquoi fallait-il que son fils en souffre encore ? Pourquoi Pétunia avait-elle traité son fils de la sorte. Elle renifla tristement et s'allongea derrière Severus qui ne montra aucune réaction et elle s'endormi à son tour jusqu'à ce que les rayons de soleil ne les réveille tous les trois.

Lily et Severus s'étaient réveillés les premiers et réveillèrent doucement Harry qui mit du temps à émerger. Si Severus fut gêné d'être entouré de la sorte dès le réveil, il ne fit aucune remarque. Harry, légèrement perdu, remercia Severus et confirma à sa mère qu'il avait bien dormi. La présence des deux adultes l'avait apaisé.

Ils se levèrent et se dirigèrent vers le grand salon. Lily donna quelques vêtements à son fils qui prit la salle de bain et Hermione les rejoignit ensuite, habillée et prête pour la journée.

- Nous allons prendre le petit déjeuner en famille, annonca Lily en faisant apparaître des viennoiseries mais aussi du lard et des œufs. Mangez, la matinée va être chargée.

Personne ne broncha et ils mangèrent en silence avant de rejoindre Lena, Sirius et Luna à l'extérieur.

- Nous allons faire un tour à Paris, fit Lena. Nous n'avons pas pu prendre beaucoup de choses hier et il vous faut absolument d'autres baguettes, allez prenez le châle !

Ils disparurent alors pour réapparaître doucement dans la brume matinale.

- Je préfère ça au transplanage, murmura Hermione.

- Ou même aux portoloins normaux, fit Harry alors que Lily leur demandait d'avancer plus rapidement.

« Même si le bois n'est pas en chêne, je vous enchêne ! » fut le premier magasin qu'ils firent et chaque personne du groupe eut droit à deux baguettes qui les choisirent. Lena les embarqua ensuite dans une grande librairie internationale et Hermione prit beaucoup de livres alors que Harry observait avec envie les contes sorciers et les livres de sortilèges.

- Prends, Harry, fit alors Severus en osant un sourire. Ne laisse pas ta sœur dévaliser la librairie à elle seule, se moqua-t-il.

- Le niveau est trop haut pour moi, répondit alors Harry en souriant tristement.

- Les contes, ou le niveau d'Hermione ?

- Les deux, fit doucement Harry.

- Prends, Harry, ou je te force à faire des potions pour le reste de tes jours.

La menace sembla fonctionner car il prit dix livres de contes ainsi que cinq livres sur les sortilèges de protections, de soin pour animaux et pour humains ainsi que sur les sortilèges de défense et ceux qui pourraient servir en potion ou en botanique.

Ils allèrent ensuite dans un magasin de vêtement et Harry ne sut pas où se mettre. Mais Severus lui sauva la mise en l'embarquant dans le rayon des hommes.

- Lily va être occupée pour un moment avec Hermione et Luna, fit Severus l'air de rien. Prends ce qu'il te plaît mais au moins dix pulls convenables, dix t-shirt dont cinq unis, des sous-vêtements et des pantalons. Essaye de faire vite, sinon je ne donne pas cher de ton apparence si c'est Lily qui choisi les couleurs, fit-il en riant doucement.

Harry se fit alors la réflexion que Snape était bien plus vivable lorsqu'il était détendu.

Il vagabonda sans réel but avant de rejoindre son « père » dans un rayon consacré à un panel incroyable de chemises.

- Rien trouvé ?

- Je… je ne connais pas ma taille.

- Tu portais quoi, chez… chez Pétunia ?

- Les vêtements de Dudley.

Si Severus n'avait pas un minimum de savoir-vivre, il aurait crié sur-le-champ.

- Pardon ?

Mais Harry savait que son ancien professeur avait compris, et baissa les yeux.

- Très bien, se reprit l'adulte. Je vais t'aider.

Il l'embarqua dans les autres rayons et lui fit essayer un pull afin de deviner sa taille. Une fois cela accompli, il lui prit d'office cinq pulls dans les tons verts et vit la grimace de son fils.

- Ça ira bien avec tes yeux, se moqua-t-il ouvertement.

- Et ça fait très serpentard, répondit Harry avec amusement. J'aime bien le vert, mais je n'aime pas le kaki.

- Ah.

Severus reposa les deux pulls vert kaki et garda les trois autres avant d'en prendre un bleu, un rouge, et deux noirs. Il prit également plusieurs t-shirt et le laissa choisir ceux plus décontracté. Mais Harry avait beaucoup de mal à choisir et Severus perdait patience.

- Aucun ne te plaît ?

- Si mais…

Le prix. Severus était certain que son fils bloquait sur le prix.

- Prends celui de droite, puis le bleu turquoise avec un vif d'or et celui avec la phrase anglaise. Tu vas aller m'essayer tout ça et je te rejoins avec des pantalons et des sous-vêtements.

La bouche ouverte prêt à protester, Harry secoua la tête et se dirigea aux cabines d'essayages comme s'il allait à l'échafaud.

Une vendeuse prit rapidement ses mesures et lança un sortilège qu'il ne compris pas avant de pouvoir accéder aux cabines.

Severus le rejoignit alors que Harry essayait le troisième pull et lui tendit des pantalons.

- Tout te va ?

- Oui… la dame a lancé un sortilège… je…

- Un sort d'ajustement j'imagine, fit Severus. Les françaises sont bien sympathiques.

Harry joua le top model devant Severus qui approuva les tenues puis ce fut l'inverse. Severus grogna lorsque son fils lui demanda de voir les habits qu'il essayait mais la supplication ne tomba pas dans l'oreille d'un sourd : il avait fait subir à Harry un essayage en règle, alors il devait faire pareil. Et étonnement, cela ne le dérangea pas. Certains habits fut bannis et Harry râla sur le fait que la plupart des vêtements n'étaient faits que de tissu noir et Severus s'emporta en lui disant qu'il n'avait qu'à lui trouver mieux.

Et il aurait peut-être dû éviter de dire cela…

Il s'était ensuite retrouvé avec une vingtaine de pulls, de robes de sorciers et de pantalons tous plus classes les uns que les autres et Harry demanda de tous les voir sur lui. Malgré lui, Severus se prêta au jeu et ils eurent de belles surprises. Lily n'aurait qu'à bien se tenir, et Harry avait décidément du goût si cela n'était pas pour lui-même.