Alors déjà, salut à toutes (et à tous ?) et...

Wow ! Presque déjà 200 vues en moins d'une semaine ?! Champagne ! Plus sérieusement, j'espère que l'histoire vous plaît, et que vous vous attachez au personne d'Angel autant que moi, en l'inventant, je m'y suis attachée. Cette fiction a beaucoup d'importance pour moi, c'est la première fois que l'amour de couple n'est pas à l'honneur, ici le profit se faisant plutôt à l'amour familial.

Enfin, j'arrête de vous embêter avec mes blabla ! Merci aux deux Followers, vous êtes géniales ! (quoi, j'ai bien le droit d'être heureuse pour pas grand chose xD)

Bref, je vous laisse à la lecture ! À vendredi :3


Angel Holmes s'ennuyait profondément. Elle observait sans vraiment le regarder Sherlock utiliser un microscope, alors que John faisait moult allers-retours dans le laboratoire. Ce dernier était scandalisé que le détective ne tienne pas compte de l'otage à ce point, ne la considérant que comme une piste. La brune soupira encore une fois. Tout ça ne l'intéressait tellement pas ! Elle voulait savoir ce que signifiaient ces fichues baskets. Et comme elle avait interdiction formelle de toucher au matériel, elle s'ennuyait. Ce fut Molly qui la sortit de son ennui, en rentrant dans le laboratoire quand l'ordinateur eut fini ses recherches. Un autre homme était à sa suite.

"Gay", avait dit Sherlock. "Homosexuel", avait pensé Angelina. Décidément, il n'y avait que Molly Hooper pour ne pas voir l'évidence. Mais la médecin légiste était plutôt gentille, et elle faisait également partie des rares personnes appréciées par la petite Holmes. Alors elle se promit de ne rien dire. Dommage que son oncle ne soit pas aussi subtil. À peine Jim était-il sorti qu'il expliquait à la jeune femme pourquoi son date était gay, et, blessée plus qu'elle ne l'aurait voulu, la doctoresse était partie sans un mot de plus. Alors l'enfant avait roulé des yeux et était partie à sa suite.

Elle l'avait retrouvée à la cafétéria, devant un café, la tête dans les mains. Angel déduisit en moins d'une seconde qu'elle se retenait difficilement de pleurer. La petite soupira. Elle savait qu'elle était raide dingue de Sherlock, mais elle choisit de ne rien dire. Si elle voulait lui parler, elle lui parlerait. Elle s'installa tranquillement face à Molly, prenant un air nonchalant avant de demander avec douceur :

"- Tu m'offres un chocolat ?"

La légiste hocha vivement la tête en frottant discrètement ses yeux, avant de lui tendre une pièce. Elle était décidément beaucoup trop gentille. Elle bondit sur ses pieds au distributeur pour prendre la boisson chaude, avant de sourire à la femme lui faisant face en se rasseyant. Elle balança ses cheveux en arrière, avant de porter le gobelet de plastique à ses lèvres. Molly prit une gorgée de son café, et baissa les yeux d'un air plus embarrassé, si c'était toujours possible.

"- Pourquoi est-il toujours comme ça, Angel ?" murmura-t-elle après de longues minutes de silence.

"- Tu sais", commença la plus jeune, "je pense qu'il y a autour de nous ce qu'on appelle un voile de restriction sociale, c'est-à-dire que nous savons nous tenir en public. Cependant, ce voile tombe parfois, lorsque tu perds la raison, par exemple, ou que tu as trop bu. Tu comprends ?"

"- Ou... Oui, mais..."

"- Sherlock n'a pas de voile." asséna-t-elle finalement. "Sherlock n'a aucune restriction en ce qui concerne la sociabilité, il ne sait pas se tenir en société. Il fait des efforts... On ne dirait pas mais c'est vrai !" s'écria-t-elle en voyant que Molly avait voulu la couper. "Je lui parlerai, ne t'en fais pas. Je n'aime pas qu'il fasse ça. Je trouve ça vraiment inadapté."

Un grand silence s'installa entre elles, pas pesant pour autant. À nouveau, ce fut la doctoresse qui brisa la glace, d'une voix plutôt maladroite.

"- Tu sais... Je suis contente que tu ne sois pas comme lui. Ç'aurait été trop triste. Je veux dire... Ce serait triste que sa fille soit aussi peu... délicate, que lui. Je t'aime beaucoup. Tu es une chouette fille. Ne change jamais."

Émue, la fillette aurait voulu répondre, mais Sherlock rentra en trombe dans la cafétéria, suivi de John, pour s'écrier qu'il avait du nouveau et qu'il avait besoin d'elle. Elle hocha la tête, but son chocolat chaud d'une traite, et descendit de sa chaise, avant de se pencher vers Molly, le sourire aux lèvres. Elle l'embrassa sur la joue, et partit d'un pas léger, après n'avoir dit qu'une seule phrase.

"- Je ne suis pas sa fille."

Et sous le regard choqué de la jeune femme, Angel courait vers son oncle, s'agrippant à son bras tout en souriant de toutes ses dents à John. Molly soupira. Elle ne savait pas si c'était de dépit ou de soulagement. C'était une gamine géniale. Et ce n'était pas la fille de Sherlock. Tout allait bien... Peut-être ? Dans tous les cas, elle devait parler à Jim. Parce qu'Angel avait beau n'avoir rien dit, plus délicate que Sherlock, ses yeux parlaient pour elle : Jim était définitivement gay.


Et voilà que Sherlock les avait mis dehors, John et elle, parce qu'ils s'inquiétaient pour l'otage, et que le médecin s'interrogeait à propos de l'enquête confiée par Mycroft. Et il avait rendez-vous avec lui, grâce au détective consultant. Génial. Ils attendaient le Gouvernement britannique depuis plus d'une demie-heure dans son bureau, et le blond se tourna vers la fillette. Elle avait la mine renfrognée, et ne semblait pas vraiment ravie de devoir retrouver son père, mais John avait insisté pour qu'elle vienne avec lui : il ne voulait pas qu'elle attende seule dehors. Il soupira bruyamment avant de poser sa main sur son épaule, de façon à attirer son attention.

"- Écoute, Angel, ça va bien se passer. Il n'y a aucune raison que ça se passe mal."

"- J'm'en fiche." répliqua-t-elle. "Tu m'as forcée, et j'aime pas qu'on me force."

"- C'était juste pas possible autrement ! Je ne veux plus jamais te retrouver comme l'autre nuit, toute seule, et... Et..."

Réalisant que ce qu'il était en train de dire était TRÈS embarrassant, pour lui comme pour elle, il prit le parti de se taire en fixant ses chaussures. Angelina rougit, surprise de cet élan de tendresse, et elle commença à fixer ses mains, s'amusant à les plier et à les déplier. Ce petit manège dura encore de longues minutes, et après exactement 47 minutes d'attente, la porte du bureau s'ouvrit, laissant apparaître Mycroft lisant un dossier. Il releva la tête, savant que John l'attendait, et s'apprêtait à le remercier pour sa venue, quand son regard croisa celui d'Angel.

Surpris qu'elle soit là, il la salua également, avant de vite se reprendre, tournant son attention vers John, au grand désespoir de la petite brune. John commença à expliquer que Sherlock les avait envoyés pour avoir des informations supplémentaires sur les plans anti-missiles, et à nouveau, l'aîné des Holmes fut agréablement surpris. Cependant, Angelina les coupa en se levant d'un coup sec, figeant ses yeux dans ceux de son père, son visage un peu plus pâle qu'à l'accoutumée. Le médecin fronça les sourcils, ne comprenant pas, mais il n'eut le temps de rien dire que déjà elle prenait la parole.

"- C'était une rage de dents ? C'est ça ? C'est pour ça que tu téléphonais pas, et c'est pour ça que tu te masses la mâchoire ! Hein ? J'ai juste ? J'ai bien déduit, pas vrai ?! Je ne fais pas erreur ?!"

"- Angel", murmura John, "qu'est-ce que..."

"- Pas vrai ?!" renchérit-elle.

"- Oui, tu as raison, Angelina." la stoppa le gouvernement britannique sous le regard soulagé de sa fille. "Mais tu n'es pas obligée d'hausser la voix pour quelque chose d'aussi simple à déduire. Rassied toi, je te prie, je vais vous donner les informations."

"- Je m'en tape des infos ! Juste une fois, tu ne peux pas dire que tu es fier de moi, de ma façon d'éclaircir les choses ? C'EST TROP DEMANDER ?!"

Elle poussa la chaise en arrière, la faisant tomber sur le sol dans un bruit clair, et elle sortit en claquant la porte, les larmes aux yeux. Elle se laissa tomber dans le canapé de l'anti-chambre, ignorant superbement Anthéa qui tapait sur son téléphone, et qui avait relevé la tête lorsqu'elle était entrée dans la chambre. Angel remonta ses jambes sur le canapé, malgré ses chaussures, et plongea son visage dans ses bras. C'était débile de s'être emportée comme ça. Et elle en était consciente. Mais elle avait tellement voulu que, juste une fois, il le regarde. Que juste une fois, il la félicite. Juste un "c'est ça, c'est très bien", mais non. Ç'avait bien commencé, mais il avait fallu qu'il rajoute que c'était "simple". "Simple".

Ça lui donnait encore plus envie de pleurer. Elle aurait tellement voulu que sa mère soit là. Qu'elle soit là, et qu'elle la rassure, que sa voix lui chante une chanson avec sa douceur habituelle. Alors, malgré la présence de la secrétaire de son père, elle chanta. D'abord doucement, puis de plus en plus fort, juste pour se rassurer. Juste pour avoir le sentiment que tout irait mieux, comme ça. Et elle chanta, chanta encore et encore, jusqu'à ce que la porte ne s'ouvre. John en sortit, et elle cessa de chanter en relevant la tête vers lui. Elle bredouilla.

"- Je n'aurais pas dû m'emporter. Excuse moi pour ce spectacle, John."

"- Vous étiez l'un comme l'autre en tort. Mais maintenant", commença-t-il avec hésitation, "il m'a dit de te demander de venir."

"- Je... Je ne veux pas." dit-elle en secouant la tête.

"- Allez, Angel. Tu devrais y aller. La famille, c'est important."

"- C'est pour ça que tu ne t'entends pas avec ta soeur ?" protesta-t-elle faiblement.

"- C'est plus compliqué que ça n'en a l'air, tu sais."

"- Bah nous aussi."

"- S'il-te-plaît", soupira l'ancien soldat en se massant le front, "vas-y. J'attend là."

Elle soupira en levant les yeux au ciel pour lui faire part de son mécontentement, et elle rentra dans la pièce. Elle s'arrêta à deux mètres du bureau où son père était assis après avoir refermé la porte, et Mycroft releva la tête vers elle, son air toujours impassible sur le visage. Il recula sa chaise pour ouvrir un tiroir, et il farfouilla dedans quelques secondes avant d'en sortir un collier. Le coeur d'Angelina rata un battement. Ce collier, elle le connaissait parfaitement bien. C'était celui de sa mère. Elle l'amenait toujours avec elle, d'habitude, mais dans la précipitation et la colère de l'autre soir, elle l'avait laissé au domicile paternel.

Il faisait rouler le collier entre ses doigts, la pierre noire brillant toujours de milles feux. Les petits anneaux en argent qui faisaient la chaîne reflétaient la lumière, et l'enfant songea que cette chose était la plus belle qui existait au monde. Par réflexe, elle tendit la main pour l'attraper, mais elle la recula aussitôt, ne voulant pas s'approcher de l'autre. Aucun d'eux n'avait encore parlé, Angel regardant partout sauf devant elle, et Mycroft dévisageant sa fille avec tristesse. Ce fut lui qui rompit ce silence embarrassant au possible.

"- Je voulais te l'amener l'autre jour, mais avec l'explosion, ça m'est sorti de la tête."

Elle ne répondit pas, relevant simplement les yeux vers lui, son regard croisant le sien. Elle ne baissa pas les yeux, et lui non plus. Il lui fit signe de s'approcher, et elle obéit, pas impressionnée pour un sou, mais plutôt surprise qu'il ne dise rien pour sa conduite quelques minutes plus tôt. Il se leva de son bureau, et elle comprit à son regard qu'elle devait se mettre dos à lui. À nouveau, elle s'exécuta, et frissonna quand le métal froid du collier rentra en contact avec sa peau. Elle retint son souffle alors que Mycroft attachait le bijou, et elle finit par se tourner vers lui.

Ils se jaugèrent quelques secondes, et l'homme tendit la main pour caresser ses mèches brunes. Elle se crispa d'un seul coup, plus par surprise qu'autre chose et il retira sa main d'un geste brusque. Gênés, ils cessèrent de s'observer, mais il fit demi-tour, et Angel comprit qu'il la congédiait. Elle répétait dans sa tête les mots qu'il lui avait dit. Ça voulait dire qu'il s'était inquiété ? Qu'il avait eu peur pour elle ? Elle s'approcha de la porte, et au moment où elle saisissait la poignée, la voix grave du politicien retentit.

"- Angel ?"

Hésitation. C'était le seul mot capable de traduire l'émotion transperçant ce simple mot. Elle se tourna face à lui, le sang battant dans ses tempes, le coeur débordant d'espoir.

"- Oui ?"

"- Je..."

Il prit une lourde inspiration, et se résigna. Il ne supportait pas l'espoir brillant dans ses yeux. Ça lui était douloureux. Ça lui rappelait Jane.

"- Non, rien. C'est juste que... Prend soin de toi. Et rentre vite à la maison."

Elle ne répondit pas, se précipitant en dehors de la pièce qu'elle trouvait d'un coup, d'un seul, beaucoup trop étouffante. La porte se referma dans un claquement sec, et Mycroft se laissa tomber sur sa chaise. Il avait cru qu'il allait y arriver. Mais il avait échoué, encore une fois. Que c'était étonnant. Que dirait Jane en voyant combien il était pathétique ? Le seul homme sur terre incapable de dire "Je t'aime" à sa fille. Oui. Pathétique était le mot.


Elle était rentrée avec John, et s'était laissée tomber dans le fauteuil de son oncle en prenant le portable de l'enquête, pendant que Sherlock utilisait son microscope. Il était en train d'expliquer au blond que Carl Powers avait été tué par un poison, et que personne ne l'avait découvert car ce même poison était presque indétectable, et que personne n'avait pensé à chercher à ce propos. Le détective se précipita sur son blog pour taper la réponse à la fameuse énigme, espérant ainsi stopper l'horloge. Le résultat ne se fit pas attendre. Le téléphone rose que tenait Angelina se mit à sonner dans ses mains, et elle décrocha aussitôt en laissant le brun répondre.

La première énigme était résolue. Après quelques félicitations, l'otage fut autorisée à déclarer sa position, et aussitôt, Scotland Yard se précipita sur les lieux avec les démineurs pour aider la pauvre femme en détresse. Angel soupira. Une bombe. C'était vraiment lâche de faire ça.

Quelques heures plus tard, ils étaient tous les trois dans le bureau de Lestrade, ce dernier leur lisant la déposition de la victime. Il ne comprenait pas. Comment, pourquoi, dans quel but quelqu'un ferait quelque chose d'aussi horrible ? D'aussi inhumain ? C'était simplement incompréhensible. Soudain, les yeux de Sherlock s'écarquillèrent de compréhension. L'autre personne qui faisait ça... peut-être s'ennuyait-elle autant que lui ? Comme c'était intéressant... Mais le bip annonçant un message et la voix fluette de sa cadette le sortirent de ses pensées.

"- Sherlock... Un message. Vocal."

Les trois hommes se penchèrent au-dessus de l'enfant à qui on avait officiellement confié le téléphone, alors que quatre bips retentissaient dans le bureau du DI. Ils venaient de recevoir la seconde épreuve en même temps que la photo qui serait leur indice. Un coffre de voiture, grise, pas le style de voiture qu'on achèterait, plutôt qu'on louerait pour aller au travail plutôt que prendre un taxi. L'homme aux cheveux argentés lança aussitôt une recherche pour savoir si on lui avait signalé. Donovan les interrompit, appelant "le taré", en affirmant qu'on le demandait au téléphone.

Il attrapa le mobile, et son visage se figea en entendant une nouvelle voix. Il avait pris une nouvelle voix, et il le félicitait pour avoir réussi à trouver la réponse pour le meurtre de Carl Powers, admettant du même coup l'avoir tué. Comprenant que quelque chose clochait, John se leva pour suivre son ami, jetant un regard noir à Angel pour qu'elle reste assise sur cette fichue chaise en face de Greg. Elle bouda le temps d'une seconde, et l'inspecteur raccrochait déjà, se dirigeant vers les deux amis pour leur dire qu'on avait retrouvé la voiture.

Sherlock entrouvrit les lèvres.

"- Cette fois, j'ai huit heures."

Ce n'était pas un "nous". Non. C'était un "je", parce que c'était un jeu créé pour lui, par quelqu'un comme lui, il en était persuadé jusqu'au plus profond de ses tripes. Angelina aussi en était persuadée. Et elle n'aimait pas du tout ça. Mais déjà, les trois hommes partaient vers la scène du crime, et elle se précipita sur ses petites jambes pour les suivre. Ils étaient près de la Tamise, et Angelina monta sur le capot de la voiture pour trois raisons. De un, elle adorait la vue sur la Tamise. De deux, elle adorait voir la tête des policiers quand elle marchait ainsi sur les preuves. De trois, elle avait un point de vue différent sur le coffre de voiture lorsqu'elle s'allongeait sur le toit. Peut-être qu'ainsi, elle battrait Sherlock aux déductions !

Elle se concentrait sur le coffre, les sourcils froncés, la tête à l'envers, pendant que le détective consultant discutait avec la conjointe du disparu. Elle écoutait attentivement, certaine d'ainsi mettre toutes les chances de son côté. Soudain, la voix du surdoué retentit, incitant ainsi la petite brune à descendre de la voiture. Habilement, elle roula sur le dos afin de se laisser glisser le long de la voiture. Elle fit un signe de la main à Lestrade, avant de courir pour rattraper Sherlock et John. Elle releva le nez, avant de jeter un coup d'oeil à son oncle.

"- J'ai six pistes potentielles !"

"- Élimines en trois, au vue de la conversation que je viens d'avoir, elles sont impossibles." rétorqua-t-il, non sans être amusé.

"- J'ai pas entendu votre conversation." grommela-t-elle, vexée de s'être encore faite avoir.

"- Menteuse. Tu as tout écouté."

Elle lui tira la langue avant de filer vers le taxi le plus proche, sentant dans sa poche de blouson le téléphone rose. Elle n'aimait pas cette sensation de lourdeur qu'il lui apportait, mais elle faisait fi, se montrant courageuse. À peine étaient-ils arrivés à Janus Cars que déjà, le directeur acceptait de les recevoir. Un peu prématuré aux yeux de la petite brune : la police avait prévenu qu'une de leur voiture avait connu un soucis, mais sans plus. Intriguée, elle dévisagea l'homme et son bureau sans scrupules, découvrant qu'il était parti récemment en Colombie. Il était un menteur : Sherlock lui même le dit plus tard à John quand ils partaient tous trois vers Baker Street.

Alors qu'ils étaient rentrés à leur domicile, le téléphone se mit à sonner. Aussitôt, Angel bondit sur ses jambes, courant vers son parent pour lui tendre l'appareil. Et on lui donna un indice. Un indice. Les sourcils de l'enfant se froncèrent à l'extrême. Pourquoi leur donner un indice ? Pour agacer Sherlock ? Ça pouvait marcher, c'était vrai. Mais ça ne marcherait pas, car John et elle s'en occupaient aussi. Elle avait de plus en plus peur. Mais ça, pas question de l'avouer.

Elle avait sa fierté.

Soudain, la voix de son oncle retentit, la faisant sursauter : elle dormait debout... Il venait de trouver un indice supplémentaire. Elle voulut lui faire cracher le morceau, mais il refusa, comme toujours. Et elle, elle était bien trop fatiguée pour réfléchir correctement. Elle monta sur le dos de Sherlock, se laissant emporter vers le labo de Scotland Yard, où se trouvait toujours la voiture. Et alors, le détective développa sa théorie, brillante, comme toujours : et Angelina était suffisamment intelligente pour savoir qu'elle était correcte.

Elle soupira doucement quand Sherlock ordonna à Lestrade d'aller arrêter les suspects -et donc coupables-, et elle laissa tomber sa tête sur son épaule. Déjà, ses paupières s'affaissaient, et alors qu'elle se laissait entraîner par le sommeil, elle ne sentit pas Sherlock s'emparer du portable rose, et alors que ses bras balançaient contre son torse, le détective échangea un regard avec John. Il était tard, mais eux, ils devaient tenir, grâce à l'adrénaline, et afin de sauver le nouvel otage en déclarant la solution à cette seconde énigme.

La nuit serait longue.


Angelina était FOLLE DE RAGE. Elle qui travaillait par correspondance venait juste de recevoir ses devoirs, et elle était obligée de les faire aujourd'hui. Vu le nombre de pages qu'il y avait -nombre très conséquent par ailleurs-, elle savait qu'elle finirait dans l'après-midi. Qu'elle finirait dans l'après-midi, et donc qu'elle n'avait pas le droit d'accompagner John et Sherlock. C'était trop injuste. Elle jeta un regard écoeuré au théorème de Pythagore, puis au texte grec de L'Odyssée. Elle connaissait par coeur le théorème, et si il n'y avait pas eu autant d'exercices, elle serait déjà ailleurs ! En plus, elle avait déjà lu l'Odyssée, mais Sherlock avait teeeeeellement insister pour qu'elle le lise en grec, qu'elle avait été contrainte d'accepter.

Elle s'affala sur le canapé, dégoûtée, croisant les bras sur sa poitrine d'un air boudeur. C'est ce moment que choisit Mrs Hudson pour venir dans l'appartement, et elle ne put retenir un sourire amusé en voyant l'air scandalisé sur le visage de la fillette. Elle posa le sac de courses sur la table avant de s'installer à côté d'elle. Elle avait promis à Sherlock de la surveiller et de s'occuper de la faire manger. En effet, Angelina et cuisine faisaient rarement bon ménage. Disons que la dernière fois qu'elle avait tenté de cuisinier, Sherlock avait fini aux urgences. C'était vous dire.

La logeuse de Baker Street passa un bras amical autour des épaules de la petite brune, qui continuait à faire la moue. La vieille femme eut un rire enchanté.

"- Oooh, Angel ! Je t'en prie, mon ange, ne fais pas cette tête, cela enlaidit ton si joli visage !"

"- Je m'en moque. Sherlock a pris le téléphone ET JOHN, alors que MOI, je dois rester ici faire MES DEVOIRS ! C'est trop injuste !"

"- Ma chérie, tu dois prendre en compte que tu n'es qu'une enfant, et que ton éducation est primordiale." affirma-t-elle avec conviction. "Et cela fait plaisir à ton père de voir que tu t'investis."

À l'entente de son père, elle attrapa le collier toujours accroché autour de son cou, et elle caressa doucement la pierre noire. Elle se demandait ce qu'il faisait, actuellement. Est-ce qu'il pensait à elle ? Est-ce que ça arrivait, parfois ? Elle espérait secrètement. Elle se tourna vers Mrs Hudson, et lui sourit après avoir poussé un long soupir. Elle laissa tomber sa tête sur son épaule, laissant la logeuse frotter son épaule.

"- Je vais le faire, mais seulement pour que vous n'ayez pas de problèmes, d'accord ?"

"- Tu es un ange." assura-t-elle avec douceur.

Elle se leva finalement, lui conseillant de continuer son travail pendant qu'elle préparait le repas. La petite fille accepta, se replongeant dans ses chiffres et ses lettres censés être si compliqués. Pour elle, c'était un jeu d'enfant. Son cerveau travaillait beaucoup plus vite que la normale, et à une plus forte intensité. Là où les personnes n'utilisaient que 20% de leur cerveau, elle en utilisait le triple. Elle fut finalement tirée de ses devoirs par l'odeur alléchante du repas, et elle se précipita à table à la seconde où Mrs Hudson entrouvrit la bouche pour l'appeler.

Alors qu'elles déjeunaient tranquillement, la porte s'ouvrit, et Angelina se précipita de table pour tomber face à face avec Sherlock et Lestrade. Elle ignora superbement son oncle -encore vexée-, mais se jeta dans les bras de l'autre en poussant une petite exclamation joyeuse. Le policier ébouriffa gentiment ses cheveux, mais stoppa son mouvement lorsqu'il vit son corps tout entier se tendre. Se rappelant qu'elle détestait que le détective fasse ça, il s'excusa d'un sourire, et lui demanda pourquoi elle n'était pas venue à la morgue avec eux.

Pas qu'il apprécie que cette enfant côtoie la mort, mais que voulez-vous...

"- Demandez à Sherlock !" s'écria-t-elle d'un air vexé. "Il a décidé de m'abandonner ici entre Pythagore et Homère ! C'est d'un ennuiiiiiii ! Sauvez moi, Greg, laissez moi venir avec vous !"

"- Pas question." répliqua-t-il avec douceur. "L'éducation, c'est important."

"- C'est ce que je lui ai dit !" s'exclama Mrs Hudson depuis la cuisine.

Le brun finit par se pencher vers la petite fille pour l'embrasser sur le cuir chevelu, la suppliant d'être sage pendant que les deux hommes travaillaient.

"- Va dans ta chambre", murmura-t-il, "et je te promet que je te met sur la prochaine piste dès demain."

"- Pour de vrai ?!"

"- Oui."

"- Trop cool !"

Elle se précipita dans sa chambre en entraînant à sa suite livres et papiers, et le DI se tourna vers le surdoué en secouant la tête de droite à gauche.

"- Vous venez de lui mentir, là, Sherlock."

"- Pas du tout ! ... Je n'ai simplement pas précisé l'affaire. Je préfèrerai qu'elle se rende utile en aidant John..."

La journée passa à toute allure, mais lorsqu'elle alluma la télé, ayant enfin fini son travail, son visage changea d'expression. Un immeuble avait explosé. Douze personnes étaient décédées. Et elle avait laissé ses oreilles traîner quand Sherlock et Lestrade étaient venus. C'était la vielle femme aveugle qui vivait dans cet immeuble. Mais pourquoi avait-elle explosé ? Sherlock avait sûrement résolu l'énigme ! Elle ferma les yeux quand elle comprit.

"- Seigneur." souffla-t-elle à voix basse.

Elle avait donné des informations à propos du tueur. Ça ne pouvait être que ça. Angelina frissonna. Elle avait hâte que ce jeu morbide finisse.


"- Sherlock, c'est dégueulasse ! T'avais promis !"

"- Je n'ai pas précisé quelle enquête." dit-il en esquivant soigneusement son regard.

"- Sherlock ! J'ai tout fait, j'ai fait tous mes devoirs, s'il te plaît !"

Il soupira, frottant doucement ses yeux. Il n'avait pas envie de l'emmener. Pour une fois, il ne voulait pas qu'elle vienne. Parce que c'était plus dangereux que d'habitude, certes. Mais aussi parce qu'il ne voulait pas de rivale. Là c'était SON enquête, SES victoires, SES échecs. Il ne voulait pas qu'Angelina réalise que ce jeu l'excitait plus qu'il ne voulait bien l'admettre. Parce qu'elle s'en rendrait compte très rapidement. Peut-être même avait-elle déjà des soupçons. Ce qui serait terrible. Il ne voulait pas lui faire peur, il préférait qu'elle reste à Baker Street.

Mais il fallut que John mette son nez dans ses affaires.

"- Elle restera avec moi."

"- ... Pardon ?" sussurra-t-il d'un air profondément agacé en direction de son colocataire.

"- Si tu ne veux pas l'avoir dans tes pattes, elle restera avec moi quand nous travaillerons séparément. Elle mènera avec moi l'enquête de ton frère, et elle restera avec moi. Si tu veux partir à l'autre bout de la ville, elle sera avec moi."

"- John, qu'est-ce qui te prend ?"

"- Mrs Hudson n'est pas là. Je ne veux pas qu'elle soit seule, et..."

"- Je suis pas un bébé !" le coupa Angel d'un air scandalisé.

"... Et comme elle te l'a dit, elle a fait ses devoirs. Ton interdiction est donc injuste." scanda-t-il en ignorant Angelina.

À nouveau, Sherlock souffla profondément, avant de passer sa main dans ses boucles brunes. Il ne put s'empêcher de sourire. Il n'y avait aucun doute permis, ils étaient bien de la même famille. Quand il était enfant, il avait beau supplier ses parents pour une raison X ou Y, il était assez rare qu'ils cèdent. Pourtant, quand Mycroft s'en mêlait, c'était généralement différent. Il le soutenait, à sa manière, et finalement, les parents cédaient. Angelina était comme ça. Elle savait s'entourer de gens capables de lui faire obtenir tout ce qu'elle veut. Ou elle l'obtenait par ses propres moyens. Comme son père. Quelle gamine formidable.

"- Allez, je capitule. En route, mauvaise troupe !"

La petite musicienne échappa un cri de joie et se précipita dehors en attrapant sa veste au passage. John, toujours mécontent de l'attitude de son ami, passa à côté de lui sans un mot, tandis qu'ils se dirigeaient tous vers la Tamise, à nouveau. Là, un corps les attendait, et ils rejoignirent Lestrade en quelques enjambées autour du cadavre. Angel trépidait d'excitation, alors que l'inspecteur leur demandait si ils avaient une piste.

"- Sept, pour le moment." affirma Sherlock.

"- Sept ?!"

"- Sherloooooock", appela Angelina qui venait de retirer la chaussette du mort, "regarde. Je dirai qu'il nous reste... cinq pistes."

"- Mh." grogna le détective.

Soudain, il se leva pendant que Gregory donnait des informations supplémentaires à propos du cadavre, afin de faire des recherches sur son téléphone. N'ayant pas son mobile sur elle, Angel leva les yeux au ciel. Sherlock allait encore deviner avant elle ! Soudain, une lumière se fit dans son esprit lorsqu'elle remarqua le tissu arraché sur la chemise, sûrement de par la présence d'un badge, à propos d'un article qu'elle avait lu dans un magazine quelques jours plus tôt. Pendant que le brun déclamait des faits semblants sans liens les uns envers les autres à John et Greg, les lèvres de l'enfant s'étirèrent en un sourire.

"- Il savait quelque chose qui aurait pu faire capoter la vente du tableau de 30 millions de dollars..." murmura-t-elle, concluant à la place de Sherlock.

"- Exact, Angel", répondit-il, "mais j'aurais aimé que tu me laisses le coup de théâtre."

"- Désolée."

"- C'est donc un faux."

"- Je suis d'accord."

Ils quittèrent la plage sans rajouter un mot, se dirigeant dans un taxi, et lorsque le véhicule s'arrêta pour la seconde fois, après que Sherlock n'ait donné un billet à un membre de son réseau de SDF, Angel sut que John et elle allaient se retrouver en tête à tête. Et ça ne manqua pas. Le brun descendit seul à la galerie, et elle se retrouva en compagnie du blond. Ils interrogèrent la colocataire de la victime, et découvrirent qu'il était fan d'astronomie. Cela fit tiquer la petite, mais elle ne dit rien, pas tout de suite, elle avait besoin de plus d'infos. Mais ce qu'elle pensait, c'était que sur le tableau, la preuve qu'il était faux se trouvait dans les étoiles.

Alors qu'ils quittaient le petit appartement, John, qui avait précédemment jeté un coup d'oeil à son téléphone, se tourna d'un air embarrassé vers sa cadette.

"- Heu... Angel, ça m'embête de te dire ça, mais..."

"- Papa t'as laissé un message. Il veut qu'on aille voir la fiancée du type du train, c'est ça ?"

"- M... Mais comment..."

"- Ta tête !" pouffa-t-elle. "Tu as tiré une tête de six pieds de longs quand tu as vu le destinataire. Et c'était sûr que ça allait être la prochaine chose qu'il allait te demander. On y va ?"

Et elle s'avança vers la route pour demander un taxi sous le regard abasourdi du médecin. Cette gamine était décidément brillante, malgré toutes les taquineries à ce propos de Sherlock, ou les piques inutiles de Mycroft. D'ailleurs, lors de leur dernière rencontre, à tous deux, suite au départ de la fille du politicien, ce dernier avait dit quelque chose qui avait fait tiqué le soldat.

"Elle est brillante."

C'était tout ce qu'il avait dit, et il était resté quelques secondes silencieux avant de changer de sujet aussitôt. Et John sourit. Mycroft avait raison. Sa fille était brillante.

John la suivit lorsqu'elle l'appela, et ils filèrent tous deux en direction de l'adresse de la fiancée en question. Pendant que le blond posait des questions à la jeune femme, Angelina farfouillait discrètement dans la maison, cherchant des indices sur ce qui aurait pu précipiter West dehors. Elle se pencha à la fenêtre qu'il avait regardé avant de partir, qui donnait une vue sur la rue, et sur le train, mais cela ne lui donna pas plus d'indices. Agacée, elle allait et venait dans l'appartement, et lorsqu'ils quittèrent l'appartement, ils croisèrent le frère de la fiancée.

La fillette fronça aussitôt les sourcils, voulant l'interroger, mais déjà elle se faisait entraîner par le médecin. Elle n'osa lui faire part de ses soupçons, observant silencieusement les rues qui défilaient. C'était trop bizarre, la façon dont le frère avait réagi, la panique qu'elle avait lu pendant une fraction de secondes dans ses yeux. Qui paniquerait, à part un coupable ? Mais elle n'avait pas eu le temps d'en voir assez, elle n'avait donc pas de preuves, mis à part ses micro-expressions. Et elle n'aimait pas ça.

La nuit tombait, et ils se dirigeaient rapidement en direction de la galerie. Lorsqu'ils rejoignirent Sherlock, ce dernier demanda si ils avaient appris quelque chose. John poussa un soupir dépité.

"- Il n'y connaissait rien en arts."

"- Et ?" insista le détective. "Pas de hobbys, de passions ?"

"- Heu... Je crois qu'il était fan d'astronomie."

"- La réponse est dans les étoiles, Sherlie. J'en suis sûre."

"- Sherlie ?!"

Le détective se tourna vers sa nièce d'un air scandalisé. Elle sourit et prit sa main, consciente que ce surnom ne lui plaisait pas du tout. Mais elle, elle aimait bien. En ce moment, elle pensait beaucoup à sa mère, car dans un mois, ça ferait cinq ans qu'elle était morte, et sa mère appelait Sherlock ainsi, tout comme elle appelait l'aîné des Holmes Mikey. Ce qui faisait beaucoup rire l'enfant qu'elle était. Le brun se souvenant alors, il sourit avec douceur, et s'accroupit à sa hauteur.

"- Le premier dimanche du mois prochain, on ira au cimetière ensemble, d'accord ?"

"- Oui, d'accord."

Ils manquèrent de peu le fameux "Golem", dont leur avait parlé Sherlock, et Angelina accepta de les suivre jusqu'à la salle de conférence d'astronomie. Elle voulait que la journée se termine, mais elle n'était pas au bout de ses peines. À peine avaient-ils pénétré la salle, qu'ils faisaient face au Golem. Ce dernier se jeta sur les deux hommes, et la petite brune monta à l'étage pour aider la pauvre femme gérant l'exposition d'astronomie qui avait manqué se faire étrangler. Elle était forcée de surveiller les combats de loin, vérifiant le pouls et la respiration de la femme, qui s'était évanouie.

Le Golem finit par prendre la fuite, passant à côté de la fillette sans y avoir fait attention. Elle sentit le contre-coup de la peur arriver, l'adrénaline s'évaporant dans l'air, et elle fondit en larmes en appelant Sherlock. Ses larmes s'écrasaient sur le visage de la femme qui respirait difficilement, et des bras fins la soulevèrent habilement du sol pendant que John prenait le relais sur la victime en appelant l'inspecteur Lestrade. Une fois que l'ambulance fut arrivée et eut embarqué la professeure, ils se dirigèrent tous trois à la galerie pour rejoindre le DI.

Alors qu'ils observaient le tableau, Sherlock affirmant que c'était un faux, Angelina continuait à renifler dans les bras de l'inspecteur. Soudain, le téléphone rose sonna, et le surdoué décrocha en s'écriant que le tableau était un faux. N'obtenant aucune réponse, il s'exclama que le prouver n'était qu'un détail, mais un compte à rebours débuta alors. Et la voix, cette fois-ci, était celle d'un enfant. Gregory retint de justesse un cri de surprise, et il resserra inconsciemment son emprise sur l'enfant qu'il serrait contre lui.

"- Qu'est-ce qu'il a dit ?!" insista-t-il.

"- Dix, c'est un compte à rebours." rétorqua vivement John, tout autant sur les nerfs que lui.

Sherlock réfléchissait à toute allure, lorsque la voix d'Angelina retentit à nouveau dans son esprit.

"La réponse est dans les étoiles, Sherlie."

Le ciel. Bien sûr, le ciel ! La victime était fan d'astronomie ! Il observa le ciel étoilé sous tous les angles pour hurler finalement que c'était la supernova Van Buren, qui prouvait que le tableau était un faux. Le décompte se stoppa, et l'enfant commença à demander si quelqu'un était à l'appareil. Tous recommencèrent à respirer normalement, et, soulagée, Angel s'endormit comme une masse. Le détective la reprit dans ses bras, laissant le téléphone entre les mains du policier. Après avoir mis l'enfant en sûreté et avoir décidé de la mise en garde-à-vue de la femme tenant la galerie, Sherlock décida qu'il était temps pour sa nièce de dormir. Il la déposa dans son lit, avant de se diriger vers le domicile de Joe, frère de la fiancée du susnommé "Westie". Parce qu'Angelina avait raison.

Seul un coupable panique. (1)


Angelina fut réveillée dans la nuit. Elle ne savait pas par quoi, ou pourquoi elle s'était réveillée, mais un frisson d'horreur traversa tout son corps. Et Dieu seul savait combien elle avait horreur de ça. Elle se redressa dans son lit farfouillant pour attraper sa fameuse batte de baseball. Elle repoussa le drap, et se faufila sur la pointe des pieds dans le couloir. Elle se dirigea vers la chambre de John. Vide. Probablement était-il allé voir Sarah. Restait Sherlock. Peut-être l'avait-il réveillée en allant dans sa chambre ? Il n'y avait aucune lumière dans le salon. Elle frappa à la porte, sans obtenir de réponses.

"- Sherlock ?"

Toujours rien. Bien qu'hésitante, elle poussa la porte, et ses yeux s'écarquillèrent de surprise en remarquant qu'un ordinateur était ouvert sur le lit. Lit vide de son oncle, d'ailleurs. Curieuse, elle se dirigea vers l'écran, et échappa une exclamation de surprise en reconnaissant la piscine de Londres. Elle voyait du point de vue d'une personne, et au vue de la caméra, cette caméra était attachée à peu près au niveau du torse. Au niveau de la poitrine, et elle était assez haute, les probabilités qu'il soit un homme était donc élevées. Sherlock ? Mais pourquoi aurait-il fait ça ?

Alors qu'elle s'apprêtait à s'assoir dans le lit, elle entendit un bruit derrière elle, et voulut frapper avec sa batte en se retournant. Une main large comme la patte d'un ours la stoppa, et jeta l'arme improvisée plus loin dans la pièce. L'homme face à elle avait une arme à feu dans les mains, et ne semblait pas vouloir hésiter à tirer sur une enfant. La panique grimpa vitesse grand V dans son coeur alors qu'elle se reculait jusqu'au bout du lit, jusqu'à tomber assise dessus.

"- Regarde la vidéo. Et met ça."

Elle attrapa en tremblant l'écouteur, avant de se tourner vers l'écran, le métal froid du pistolet collé à sa nuque. Elle peinait à respirer, ses poils se hérissaient, et une sueur froide dévala sa nuque. L'homme derrière elle ricana cruellement, et elle ferma les yeux en prenant une lourde inspiration. Ses yeux se figèrent sur la piscine, où aucun mouvement n'était détectable. Elle sursauta violemment quand une voix retentit dans l'oreillette, attisant à nouveau le rire du criminel.

"- Bonsoir, Angie."

"- Je... Je m'appelle Angel." protesta-t-elle.

"- Angelina, en fait." rétorqua la voix d'un air amusé. "Mais je préfère Angie, donc ce sera Angie, petit ange."

Elle ferma les yeux en prenant une nouvelle inspiration, retenant les larmes qui menaçaient dévaler ses joues d'une seconde à l'autre. Elle reprit difficilement son sang froid, et après des secondes d'un silence de mort, elle reprit la parole, tentant tant bien que mal de prendre le contrôle sur sa voix, et elle ouvrit la bouche de la façon la plus assurée dont elle était capable actuellement.

"- Vous êtes le poseur de bombes. Vous voulez que je sois votre messagère pour la dernière énigme ?"

"- Ton oncle a déjà résolu la dernière énigme. Sans toi, par ailleurs."

Sa voix doucereuse lui donnait la chaire de poule. Une larme réussit à se frayer un chemin sous ses paupières, et elle inspira de l'air qui lui brûla la trachée. Elle était tétanisée. Comment cet homme savait-il que Sherlock n'était pas son père, mais son oncle ? De quoi était-il capable ? C'était terrifiant. La folie dans la voix de l'autre lui rappelait une autre voix teintée de cette folie que son subconscient gardait bien cachée. "Copieuse". Elle ouvrit à nouveau les yeux et son regard se fit dur.

"- Alors quoi ?" cracha-t-elle avec force.

"- Tu es son point faible. Il en a un nouveau, certes, mais ne t'en fais pas, je m'en occupe. Quoi qu'il en soit, si toi tu es concernée, il m'obéira au doigt et à l'oeil."

"- Vous dites n'importe quoi." siffla-t-elle. "Où est-il ? Et John ?"

"- Au rendez-vous. Par ailleurs", s'écria-t-il, "tu m'excuseras, mais je vais devoir entrer en scène, et parler à une tierce personne ! Saluuuut !"

La communication coupa net, et Angel oublia un instant de respirer en réalisant que Sherlock poussait les portes de la piscine, tendant fièrement la clé contenant les plans que son père avait tant recherché. Elle maudit silencieusement son oncle, et retint un cri en voyant John sortir, couvert de bombes. Elle écouta le dialogue sans piper mot, mais poussa une petite exclamation quand l'homme qui lui avait parlé commença à bouger. Elle sentit ses muscles se figer d'horreur alors qu'il se plantait face aux deux amis.

"- Je vous ai donné mon numéro !"

Et soudain, soudain, Angelina reconnut la voix. "Gay", avait dit Sherlock. "Homosexuel", avait pensé Angelina. Cet homme, c'était Jim, celui présenté par Molly. Seigneur, qu'ils avaient été bêtes ! Se faire duper ainsi ! Soudain, la caméra de l'ordinateur s'alluma, et la fillette vit le téléphone de Moriarty -car c'était bien lui- tendu vers les deux autres. Elle pinça les lèvres. Sherlock hurla.

"- Angel !"

"- Dis bonsoir, Angie ! Tout le monde t'écoute, maintenant."

L'homme derrière elle pressa de force un micro contre sa bouche, et elle toussa, surprise, sa gorge la piquant. Elle peinait à articuler.

"- Sherlock... Qu'est-ce qui se passe, bon sang ?!"

"- Reste calme, Angel, tout va bien se passer."

Il se tourna vers celui qui s'était présenté comme le premier et unique criminel consultant au monde, et ils commencèrent tous deux à parler, pendant qu'Angelina commençait une crise de panique. Lorsque John bondit sur Moriarty, elle commença à être prise de convulsions. Puis, quand Moriarty menaça brûler le coeur de Sherlock, elle sentit ses poumons rechercher désespérément de l'air. Quand elle ne vit plus Sherlock à la caméra, elle vit sa vue trembloter, se troubler. Puis elle voulut crier quand à nouveau la caméra se pointa sur les deux colocataires. Sans réussir. L'homme marmonna derrière elle, sans qu'elle ne comprenne.

"- Désolé, les garçons ! Je suis très versatile. C'est mon seul défaut, à vrai dire. Oh, et puis, Sherlock... Je crois qu'Angie est sur le point de s'évanouir. L'émotion ? Ou le poison étalé sur le micro qu'elle a utilisé ?"

Merde. Merde, merde merde. Angelina ouvrit la bouche pour crier, mais ses paupières se fermèrent, ses poumons se vidèrent, et elle s'effondra sur le lit sans rien ajouter. Elle se plongea dans son palais mental -c'était tout ce qu'elle pouvait faire-. Et elle chercha dans ses souvenirs, ses connaissances, n'importe quoi, du moment qu'elle pouvait survivre. Parce qu'elle ne voulait pas mourir, surtout pas.

C'était logique, c'était une Holmes.


(1) : Dans la série, cela se passe le lendemain, mais pour des raisons scénaristiques, j'ai décidé de faire passer cette action le soir même.

Bon, bah j'espère que ce nouveau chapitre vous aura plu, je vous fais des bisous, et à vendredi ! Ah oui, et j'en ai profité ici pour régler le "HEUUUU MAIS ANGELEUH ELLE VA PAS À L'ÉCOLE ?" Bah nan x)

Reviews ? (comment ça je réclame ?)