Third Part: Of Drifting Cloud and Diabolic Mist
La nuit était calme. Une brise agréable soufflait sur le petit jardin, emportant avec elles les pétales de sakura qui n'allaient pas tarder à totalement disparaitre. Fleurs éphémères, vous pouviez facilement manquer la dignité gracieuse de cette arbre si vous détourniez les yeux au mauvais moment. Kyouya ne les détourna pas. Ses pupilles sombres fixaient intensément la surface de l'étang sur lequel était penché l'arbre, admirant d'un regard expert son reflet parsemé de rose. Une carpe sauta et le bruit du sozû* résonna, brisant le silence du jardin. Hibari aimait les jardins japonais, surtout au printemps. Le calme et la sérénité qui s'en dégageaient lui permettaient toujours de retrouver sa paix intérieur…ou presque toujours…
⁃ Alors comme ça, même le saké c'est non?
Disant cela, Rokudo Mukuro versa quand même deux coupelles du breuvage, poussant l'une d'elle vers son compagnon. Celui-ci se contenta de le regarder faire avec un visage neutre - malgré son coeur qui ne semblait pas vouloir s'arrêter da battre la chamade depuis qu'ils étaient arrivés dans la salle! Il s'agissait d'une salle de banquet privée dans une auberge traditionnelle digne de ce nom. La pièce était légèrement à l'écart du reste de l'établissement, donnant sur un jardin privé qui ne faisait qu'accentuer le côté intime du moment. Les deux hommes étaient assis à même le sol devant une table longue mais pas plus large que cela, les laissant assez proche l'un de l'autre pour qu'un simple geste ne les fasse se toucher. Mais si le bleuté avait ses deux mains bien en vues et l'auteur gardait l'une des siennes serrée autour de sa tasse de thé, rien ne laisser penser qu'ils allaient profiter de cette proximité…tout de suite…
⁃ Je pensais que tu arborais le champagne juste parce que ça venait d'Occident, continua Mukuro en posant ses coudes sur la table, la tête dans ses mains croisées sous son menton.
⁃ Huh. Tu me crois assez petit d'esprit pour détester quelque juste à cause de son origine?
⁃ …Kufufu…
⁃ Quoi? grogna l'auteur, pas sûr d'aimer le regard connaisseur que son vis-à-vis lui offrait.
⁃ Rien, rien. Hum…dans ce cas là, que penses-tu du vin?
⁃ Herbivore, je vais être clair: je ne bois pas d'alcool, fin de la conversation.
⁃ Oh mais tu ne sais pas ce que tu rates! plaida tout de même le bleuté. Tu peux découvrir tant de merveilles et de goût unique quand tu as la bonne bouteille. Je te ferai goûter la prochaine fois - j'ai ramené un véritable trésor de mon dernier voyage en Italie, tu m'en diras des nouvelles!
⁃ Hn.
Et souriant en remarquant que l'alouette n'avait pas refusé un possible deuxième rendez-vous, Mukuro avala une gorgée de sa boisson, son regard parcourant très peu discrètement le corps du plus petit. Comme le bleuté l'avait espéré, Kyouya avait opté pour autre chose qu'un yukata - oh ne le méprenez pas! Comme il l'avait si gentiment dit au premier concerné, Hibari était à tomber dans son yukata sombre au obi violet à peine serré - un véritable luxe pour les regards! Un luxe qu'il ne voulait partager avec personne…Le jeune patron avait eut un sourire satisfait quand l'auteur était sorti de chez lui vêtu d'une simple chemise blanche rentrée dans son pantalon noir tout aussi sobre. La veste noire qu'il avait posé sur ses épaules était maintenant accrochée sur un porte-manteau quelconque de la baraque, laissant l'opportunité à Mukuro d'admirer la beauté simple de son vis-à-vis.
⁃ Qu'est-ce que tu regardes comme ça, herbivore? claqua Kyouya.
Il n'aimait pas être le centre d'attention de ce regard bien trop dérangeant - il avait l'impression qu'on le dévorait sur place. Et il devait se faire violence pour ne pas rendre la gentillesse à la tête d'ananas et laisser ses yeux descendre sur ces clavicules joliment mises en valeur par la couleur sombre de sa chemise. L'alouette serra violemment la tasse dans sa main - depuis quand une simple clavicule pouvait autant attirer son attention? Incompréhensible…
⁃ Toi bien sûr, répondit finalement Mukuro en plongeant ses iris hétérochromes dans celles de son compagnons.
Les pupilles polaires se dilatèrent d'elles-mêmes, comme pour s'ajuster au rythme bien trop frénétique du coeur de l'auteur. Oh oui, incompréhensible…Et Hibari n'aimait pas ne pas comprendre.
⁃ Sinon, tu n'avais pas des questions à me poser? reprit le bleuté, brisant en quelque sorte l'espèce de bulle dans laquelle ils s'étaient encore enfermés.
Kyouya cligna des yeux, essayant de se souvenir d'une quelconque interrogation qu'il pourrait avoir pour son vis-à-vis. Bizarrement jusqu'ici, il n'y avait encore jamais pensé. Mais maintenant que la tête d'ananas lui servait une occasion sur un plateau doré, il ne savait pas par où commencer, toutes sortes de choses se bousculant dans sa tête. Il opta pour la question qui lui paressait la plus neutre et cohérente.
⁃ Comment est-ce que tu as eut mon adresse?
⁃ Oh, ça. Très simple: ton cher éditeur me l'a donné.
Mukuro dut retenir son sourire en coin satisfait face à la lueur meurtrière qui s'alluma dans les yeux de l'alouette - Dino était bon pour une séance de torture la prochaine fois qu'il viendrait chez son protégé. Avec un peu de chance, ça lui apprendrait à fermer sa bouche plus souvent et le tiendrait éloigner de l'auteur - ne serait-ce qu'un temps.
⁃ Et pourquoi est-ce que ce canasson d'herbivore a jugé utile de te la donner? grogna Hibari.
⁃ Kufufu…
Mukuro ne put retenir un ricanement devant le nom donné au blondinet - il n'aurait pas dit mieux! Et penchant la tête légèrement sur le côté, ce fut avec un regard brûlant qu'il répondit à son vis-à-vis.
⁃ Parce que je le lui ai demandé.
La réaction de Kyouya fut plus violente que le bleuté n'aurait crut - ce qui lui arracha un sourire en plus. La pauvre tasse de thé qui avait jusqu'ici réussi à survivre se craquela légèrement sous la main violemment serrée de l'auteur - pas assez pour laisser échapper son contenu mais on y était presque. Mukuro buvait avec délectation les expressions que le plus petit laissait transparaitre sur son visage pourtant si neutre habituellement - colère, interrogation, dédain, agacement…
⁃ Toi, finit-il par grogner à travers ses dents serrées. Je me doutais que tu n'étais pas net mais là!
⁃ Kufufu…Je n'ai pas mentit ce soir là, tu sais.
⁃ Hn?
⁃ Quand je disais que j'étais un de tes grands fans.
Toute trace de sentiments quitta d'un seul coup le visage de Hibari qui sembla soudain se poser - mais il restait tout de même incroyablement tendu, sa main toujours prête à réduire en miettes la tasse prisonnière de sa poigne.
⁃ Un stalker…? se demanda intérieurement l'auteur en haussant un sourcil.
Et rien que de songer à cette possibilité, la bête au creux de son ventre sembla se calmer. Parce qu'il connaissait…La dernière fois qu'un suicidaire avait eut la bonne idée de le stalker remontait à loin peut-être mais la façon de gérer ce genre de situation ne s'oubliait pas - pas pour Hibari qui pouvait se défendre contre une armée entière si il avait besoin. C'était quelque chose de familier dont il savait s'occuper, qu'il pouvait expliquer - peut-être pas les actions de l'autre qui étaient le cadet de ses soucis mais au-moins les siennes. Ses choix étaient dictés par quelque chose qu'il maîtrisait et ça lui permettait de rester à l'aise avec lui-même.
⁃ Kufufu…Je sais ce que tu penses et non, fit soudain Mukuro en le sortant de ses pensées. Non, je ne suis pas un stalker.
…Et le cœur de Kyouya recommença à battre bien trop fort pour son propre bien. Pourquoi est-ce qu'il arrivait à croire sans doute aucun ce que le bleuté lui disait? Sûrement parce qu'il ne voulait pas penser qu'il avait accepté un rendez-vous avec un stalker…oui, ce devait être ça…rendez-vous qui n'était pas un rendez-vous au passage! Mais oublions…
⁃ Il est vrai que j'aime beaucoup ce que tu écris, expliqua doucement le jeune patron. Mais tu n'es pas mon auteur préféré.
⁃ Hn.
⁃ Par contre, continua le bleuté avec un sourire devant la réaction indifférente de l'alouette. Par contre, tu es bien l'auteur qui me fascine le plus.
⁃ …
⁃ Ce soir là, à la réception de The Vongola, ce n'était pas la première fois que je te voyais - même si j'avoue que je ne t'ai pas reconnu tout de suite.
⁃ …Expliques-toi.
⁃ Je ne sais pas si tu vas t'en souvenir. Après tout, ça date de déjà plus d'un an! rigola pour lui-même Mukuro avant de fermer les yeux, comme pour mieux se souvenir. Tu connais cette librairie au coin de l'Avenue Mosca?
⁃ …Y-a une libraire sur l'Avenue Mosca?
⁃ Pour être plus précis, il y « avait ». Une petite librairie tout à fait banale jusqu'à ce qu'un client ne s'amuse à la saccager à coup de tonfa parce que, je cite, « il y avait trop de monde ».
L'expression de Hibari ne changea pas d'un pouce, faisant se demander à Mukuro s'il n'avait pas été trop subtile. Mais Kyouya n'était pas stupide et il se souvenait parfaitement de ce « petite » incident - Dino lui avait rabâché les oreilles avec pendant plus de deux mois, et ce peu importante le nombre de fois où son protégé avait manqué l'envoyer à l'hôpital pour le faire taire. Parce qu'il se sentait nullement coupable de ce qu'il avait fait ce jour là - après tout, c'était de la faute de ces herbivores bruyants qui l'avaient dérangé dans sa quête de sources d'inspiration! Ce fut finalement après plusieurs secondes de silence que Hibari eut une réaction visible, fronçant légèrement les sourcils - quel rapport entre cet incident et la tête bleue qui l'observait toujours attentivement?
⁃ J'ai assisté à ton « exploit » ce jour là, expliqua Mukuro comme-ci il avait lut dans ses pensées. J'étais passé faire un tour pour voir si cela valait la peine de racheter cette petite boutique pour l'intégrer à un projet en cours - ai-je besoin de préciser que la vente ne s'est pas faite? Bien malgré moi d'ailleurs, ricana doucement le bleuté. Ma chère Chrome peut être sacrément bornée quand elle le veut!
⁃ Parce que tu voulais quand même acheter ce taudis après qu'il se soit écroulé? s'étonna malgré lui Kyouya en haussant les sourcils.
⁃ Bien sûr! Après tout, cette librairie renfermait le lieu d'une scène à laquelle je ne pensais jamais pouvoir assister! Tu sais pourquoi est-ce que j'ai lut tous tes livres et même tes essais alors que je ne suis pas fan de romans policiers?
⁃ Non, mais je sens que tu vas me le dire.
⁃ Parce que je ne te comprenais pas.
⁃ …Pardon?
⁃ Tes romans sont si détaillés et compliqués que l'on se demande parfois si tu ne parles pas par expérience. C'est comme-ci tu devenais ton personnage principal et que tu exposais sur papier tes propres sentiments…Tes livres reflètent chacun un trait de ta personnalité - une personnalité si compliquée que même en les lisant tous, il est impossible de te cerner.
Mukuro avait exposé ses pensées d'une voix presque passionnée, une de ses mains s'agitant inconsciemment devant lui alors que son regard se baladait dans la pièce, comme-ci il cherchait les mots pour s'exprimer. Kyouya l'écouta en silence. Son regard sombre fixé sur son vis-à-vis, rien de ce qu'il pensait ne transparaissait. Il ne broncha pas non plus quand le bleuté posa un regard brillant de curiosité sur lui, continuant sa tirade.
⁃ Je t'avoue que ce jour là à la librairie je ne savais pas qui tu étais. Mais je me suis tout de même retrouvé fasciné - tu n'imagines même pas comment je me suis senti quand j'ai appris plus tard que j'avais sans même le savoir rencontré l'auteur qui me prenait la tête bien plus qu'il ne le devrait! rigola franchement le jeune patron en se passant une main dans les cheveux, reprenant doucement son souffle. Et à cette soirée encore, je me suis retrouvé malgré moi attirer par ta prestance - si ce n'est pas un signe du destin!
Et le regard plus profond que jamais, Mukuro se permit de se perdre dans les yeux polaires de son vis-à-vis - il avait l'air plus honnête que jamais, toute sa fascination mise à nue, laissant même apercevoir quelque chose de plus profond. Une passion qui ne devrait pas être permise pour quelqu'un qui connaissait si peu de Hibari…Parce que le bleuté était loin d'avoir tout compris, et Kyouya allait se faire un plaisir de le lui dire - après tout, il n'était pas un carnivore pour rien.
⁃ Herbivore, commença l'alouette sans lâcher du regard son compagnon. Il faut vraiment, mais alors vraiment que tu m'expliques comment est-ce que cette chose qui te sert de cerveau fonctionne.
⁃ Oya?
⁃ Aucun message n'est présent dans aucun de mes livres. Je suis moi et j'écris ce que je veux - je fais ce que je veux, il n'y a pas à chercher plus loin.
De longues secondes de silence passèrent sans qu'aucun des deux hommes ne détournent le regard. Chacun avait une expression composée sur le visage, totalement maître de soi…Jusqu'à ce que les joues de Mukuro ne rougissent légèrement, au point où cela aurait put passer inaperçu - mais Kyouya l'observait fixement. Ce fut un sourire digne de la tête bleue devant lui qui étira les lèvres de l'alouette - si cela ne calmait pas légèrement l'ananas, il ne resterait plus qu'à en venir aux mains! Il ne pensait pas si bien dire…
⁃ Oya, oya, si j'avais su…, souffla finalement le jeune patron.
Hibari perdit son expression satisfaite aussi vite que Mukuro avait retrouvé sa contenance et son attitude espiègle. Le moment de gêne semblait déjà être un lointain souvenir et le regard du bleuté était à nouveau allumé d'une lueur fascinée - fascinante. L'auteur sentit son coeur recommencer sa danse folle - et dire qu'il avait finalement réussit à reprendre le contrôle de lui-même en même temps que de la situation. Rokudo Mukuro était vraiment une créature terrifiante dans son genre…
⁃ Ça explique les incohérences dans ma théorie, fit presque pour lui-même la tête bleue.
⁃ Pardon? demanda l'alouette avec un plissement des yeux suspicieux.
⁃ Et bien oui! sourit-il tout naturellement. Comment est-ce que quelqu'un qui peut détruire une librairie de façon aussi violente et impulsive pourrait être la même personne qui protège veuves et orphelins dans « Arc du Futur » ?
Un instant…Le calme et la satisfaction que Hibari avait ressenti en prenant le dessus sur Mukuro n'avaient duré qu'un instant. Et avant même qu'il n'ait put profiter de cette victoire, la bête était de retour, plus assoiffée de sang que jamais. Sa tasse de thé aurait très bien put finir par exploser si la tête d'ananas n'avait pas recommencé à parler, lui faisant desserrer sa prise inconsciemment.
⁃ Juste pour information: si tu veux te déchaîner quelque peu, tu peux le faire autant que tu veux - j'ai réservé toute l'auberge, juste au cas-où on en viendrait à s'agiter, sourit Mukuro.
Le double sens de ses mots sembla passer bien au-dessus de la tête de Hibari - ce qui arracha presque une moue au bleuté avant qu'il ne continue.
⁃ Mais malgré ça, j'aimerai que l'on évite de casser quoi que ce soit. Je ne souhaite pas particulièrement avoir à payer des frais de réparations…
Le jeune patron avait à peine eut le temps de terminer sa phrase que quelque chose se fracassait contre le mur. Le bleuté ne put que cligner des yeux en regardant celui-ci s'imbiber du liquide que contenait la vaisselle maintenant en morceaux au sol - Kyouya avait même prit la peine de lâcher sa tasse de thé pour balancer spécialement la coupelle de saké contre la cloison, si ce n'était pas adorable. Le sourire de Mukuro ne put que tiquer alors qu'il faisait à nouveau face à l'alouette qui le regardait d'un air plus que satisfait.
⁃ Est-ce qu'on t'a déjà dit que tu réagissais comme un enfant parfois?
⁃ Est-ce qu'on t'a déjà dit que ta simple présence avait le don de donner des envies de meurtres?
⁃ Oya, non, ce doit être la première fois. Merci pour le compliment, Kyouya
Et sur cette simple phrase, enfer et damnation se déchainèrent dans la petite salle de banquet. Sortant ses tonfa de littéralement nulle part, Hibari fracassa la table en deux et se jeta sur son adversaire, prêt à lui ouvrir la gorge de ses dents. Mais Mukuro réagit vite et l'esquiva en lui envoyant un coup de pied dans le ventre, le faisant valser dans le jardin. Atterrissant habillement sur les genoux, l'auteur fit un grand mouvement en arrière pour éviter l'arme qui avait essayer de déchirer sa chemise. Jetant un regard aiguisé à l'étang dont il était maintenant bien trop proche, Kyouya se retourna vers son vis-à-vis en levant ses tonfa, prêt à attaquer. Il ne put que hausser un sourcil face à l'arme que la tête d'ananas pointait vers lui avec toute l'élégance qui était la sienne.
⁃ …Une fourchette? ne put s'empêcher le plus petit.
Allez savoir pourquoi est-ce que dans les couverts d'une auberge traditionnelle une fourchette était proposée - l'alouette allait devoir faire revoir la culture de leur pays aux propriétaires. Mais c'est une question pour plus tard…
⁃ Et pourquoi pas? sourit Mukuro en faisant habilement virevolter l'ustensile entre ses longs doigts. J'ai toujours eut une affinité pour les armes à trois pointes - même si habituellement, elles sont un peu plus grandes.
Et alors qu'un sourire dément étirait clairement les lèvres du bleuté, Kyouya ne put que le lui rendre avec une expression tout aussi dérangeante. Enfin…Enfin il allait pouvoir étancher sa soif de sang, ce désir que seul cette tête d'ananas semblait capable d'éveiller chez lui. Oh bien sûr, Hibari était conscient encore une fois que mordre à mort Mukuro ne le satisferait pas totalement - mais une chose à la fois…De plus, si il avait bien compris ce que son corps et son coeur essayaient de lui faire douloureusement comprendre depuis qu'il avait rencontré le plus grand, il allait avoir besoin de beaucoup de temps pour se préparer mentalement à la prochaine étape. Prochaine étape qui arriverait bien plus tôt qu'il ne l'aurait pensé - mais au fond de lui, il savait qu'il espérait avoir franchi ce pas d'ici la fin de la soirée…
⁃ Herbivore, murmura doucement l'alouette en serrant ses tonfa, prépares-toi à être mordu à mort.
⁃ Oh~ mais je suis toujours prêt pour toi Kyouya, toujours…
La phrase Mukuro avait sonné comme un ronronnement. Et alors que le silence tombait à nouveau sur le jardin, les deux hommes s'élancèrent vers leur adversaire, armes prêtent à frapper. Ils n'eurent malheureusement pas le temps de se toucher, interrompu par le bruit d'une porte qui coulisse et un cri choqué presque terrifié. Ils se figèrent comme ils étaient: la fourchette de Mukuro prête à poignarder l'épaule de Kyouya qui avait déjà un tonfa bien parti pour rencontrer la mâchoire de l'autre. Ce fut sans ciller qu'ils tournèrent le regard vers la serveuse qui était maintenant à genoux dans la salle de banquet ravagée - ses jambes n'avaient pas tenues le choc mais bizarrement, elle avait réussit à éviter de faire tomber la nourriture qu'elle apportait. La tête bleue laissa un ricanement lui échapper avant de jeter un regard en coin à son vis-à-vis qui le lui rendit.
⁃ Et si on remettait ça à plus tard? proposa-t-il. Il ne faudrait pas laisser refroidir la nourriture!
⁃ Hn.
Et baissant leurs armes d'un même mouvement, les deux hommes retournèrent s'installer pour commencer leur repas. Hibari ne songea même pas à faire remarquer à l'ananas qu'on leur avait servi du sashimi…
Au final, ils n'avaient pas repris leur combat. Dans un silence détendu malgré les débris de table à côté d'eux, les deux hommes avaient tranquillement profité de leur repas. Ils n'avaient échangé quasiment aucun mots, juste une ou deux phrases d'un côté et des grognements ou « hn » de l'autre. Mukuro n'avait pas put s'empêcher un regard rieur pour les propriétaires de l'auberge alors qu'ils récupéraient leurs manteaux en fin de soirée - oui, cette folie allait lui couter les yeux de la tête mais sincèrement, elle avait totalement valu la peine! Le bleuté n'avait tout bonnement pas put retenir son rire franc quand Kyouya respecta ce qu'il avait décidé et remonta les bretelles du chef de l'établissement à coup de « mériterez d'être mordu à mort » et d'éclat subtile mais bien claire de tonfa pour cette fameuse fourchette maintenant soigneusement rangée dans la poche du jeune patron - que voulez-vous, c'était un sentimental~
⁃ En tout cas, commença Mukuro en démarrant la voiture, c'était une soirée des plus intéressante.
⁃ Hn.
Et le reste du trajet se fit en silence. Pas le même silence mal à l'aise, presque méfiant qui avait flotté dans l'habitacle à l'aller. Non, c'était plus calme, plus intime, comme-ci les deux compagnons appréciaient tout simplement la présence de l'autre. Le véhicule offrait un espace restreint qu'ils n'essayèrent pas de réduire à un rien - ils étaient juste content de savoir l'autre là…Enfin, c'est ce que Mukuro ressentait, ses mains légères sur le volant et un demi-sourire sur les lèvres. Kyouya, lui, attendait juste patiemment de voir sa maison arriver pour qu'il puisse enfin rentrer chez lui et retourner dans la tranquillité de son bureau - il refusait de penser « la sécurité de son bureau ». Pourquoi aurait-il besoin d'être en sécurité? Et en sécurité par-rapport à quoi d'abord? Oho~ comme l'auteur n'aimait pas où ses pensées semblaient désespérément vouloir le conduire - un terrain miné qui lui retournait l'estomac de façon bien trop inhabituelle pour qu'il sache quoi faire! Si la conscience la plus en surface de l'alouette était des plus sereines et satisfaites, cette couche plus profonde qui cachait des choses que lui-même n'osait trifouiller était en émoi, attendant le bon moment pour agir. Plus la voiture avancée dans les chemins vides, plus elle se faisait impatiente et déterminée - tout comme ses jambes qui étaient prêtes à entrer en action pour l'emmener le plus loin possible de ce que son instinct lui dictait!
Hibari songea distraitement qu'il était peut-être entrain de vivre le fameux conflit « coeur VS cerveau » - il n'eut pas le temps de se châtier lui-même pour de telles pensées que la voiture s'arrêtait finalement à quelques mètres de son portail. L'auteur était descendue du véhicule avant même que quiconque ne puisse dire « ouf ». Et il était sur le point de pousser la grille menant à son jardin quand il se stoppa soudain, un bruit de portière qui se ferme doucement le figeant malgré lui. Ce fut presque au ralentit que Kyouya se tourna vers l'Alfa Romeo maintenant à l'arrêt. Son coeur rata un battement alors que son regard croisait ces yeux hétérochromes qui le vrillaient littéralement sur place. Un bras appuyé sur le toit de sa voiture, Mukuro avait un sourire connaisseur sur les lèvres, satisfait - l'alouette fut fière de trouver en lui-même la force de se sentir énerver. L'animation qui le prit le temps d'une seconde disparut tout aussi vite quand le bleuté commença à avancer vers lui de sa démarche féline.
⁃ Alors comme ça, commença dans un murmure la tête bleue, tu es du genre à ne même pas dire au revoir après le premier rendez-vous? Hum, Kyouya?
Le prénom du plus petit roula avec bien trop d'indécence dans la bouche du jeune patron qui se tenait maintenant debout devant son vis-à-vis. Hibari ne put empêcher un frisson de le parcourir. Mukuro eut un sourire attendri en le remarquant. Et même si son regard s'adoucit considérablement devant la lueur de plus en plus captivée dans les yeux polaires, il ne perdit pas un instant ce petit côté espiègle qui faisait tout son charme. Après de longues secondes à s'observer sans ciller, le bleuté finit par bouger. Kyouya ferma instinctivement les yeux quand il le vit commencer à se pencher vers lui. Il refusait de s'admettre à lui-même qu'il attendait ce moment depuis plus longtemps qu'il ne l'aurait dut - mais ce fut tout de même avec un pincement de lèvres contrarié que l'alouette ouvrit les yeux quand rien ne se passa. Son souffle se coupa d'un seul coup alors que ses yeux se plongeaient immédiatement dans le regard hétérochrome de la tête d'ananas qui était près, tout près de son visage - mais pas assez. Hibari n'eut aucun mal à comprendre ce que son vis-à-vis attendait de lui - l'ananassé aura joué avec ses nerfs jusqu'au bout!
Faisant claquer sa langue contre son palais, ce fut sans regret que Kyouya mit un coup de poing dans le plexus du plus grand. Et ne lui laissant pas le temps de reprendre son souffle, l'alouette le tira en avant par sa cravate pour violemment venir l'embrasser. Si Mukuro avait une quelconque complainte par-rapport au traitement brutal que l'autre lui faisait subir, il l'oublia bien vite quand une langue s'engouffra dans sa bouche entrouverte par la surprise. Il perdit toute possibilité de penser et se laissa simplement emporter par la passion dont Hibari faisait preuve. Leurs langues entamèrent une danse endiablée, se caressant, se cherchant, combattant pour dominer l'autre. Kyouya tenait toujours fermement la cravate de son partenaire d'une main, son autre crispée sur son épaule. Mukuro avait passé un bras autour de sa taille pour le ramener contre lui et ses doigts étaient partis se perdre dans les courts cheveux noirs, maintenant la tête de l'autre pour ne pas qu'il se recule. Mais mettre fin à se baiser était bien la dernière des choses à laquelle l'alouette pensait…Il voulait que ce moment ne s'arrête jamais; qu'ils puissent se perdre dans cette passion brûlante qui lui donnait chaud, qui lui donnait envie de plus de contact. Le plus petit laissa un gémissement étouffé dans un grognement lui échapper quand Mukuro se mit à lui mordiller la lèvre inférieure. Le bleuté remonta délicatement sa main le long de l'échine de l'homme dans ses bras, le faisant se cambrer vers lui, leurs torses se collant fiévreusement. L'étreinte de l'auteur se resserra violemment autour de son partenaire…avant qu'ils ne se séparent brusquement.
Hibari fit un pas en arrière en amenant une main à sa bouche, haletant fort. Mukuro était tout autant à bout de souffle que lui. Se léchant distraitement ses lèvres humides et gonflées, il avait le regard voilé et semblait encore planer dans les méandres du plaisir. Kyouya dut se retenir de se jeter à nouveau sur le bleuté - son regard rempli de luxure buvait avec délectation l'apparence de l'homme devant lui, son esprit en surchauffe ne sachant même plus ce qui l'avait poussé à couper court à ce moment de passion brute. Il suffit à l'alouette de se plonger dans ce monde de débauche rouge et bleue pour se souvenir…et faire volte-face à toute vitesse pour rentrer chez lui. Manquant de se coincer sa veste dans le portail, il se dirigea à grands pas pressés non pas vers la porte d'entrée mais vers le côté de la maison - la partie du jardin qui menait directement au bureau de l'auteur…
Mukuro le regarda partir avec un regard quelque peu absent, son cerveau encore légèrement déconnecté. Et alors qu'il reprenait finalement tous ses esprits, il ne trouva pas le moyen d'en vouloir au plus petit de l'avoir planté là comme ça sans explication - les lèvres du bleuté picotaient encore de l'échange passionné qu'ils venaient d'avoir et son corps était trop chaud pour qu'il réfléchisse correctement. Finalement, ce n'était pas plus mal que Hibari soit parti - qui sait comment les choses auraient tourné si on les avait laissé faire…Si on avait laissé Mukuro faire. Elles auraient pris une tournure assez compliquée, nul doute surtout quand on connaissait la personnalité de l'alouette. Soupirant doucement pour lui-même, la tête bleue se promit de faire cela correctement, comme le bon gentleman qu'il était. Mais alors qu'il retournait doucement vers sa voiture en songeant déjà à quel point les trois prochains jours allaient être longs, il ne put s'empêcher de laisser son regard couler sur la maison maintenant totalement allumée. Son sourcil se haussa de lui-même quand il remarqua l'agitation qui lui parvenait du bureau de Hibari.
⁃ Kyou-san, qu'est-ce que…? s'exclama la voix de Kusakabe. Vous venez juste de rentrer, vous devriez au moins prendre le temps de vous chan-aïe! Kyou-san, vous-aïe! aïe! aïe! Hibird!
Mukuro ne put que cligner des yeux alors que l'homme à la banane sortait en trombe du bureau de son patron, une horde de petits oiseaux jaunes le coursant joyeusement.
⁃ Hum…
Kyouya respira profondément alors qu'il posait son pinceau pour la première en plusieurs heures. Il s'étira doucement, bras tendus au-dessus de sa tête et le dos cambré. Il laissa son regard quelque peu fatigué balayer son bureau couvert de papiers et s'arrêta sur une tasse de thé fumante posée sur le meuble annexe à son plan de travaille, là où le perchoir de Hibird se trouvait et où Roll dormait au moment même. Il cligna des yeux doucement, comprenant que Kusakabe avait dut la lui apporter il y a peu. Il avait été tellement plongé dans son travail qu'il n'avait même pas remarqué son bras-droit entrer et sortir - ce qui voulait tout dire sur son niveau de concentration.
Hibari soupira doucement alors qu'il prenait une gorgée de la boisson. Ses yeux parcoururent distraitement son manuscrit en cours - celui-là même qui ne semblait pas vouloir se finir dans les délais impartis. Et à cause de quoi? L'auteur ne put empêcher son sourcil de tiquer alors que son attention était prise par un tas de feuilles soigneusement rangé sur un coin de son bureau. Il était à moitié couvert des livres de références dont l'alouette s'était servi pour son dernier chapitre, comme-ci il ne voulait pas y penser ou ne serait-ce le voir. Ce qui était exactement le cas! Parce que penser à ce « Tome 2 », qu'il avait miraculeusement réussit à écrire en même pas trois jours, était voué à lui rappeler la source de l'inspiration divine qui l'avait frappé ce soir là. Et sincèrement, il voulait tout sauf se remémorer ce souvenir si proche mais pourtant déjà si lointain - ça lui donnait chaud, lui tordait l'estomac d'une façon à laquelle il ne s'habituerait jamais et l'empêchait de se concentrer sur son travail en cours. Vraiment, toute cette histoire le mènerait à sa perte - et il savait exactement qui blâmer pour cela!
⁃ Alors comme ça, je suis un ananas diabolique au regard de braise?
Kyouya tourna un regard aiguisé vers l'entrée de son bureau qui donnait sur le jardin. Il fut nullement surprit d'y trouver Mukuro appuyer contre l'encadrement de la porte, les jambes élégamment croisée et agitant avec presque moquerie le livre qu'il tenait dans la main. Le bleuté ricana doucement devant le regard que l'auteur jetait non plus à sa personne mais bien au petit ouvrage à la couverture violette - il fut bien étonné que le bouquin ne prenne pas feu tout seul sous l'intensité qui se dégageait de ces pupilles polaires.
Mukuro avait été surpris, deux jours plus tôt, quand Dino était passé à Libreria Nebbia. Depuis qu'il avait décidé d'attendre les traditionnels trois jours avant de re-contacter Hibari, le PDG des librairies Kokuyo s'était réfugié dans sa librairie fétiche comme pour essayer de se changer les idées - mais aussi échapper au bilan de fin de mois qui avait tendance à transformer l'adorable petite Chrome en femme d'affaire sans pitié. Il avait été tranquillement entrain de lire un livre dans la salle de repos quand un de ses employés était venu lui annoncer qu'un éditeur de The Vongola voulait lui parler. Particulièrement sensible au nom de cette chère maison d'édition, le bleuté s'était empressé d'aller à la rencontre de son visiteur. Ses sourcils s'étaient haussés en reconnaissant le blond - avant qu'un sourire de chat Cheshire ne le prenne quand ce cher éditeur bruyant pâli en le voyant arriver. Dino ne devait sûrement pas s'attendre à vraiment le trouver à Nebbia - ce qui expliquait sûrement pourquoi est-ce qu'il avait passé deux bonnes minutes à parler sans faire sens pour finalement déposer sans explication un paquet sur le comptoir et prendre ses jambes à son coup. Mukuro n'avait put que ricaner. Et bien curieux de savoir ce qui avait poussé ce pauvre « canasson » à mettre ses nerfs en péril, ça avait été avec intérêt qu'il avait parcourut le Light Novel fraichement livré. Le bleuté avait terminé sa lecture sur un sentiment confus - un part de lui désirait ardemment déchirer cet ouvrage qui portait clairement atteinte à sa personne avec toutes ces références aux ananas tandis que l'autre bouillonnait juste d'envie de sauter dans sa voiture pour filer chez une certaine alouette. Mais Mukuro ne fit ni l'un ni l'autre. Il laissa juste un petit rire lui échapper alors qu'il traçait le nom de l'auteur écrit en caractères brumeux - Uki Gumo*.
Feuilletant juste pour la forme le Light Novel, Mukuro entra dans le bureau et vint s'asseoir à côté de l'alouette qui ne bougea pas d'un pouce. Un sourire tendre échappa au bleuté - après tout, il s'était tout de même assis assez près pour que ses genoux touchent sans discrétion la cuisse de l'autre. Avec un clin d'oeil pour son compagnon aux lèvres pincées, Mukuro s'appuya d'un coude sur le bureau à proximité, lui permettant de se pencher encore plus dans l'espace personnel de l'homme au yukata.
⁃ Tu sais, je veux bien croire que j'ai trop réfléchis pour tes autres livres, mais cette fois-ci, je n'ai nul doute quand j'avance que cette petite histoire prend pour inspiration deux personnes que l'on connaît très bien autant toi que moi.
Et Hibari ne trouva pas à démentir, claquant juste de la langue avec agacement. L'histoire dépeinte dans cette série qui mettait autant à mal la fierté d'écrivain de Hibari Kyouya? Les simples aventures d'une créature de la nuit constamment assoiffée de sang qui se retrouve malgré elle fascinée par une de ses nombreuses proies, une tête d'ananas au regard hétérochrome. Dino avait gentiment classé cet oeuvre dans la catégorie des Light Novel - mais Kyouya ne se doutait pas une seconde qu'une fois le livre en vente, il serait judicieusement exposé dans le rayon BL de ce type d'ouvrage. L'alouette ne voulait même pas chercher à savoir comment Mukuro avait put mettre la main dessus le bouquin même pas encore approuvé par la section des ventes de The Vongola. Tout ce qui l'intéressait là tout de suite, c'était de savoir ce que le bleuté allait bien pouvoir faire - avec un tel regard brillant d'ardeur, il ne pouvait qu'être entrain de préparer quelque chose.
⁃ Maintenant dis-moi Kyouya, reprit dans un souffle Mukuro en s'approchant légèrement du plus petit. Ça t'arrives souvent d'embrasser des ananas diaboliques?
⁃ …à toi de me dire…
⁃ Oya, oya…
Délicatement, la tête bleue posa une de ses mains sur la joue de l'auteur, collant leurs fronts ensembles en un geste lent. Le visage de Kyouya était vide d'expression, comme toujours - mais il suffit à Mukuro de se perdre dans ce regard luisant de passion et d'attentes pour savoir que ces trois jours n'avaient pas été longs que pour lui.
⁃ Et bien, j'ose espérer que je ne me fourvoies pas en disant que…, murmura-t-il en faisant glisser son nez contre celui de l'alouette - son alouette. Oui…oui, ça t'arrives souvent…au moins deux fois par jour…
Et le bleuté embrassa délicatement la bouche de Hibari qui ferma doucement les yeux. L'échange ne dura qu'un petit instant, un simple touché chaste qui scella le début de toute chose. L'auteur s'humecta inconsciemment les lèvres, papillonnant des yeux comme pour essayer de se contrôler - parce que son coeur avait décidé de recommencer à battre comme jamais dans sa poitrine…Encore plus quand son partenaire laissa un échapper un petit rire affectueux - c'est que quelqu'un voulait se faire mordre à mort en plus! Fronçant les sourcils, le plus petit attrapa quelques mèches de cheveux bleus pour tirer légèrement dessus, comme pour attirer l'attention de leur propriétaire - le regard voluptueux que Mukuro lui offrit manqua bien de lui faire perdre sa contenance.
⁃ T'es entrain de sous-entendre que je vais devoir me coltiner ta tête tous les jours, herbivore?
⁃ Kufufu…Peut-être…Ou tu peux aussi m'en donner en avance…
Comme un chat qui avait finit de jouer, Mukuro se décida à passer aux choses sérieuses. Il passa fermement une main dans la nuque de son alouette et vint poser ses lèvres fermement sur les siennes. Sa langue demanda presque immédiatement la permission d'entrer, s'engouffrant dans cette bouche chaude quand Hibari l'entrouvrit légèrement. L'auteur sentit une décharge électrique lui remonter la colonne vertébrale alors que leurs muscles se rencontraient, glissant avec fougue l'un contre l'autre. Ayant soudain besoin de toucher, le plus petit fit glisser une de ses mains sur le flanc de son partenaire, la passant dans son dos alors que ses autres doigts caressaient d'un geste à peine là la cuisse du bleuté. Celui-ci laissa un grognement lui échapper alors qu'il faisait basculer Kyouya en arrière, l'allongeant sur le tatami et se plaçant à califourchon sur lui - tout cela sans jamais quitter les lèvres de l'alouette qu'il mordillait avec affection. Hibari se laissa faire, remontant ses mains pour aller fourrager dans les mèches bleues, tentant inconsciemment de faire disparaître cette forme d'ananas. Il oublia vite même ses actions inconscientes quand Mukuro glissa une main sous son yukata pour dévoiler son torse, effleurant au passage ses tétons sensibles. Le bleuté mordilla un peu plus fort la lèvre prisonnière de ses dents avant de se redresser pour admirer le tableau qui s'offrait à lui - un désir encore jamais ressenti brillait dans son regard hétérochrome.
⁃ Voilà exactement pourquoi tu ne devrais pas porter de yukata devant n'importe qui, kufufufu - aïe!
Pouf!
Uki Gumo - Ai-je vraiment besoin de l'expliquer? °° Après tout, Hibari est notre nuage flottant national (dit en français c'est tellement bizarre xD)
NA: j'ai l'impression de bien aimer les cliffhanger ces derniers temps - huhuhu ** L'ending arrivera demain, courage〜
