Chapitre 4 : Le prix de l'orgueil.

Hermione fixa la scène qui se déroulait devant elle, bouche bée, les larmes roulant le long de ses joues, sentant son cœur se briser. Là, devant elle, se trouvait son petit ami Jeff Randall. Il était à moitié nu –sa chemise était partie (abandonnée de façon plutôt peu soignée sur le sol), mais ses pantalons étaient (heureusement) encore boutonnés. Sa… femme… avait ses jambes enroulées autour de sa taille, et elle était appuyée contre le mur, son chemisier ouvert, il ne semblait donc pas que ses pantalons resteraient comme ça (c'est-à-dire boutonnés) pour longtemps.

Les yeux d'Hermione s'étrécirent et elle se força à s'arrêter de pleurer. Elle ne serait pas déshonorée, pas ici, pas maintenant. Jamais. Essuyant ses yeux (et lançant un sort plutôt astucieux pour se débarrasser du gonflement), elle se redressa de toute la hauteur de ses un mètre et cinquante-sept centimètres et dit calmement « Et bien Jeff, je pensais pas que tu aurais le culot de faire ça. »

C'en était assez pour que les deux lapins se séparent. Jeff la fixa, la bouche grande ouverte et coi, ressemblant assez à Hermione quelques moments plus tôt. Cette pensée la fit sourire sardoniquement. « Her-Hermione, ce n'est pas ce que tu crois », dit Jeff de façon apaisante, marchant vers elle, les bras levés d'une manière qui disait 'tu vois, j'ai pas d'armes'.

Hermione leva un sourcil, déterminée à prendre le dessus. Et si elle ne pouvait pas le blesser émotionnellement –il avait prouvé qu'il n'avait pas de cœur au moment il avait même touché cette femme- elle blesserait sa dignité et son égo. « En fait, Jeff, il est évident que c'est exactement ce que je pense. Et pour te dire la vérité », elle soupira, baissant les yeux sur ses ongles comme si elle n'en avait strictement rien à faire.

Puis elle rit. « Bien que, il ne semble pas vraiment que tu mérites cette vérité, au vu de la façon dont tu m'as menti tout ce temps. » Ses yeux devinrent froids tandis qu'elle continuait. « Mais tu sais, tu n'es pas le seul à jouer double-jeu. » Elle hésita, décidant presque de s'arrêter là mais la tentation de tout lui balancer à la gueule était trop forte.

« Je vais me marier », elle lui sourit de façon condescendante. « Avec Draco Malfoy ; tu te souviens de lui, non ? Il était bien connu pour être le dieu du sexe de Poudlard à mon époque. Oui, bon, je ne serais pas surprise que tu ne te souviennes pas. T'as toujours été plutôt con. »

Et elle se retourna et passa la porte, son dos aussi droit qu'une tige d'acier, les larmes commençant déjà de voiler ses yeux.

Hermione se tenait au bord de la falaise, les yeux clos, le vent de mer faisant battre ses cheveux lâchés. C'était calme ici, chose qui lui manquait maintenant intérieurement. Après tout, qui serait calme si son petit-ami depuis deux ans le trompait ? Ses joues étaient couvertes de larmes salées et séchées mais plus aucune ne coulait. Elle se sentait épuisée. Vide.

Elle avait trouvé cet endroit pendant les vacances, l'été où elle avait eu son diplôme. Elle était venue ici après avoir rompu avec Ron –la seconde fois…

« Mon cœur, tu sais que je t'aime… » La voix de Ron s'étouffa.

Hermione plissa les yeux, ça sonnait vraiment comme un prélude de rupture. « Quoi ? », demanda-t-elle.

« Ben, je suis tombé amoureux de quelqu'un d'autre. »

Elle rit presque, en s'en souvenant. Ca ressemblait vraiment à un mauvais feuilleton. Mais elle ne pouvait pas rire. Ca l'avait blessée quand il avait dit ça. « Je suppose que j'ai vraiment pas de chance avec les hommes… », murmura-t-elle, les doux mots emportés par-delà l'océan.

Et vraiment, elle n'en avait pas. Peut-être que ça ne venait même pas de ses choix. Peut-être que ça venait d'elle. La seule personne qui n'avait pas rompu avec elle à cause de 'quelqu'un d'autre', c'était Viktor. Et il avait rompu avec elle à cause de l'âge.

Hermione soupira. C'était toujours de sa faute. Et les ruptures avaient toujours été lancées par les mecs. Peut-être que c'était de sa faute… Peut-être qu'elle s'accrochait longtemps après qu'il n'y ait rien qui reste. Mais elle avait vraiment pensé que Jeff et elle allaient bien ensemble. Elle était sortie avec lui plus longtemps qu'avec personne d'autre, et elle l'avait vraiment aimé.

Et puis elle était arrivée et avait ouvert sa grande gueule.

« Je vais me marier… avec Draco Malfoy. »

Ca devait être les sept mots les plus stupides de la langue française. (Note de la traductrice : dans le texte original, c'est l'anglais qui est incriminé…) Elle n'avait pas à l'épouser –après tout, ce n'était pas comme si elle avait signé quoi que ce soit. Mais c'était un problème d'orgueil. Jeff l'en avait déjà dépouillée de beaucoup trop pour qu'elle puisse simplement se retirer. Peut-être que c'était une bonne chose. Après tout, elle n'avait presque plus un sou, sa colocataire déménageait et elle n'avait nulle part où aller autrement.

Ses parents étaient morts dans l'une des attaques de Mangemorts pendant la Guerre Noire. Les parents des nés-de-moldus avaient été spécialement visés, et aucun des espions de l'Ordre ne l'avait découvert à temps pour sortir les Granger de là. Elle renifla. Ca s'était passé à l'automne, après qu'elle ait obtenu son diplôme de Poudlard. Elle était seulement reconnaissante que ses parents et elle aient pu partir une dernière fois en vacances et qu'elle ait découvert cet endroit.

Elle était venue ici après leur mort. C'était horrible, combien impersonnelle avait été cette lettre, combien froide et insensible…

Chère Melle. Hermione Lynne Granger,

Nous avons le regret de vous informer que vos parents sont morts dans une attaque de Mangemorts dans leur maison dans le Londres-moldu. Nos pensées vous accompagnent.

Cornélius Fudge, Ministre de la Magie.

Hermione renifla avec dérision. Elle n'arrivait pas à croire que ce vieux schnock soit encore en service. Mais il le serait probablement aussi longtemps qu'il vivrait. Heureusement pour lui, il avait sorti la tête de son cul assez longtemps pour prendre le conseil de Dumbledore. Vraiment heureusement pour lui en effet, parce que c'était probablement uniquement grâce à l'aide des Détraqueurs et des géants que la Lumière avait gagné cette guerre. Bon, ça et le nombre incroyable d'espions. Severus Rogue, Pansy Parkinson, Draco Malfoy…

Elle secoua la tête de droite à gauche. Elle n'arrivait toujours pas à croire que Draco Malfoy soit devenu un espion. Personne ne savait ses raisons apparemment, sauf peut-être Dumbledore. Hermione rit. Une fois encore, il semblait que le vieux sorcier savait tout le reste, alors pourquoi pas ça ? Ah, oui. Le truc c'était que Malfoy avait espionné pour eux. Alors au moins elle savait qu'elle ne se liait pas à un mangemort. Ouais, pas à un vrai.

Pas qu'elle était en train de dire qu'elle allait se marier avec lui. Elle considérait seulement cette possibilité. Elle considérait aussi le fait que, peut-être, toutes les forces de l'univers, les planètes, les dieux, les déesses, et les personnes s'en rapprochant, étaient alignés contre elle. Ca aiderait certainement à donner un sens à tout ça. Comme le fait que tout dans sa vie la menait à épouser Malfoy.

Elle ne pouvait pas rester avec Ginny –cette fille vivait encore chez ses parents après tout !- et elle ne pouvait pas rester chez les Weasley. Elle ne voulait pas s'imposer chez eux. Ron, c'était hors de question, Harry et Pansy étaient partis en lune de miel, et elle n'avait vraiment pas d'autres amis. Elle avait perdu de vue tous ceux qu'elle avait avant Poudlard, et elle avait passé trop de temps enfouie dans ses livres pour se faire d'autres amis qu'Harry, Ron et Ginny.

Elle n'avait nulle part où aller. Pas d'argent. Il était son seul espoir.

Hermione eut un mouvement de recul. Quelle merveilleuse pensée.


« Elizabeth », appela Hermione, se penchant pour vérifier si sous les lits jumeaux il n'y avait pas d'autres vêtements qu'elle aurait manqués.

« Oui ? » Elizabeth apparu dans le cadre de la porte, ses cheveux peignés au hasard et épinglés à l'arrière de sa tête. Cette coiffure lui allait bien, ça c'était sûr. Hermione savait qu'elle ne pourrait jamais paraître si belle et pourtant si décontractée.

« Je vais au bureau de Malfoy et j'ai besoin d'aide », soupira Hermione. « Je sais pas quoi mettre. »

« Ah », Elizabeth lui fit un grand sourire. « Ca devrait être marrant. J'en peux plus d'attendre de m'amuser avec tes cheveux ! Enfin », elle soupira, un petit sourire joyeux au visage. « Tes cheveux, c'est le rêve pour un coiffeur », s'exclama Elizabeth, se rapprochant d'Hermione, le visage rayonnant. « J'aurais aimé que tu me laisses travailler dessus plus tôt. Je veux dire, ils ont une bonne texture, sont faciles à manipuler mais tu les mets toujours dans ce chignon… » Elle frissonna. « C'en est presque effrayant. Ca me fait toujours penser au Professeur MacGonagall. »

Hermione soupira, luttant pour empêcher un petit sourire d'apparaître sur son visage. Elizabeth pouvait être tellement marrante parfois. C'était sûrement une bonne chose, bien sûr, surtout qu'elles étaient colocataires.

Bon elles ne le seraient pas pour longtemps, non ? Ou plutôt, l'une d'elles déménagerait bientôt. Hermione soupira tout en laissant Elizabeth la forcer à s'assoir sur une chaise et commencer à travailler ses cheveux. Elle n'avait aucune idée de la raison pour laquelle elles ne lui trouvaient rien à se mettre d'abord.

Hum. Elle pourrait profiter de ce moment pour penser à son futur mari… Ou du moins, il le serait si tout allait comme ça devrait. Draco Malfoy. Hermione Malfoy. Devrait-elle changer son nom ? Elle n'en était pas sûre. Hermione Malfoy ne sonnait pas si mal… C'était peut-être tout le truc 'déesse grecque'. Les déesses et Malfoy semblaient simplement aller de pair pour une quelconque raison. Une étrange raison, mais une raison quand même. Toute chose qui ferait paraître toute cette situation saine serait une bonne chose.

« Très bien », Elizabeth interrompit le cours de ses pensées, « Je pense que j'ai limité ce que j'allais faire à tes cheveux, donc maintenant nous devons nous mettre au travail pour tes vêtements… » Elle regarda dédaigneusement la robe que portait à ce moment-là Hermione. « Ca ne fera pas du tout l'affaire », dit-elle tristement et se tourna vers la penderie d'Hermione. La styliste de mode commença à passer tous les vêtements, grommelant à propos des tailles et des coupes et 'elle n'a rien de plus séduisant ?'

Hermione soupira, rougissant doucement. Elle n'avait rien de séduisant parce que… et bien parce qu'elle n'avait pas besoin d'être séduisante. Au moins à son avis. Et son avis était ce qui comptait vraiment, pas vrai ?

Mais encore…. Celui de Jeff avait compté un long moment, non ? Hermione ressentit une douleur dans une région de son corps pas très éloignée du cœur. Elle l'avait aimé. Beaucoup. Pourquoi lui avait-il fait ça ? Pourquoi l'avait-il trompée ? Pourquoi ? Préférait-il finalement les femmes plus du genre d'Elizabeth, celles qui connaissaient la mode, les coiffures et toutes ces choses qu'elle n'avait jamais pris la peine d'apprendre ?

Pourquoi l'avait-il trompée ? N'avait-elle pas été assez belle ? Ne s'était-elle pas habillée correctement ? Est-ce que c'était son travail ? Est-ce que c'étaient ses cheveux ? Est-ce que c'était…

Hermione soupira. Et elle en était là, toujours à se prendre la tête pour lui. L'opinion de Jeff, apparemment, comptait encore pour elle si elle passait autant de temps obsédée par la raison pour laquelle il l'avait trompée.

Autant qu'elle sache, personne ne l'avait trompée.

Attends… Il y avait eu Ron. Mais au moins il était venu irréprochable. Et il n'avait jamais, en fait, dit qu'il l'avait trompée, juste qu'il était tombé amoureux de quelqu'un d'autre. « Stupide petit con », marmonna dans sa barbe Hermione. Elle n'arrivait pas à croire qu'il avait pu être si inconsidéré. Elle était amoureuse de lui et il était arrivé et avait donné ce scoop que lui aussi l'était –seulement de quelqu'un d'autre !

« C'était quoi ça ? », demanda Elizabeth, à moitié dans la penderie, sa voix un peu étouffée.

« Rien », dit Hermione en rougissant un peu. Qu'est-ce que c'était embarrassant que votre colocataire entende vos marmonnements !

« Ah ah ! », s'écria Elizabeth, triomphalement. Elle sortit de la penderie, ses cheveux toujours immaculés, une robe vert foncé dans les mains. « Je savais que tu devais bien avoir quelque chose. D'où tu tiens ça de toute façon ? », demanda-t-elle en la déposant sur le lit.

« C'était pour le mariage de Ginny », dit Hermione, presque effrayée. Elle n'avait pas vu cette robe depuis… Ben, probablement depuis qu'elle avait emménagée. « Elle m'a aidée à la choisir. »

« Ah, je comprends mieux », dit Elizabeth en souriant.

« Quoi ? », demanda Hermione, indignée. « Es-tu en train de suggérer que je manque de sens de la mode. »

« Je ne suis pas en train de le suggérer », le sourire d'Elizabeth s'agrandit. « Je le dis. Tu manques de sens de la mode. »

Hermione soupira. « Je sais. Je n'en ai pas du tout, hein ? »

« Nan. Pas même un petit peu. » Elizabeth récupéra la robe. « Maintenant, mettons-nous au travail et espérons que cette chose te va encore. »

Une heure plus tard, Hermione regarda sa réflexion dans le miroir. Elle s'adressa un petit sourire ; elle était belle. Ses cheveux étaient ramenés en chignon en fait, mais ça ne ressemblait pas à ce que ça donnait d'habitude. En fait, ça semblait… bien –presque sexy. Et sa robe était époustouflante. Elizabeth, de toute évidence, connaissait son affaire. Pas qu'elle en doutait avant… c'est juste qu'elle n'avait pas vu le produit fini.

Elizabeth avait un peu retouché la robe, de manière à ce qu'elle épouse plus étroitement ses formes –bien qu'elle n'en ait pas vraiment besoin –considérant le fait qu'elle ne l'avait pas portée depuis cinq ans et qu'elle avait pris du poids depuis. Elizabeth avait aussi jeté un sort sur ses cheveux pour qu'ils soient un peu moins bouclés ; Hermione l'avait arrêtée avant qu'elle n'ait complètement décimé ses boucles touffues. Elle pouvait bien penser que ses cheveux n'étaient pas les meilleurs mais c'était juste autant une partie d'elle que tout le reste et elle n'allait pas le changer juste parce que la mode dictait qu'elle le devrait.

Hermione sourit. Elle avait vraiment aimé sa réflexion pour une fois. D'habitude, elle ne l'aimait pas. Maintenant, elle en était fière. C'était probablement bien, si on considèrait le fait qu'elle devait avoir bien confiance en elle puisqu'elle allait négocier une affaire. Elle ne pouvait qu'espérer que ça marcherait.


Draco Malfoy tournait sa plume entre ses doigts tandis qu'il était assis à son bureau au Ministère de la Magie. Il avait dégoté facilement un travail ici, facile avec toutes ses relations, et le fait qu'il aime en fait son travail ne faisait pas de mal. Ca rendait la chose plus difficile pour ses ennemis de dire qu'il n'avait eu ce boulot que parce qu'il était un Malfoy. Mais la vérité c'était qu'être un Malfoy était loin d'être une chose aussi bonne que ça l'avait été avant la Guerre Sombre. Grâce à son père…

Draco renifla, dégoûté. Grâce à son père, on se moquait du nom des Malfoy autant qu'il avait été révéré et craint. Il devait travailler deux fois plus dur qu'il ne le faisait avant pour obtenir moitié moins de résultats. Bon, peut-être qu'il exagérait ; au moins un tout petit peu. Sa situation n'était pas désespérée comme, disons, celle de Granger.

Oui, il savait à propos de son travail. Elle faisait un travail de bureau, gagnant le SMIC. Elle y travaillait depuis ces six dernières années, depuis qu'ils étaient diplômés. Bien qu'il n'en fût pas sûr, il aurait parié qu'elle travaillait deux fois plus dur que quiconque dans ce département. C'était juste dans sa nature. Ca avait commencé à Poudlard, donc il aurait été vraiment surpris si elle avait changé.

Il n'aimait pas penser qu'il était une personne égoïste, mais il le savait bien. Ça avait été imprégné en lui, peut-être même génétiquement. Ca n'avait pas aidé, le fait que son père soit Lucius Malfoy. Cet homme ne connaissait pas le sens du mot 'égal'.

Draco savait que beaucoup de monde se demandait pourquoi il avait choisi la Lumière plutôt que l'Obscurité. Mais il le savait.

La mort de Narcissa avait été entourée de mystère. C'était arrivé à peu près une année avant la bataille finale, pendant les vacances de Noël de sa septième année. Il n'avait pas été chez lui à ce moment-là. Elle était morte d'un accident de vol apparemment. Personne n'était dupe bien sûr, mais personne ne pouvait le prouver.

Narcissa détestait voler. Elle avait toujours détesté ça. Même en ayant grandi dans une maison magique, elle n'aimait pas ça.

Draco avait commencé à douter de la loyauté de sa mère envers son père tard dans sa sixième année. Il aimait sa mère –elle était probablement la seule personne qu'il avait jamais vraiment aimée en fait. Alors quand elle était morte avec Lucius comme seul suspect –au moins dans l'esprit de Draco- il avait changé de camp plus vite qu'on ne peut dire 'quidditch'.

Le jeune sorcier frotta distraitement son avant-bras. Ca avait fait mal, quand il l'avait reçu après avoir été diplômé en septième année. Sa seule consolation, c'était qu'il le faisait pour sa mère, pour empêcher Lucius de la tuer. Severus était devenu un ami proche et un de ses confidents pendant les temps durs, comme l'était devenue Pansy. Il n'aurait jamais pensé que Pansy aurait un tel cerveau en elle.

Cordélia Parkinson, la mère de Pansy, était assez comme Lucius. Elle était froide, insensible et avait soif de pouvoir. Elle se fichait de combien nombreuses étaient les personnes sur lesquelles elle devait marcher pour arriver là où elle allait et son époux n'était rien de plus qu'une décoration et un donneur de sperme. Bon, de toute évidence, Narcissa n'avait pas été un donneur de sperme mais –

Draco secoua la tête, souriant ironiquement. Ses pensées étaient toujours amusantes.

Il y eut un coup à la porte. « M. Malfoy ? » C'était son secrétaire.

« Oui, Bruce ? », demanda-t-il en se remettant droit dans son siège et en posant sa plume sur son bureau. Bruce Sprighton ouvrit la porte pour entrer.

« Monsieur, il y a quelqu'un ici qui demande à vous voir. »

Draco jeta un coup d'œil à l'horloge. Bon Dieu, il était presque onze heures ! C'était presque l'heure du déjeuner et il avait à peine rempli quelques tâches. « Qui est-ce ? », demanda-t-il anxieusement, effrayé que ce ne soit son responsable. Il avait besoin du rapport sur l'Iraq fait à deux heures cette après-midi. Draco avait toujours mis un point d'honneur à finir tous ses travaux tôt donc ça ne serait pas surprenant si M. Everett attendait déjà ce rapport.

Le problème étant que Draco ne l'avait pas fait. Il avait été si préoccupé par le testament qu'il s'était retrouvé à la traîne dans son travail.

« Je n'en suis pas certain, monsieur, elle n'a pas voulu donner son nom. »

Draco poussa un soupir de soulagement. Au moins, ce n'était monsieur Everett. « Faites-la entrer. »

Bruce opina du chef et partit, fermant doucement derrière lui la porte.

Draco se demandait qui ça pouvait être. Il avait rompu avec sa dernière petite amie –Cathleen, non ?- au moins deux mois plus tôt alors ça ne pouvait pas être ça. Et il n'était pas si ami avec aucune des femmes du Ministère…

« Malfoy », dit quelqu'un.

Draco releva la tête dans un mouvement brusque, et il fixa, choqué, Hermione Granger, debout devant lui dans une robe vert foncé et ajustée. Ses cheveux étaient retenus en chignon et quelques mèches indisciplinées volaient autour de son visage. Elle n'avait jamais paru plus belle.

Les lèvres de Granger se recourbèrent dans un semblant de sourire. « Malfoy », dit-elle, « je suis venue ici pour te dire que j'ai changé d'avis. »

Draco releva les sourcils à la fois en guise de question et sous le choc.

« Je vais t'épouser. »