Après une longue attente (je m'en excuse d'ailleurs), voici le nouveau chapitre de cette fiction, même s'il est court. J'espère qu'il vous plaira -) Je crois l'avoir déjà dit mais cette fiction aura encore deux chapitres et… une fin alternative. Je ne peux vous en dire plus pour le moment -) Bonne lecture !
Melinda put à ce moment voir Danny se tendre, son regard devenir dur et noir en quelques secondes. Un signe montrant clairement que la personne arrivée n'était pas dans le cœur du blond. Elle avait bien peur de deviner qui c'était. Une jeune femme brune d'une trentaine d'années qui aura détruit involontairement deux vies à jamais. Une militaire qui ne pensait pas il y a deux ans qu'un simple geste lui causerait la perte du respect et de l'amitié de très nombreuses personnes sur cette île.
Cette femme revenait deux ans après pour la première fois. Sans jamais avoir cherché à joindre les autres. Sans avoir une seule fois réclamé leur pardon. En apprenant la mort du père de famille, elle avait préféré se faire oublier de tous, pour ne pas affronter leurs colères, leurs regards de haine, les demandes de pardon refusées… elle n'en avait pas eu la force ni le courage !
Et ça Danny pouvait bien le comprendre. Alors que diable faisait-elle ici ? Pourquoi revenait-elle l'air de rien, comme s'il n'était pas mort. Comme si ces deux années n'avaient pas existé ? Avançant avec une démarche normale vers la plage. Pourquoi aujourd'hui justement se demandait-il ?
« Vous allez bien ? »
« Je… qu'est ce qu'elle fout là ? »
« Qui ? »
Il ne lui donna pas de réponse. Il s'était déjà « envolé » pour réapparaitre en peu de temps aux côtés de Steve. A ce passage, Catherine ressentit un frisson parcourir sa nuque, malgré la chaleur ambiante régnant sur ce coin de sable. Comme un mauvais signe de ce qui allait arriver. Elle n'interrompit pas sa marche pour autant et continua dans la direction de Steve.
Ce dernier n'avait pas bougé de place, toujours sous le choc de ce que venait de lui dire la jeune femme. Comment pouvait-elle oser se servir de lui comme ça ? Comment pouvait-on se servir de la douleur des autres ainsi ? C'était si… si… si morbide. Si dénué de sentiments. Etait-il possible qu'un acte plus cruel existe ? Qu'ont-ils à y gagner ces escrocs ? C'est une chose qu'il ne comprendra jamais, même après plusieurs années passées dans le 5-0.
Ses pensées furent interrompues quand il sentit une présence derrière lui. Il n'eut même pas besoin de se retourner pour savoir qui c'était. Cette femme qu'il espérait ne jamais revoir un jour, l'oublier et la rayer définitivement de sa vie et de son esprit. La seule personne qu'il détestait encore plus que Wo Fat. Il ne pensait pas cela possible un jour mais ces deux dernières années lui avaient prouvé le contraire.
Le plus calmement possible, il se retourna vers elle, les pupilles noircies par la colère et la douleur. Hors de question de porter un masque devant elle ! Il n'avait aucune intention de lui faciliter la tâche.
« Qu'est ce que tu fous là ? Tu n'as pas compris le message la dernière fois ? »
« Je… je voulais savoir. Je voulais savoir comment… comment tu allais ? »
« Deux ans après avoir foutu ma vie et celle de mon mari en l'air, tu reviens la fleur au fusil ? Comme si de rien n'était ? Tu crois quoi Catherine ? Que de te revoir comme ça au bout de quelques années aurait changé quelque chose ? Que je pourrai te pardonner du mal que tu m'as causé ? »
« Steve, tu sais que je n'ai jamais rien voulu de tout cela. Je n'ai jamais… jamais voulu en arriver là. Je ne pensais pas que ce simple… ce simple geste provoquerait une telle chose. Je… je croyais peut-être que… »
« Tu croyais rien du tout. Tu as du croire que j'allais retomber dans tes bras ce jour-là, que te revoir allait jouer sur mes sentiments, mon mariage ? J'aimerai savoir ce qui t'es passé par la tête il y a deux ans même si… non je n'ai même pas envie de l'entendre. Je ne veux plus jamais te voir Catherine. C'est bel et bien fini entre nous ! »
« Je… »
« Non, non ne dis plus rien ! Là tu vois je suis gentil. Mais joue encore avec mes nerfs et tu sais parfaitement comment je pourrais réagir. »
« T'as compris salope ? Dégage ! »
Les mots durs et le ton glacial de Steve ne furent pas les raisons de son mouvement de recul soudain. Elle devait rêver, ce n'était pas possible. Regardant autour d'elle, elle ne vit qu'une autre femme se tenant à quelques mètres d'eux avec Grace. En douceur, elle tenta une dernière fois de toucher le brun, lui donner une explication. Mais un mouvement soudain, comme si on la poussait en arrière l'en empêcha. Et de nouveau une voix forte, froide, familière, lui parvint aux oreilles.
« Ne le touche pas sale garce ! Tu lui as fait assez de mal comme ça ! »
Terrorisée, elle s'éloigna à reculons de Steve. Ce dernier était passé d'une lueur de rage à une inquiétude évidente. Malgré toute sa haine envers elle, son recul soudain l'intriguait. Pourquoi ce changement aussi rapide d'attitude ?
« Catherine ? »
« Je… excuse-moi je… »
Sans demander son reste, elle quitta rapidement la plage sous l'œil perplexe du brun. Le blond marchait derrière elle, heureux de la voir partir. Il espérait vraiment ne jamais la revoir.
« C'est ça, bon débarras ! Allez bye-bye Navypouffe ! »
« Ne… ne me parle pas comme ça Danny ! Ne me parle pas comme ça ! »
« Je te parle comme j'en ai envie, je… »
Danny arrêta aussi vite sa poursuite tandis que Catherine s'enfuyait en courant à l'avant de la maison, cherchant dans son portable le numéro du taxi qui l'avait amené ici.
Quant à Melinda et Grace, elles avaient intercepté les paroles de la jeune femme. Si Grace n'avait pas entendu son père, la continentale n'en avait pas perdu une seule miette et fut témoin de la violence verbale de l'esprit. Elle comprit rapidement qui était la brune et surtout se rendit compte d'une chose. Un fait indispensable qui pourrait bien les aider à établir le « dialogue » chez le couple.
Pendant ce temps, l'adolescente regardait autour d'elle ne comprenant absolument rien. La femme, Melinda, s'était présentée comme une amie de son père. Alors qu'elle allait expliquer ce qu'elle faisait ici, la conversation fut interrompue par l'arrivée de la provocatrice du drame qui l'avait privé de son père à jamais alors qu'elle n'avait que douze ans.
Et entendre cette femme utiliser son nom à voix haute la rendait perplexe et lui faisait aussi peur. Elle était folle, pas de doute là-dessus ! Ou alors… elle s'adressa alors à Melinda qui regardait Catherine partir.
« Que… qu'est ce qui se passe ? »
« Je ne sais pas. Je ne sais pas du tout. Grace c'est ça ? »
La jeune fille hocha de la tête.
« Tu restes avec ton père, je vais voir ce qui se passe ! »
Malgré sa curiosité, elle accepta. Surtout que son Daddy Steve semblait totalement perdu, comme figé sur place face au départ soudain de son ex petite-amie. D'un pas lent, ne cherchant pas à l'effrayer, elle le rejoignit et posa une main sur son épaule. Plus que Stan, elle avait toujours considéré le mari de son père comme son deuxième papa… encore plus depuis la mort de son Danno. Ils s'étaient rapprochés l'un de l'autre de façon considérable, solidaires dans la douleur et le réconfort. Et même si Steve ne parvenait à remonter la pente, il ne l'avait jamais laissé tomber ces deux dernières années. Elle le respectait et l'aimait encore plus pour cette raison. Il y avait aussi sa mère pour l'aider mais ce n'était pas pareil : elle ne pouvait comprendre cette douleur incommensurable qui régnait dans son cœur. Seul Steve le savait et ensembles, ils finiraient par avancer. Mais de toute évidence, d'autres pouvaient les aider.
Cet échange bizarre avait suffi à la convaincre, renforçant cette impression qu'elle avait depuis deux ans : comme si son père était toujours parmi eux. Qu'en pensait Steve à cet instant ? Elle ne savait pas trop mais elle était convaincue qu'elle aurait bientôt sa réponse.
En attendant, l'ex Navy Seal ne réagissait toujours pas. Il ne comprenait plus rien. Sa précédente conviction était remise en question depuis quelques minutes.
Impossible ! Impossible ! Impossible, ne cessait-il de se répéter. Danny ne pouvait être là ! C'était un mauvais tour que lui jouait ses pires ennemis. Cette femme n'était qu'une arnaqueuse, elle allait lui soutirer de l'argent, de… non, cette Melinda semblait sincère et sans intention de lui faire du mal. Pourquoi s'amuserait-elle à le torturer de cette façon ? Et si elle ne l'était pas, restait l'énigme Catherine : son comportement soudain, le nom de son amant prononcé à voix haute, la peur se lisant dans ses yeux…
Il secoua la tête de gauche à droite, maugréant contre cette migraine s'installant dans son crâne.
Il ressentit enfin la présence de sa belle-fille à côté de lui. Celle-ci la regardait avec inquiétude, l'interrogeant du regard. D'un mouvement doux, il passa un bras autour de sa taille et la fit se tourner face à lui pour la prendre dans ses bras. Il avait besoin de ça à cet instant. Il ne savait plus quoi penser, son esprit était parti ailleurs. Un seul mot dans sa tête : impossible !
(…)
« Attendez, attendez ! »
« Laissez-la partir, elle n'a rien à faire là ! »
« Vous voulez qu'on vous aide, Danny ? Vous voulez que Steve avance dans sa vie ? Alors laissez-moi faire et taisez-vous ! »
Habituellement, Danny serait parti dans un long monologue en parlant d'une voix forte et assorti de quelques insultes. Mais là elle ne pouvait contrarier Melinda. Cette dernière avait raison : la femme qui avait gâché leurs vies pouvait aujourd'hui les aider de manière totalement inattendue.
« Attendez, mademoiselle ! Je veux vous parler ! »
« Je n'ai rien à vous dire, je ne veux qu'une chose : partir d'ici ! »
« Non, vous ne pouvez pas partir. J'ai besoin de vous ! »
« Et pourquoi ? Je ne vous connais pas, je n'ai rien à voir avec vous ! »
« Peut-être pas en effet, mais je pense que vous avez un moyen de vous racheter auprès de Steve… et même de Danny ! »
« Je… je ne vois pas de quoi vous parlez ! »
« Si, vous le savez ! Je vous demande juste cinq minutes de votre temps pour parler. »
« Han… comme si elle s'intéressait aux autres cette pouffe ! »
Sur ces derniers mots, la brune devint livide. Ces paroles étaient dures et sans concession et l'atteignait bien plus qu'elle ne le laissait paraître.
Ce changement n'échappa pas à l'autre femme. Elle n'aurait pu de toute manière, étant témoin auditif et visuel de la scène. Plus aucun doute n'était permis ! Alors elle continua à parler, attirant l'attention de l'autre femme avant qu'elle ne quitte définitivement la villa.
« Vous entendez Danny n'est ce pas. »
Catherine avait la main posée sur la portière, prête à rentrer dedans. Mais la dernière phrase de son interlocutrice l'interrompit dans son geste. Elle la regarda avec incrédulité.
« J'ai bien raison, je n'ai pas rêvé. Vous l'entendez ? »
« Je… je ne suis pas folle, je… »
Ses yeux contenaient une lueur de tristesse mélangée à de la peur. Ce don, elle l'avait découvert quelques mois auparavant. Elle n'y avait jamais prêté de réelle attention, pensant que c'était uniquement dans sa tête. Mais les paroles de cette inconnue la rassurèrent quelque peu.
« Je le sais. Vous n'êtes pas folle, mademoiselle. Je ne pourrai vous dire le contraire car moi aussi. »
« Quoi ? »
« Je vois et entends les morts. Danny n'a pas passé la lumière. Il est à côté de moi à ce moment même. »
Un léger sourire se dessina sur le visage de la Navy Seal. Enfin quelqu'un qui ne la jugeait pas, qui la croyait. Elle était enfin rassurée.
« Je… waouh… alors c'est vrai ? Je ne suis pas devenue folle ? »
« Bah… »
« Danny ! » S'exclamèrent-elles en même temps, les faisant rire tous les trois malgré la haine que le blond ressentait toujours envers elle. Il avait deux alliés de taille dans sa mission, ce n'était pas le moment de se les mettre à dos.
« On prend ce taxi ? Je vous invite à prendre un verre, on sera mieux ailleurs pour en discuter ? »
« Je… d'accord je vous suis ! »
« Eh… et moi alors ? »
« Danny, chaque chose en son temps s'il vous plaît ! Allons discuter tous les trois, nous verrons le reste ensuite ! »
Le blond se tourna une dernière fois vers la plage, observant l'étreinte dans laquelle se trouvaient les deux amours de sa vie. Qu'est ce qu'il les aimait ! C'était dur de les voir ainsi tous les jours. Aussi affectés par son départ, sans qu'il ne puisse intervenir.
Aujourd'hui, il en avait la possibilité et ces deux femmes allaient les aider. Il pouvait bien attendre quelques heures encore. Il avait bien attendu deux ans avant d'intervenir, il n'était plus à ça près.
Tandis que le taxi s'éloignait, il disparut en quelques secondes et parvint au point de rendez-vous avant elles.
Tbc…
