Bonjour les gens! Voici le chapitre 4 revisité, tout beau et corrigé. LE chapitre du premier baiser^^ Bonne lecture!
Depuis quelques années, le Palais était devenu bien plus sinistre qu'il ne l'avait jamais était, et il semblait aux habitants de la capitale que le ciel n'avait jamais été aussi noir au-dessus de lui. Des nuages menaçant semblaient avoir élu domicile au-dessus du bâtiment, s'installant là et prenant leurs aises pour ne jamais en partir. Les rues aussi semblaient plus sombres, et elles étaient beaucoup plus dangereuses qu'autrefois. Plus un homme, qu'il soit saint d'esprit ou pas, ne s'y aventurait, pas même armé et encore moins désarmé, et seuls les voleurs de bourses et les coupes jarrets les plus hardis osaient encore y trainer une fois la nuit tombée. Les rues principales résonnaient du son des pas des patrouilles, plus nombreuses de jours en jours, harcelant la population, et il n'était pas rare de trouver des cadavres sur leurs pas. Les patrouilles étaient assez tatillonnes et le moindre écart de comportement, la moindre attitude qui leur déplaisait, se soldait dans le meilleur des cas par une blessure, et par un meurtre en bonne et due forme pour les plus malchanceux. Les gens malchanceux étaient, semble-t-il, assez nombreux ces derniers temps. Mais peut-être étaient-ils finalement les plus chanceux de tous puisqu'ils pouvaient enfin quitter ce calvaire, ce lieu de peur et de torture qu'était devenue la Capitale.
Le peuple vivait dans la peur. La peur de l'Empereur. « Le Traitre ». Un nom qui lui avait été donné par ceux qui avaient trouvé la volonté de lui résister; par ceux qui ne s'étaient pas contentés d'adhérer simplement à sa version des faits quand il était monté sur le Trône du jour au lendemain, supplantant sa Majesté l'Impératrice. Sa majesté avait encore des soldats fidèles, des hommes prêts à tout, et surtout à se battre pour renverser l'être abject qui gouvernait. Mais elle n'en savait rien. Car de là où elle se trouvait, sa Majesté l'Impératrice ne pouvait pas entendre le moindre murmure à propos du monde ni voir ne serait-ce qu'un coin de ciel. Et mieux valait pour elle. Car le ciel n'était plus bleu depuis bien longtemps.
Sa Majesté l'Empereur allait s'adonner à son activité préférée, celle dont il se délectait le plus. Vêtu d'un habit de soie richement décoré et brodé de fils d'or qui s'entremêlaient artistiquement, il avançait d'un pas lent, glissant sans bruit sur le sol de pierre, le son de ses pas étouffés dans ses pantoufles d'intérieur. Seul le son des pas de ses « larbins », comme il aimait à les appeler, se faisait entendre dans le sous-terrain humide. L'un des « larbins » dépassa avec hâte sa Majesté tout en tirant maladroitement une clé rouillée d'une de ses poches, bataillant avec celle-ci alors qu'elle s'enroulait dans le tissus retourné. « Une nouvelle recrue, pensa sa Majesté. Aussi pitoyable et exécrable que les autres ». L'introduisant dans une lourde porte pleine en fer, le jeune soldat la fit tourner avec difficulté, luttant contre la rouille.
_Il faudra penser à remplacer la serrure. Que ça soit fait rapidement. Susurra l'homme sans un regard pour les soldats.
_Bien votre Majesté, répondirent-ils à l'unisson.
_Attendez-moi là.
Et, prenant une lampe à huile qui se balançait dans les mains d'un des gardes, il entra, franchissant la porte qui se referma avec un bruit sourd derrière lui. Dès qu'il mit un pied dans la pièce, un large sourire prit place sur son visage et sa langue, à la longueur dérangeante, passa lentement le long de ses lèvres. Il s'approcha d'un coin de la pièce où l'ombre était plus dense qu'ailleurs. Une chaine bougea, et un corps de déplaça. Orochimaru rapprocha la lampe du sol et vérifia l'état des sceaux qui entouraient ce coin d'obscurité où un être semblait tapit. Les sceaux étaient relativement en bon état malgré l'humidité ambiante. Peu puissants, ils suffisaient pourtant à remplir leur rôle. « La » retenir. « Elle ». Tsunade. Orochimaru approcha un peu plus la lampe. Un œil brilla dans l'obscurité. Et un visage apparut. Un visage fatigué. Un visage vieux et ridé. Orochimaru dû, comme à chaque fois que ce spectacle s'offrait à lui, réprimer sa violente envie de rire. Voir Tsunade dans cet état était pour lui une source de bonheur sans fin, une chose délectable et follement amusante. Sale, affaiblie, les techniques médicales de Sakura, qui se trouvait normalement dans une autre cellule non loin de celle-ci, ne lui étaient plus prodiguées depuis longtemps, et son visage avait maintenant l'apparence qu'il aurait dû avoir depuis bien longtemps. Une peau ridée et fripée, des cheveux tirant plus sur le blanc que sur le blond, sales et abîmés... Tsunade n'était plus l'Impératrice à la beauté stupéfiante dont la réputation avait fait le tour du monde. Elle n'était plus rien. À peine encore une humaine.
_Alors, ta majesté, comment vas-tu aujourd'hui? Tu n'as pas trop froid dans ces sous-sols humides? Pas trop courbaturée? Je te proposerai bien une chambre dans mon Palais, mais j'aurai trop peur que tu viennes me poignarder la nuit dans mon sommeil.
Tsunade ignorant les paroles de cet être qu'elle détestait plus que tout, ce traître, celui qui l'avait trompée, planta son regard dans le sien et, oubliant toute dignité et tout savoir-vivre, lui cracha au visage.
_Tsssssss Tsunade, tu devrais mieux te tenir. Tu sais ce qu'il t'arrive si tu me manques de respect.
_Vas te faire foutre Orochimaru. Torture-moi autant que tu le veux, je m'en fiche. Je garde espoir. Je sais qu'il viendra.
_Je t'ai pourtant dis d'arrêter d'espérer. Il ne pourra jamais pénétrer dans le Palais. Tu le sais mieux que moi. Et de toute façon, tu espères vraiment que deux gamins, un ancien soldat et un vieux fou en aussi mauvais état que toi vont réussir à passer mes défenses? Ils seront capturés en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire et je récupèrerai enfin ce qui m'appartient. La créature sera à moi et l'enfant m'obéira. Il y sera obligé s'il ne veut pas qu'il arrive des choses fâcheuses à sa chère grand-mère. Il sera mon instrument.
_Que fais-tu des prophéties, pauvre fou? Tu crois que tu pourras utiliser impunément l'élu? Il n'est pas ton instrument mais celui du Destin! Nous avons enclenché des choses dont tu n'as pas idée en invoquant ce démon. Le vent du changement souffle et le monde tremble. Et tu ne t'en rends même pas compte.
_Ces vieilles prophéties ne sont qu'un ramassis de stupidités, des textes sans queue ni tête ne comportant aucune indication précise et écrites par des fous. Cet enfant n'aurait rien été sans moi. Je l'ai créé. C'est grâce à moi que le Démon a trouvé un hôte! Il me revient de droit. Et j'en serai le maître.
_Il ne sera pas à toi. Il n'y a plus personne d'assez fort pour l'extraire de Naruto.
_Je ne désire pas l'extraire. Je ne veux en aucun cas finir de la même manière qu'Itachi. Je vais simplement forcer le garçon à m'obéir.
_Tu es complètement fou.
_Simplement ambitieux. Bien, je te laisse, vielle peau, j'ai un pays à gouverner.
Et, adressant un sourire machiavélique à sa prisonnière, l'homme quitta la cellule, éclatant d'un grand rire, ne pouvant plus se retenir. Il jubilait littéralement. Un messager était arrivé. Des hommes à lui avaient été retrouvés morts dans les terres du sud. Brûlés vifs. La signature de l'Uchiha, aucun doute. Les rapports signalaient la présence d'un important groupe rebelle aussi loin au sud. Le porteur du Démon cherchait de l'aide. Et quand il l'aura obtenue, il viendra à lui, tout seul, comme un grand garçon. Il n'aurait même pas à se déplacer pour récupérer son arme. Bientôt, il pourrait partir à la conquête du monde, et même cette organisation qui avait fait parler d'elle à l'époque où il avait prit le pouvoir ne pourrait pas lui tenir tête si elle remontrait le bout de son nez. Il écraserait tout et tout le monde, il en était sûr. Il n'avait plus qu'à attendre, bien au chaud dans le Palais. Attendre que cet enfant se décide à venir à lui.
«Et il viendra, possédé par le démon. Et par la violence et par le sang, il sauvera le monde »
Orochimaru connaissait cette prophétie par cœur. Et il y croyait presque en ce moment. Car oui, l'enfant venait. L'enfant et son Démon. Et lui, Orochimaru, sauverait ce monde décadent et lui imposerait sa domination. Il était l'élu. Lui. Lui seul. Et cet enfant n'était rien. Il en était intimement persuadé.
OOO
Sasuke était méfiant. Très méfiant. Ce garçon devant lui était bien gentil, mais n'importe qui pouvait dire qu'il venait de la part de Jiraya-sama puis les approcher, et enfin, les poignarder dans le dos sans le moindre remord. Oui, il était définitivement méfiant. Et sur les nerfs, et Naruto ne l'aidait pas. « Pour changer » se plaignit mentalement l'Uchiha. À la mention du nom de Jiraya, Naruto avait sourit à ce gars comme s'il était son meilleur ami depuis toujours et avait amorcé un mouvement vers l'avant, la main droite tendue dans l'intention de saluer son interlocuteur. Sasuke l'avait immédiatement attrapé par le poignet pour le tirer en arrière et se placer devant lui, ignorant les bruyantes protestations du blond. Naruto était beaucoup trop insouciant. Vraiment beaucoup trop. Il criait à présent des excuses au groupe pour l'accueil « si mauvais et malpoli de cet enfoiré ». L'enfoiré au moins, il ne prenait pas le risque de se faire tuer comme un boulet, ce qui n'était manifestement pas le cas de tout le monde ici.
_Nous n'avons pas d'armes sur nous.
_Je m'en fiche. Je pourrais jeter mon bâton, je ne serai pas désarmé pour autant.
_Sasuke, arrêtes d'être aussi méfiant!
_Laisse-le faire, intervint Kakashi.
_Mais Kakashi il...
_Tais-toi Naruto. Vous, vous avez 2 minutes pour vous expliquer. Nous verrons après si ce que vous nous dites nous satisfait.
Les deux groupes se dévisagèrent un instant. Puis celui qui semblait être le chef soupira. Et il commença à parler, d'une voix lente et monotone, comme s'il... s'ennuyait à mourir.
_Je suis Shikamaru Nara. Voici Ino Yamanaka et Shino Aburame. Je suis le chef d'un groupe de rebelles dont Ino et Shino font partie. Nous nous employons à lutter contre le Traitre, dans la mesure de nos modestes moyens bien sûr. Ce qui n'est absolument pas suffisant, vous vous en doutez. Bref, Jiraya nous a contacté il y a quelque mois. Il voulait des informations à propos d'un autre groupe beaucoup plus important que celui-ci. Un groupe établit plus loin au sud. Je n'ai pas vraiment compris pourquoi il avait besoin de parler à leur meneur, mais ça semblait important. Il est parti à sa rencontre et se trouve maintenant dans le désert. Il nous a chargé de vous emmener à lui. Il a laissé un message à l'adresse de Kakashi.
En disant ces mots. Shikamaru tira de la poche intérieure de sa veste sans manche un rouleau scellé et, le montrant d'abord pour prouver qu'il n'était pas piégé, il le lança devant lui. Sasuke le rattrapa et le passa à Kakashi qui l'ouvrit rapidement. Il reconnu immédiatement l'écriture de Jiraya. Le mot était court. Beaucoup trop court, et Kakashi eut le sentiment qu'ils ne pourraient rien contrôler et que Jiraya allait tout leur faire éclater à la figure quand ils le retrouveraient. Le contenu du mot ne faisait que le conforter dans cette opinion.
Je sais que c'est rapide, mais tu peux faire confiance à Shikamaru, il pourra nous aider. Lui et toute sa bande possèdent des capacités héréditaires très bien éveillées. Il vous mènera dans le désert. Et là, nous pourrons seulement prier. Ne dis rien à Naruto, je lui expliquerai. J'ai pu obtenir des renseignement sur cet autre porteur. Un Majeur lui aussi. Mais bien moins puissant. Et scellé par quelqu'un de beaucoup moins expérimenté. Tu jugeras par toi-même.
Le désert. C'est donc là que se trouvait cette fameuse personne semblable à Naruto. Un autre porteur de Démon. Kakashi pensait que ce n'était absolument pas une bonne idée d'y emmener Naruto mais il savait bien que ce moment viendrait tôt ou tard. Leur victoire reposait sur la capacité du garçon à contrôler cette arme en lui. Le dernier cadeau de ses parents. Un cadeau bien lourd à porter, un cadeau empoisonné, mais un cadeau quand même. Celui par lequel ils vaincraient, il l'espérait de tout cœur. Kakashi rangea soigneusement le papier dans sa sacoche. Il le détruirait plus tard. Il fit signe à Sasuke qu'il pouvait ranger ses crocs puis redirigea son attention sur le chef de la bande.
_C'est bien un message de Jiraya. Je vous accorde ma confiance. Sasuke, range ça, ce sont des amis. Voici Naruto Uzumaki. L'Héritier au trône, le petit-fils adoptif de Jiraya et Tsunade-sama. Et celui qui est prêt à mordre si on touche à Naruto est Sasuke Uchiha, son homme lige, il est son protecteur. Quant à moi, je suis Hatake Kakashi, ancien capitaine de la garde de Tsunade-sama.
Les deux groupes se rapprochèrent prudemment l'un de l'autre, car si Naruto avait replacé son épée dans le parchemin, Sasuke, lui, tenait toujours fermement son bâton en main, et il ne desserra pas la bouche durant tout le trajet qui les mena jusqu'au repère du groupe de rebelles. Shikamaru leur apprit qu'ils étaient une dizaine à avoir réellement les moyens de combattre grâce à leurs capacités innées, et qu'une bonne vingtaine de soldats leurs prêtaient main forte du mieux qu'ils le pouvaient. Ainsi, ils venaient attaquer les convois ou les troupes qui passaient dans le sud. D'après les dires du garçon, ils faisaient très mal aux troupes du sud grâce à leurs capacités.
Naruto, lui, était sceptique. Les techniques héréditaires n'étaient plus aussi courantes qu'avant et Sasuke était l'une des rares personnes qu'il connaissait à pouvoir utiliser la magie. Ainsi, il demandait d'abord à voir ce que valaient ces gens. Pensif, il les détailla, tentant de découvrir quels pouvaient bien être les pouvoirs qu'ils possédaient.
Shikamaru marchait en tête, conduisant la petite troupe vers l'immense montagne d'où ils étaient venus. Portant un anneau à l'oreille, ses cheveux brun étaient remontés sur son crâne en une queue de cheval. Ses habits étaient simples, seulement constitués d'un t-shirt noir par dessus lequel il portait une veste sans manche et à col montant. Son pantalon était rentré dans de solides chaussures de marche qui ne semblaient pas être de la première jeunesse. Ino, elle, marchait à côté de Sasuke. Presque aussi blonde que Naruto, elle avait aussi remonté ses cheveux en queue de cheval, bien que laissant une mèche couvrant une partie de son visage. Elle paraissait assez féminine malgré l'environnement dans lequel elle vivait. Vêtue d'un haut sans manche et d'une jupe courte tout deux violet, elle exposait à la vue son ventre musclé. Des protections étaient placées sur ses coudes et ses genoux, et ses orteils dépassaient de ses chaussures montantes ouvertes au bout. Elle semblait plongée dans une discussion animée avec Sasuke, mais si on y regardait bien, on voyait très vite qu'elle était en fait la seule a parler.
Le plus étrange des trois était sans conteste Shino. Il avait une allure inquiétante. Son t-shirt avait un col montant qui lui couvrait le visage et ne laissait voir que ses yeux, eux-même recouverts par des lunettes de soleil. Un bandeau frontal et la capuche de son ample veste masquaient le reste de son visage. Son pantalon était resserré aux genoux, là où il avait été glissé dans une paire de bottes de cuir fermées par des lacets serrés. Oui, Shino était effrayant. Le garçon marchait à côté du blond, ne prononçant pas le moindre mot , avançant simplement droit devant lui. Soudain, tendant l'oreille, Naruto remarqua quelque chose. Croyant qu'il avait des hallucinations, il écouta avec attention. Et il se rendit à l'évidence. Shino... oui, Shino bourdonnait. Ce type était louche. Définitivement louche.
Naruto fit quelques pas de côté, le plus discrètement possible, s'éloignant de Shino et se rapprochant de Sasuke. Ino le collait un peu trop à son goût et il n'aimait pas ça. Surveillant la blonde du coin de l'œil, il écouta les explications que fournissaient Shikamaru à la demande de Kakashi.
_Il y a un groupe rebelle qui a élu domicile quelque part dans le désert. On dit que son chef est un être sanguinaire qui n'a aucune pitié pour les soldats de l'Empereur. D'après nos informations et les restes de corps de soldats qu'on a pu trouver, et bien je n'aimerais vraiment pas être à leur place. On a retrouvé plusieurs corps démembrés, et certains étaient tellement mutilés qu'on ne pouvait pas déterminer à quelle partie du corps humain on avait affaire. Beaucoup ont déjà essayé de s'allier à lui, mais il refuse à chaque fois. Personne ne sait vraiment pourquoi. Il règne en maître sur le désert avec son groupe et ils sont beaucoup plus nombreux que nous. Orochimaru a déjà envoyé plusieurs centaines d'hommes pour mater la rébellion. Aucun n'est revenu. Nous entretenons quelques rapports avec lui, mais rien qui ne s'apparente à une quelconque alliance. Nous échangeons des hommes et de la nourriture quand le besoin s'en fait sentir. Rien de plus. Et leur chef ne se déplace jamais en personne. C'est sa sœur qui vient en son nom.
_Et personne n'a jamais vraiment osé demander à s'allier à lui de toute façon, continua Ino. Il paraît qu'il est vraiment effrayant comme gars. On dit qu'il tue d'un regard et qu'il dévore lui-même ses victimes comme une bête sauvage.
_Ino tais-toi. Cesses de raconter ces histoires seulement bonnes à faire peur aux gamins.
Lorsque Shikamaru s'arrêta, Naruto ne comprit pas pourquoi ils avaient stoppé la marche. Ils était devant une paroi rocheuse et il n'y avait pas le moindre passage, pas la moindre ouverture devant eux. Shikamaru leur demanda de reculer, et, cherchant un endroit bien précis de la roche, il frappa trois coups secs dessus. Puis il se recula lui aussi. D'abord, rien ne donna l'impression de changer. Le silence régnait, et Naruto commençait à se demander ce qu'ils pouvaient bien attendre. Puis, soudainement, le sol se mit à trembler sous leur pieds. De la poussière s'éleva de la roche, et une ouverture sembla se dessiner. Lentement, tout un pan de mur se déplaça vers l'intérieur. La poussière retomba, dévoilant une ouverture. Et un garçon atrocement gros, qui avait visiblement soulevé à lui seul cet énorme bloc de roche. Grand, imposant, ses innombrables cheveux étaient retenu en arrière par un bandeau et ses joues rebondies étaient ornées d'étranges spirales. Il portait des protections de métal un peu partout sur son corps ainsi qu'un plastron orné d'un symbole stylisé, qui, étrangement, signifiait « manger ». Se frottant les mains pour en enlever la poussière qui les recouvraient, il salua Shikamaru.
_Désolé, j'étais en train de manger.
_Tu es toujours en train de manger Chôji. Tu devrais faire plus attention, imagines que ça ait été urgent... Tu es le seul qui arrive à bouger ce truc, on a besoin de toi auprès de la porte quand quelqu'un sort.
_Désolé. Oh, ce sont les personnes que Jiraya voulait qu'on récupère?
_Oui, Hatake Kakashi, Sasuke Uchiha, et Naruto Uzumaki, l'Héritier. Je vous présente Chôji Akimichi.
Kakashi et les deux garçons saluèrent le nouvel arrivant et se virent invités à pénétrer dans leur repère, creusé dans la montagnes et constitué d'une multitude de galeries qui se croisaient et parcouraient la montagne, s'entrecoupant de salles de tailles diverses. Shikamaru leur expliqua qu'ils avaient découvert cet endroit par hasard et qu'il était autrefois occupé par des trafiquants. Des hommes d'Orochimaru, ayant eu vent de leurs activités peu louables, étaient venu les débusquer. Ils avaient donc investi les lieux, prenant soin de masquer chaque entrée et postant des sentinelles un peu partout. Naruto ouvrait de grand yeux, impressionné par les lieux, et Sasuke était souvent obligé de le tirer par le bras pour qu'il suive le rythme. Ils s'arrêtèrent dans une salle ronde de taille moyenne au sol garni de coussins usés et dépareillés. Ils prirent place dessus et Shikamaru prit la parole.
_Je vous proposerais volontiers de partir tout de suite, mais mieux vaut prendre un peu de repos. La traversée est rude, surtout à cette époque de l'année. Je dois aussi réunir des provisions et de l'eau. J'ai également des précautions à prendre pour l'organisation de la défense du repère. Je vais vous accompagner pour une partie du chemin, et je n'aime pas laisser mes hommes livrés à eux-même. Nous partirons dans deux jours.
_Deux jours! Mais c'est beaucoup trop! Jiraya nous attend enfin!
_Naruto tais-toi. Tu as entendu comme moi, on ne peut pas partir tout de suite.
_Mais Sas'ke...
_Naruto, prends ton mal en patience.
Afin de faire taire les protestations inutiles et vaines de Naruto, Shikamaru leur proposa de leur montrer leurs chambres, qui consistaient en de petites pièces rondes sans ouvertures autres que de petites canalisations servant à l'aération. Kakashi prit place dans la sienne avec joie et apprécia la présence d'un matelas rembourré posé à même le sol. Ce n'était pas le grand luxe, mais c'était mieux que les buissons sous lesquels ils dormaient et le sol dur et plein de bosses qui leur meurtrissait le dos chaque nuit depuis trop longtemps. Quand Shikamaru leur indiqua deux autres portes, Sasuke secoua la tête pour refuser.
_Une seule chambre suffira pour nous. Je dormirais à coté de son lit ou devant sa porte.
_C'est comme tu veux.
_Je lui dis qu'il me couve trop mais il ne veut rien entendre, se plaignit Naruto. Depuis qu'on a fuit le château, il n'a pas passé une seule nuit à moins de deux mètres de moi. Bon, je vous laisse discuter de où Sasuke montera la garde, j'ai un matelas qui m'appelle!
Naruto ouvrit la porte, ne prit même pas la peine de la refermer. Dans l'embrasure de la porte, Sasuke pu le voir se jeter sur le matelas et s'y vautrer avec une joie plus qu'évidente. Le brun voulu récupérer son sac pour rejoindre son ami, mais Shikamaru l'arrêta.
_Alors tu es bien celui qu'on appelle le protecteur... Il paraît que tu as fais un serment, jurant sur ta vie de protéger l'héritier.
_ « Ma vie et mon sang avant qu'il ne soit en danger ». J'ai prononcé ces paroles à genoux devant lui quand j'avais 5 ans. Il tenait à peine debout tout seul. Depuis, je m'emploie à le protéger. Je ne mets pas en doute sa sécurité dans ton repère, mais je préfère être prudent. Il est aussi mon ami, mais mon rôle est avant tout de le garder en vie
_Je comprends. Si on est attentif, on voit au premier coup d'œil que vous êtes liés par quelque chose de très fort. Le moindre de tes gestes semble pensé par rapport à lui. Tu as l'air très attentif quand il est dans les parages.
_C'est mon devoir.
_Oui, peut-être. Mais je pense que tu es parfaitement conscient que ça va un peu au-delà, pour lui comme pour toi. Bon je vous laisse vous installer, j'ai des tonnes de choses à faire. J'enverrai quelqu'un vous porter votre repas.
Et le garçon disparut, laissant un Sasuke plus qu'étonné planté là, au milieu du couloir. Ce fut Naruto qui, ne le voyant pas arriver, passa la tête par la porte pour voir ce qu'il faisait, là, immobile devant l'entrée. Sasuke se donna une claque mentale et, attrapant son sac posé à ses pieds, entra dans la pièce à la suite du blond. Troublé, il s'assit, le dos au mur, écoutant distraitement Naruto qui lui expliquait en long, en large et en travers pour quelles raisons ils devraient être déjà en route pour le désert.
Sasuke, lui, pensait. Il pensait aux paroles du chef des rebelles. Son comportement était-il si transparent? En y réfléchissant, il avait déjà du mal à se cacher à lui-même toutes ces choses, alors les cacher à d'autres... Ces choses. Elles remontaient à la surface, encore, se jouant de tout ses efforts pour les enfouir loin, très loin dans un recoin de son cerveau. Naturellement, ses pensées se tournèrent vers cette nuit dans la grotte. Ce contact qui l'avait électrisé. Ce contact qu'il aurait voulu plus long. Plus intense. Il ne cessait de repenser à ce moment-là, il tournait dans sa tête, hantait ses rêves. Mais c'était mal. Affreusement mal. Il était « le protecteur » comme l'appelait Shikamaru, il ne pouvait pas se permettre ce genre de choses, il ne devait pas être faible. Le brun tourna la tête vers son ami. Et, tout lui revint en pleine figure. Une claque monumentale. Car Naruto était beau. Il avait fait cette découverte voilà quelques années déjà, mais cette réalité ne cessait de s'imposer un peu plus à lui au fur et à mesure que le blond grandissait. Et Sasuke ne savait plus que faire de ce qu'il ressentait. Il y avait une seule chose dont il était sûr, il devait agir. Car rester à simplement observer Naruto ne lui suffisait pas. Ne lui suffisait plus. Plus du tout. Et ça depuis plus longtemps qu'il ne voulait se l'avouer.
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Shikamaru était pensif. Extrêmement pensif. Et Chôji le remarqua immédiatement. Il suivait le garçon aveuglément depuis leurs années d'enfance, et il le connaissait par cœur. Quelque chose le troublait. Il savait que son ami était extrêmement intelligent malgré une attitude souvent négligée, et il n'était sûrement pas préoccupé sans raison. Ino, qui, grandement occupée à brosser ses longs cheveux blonds, ne semblait rien remarquer était assise à coté d'eux. Chôji, voyant que la fille ne voyait que sa chevelure, décida d'interroger leur chef.
_Tu as l'air pensif, il se passe quelque chose? C'est à cause des amis de Jiraya-sama?
_Hun. Je... Je réfléchissais simplement. Quelque chose me dérange dans cette histoire.
_Quoi donc?
_Il doit bien y avoir une raison pour que Jiraya-sama soit convaincu que l'héritier pourra le convaincre de s'allier à nous. Et ça doit être un argument de poids. Tu connais comme moi la réputation de l'enfant du désert. Pourquoi un chef de clan rebelle sanguinaire et vivant reclus loin de tout aiderait un gamin blond à reconquérir son trône alors qu'il ne veut s'allier à quelqu'un sous aucun prétexte? Il n'attaque les troupes d'Orochimaru que lorsqu'elles lancent un raid sur ses terres. Il n'a jamais cherché à participer activement à la lutte. Alors pourquoi?
_Je n'en ai aucune idée. Mais je suppose que tu as une réponse.
_Oui. Et si j'ai raison, nous allons au devant d'ennuis. Je crois que des Démons Majeurs sont impliqués.
_Qui irait fricoter avec des Démons Majeurs?
_Je ne sais pas... Peut-être un fou prêt à tout pour prendre le pouvoir et diriger une nation sur laquelle il n'avait pas le moindre droit.
_Je ne comprends pas...
_Je ne suis pas encore tout à fait sûr de moi.
_Moi en tout cas, je vous laisse discuter de vos démons. Je vais aller chercher le grand brun de mes rêves et l'emmener faire un tour dans une galerie tranquille et abandonnée, décréta Ino avec un air malicieux.
_Je serais toi Ino, je n'aurais pas trop d'espoir, tenta de la prévenir Shikamaru. Le protecteur n'a pas l'air extrêmement disposé à se trouver dans une pièce où l'héritier n'est pas. Ou même disposé à s'intéresser à quiconque n'est pas l'héritier.
_Nous verrons bien.
Et Ino quitta la pièce dans un grand éclat de rire, visiblement persuadée qu'elle obtiendrait ce qu'elle voudrait sans rencontrer la moindre difficulté. Shikamaru soupira en secouant la tête.
_Roh laisse-la faire. Elle a le droit de s'amuser un peu.
_Sauf qu'elle va droit dans le mur. Elle le verrait si elle était un peu plus attentive.
_Que veux-tu dire? Demanda Chôji au brun.
_Ce garçon est totalement dévoué à Naruto. Il vit pour lui, pense et bouge par rapport à lui. Et, crois-moi, il n'est pas guidé que par son serment. Et ça a l'air de marcher dans les deux sens. Sauf qu'il n'ont pas l'air d'en être encore totalement conscient.
_Tu as fourré ton nez dans leurs affaires hein?
_Je me suis juste dis que j'allais aider un peu le protecteur à réfléchir. Je pense que ce garçon va jouer un grand rôle, et bpas seulement pour Naruto. J'ai beaucoup réfléchi à cette histoire depuis que Jiraya est parti. Et si j'ai vu juste, ils vont bientôt vivre des moments assez peu agréables.
_Tu en as trop dis ou pas assez. Dis-moi tout.
_Et bien...
Naruto parlait. Parlait, parlait, et parlait encore, et il ne s'arrêtait plus. Il avait parlé de son envie de partir tout de suite rejoindre Jiraya pour le retrouver au plus vite et enfin pouvoir attaquer le Palais. Puis il avait parlé du Traitre, et de ce qu'il lui ferait quand il l'aurait sous la main. De souvenirs plus joyeux au sein du sombre bâtiment. De leur enfance dans ces murs familiers. De toutes les bêtises que le blond avait pu faire, et de toutes les fois que Sasuke avait dû lui courir après. Naruto aimait évoquer ces souvenirs heureux de son enfance, quand lui et Sasuke avaient encore leurs parents et que tout allait bien. De leur enfance si heureuse avant que leur vie ne bascule, et dont il ne restait rien. Ils étaient bien, là, tous les deux, se rappelant ensemble le temps où tout était simple. Et ils étaient aussi simplement bien ensemble. Simplement satisfaits de la présence de l'autre. Mais cette simple satisfaction vola en éclat. Un intrus était maintenant là.
_Tu permets Naruto, je t'emprunte Sasuke, demanda pour la forme la blonde d'une voix mielleuse.
Ino était entrée dans leur chambre comme une fleur, frappant à la porte mais n'attendant pas la réponse. Elle était venue se planter à côté de Sasuke, et elle l'avait attrapé par le bras. Le brun avait ouvert de grands yeux, peu habitué à ce que les autres se permettent un contact physique avec lui. Naruto vit clairement Sasuke retenir un frisson ainsi qu'une grimace de dégout et dégager son bras. Il connaissait Sasuke aussi bien que le brun le connaissait lui, et sa répugnance à être toucher par d'autre lui était familière. Étrangement, lui seul pouvait encore avoir un contact physique avec son ami sans provoquer de gêne en lui.
Naruto regarda la blonde s'installer à coté de Sasuke, et essayant visiblement de le convaincre d'aller il ne savait où avec elle. Et Sasuke refusait catégoriquement, ou en tout cas essayait, car pour lui, laisser Naruto était une option absolument pas envisageable. Alors Ino n'insista pas. Non. Elle avait compris que ça ne la mènerait à rien. Ainsi, elle changea simplement de stratégie. Et elle s'installa sur un coussin, là, dans LEUR chambre, sans y avoir le moins du monde été conviée, draguant Sasuke assez ouvertement. Elle avait décidé que le brun était à son goût, et elle semblait plus que décidée à le lui faire clairement comprendre.
Naruto ressentit une sorte de pincement au cœur. Car la jeune fille voulait empiéter sur son territoire. Bien sûr, il avait toujours su que Sasuke était beau, il avait un charme indéniable. Et comment ne pourrait-il pas plaire avec cette grâce naturelle, cette démarche féline, cette peau si pale contrastant avec des yeux et des cheveux d'un noir de jais? Sasuke était beau. Atrocement beau. Naruto avait toujours été conscient de cette vérité. Seulement, il avait jusque-là toujours été le seul spectateur de cette beauté. Sasuke avait toujours été à lui, toujours centré sur lui, le suivant partout pas à pas depuis qu'il avait deux ans et qu'il avait prononcé ce serment. Jamais dans le Palais la moindre femme de chambre ou domestique n'avait eu l'audace de s'approcher du brun pour roucouler auprès de lui. Et jamais durant leur fuite ils n'avaient eu l'occasion de passer un quelconque moment près de la gent féminine. Ainsi, Naruto n'avait jamais été confronté à cet ennemi qu'il ne connaissait pas. Mais voilà, l'ennemi faisait face. Et il fallait riposter. Non? Après tout, Sasuke n'avait pas le droit de lui préférer cette fille. Absolument aucun droit. Et elle n'avait pas non plus le droit de pousser Sasuke à la préférer à lui.
Naruto se sentait très puéril d'avoir ces pensées mais il avait grandit dans l'idée que Sasuke était et serait toujours à lui. Et puis, il y avait « ça ». Ces sentiments qu'il ne connaissait pas et qui étaient apparus ce soir-là, dans la grotte. Des sentiments qui lui paraissaient être la simple évolution logique de sa relation actuelle avec Sasuke. Le seul problème, c'est qu'il ne comprenait pas pourquoi ça impliquait de vouloir sentir à nouveau la peau du brun contre la sienne. Ni pourquoi il détestait à ce point voir les mains de la blonde sur son ami. Ino était actuellement en train d'expliquer à un Sasuke abasourdi que ses cheveux étaient absolument magnifiques et qu'elles les trouvaient d'une douceur incroyable. Et elle illustrait ses paroles en passant ses doigts entre quelques mèches fines couleur corbeau. Elle lui expliqua ensuite qu'elle-même prenait grand soin de sa chevelure, et qu'elle faisait aussi un tas d'autre choses absolument passionnantes dont Naruto n'avait absolument rien à faire, et Sasuke non plus, il l'aurait parier. Le blond commençait à se sentir légèrement énervé par cette intruse plus collante qu'une sangsue. Elle prenait de plus en plus d'audace, le frôlant d'un doigt, laissant trainer une main sur son bras, rapprochant imperceptiblement son visage de celui de Sasuke, et, quand elle passa son bras autour du sien et qu'elle voulut le tirer à l'extérieur, tentant une nouvelle fois d'attirer l'Uchiha hors de la chambre, Naruto craqua.
_Stop! ARRÊTE!
_Hein?
_Lâche-le. Ne... Ne le touches plus! Et laisse-nous. Vas t-en!
_Mais Sasuke et notre promenade?
_Ino, je reste avec Naruto. Et nous avons à parler je crois. Laisse-nous s'il te plait.
La blonde ouvrit de grands yeux, battant rapidement des paupières, ne comprenant visiblement pas pourquoi ses plans étaient contrecarrés. Elle amorça un autre geste vers Sasuke puis se ravisa quand elle vit le regard onyx ancré dans celui azur. Et là, elle comprit pourquoi Shikamaru l'avait mise en garde. Il y avait entre ces deux-là quelque chose contre quoi elle ne pouvait pas lutter.
Sasuke entendit à peine la porte se refermer doucement. Tout comme il avait à peine entendu tout le baragouinage sans intérêt de cette pauvre fille inintéressante. Il sembla hésiter, puis son regard se voila, et il apparut dans ses yeux noirs quelque chose de fort, de chaud, quelque chose de trop gros pour être contenu. S'avançant vers Naruto, il l'accula contre un mur et plaça ses avant-bras à plat contre la paroi de roche, entourant de part et d'autre la tête blonde.
_T'es jaloux ou quoi?
_Heu... je.. heu... c'est juste que... là, elle essayait de prendre ma place. Tu n'es pas à elle Sas'ke.
_J'ai toujours été à toi Naruto. Tu le sais. J'ai juré.
_ Arrêtes de toujours me rabâcher ton serment, s'énerva le blond. Tu sais aussi bien que moi que ce n'est plus seulement ça. C'est de l'amitié. Et... Encore une chose en plus...
_Et c'est quoi cette chose à ton avis?
Naruto rougit furieusement. Sasuke, lui, resta imperturbable. Il fixait le blond et attendait sa réponse. Réponse qui tardait à venir. Naruto se sentait perdu. Complètement perdu. La proximité de Sasuke lui faisait perdre la tête et il n'arrivait plus à aligner deux pensées cohérentes. Pour lui, il n'y avait plus que les yeux de Sasuke dans les siens. Son souffle sur sa peau. Le blond se sentait complètement désorienté. Et le brun aussi. Il dominait Naruto d'une bonne dizaine de centimètres, et pourtant, il se sentait vulnérable face à lui. Sa seule faiblesse était là, entre ses deux bras. Et leurs visages étaient si proches.
Il n'arrivait pas à détacher son regard de celui de Naruto, c'était au-dessus de ses forces. Il avait l'impression de faire une chose normale, logique, une chose qu'il attendait depuis des mois. Peut-être même des années. Une voix au fond de sa tête lui hurlait que non, ce n'était pas normal d'avoir cette furieuse envie d'être plus près, encore plus près de ce corps aux muscles tendus qui se trouvait à peine à quelques centimètres de lui. Que ce n'était pas normal d'avoir envie de sentir cette peau, de parcourir de ses lèvres chaque endroit. Sasuke se sentait déconnecté de tout. Il ne savait pas ce qu'il lui avait prit. Peut-être était-ce la faute des paroles de Shikamaru, du dégoût que lui inspirait Ino et ses minauderies, la faute à la crise de jalousie de Naruto qui lui montrait qu'il ne voulait voir personne entre-eux. Il n'en savait rien. Il savait par contre qu'en cet instant, pour la première fois depuis que tout ces sentiments étaient apparus, il n'avait plus la volonté de résister. Il ne voulait plus être raisonnable. Il voulait simplement Naruto, et celui-ci avait l'air plutôt d'accord à première vue.
Les joues rouges, le souffle court, chaque muscle tendu, il attendait, immobile, regardant toujours le brun dans les yeux, le provoquant du regard comme pour lui crier silencieusement que lui aussi ressentait tout ça. Et qu'il était d'accord. D'accord pour absolument tout du moment que ça venait de Sasuke. Le brun semblait d'ailleurs totalement disposé à répondre à la provocation du blond. Il s'était sensiblement rapproché, tout doucement. Lentement. Et leurs bouches n'étaient plus qu'à quelques millimètres. Être si proche de Naruto était comme une souffrance pour le brun. Une souffrance atroce, car il sentait cette bouche si proche de la sienne, cette bouche qu'il regardait depuis si longtemps sans pouvoir la posséder, et elle se trouvait là, ces lèvres appelaient les siennes, elles lui susurraient un message langoureux et obsédant, un cri, un appel, et c'était comme si un ordre impératif résonnait à ses oreilles, lui hurlant à plein poumon de prendre ces lèvres.
Sasuke, dans une dernière hésitation, dans un dernier instant de lucidité, dans une dernière interrogation, se demanda s'il ne faisait pas quelque chose d'insensé. Puis, perdant tout contrôle, il combla cet espace maudit qui, si infime fut-il, l'empêchait d'accéder à cette chose qu'il désirait depuis tout ce temps.
Le temps sembla ralentir et s'accélérer en même temps. Les souffles se firent saccadés, brusques, comme si avaler de l'air était devenu extrêmement difficile, et aussi une activité secondaire. Immédiatement, Naruto avait répondu au baiser, perdant le contrôle autant que son ami. Les avants-bras du brun encadraient toujours la tête du blond, et ses mains étaient maintenant plongées dans la chevelure de son ami et s'y perdaient avec délectation. Naruto, lui, s'était hissé sur la pointe des pieds et tenait fermement la nuque de Sasuke, essayant d'être toujours plus près de lui, de lui donner et de recevoir un baiser encore plus fort, plus profond. Un baiser encore plus bon.
Oh dieu oui, c'était bon. Un plaisir proche de la souffrance physique. Un baiser brûlant, ardant. Un baiser fou où tout tournait et s'emmêlait, où seule comptait la langue de l'autre et les mains qui touchaient tout ce qu'elles pouvaient. Un baiser qui aurait dû avoir lieu bien plus tôt, ils en étaient conscient, mais un baiser qui n'en était que plus bon. Sasuke cherchait sans relâche la langue de son ami, il enroulait la sienne autour d'elle, la caressait, et il explorait chaque endroit auquel il pouvait accéder. Ce fut Naruto qui rompit le baiser. Les joues rougies, haletant, la bouche entrouverte et l'air perdu, il regardait dans le vague. Sasuke lui laissa à peine le temps de reprendre ses esprits. Et ils replongèrent goulument dans l'exploration de la bouche de l'autre, et avec un plaisir mal dissimulé.
Quand le baiser stoppa à nouveau, Sasuke s'attarda, plantant doucement ses dents dans la lèvre inférieure du blond.
Grisé par les sensations nées de ce baiser, Sasuke se refusa à abandonner si vite ce corps, cette peau. Il plongea ainsi dans le cou hâlé. Mais ce n'était pas assez. Pas encore. Plus maintenant qu'il y avait goûté. Il voulait plus. Il voulait tout. Tout ce corps, et cette peau contre la sienne. Plus rien n'était clair, tout n'était qu'un tourbillon de cheveux blonds, d'yeux bleu et de cette peau bronzée par le soleil. S'écartant légèrement, d'un mouvement vif, il ôta sa tunique au blond. Dévastant ce torse de ses mains, de sa bouche, il décrocha sa cape et remonta maladroitement sa propre tunique, collant son torse à celui de Naruto. Le contact de leurs peaux électrisa l'un comme l'autre. Naruto laissa échapper un gémissement incontrôlable, un gémissement qui menaçait déjà de sortir depuis leur premier baiser. Et ce gémissement rendit Sasuke fou.
Le monde tournait, encore et encore.
Et là, tout cessa.
Brusquement.
Heureusement, Kakashi avait prit la peine de frapper. Ainsi, Sasuke eu le temps de se décoller de Naruto et de remettre sa cape. Naruto, lui, s'était tourné à demi vers le mur, les joues en feu et le cœur battant. Il avait l'air absent. Kakashi lui jeta un regard d'incompréhension, puis pénétrant dans la pièce, il leur parla d'une voix rapide. Rapide et sinistre.
_Le repère est attaqué. Des hommes d'Orochimaru ont dû nous repérer et nous suivre. Shikamaru a besoin de toute personne capable de se battre.
_Nous arrivons.
_Bien.
Sasuke chercha rapidement le parchemin scellé contenant son arme tandis que les symboles lumineux recouvraient déjà sa main. Voyant que Naruto était complètement ailleurs et n'avais toujours pas bougé d'un pouce, il ramassa son t-shirt et le lui lança à la figure.
_T'as entendu crétin? On est attaqué. Alors prends cette épée que tu te vantes tant de savoir manier et bouge-toi le cul. Et surtout, restes bien à côté de moi. Je ne veux pas qu'il t'arrive quelque chose. Pas... Pas maintenant.
Naruto parut retrouver sa raison, et, riant des joues colorées de Sasuke suite à cet aveux qu'il ne voulait pas voir de malheur arriver après cet échange, échangeant les insultes rituelles avec le brun, il enfila une paire de mitaines en cuir et, saisissant à deux mains le manche de sa lourde épée, il se précipita dehors, suivit de près par Sasuke et son bâton, prêt à vomir les flammes de l'enfer sur leurs assaillants.
