Bon. Aujourd'hui, j'ai seize ans. L'âge que Katniss et Peeta avaient lorsqu'ils se sont fait moissonner. Alors pour fêter ca… Je poste le chapitre quatre plus tôt que prévu ! Oui, j'ai bossé toute la nuit (rappelons que je suis en Chine, décalage horaire, blablabla). Mais attention : ce chapitre est plus court, et sert plutôt de transition a la suite (ca arrive, Rebekha, lentement mais ca arrive !)

Enjoy )


-Finn ?

Je sursaute, et me retourne violemment. En face de moi, Ethel, la plus âgée des Cartwright, me regarde comme si j'étais fou. Je soupire.

-Pardon, Ethel. Pourquoi tu m'as appelé ?

-Je voulais juste te souhaiter bonne chance, marmonne-t-elle.

Je lui fais un sourire d'excuse. Je suis sur les nerfs depuis vingt bonnes minutes. Depuis que j'ai pénétré sur la Grand Place, en fait. A l'endroit même ou Rose, il y a moins de deux semaines, devenait Premier Ministre. Je souris à l'idée que cet endroit nous rappellera à tous les deux une angoisse incroyable. Elle, pour son élection, et moi… Pour les qualifications. Cela fait quatre jours que l'annonce du Gouverneur a été diffusée : autrement dit, hier, j'ai joué mon ticket pour le Stade. Ethel, qui a douze ans, a également participé aux qualifications, et est venue avec moi ce matin voir l'annonce des résultats en direct sur le grand écran de la Place. Nous attendons ensemble, en silence, en troupeau avec les autres enfants de la Région. En ce qui concerne les qualifications, je pense ne m'en être pas trop mal tiré. J'ai réussi la natation sans problèmes (ma mère m'a appris à nager dans le lac de la forêt qui borde la Région dès que j'ai su marcher), ainsi que l'escalade et le tir. Pour ce qui est de la course et de l'escrime… Je préfère ne pas me vanter sur mes exploits. A coté de moi, Ethel fait toujours la tête. Ses cheveux roux, qu'elle a hérités de son père, lui tombent dans le dos en épaisses mèches ondulées. Je lui ébouriffe sa tignasse.

-Ca va, excuse-moi. Je suis juste stressé.

-C'est pas pour ca.

-Qu'est-ce qu'il t'arrive, alors ?

-Papa ne voulait pas que je me présente. Mais finalement, Maman l'a convaincu. Enfin quand même, pour une fois que je veux bien faire quelque chose…

Ethel se renfrogne de plus belle. Je dois reconnaitre qu'elle n'a pas un caractère facile à vivre. Elle est souvent seule dans la cour de son collège, à lire un livre dans son coin ou allongée sur l'herbe, à regarder ses camarades s'amuser entre eux. Mais ses parents l'encouragent souvent à aller a la rencontre des autres, alors pourquoi Benno s'opposerait-il a ce que sa fille participe aux Olympiades ? Peut-être qu'il préfère éviter qu'elle mette une mauvaise ambiance dans l'équipe. Alors que je m'apprête à réconforter la petite fille, l'hymne de la République retentit. L'écran s'allume. Une vision aérienne de la Région Luxueuse nous est offerte, puis un zoom rapproché sur un homme, qui tient un petit papier bleu, debout devant une foule d'enfants identique à la notre. Je sens mon cœur battre : c'est parti. L'envoyé de l'Eden déplie le papier, se racle la gorge, et lit le nom du qualifié a voix haute.

-Ernest Veil.

Les enfants applaudissent. Un grand garçon blond clair qui ne doit pas être plus vieux que moi sort des rangs, et monte sur l'estrade. Il reçoit un papier roulé et enrubanné de la part de l'adulte qui se tient sur l'estrade, et salue la foule. Son nom est ensuite affiché en toutes lettres sur l'écran géant, puis nous passons à la Région Minérale. Cette fois, c'est un garçon taillé comme une armoire, imposant et musclé qui est qualifié. Je prends donc mentalement note de me méfier d'un certain Victor Wayne, si je fais partie de la compétition. Pour la Région Technologique, c'est une grande fille élancée et longiligne, avec de très courts cheveux noirs, qui monte sur l'estrade. Un garçon frêle et de petite taille aux longs cheveux aile de corbeau pour la Région Maritime. Les Régions défilent ainsi une a une. Je remarque que, si la moyenne d'âge plane a 14/15 ans, les benjamins du groupe sont deux gamins de onze ans, un garçonnet bouclé blond au visage d'ange, Eliott, et une toute petite fille à la peau foncée et aux cheveux crépus du nom d'Almy Green, ce qui lui va comme un gant puisqu'elle vient de la Région Agricole. Puis, c'est notre tour. L'envoyé de l'Eden monte sur l'estrade devant nous, sort son petit papier bleu…

-Finnick Mellark.

J'entends à peine les applaudissements de mes camarades. C'est moi ! Je suis qualifié ! Je sais qu'étant le fils de Katniss Everdeen et de Peeta Mellark, j'avais des références, mais je n'en reviens quand même pas ! Puis je vois le visage déçu d'Ethel. Elle me jette un regard de reproche. Je m'excuse en lui pressant gentiment la main, puis je monte sur l'estrade. Mes jambes tremblent. Je reçois un papier roulé semblable à ceux des autres qualifiés, puis on me fait entrer dans l'hôtel de ville. Ma sœur, puisque c'est la personnalité du gouvernement qui officie dans notre Région, m'y attends. Dès que je la voie, je file dans ses bras. Elle me félicite. Puis nous regardons sur une petite télévision la qualifiée de la Région Nouvelle, l'ancien District 13, une fille un peu plus âgée que moi, aux longs cheveux cuivrés et aux yeux verts en amande, qui répond au joli nom de Selah Juniper. Puis l'hymne est diffusé une seconde fois, un membre du gouvernement informe les téléspectateurs que les qualifiés partiront en train dans quelques heures selon leur Région, car il passera prendre les enfants dans l'ordre décroissant des Régions. C'est-à-dire que je pars en deuxième. Rose me sort de mes pensées en claquant ses doigts devant mon nez :

-Dépêche-toi, morpion, on a une heure pour dire au revoir à tout le monde et faire tes valises !

-J'arrive !

Nous sortons de l'hôtel de ville par derrière, et courons jusqu'à la maison, ou Annie, Mello et mes parents nous attendent. Dès que je passe le pas de la porte, Maman se jette sur moi et m'enlace du plus fort qu'elle peut. Papa me caresse gentiment la tête, Mello me lance un « FELICITATIONS ! » tonitruant, et Annie vient me demander en me prenant les mains si on est lundi ou mardi, et si je suis vraiment devenu président. Pendant que Mello lui explique gentiment les choses, Rose commence à paniquer, et monte quatre a quatre les marches des escaliers pour commencer ma valise. Je la rejoins, et nous faisons un tri dans ce que je dois emporter. Les tenues sont fournies par le gouvernement, donc je prends simplement un pyjama, des sous-vêtements, ma brosse a dents et un vieux pull bien confortable au cas où. Dès que ma sœur a le dos tourné, je fourre le papier de Benno dans un des plis de mon pyjama, et le camoufle en posant une paire de chaussettes par-dessus. Je sais que je devrais lui en parler, mais… Je n'y arrive pas. Elle est tellement contente de coordonner ces Olympiades, je n'ai pas envie de tout gâcher avec mon petit pendu. Vu comment il me traumatise, j'ai peur de la réaction de Rose. Depuis ma conversation avec Benno, je prends garde à chaque pas que je fais, chaque personne que je croise. Et cette attitude paranoïde ne me rassure pas pour autant. Quand je suis fin prêt, je redescends, et demande a Rose ce que je suis censé faire durant la demi-heure qu'il me reste :

-Oh, eh bien… Tu peux rester ici, ou alors on n'a qu'a s'avancer a la gare.

Je choisis la deuxième option. Je dis néanmoins au revoir à Mello et Annie, qui retournent chez eux le lendemain. Annie m'embrasse sur la joue, et me confie que même si je ne suis pas devenu président, je peux toujours me rattraper l'an prochain. Je lui souris, et l'embrasse a mon tour. Mello me donne une accolade, me souhaite bonne chance, puis nous partons en direction de la gare. Sur le chemin, nous rencontrons Leevy, qui me félicite chaleureusement, nos voisins les Keller, qui me souhaitent bonne chance, et enfin Haymitch, qui, fidèle a lui-même, se contente de grogner un « bien joué morpion » qui sent tellement les relents d'alcool que je grimace en le remerciant. Rose lui propose gentiment de nous accompagner à la gare, mais il refuse.

-Trop de mauvais souvenirs là-bas. Bon voyage et bonne chance, Finnick.

Il tourne les talons, et repart. Je me souviens qu'en tant qu'ancien gagnant des Hunger Games, il a du accompagner une foule d'enfants dans cette gare. Des enfants qui, pour la grande majorité d'entre eux, ont fini par être massacrés dans l'arène. J'ai un moment de pitié pour Haymitch. Lui non plus n'a pas eu une vie facile. Lorsque nous arrivons devant la gare, vingt minutes plus tard, le train vient de s'arrêter sur le quai. Je sens une boule monter dans ma gorge. Il faut impérativement que je parle à Rose, mais le chef de gare me presse, et me dit de monter dans le wagon sans plus tarder. J'embrasse rapidement mes parents, écoute leurs recommandations, soupire, acquiesce, les serre une dernière fois dans mes bras. Alors que je me dépêche d'aller voir Rose, ma mère me retient par un pan de ma chemise.

-Si… Si jamais, au grand jamais, tu remarques quelque chose de louche dans cette compétition… Préviens-nous immédiatement.

-Pas de soucis. Tout va bien se passer, tu verras.

Elle me prend encore une fois dans ses bras, et je lui déposer un baiser sur la joue. Puis c'est au tour de Rose de m'attraper par les épaules. Avant que je n'aie pu lui dire quoique ce soit, elle m'embrasse sur le front, et me pousse dans le train en riant. En me réceptionnant contre un des murs de métal du wagon, je panique. Il faut absolument qu'elle sache ! J'essaie de lui lancer un dernier cri, mais la porte se referme sur mes mots. Je la vois me faire de grands signes depuis le quai, accompagnée par mes parents. Le visage décomposée, je les regarde s'éloigner de plus en plus au fur et à mesure que le train s'ébranle. Puis le quai disparait complètement, et je ne vois plus que de grandes étendues rocailleuses qui défilent. Je me laisse glisser le long du mur, et rejette ma tête en arrière : si jamais il arrive quoique ce soit a Rose cette semaine, elle n'aura pas été prévenue, et elle n'aura pas prit de mesures de sécurité. Et je m'en voudrais toute ma vie. Tout a coup, une voix d'adulte dans les haut-parleurs me prie de bien vouloir rejoindre l'intérieur du wagon à ma droite. Je m'exécute, un air morne sur le visage. J'appuie sur le bouton d'ouverture de la porte coulissante, et pénètre dans un wagon tout en longueur. Les murs sont recouverts de papier-peint bleu, le sol est fait de moquette qui m'a l'air douce au toucher. Une longe table taillée dans la largeur du wagon supporte le poids de grands plats en argent, dont le contenu m'est caché par de grandes cloches. Il fait drôlement bon, par rapport a l'extérieur ou l'on a du mal avec la chaleur. De grandes baies vitrées nous offrent une vue incroyable du paysage qui défile a une vitesse phénoménale. Mais ce que je remarque le plus, ce sont les canapés qui sont disposés en carré au centre de la pièce. Sur l'un d'eux, les pieds repliés sous ses cuisses, est assise la qualifiée de la Région Nouvelle. Elle est vêtue d'un débardeur gris trop grand pour elle, d'un short noir troué à la cuisse, de grosses Rangers noires, malgré la canicule. Elle porte également une paire de mitaines rayées noires et blanches qui montent jusqu'à ses coudes, et a son cou est noué un long lien de cuir au bout duquel se balance une pierre taillée en forme de dent acérée. Ses longs cheveux ondulés tombent en désordre jusqu'à ses hanches. Ses yeux émeraude fixent la fenêtre d'un air distrait, comme si elle pensait à autre chose. Elle ne m'a pas encore vu. Je tousse légèrement. Elle se retourne en un quart de seconde, puis un sourire éclaire son visage.

-Salut !

-Salut…

-Tu viens de la Région Minière, Finnick, c'est ca ? Moi c'est Selah.

Je hoche la tête en souriant aussi. Elle tapote le canapé sur lequel elle est assise pour que je vienne la rejoindre. Dès que je me pose, elle m'assaillit de questions, amicales certes, mais épuisantes ! Quel âge j'ai (15 ans), si mes parents sont bel et bien les meneurs de la Révolte (évidemment), si j'ai déjà voyagé dans un train avant (non), ce que je pense de l'idée du Gouverneur (du bien), si j'ai des idées quant aux épreuves qu'il va y avoir (non), si ma sœur est vraiment le Premier Ministre du pays (oui), si nous vivons donc dans une maison spéciale (non, mais on nous a offert nos propres clefs), si a l'école on me traite différemment parce que je suis le fils de gens célèbres (pas tant que ca), et enfin si je suis plutôt pistaches ou cacahouètes. Je m'étrangle.

-Pardon ?

-Non, mais c'est un petit sondage personnel. Réponds, et je t'expliquerais.

-Euh… Plutôt pistaches, je pense…

Selah me gratifie d'un regard satisfait.

-Parfait. Tu vois, c'est mon test pour définir ce que vaut une personne. La plupart des gens répondent cacahouètes. Or, tout le monde sait qu'une cacahouète, lorsqu'on l'achète, elle est souvent décortiquée, et donc plus simple à gober. Alors que pour une pistache, on doit impérativement passer par la case « ouverture de la coquille » pour pouvoir la manger, tu me suis ? Les gens pistache sont donc prêts à faire des efforts pour obtenir ce qu'ils veulent, alors que les cacahouètes aiment que tout leur tombe tout fait dans les mains ! Tu comprends ? Et comme tu as répondu pistache… J'ai décidé que tu valais peut-être plus que la majorité des gens.

-Ah ! Heu… Merci… Mais, si jamais la personne interrogée préfère tout simplement le gout de l'un et pas de l'autre, et ne tient pas compte de la difficulté ?

Elle réfléchit quelques instants, puis rejette la question avec un mouvement de sa main.

-Ne viens pas fausser mes résultats. Jusqu'à présent, le test de l'arachide a porté ses fruits !

J'éclate de rire. Selah est plutôt sympathique, après tout, et très communicative. Moi qui ai du mal a faire suffisamment confiance aux gens que je ne connais pas, elle me donne plutôt envie de faire la conversation. Au cours de l'heure qui suit, j'apprends qu'à 17 ans, elle est la benjamine d'une famille de cinq enfants, et qu'elle compte faire de sa vie un grand voyage lorsqu'elle sera majeure, et ne jamais rester plus d'un an au même endroit. Elle trimballe partout avec elle son appareil photo et un carnet à spirales pour noter les choses qui l'intéressent. Alors qu'elle commence à me raconter sa dernière escapade (dans les montagnes de la Région Minérale, avec ses frères plus âgés), le train ralentit peu a peu. Nous jetons un coup d'œil dehors : des champs à perte de vue. Nous arrivons dans la Région Agricole. Quand le train s'arrête complètement, Selah se colle à la vitre, et examine le paysage. J'entends la porte qui donne sur le quai s'ouvrir, et quelques secondes plus tard, un visage mate de lutin apparait a l'entrée du wagon. Je fais un sourire encourageant à la fillette qui attend pour entrer.

-Bonjour !

Selah bondit comme un diable hors de sa boite, et offre à la petite son plus beau sourire en lui demandant d'une voix enjouée si elle veut nous rejoindre. Elle hoche doucement la tête, et entre dans le wagon à petits pas. A sa façon de s'asseoir sur un tout petit coin de l'un des canapés, on dirait une petite souris. Ses cheveux crépus sont attachés en plusieurs petites tresses noires, et ses yeux verts sont aussi clairs que les feuilles des poiriers qui bordent la voie ferrée. Selah la contemple en silence. Mais pas pour longtemps.

-Des yeux aussi clairs avec ta peau aussi mate, c'est très rare, non ?

Almy, puisque c'est son nom, rougit, et bredouille que oui. Selah se prend le menton dans les mains.

-C'est beau.

-M… Merci ! bafouille la petite fille en relevant la tête, surprise.

Le train s'ébranle à nouveau. Selah soumet Almy au même questionnaire que moi, et bientôt la fillette se détend, et parle plus volontiers. Et c'est ainsi que chaque heure, nous nous arrêtons dans une Région, embarquons avec nous un autre enfant, et faisons connaissance. Certains me semblent sortir un peu du lot, négativement, comme Esmeralde Cory, la fille de la Région Grainière, qui jette un regard supérieur et froid a ceux qui essaient de lui parler, ou encore positivement, comme le garçon frêle et mince de la Région Maritime, celui avec les longs cheveux noirs et les yeux bleus, dont j'apprends finalement que le prénom est Merle. Il est plutôt timide, mais drôlement gentil. Selah met presque tout le monde a l'aise, et surprend chacun des qualifiés avec sa question sur les arachides. Eliott Lucas, le petit de la Région Arboricole, nous regarde tour à tour comme s'il s'agissait d'une mauvaise blague, ce qui provoque un fou rire incontrôlable dans les rangs.

Après douze heures de voyage depuis ma Région (donc treize pour cette pauvre Selah), le train s'arrête enfin. La majorité d'entre nous se précipite sur la fenêtre, et essaie d'apercevoir quelque chose dans la noirceur de la nuit, mais c'est peine perdue. La voix des haut-parleurs nous informe que nous devons descendre du train avec nos bagages, afin de rejoindre le Stade. Les plus petits s'élancent en premier, et nous les suivons tranquillement. Sur le quai, je sens un petit courant d'air rafraichissant. Le Stade est localisé au milieu de… Nulle part. Je ne vois aucune lumière, a part la sienne, à des kilomètres a la ronde. Un homme, barbu et habillé comme un employé du gouvernement, nous souhaite la bienvenue, et nous demande de le suivre pour pouvoir procéder aux fouilles corporelles. Je sens mon sang se glacer. Il ne faut surtout pas qu'ils tombent sur le papier de Benno ! Je m'accroupis dans la file d'attente, prétendant refaire mon lacet. J'ouvre discrètement ma valise, et j'y attrape le petit papier froissé. En relevant la tête, je m'aperçois que Merle, le garçon de la Maritime qui attend derrière moi, m'a vu. Pendant quelques secondes, nous nous regardons en silence. Et si je n'avais pas vu ses lèvres bouger, j'aurais juré qu'une petite voix m'avait murmuré :

-Vas-y, je te cacherais.

Je dévisage Merle. Il me fait un clin d'œil presque imperceptible. Je m'empresse de fourrer le papier dans ma chaussette gauche, puis je me relève comme si de rien n'était. Mes lèvres forment silencieusement le mot « merci », et Merle lève son pouce gauche en hochant la tête. Je sais que je lui en dois une, maintenant. L'employé chargé de la fouille m'appelle, et je m'avance vers lui et son détecteur de métaux.

-Pas de moyen de communications vers l'extérieur ?

-Non, je réponds, en regardant une caisse ou sont empilés plusieurs téléphones.

-Ouvre ta valise, laisse-la ici et passe dans le portail magnétique.

Je m'exécute. On me demande aussi de retirer mes chaussures. Je remercie le ciel d'avoir eu la bonne idée de mettre le papier de Benno dans ma chaussette. Alors que je passe le portail, ma valise est fouillée par d'autres employés gantés. On me laisse finalement partir, reprendre mes bagages et rejoindre les autres dans une salle un peu plus loin. Selah, qui est passée parmi les premiers, m'aborde dès que mon pied foule le sol de la pièce :

-Finnick ! Non mais tu trouves pas ca hallucinant qu'on nous coupe nos moyens de communiquer ? Et si nos parents ou nos amis voulaient des nouvelles ?

-Eh bien… L'événement est télévisé, et puis au cas où, on aura surement des cabines a disposition pour les appeler, non ?

-Mmmh… Et ce besoin de nous fouiller, tu trouves pas ca bizarre ?

-Imagine que l'un des concurrents apporte un couteau ! Moi je trouve ca plutôt rassurant.

-Mouais.

Elle n'a pas l'air convaincue. Pendant ce temps, Merle nous a également rejoints. Nous échangeons un regard. Dès que Selah s'éclipse pour aller insulter Victor, le gars massif de la Région Minérale, qui a osé dire tout haut ce qu'il pensait de son test des arachides, je me penche vers lui :

-Je t'en dois une grande.

-C'est rien, c'est rien… Moi aussi j'ai quelque chose à camoufler.

Il sort de la poche de sa chemise à carreaux une feuille pliée en quatre. Il l'ouvre, et me montre ce qui y est imprimé. C'est visiblement une chanson. Qui porte sur l'océan. Je comprends pourquoi Merle l'a cachée : le label « DISTRICT 4 » trône au-dessus de la feuille. La chanson a du être inventée du temps des districts, et est donc maintenant interdite. En bas de lettres imprimées sont écrits ces quelques mots à la main :

« Pour toujours nous avoir avec toi,

Noumea. »

Merle me sourit doucement.

-C'est la chanson avec laquelle ma mère nous berçait quand on était petits, avec ma sœur cadette. C'est elle qui me l'a donné.

Il range son papier dans sa poche. J'hésite. Je ne devrais pas lui montrer le dessin de Benno, mais après tout, c'est grâce à lui que j'ai pu le garder. Je l'entraine dans un coin de la pièce, et lui met mon propre papier sous le nez. Interloqué, il me demande :

-Qu'est-ce que ca veut dire ? Et pourquoi le mot espoir est écrit en dessous ?

-Je n'en sais rien. Un… Un ami me l'a donné avant que je parte. Mais il n'a pas eu le temps de m'en expliquer le sens.

Merle se tait, perplexe, et contemple le petit pendu.

-J'avoue que je ne sais pas quoi te dire. C'est plutôt pas rassurant.

-Je sais…

Je range à nouveau le papier dans ma chaussette. Merle me regarde attentivement de ses yeux bleus perçants, puis me sourit légèrement.

-On est chacun témoins du secret de l'autre, Finnick. Mais on ne dira rien. D'accord ?

-Considère ca comme une promesse.

Il rit silencieusement.

De l'autre coté de la pièce, Selah et Victor se disputent toujours a propos des arachides.


Voila pour ce chapitre! Et pour mon anniversaire, j'ai eu l'édition collector de Hunger Games, que je me suis empressée de regarder ce soir-meme!

Merci a tous pour votre soutien ;)

Et vous... Plutôt pistache ou cacahouète?

DOUBLE MAGNET

CHAPTER'S PLAYLIST

-Flash (Lenny Kravitz – Baptism)

-Moves Like Jagger (Maroon 5 – Hands All Over)

-Groove Is In The Heart (Dee Lite – World Clique)

-Godless (The Dandy Wharols – Thirteen Tales From Urban Bohemia)

-Highway To Hell (AC/DC – Black Ice)