Note de l'auteur : EDIT LE 15/09/2012 : AJOUT PDV STING !
Chapitre un peu fouillis, je n'en suis pas fière ! j'espère que cela vous satisfera quand même.
Bonne lecture !
Le trajet en train jusque Hargeon fut calme.
A ma grande surprise, Sting Eucliffe maitrisait plutôt bien son Mal des Transports. Certes, il n'était pas opérationnel pour discuter de la mission mais il n'était pas complètement pétrifié comme l'était un certain Dragon Slayer de ma connaissance. Lector m'expliqua, qu'avec son ami Rogue, ils avaient adopté la méditation afin de gérer leur stress et leurs émotions mais que cela pouvait se compliquer suivant la situation.
« Il y arrivera sur un bateau ? »
Le petit chat accentua sa mimique contrariée. « S'il a accepté de faire cette mission, je suppose que oui. »
Peu convaincue, je m'imaginais sur le bateau de croisière avec un cavalier toujours sur le ponton entrain de rendre son déjeuner et moi, entrain de faire le sale boulot. Avec la chance qui m'avait laissé tomber, je pouvais très bien m'attendre au pire.
Je soupirai et mon attention se porta sur lui. Il était en face de moi, son épaule contre la vitre du compartiment ou nous étions, il avait les bras croisés sur sa poitrine à moitié dénudée et les yeux fermés. Il avait l'air serein mais ses sourcils se fronçaient à certains moments, comme un mauvais tic. J'aurais pu le trouver beau à ce moment précis mais ma mauvaise foi ne m'abandonnerait pas.
Le train arriva à sa destination et nous descendîmes pour rejoindre la cohue de la gare. Mon cœur se pinça en repensant à cette ville qui me permit de faire partie de ma nouvelle famille, Fairy Tail. Natsu me manqua sur le moment et je fus déçue lorsque je vis Sting avancer dans la foule sans même se préoccuper de moi. Je dus lui courir après pour le rejoindre, il s'était finalement arrêté devant une fontaine au coin d'une rue et l'air marin traversa mes narines, accentuant la nostalgie de mes souvenirs. Lector se rendit utile et partit chercher un hôtel. C'était pratique de pouvoir s'envoler quand on le voulait !
Je passai une main dans l'eau clair de la source pour me rafraichir, m'assis sur le marbre de la fontaine et vit un Sting, moins pâle, m'observait d'un coin de l'œil.
« Qu'est-ce qu'il y a ? » Je demandai, intriguée.
« On devrait s'entrainer. » Dit-il, soudainement aguicheur.
Mon cœur rata un battement et je questionnai, méfiante : « A… quoi ? »
« A s'embrasser ! »
« Que-Quoi ?! … Hiiiii… ! » Je hurlai avant de tomber à la renverse dans l'eau de la fontaine.
Le rire moqueur de Sting traversa la rue et furieuse, je me relevai complètement trempée.
« T'es idiot ou quoi ?! »
« Tu verrais ta tête, Blondie ! » Continua le Dragon Blanc, mort de rire.
« Imbécile ! Tu n'es qu'un IM-BE-CI-LE ! » Avais-je articulé bien fort avec les poings serrés et une immense veine bleue battant sur mon front.
Erza aurait fait peur dans cet état mais moi, je ne fis qu'amplifier le rire de ce crétin ! Lector revint alors, un peu perdu par mon envie soudaine de prendre un bain…
« Tu avais chaud Lucy-san ? »
Cela, bien sûr, accentua le fou rire de mon soit disant coéquipier pendant que je grognai à son égard, tout en m'essorant violemment les cheveux comme si c'était son cou !
L'exceed ne chercha pas à comprendre et se contenta de hausser les épaules. Il nous expliqua avoir trouvé un hôtel non loin d'ici et je le pressai pour qu'il nous y amène en vitesse, rêvant d'une douche chaude. Sting ne se dérida pas avant une bonne partie du trajet et garda même ce petit sourire fier jusqu'à l'hôtel. Comme pour m'achever un peu plus, leréceptionniste nous annonça qu'il n'avait plus qu'une chambre de libre avec un seul lit et vous savez ce que le blond m'a sorti ?
« On aura qu'à s'entrain-… »
Il ne finit pas sa phrase puisque je lui claquais la porte de la salle de bain au nez ! Quel goujat ce type ! Franchement, en faire un gentilhomme n'allait pas être de la tarte avec ce genre de comportement puéril !
C'était juste une blague. Natsu t'en fait des biens pires… Minauda le reflet de Mira dans le miroir de la salle de bain, juste derrière moi.
J'étais en train de me sécher les cheveux et grimaçai, de plus en plus, agacée par les interventions de ma conscience. Je lui tirai la langue comme une gamine capricieuse et elle se contenta de disparaitre avec un joli sourire sur les lèvres.
Je finis de m'habiller et sortis de la salle de bain. Sting et Lector avaient commandé le repas alors qu'il n'était même pas l'heure de déjeuner mais connaissant, l'appétit des Tueurs de Dragon, je ne relèverai pas ceci. En revanche, pour ce qui était de la propreté et des bonnes manières…
Je me raclai la gorge pour attirer leur attention mais aucun des deux loustiques ne réagirent, bien trop occupés à dévorer leur plat comme deux tigres affamés.
« Hé, je suis là ! » Je dis, irritée.
« Qu'ech qui y'a… »
« Sting ! On ne parle pas la bouche pleine ! Et prends donc les couverts pour manger proprement ! »
Le jeune homme stoppa son entreprise de croquer dans sa cuisse de poulet et arqua un sourcil d'incrédulité, avant de me jeter un regard. Les poings posés sur mes hanches, je lui montrai des yeux le couteau et la fourchette mis de chaque coté de son assiette. Ennuyé, le nouveau membre de Fairy Tail se résigna à le faire et avec ses mains pleine de poulet graisseux, il rama à décortiquer sa viande blanche. Amusée, je lui tendis une serviette en papier qu'il m'arracha subitement des mains, touché dans son orgueil.
« Tu vas devoir des efforts de ce côté-là. A chaque repas, nous allons être entourés de gens aux manières impeccables et qui ne manqueront pas de nous juger si tu fais quoique ce soit de déplacer…. »
« C'est de la merde ces couverts ! » Se plaignit-il en s'acharnant sur son diner comme un dératé.
« C'est pareil pour le langage ! Surveille-le, s'il te plait ! »
« Diantre, ces couverts sont si... Nul à chier ! C'est mieux ? »
« Tu es irrécupérable ! On ne va jamais s'en sortir ! » Je fis, désespérée avec les mains levés vers le ciel.
« Au lieu de pleurnicher, montres-moi comment on fait Miss Je-sais-tout-sur-tout ! »
Je soupirai, lasse et comme à un enfant, je lui montrai comment procéder avec délicatesse puis lui intima de le faire, ce qu'il fit comme si c'était inné chez lui. Je fronçai les sourcils et eus du mal à trouver mes mots tellement j'étais épatée.
« J'ai une très bonne mémoire visuelle. » Déclara Sting avec un grand sourire de crâneur.
Lector en rajouta une couche, admiratif : « C'est très pratique pour affronter un adversaire, n'est-ce pas Sting-kun ? »
Le blond lui sourit, fier tandis que je me sentis plus légère…
« Mais c'est génial ! » M'enquis-je comme si je venais de découvrir un trésor inespéré. « On va gagner un temps fou ! »
Mon air hystérique effraya les deux compères qui se jetèrent un regard comme si j'étais devenue folle.
« Je vais pouvoir te montrer comment te tenir en société et comment danser aussi ! »
« Comment…Quoi ? Danser ? Tu m'as bien vu, Blondie ? »
« Il va falloir pourtant ! Chaque diner sera accompagné par de la musique, surtout pour des danses de salon ! Les mondains adorent ça ! »
« Je ne danserais pas ! » S'énerva l'ex-Sabertooth. « Jamais ! »
« Allez Sting, ce n'est vraiment pas difficile… »
« N'insistes pas ! »
Avec son air boudeur, il plongea ses dents similaires à des crocs dans la dernière cuisse de poulet et je roulais des yeux, indignée. La danse n'était pas si importante car s'il apprenait si vite rien qu'en observant, cela pourrait se résoudre sur le terrain mais son caractère (Et le tien, me rappela sournoisement Happy.) risquait de faire tout capoter. Je devais faire preuve de discipline mais avec tact. Je repris donc calmement :
« Bon ok, la danse je passe pour le moment. Tu m'écoutes pour le reste ? »
J'entendis un « Hn » entre deux bouchées et je m'assis à la petite table de la chambre avec eux. J'expliquai alors les formalités le baisemain pour les dames ou la révérence pour les jeunes filles non-mariées et une bonne poignée de main pour les hommes. Avoir un langage soigné était obligatoire sans trop en faire, cela allait de soit car nous n'étions plus au Moyen Âge. Se tenir droit avec le sourire était un plus, tout comme faire semblant de s'intéresser aux autres, les flatter et ne pas manquer d'en rajouter sur sa propre personne. Les gens de haut rang étaient tous prétentieux à souhait…
Mon partenaire délaissa son assiette, attentif à mes dires et posa son menton sur la paume de sa main, accoudée à la table.
« Et quand était-il de nous ? »
« C-Comment ça ? » Je dis, prise au dépourvue.
« Tu es une Heartfilia, rien de difficile pour toi mais moi, il me faut une vie de richard, tu vois ? »
« Ah oui ! Euh… » Fis-je, mal à l'aise. « J'y ai pensé durant le trajet en train. Cette femme, Soraya-san, notre donneuse de requête, pourrait avoir un neveu éloigné… »
« Hum… Pas bête, Blondie. »
« On doit être un couple d'amoureux demain alors il va falloir cesser de m'appeler ainsi ! »
« Très bien, mon sucre d'orge. » Se prêta-t-il au jeu, charmeur.
Je rougis instantanément et le Dragon Blanc en profita, amusé.
« Mon trésor ? Soleil de mes nuits ? Princesse de mon cœur ?... »
« Comme tu voudras ! » Dis-je, embarrassée et me levai de mon siège pour attraper expressément mon sac.
« Il va faire bientôt nuit. » Je continuai mécaniquement en montrant du doigt le tableau d'un soleil déclinant par la fenêtre. « Les magasins vont fermer ! »
« Détends-toi, princesse. » Dit-il en s'étirant tel un félin. « Je connais les responsables de la boutique dont je t'ai parlé et Lector est allé les prévenir lorsque tu étais sous la douche. »
« Euh d'accord… » Fis-je, rassurée. « Tu es organisé, c'est… Bien. »
« Sache que je ne fais jamais rien à la légère et cette mission sera, par obligation, une réussite. »
« Tu ne me mets pas du tout la pression… » Je plaisantai, avec une énorme goutte de sueur derrière la tête. Même pas peur…
« Ça te changera ! Je crois savoir que tes missions avec Natsu ne sont pas toujours rentables… » Se moqua le blond, un sourire en coin.
« Tu crois pas si bien dire… »
« Il nous reste quoi à voir ? » Demanda Sting, sérieux.
« La danse ? » Je retentai avec cynisme.
Ses sourcils blonds prirent une pause furax et à mon tour amusé, je lui souriais.
« Tu ne dois rien refuser à une dame, tu sais ? »
Il parut étonné, comme si je venais de dire une insanité.
« Rien ? Et si elle en veut à mon corps, je lui offre, c'est ça ? »
« Sting ! » Je m'outrai, rouge pivoine. « Je parlais de danse ! »
« Ah ben précise, chérie. Je ne voudrais pas faire de bourde à bord du bateau. »
« C'est ça… » Soufflai-je, le regard ailleurs. « Bon, cette danse alors ? »
« On a une boutique à faire, je te rappelle. » Me dit-il pour changer de sujet fissa.
« Bien joué. » Je dis en me levant, en même temps que lui, de table.
« Je sais. »
Au moins son attitude arrogante sera parfaite au milieu de tous ces gens de haut rang. Nous partîmes en quête de vêtements pour notre virée luxueuse en mer et l'appréhension commença à me ronger petit à petit. Je n'avais pas mis les pieds au milieu des « riches » depuis des lustres et j'avais la nette impression qu'en sept ans, la société avait changée. En bien ou en mal, je ne le savais pas encore mais en ce qui concernait mon nom…
Mon père avait été traité en paria après la faillite de ses chemins de fers. Il avait tout perdu et s'était retrouvé à la rue. J'ai appris qu'il avait travaillé en acharné à la guilde marchande « Love And Lucky » un trait de caractère qu'il n'avait pas perdu avec son entreprise et qu'il emmena dans la tombe. C'était tout à son honneur et j'étais fière qu'il ait pu se relever seul après une telle chute mais qui me disait que ces gens fortunés n'allaient pas en rire plutôt qu'en pleurer de compassion ? Néanmoins, cela pourrait faire paraitre Sting plus intéressant : Le jeune héritier de Soraya Huno sauve de la rue l'ex Héritière des chemins de fers Heartfilia… Ou l'humiliation pour avoir eu l'idée folle d'épouser une pauvre fille. Les snobs voyaient ou blancs ou noirs, les deux possibilités feraient surement le tour du bateau. Mais surtout, quelque chose d'autre me perturbait…
« Je ne devrais pas prendre mon nom pour cette mission. Avec le Tournoi, tout le monde sait à présent que je suis de Fairy Tail et cela pourrait compromettre nos chances de réussite. » Je dis lorsque nous fûmes dans la rue, en direction de la fameuse boutique.
« Tu crois vraiment que tous les gens normaux – surtout les richards – ont suivi le Tournoi ? Nous vivons dans un autre monde pour eux et la plupart ne s'y intéresse même pas. On n'a rien à craindre à ce niveau-là, chérie. »
« Mais s'il y a des mages à bord ? Ils pourraient très bien bousiller notre couverture ! »
« Si tu joues ton rôle à la perfection, personne ne saura qui tu es. Ce n'est qu'un nom et les mages connus ne sont jamais appelés par leur nom. Regardes Titania ou Salamander… Même au Tournoi, c'était toujours Sting de Sabertooth ou Lucy de Fairy Tail… Que crains-tu exactement ? Que l'on te juge à cause de ton nom ? »
« Je ne veux pas que tous se méfient, voilà tout ! » Je m'efforçai de le convaincre – et surement moi, par la même occasion. « Et puis toutes ces personnes savent que j'ai déshonoré ma famille en fuguant pour rejoindre une guilde de mages… »
« Eh bien, fais-toi passer pour une cousine alors, puisque tu as si peur. Ton nom peut nous ouvrir des portes à bord de ce navire et nous avons besoin d'être crédible. »
« Une cousine… » Répétai-je, intéressée. « Affaire conclue. »
« Eh bien, si tu es aussi chiante pour un simple détail, j'imagine même pas pour choisir un vêtement ! »
« Merci… » Rétorquai-je simplement, l'âme beaucoup plus légère.
Le blond aux cheveux en bataille ne répondit pas, déstabilisé et se contenta de rouler des yeux, se disant surement que les filles étaient trop bizarres pour lui. Il venait de me gonfler à bloc – comme dirait mon meilleur ami - pour réussir cette requête et je commençai à le trouver… Sympathique. Certes, un peu rustre mais il pouvait faire preuve d'indulgence, ce qui le remontait dans mon estime. Peut-être l'avais-je jugé un peu trop hâtivement ? (Méchante Lucy-chan ! Se moqua la voix de Mirajane dans ma tête.)
Cependant, ce n'était que le très long premier jour en sa compagnie et je ne pouvais pas me permettre de le laisser voir la vraie Lucy. Nous n'étions pas amis et je n'étais pas encore sûre de vouloir l'être. Le passé était le passé pour moi mais étais-ce bien son cas ?
Réfléchir à son propos, ne m'empêcha pas de sourire joyeusement, ce qu'un certain Dragon Slayer remarqua avant que nous passions le pas de la porte de la fameuse et luxueuse échoppe….
Je fumai une cigarette dehors et regardai en douce, à travers la vitrine du magasin, ma coéquipière qui s'extasiait devant tant de vêtements aussi brillants les uns que les autres. Son sourire était celui d'une enfant devant un nouveau jouet et je n'avais jamais vu autant d'ingénuité dans un seul être, aussi menu soit-il. La vendeuse semblait ravie d'avoir une cliente aussi enthousiaste, surtout après moi.
J'appréciais les beaux vêtements mais n'étais pas un fan de shopping. A chaque fois que j'y allais, c'était parce qu'il le fallait. Heureusement, dans la plupart des boutiques, il y avait une jolie fille à distraire ou un employé à faire déchanter. Un passe-temps comme un autre. J'aurais bien accompagné la blondinette dans son essayage, histoire de… Mais je ne voulais pas qu'elle me plante avant de monter à bord du bateau de notre croisière. Elle avait un petit caractère bien à elle, comme la plupart des femmes de Fairy Tail, que je devais dompter si je ne voulais pas devenir sourd. A croire que tous les membres de cette guilde étaient bruyants.
Le patron avait fini par m'appeler pour régler nos achats. Blondie n'y était pas allée de main morte et elle rougissait devant tous ces vêtements très couteux, embarrassée que je lui offre sans ronchonner. Qu'importe. À Sabertooth, l'argent n'avait pas été un problème et j'avais acquis des économies pour dix ans. En plus, j'empocherais une belle petite somme à la fin de la mission et si cela lui faisait plaisir, alors tout le monde était content. La constellationniste avait tout de même insisté pour payer quelques babioles. Ah les filles !
Lorsqu'on arriva à la chambre d'hôtel, il était tard. Lector se prélassait dans notre lit et la mage aux cheveux d'or avait décidé de faire un brin de toilettes. Allongé tranquillement sur le canapé, je réfléchissais à notre requête, n'omettant rien qui pourrait la compromettre. Il me restait encore un détail à régler qui attendra le lendemain et je suggérais à mon compagnon ailé de ne pas embêter notre nouvelle partenaire durant son sommeil, ce qui le fit rire, bien entendu.
Quand Heartfilia ressortit de la salle de bain, je mettais tourner de façon à ce qu'elle me croit endormi et l'entendis soupirer, surement parce qu'elle n'avait pas eu son mot à dire sur qui prendrait le lit. Franchement, j'avais appris à être un gentleman et elle devrait être fière de moi. Les nanas étaient d'un compliqué…
Les draps crissèrent et le matelas grinça. Je jetai un coup d'œil par-dessus mon épaule et contemplai la chance de Lector de se retrouver dans un bon lit avec une jolie fille. Chacun son tour, je me rattraperai demain…
A bientôt :) R&R svp :p
