Chapitre 4

Effets perturbateurs!


Trafalgar eut des nouvelles d'elle par les journaux, la demoiselle avait retrouvé bateau et équipage et s'en donnait à cœur joie dans le nouveau monde. Le peu de photo la montrait toujours un énorme sourire plaqué sur la face ou riant aux éclats. Elle avait l'air d'aller plutôt bien. Cela avait été une bonne nouvelle, il planait bien sûr toujours le doute qu'elle ne vienne pas. Mais c'était hélas une donnée qu'il ne pouvait contrôler. Il avait mis le temps, mais tout se déroulait selon ses plans. Le moment approchait à grands pas, il était plus que temps. Sur l'île de Punk Hazard tout était prêt !

Et puis l'impensable arriva. Les Mugiwara...

Et là, ça avait été un merdier sans nom ! Et encore merdier sans nom c'était bien trop doux. Ouais un bel euphémisme. Les pirates au chapeau de paille s'étaient pointés sur l'île en foutant un bordel monstre. La marine était entrée dans la partie. Ouais le G-5, un équipage de têtes brûlées, commandées par le vice amiral Smoker, un mec droit et tenace, qui gouvernait une bande de raclures. La capitaine de leur navire une femme épéiste, toute mignonne, elle portait une chemise rose et des lunettes. Mais si têtue, qu'il avait dû la couper en deux pour lui faire comprendre que là nan c'était pas le moment de le gonfler. Elle avait pleuré de dépit devant sa supériorité la pauvrette. Il avait enfoncé le clou durant ce combat ridicule, les faibles ne choisissent jamais leur mort et ça il le lui avait dit. Elle était si naïve cette Tashigi.

Il y avait une histoire ancienne entre Luffy le capitaine des Chapeaux de paille et Smoker, Mugiwara-ya l'appelait le fumeux et s'était moqué de lui. Il y avait de la joie de le retrouver dans le regard du capitaine des Chapeaux de paille, il aimait bien cet homme, et pourtant il ne l'avait pas défendu quand il avait compris que le marine venait de perdre face à lui, et qu'il détenait son cœur enfermé dans un cube dans la paume de sa main. Il avait eu envie de s'amuser un peu, asseoir sa supériorité et leur avait fait subir à tous ses attaques. Et même la plus étrange, son Shamble le plus étrange, mixer leur âmes et les changer de corps.

Quatre Chapeaux de paille y avaient eu droit, et c'est la jeune fille rousse qui l'avait le plus mal pris. Elle en avait hurlé de rage et de dépit. Faut dire se retrouver dans le corps d'un vieux cyborg exhibitionniste, devait être étrange. Il devait bien l'admettre, avec elle il n'avait pas fait dans la dentelle. Avec les deux marines non plus. Là aussi il y avait eu un petit échange, et Smoker dans un corps féminin valait le détour. Et de voir le corps imposant du marine apeuré comme une petite souris, là aussi ça valait son pesant de berry. Pour ce qui étaient des marines, il avait plutôt bien géré la situation. Les marines s'étaient retrouvés pieds et poings liés, obligés de suivre ses ordres si ils voulaient que la situation redevienne normale.

Une manière peut être aussi de leur rappeler qui tirait les ficelles, se protéger des coups poignards dans le dos, on savait jamais et en plus c'était drôle.

Par contre le scientifique taré qu'il était venu kidnapper pour les besoins de son plan, une sorte de clé de voûte, avait pété un plomb. César devant le chaos engendré par la marine et les Chapeaux de paille avait lâché son gaz de merde. Un truc toxique, rapide, la concentration de poison était telle, qu'il en était devenu vivant, sorte de blob gélatineux que Cesar appelait Slimy. Mais pour cet épisode la marine avait été le plus à plaindre. Les marines s'étaient montrés tenaces, les Chapeaux de Pailles avaient même réussi à s'en faire des alliés sincères. Et de toute façon vu le gaz toxique à l'extérieur du labo, ils n'avaient pas trop le choix les pauvres. Ils avaient suivi le mouvement, comme lui d'ailleurs là dessus aussi il devait bien l'admettre. Les marines avaient bien aidé, surtout la jeune fille rousse, nommée Nami, une navigatrice de talent à ce qu'il paraîtrait, mais une gamine qui avaient fait une promesse à des mômes, mômes qu'il découvrait aussi pour la première fois. Des mômes qui servaient comme rats de laboratoire et qui étaient condamnés à une mort lente et douloureuse. Enfants qu'on droguait allègrement, pour conduire en plus des expériences vouées à l'échec dès le départ. Il n'avait donc pas émis le moindre commentaire, vu qu'il avait lui-même raté ça, il avait vraiment pas le droit de l'ouvrir.

Le problème c'est que tout le monde s'était dispersé dans ce foutu laboratoire, et que le temps leur était compté, rien que par les portes des sas de sécurité se refermant une par une. Le tout accompagné de sirènes assourdissantes ! Le bruit qui ressemblait pour beaucoup à celui de la dernière chance, de l'espoir, tant que ces maudites sirènes retentissaient à intervalles réguliers, la porte, le sas était encore ouvert, beaucoup de marine n'avaient pas pu y parvenir à temps malgré l'aide apportée par la Jambe noire. Les marines s'étaient transformés en statues, enfermés dans une gangue blanchâtre, ressemblant à une sorte de plâtre, figés dans le dernier mouvement, dans la dernière émotion.

Sanji La Jambe Noire, il ne connaissait pas sa fonction au sein de l'équipage, il avait juste découvert que c'était un pervers en puissance. Un mec blond avec un sourcil en vrille qui avait été emprisonné dans le corps de Nami, et cela ne lui avait pas déplu, bien au contraire. Il avait passé sa vie à regarder et peloter l'énorme paire de seins de la jeune femme. Il en avait eu des explosions nasales... Un gros gros pervers ce gars, mais fort aussi, et droit dans ses choix et les assumant complètement.

Il s'avérait être le cuistot de l'équipage, à leur retour sur leur bateau le Sunny, il s'était enfermé dans la cuisine pour préparer une collation bien chaude pour sa Nami-cherie et sa Robin-d'amour qui s'étaient si bien battues ! Le tout en frétillant comme un gardon.

Le capitaine Trafalgar Law soupira, il s'était assis raide sur le pont, contre le banc qui entourait le grand mât, le regard un peu perdu, vague. Semblant réfléchir, digérer peut-être tout ce qu'il s'était passé depuis la veille, et les incidences que cela aurait dans ses plans futurs. Sur Punk Hazard, y avait eu un changement de plan, un changement de timing, de taxi. Il laissait glisser son regard sur l'équipage du bateau sur lequel il se trouvait.

Roronoa-ya dormait contre le bastingage, il devrait être sur ses gardes avec ce gars-là, Roronoa Zoro le chasseur de pirates, capitaine en second des Chapeaux de paille. Trafalgar Law en tant qu'épéiste savait reconnaître la valeur dans son art. Et Roronoa- ya serait un adversaire coriace. Et pourtant il avait dû en baver, vu la fine cicatrice qui lui barait l'oeil gauche. Oui costaud le sabreur des Chapeaux de paille.

Une bestiole qu'il avait d'abord prise pour un raton laveur, mais où il s'avérait qu'il soit un renne soignait César avec application, en babillant sans arrêt. Tony Tony Chopper. Il l'avait pris pour la mascotte de l'équipage, il n'en était rien ! Le renne était le médecin du bord, ce qu'il avait entrevu sur Punk Hazard à son propos lui faisait penser que c'était un bon. C'est grâce à lui qu'une des mômes avait été sauvée, c'est grâce à lui et malgré les moyens rudimentaires du moment qu'ils avaient découvert pour la drogue qui détruisait les organismes des enfants, et ça c'était pas passé pour le petit renne, qu'un médecin un scientifique fasse un truc pareil, ça c'était inhumain ! Et Tony-ya hurlant qu'il était médecin, qu'il voulait sauver des vies ! Découvrir le médicament ultime, sauver les gens en pleurant comme un dingue, avec pourtant une telle force dans les yeux de l'animal. Un animal qui avait mangé le fruit de l'humain et qui se cabrait devant l'inhumanité du monde, qui n'y croyait pas, ne pouvait même pas le concevoir. Un renne médecin, bah il avait bien un ours polaire second.

Par contre il ne savait pas quoi penser de... Du sac d'os qui le regardait en silence en buvant un thé. Non, il ne savait vraiment pas quoi penser de ce squelette vivant. Un squelette, un vrai, pas une once de chair, une once d'organe, un bout de peau. Le truc passait d'ailleurs sa vie à faire des blagues foireuses à ce sujet. Le genre regarde-moi dans les yeux mais je n'ai pas d'yeux... et il rigolait comme un hystérique. Il n'avait toujours pas compris sa fonction au sein de cet équipage, il faisait quoi ? Servait à quoi ? Il ne savait pas. Ces orbites vides semblaient ne pas le lâcher, l'absence de lèvres ne lui permettait pas de savoir si le gars squelette souriait ou non. La vision globale de ce squelette si grand, avec sa monstrueuse coupe afro, vêtu de fringues dignes d'une rock star et buvant son thé de manière de dandy le mis mal à l'aise. Le noir des orbites, le vide, une sorte de puits qu'il avait déjà rencontré chez un autre, chez Vergo.

Et d'ailleurs il s'était encore fait rétamer la face par Vergo... Vergo le croiser sur Punk Hazard, dans le labo secret de César qu'il voulait détruire, alors qu'il avait cru s'être montré discret. Croiser Vergo n'avait vraiment pas été une bonne nouvelle. Il s'était laissé capturer, en donnant un semblant de combat, donnant le change, il avait du bien morfler quand même pour que ça passe. Il avait d'autres atouts dans sa manche et n'était pas inquiet de sa capture. D'ailleurs il avait retrouvé les marines, et Mugiwara-ya avec deux de ses compagnons dans la cage. Eux aussi enchaînés. Mugiwara-ya était mort de rire, ça lui rappelait des souvenirs, ils semblaient fendards.

Il avait observé les deux marins des chapeaux de paille, y avait le cyborg en slip, ce gars était vraiment étrange, avec ses cheveux bleus son nez de métal, son gros paquet moulé dans son slip rouge et tout le haut de son corps fait de métal, bras articulés énormes, cela devait cacher un bon arsenal ! Il se demandait si il pourrait l'ausculter un jour, faire des recherches, le mec pouvait en partie se transformer en tank !

Et puis y avait Nico-ya, et elle, elle s'était quelque chose ! Il avait un respect profond pour cette femme plus âgée, pour cette pirate, cette archéologue. L'intelligence brillait dans ses yeux, la réflexion, le sang froid. Nico Robin n'était pas du tout inquiète elle non plus par la situation, elle rigolait en même temps que son capitaine. Mais ça ne faisait pas rire Smoker du tout.

Se retrouver dans une situation comme ça et croiser Vergo là montrait que la machine était lancée, que le retour en arrière impossible. Vergo, un des cauchemars de son enfance, la pire bêtise peut-être... Vergo le synonyme de douleur dans son esprit. Vergo qui tabasse l'enfant qu'il était méthodiquement sans une once de compassion, de rien en fait. Juste faire consciencieusement le travail.

Vergo qu'il avait découpé, une fois sortie de la cage. Découpé comme on découpe des quartiers d'orange. Comme on débite une souche. Les petits bouts de Vergo accrochés à la rambarde du labo secret comme une jolie guirlande. Lui aussi aimait le travail bien fait. Avec un seul geste, une seule attaque il avait découpé Vergo en deux et puis aussi toute la base, et même une partie de la montagne. Il était vraiment énervé, y avait de la colère à évacuer ! Mais au moins le labo était détruit. Les derniers mots de Vergo pour son maître, ses excuses pour son échec. Et l'ennemi à l'autre bout du petit escargophone. L'ennemi juré, celui qu'il voulait faire tomber depuis si longtemps. Cet homme si puissant. Oui la voix peinée de Doflamingo pour son subordonné. Il avait voulu faire ça dans la discrétion, amener l'effet de surprise, là quand même c'était... Ouais ses plans étaient tombés à l'eau.

Enfin, pas entièrement mais une bonne partie. Bon, c'est clair qu'il avait récupéré un allié de taille dans l'histoire... Les Chapeaux de Paille étaient forts, il les avait déjà vus en action aux Sabondy, y a deux ans. Mais depuis rien, ils avaient disparu des écrans radars. Forts certes, mais ils étaient un peu dingues, n'ayant peur de rien ni de personne. Tabassant qui leur déplaisaient sur leur passage, civil marine ou pirate. Aucune allégeance sinon à la liberté et le droit d'être libre !

Luffy, Mugiwara-ya, le capitaine, un gamin de vingt piges. Le petit gars qui paye pas de mine, avec son grand sourire, ses gueulantes, son chapeau de paille et ses tongs. Un petit môme ? Non ! Un monstre, doté d'un pouvoir improbable, le fruit du caoutchouc. Ce pouvoir-là pour en faire quelque chose il avait sans doute fallu une sacrée dose de persévérance. Un gamin élastique, qui hurlait qu'il deviendrait le roi des pirates, et qui y croyait sincèrement, en plus ! C'était ça le truc avec ce capitaine, sa sincérité ! Il n'arrivait pas à savoir si son air débile et rigolard en quasi-permanence était réel ou juste un acte, une façade. L'équipage respectait les décisions de leur capitaine même s' ils les jugeaient dingues et discutables et le faisaient savoir. Et l'alliance entre lui et Mugiwara-ya ne passait pas auprès de certain. Ils l'avaient même tous prévenu à leur manière, que pour Mugiwara le mot alliance ne voulait sans doute pas dire la même chose. Mais ils avaient accepté la décision de leur capitaine avec des regards las et désespérés. Il espérait un peu que ce soit une façade, parce que sinon... ça allait devenir compliqué.

Mugiwara-ya avait une sacrée dette aussi.

Quand les deux capitaines s'étaient croisés pour la première fois sur l'île, Trafalgar essayait de digérer l'information, la découverte des Chapeau de paille sur Punk Hazard ! Luffy lui avait juste dit avec un sourire plein de dents, « merci d'avoir sauvé Jimbey, de m'avoir sauvé. » Ce merci sincère l'avait un peu scié sur le coup, c'était si rare.

Donc il avait dû gérer le chaos causé par cet équipage de dingue, cet équipage qu'avait le cœur sur la main, et l'image le fit sourire en coin. Tout l'équipage s'était fixé un but personnel, en plus de la mission donnée lors de cette crise... Un vrai bordel... Luffy avait géré César, Nami et Chopper les gamins, Franky le cyborg péteur, lui pour sortir de la cage il avait émis un gros pet... Ouais, il s'était envolé en pétant pour retrouver le bateau, et les autres dieu seul sait où. Lui s'était occupé de Vergo et du labo secret. Tout avait réussi certes, et il n'y avait eu aucune perte, César capturé et le labo détruit, mais cette façon faire amenait le chaos, et un côté fil du rasoir qu'il n'avait que peu apprécié... Et puis il avait aussi perdu la demoiselle. Elle avait dû arriver la veille au soir sur l'île. Law avait du mal à imaginer sa réaction devant le spectacle de la base fumante et en ruine.

Mouais... Il avait César, et même récupéré le gamin du pays des samouraïs, le jeune Mononosuke.

Quand il avait transformé un samouraï en puzzle il n'avait vraiment pas compris ce qu'il voulait, ce qu'il pensait trouver sur l'île, il l'avait perçu comme un danger pour ses plans. César lui avait demandé de s'en occuper, il n'avait pas cherché plus loin, au contraire il ne voulait pas de fouineurs, cela ne rentrait nullement dans son objectif, et un puzzle de plus un puzzle de moins il n'était plus à ça près. Les pièces du puzzle samouraï avaient été retrouvées et rassemblées par les Chapeaux de paille, et le samouraï gardait une certaine rancune contre lui, y comprenait, là-dessus y avait pas de problème. C'était une réaction normale ! En plus le samouraï détestait les pirates et n'avait pas peur de le dire haut et fort ! Il avait aussi appris que le samouraï au kimono si traditionnel recherchait juste son fil. Une histoire de père à la recherche de son môme. Oui il comprenait la ténacité de Kimenon. Son gamin dormait la tête posée sur la poitrine généreuse de la navigatrice. Le fait de regarder la jeune femme rousse lui refit penser à la Veuve Noire

... Tain !... La marine ne l'inquiétait pas mais, il espérait sincèrement qu'elle n'avait pas rencontré Doflamingo. Et ça, ce n'était pas sûr, pas sûr du tout... Il eut une bouffée d'angoisse, et même une pointe de culpabilité vis-à-vis de la pirate. Pourquoi pensait-il à elle comme ça ?... Pourquoi ces sensations ?... Cela lui ressemblait si peu... Il serra son sabre plus fortement, et cacha son rictus inquiet derrière le haut col de son manteau.

Un bateau les suivait depuis peu, il semblait voler sur les flots tant il était rapide. Toutes ses voiles gonflées par un vent de dingue alors que le temps était plutôt calme, malgré la mer en pente. Le Shichibukai se doutait bien de qui il s'agissait, elle les avait rattrapé assez rapidement... Tant mieux... Soulagé, le Chirurgien de la Mort soupira. La vigie du moment, Ussop un mec au long nez, hurla qu'un bateau était en vue, un bateau de pirate cru-t-il bon d'ajouter en braillant. Le Capitaine du bateau sur lequel il se trouvait, Monkey D. Luffy décida d'attendre, « voir ce qu'ils voulaient ces pirates ! », sous les regards consternés pour certain et apeurés pour d'autres.

Quand le bateau les rattrapa et qu'ils furent bord à bord tonna un hurlement

« Il est où ce Shichibukai de mes couilles ?! »

Debout sur le bastingage se tenait la Veuve Noire, les voiles claquants dans son dos, les cheveux rouges de la pirate dansaient, ondulants dans des mouvements rapides, ses yeux lançaient des éclairs de rage, et la moue sur ses lèvres quelque chose de mauvais, de malsain, de si agacé. Furieuse, oui Trafalgar Law avait devant lui une bonne représentation de la furie. Il eut un sourire en coin un peu las, crispé. Bon, ça allait être pour sa pomme, il se décala pour entrer dans son angle de vision.

« Ah! T'es là, espèce d'emmanché ! » elle disparut et se trouva devant lui, elle l'agrippait par le col de son manteau, le soulevant légèrement.

« Je vais te tuer ! Tu entends, espèce de foie jaune ! »

Ouais... Il l'avait vraiment mise en colère, et le pire dans l'histoire c'est que c'était pas de sa faute à lui. L'arrivée des Mugiwara avait eu un effet un peu perturbateur dans ses plans et il avait dû faire avec. Il soupira.

« Oi ! T'es qui toi ? » fit une voix grave derrière elle. Le sabreur de l'équipage au chapeau de paille, Roronoa Zoro.

Tss... Ça allait partir en vrille, ils étaient tous tendus, ils attendaient l'arrivée de Doflamingo ou de ses sbires, ils ne la connaissaient pas ! Law ne lâchait pas le regard de la pirate, un regard brûlant et froid à la fois. Elle ne semblait pas se soucier de quoi que ce soit autour d'elle. Juste ce regard bleu brûlant le transperçant, ce bleu soutenant son regard. Juste cette aura vibrante et meurtrière... Ce truc chaud...

'Tain ! Ça recommençait, un seul regard sur cette fille et des envies, des idées faisaient leurs apparitions... Ce n'était pas le moment.

Le sabreur dégaina à peine un de ses sabres, ce petit bruit si particulier, qu'il connaissait bien, et qui voulait dire tant de chose. Mouais.. Ça allait partir en sucette...

Il leurs lança un regard froid, regard qui fut attiré par Chopper, le petit renne hurlait à la vue du navire de la nouvelle venue. Sinistre... Même pour lui, y avait pas d'autre mot.

Grand, fin et sombre, le navire de la pirate lançait une ombre menaçante, sur le Sunny. Un brick, tout en voile, un deux mâts taillé pour la vitesse. Des squelettes parfois entiers pendaient dans des cages aux flancs du bateau. Trafalgar ne put s'empêcher de chercher du regard le Jolly Roger de la pirate. Ouais, il était bien là-haut. Il eut un frisson de dégoût... Les histoires étaient donc vraies... Glauque.

Franky, le charpentier cyborg de l'équipage du Sunny ne put que crier

« ça c'est un bateau suuuuper glauque ! »

Tss... C'était clair... Un autre frisson le traversa.

La navigatrice des Mugiwara, Nami avait pris le renne dans ses bras en pleurant. Ussop, leurs tireur d'élite, il s'était montré assez discret sur Punk Hazard, il faisait partie du groupe dieu sait où. Et de lui il avait juste retenu que c'était un froussard qui passait sa vie à gueuler comme un putois, et qui donc là hurlait en tournant en rond comme un dingue, des larmes s'échappant de ses yeux.

« ON VA TOUS Y PASSER ! »

Il était suivi par Brook le sac d'os.

« JE NE VEUX PAS FINIR DANS UNE CAGE... AU SECOUR ! OH OH OH ! »

Toute cette agitation avait bien sûr attiré l'attention du cuistot, qui en découvrant la jeune femme s'était mis à hurler comme un taré « Mademoiselle l'inconnue comme vous êtes BELLE !... »

« OI ! Cuistot du dimanche, pousse-toi ! » Zoro, indifférent au chaos ambiant avait toujours son sabre de prêt.

« Sabreur à la noix ! Tu veux faire quoi à cette belle inconnue... Range ça ! »

Vite quelque chose, faire quelque chose... Quand il croisa son regard ce fut pour tomber à nouveau dans ce bleu, et la colère qui en irradiait, ce bleu qui le cramait sur place.

Et il fit le premier truc qui lui passa par l'esprit. Là, devant tous les autres, il l'embrassa, le mouvement de son corps avait été rapide et sûr de lui. Ils étaient là tous les deux, leurs lèvres collées l'une à l'autre en un baiser, chaste certes, mais un baiser quand même. La demoiselle avait ouvert en grand les yeux. Hum... C'était pas prévu, mais c'était pas désagréable. Ses lèvres étaient douces, elles lui donnaient envie de plus, de tellement plus. La pirate en avait lâché son col sous la surprise. Trafalgar se décolla d'elle, sans jamais lâcher son regard, un fin sourire narquois sur les lèvres.

« Enfin arrivée, mademoiselle la pirate » stupéfaite, les pommettes légèrement rosies, elle eut un mouvement de recul et il asséna

« Vous êtes en retard, mademoiselle. »

« Pardon ! » elle semblait suffoquer

« En retard ! Mais c'est que tu te foutrais pas un peu de ma gueule en plus ?! »

Trafalgar Law la regarda avec un sourire ironique.

« Je ne me permettrais pas, mademoiselle. »

« Ouais, c'est ça, creuse ta tombe...tsss » plus aucune violence n'émanait d'elle, juste une irritation ténue.

Law regarda les Chapeaux de paille, ils semblaient figés de stupéfaction.

... Hey, faut vous remettre les gars ! Ce n'était finalement qu'un baiser... Bien trop rapide à son goût, pour parler franchement.

Law leva les yeux, sur le pont supérieur Nico Robin et Mugiwara-ya les regardaient. Nico-ya semblait amusée, et le regard qu'elle lui renvoya était plein de sous-entendu ... Tsss... Trop intelligente pour son propre bien.

Luffy quand à lui observait le bateau de la pirate, et un air sombre apparu sur son visage. La Veuve Noire dévisageait cette bande de dingues, sidérée. Elle semblait troublée de se retrouver là. Elle leva les yeux et tomba sur Luffy son regard se brouilla et elle fronça les sourcils. Pourquoi ?

« T'es qui toi ? Tu fais quoi sur le Sunny ? T'es avec Traffy ? »

« Traffy ? » la pirate le regarda, incrédule.

« Oi ! Traffy ! Elle est avec toi ? »

Le Chirurgien de la Mort soupira.

« Oui, elle est avec moi... »

Luffy le regarda en souriant jusqu'aux dents, la main sur son chapeau

« Ok ! »

La Veuve Noire quant à elle se tourna vers Chirurgien de la mort dans un mouvement rapide.

« Ah ouais ?!... bin si tu veux le plus et affinité faudrait voir à être là le jour des rendez-vous, espèce de... »

« Rendez-vooous, dois-je comprendre belle demoiselle que votre cœur est déjà pris... Ah mon cœur saigne ! »

Ça y est le cuistot avait pété un câble, il était à genoux tenant la main de la pirate dans la sienne... Et bizarrement ça l'énervait.

« Hein ? »

La pirate semblait ne pas comprendre, normal elle ne les avait pas pratiqué comme lui... Il leva les yeux au ciel.

« Hé ! le cuistot pervers lâche la... T'as pas répondu, t'es qui toi ? »

Elle regarda le jeune homme à la chevelure verte, son regard se fit plus intéressé... Et ça aussi ça l'énerva.

« Je suis le capitaine du Chevaucheur de tempête, AnNoz Blue et accessoirement l'alliée du benêt en bonnet, là. » elle désigna le Chirurgien de la Mort d'un coup de menton sec.

Tssk... Si en plus elle le traitait de benêt ça allait pas le faire.

Zoro rengaina enfin son sabre, et permit à son corps de se détendre. Ussop s'était arrêté de crier. Robin observait la pirate et c'est sereinement qu'elle dit :

« AnNoz Blue, ça me dit quelque chose, ne seriez-vous pas la Veuve Noire ? » Tsss... Vraiment trop fine cette Robin. « Votre prime s'élève à 220 millions de berrys, si je ne m'abuse. » acheva-t-elle.

Et Ussop était reparti pour un tour.

« On va tous crever ! »

« 220 millions de berrys ! » ne put s'empêcher de glapir Nami.

« C'est carrément suuuper! » compléta Franky.

« La Veuve Noire, c'est Coool comme nom ! » braillât Mugiwara-ya

« La dévoreuse d'homme, oh oui dévorez-moi ! » rugi Sanji des flammes dans les yeux.

Et quand Brook le sac d'os, se rapprocha d'elle, pour lui demander d'une voix grave si il pouvait voir sa petite culotte, le capitaine Trafalgar Law pensait que c'était le coup de grâce. Non, le coup de grâce se fut elle qui le donna

« Ma petite culotte ? Mais je n'en mets jamais... »

Tous les regards masculins furent sur elle Zoro, Brook, Kimenon et son gamin Mononosuke, et même cet empaffé de César. Sanji était définitivement perdu, et convulsait la bave aux lèvres le nez en sang sur le pont. Puis ils le dévisagèrent avec envie, et sans savoir pourquoi il ne put s'empêcher de rougir.

La Veuve Noire quant à elle riait sous cape, une lueur amusée dans le regard.


A suivre...