Titre
: Ah ! My Anbu
Auteur : Mokoshna
Manga : Naruto
Crédits : Naruto
est la propriété de Masashi Kishimoto etc. Ca n'a pas
vraiment changé depuis la dernière fois, à vrai
dire...
Avertissements : Yaoi
KakaIru, personnages bien OOC
(Out Of Character), trucs pas toujours drôles mais on fait ce
qu'on peut.
Commentaires artistiquement idiots
de l'auteur : Bon, étant
donné que cette fic était quand même un cadeau
fait à Berylia et qu'elle est une fan impénitente des
KakaIru romantiques à souhait, hop un peu de romance dans ce
chapitre ! Juste le minimum syndical, faut pas déconner quand
même.
XxXxXxXxXxX
Chapitre 4 : Anbu du chemin...
XxXxXxXxXxX
Le monde était vaste : telle fut la conclusion à laquelle aboutit Iruka au bout de deux jours de route. Ça, et qu'il ne fallait pas priver un requin d'eau trop longtemps sous peine de subir ses humeurs pas toujours amicales. Mais qu'est-ce qu'il lui avait pris d'accepter cette quête insensée...
Tout avait pourtant assez bien commencé. Au moment de son départ, le village tout entier ou presque était venu aux portes pour lui souhaiter un bon voyage. Bon. Que des enfants en pleurs se soient accrochés à ses habits en sanglotant n'avait pas été trop grave ; il avait planifié le coup et avait de ce fait porté une tenue spéciale réputée waterproof. Bien entendu, aussi résistante fût-elle, elle n'avait pas tenue dix minutes et il s'était retrouvé avec des vêtements souillés au-delà de toute réparation. Il avait aussi prévu cela et avait emmené quantité de linge de rechange (et on ne savait jamais avec les aléas du voyage, il aurait pu revoir Relaribaude en cours de route et il valait mieux être préparé sous peine de continuer le voyage avec les mêmes sous-vêtements souillés). Kakashi avait clairement ri sous cape et Kisame avait bavé comme devant un étal de poissons. Philosophe, Tsunade lui avait fait une tape dans le dos pour l'encourager et avait récolté une main poisseuse... On l'avait fait s'écrouler sous les cadeaux, les bises, les mots de remerciements. Un parent d'élèves avait voulu faire un discours en son honneur, puis un autre, et encore un autre... Au bout du treizième et après avoir largué un Genma abruti d'amour qui lui avait fait sa demande en mariage devant toute son ancienne classe, Iruka avait réussi à fuir hors du village en compagnie de ses deux comparses de voyage. Kakashi n'avait pas arrêté de rire de tout l'incident ; quant à Kisame, il avait bien fait comprendre à ceux qui le rencontraient que « son esprit hautement éclairé ne s'embarrassait pas à s'abaisser à ces sortes d'épanchements triviaux » ou quelque chose du genre...
Iruka put enfin respirer lorsqu'il fut à plus de dix kilomètres du village. Personne ne semblait les avoir suivi ; il pouvait donc se reposer en paix et accessoirement se plaindre sur l'injustice de son sort. Cela ne dura pas puisqu'il fallait décider de la route à suivre et régler toutes les tracasseries liées à un voyage improvisé, mais bon, il en avait vu d'autres. Le groupe s'arrêta sous un arbre gigantesque et fit le point.
— Alors, où devons-nous aller ? demanda-t-il à Kisame.
— Je pense, dit l'homme-requin en prenant une pose affectée, que nous eussions gagné à nous renseigner auprès de votre estimable famille, Monseigneur. Votre très respectée mère nous eût donné plus d'indications propres à orienter nos recherches.
— C'est impossible, soupira Iruka, ma mère est morte durant l'attaque du Kyûbi, il y a quinze ans. Il ne reste plus rien de ses affaires non plus, sinon j'aurais déjà cherché dans mon grenier.
— Quelle tragédie que cela dût être pour vous ! s'écria un Kisame au bord des larmes.
— Euh... oui ?
Kisame se mit à renifler bruyamment et à marmonner de vagues paroles de réconfort, parlant de petits séparés de leur mère et d'« âmes éplorées en proie au chagrin le plus vif ». Iruka lui tapota l'épaule avec maladresse. Il ne savait pas trop quoi penser de cet homme. D'un côté, il avait l'apparence bourrue du premier bandit de grand chemin venu (avec une peau bleue et une superbe mâchoire digne des plus grands carnassiers en sus), de l'autre sa manière de parler, de se comporter, son langage révélaient un esprit précieux, une sensibilité exacerbée telle qu'on n'en voyait que dans les livres de romance bon marché narrant les aventures sentimentalo-dramatiques de jeunes filles en fleur découvrant leurs premiers émois amoureux...
— Allons, allons, dit-il en se mettant en mode professeur, ça va aller... J'ai eu le temps de m'en remettre...
— Certes, fit l'homme-requin en s'extirpant de ses bras, et quelle belle preuve de votre honnête vertu que cela !
— Ah ?
— J'ose supputer que vous n'êtes point de ces sortes d'hommes à se prononcer braves par forfanterie, mais que votre réelle valeur se révèle dans vos actes et vos moeurs ! Car mes oreilles averties ont pu juger par elles-mêmes de votre grandeur, ô Grand Seigneur Dauphin !
Ce disant, Kisame s'inclina bien bas et se mit à lui baiser les doigts de pieds. Iruka fit la grimace.
— Euh...
— Un seul mot de votre part, Vénéré Dauphin, et le modeste sujet que je suis exterminera de la face de cette terre tous les impies qui souillent ce monde !
— Pardon ?
Iruka se gratta la tête, un peu dépassé par la tournure des événements. Il se tourna vers Kakashi qui était resté silencieux, les yeux rivés sur la route. Le soleil était déjà haut ; on n'entendait aux alentours que les bruits furtifs de la forêt.
— Dites quelque chose, Kakashi ! supplia-t-il. Il raconte encore des... des... enfin bref, dites-lui d'arrêter !
Le ninja copieur haussa les épaules.
— Pour quoi faire ? Il a l'air de bien s'amuser.
— Je n'ai pas envie de passer mon temps à me balader avec un type qui me récite de la prose joliment tournée en me jurant fidélité toutes les cinq minutes !
— Qu'est-ce que vous voulez que je lui dise ? fit son interlocuteur en bâillant.
— Quelque chose ! s'énerva Iruka. N'importe quoi !
— N'importe quoi.
Iruka contempla d'un air consterné son vis-à-vis, tandis que Kisame commençait à remonter le long de sa jambe jusqu'à sa cuisse, continuant à embrasser le pantalon d'un air extatique... Excédé, Iruka l'envoya rouler d'un coup de poing bien placé sur le front.
— C'est moi ou vous venez de faire une blague digne d'un élève de première année de l'Académie ?
Kakashi lui fit un sourire narquois de sous son masque. Kisame agonisait à terre en bavant de l'écume bleue.
Iruka se sentit perdre patience.
— Je vous hais, chuchota-t-il.
— À votre service, dit Kakashi en ricanant.
xxxxx
La main d'Iruka gonfla et se couvrit de bleu et de violet les heures suivantes. Apparemment, frapper un homme-requin sans se retenir quand sa force était loin d'être comparable à la sienne n'était pas très conseillé pour garder une main saine. Cela le confirma aussi sur l'état de la tête de Kisame : il l'avait aussi dure qu'on pouvait l'espérer de la part d'un criminel sans foi ni loi. Il n'avait pas osé frapper Kakashi par crainte de recevoir une réponse ; après tout, le ninja copieur n'avait pas l'air aussi magnanime face à lui que l'était Kisame... et haï ou pas, il savait le jônin d'un niveau nettement supérieur au sien.
La douleur l'avait un peu ralenti dans sa course ; Kakashi et Kisame compensaient en adaptant leur rythme au sien. Iruka se sentit très bête et par honte, il décida de leur cacher sa blessure. Pas question que Kakashi se moque de lui en le traitant de ninja raté ou de combattant minable !
Ils s'arrêtèrent pour la nuit au bord d'une charmante rivière à l'eau claire. Iruka prit l'initiative d'aller chercher de l'eau ; il en profita pour y tremper sa main endolorie. L'eau fraîche calma un peu les élancements. Il resta là aussi longtemps que possible, maudissant une nouvelle fois son sort. Dire qu'à cette heure, il aurait pu être chez lui, à regarder son émission de télévision favorite en savourant ses nouilles instantanées ! C'était ça, la belle vie, pas jouer au joyeux campeur dans une forêt sinistre avec deux hommes aussi abominables que Kakashi Hatake et Kisame Hoshigaki !
Une main ferme s'empara de la sienne ; Iruka sursauta et se débattit.
— Arrêtez ça, fit la voix de Kakashi. Laissez-moi plutôt regarder votre blessure.
Iruka se mordit la lèvre. Il avait été tellement occupé à se lamenter sur son sort qu'il n'avait pas entendu le jônin arriver !
— Ce n'est pas ce que vous croyez !
Il en aurait pleuré de dépit, s'il l'avait pu. Que Kakashi le trouve dans un tel état de faiblesse était impardonnable ! Il frissonna en sentant les mains du jônin sur les siennes, auscultant la chair et les muscles pour voir si sa blessure n'était pas trop grave, tâtant ses os d'un air perplexe...
— C'est cassé, finit-il par dire en secouant la tête. Mais à quoi avez-vous pensé, professeur...
— Ce n'est rien, paniqua Iruka en retirant brusquement sa main.
Ce geste lui arracha un cri de douleur. Kakashi fronça les sourcils et le gronda.
— Ne faites pas l'enfant !
— Je ne fais pas l'enfant !
Et pour ajouter à la véracité de ses propos, Iruka jeta un regard hostile à Kakashi ; sa bouche forma une moue boudeuse et il plaqua sa main blessée derrière son dos pour la cacher. Kakashi soupira.
— Désolé, désolé, vous êtes tout à fait mature et maître de vous...
— Parfaitement ! Je maîtrise tout complètement la situation !
Ce qui était un mensonge éhonté, mais Iruka ne se sentait pas prêt à l'admettre, du moins pas à cet homme. Il détourna les yeux. Le soleil commençait à se coucher. Déjà, le ciel se couvrait de rouge ; il faudrait penser à préparer un peu mieux le camp.
— Pourquoi ne pas vous être soigné plus tôt ? demanda la voix feutrée de Kakashi.
Lui répondre ou pas ? Iruka pesa le pour et le contre ; il n'avait aucune envie d'adresser la parole plus que nécessaire à cet homme, mais il ne voulait pas non plus qu'il passe son temps à le harceler de questions... Il opta pour la première solution.
— Je ne suis pas très à l'aise avec les soins d'une seule main, siffla-t-il avec regret, et puis on n'a pas vraiment eu le temps à l'allure où on allait...
— Nous n'allions pas si vite, pourtant...
— Oh, ça va ! Je ne suis pas un génie comme vous, je ne vais pas à la vitesse de la lumière ou que sais-je !
Kakashi secoua la tête.
— Je ne vais pas à la vitesse de la lumière. Et je crois savoir que pour ce qui est des pouvoirs hors du commun, vous en tenez une sacrée couche vous aussi.
Iruka prit une mine dégoûtée.
— De quoi vous parlez ?
— Eh bien, votre capacité à vous faire aimer par tout le monde...
— Pas par tout le monde !
— Par beaucoup de monde, alors, rectifia Kakashi. Vous avez bien vu à notre départ, le village tout entier était présent.
— Génial ! se moqua Iruka. Des poupées influencées par ces hormones bizarres que je suis censé avoir ! Vous parlez d'un harem consentant !
— Ben c'est déjà pas mal je trouve...
— Ouais, et quand un ennemi va m'attaquer, je vais cracher mes phéromones et ils vont se prosterner devant moi en pleurant comme le fait Kisame, c'est ça ?
— Un truc du genre.
Iruka ricana.
— J'aimerais bien voir ça, tiens ! Orochimaru en personne me jurant fidélité du bout de la langue !
Kakashi parut horrifié.
— C'est une vision... dérangeante.
— Alors vous avez une petite idée de ce que je peux ressentir face à ce pouvoir.
— Mouais.
Ils restèrent un moment silencieux, ne sachant pas quoi dire pour continuer la discussion. Iruka regarda avec circonspection l'autre homme. Il lui vint soudain une pensée incongrue.
— Euh... vous venez d'essayer de me remonter le moral ou c'est moi ?
Kakashi lui lança un regard vide.
— Hein ?
— C'est bien ce que je me disais.
xxxxx
Ce fut finalement Kisame qui le soigna avec force larmes et lamentations. Iruka n'en avait cure ; il s'y était habitué, à force. Kisame était inoffensif tant qu'on ne faisait pas attention à lui ; un peu comme ses élèves, en somme, sauf que lui savait quand s'arrêter et obéissait plus facilement que les sales mioches qu'il avait laissés à son remplaçant (Paix à son âme !).
Ils repartirent le lendemain. Iruka était frais et dispos (du moins autant qu'il pouvait l'être après une nuit passée dans une forêt sinistre avec deux hommes aussi abominables que Kakashi Hatake et Kisame Hoshigaki – c'était devenu sa litanie lors des longs trajets entre les arbres, sa main couverte de bandages collée contre lui pour éviter les chocs). Kakashi avait pris la tête et Kisame clôturait leur drôle de groupe ; on l'avait mis au milieu pour mieux le protéger en cas d'attaque. De qui exactement, il l'ignorait, mais Kakashi avait tellement insisté, et il ne s'était pas senti d'humeur à protester, pour une fois...
Deux jours passèrent en un éclair. Iruka ne savait pas où ils se dirigeaient, mais Kakashi semblait avoir une idée... Il le laissa faire. De toute façon, il n'était pas pressé de voir le bout du voyage : cela aurait abouti à la fin de sa quête et à sa confrontation avec ses origines, et si elles étaient aussi saugrenues que ce qu'avait raconté Tsunade...
— Nous y sommes, fit brusquement Kakashi en stoppant net devant eux.
Iruka faillit buter contre son dos ; il fallut que Kisame le rattrape d'une main experte. Kakashi le lorgna en fronçant les sourcils.
— Quoi ? dit-il en faisant la grimace.
— Rien.
— Mouais...
Iruka détourna le regard et se mit à observer les environs. Leur groupe venait d'arriver au sommet d'une falaise dominant un vaste lac dans lequel le ciel se reflétait. La forêt s'étendait tout autour, comme une couverture verte mouvant au gré du vent ; une crevasse gigantesque se découpait devant eux pour aboutir devant le lac. Des hérons majestueux, au long cou blanc et aux plumes brillantes, survolaient le paysage.
— C'est magnifique, dit-il, le souffle coupé.
Derrière lui, Kisame poussa un cri d'admiration et commença à réciter de la poésie.
— Je me disais bien que ça vous plairait, dit Kakashi. Mais nous ne sommes pas là pour faire du tourisme.
— Pour quelle raison, dans ce cas ? demanda Kisame en s'arrêtant de déclamer.
— Savez-vous où nous nous trouvons ?
Iruka fit un rapide calcul.
— Nous avons foncé droit à l'Ouest, fit-il, et nous avons continué à une allure d'environ trente à quarante kilomètres à l'heure, sur une durée moyenne de quinze heures par jour pendant deux jours... ce qui fait neuf-cents à mille deux-cents kilomètres, en sachant que nous avons obliqué vers le Nord-Ouest à la fin de la première journée, ce qui nous fait arriver au Pays Sans Nom. Je dirais en voyant la configuration du paysage et les conditions climatiques que nous sommes dans la région du Sud-Est... Bien sûr, il faut prendre en compte le changement de saison et les bouleversements d'ordre géologique qui ont eu lieu... quoi ?
Ses deux compagnons le fixaient bouche bée.
— Depuis quand vous êtes un si bon pisteur ? siffla Kakashi avec une pointe de surprise évidente dans la voix.
Iruka fit mine de se fâcher.
— N'oubliez pas que quoi qu'il arrive, je reste quand même un professeur d'Académie et un chûnin certifié !
— Ah ?
— Comment ça, « Ah » ?
Iruka repartit d'une boue boudeuse. Vivement qu'il trouve ses fantastiques pouvoirs afin qu'il puisse lui rabattre le caquet, à ce type ! Finalement, cette histoire de Grand Seigneur Dauphin n'avait pas l'air si repoussante, face à la perspective de pouvoir humilier définitivement Kakashi Hatake !
— Calmez-vous, Iruka, je ne voulais pas vous vexer, dit Kakashi avec un soupir.
— Eh ben c'est raté !
— Je m'en excuse.
Sur le coup, Iruka n'en crut pas ses oreilles.
— Pardon ?
— Je m'excuse si mon comportement vous a fait du tort.
— Où est le piège ? demanda Iruka avec suspicion.
— Aucun piège, promis !
— Pourtant...
Kakashi fit un sourire narquois qui alarma Iruka. Ce n'était pas bon signe, ça...
— C'est juste que j'ai fait la promesse à un ami de me montrer le plus courtois possible avec vous et de vous protéger, dit-il soudain.
Iruka haussa un sourcil intrigué.
— Un ami ?
— Oui. Je crois que vous le connaissez aussi. On le désigne sous le nom de « Relaribaude » auprès de la branche des Anbu.
La transformation fut immédiate. Iruka ouvrit de grands yeux enamourés, sa bouche forma un rictus ravi et sa voix se fit plus mielleuse.
— Vous connaissez Relaribaude ?
— Euh... oui ?
— Vraiment ?
Kakashi eut un peu peur à ce moment. Iruka semblait vouloir lui sauter dessus pour lui faire... des choses réprouvées par la loi ? Il n'en était pas sûr et ne voulait pas le découvrir. Ce cher professeur pouvait réellement se montrer effrayant à certaines occasions.
— C'est... mon cousin ? Hasarda-t-il.
Iruka ne marcha pas simplement dans son piège ; il y courut avec la force d'un sanglier qui charge, les yeux écarquillés et un sourire niais lui montant jusqu'aux oreilles. Kakashi sursauta lorsque le chûnin hurla :
— VRAIMENT ?!
— Oui, oui, vraiment !
Par sécurité, Kakashi vérifia ses chances de fuite. Il pouvait toujours sauter de la falaise si Iruka était un peu trop insistant... À leurs côtés, Kisame se gratta le haut de la tête avec une expression un peu abrutie.
— Mais dites-moi, Kakashi, ce Relaribaude dont vous fîtes la citation, n'est-ce pas...
Kakashi se précipita sur lui et lui agrippa à toute vitesse le cou en riant. Ce faisant, il lui décocha discrètement un coup à la hauteur du plexus qui plia l'homme-requin en deux. Iruka ne s'était douté de rien et ne voyait que deux hommes un peu idiots se tordre de rire.
— Haha, vous aussi vous l'avez rencontré, Kisame ! Saviez-vous, mon cher Iruka, que c'est Relaribaude qui l'a arrêté ?
— Vraiment ? s'écria Iruka, les yeux pétillants, en joignant les mains. Il est si fort !
— N'est-ce pas ?
Et Iruka passa le quart d'heure suivant à chanter les louanges de son bel Anbu, ignorant totalement ses deux compagnons de route. De son côté, Kisame se remettait peu à peu de son attaque. Lorsque cela fut fait, il dégaina son énorme sabre d'un geste vif et le mit sous le nez de Kakashi.
— Je suis certes généreux de vous demander quelle fut la raison de cette bassesse, Kakashi. Faites vite, avant que je ne vous ôte ce qui vous sert bien pompeusement de nez.
Kakashi secoua la tête et vérifia qu'Iruka ne les écoutait pas. C'était peu probable. Il était parti dans son monde, peuplé par son bel Anbu ténébreux aux pouvoirs mirifiques de surhomme...
— Désolé, désolé, mais il fallait que je vous arrête avant que vous ne fassiez une gaffe, dit-il en levant les mains en signe de paix.
— Une gaffe ?
— Voyez-vous, dit Kakashi en baissant la voix, Iruka ignore que je suis Relaribaude et cela m'arrangerait que cela le reste.
— Pourquoi ?
— J'ai mes raisons.
— Et moi j'aurais les miennes pour vous diminuer ce qui vous fait office d'organes sexuels, dit tranquillement Kisame en abaissant Samehada au niveau de l'entrejambe de Kakashi.
— Vous tenez donc tellement à ce que je finisse dans le lit d'Iruka ?
— Plaît-il ?
— Écoutez-le donc, dit le jônin en montrant le troisième homme du menton, il est fou de son Anbu et le mettrait dans son lit sans sourciller. Ne me dites pas que je suis le genre de personnes avec qui vous espériez que votre seigneur partage sa couche ?
Kisame parut y réfléchir, regarda tour à tour Kakashi et Iruka, joua un instant avec Samehada en la balançant au gré de ses pensées...
— Cela serait certes un gâchis de soumettre si magnifique personne à telle déchéance.
— Merci, dit Kakashi en faisant la grimace.
— N'eûtes-vous point été un élément primordial de cette équipe, vous eussiez fini depuis longtemps au bout de ma lame, sachez-le. Je ne puis en temps ordinaire tolérer rustre tel que vous, mon cher.
— Vous m'en direz tant ! Nous sommes donc d'accord ?
— Certes.
Kisame rangea son arme et avec Kakashi, ils attendirent qu'Iruka ait fini de radoter.
xxxxx
— La fantaisie est grande, de vouloir m'attifer ainsi comme une vulgaire catin ! cria Kisame, les yeux exorbités de rage.
Kakashi fit un sourire retors qui ne trompa nullement Iruka. Le jônin avait réussi Dieu savait comment à trouver un éventail d'habits féminins pas toujours du meilleur goût qu'il avait présentés à ses camarades en leur disant de les mettre sans tarder. Bien entendu, il avait récolté des réactions violentes notamment de la part de Kisame qui avait illico menacé de lui trancher les parties, pour lui apprendre à se moquer de sa virilité.
— Désolé, mais les Amazones n'apprécient pas tellement que des mecs comme nous passent sur leur territoire. C'est la règle : sauf cas exceptionnel, elles doivent tuer tous les hommes qui franchissent leurs frontières.
— Nous aurions pu faire un détour... intervint Iruka.
— Pas si nous voulons arriver à temps au Lac des Hérons, dit Kakashi. Vous avez vu comme moi, ce lac est environné par la forêt. La Fente des Amazones est le seul chemin qui y aboutisse directement.
— La quoi ?! fit Iruka en écarquillant les yeux.
Il avait mal entendu, n'est-ce pas ?
— La Fente des Amazones.
Question idiote. Iruka retint un cri de dégoût.
— Quel est le pervers qui a donné son nom à cette crevasse ?
— Les Amazones elles-mêmes, tiens.
— Évidemment.
Pourquoi avait-il fallu qu'il pose la question ? Ce monde était fou et il était encore plus fou d'essayer de le comprendre. Il décida de changer de sujet.
— Qu'est-ce qu'elle a, cette forêt ?
— Disons que j'ai déjà eu l'occasion d'y séjourner un certain temps et je ne tiens pas à réitérer l'expérience.
— C'est qu'une forêt !
— Oui, et Kisame ici présent n'est qu'un ninja.
— Et c'est pour ça qu'on doit se travestir avec ces fripes ?
Kakashi fit une grimace boudeuse. Kisame guettait l'occasion d'appliquer ses menaces ; un seul mot de travers, et Kakashi n'aurait plus eu aucun problème à faire face aux Amazones en tant qu'eunuque.
— Ce n'est pas très gentil de dire ça, je me suis donné du mal pour les trouver...
— Vous avez à peine pris dix minutes ! s'écria un Iruka passablement énervé. Vous prépariez ce coup depuis le début, n'est-ce pas ?
— Bien sûr que non, ricana Kakashi.
— Menteur ! cria le chûnin en pointant un doigt accusateur vers lui.
Kakashi se contenta de hausser les épaules.
— Faites comme vous voulez, mais ne venez pas vous plaindre quand les Amazones vous embrocheront au bout d'une pique.
— Nous pouvons les combattre !
— Et provoquer une guerre entre Konoha et le Pays Sans Nom ? Ce ne serait pas très malin.
— Alors, je ne sais pas moi, demandez un laissez-passer officiel ! Ça doit exister !
— Cela nous prendrait des semaines, soupira le jônin. Allez quoi, c'est pas si terrible !
— Pas si terrible ?!
Iruka ouvrit de gros yeux furibonds. À ses côtés, Kisame avait l'air tout aussi indigné et le faisait savoir en faisant claquer Samehada en l'air.
— Sottises ! s'écria-t-il. Vous êtes d'un grossier, assurément, Kakashi ! Mon honneur s'émeut de ces procédés hasardeux, propres aux gens de peu de bien ! Pour quelle raison de parfaits spécimens mâles tels que nous devrions nous soumettre à telle mascarade ? Si ces gentes dames se mêlent de porter atteinte à ma juste vigueur masculine, elles tâteront de mon très estimé appendice guerrier !
— Pardon ? fit Iruka.
— En termes vulgaires, énonça l'homme-requin d'une voix forte en changeant de registre, si ces garces s'approchent trop de ma bite, elles vont la sentir passer, mon épée, foi de Kisame !
— Oh.
— Bien entendu, reprit Kisame en faisant basculer de nouveau son jargon, ce ne sont que rodomontades dans la présente situation, mais je puis affirmer sans rougir que ma vertu au combat dépasse les efforts inadéquats de quelque femelle endimanchée.
— Ah.
— Certes, ajouta-t-il en lorgnant les vêtements en tas, on eût pu me reprocher cette attitude en m'accusant de parer mon discours d'atours superflus, que dis-je, de bravade et de fatuité, mais que voulez-vous, mon âme outrée par tant de... mièvrerie hors-propos... ne peut se résoudre à endosser ces fanfreluches infâmes.
— Euh...
— C'est donc pour toutes ces fort excellentes raisons que je me refuse à me travestir en femme.
Iruka hocha la tête. Il n'avait presque rien compris. Satisfait de se voir approuvé, Kisame leva la tête avec fierté et se rengorgea tout en se tournant vers Kakashi. Il se sentait dans son droit.
Une décharge électrique claqua dans l'air, le chant de mille oiseaux en furie. Kisame s'effondra, vaincu par le chidori fulgurant de Kakashi. Iruka battit des paupières. C'était... inattendu.
— Ah.
xxxxx
Iruka contempla avec consternation ses... vêtements. Kakashi ne lui avait guère donné le choix ; après avoir assommé Kisame d'un chidori bien placé, il avait menacé de faire de même avec le chûnin si celui-ci ne suivait pas directives. Par instinct de conservation, Iruka avait hoché la tête avec énergie et s'était empressé d'attraper de quoi se travestir. Ça ne changeait en rien au grotesque de la situation.
Il avait enfilé une horreur rose et bleue qui faisait passer les habits de Sakura pour un trésor de discrétion, un kimono qui le faisait ressembler à la première fille de joie venue. Ses traits étaient trop durs pour être ceux d'une femme ; il n'était pas le seul, le pire étant quand même Kisame et sa face de requin... Kakashi avait de ce fait insisté pour qu'ils se maquillent. Le jônin s'était proposé pour s'occuper du déguisement de Kisame ; Iruka aurait bien assez à faire avec le sien... Bien entendu, le professeur n'avait pas protesté et il s'était retrouvé avec une trousse de maquillage entre les mains, sans la moindre idée de ce qu'il devait en faire. L'espionnage n'avait jamais été son fort ; le travestissement non plus. Il avait un visage trop quelconque pour cela.
— Et par pitié, enlevez-moi cette queue de cheval, grogna Kakashi en peinturlurant la face d'un Kisame dans les vapes. On a vu plus sexy, comme coupe !
— Qu'est-ce que vous lui reprochez, à ma coupe ? aboya le chûnin. C'est la coiffure traditionnelle des ninja du village !
— Peut-être, mais aucune femme soucieuse de son allure n'irait s'attifer comme ça. Et un peu plus de douceur dans votre façon de parler. Nous sommes censées être des jeunes femmes sans défense en voyage d'agrément.
— Ça ne marchera jamais, soupira Iruka. On ne ressemble pas à des femmes, et Kisame refusera encore quand il se réveillera. Et il vous arrachera la tête.
— Je suis sûr qu'il changera d'avis si vous m'aidez à le convaincre, sourit le jônin.
Sacré pervers ! Iruka fit la grimace et défit ses cheveux d'un geste vif. Les mèches brunes tombèrent nonchalamment sur ses épaules.
— Et maintenant, je fais quoi ?
— Minute, dit Kakashi en passant un dernier coup de pinceau sur le visage tordu par la douleur de Kisame. Voilà, j'ai fini. Qu'est-ce que vous en pensez ?
Iruka contempla son travail. Le jônin avait appliqué sur les traits de l'homme-requin assez de fond de teint, de fard et de mascara pour approvisionner une femme ordinaire pendant un an. Les cheveux rêches avaient été plaqués avec un tube entier de gel et tenaient à peine ; dans une heure, les efforts de Kakashi seraient réduits à néant. Iruka voyait déjà plusieurs mèches se rebiffer. Le résultat était vraiment très moche et beaucoup plus effrayant que le visage ordinaire de Kisame.
— Je pense que nous n'aurons aucune peine à passer le barrage des Amazones, dit Iruka. Elles s'enfuiront en courant dès qu'elles verront Kisame.
— Vous croyez ? fit Kakashi avec une pointe d'espoir dans la voix.
— Non.
Il était vraiment fatigué. Fichu voyage, fichue quête, fichus compagnons, et en plus ce kimono le serrait de manière désagréable par endroits. Il n'avait vraiment pas envie de faire concurrence à la laideur de Kisame avec son propre visage maquillé.
— À votre tour, maintenant ! s'écria un Kakashi décidément un peu trop ravi par la situation.
— Je vais me pendre...
— Mais non, vous verrez, c'est très amusant à la longue !
— Comment ça, « très amusant à la longue » ? Parce que ça vous arrive souvent de vous travestir, peut-être ?
Le sourire de Kakashi à travers son masque en disait long sur ce qu'il allait lui répondre. Iruka fit une grimace consternée.
— Pervers !
— Merci. C'est le travail qui fait ça ; des années d'expérience et tout ça.
Il brandit ses pinceaux et un tube de rouge. Iruka s'éloigna en toute hâte, suivi de près par son agresseur.
— Ne m'approchez pas ! hurla-t-il, paniqué, en se précipitant à l'autre bout de la clairière dans laquelle ils se trouvaient.
— Allons, je suis sûr que vous allez aimer... je serais très doux, vous verrez, vous ne sentirez rien...
— Pas question, vous m'entendez ! Rien du tout !
— Ne faites pas votre pucelle effarouchée, Iruka.
— Quelle pucelle effarouchée ? C'est vous qui... qui...
Kakashi le coinça contre le tronc d'un arbre. Dans sa frénésie, Iruka n'avait rien vu et il était à présent vulnérable aux attaques du jônin... Il ouvrit de gros yeux en s'apercevant qu'il était tombé dans le piège de Kakashi. Une bonne vingtaines de shuriken se fichèrent dans le bois en immobilisant son kimono ; il ne pouvait plus bouger ses membres.
— Au secours ! cria-t-il en se débattant. Au viol ! À l'assassin !
Il sortit un kunai et voulut le lancer sur le cou de Kakashi, mais sa main prise n'avait aucune précision ; l'arme vola loin de sa cible. Son ennemi secoua la tête et plissa les yeux en signe de victoire.
xxxxx
— Je hais ma vie.
Kakashi cligna les yeux d'un air qu'il voulait sans doute adorable ; Iruka lui tira la langue pour lui montrer ce qu'il en pensait vraiment, de ses fausses attitudes de jeune fille en fleur.
— Allons, Lulu chérie, pas de défaitisme ! s'écria le jônin travesti.
— La ferme, « Shishi ».
— Ah, tu devrais faire comme Kiki, rit Kakashi en désignant la forme immobile de Kisame. Elle n'est pas morose, elle !
— Non, elle est bleue.
— Oh, Lulu chérie, quel humour, gloussa Kakashi.
— Ouais, ouais...
Iruka soupira et pria pour que tout se termine vite. Contre toute attente, Kakashi avait fait un travail décent sur son visage et l'avait rendu un tant soit peu regardable, mais rien en comparaison du jônin. Iruka avait été surpris de voir que le visage de son compagnon de voyage n'était pas aussi laid qu'on s'accordait à le dire au village, entre les potins de fin de semaine et les vrais ragots sérieux sur la vie privée de telle ou telle personnalité. Kakashi était le centre de nombre de ces discussions. On jasait beaucoup sur le masque plaqué en permanence sur son visage et sur les relations sans lendemain qu'il entretenait avec qui voulait réchauffer sa couche pour un soir. Pourtant, aucun de ses amants et maîtresses occasionnels n'avait pu découvrir le secret de son visage, pas même les plus acharnés. Il n'était pas un génie pour rien. On palabrait donc à la place. De bec-de-lièvre en herpès mal soigné, les théories allaient bon train. On avait même fait allusion à un rituel purificateur censé renforcer la longueur de son instrument...
— C'est ridicule, gémit Iruka.
— Quoi donc, notre habillement ? sourit « Shishi ».
— Entre autres.
Iruka grogna. Il était bien un peu jaloux, quand il y repensait... Il scruta un peu plus attentivement le visage de Kakashi. Définitivement jaloux.
— Je ne comprends pas, Kakashi.
— Quoi donc ?
— Vous avez un si beau visage ! Pourquoi le cacher sous ce masque ?
Et ce disant, il fixa les traits délicats de l'autre homme, sa bouche exquise et le tracé parfait de son menton et de son nez. Le maquillage rehaussait sa beauté naturelle et la rendait quasiment divine. Shishi était une très belle femme, digne d'une cour d'empereur. Même le kimono simple et sans ornement qu'elle portait ne gâchait en rien sa grâce.
Kakashi éclata de rire.
— Ça me fait une belle jambe, tiens, qu'on m'admire pour ma beauté !
Iruka ne répondit pas. Beau, intelligent, fort et ayant du succès avec tout le monde. C'était décidé, il haïssait cet homme.
— C'est mieux que de se traîner une réputation de faux moche !
Shishi lui fit un clin d'oeil.
— Oh, mais c'est qu'on est jalouse, non, Lulu chérie ? fit Kakashi en se pavanant. Je ne peux pas t'en vouloir, avec ma beauté, ma grâce naturelle, mon intelligence, ma...
— Oui, bon, on a d'autres chats à fouetter, l'interrompit Iruka avec hargne.
Kakashi ricana.
— Ça c'est sûr.
Iruka détourna les yeux. Il n'allait pas tomber dans son piège, ça non ! Qu'il rigole tant qu'il le veuille, avec ses airs de jolie fille et son génie à la noix ! Il valait mieux que ça !
Il préféra quand même changer de sujet.
— On fait comment pour Kisame, alors ?
Kakashi contempla le tas que formait l'homme-requin. Une lueur coquine fit pétiller ses yeux.
— J'ai peut-être une idée, fit-il avec délice, mais j'ai bien peur que cela ne vous plaise pas, Iruka...
Iruka déglutit avec peine.
xxxxx
— Halte ! cria d'une voix forte l'Amazone de gauche. Qui va là ?
Iruka fit un sourire crispé tandis que Kakashi se dirigeait sans hâte vers les deux gardes qui leur barraient le passage. C'était quitte ou double. Il trouvait son plan grotesque (comme toute cette équipée, d'ailleurs), mais il n'avait pas vraiment son mot à dire dans cette histoire. Avec un peu de chance et beaucoup d'absurdité (ce qui ne manquait pas dans sa vie, il fallait l'avouer), ils passeraient sans problèmes.
Après lui avoir exposé son idée, Kakashi était parti chercher de quoi transporter Kisame. Il était revenu en une demi-heure à peine en traînant à bout de bras un buffle sauvage qu'il avait dit avoir trouvé à la lisière de cette forêt si dangereuse. Comment avait-il réussi à le dompter et à le ramener, cela restait un mystère. Le jônin avait ensuite découpé des planches dans un arbre gigantesque, les avait assemblés avec les éléments d'une boîte à outils qu'il avait sortie Dieu savait d'où, et une heure plus tard, Iruka allongeait un Kisame ronflant et ignorant dans une carriole grossière mais solide et surtout mobile. Un miracle en soi.
— Et n'oublie pas hein, Lulu, nous sommes deux amoureuses en fuite et Kiki est ta chaperonne !
— Ouais, ouais...
— Un peu plus d'entrain, mon bonbon d'amour !
— Ouais, dit Iruka en faisant crisser ses dents.
— Non, non ! Dis quelque chose d'autre, enfin !
— Je vous hais, ça vous va ?
— Mieux, mais à peine, rit Kakashi. Le front haut ! Je m'occupe de la conversation.
Il tint parole. Le défilé par lequel ils devaient passer était truffé de gardes dans chaque recoin. Deux femmes à forte carrure les attendaient à l'entrée. Elles portaient des armures imposantes et les lances aiguisées qu'elles levèrent en leur direction rendirent le chûnin nerveux. Kakashi se détacha de leur convoi et alla leur parler, l'air goguenard. En passant, il appliqua une tape retentissante sur la cuisse d'Iruka, qui sursauta comme si quelque chose l'avait brûlé.
Décidément, Kakashi s'amusait beaucoup trop à ses dépends, ces temps-ci. Iruka se jura de lui tordre le cou en règle une fois la mission accomplie (et une fois qu'il aura trouvé le moyen d'accomplir cet exploit sans perdre un bras ou une jambe). Pour l'instant, il devait sourire.
Les deux gardes les toisèrent d'un air méchant en fronçant leurs épais sourcils. Iruka agrandit son sourire crispé et proféra tous les jurons qu'il connaissait dans sa tête, en inventant quelques-uns dans la foulée lorsqu'il en manquait. Kakashi minaudait devant les deux femmes et leur faisait les yeux doux.
— On doit ab-so-lu-ment passer, fit-il, la bouche en coeur. Lulu chérie et moi ne voulons de mal à personne !
— Et pourquoi ça ? grogna l'un des deux cerbères.
Kakashi prit un air complice.
— Vous savez ce que c'est, chuchota-t-elle, deux femmes qui se découvrent en catimini, la passion qui éclate, étouffée par la sévérité d'un père cruel qui veut marier ma pauvre Lulu chérie à un époux brutal et sans finesse...
Et pour faire bonne mesure, Shishi étouffa un sanglot. L'Amazone en face d'elle fit la grimace.
— Euh... ça ne me regarde pas, vos histoires là...
— Heureusement, nous avons pu fuir avec l'aide de la chaperonne de Lulu ! Mais ces mâles cruels se lancent à nos trousses ! Il nous faut fuir !
Iruka se retint de prendre sa tête entre les mains. C'était l'histoire la plus stupide, la plus clichée et la plus invraisemblable qu'il avait entendu depuis très longtemps. Aucun être sensé ne tomberait dans le panneau. À quoi pensait donc Kakashi ? On aurait dit un récit sorti tout droit d'un roman de gare !
Pour le bien de tous, il devait absolument lui faire lire autre chose que « Le Paradis du Batifolage ». Ça devenait urgent. Et il n'osait pas penser au niveau culturel de Naruto après avoir passé trois ans avec Jiraiya, l'auteur de ces torchons. Iruka se promit de reprendre en main l'éducation de son protégé une fois qu'il en aurait le temps.
À condition qu'il reste en vie suffisamment longtemps pour cela, bien entendu.
Il risqua un regard vers les deux gardes. Celles-ci se regardaient sans un mot. Elles paraissaient consternées ; Iruka ne pouvait pas leur en vouloir. Kakashi jouait aussi mal qu'un babouin mimant une courtisane. Il descendit de la carriole et rejoignit son compagnon de route.
— N'écoutez pas Shishi, fit-il d'une voix lasse, elle lit trop de romans à l'eau-de-rose.
Les Amazones se tournèrent vers lui, visiblement soulagées de trouver quelqu'un aux propos compréhensibles. Iruka poussa un soupir.
— On veut juste passer pour aller au Lac des Hérons, dit-il en essayant de paraître le plus féminin possible. Nous n'avons pas l'intention de vous créer de problèmes.
— Votre amie dans la carriole ?
— Elle dort. Elle est très maladroite et a réussi à s'assommer toute seule sur un arbre. On la transporte pour éviter qu'elle se fasse plus de mal.
— Et elle, là ? fit son interlocutrice en désignant Kakashi.
— Elle a trop d'imagination et son esprit s'est emballé en apprenant qu'on passait parmi les Amazones. Rien de bien méchant.
— Pour quelle raison voulez-vous aller au Lac des Hérons ?
— Tourisme. On m'a dit que c'était un endroit magnifique et j'en avais assez de la mer.
Les gardes se regardèrent, hochèrent la tête et décroisèrent leurs lances.
— Ok, vous pouvez passer.
— Merci.
Et ce fut tout. Iruka grommela à Kakashi de se tenir tranquille et manoeuvra doucement leur charrette dans le défilé. Ils firent un signe d'adieu aux Amazones qui étaient à l'autre bout, et ni une ni deux, le groupe se retrouva devant le Lac des Hérons. Kisame ne s'était toujours pas réveillé.
Trop irrité qu'il était à cause du plan minable de Kakashi, Iruka ne desserra pas les dents de tout le reste de la journée.
À suivre...
XxXxXxXxXxX
Oui je sais, c'était pas toujours heureux (hum... « Fente des Amazones »...hum...), mais là je suis un peu à court d'inspiration sur cette fic... Avec un peu de chance, je le finirais un jour, mais là tout de suite j'avoue avoir un peu de mal. Tant pis, elle avancera par à-coups, c'est tout.
J'espère quand même que ça vous a plu ; n'hésitez pas à me faire part de vos impressions, ça peut toujours servir.
Merci et à bientôt !
