Auteur : Bimbooka
Rating : T
Genre : Fanstastique / Romantique
Disclaming : Tous les personnages présents dans cette fiction sont la création de Meyer ... Exceptés Susan, Max, Julia, bref, tous les personnages que j'ai moi-même inventés.
Chemins croisés
[ Susan POV ]
L'assemblée de vampires se tenant devant moi était assez impressionante. Intimidée, je baissai les yeux quand il se mirent tous à me dévisager. Je ne les relevai que lorsque j'entendis la baie vitrée s'ouvrir - pourquoi n'étions-nous pas passés par là ? - et qu'un grand garçon, torse et pieds nus, la peau brune, entra dans le salon. Renesmée sauta des bras de sa mère pour grimper dans le dos de l'homme.
- J'ai raté quelque chose ? demanda ce dernier.
- Non, répondit un homme blond, assis sur le sofa.
- D'ailleurs, nous aimerions tous savoir ce qu'il se passe, reprocha un autre homme, très baraqué et brun.
- Oui, et qui est cette charmante jeune fille que vous nous avez ramenée, renchérit celle qui semblait être la compagne du blond.
- C'est Susan, répondit Bella, comme si cela pouvait assouvir la soif de curiosité dont chacun semblait faire preuve dans la pièce.
- Quand on l'a trouvée, elle se baladait dans les bois, non loin, ajouta Edward.
Je fronçai les sourcils. Se balader n'était pas le terme exact.
- Soit, soupira Edward, elle semblait plus perdue qu'autre chose.
- J'allais vers Port Angeles, protestai-je. Je savais parfaitement vers où me diriger. Je faisais juste une pause.
Tous les vampires présents dans la pièce haussèrent les sourcils, à part Renesmée, et le grand garçon brun, qui écoutaient tout de même la conversation avec intéret.
- Pour me nourrir, précisai-je. Je n'étais bien évidemment pas fatiguée.
- Elle est végétarienne, souffla Bella.
- Euh, excusez-moi, mais je suis un peu perdue là, je ne sais pas où je suis, ni qui vous êtes ... intervins-je.
- Assieds-toi, me proposa Edward en tendant la main vers le sofa où étaient assis l'homme blond et sa compagne.
J'obéis. La situation était plus qu'étrange. Après avoir posé mon sac à mes pieds, je levai la tête vers Edward.
- A côté de toi, c'est Carlisle et Esmé. Mes parents.
Esmé me fit un sourire empli de bienveillance, et Carlisle me tendit la main en murmurant "Enchanté", avec un demi-sourire. Ainsi, j'appris que le grand brun baraqué s'appelait Emmett, sa compagne, blonde comme les blés et sans aucun doute la plus belle femme que j'eus jamais vue, Rosalie. Puis il y avait Alice et Jasper, un autre couple, qui se tenait un peu en retrait dans un coin - ces quatre derniers étaient les frêres et soeurs d'Edward et Bella - puis Eleazar et Carmen, Kate et Garett, et enfin Tanya, apparemment des cousins de Denali venus rendre visite. Malgré le nombre important de prénoms à retenir, je ne m'y perdis pas. Puis on se tourna vers moi, et chacun se mit à mes questionner sur l'endroit d'où je venais, comment j'avais été transformée, pourquoi être venue dans les environs ... Lorsque je crus qu'ils avaient enfin fini de m'interroger, le dénommé Eleazar, brun à la peau mate, qui n'avait pas parlé depuis mon arrivée, se pencha en avant et fixa son regard dans le mien.
- Excuse-moi, mais ton don m'intrigue. Je n'arrive pas à le cerner. J'ai l'impression qu'il te permet de te camoufler, mais en même temps ce n'est pas un bouclier ...
- Euh ... dis-je, dubitative. Ce ne sont que des suppositions, mais je pense que c'est un don qui me permet de me fondre dans la masse des humains. Au gré de mes envies je peux choisir de vivre comme une humaine, ou comme un véritable vampire. Je peux manger et dormir comme les humains, précisai-je.
- Je vois, murmura le brun.
- Ce ne serait pas un don dit d' "adaptation" ? demanda Carlisle.
- Je n'en sais rien. Je le découvre au fur et à mesure des jours, à vrai dire. Cela dit, ça fait plusieurs jours que je vis comme un vampire.
J'avais du mal à me concentrer. Tous ces étrangers m'intimidaient. J'avais l'impression d'être la nouvelle qui débarquait en cours d'année, au lycée. Edward entendit mes pensées et me demanda :
- Je crois que nous t'avons assez importunée comme ça. Tu voulais aller à Port Angeles, je crois ?
C'était mon intention première, mais tous ces gens, plus étranges les uns que les autres, avaient éveillé ma curiosité.
- Ou bien tu peux rester ... ajouta-t-il. Si cela ne dérange pas Esmé et Carlisle.
- Bien sûr que non, tu peux rester autant que tu le souhaite ! s'exclama Esmé.
J'étais complétement intriguée. A quoi jouaient-ils, bon sang ? Je ne les connaissais ni d'Eve di d'Adam, et ils se comportaient comme si j'étais une vieille connaissance. Qu'est-ce que cela signifiait ? Alors que je me perdai dans mes pensées, je sentis deux mains se poser sur mes genoux. Baissant la tête, je vis Renesmée, qui me fixait de ses yeux chocolat. Elle tendit une main vers moi, comme si elle avait voulu la poser sur mon visage. Je ne pus résister, et me penchai, afin que sa menotte effleure ma joue. Tout à coup, un tourbillon d'images m'apparut. Je hoquetai de surprise, et me reculai bruquement. La petite eut l'air contrarié, tandis que je sentais sur nous deux les regards de la moitié des personnes présentes dans la pièce.
- Viens ! m'ordonna Renesmée.
Elle agita sa main, sans parvenir à toucher mon visage.
- Nessie, la morigéna Edward, il ne me semble pas que ce soit la bonne façon de demander à Susan.
- J'aimerais te montrer, se reprit la petite, m'autorises-tu à m'exprimer à toi à ma manière ?
Elle était si mignonne ! J'étais époustouflée par son langage si développé, et attendrie, je consentis à me pencher à nouveau. Pour la deuxième fois, le tourbillon d'images me saisit, en même temps qu'un esssaim de sentiments qui n'étaient pas le moins du monde les miens. Par automatisme, je déduisis que c'était sûrement les pensées de la petite. Je fermai les yeux,et me concentrai. Je vis défiler tous les visages des personnes présentes, mais Renesmée s'arréta plusieurs fois sur le mien, se demandant qui j'étais, et ce que je voulais. Je sentis aussi la curiosité, et la joie de rencontrer quelqu'un qui était, finalement, presque comme elle. Puis les images changèrent, et je revécus la scène de mon presque-combat avec son père à travers ses yeux. Je m'apperçus qu'elle avait eu peur, pour ses parents, mais aussi - suprise de chez surprise - pour moi. Elle désirait me connaître dès l'instant où elle m'avait vue, et ne voulait pas que son père me blesse. Incroyable. Puis elle me montra une scène inouïe, celle du grand loup brun chassant. Ils semblaient être liés d'une telle façon, tous deux ! Un peu à la manière d'âmes soeurs. Elle me montra ensuite le grand garçon à la peau brune, dont je ne savais toujours pas le nom. Et les images s'arrétèrent. Je rouvris les yeux, subjuguée.
- Comment tu fais ça ? demandai-je, ébahie.
- De la même manière que tu arrives à adapter ta vie à tes souhaits, me répondit-elle. Ca te dérange si je m'assois sur tes genoux ?
- Pas le moins du monde, souris-je, incapable de lui résister. A condition que tu m'en dises plus sur ta famille.
- Je peux te montrer.
- Avec plaisir.
De nouveau, elle posa sa menotte sur ma joue, et me montra les visages de chacun ici, m'expliquant à sa façon qui ils étaient. Carlisle était médecin et un grand lecteur ; Esmé, d'une bienveillance sans bornes ; Edward savait lire dans les pensées ; Bella maniait un bouclier qui la protégeait des dons des autres qui atteignaient son esprit, mais elle pouvait l'étendre pour englober beaucoup de monde ; Emmett était son oncle préféré, car il disait beaucoup de choses drôles, même si elle ne comprenait pas toujours tout ; Rosalie était souvent froide avec les étrangers, mais elle s'adoraient toutes deux ; Alice savait voir l'avenir en fonction des décisions des gens ; Jasper ressentait les émotions des autres, et pouvait les modifier ; Eleazar voyait les dons de chacun - c'était donc comme ça qu'il avait deviné le mien ! - ; Carmen était une compagne de chasse formidable, et chantait beaucoup de chansons en espagnol à Nessie ; Kate pouvait envoyer des décharges électriques à quiconque la touchait ; Garett avait été un grand voyageur aventurier, mais il avait renoncé à son statut de nomade lorsqu'il avait rencontré Kate - je ne comprenais d'ailleurs pas très bien les conditions de cette rencontre - ; et Tanya restait indéfiniment seule. Enfin, je vis le visage du grand garçon brun, et Renesmée m'expliqua que c'était Jacob, le grand loup de la forêt. Elle me fit voir qu'il était un loup garou, et l'Alpha d'une meute. Elle l'aimait beaucoup. Elle me fit voir quantité d'images, et j'appris bien plus de choses à son contact que quand j'avais posé des questions à ses proches. Enfin, elle termina par une image de moi, me montrant qu'elle m'appréciait déjà. Une fois de plus, j'étais totalement subjuguée.
- Tu vas rester, hein ? me demanda-t-elle.
- Je ne suis pas de votre famille. Je vais rester quelques temps, mais pas éternellement.
- Mais ... Je veux que tu restes, moi !
Je souris.
- Et si j'étais quelqu'un de méchant ? demandai-je.
- Si tu étais méchante, tu ne serais pas là.
- C'est vrai. Dis-moi, c'est quoi le nom de la ville la plus proche ?
- Forks. Pépé habite là-bas ! me précisa-t-elle, ravie.
- Je crois que je vais aller me racheter des vétements. Les miens sont en piteux état.
Je n'en avais pas changé depuis trois jours, et de la boue, du sang, et de la verdure se mélangeait sur mon tee shirt blanc et mon jean. J'étais pieds nus.
- Je peux te les laver, si tu veux, me proposa Esmé.
- Ce n'est pas de refus.
- Je vais te préter d'autres vétements ! s'exclama Alice, la petite brune aux airs de lutin.
- Oh mon dieu ... siffla Bella.
- Euh, mais tu sais, j'en ai dans m...
- J'insiste ! Tu ne va pas remettre tes vieilles loques !
Je m'apprétait à riposter, mais Renesmée mit sa main sur ma joue, et me montra des images d'Alice, fan de vétements à la mode, manquant de se battre avec Bella car celui-ci refusait de faire la poupée. Je compris qu'il ne valait mieux pas refuser, si je tenais à ma vie.
- Bon, euh, d'accord.
- Allez !
Alice m'attendait déjà dans le hall. Renesmée descendit de mes genoux, et nous suivîmes Alice à l'étage. Cette maison était vraiment immense. Humaine, j'aurais été capable de m'y perdre. Nous arrivâmes dans la chambre d'Alice et Jasper, mais il n'y avait aucune armoire en vue. Je vis l'extralucide prendre une porte au fond à droite, suivie de Renesmée. J'y pénétrai à mon tour, et manquai de pousser un cri de surprise. Nous nous trouvions dans une pièce plus grande que la chambre. Le long des murs, des penderies étaient remplies à craquer de vétements dans leur house transparente. Tous des grands couturiers. Je la vis se diriger vers des robes Chanel.
- Euh, tu sais c'est juste pour aller chercher des fringues à Forks, c'est pas pour ...
- Tu ne trouveras rien à Forks, répliqua-t-elle, à part une boutique de randonnée. Il faut aller jusqu'à Port Angeles.
- Quand bien même ! Je vais pas m'habiller comme si j'allais à un bal ! Et je ne te laisserais pas faire de moi ta poupée.
Elle me lança un regard noir, et Renesmée se mit à rire.
- Tata ! dit-elle. Laisse Susan chosir ses vétements toute seule, je suis sûre qu'elle a bon goût !
Je hôchai la tête. Alice poussa un soupir à fendre l'âme, et s'écarta des penderies.
- Après tout, je n'ai que de beaux vétements, alors tu ne peux pas faire de mauvais choix.
- Merci de ta confiance, soupirai-je.
Je jetai un coup d'oeil autour de moi, et repérai des pantalons, tous plus beaux les uns que les autres. Je chosis un jean's Chloé : doux et usé à la perfection, il n'avait sans doute jamais été porté. Je retirai la house et le posai sur mon avant-bras. Me retournant, je vis Renesmée qui me tendait un splendide chemisier blanc en flanelle.
- C'est moi qui l'ai choisi ! annonça-t-elle.
- Merci, Renesmée, tu es un ange.
Je m'émerveillai un peu plus chaque seconde de la façon dont tous semblaient déjà m'avoir, en quelques sortes, adoptée. Cela ne devait même pas faire une heure que je les connaissais, et j'avais l'impression d'être là depuis des semaines. C'était incroyable. Ou peut-être étais-ce ce don - d'adaptation semblait-il - qui faisait également effet aussi, et les "forçait", faute d'un meilleur terme, à m'accepter comme l'une des leurs. Je me déshabillai et enfilai les vétements d'Alice. Ils m'allaient à la perfection, malgré le fait que celle-ci dût etre plus petite que moi. Bon sang, mais était-on toutes faites sur le même moule ?
- Ils te vont à merveille !! s'écria Alice d'une voix aigüe.
- Tu trouves ?
- Oui ! Wahou, t'es belle dis donc. T'as quelqu'un dans ta vie ?
Cette question me fit hoqueter de surprise, et ma gorge se mit à me brûler soudainement. C'était tellement innatendu, et indiscret ! Je me retournai, afin de cacher ma rage et mon chagrin.
- Merde, dit Alice. Je suis désolée, je pensais pas que ça te ferait cet effet-là ...
- C'est rien. Moi non plus je ne pensais pas ... C'est juste que ...
Je me tournai vers elle. Elle avait l'air vraiment navrée.
- J'ai dû ... abandonner mon âme soeur pour ne pas lui faire de mal. Je n'y avais plus vraiment repensé depuis que je suis arrivée ici, mais de toutes façons il aurait bien fallu que j'y songe.
- Désolée.
- Arrête de t'excuser. C'est pas ta faute si je suis devenue un vampire.
Je me rendis compte que c'était cet élément qui avait fait tout chavirer. Je me haïssai plus que jamais en cet instant.
- Bon on y va à Port Angeles, ou bien on attend le dégel ?
[ Maxence POV ]
Je reposai ma fourchette dans mon plateau à peine entamé. Six jours. Six longs et pénibles jours depuis que Susan était partie. Six jours pendant lesquels je n'avais eu de cesse de penser à elle. Six jour pendant lesquels je ne m'étais pas nourri, ni n'avais dormi. J'étais un véritable zombie. Le pire, c'était que personne, à part Julia, ne semblait en comprendre la raison. Elle parraissait aussi affectée que moi, mais différemment cependant. Elle avait perdu une soeur, et moi l'amour de ma vie. Je ne savais pas ce qui faisait le plus mal. Léonie était bien sûr elle aussi attristée, mais elle n'avait jamais vraiment eu de relation fusionnelle avec Suzie. Alors elle ne cessait de nous répéter que cela ne devait pas nous empécher de vivre. Que c'était la vie. Je n'étais pas d'accord. Je trouvais que cette épreuve était sûrement comparable à la mort. Ok, peut-être que j'exagérai. Ou peut-être pas.
- Max ... Ce n'est pas comme ça qu'elle va revenir ... tenta une fois de plus Léonie, en me tendant ma fourchette sur laquelle était piqué un bout de pomme de terre.
- Ta gueule, Léo ...
Elle soupira, blasée de mon comportement.
- Tu me fais chier !! s'écria-t-elle soudain, nous faisant sursauter Julia et moi. Tu crois que c'est en faisant la grêve de la faim et du sommeil que Susan va revenir ? Mais bon sang, est-ce que tu t'es regardé dans un miroir ces derniers temps ? Tu ressemble à un mort-vivant !! Tu penses que Susan aurait été heureuse de te voir comme ça ? J'en doute ! Elle aurait voulu que tu sois aussi plein de vie que possible pour son retour ! Qu'est-ce qu'elle va dire quand elle reviendra pour nous voir ?
- Mais la ferme ! Tu ne sais même pas pourquoi elle est par..!
- Peut-être bien, mais je connaissais suffisamment Susan pour savoir qu'elle n'aurait jamais voulu ça. Tu dois vivre Max'. Pour elle, qu'elle soit fière de toi quand elle reviendra.
Au bord des larmes, je me levai avec fureur, reversant ma chaise, et quittai la cantine. Je me précipitai dans les toilettes pour hommes les plus proches, et me mis de l'eau sur le visage. Bordel ! Mais pour qui Léonie se prenait-elle ? Quel droit avait-elle, pour oser prétendre savoir ce que Suzie aurait voulu ou non ? Pourtant ... J'essuyai des larmes qui s'étais mises à couler. Stupide sensibilité ! Je n'avais cessé de pleurer ces six derniers jours. Le canal lacrymal ne s'asséchait donc jamais ? Je fermai la robinetterie, et levai les yeux vers mon reflet dans le miroir. Leo avait raison. J'étais hideux. Des cernes violets marquaient le contour de mes yeux, mes joues étaient creusées par le chagrin, mes yeux rougis par les larmes et la fureur, ma peau presque translucide. Poussant un cri de rage, je mis un violent coup de poing dans la glace, qui se brisa en morceaux. Je retins un deuxième cri, de douleur cette fois. Je retirai les éclats de verre de la plaie béante qui saignait, et l'examinai. Elle n'avait pas l'air très profonde. J'attrapai du papier toilette, et m'enveloppai le poing comme je pus. Le papier immaculé se tâchant de rouge au fur et à mesure fit soudain germer une idée dans ma tête. Je devais absolument quitter le lycée.
Je pris la route vers Seattle, au volant de ma mini Audi récemment acquise, roulant comme un malade. J'y fus en moins d'un quart d'heure, mais me rendis compte que j'aurais mieux fait d'attendre la nuit. Cela ne servait à rien de venir si tôt. Le soleil brillait encore dans le ciel. S'il fallait attendre, j'attendrais. Des semaines, ou des mois s'il le fallait. Mon amour pour elle était incomensurable.
[ Bella POV ]
Edward me dévisageai, comme à son habitude, me couvrant de ses prunelles or. J'aimais ce regard qu'il me portait, cette attention que me faisait me sentir bien plus importante que je ne l'avais jamais été par le passé. Enfin, il ouvrit la bouche, sembla hésiter, puis finit par dire :
- Tu penses vraiment que c'est une bonne idée de laisser Ness' aller avec les filles ? Après tout on ne connait pas cette Susan.
- Tu la connais sûrement mieux que quiconque ici. Et puis Renesmée aime déjà beaucoup Susan. Je pense qu'elle se sent plus proche d'elle que de n'importe qui d'autre ici.
- Proche ? Mais elle ne l'aime pas plus que ...
- Tu sais très bien ce que je veux dire. Grâce à son don, Susan est presque, finalement, un demi-vampire. La petite s'identifie sûrement à elle.
Il prit ma main et la serra.
- Je te fais entièrement confiance, tu es la plus douée lorsqu'il s'agit d'instinct.
Je souris, et me penchai pour l'embrasser.
- Y'a des hôtels pour faire ce genre de choses, chantonna la voix d'Emmett.
Je levais les yeux vers lui. Il était adossé au chambranle de la porte de la cuisine.
- Si ca te dérange tant que ça, rétorquai-je, tu n'as qu'à regarder ailleurs.
- Impossible ! Vous êtes tellement ... fascinants !
Je lui jetai mon regard le plus meurtrier, et il s'éloigna en éclatant de rire. Edward se mit lui aussi à ricaner, et me carressa la joue, tendrement.
- Il ne changera donc jamais ? me plaignis-je.
- Après tout ce temps, tu devrais savoir que non.
Je soupirai et mon portable se mit à sonner. Je reconnus la musique attribuée à Alice, et décrochai.
- Oui ?
- Ca te dérange si on emmène Nessie manger au restau ce soir ? Les filles sont mortes de faim.
- Susan aussi ? m'étonnai-je. Il m'avait pourtant semblé qu'elle était en "mode vrampire".
- Question de sécurité, elle a basculé en "humaine" dès qu'on a approché de Port Angeles.
- Je vois. Bon, du moment que vous ne rentrez pas trop tard, aucun soucis.
- Ah, une dernière chose, tu as besoin de quelque chose, tant qu'on est sur place ?
- Euh, pourquoi tu prends la peine de demander alors que tu connais pertinemment la réponse ?
- Je ne sais pas, question d'habitude. Bonne soirée !
- A tout à l'heure.
Je raccrochai.
- Elles vont manger en ville ce soir ... informai-je Edward.
- Je sais, qu'il me répondit. J'ai entendu.
Et il se pencha de nouveau vers moi, afin de déposer de tendres baisers sur mes lêvres. Ainsi allait notre quotidien depuis quelques mois. Tout n'étais que bonheur, un bonheur qui commençait à devenir habituel, mais dont on ne se lassait pas.
[ Susan POV ]
Mon téléphone, que j'avais rechargé chez les Cullen, se mit à vibrer lorsque je m'assis sur la banquette en cuir du restaurant que nous avions finalement choisi. Je le sortis, et put voir qu'il s'agissait d'un sms de Max.
" Où es-tu ? Que fais-tu ? Pourquoi ne réponds-tu pas à mes appels ? Je vais finir par me demander si vraiment tu vas revenir un jour ..."
Ma gorge se serra, et je m'excusai auprès des filles, afin de m'isoler dans les toilettes pour dames. Seule et enfermée dans une cabine, je téléphonai à Maxence. Il décrocha immédiatement.
- Susan, bon sang, mais c'est quoi ce bordel ? Tu aurais au moins pu donner signe de vie, j'ai cru qu'il t'était arrivé quelque chose !
- Je vais bien. Je n'avais plus de batterie, c'est tout.
- ... Où es-tu ?
- Du côté de Port Angeles. Mais je n'y resterais pas longtemps. J'ai l'intention de visiter le Canada.
- Reviens, ma belle ...
- Je ne peux pas. Je reviendrais au bout d'un mois, comme promis.
- Tu me manques ... Non, tu ne me manques pas, c'est bien pire que cela. Chaque jour sans toi est bien plus qu'une simple déchirure au coeur, j'ai l'impression de ne carrément plus avoir de coeur ! J'ai mal, je souffre plus que je n'ai jamais souffert, je taime, bon sang ! Tu ne m'aimes donc pas ?
- Ne dis pas de choses aussi stupides, bien sûr que je t'aime, comment peux-tu en douter ?
- Alors reviens ... Je t'en sup...
- Je dois raccrocher Max' ...
- Suze ! Non ! Ne fais p..!
Je coupai la conversation, et manquai d'envoyer mon poing contre la cloison de la cabine. Bon sang, pourquoi était-ce si dur ?
