Chapitre 4

En route pour l'Europe...

Catherine regarda disparaître le territoire américain depuis le hublot. Elle pleurait en silence, autant d'avoir laissé David derrière elle pour une période encore indéterminée, mais aussi elle appréhendait l'état elle allait retrouver sa mère. Elle avait préparé ses bagages pour trois semaines, avait confié à sa voisine le soin de nourrir le chat durant son absence. Elle ne savait pas encore combien de temps elle resterait loin de David.

L'embarquement avait pris plus de temps que prévu et l'avion avait décollé avec quinze minutes de retard. Toutefois, elle avait suffisamment de battement à Paris pour prendre sa correspondance pour Strasbourg. Ensuite, il ne lui resterait qu'une demi-heure jusqu'à la maison de retraite où sa mère avait passé les 8 dernières années, dans un état de santé satisfaisant.

Elle ferma les yeux et se souvint du chemin qu'elle avait parcouru pour en arriver à ce jour.

Née en Alsace alors que sa mère avait quarante-quatre ans, elle était la dernière de 3 enfants. Son frère avait succombé à une mauvaise grippe qui avait dégénérée en pneumonie alors qu'il n'avait que vingt-huit ans. Un an plus tard, sa sœur et son père avaient été victimes d'un accident de voiture, heurtés de plein fouet par un camion dont le chauffeur s'était endormi au volant. Il y avait treize ans de cela. Catherine avait accusé le coup tant bien que mal et se retrouvait enfant unique; sa mère, elle, avait court-circuité ses émotions et allait de l'avant, faisant preuve d'une force surhumaine pour assumer ce qui restait de la famille.

Une fois assurée que sa mère allait mieux, elle avait accepté un emploi à Paris comme interprète pour une société industrielle internationale. Un an plus tard, satisfait de son travail, le directeur de la société lui avait proposé de l'accompagner pendant quatre mois pour une tournée de visites aux clients américains. Elle rêvait depuis sa plus tendre enfance de traverser l'Atlantique et avait sauté sur l'occasion. Lors d'un séjour sur la côte ouest, elle avait rencontré un jeune chargé de communication dans l'une des agences qu'il visitaient. Ce fut un véritable coup de foudre. Catherine n'avait jamais imaginé qu'une pareille chose puisse lui arriver. Pour Greg ce fut réciproque. Il lui avait demandé se rester. Elle avait accepté, contre toute attente, elle qui s'était toujours promis de mûrement réfléchir avant de franchir le pas.

Après deux aller-retours entre la côte ouest et la France pour régler les formalités d'émigration et vendre son appartement, elle avait repris le chemin des États-Unis. Sûrs de leurs sentiments, ils s'étaient mariés trois mois après leur rencontre. Ils avaient déménagé à Bay City, faisaient la navette pour leur boulot, avaient même adopté un adorable petit chat noir, un peu par hasard et commençaient à construire un avenir qui semblait tout leur promettre. Ils étaient heureux.

Greg était attentionné, doux et calme lorsqu'ils étaient ensemble. Elle savait qu'au bureau, par contre, il pouvait se montrer impitoyable et très dur. De son côté, elle avait été engagée par une agence de communication dans la ville où il travaillait et gagnait sa vie honorablement. Greg, lui, montait les échelons à une vitesse accélérée et allait certainement obtenir le poste de directeur adjoint dans peu de temps. Tout allait bien.

Un soir, attendant Greg qui faisait encore des heures supplémentaires, Catherine préparait un petit souper romantique pour fêter leur premier anniversaire de mariage. Elle reçut un coup de téléphone du collègue de Greg lui annonçant que son mari avait été victime d'une crise cardiaque au bureau. Elle sentit le sol se dérober sous ses pieds, mais tint le coup. Machinalement, elle éteignit les bougies, prit son manteau et partit pour l'hôpital où il avait été admis. Mais elle était arrivée trop tard.

Catherine émergea brusquement de ses souvenirs et regarda par le hublot. Il faisait encore nuit noire. Elle laissa reposer sa tête sur le haut de son siège et s'endormit pour de bon.

*-*-*-*-*-*-*

Starsky avait commencé en douceur les séances de rééducation, d'abord pour lui permettre de récupérer sa capacité respiratoire. Ensuite viendraient les séances plus intenses, de stretching et musculation. Mais le patient montrait peu de bonne volonté. Starsky s'emportait souvent quand il sentait ses forces l'abandonner rapidement. Les médecins avaient autorisé sa sortie d'hôpital, après s'être assuré que son coéquipier le prendrait en charge.

Hutch avait réorganisé son appartement de façon à faciliter les mouvements de son partenaire au maximum. Starsky allait encore demeurer alité quelques jours, puis il pourrait circuler avec l'aide de béquilles. Starsky détestait les entraves, quelles qu'elles soient, physiques ou psychiques. Le détective blond avait bien l'impression qu'il lui faudrait aussi lui acheter un harnais. Son partenaire avait d'abord trouvé étrange puis rassurant de le voir entretenir avec Catherine une relation suivie. Ce qu'il n'avait jamais fait, sauf avec Terry, disparue un peu plus de deux ans auparavant. Contre toute attente, malgré ses moments de tristesse quand il jouait au Monopoly ou qu'il voyait Ollie dans la chambre du blond, Starsky avait plongé tête baissée dans sa relation avec cette jeune française qui semblait tout aussi accro de lui. Hutch était simplement heureux pour lui. Et il aimait bien Catherine. Il respectait sa force de caractère, même s'il entrevoyait parfois chez elle la même tendance que chez Starsky: une colère difficilement contenue face à une injustice ou un événement dont elle n'avait pas le contrôle. De plus, Hutch avait senti que Catherine lui avait témoigné d'emblée une sympathie franche et sans détours.

Lorsqu'ils arrivèrent à Venice Place, Hutch se gara le plus près possible de l'entrée, descendit rapidement de la voiture et fit le tour à toute vitesse, comme s'il avait à bord la plus belle conquête de l'année. Starsky avait déjà ouvert la porte et mis un pied à terre.

"Attends, je vais t'aider à sortir".

"Eh, l'infirmière, je ne suis pas impotent, j'y arriverai tout seul!"

Le blond avait envie de lui dire: "OK, bonhomme, mais si tu rouvres tes blessures à force de faire le malin, c'est retour direct à l'hôpital et c'est moi qui t'attacherai au lit. "

Mais il se retint. Il surveillait donc sans agir, laissant à Starsky la saveur d'être enfin un peu autonome, après ces dernières semaines d'hôpital.

Ils montèrent ensemble, Hutch derrière son ami, au rythme lent que Starsky avait péniblement adopté.

"Pourquoi faut-il qu'il y ait tant de marches, hein, tu peux me le dire ??"

"J'ai pensé que ça te ferait du bien de faire un peu d'exercice, mon grand."

"Sans commentaires !"

Hutch souriait derrière sa moustache, il était tout de même heureux de constater que Starsky avait retrouvé son caractère râleur.

"Allez, encore un petit effort, on y est presque."

Les derniers mètres furent les plus durs et Starsky dut reprendre son souffle de longues minutes avant de pénétrer dans ce qui allait être son nouveau chez-lui pour quelques temps.

Il avança péniblement vers le canapé et s'y laissa tomber, non sans grimacer.

"Ça va ? T'as pas trop mal ? Tu veux un coussin ? "

"Non ça va, par contre, j'ai une de ces soifs!"

"Attends, je vais te chercher un verre d'eau... ou tu préfères un jus ?"

"Un de tes jus de racine, non merci. T'aurais pas une bière ?"

"Et puis quoi encore?? Tu sais bien que t'y as pas droit. Ou alors une bière sans alcool. Et encore, je ne suis même pas sûr que tu y aies droit!"

"Dis, tu m'as bien regardé? Est-ce j'ai une tête à boire de la bière sans alcool ? Tu plaisantes, j'espère ??"

"Bon alors, on disait donc : un grand verre d'eau."

"Mouais, mmmm..." Starsky boudait.

Monter les escaliers lui avait scié les jambes. Il n'aspirait plus qu'à dormir à présent. Il s'allongea en prenant appui sur son bras et se coucha en grimaçant. Il laissa échapper une plainte que Hutch entendit à peine. Celui-ci s'assura qu'il était bien installé et alla lui chercher un verre d'eau. Lorsqu'il revint, son partenaire somnolait déjà. Il tira une table d'angle vers le canapé et y posa le verre. Il regarda son coéquipier avec tendresse, rassuré de le voir là, chez lui, en sécurité, en vie ! Il hésita, puis doucement, passa très légèrement sa main sur les boucles brunes.

"Repose-toi, bonhomme." murmura-t-il.

Starsky, à présent endormi, marmonna quelque chose d'inintelligible et un léger sourire s'afficha sur son visage enfin détendu. Hutch ne l'avait pas vu ainsi depuis longtemps et cela lui fit du bien.

S'assurant que rien de pouvait déranger ce sommeil bienvenu, il descendit rapidement chercher la valise qu'il avait préparée chez Starsky le matin même et remonta à toute vitesse.

Il alla poser la valise dans sa chambre qui deviendrait celle de Starsky pendant la durée de son séjour et retourna s'asseoir sur un fauteuil, face au canapé. Il restait immobile, à regarder son ami dormir. Ils étaient ensemble. Tout allait bien. Pourtant, il ne manquait qu'une chose et Hutch ne fut pas étonné d'y songer. Il manquait Catherine et il regretta sincèrement qu'elle ait dû partir.

*-*-*-*-*-*-*

Une secousse fit vibrer l'avion et Catherine émergea d'un sommeil lourd. L'appareil amorçait sa descente sur Paris. Elle regarda l'heure. Dix minutes de retard sur l'horaire. Elle avait encore tout le temps pour sa correspondance de neuf heures vingt-cinq pour Strasbourg. Elle éprouvait un violent mal de tête et appuya sur le bouton d'appel. Une hôtesse se présenta une minute plus tard.

"Mademoiselle, vous désirez quelque chose ?"

"Oui, j'ai un mal de crâne horrible, vous n'auriez pas de l'aspirine? Je n'ai rien dans mon sac."

"Mais certainement, je vais vous chercher cela immédiatement."

"Merci, c'est gentil."

Catherine ferma les yeux, même les lumières à présent rallumées lui faisaient mal. L'hôtesse revint avec un gobelet en plastic et une tablette de comprimés.

"Voici, c'est dosé à 500mg, je vous en ai pris deux si vous le supportez."

"Je pense qu'il va me falloir au moins ça, merci." répondit Catherine en prenant les comprimés et le gobelet.

Elle avala les deux doses, rendit le gobelet à l'hôtesse et se recala dans son siège. L'avion poursuivait sa descente et bientôt elle aperçut les lumières de l'aéroport Charles-de-Gaulle. Atterrir de nuit était toujours magique pour elle. Mais là, elle ne savourait pas. D'abord à cause de la douleur. Et puis parce qu'elle était loin de David.

Mesdames, Messieurs, nous allons atterrir dans quelques instants à l'aéroport Charles-de-Gaulle. Il est six heures cinquante . La température extérieure au sol est de 15 degrés. Veuillez redresser vos tablettes et votre siège. Nous vous prions de bien vouloir garder votre ceinture attachée jusqu'à l'arrêt complet des moteurs. Nous espérons que vous avez fait un agréable voyage et espérons vous revoir prochainement sur nos lignes.

Prochainement. Oui, très prochainement, tu me manques, David, se répéta Catherine.

Le débarquement se fit rapidement. Elle se dirigea vers la porte d'embarquement pour Strasbourg et s'installa pour y lire au calme. L'endroit était pratiquement désert. Une petite équipe d'entretien balayait les couloirs.

Elle avait dû s'assoupir car elle fut réveillée par une voix douce:

"Pardon, Mademoiselle, vous attendez le vol pour Strasbourg ?"

"Heu... oui..."

"Excusez-moi de vous avoir réveillée, mais le vol n'est pas encore affiché et je n'étais pas sûr d'être à la bonne porte d'embarquement."

La jeune femme regarda brièvement la femme qui venait de mettre un terme au rêve qu'elle faisait, où elle retrouvait David, à l'aéroport de San Francisco, un bouquet de roses rouges à la main et un sourire radieux. La femme qui l'avait réveillée était petite, un peu enveloppée, des cheveux bruns où paraissaient déjà quelques cheveux blancs. Son visage était très pâle. Elle portait très peu de maquillage, mais sa bouche était couverte d'un rouge à lèvres éclatant qui contrastait fortement avec sa complexion laiteuse. Catherine eut la vision d'une geisha. Cependant la femme qui se tenait devant elle n'en avait pas du tout l'allure, habillée de vêtements amples, très chiffonnés, aux couleurs ternes. Elle eut une moue un peu fâchée, puis se replongea dans la lecture de son roman.

"C'est bien ici" finit-elle par répondre. "Le vol devrait être affiché dans quelques minutes."

"Je vous remercie beaucoup. J'ai tellement couru partout depuis ce matin que j'ai l'impression que je vais louper quelque chose avant ce soir" dit la femme-geisha.

"Hmm... "

"Enfin, j'y suis, c'est le principal." termina la femme en s'affalant sur un siège.

Catherine espérait qu'elle allait se taire. Ce fut le cas. Elle ferma les yeux et revit David, ses roses et son sourire. Elle sentit dans son corps une chaleur qui montait doucement, un tiraillement dans son ventre rien que de penser à lui. Il lui manquait terriblement. D'un autre côté, elle frissonnait aussi dans l'attente de ce qui l'attendait en Alsace. Si seulement elle avait pu chiffonner la carte du monde et rapprocher les régions, comme dans un livre de science-fiction où les héros pouvaient voyager à travers toute la galaxie sans bouger de place. L'aller lui prenait plus de vingt-quatre heures. Le retour en prendrait un peu moins, puisqu'elle irait à la rencontre de sa destination. Vers l'homme qui avait triomphé de toutes ses résistances.

Le vol Paris-Strasbourg fut sans encombres. Elle arriva à destination en fin d'après-midi. Le directeur de la maison de retraite médicalisée où logeait sa mère la reçut immédiatement dans son bureau avec un petit sourire, ce qui était peut-être encourageant. Il lui tendit une main chaleureuse qu'elle serra volontiers et attendit qu'elle fut assise avant d'en faire autant. Elle appréciait cet homme, serviable, dévoué, et attentif au bien-être de ses pensionnaires.

" Je suis très heureux de vous revoir. Vous avez fait bon voyage ?"

"Oui, merci, Monsieur Schmitt. Le voyage était long et fatiguant, mais j'ai pu dormir un peu dans l'avion."

"Vous venez directement de l'aéroport ?"

"Oui, je voulais voir Maman tout de suite. Comment va-t-elle ?"

Il fit une petite pause et elle craignit soudain le pire.

"Votre mère a été transférée de l'hôpital hier après-midi dans un état satisfaisant, considérant la crise qu'elle a eue. Comme vous le savez, nous disposons ici de tout le personnel qualifié et des installations de rééducation nécessaires et votre mère est réputée pour avoir une force de caractère hors du commun."

"A qui le dites-vous ? Comment est-elle ? Vous m'avez dit au téléphone que tout le côté gauche était paralysé."

"En effet, mais ce matin, le kiné qui est venu la masser m'a dit qu'elle avait réussi à lui tenir la main et qu'il avait senti une pression, ce qui est plutôt bon signe. Toutefois, son visage est encore quelque peu figé, et ses jambes sont très faibles. Elle devra probablement se déplacer en chaise roulante pendant une ou deux semaines. Puis, il lui faudra un trotteur et ensuite des béquilles."

"Mais... elle.. vous pensez qu'elle pourra récupérer complètement ?"

"Vous savez, rien n'est jamais garanti... mais je pense que votre mère s'en tirera. Il lui faudra du temps et de la patience."

Catherine voulait se persuader que sa mère allait y parvenir, avec lenteur, une fois de plus.

"Je pourrais la voir maintenant ?"

"Certainement. Je vais vous accompagner. J'aurai plaisir à la saluer, elle est toujours si gentille avec tout le monde."

Catherine se leva et suivit le directeur jusqu'aux ascenseurs, puis au deuxième étage, ensuite vers la chambre 222. Lorsque la porte s'ouvrit, sa mère la reconnut immédiatement et lui fit un petit sourire avec toute la force qui restait dans son visage raidi par l'attaque. Catherine s'approcha d'elle et l'embrassa sur le front.

"Bonjour Maman" dit-elle en caressant doucement ses boucles grises. Les yeux de la malade avaient soudain retrouvé leur éclat et elle tendit avec une lenteur extrême une main que Catherine enroba tendrement dans les siennes, tandis qu'elle prenait place sur une chaise tout contre son lit.."Comment te sens-tu ?"

".... ça va." répondit-elle d'une voix encore faible.

"J'ai fait aussi vite que j'ai pu. Je suis désolée..."

Catherine s'en voulait d'avoir été si loin d'elle en ce moment. Mais sa mère sourit et répondit à la pression de sa main, ce que Catherine ressentit. Elle en fut heureuse. Elles n'avaient jamais eu besoin de parler beaucoup. La jeune femme ne remarqua pas que le directeur s'était discrètement éclipsé.

"Je suis ...contente... que tu aies pu venir."

Catherine accentua doucement la pression de ses mains sur celles de sa mère et lui sourit.

"Comment va ton chéri ?" Catherine fut surprise par la question de sa mère. Elle lui avait parlé de David depuis le début de leur relation et lui avait fait comprendre l'intensité des sentiments qu'elle éprouvait pour ce policier américain.

"Ça va. Il … il est … il est débordé, tu sais, mais... il va bien." mentit-elle.

"Tu es heureuse, ma chérie ?"

Sa mère attendait d'être rassurée, comme si ce contact était le dernier et qu'elle voulait être certaine qu'au moins Catherine avait enfin retrouvé le bonheur, après la mort de son mari.

Catherine retint un sanglot qui montait résolument. Elle ne pouvait pas lui dire ce qui venait de se passer. De toutes façons, David allait s'en sortir. Catherine s'en persuadait à chaque instant.

"Oui, Maman. Je suis heureuse avec David. Il est gentil, il est... tout ce dont j'ai pu rêver."

Elle avala avec force la boule qu'elle sentait monter dans sa gorge.

"C'est bien. Et toi ? Tu es fatiguée ?"

"Ce n'est rien, c'est le décalage horaire, une bonne nuit de sommeil et tout ira bien, ne t'inquiète pas."

Le comble. Sa mère avait traversé une épreuve violente et continuait de s'inquiéter avant tout pour sa fille.

Catherine demeura auprès de sa mère durant l'après-midi, lui tenant la main, lui racontant sa vie là-bas, si loin, de l'autre côté du monde, dans cette ville où un homme luttait aussi pour s'en sortir, un homme contre lequel elle désirait ardemment se blottir.

Elle jeta un œil sur le corps apaisé de sa mère qui s'était endormie. Elle eut brusquement un frisson violent. Quelqu'un marche sur ma tombe, dit-on. Elle se sentit mal à l'aise, comme si on allait lui annoncer une mauvaise nouvelle. Elle avait rarement cette sensation, mais à chaque fois qu'elle avait eu ce genre de frisson, un malheur était arrivé.

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