Libère-moi

Auteur : Yohko the demo

Fandom : Naruto

Genre: angst. Comme d'hab. Y a du fluff aussi. Du yaoi et du LIME. Et pis du gore hein, après tout c'est moi qui écris XD

Disclaimer : Pas à moi, tout à Kishimoto, bla bla bla, on aura compris…

Note : Fic spéciale de Nowel rien que pour Fennel mon beau seme, alias Shihodo, allez baver sur ses fics elles sont BIEN. (oui je l'ai enfin finie et on est en mai, et alors ?)


« Il me semble en excellente voie. »

Orochimaru ne bougea pas, soupirant intérieurement. Il savait bien que Jiraya allait mieux, il le voyait tous les jours et la plupart des nuits ! Non, ce qu'il avait demandé à cet imbécile de toubib c'était – pourtant simple – QUAND Jiraya pourrait enfin sortir ?

Pourquoi le commun des mortels éprouvait-il toujours le besoin de dévier les questions ?

« Excellente, oui c'est le mot, surtout depuis qu'il a mis un terme à ces trafics internes… Nous voulions attendre de voir s'ils s'arrêteraient d'eux-mêmes avec la thérapie, mais ils sont aussi bien sans pouvoir sur les autres pensionnaires, n'est-ce pas.

Léger agacement.

Orochimaru repoussa vaillamment la centaine de jutsus qui se bousculaient dans son esprit pour faire la peau dans d'atroces conditions à ce vieil… Imbécile.

« En définitive on dirait presque que quelque chose a libéré tous les sentiments qui rongeaient Jiraya de l'intérieur. Une sorte de thérapie pour extérioriser ses frustrations et ses peurs… »

Orochimaru tiqua. Il avait extériorisé ses peurs et ses sentiments ? Peut-être, mais sûrement pas en s'amusant un peu avec trois faiblards.

« Le mal-être qui l'avait poussé dans la drogue semble se dissiper. Bien sûr ce n'est pas si simple, les causes en sont nombreuses et pas encore toutes déterminées et il se peut qu'il replonge mais… »

Le médecin perdit ses mots en cours de route et resta silencieux, attendant sans doute une répartie de son interlocuteur.

Dieu qu'il pouvait haïr les conversations. Surtout quand elles avaient pour base une question SIMPLE appelant une réponse BREVE.

« Et donc, sa sortie ? »

« Nous attendons une certaine stabilité sur le plan physique, le corps n'est pas tout à fait sevré, voyons… Deux semaines depuis l'arrêt total, évolution rapide, le plus gros est passé, encore une semaine ou deux et il pourra sortir. Bien sûr il faudra qu'il soit sous haute surveillance pendant au moins six mois, et s'il pouvait continuer à consulter un psychiatre au-delà de ce délai…

« Je vous remercie. »

Orochimaru sortit rapidement, slalomant habilement entre les différentes tentatives de conversation du médecin interloqué par cet asocial fini.

Deux semaines.

Plus que deux semaines.

Il se demanda si c'était une bonne idée de le dire à Jiraya, sachant qu'il ressemblait depuis quelques temps à un gaz sous très haute pression. Qui risquait d'exploser à tout instant. Qui lui péterait immanquablement à la gueule lorsqu'il lui annoncerait le dernier délai.

Puis il repensa à leur dernier baiser plus qu'enflammé de la nuit dernière, et la réaction de gratitude probable de son amant.

Il regarda l'horloge. Encore une heure avant les visites. Quelle plaie.

Il fit mine de sortir, assomma un infirmier au passage et lui piqua sa blouse avant de modifier son visage.

Bon. Direction la salle des repas.

Ne s'étonnant même plus de son manque de self control il se mit en route. Depuis deux semaines il avait eu le temps de s'habituer à suivre sans poser de questions le mélange d'hormones et de sentiments qui avaient pris possession de son esprit.

Il aboutit dans le réfectoire sans même se tromper de couloir, bénissant les plans que Sarutobi leur avaient confié en cas d'urgence.

C'était un cas d'urgence, décréta ce qui n'était plus du tout son cerveau.

Il parcourut la salle du regard, sûr de repérer son amant du premier coup d'œil… Mais il n'était pas là.

Il fronça les sourcils puis accosta un autre infirmier.

« Le jeune Jiraya ? »

« Dans sa chambre, il crise encore. Les derniers effets, toujours les pires… »

« Merci. »

Il réussit pour une fois à se contrôler et marcha tranquillement – sans se précipiter comme un rhinocéros chargeant – vers la chambre de son équipier.

Il frappa, on lui répondit par une bordée de jurons. Avec un sourire amusé, il ouvrit grand la porte tout en restant prudemment sur le côté.

Et évita ainsi les divers objets volants qui allèrent s'écraser contre le mur du couloir déjà marqué par de tels lancers.

Lorsque Jiraya passa au stade au-dessus et explosa une chaise, Orochimaru décida qu'il était temps de sauver les meubles.

« C'est moi. »

« M'EN F… Oro ? »

Les tirs croisés cessèrent. Le pseudo infirmier entra, poussant les projectiles à l'intérieur, et reprit son apparence en fermant la porte.

Et se reçut un ninja en plein estomac.

Caressant doucement ses cheveux pour le calmer, il s'assit sur le lit défait, le ramenant à ses côtés.

Jiraya était pâle comme la mort, lui d'habitude si bronzé et rouge à force de crier et de bouger. Ses yeux étaient encore plus cernés qu'à son arrivée au centre et il avait bien perdu cinq kilos en deux semaines. Comme d'habitude, il frissonnait de tous ses membres.

Orochimaru soupira et s'allongea, son amant toujours serré dans ses bras.

La position lui rappelait toutes les nuits où il l'avait bercé, et cette nuit qu'ils avaient partagée… Dont ils étaient ressortis comblés, différents et très, très courbaturés.

La pensée le fit rire silencieusement.

« C'est pas drôle » grogna la bête boudeuse sur son ventre.

« Plus que tu crois… T'as intérêt à te rétablir vite. »

« T'es malin toi, dis-le à mon corps je maîtrise pas trop là… Et merde ! »

Il fut pris d'un autre frisson violent qui lui amena les larmes aux yeux. Et toujours cette faim à l'intérieur de lui, son corps qui tombait en miettes pour mieux réclamer sa drogue.

Le serpent fut tenté de lui faire remarquer qu'il avait bien maîtrisé les conneries qui l'avaient menées à cet état, mais il décida pour une fois de ne pas être sadique et cruel.

Même si ça aurait été drôle. Enfin, s'il n'y avait pas eu ce mélange d'hormones et de sentiments qui contrôlait son cerveau et n'appréciait pas que Jiraya souffre.

« Tu veux quoi ? »

« Rien. T'façon y rien qui y fait, ça fait toujours aussi mal. »

Orochimaru releva le menton de son petit ami et l'embrassa langoureusement. Le baiser fut prolongé et commença même à s'enfiévrer – jusqu'à ce qu'un autre frisson les sépare.

« Et merde ! »

Jiraya retomba le nez dans le cou de son équipier qui admettait une certaine frustration.

Ils restèrent ainsi, parlant peu, principalement parce que le désintoxiquant n'était pas en état d'assurer une conversation pour deux.

Et finalement les frissons se calmèrent, s'espacèrent. Jiraya souffla doucement derrière l'oreille d'Orochimaru, pile à cet endroit qui le chatouillait et le réchauffait pas mal aussi.

« Ca va mieux ? »

« J'aurais jamais cru qu'un serpent puisse être aussi chaud. »

« Je suis resté au soleil toute la matinée pour emmagasiner de la chaleur. »

« Pour moi ? »

« … »

« Mais t'es con c'est les lézards qui font ça… »

« … »

« Mon p'tit lézard… »

« Tu répètes ça tu souffres. »

« Ca va j'ai l'habitude. »

« Tu répètes ça je te viole. »

« Oh oui mon p'tit lézard. »

Orochimaru soupira puis se releva brusquement, se détachant difficilement de la prise tentaculaire qui le retenait.

« Reviens ! »

Jiraya tenta l'attaque fatale des yeux d'agneau tondu, mais en vain. Il se leva à son tour en grognant, faillit se ramasser et enchaîna les flatteries à propos de son « état de merde » et de sa « faiblesse à la con », et réussit finalement à rejoindre Orochimaru qui le regardait pensivement.

« M'aide pas surtout hein. »

« Tu te débrouilles très bien. »

« C'est ça fous-toi de ma gueule. »

« Ton état s'améliore c'est déjà bien. »

« … »

C'était vrai. Pendant plus d'une semaine, Orochimaru avait du s'introduire chaque nuit dans l'hôpital pour le soutenir. Il sombrait dans des délires violents et des crises de nerfs qui le laissaient dans un état apathique tout simplement terrifiant. Son corps s'affaiblissait, il n'avalait plus rien ou vomissait tout, avait des diarrhées qui le tordaient de douleur et alternait fièvres et frissons.

Orochimaru avait été témoin de tout cela, et ça lui avait cruellement rappelé cette nuit où Tsunade l'avait alerté en larmes pour qu'il l'aide à sortir Jiraya de chez lui. Cette nuit où il l'avait trouvé inconscient et avait cru un instant le voir mort.

Finalement ça leur avait à tous servi. Il avait appris à connaître toutes les facettes du boute-en-train de l'équipe, à savoir que derrière la frime, la force et les rires se cachaient aussi la faiblesse, la douleur et les larmes.

Et un gamin autant qu'un homme capable l'instant d'avant de lui donner un plaisir auquel il ne s'attendait pas pour se serrer contre lui en réclamant un câlin juste après.

Ils avaient tous enfin compris le sens du mot équipe, ils avaient su soutenir et aider l'élément faible pour le faire revenir à son état de force.

Il sourit, et Jiraya lui rendit un sourire lumineux quoique un peu crispé.

Et soudain Orochimaru le prit dans ses bras. Ou plutôt se jeta dans les siens, que Jiraya referma lentement, hésitant, avant de lui caresser le dos, cherchant à le consoler sans savoir de quoi.

Puis il lui releva la tête, et pour ce qui lui sembla la première fois le serpent vit son visage non pas comme un équipier, un protégé ou un amant.

Mais comme un protecteur souriant.

Puis il l'embrassa, dissipant l'image. Langue toujours aussi joueuse, corps toujours aussi agréable bien qu'un peu amaigri, communion toujours aussi complète. Vraiment, ils avaient perdu quinze ans.

Il fallait rattraper ça, et vite.

Mais alors qu'ils avaient enfin trouvé le lit et envoyaient une fois de plus balader vêtements et principes ninjas, perdus dans leurs étreintes fiévreuses…

On frappa à la porte.

« CASSE-TOI ! » Gueula aussitôt un Jiraya frustré tandis qu'Orochimaru se détachait de lui à contrecœur et roulait sous le lit.

« Mr Jiraya ! Ouvrez, s'il vous plaît ! »

« MAIS C'EST OUVERT BANDE DE CASTRES DES NEURONES ! »

Instant de flottement, puis le battant s'ouvrit sur un infirmier porteur d'un plateau de nourriture.

Qui se prit un coussin en pleine tête et bascula en arrière, envoyant le plateau sur le guetteur prudemment resté pour couvrir ses arrières, et qui aurait mieux fait d'aller de l'avant.

Profitant de la confusion générale, Orochimaru passa par la fenêtre après un dernier baiser volé à son amant et s'enfuit sans bruit – comme un serpent.

Jiraya alla se percher sur le ventre de l'infirmier baptisé de riz en sauce et plongea le doigt dans un amas de nourriture plus important sur la joue.

« Dommage. C'était bon. »


« EEEEEEEEEEE TEEEEEEE TELEPHOOOOOONE MAISOOOOOOOOOOOOOOOON ! »

« Jira. »

« Oui mon lézard d'amour ? »

« TA GUEULE. »

« Quoi, j'ai un bouton sur le nez ? »

« … »

« EEEEEEEEEEE TEEEEEEE MAAAIS… »

Jiraya fut interrompu par un kunaï le frôlant dangereusement. Il se retourna d'un bond et en attrapa un second au vol avant de se jeter sur Orochimaru.

« Traître ! »

« Toujours. »

« Si c'est comme ça, pas de baise pendant dix jours. »

« Tu peux tenir ? »

« Je suis bi moi monsieur, j'irai me consoler avec une jolie fille... »

« Tu fais ça c'est abstinence pendant dix mois. »

« … Mais pourquoi c'est toujours toi qu'as le dernier mot ? »

« Je suis un serpent. Bon, on accélère ? Il faut atteindre Konoha avant la nuit. »

« Quoi, ça te dit pas une nuit torride dans les bois ? »

« Pour rentrer avec de la boue et des feuilles partout ? «

« Tu vois jamais le romantisme de la chose. »

« Si c'est pour des conneries tais-toi. »

« Je boude. »

« … »

« Chuis sûr que si je me tais cinq minutes tu craques. »

« Même quand tu dors tu la fermes jamais cinq minutes d'affilée. »

« … »

« … »

« … »

« … »

« … »

« … »

« … »

« Bon, ok, vas-y parle. »

« … »

Sur quoi Orochimaru s'arrêta brutalement, plaqua Jiraya contre un arbre et lui roula la pelle de sa vie.

Pour la cinquième fois en sept minutes et quarante-cinq secondes.

« Je devrais me taire plus souvent. »

« Bonne morale, on y va ? »

« Tu sais, tu pourrais aussi me plaquer contre le sol et… »

« PAS en forêt. »

« Bon. »

« … »

« Tu te bouges oui ? On a une heure pour rentrer, sinon c'est moi qui te plaque, forêt ou pas. »

« On se bouge. »

Et ils se bougèrent, avec un grand sourire. Enfin, un peu plus grand pour Jiraya. Et un peu effrayant pour Orochimaru, mais ça c'était normal.

« Oro… »

« Quoi ? »

« Je peux squatter chez toi ce soir ? »

Et tous les soirs d'après ? Rajouta-t-il mentalement, mais ça on verrait plus tard.

« Bien sûr. J'aurais du mal à t'en empêcher. »

Un baiser rapide approuva son choix.

« T'as un grand lit confortable j'espère ? »

« Futon. »

« Mieux que le sol… »


« Tsu chérie, si je te dis que c'est moi, tu me fais un bisou ? »

« AH ! Mais ça va pas la tête ? JIRA ! »

Et les surprenant tous Tsunade se jeta des ses bras, manquant les flanquer tous les deux par terre.

Puis elle se recula aussi vivement, essuyant au passage ses yeux un peu humides.

« Tu t'es fait renvoyer hein ? Et toi tu l'en as même pas empêché, bande de mollusques, crapaud de merde va ! »

« Relax ! Oro dis lui elle va vraiment me frapper ! »

« Ca te ferait du bien. »

« Traître ! »

« Toujours. »

Néanmoins il se plaça protecteur devant un Jiraya piaillant plus que jamais.

« Ils l'ont lâché. »

« Quoi ? Mais… »

« C'est fini. »

« On voulait vous faire la surprise ! » Brama joyeusement le gamin de service en défonçant au passage l'oreille d'Orochimaru.

Qui ne se contint pas plus longtemps et lui cloua les lèvres.

Avec la langue bien sûr.

Jiraya s'étouffa à moitié d'étonnement, Tsunade sourit en se rappelant le fil rouge, le fil du destin qu'elle avait reçu dans son dernier rapport.

Et Sarutobi, qui venait juste de débarquer et n'avait pas vraiment tout suivi, cru à une attaque d'un genre nouveau, ou qu'Orochimaru essayait tout simplement de l'étrangler avec sa langue phénoménale, et s'empressa de les séparer.

Jiraya grogna, Orochimaru cligna des yeux.

Puis ils virent le maître et rougirent.

La mâchoire de Tsunade s'écrasa sur le sol. Oro et Jira.

Rougir.

Sarutobi tiqua. Enfin.

« Qu'est-ce qui se passe. »

« Ben on a voulu vous faire une surprise, chuis sorti ! »

« CA je sais merci » soupira le vieux singe.

« Gnié ? »

« Ils m'envoient des rapports tous les deux jours. »

« Oh. »

« Donc qu'est-ce qui se passe avec vous deux ? »

Orochimaru ferma les yeux brièvement, toutes ses mauvaises pensées refaisant surface. Dans un dernier réflexe de survie de ses sentiments sa main chercha celle de Jiraya qui la prit instinctivement.

Leurs doigts entremêlés, la chaleur revint se loger au creux de son ventre pour chasser les envies de retrouver la solitude familière.

« Et ben rien de spécial, rapprochement stratégique de l'équipe. »

« Stratégique hein ? »

« Ouais. »

Jiraya sourit, Orochimaru prit un air de défi de circonstance. Qu'il essaie de les empêcher de faire ce qu'ils veulent.

Mais Sarutobi se contenta de sourire en secouant la tête.

« Si vous êtes conscients de la merde dans laquelle vous vous engagez… »

« Ok ben c'est cool ! Bon on va bouffer ? J'ai faim ! »

« Pas étonnant, t'as vu comme t'as maigri ? »

« Désintox' Tsu ! J'en ai chié ! »

« A tous les sens du terme. »

« Maître ! »

Sur quoi Jiraya se rua à la poursuite du maître qui entrait dans le restaurant, suivi plus calmement de Tsunade et Orochimaru souriants.


« Et là je leur ai fait le coup du mur vivant, je te dis pas la tronchequ'ils tiraient… Un autre ramen please ! »

« Non. »

« Mais Oro… »

« Tu vas te rendre malade encore. »

« Mais Oro… Faut que je grossisse j'ai plus aucune fringue ! Je sais que tu me préfères à poil mais pour les missions ça va être la dèche. »

Tsunade s'étrangla à moitié de rire et vida frénétiquement trois verres d'eau tandis qu'Oro dédiait son plus beau regard noir à un Jiraya presque innocent.

« Votre vie privée ne regarde que vous, grogna le maître d'une voix à peine enrouée. Quant aux missions… »

« Chuis opé là, j'ai pas arrêté de m'entraîner ! Bon, peut-être encore une semaine mais… »

« Tu reprends dans un mois. »

« UN MOIS ! Nan mais sérieux vous êtes pas sérieux là ! »

« Je veux que Tsu et Oro reprennent complètement ton entraînement, et vous avez une mission d'infiltration très importante dans un mois. »

« Du genre ? »

« Assassinat. »

« Sérieux ? »

Cri du cœur de Tsunade et Jiraya. Orochimaru resta de marbre. Sarutobi le soupçonnait intérieurement de s'être proprement débarrassé de pas mal de monde en mission, mais n'avait jamais pu le prouver.

« Bon, rentrez chez vous. Je suppose qu'Oro et Jira… »

« Vont rentrer et vivre leur vie privée qui vous étrangle ensembles, oui. »

« JIRA ! »

« Oui ? »


« Oro… »

« Mmh ? »

« Pourquoi tu fais tout ça pour moi ? »

« C'est quoi cette question con ? »

« Ben… »

Orochimaru soupira et se releva sur un coude, contemplant son amant couché à côté de lui qui hypnotisait vaillamment le plafond.

« Hey. »

Jiraya tourna doucement la tête, ses yeux tombant au passage sur le torse pâle et divinement musclé révélé par le drap qui avait glissé.

« A ton avis, pourquoi je le fais ? »

« Parce que tu tiens un peu à moi ? »

« Je croyais que t'étais contre la fausse modestie ? »

« Vois pas le rapport. »

Le serpent poussa un nouveau soupir et se coula à côté de lui, se frayant un passage entre ses bras.

Jiraya sembla un instant surpris, puis referma son emprise sur lui, recouvrant soudain une fierté et un instinct de protection qui l'avaient quitté depuis bien longtemps, peut-être bien avant sa première dose de drogue.

« Peut-être que je fais tout ça parce que je suis pas si fort. »

Les mots sortaient difficilement de la bouche d'Orochimaru.

« Peut-être que je fais tout ça parce que tu m'as flanqué une trouille monstre. »

Leurs mains se rencontrèrent et s'entrelacèrent d'instinct.

Puis Orochimaru se retourna et lui plaqua un baiser sur les lèvres. Un baiser doux et tendre, pas enfiévré et incontrôlé comme d'habitude.

« Et sûrement parce que j'ai du perdre mon cerveau à un moment ou à un autre. »

« Oro qui fait de l'humour ? Ok, c'est une attaque ennemie. Avoue. »

« Jamais. »

« Dis-le… »

« Je… »

« Allez ! »

« Je t'aime. »

Jiraya en resta bouche bée, complètement largué. Orochimaru voulut se dégager pour aller ruminer ses conneries et chercher son cerveau en paix, mais d'instinct l'ancien drogué resserra sa prise.

« Je savais pas que tu pouvais dire ça »

« … »

« Mais bon, je savais pas non plus le nombre de trucs que tu pouvais faire avec ton corps. »

« … »

« Je t'aime ok ? Je croyais que tu le savais déjà. »

Sous les petits baisers qu'il lui parsemait dans le cou, Orochimaru finit par se détendre et sourire.

« Je savais pas qu'on pouvait se sentir aussi bien. »

Jiraya sourit devant l'aveu et reprit sa petite entreprise.

« Pourquoi tu as commencé ? »

« Commencé quoi ? »

« La morphine. »

Il le sentit se raidir, ses lèvres s'écartèrent de lui. Les rôles s'échangeaient instantanément.

Mais il le refusa et s'accrocha à ses bras, le forçant à l'enserrer.

« Raconte. »

« Je sais pas trop… Je comptais sur le psy pour me le dire mais apparemment c'est à moi de faire tout le boulot ! »

« Je peux t'aider. »

« J'ai pas envie d'en parler. A quoi ça sert, maintenant c'est fini ! »

« Jira… »

« Chuis sérieux. »

Orochimaru soupira. Que ferait Tsunade à sa place ?

Elle lui foutrait une baffe. Mauvaise idée.

« T'as pas con, tu sais très bien que c'est pas vrai. »

« … »

« Tu me fais confiance ? »

« Les yeux fermés bien sûr mais… »

« Alors raconte. »

Jiraya soupira, hésita encore, puis se traîna pour qu'ils se retrouvent allongés face à face, les mains toujours soudées.

« Je me sentais faible et con, je plongeais, j'avais peur de pas vous valoir, peur de pas compter pour vous, pour personne… »

« Mais on avait le même niveau. »

« Tu sais très bien que non. Et moi je bossais comme un taré. »

« Mmh. »

« Et puis j'ai toujours été seul, ça m'a fait bizarre de me retrouver en équipe. Quelle merde de tomber sur deux psychopathes… »

« Ca peut avoir des avantages. »

« Ouais au moins chuis sûr que tu vas pas me tromper. »

« … »

« Roh ça va. Et puis, rêver jour et nuit d'un serpent dans son lit, ça finit par déstabiliser. »

« Hein ? »

« J'avoue, j'avais pas vraiment des fantasmes hétéro à l'époque. Et puis un jour tout s'est trop accumulé et ça a pété. D'abord c'était l'alcool, puis après on m'a proposé de la came, et c'est tellement plus simple d'oublier, surtout que j'assurais quand même en mission… »

Sans rien dire, Orochimaru l'embrassa. Qu'il regrettait toutes ses conneries, tout ce gâchis.

Et pourtant ça leur avait servi, ils étaient plus soudés que jamais. Ils s'étaient redécouverts.

Jiraya finit par s'endormir en souriant, apaisé. Dans les bras d'Orochimaru.

Orochimaru qui s'endormit à peine avant lui. En sécurité. Recroquevillé contre Jiraya.

Le lendemain Tsunade décida de se laisser attendrir devant le spectacle et les réveilla en douceur au lieu de leur balancer un seau d'eau à la figure.


Jiraya inspira à fond. Il savait où était Tsunade, elle était toujours la première qu'il repérait. Restait à trouver Orochimaru, qui devait sûrement la couvrir. Il fallait l'éliminer d'abord, puis Tsunade.

Deux pièges à droite qui traçaient un chemin. Guet-apens. Pour pouvoir à la fois avoir vue sur les pièges et couvrir son équipière, il devait être…

Là, dans ce bosquet. Détourner les yeux comme s'il regardait simplement le paysage alentour.

Quatre caches possibles. Cherche un autre indice, n'importe quoi…

Le vent. Qui pourrait déporter un peu trop le kunaï.

Avec un sourire, il se lança, envoya un couteau dans le fourré opposé à celui où se trouvait le serpent.

Et un autre dans l'ombre du premier, qui déployait une longue chaîne.

Orochimaru se déplaça comme il l'avait prévu tandis que Tsunade lui envoyait un kunaï. Ils sortaient, parfait.

Une transmutation plus tard il était sur Orochimaru et le ceinturait, le menaçant de son arme.

Son amant trop surpris pour réagir immédiatement, s'attendant à ce qu'il prenne Tsunade en otage.

Mais bien vite il commença une incantation, trop tard : Jiraya s'était dérobé pour menacer la jeune fille, à peine trop découverte.

« Ok lézard de mes rêves, maintenant tu me files les clés.

Orochimaru resta de marbre un instant.

Puis éclata de rire tandis qu'un ultime piège se dévoilait pour envoyer bouler le crapaud à terre.

Il grogna, le nez dans le sable.

Puis une clé atterrit devant lui.

L'enjeu de l'entraînement.

Le double des clés de la maison d'Oro.

« Je me suis ramassé… »

« Non, t'aurais été en équipe tu nous aurais eu. »

Le grand sourire revint sur ses lèvres tandis qu'il s'emparait vivement de la clé.

« En gros c'est ok ? »

« C'est jamais ok ! Ca sera ok le jour où t'arriveras à latter les cinq hokages réunis ! » S'époumona Tsunade.

« Mais attend, à nous trois on vaut largement les cinq vieux ! »

« Imbécile. »

« Je suis d'accord avec lui », approuva calmement Orochimaru.

« Toi t'es pas objectif c'est le mec à qui tu viens de donner les clés de ta maison qui parle. »

Regard de la mort qui tue lentement en appréciant les cris poussés sous la torture.

« Jira calme-le. »

« Viens là mon p'tit lézard. »

« La bave du crapaud n'atteint pas la blanche colombe. »

Sur quoi Jiraya et Tsunade explosèrent littéralement de rire tandis que la dite blanche colombe s'accordaient un sourire d'autodérision.

« Alors là le coup de la blanche colombe t'es le premier à me le faire. »


« Mission les trois balèzes ! »

« Zin, arrête avec tes surnoms débiles. » Soupira Orochimaru qui devenait étrangement sociable, allant même jusqu'à parler aux gens !

« MISSION ! Qui que quoi dont où comment ? »

« Sarutobi vous appelle à la porte Ouest dans cinq minutes. Avec tout le paquetage pour au moins un mois. »

Ils se hâtèrent hors du café, ne laissant même pas Zin finir sa phrase.

« Un mois, un mois… C'est la fameuse mission avancée non ? Il nous sous-estime, quinze jours ça suffira bien ! » Râla Jiraya.

« C'est ton choix mais si tu pues tu m'approches pas. » Signala aimablement Orochimaru

« Maniaque. »

« Crade. »

« Bon on arrête la scène de ménage là. Tout de suite ! » Lança Tsunade en tournant pour rentrer chez elle.

Les paquets furent vite faits et Jiraya prit quand même soin de prévoir pour un mois. Oro était peut-être maniaque au possible mais tenait son contentement entre ses mains, autant ne pas le contrarier.

Sarutobi les attendait à la porte et Tsunade débarqua à la seconde où ils arrivaient. Le maître leur remit le rouleau contenant les précisions de leur mission et s'excusa presque de les envoyer tuer à leur âge. Mais nul n'avait besoin de s'excuser, ils étaient des ninjas et adultes depuis longtemps. Et puis avec les tensions, personne n'avait vraiment le choix.

Ils partirent ainsi après avoir pris connaissance des termes exacts de leur premier assassinat officiel.

Un seigneur de province sans grande importance, mais maître du commerce maritime d'une assez grande partie de la côte. Important donc de le remplacer par un pantin au service de Konoha, surtout qu'il semblait bien plus favorable aux ennemis du village.

Infiltration d'au moins un membre de l'équipe serait nécessaire vu le nombre d'informations qu'ils avaient. Le maître avait mis en place la couverture parfaite : la fille d'un lointain seigneur d'au-delà les mers, avec son grade du corps, venue quémander ses faveurs.

Ce serait Tsunade et Orochimaru, tandis que Jiraya leur procurerait tout ce qu'il leur était nécessaire de l'extérieur.

La route se passa sans encombres. Ils firent un détour en bateau pour arriver par le port et entrèrent dans le village.

Le roi était fêtard. Et surtout adulait les orgies.

Orochimaru changea aussitôt les rôles : Tsunade et Jiraya à l'intérieur, lui-même en soutien.

Mais ça n'était pas vraiment les fêtes au palais qui avaient motivé son choix. Non, plutôt les deux dealers qu'il avait repéré dès leur arrivée, et qui devaient sans doute être beaucoup plus nombreux en ville.

Jiraya les avait vus aussi, il le savait, ainsi que Tsunade. Aucun d'eux ne souleva d'objections, Tsunade se promettant de toujours savoir où était Jiraya, et ce dernier sourit à Orochimaru avec reconnaissance.

Puis ils se séparèrent, et les deux infiltrés se rendirent au palais.

Jiraya grogna quand même un peu de ne pas pouvoir voir Orochimaru tous les jours, mais il se tut devant le regard noir de Tsunade.


Dernier jour. Dernière orgie du mois, toujours la plus grandiose. Celle qui signerait la mort du seigneur.

Tsunade et Jiraya en était aussi soulagés l'un que l'autre, et même Orochimaru avait été tendu tout le mois.

Il avait pu se faire engager comme coursier pour se rapprocher des deux autres durant le festin.

Toutes les prostituées et tous les garçons de plaisir avaient été recrutés, et le nombre de denrées qui entraient aux cuisines aurait pu nourrir le village entier pendant trois jours, sans compter le prix de la décoration de l'immense salle de banquet, refaite tous les mois.

Et bien sûr, la majorité des personnalités importantes du pays étaient invitées.

Tsunade finissait de se préparer tandis que Jiraya, déjà richement habillé, allait et venait dans la pièce.

« Tu crois qu'il va marcher ? »

« Bien sûr, on parle du mec qui organise des orgies tous les mois et a un contingent permanent de putes au palais. »

« Y a pas que des femmes dans ses putes. »

« Et alors, il fait pour ses proches aussi. T'as bien vu les deux qui entraient dans sa chambre la semaine dernière. »

« Il est bi Tsu ! Suffit qu'il ait pas envie d'une femme ce soir et ça foire. »

Tsunade tourna la tête de son miroir et contempla Jiraya qui s'était arrêté de faire les cent pas.

« T'as une meilleure idée ? »

« Ouais, mais je vais avoir besoin de ton aide. »

« Tu veux y aller ? »

« Nan. Ce qu'il nous faut, c'est juste entrer dans sa chambre. »

« Oui. »

« Donc le mieux, ce serait de lui présenter quelqu'un d'assez androgyne pour passer à la fois pour un mec ou une fille, selon son état d'esprit. Tu me suis ? »

« Oui mais… »

« Et il faut que ça soit un cadeau de notre part. Pour qu'il ait confiance. »

« Mais il nous connaît tous les deux et… »

Les yeux de la jeune fille s'agrandirent soudain.

« Tu veux dire… Oro ? »

« Tu connais quelqu'un de plus androgyne ? »

« Il va jamais vouloir. »

« Mission. Il acceptera. »


Orochimaru était tout simplement sublime.

Il avait légèrement maquillé ses traits, revêtu un kimono à moitié transparent et attendait, le visage caché dan l'ombre.

Et Jiraya, qui attendait avec lui que Tsunade présente son « cadeau » au roi avait toutes les peines du monde à ne pas le plaquer contre le mur.

Un rapide coup d'œil et un sourire d'Orochimaru le firent se demander si c'était vraiment une bonne idée de les faire attendre tous les deux dans une pièce déserte.

Porte de communication avec la salle du banquet grande ouverte ou pas.

Orochimaru se déplaça dans l'angle mort de la salle et Jiraya le suivit, presque hypnotisé. Il voulut l'embrasser mais Orochimaru détourna la tête.

« Non. » Souffla-t-il.

Jiraya comprit aussitôt et se contenta de l'embrasser dans le cou. Du poison caché sous sa langue.

Orochimaru rejeta sa tête en arrière pour lui laisser un plus libre accès, serrant les dents pour ne pas gémir de plaisir tandis que les lèvres chaudes de Jiraya avivaient une frustration d'un mois entier.

D'instinct ils se collaient l'un à l'autre, excitant davantage leurs membres dressés.

Jiraya parcourut son torse de la langue avec des grognements explicites tandis que ses mains plongeaient déjà entre les cuisses du serpent cambré, à deux doigts de hurler, mission ou pas.

Il se crut en enfer lorsque la bouche de son amant vint l'embrasser à un endroit plus que sensible et réussit difficilement à rester silencieux tandis que Jira continuait sa luxurieuse torture, bougeant ses hanches pour mieux atteindre la jouissance.

Ils finirent par s'asseoir contre le mur, essoufflés. Puis Jiraya l'embrassa sur le nez à défaut de la bouche interdite.

« La suite quand on sera sortis de là. »

« Compte sur moi. » Souffla le serpent qui commençait déjà à se rhabiller correctement.

« Attends. »

Jiraya rajusta son col puis ils revinrent à leur place initiale.

Professionnels malgré leur envie ravivée de se jeter l'un sur l'autre.

Enfin Tsunade entra, suivie du seigneur en personne, qu'Orochimaru suivit docilement.

Jiraya se tourna vers Tsunade.

« Allez on retourne au banquet. Qu'est-ce que vous avez encore foutu ? T'es encore plus ébouriffé que d'habitude. »

« Rien rien princesse… »

« Tu m'appelles princesse quand t'es de bonne humeur et ça fait trois semaines que ta frustration monte. »

« Ben elle est redescendue. »

« Si vous vous étiez fait choper… »

« On est des pros de la débauche discrète alors. »

« Débile. »


Le seigneur sortit de sa chambre avec l'air un peu perdu.

Tsunade et Jiraya échangèrent un regard rapide tandis qu'il s'approchait d'eux.

« Mademoiselle, je voudrais vous remercier pour votre cadeau ! »

« Vous a-t-il plu, monseigneur ? »

« Une vraie merveille ! Un rêve ! »

« Vous m'en voyez ravie. »

« Je voudrais vous accorder une faveur en retour… Venez, suivez-moi. »

Il les entraîna, toujours entouré de ses deux gardes vigilants.

Ils entrèrent dans les quartiers des favoris, que seule une élite pouvait fréquenter, et dont ils savaient qu'ils comprenaient les deux harems, une petite salle de banquet et diverses chambres.

La salle de banquet fut ouverte, et Jiraya retint de justesse un cri.

Partout de la drogue, et allongés sur des lits ou à même le sol des hommes et des femmes en train de délirer et de s'injecter divers produits.

Le seigneur les conduisit au centre de la pièce et s'allongea sur un luxueux lit tandis que deux ou trois jolies femmes très peu vêtues s'approchaient avec des boîtes richement ornées contenant un mélange de tout.

Il fit rapidement son choix puis se laissa injecter les produits.

« Prenez-en, vous aussi, vous verrez c'est divin… Au fait, j'ai renvoyé votre petit putain, il a vraiment une bouche délicieuse mais est d'un farouche… Enfin, rien que pour la bouche vous méritez récompense, tenez, morphine… »

Jiraya frissonna sans pouvoir s'en empêcher tandis que le spectacle et ses vieilles addictions lui montaient à la tête. Une femme à moitié nue et complètement défoncée lui tendait langoureusement une seringue tandis qu'un homme commençait à le déshabiller.

Il voyait vaguement Tsunade repousser d'autres drogués mais son esprit ne pouvait pas se concentrer sur autre chose que la seringue, les gestes précis et si simples, le garrot qui enserrait déjà son bras…

Puis soudain Tsunade fut devant lui, ses yeux lançant des éclairs.

« Pardonnez moi sire, mais toute drogue m'est interdite. »

« Ah ouais ? Pourquoi ? »

« Mon état de santé trop fragile… J'aurais ardemment désiré jouir de vos faveurs mais je dois sous peine de mort obéir à mon médecin. »

« Que dalle ! Piquez-les ! » S'égosilla l'homme avec des yeux fous, et le refrain fut aussitôt repris par la foule enflammée.

Jiraya tombé à terre et voulut se débattre pour sauver Tsunade, mais déjà on le ceinturait, et certains hommes avaient une force extraordinaire. Le garrot se resserrait autour de son bras et il vit l'aiguille s'enfoncer dans ses veines. A côté de lui Tsunade hurlait et réussit à trancher une gorge, mais elle se retrouva vite submergée.

Puis on les laissa là, les clameurs s'éteignant tandis que la drogue se propageait dans leurs veines et que tout perdait de l'importance.

Pourvu que Tsunade n'ait pas eu un shoot trop fort. Pour lui morphine, vieille ennemie, il en reconnaissait les effets.

Puis son esprit se perdit dans les méandres de son brouillard intérieur.


Quand il se réveilla, il était couché dans l'immense chambre qui leur avait été attribuée. Frissonnant et courbaturé, il s'empara d'une couverture.

Puis la soirée de la veille lui revint à l'esprit et il ne retint que de justesse le contenu de son estomac.

Tsunade était allongée sur le lit, qui n'avait vraisemblablement pas été occupé que par elle.

Il s'assit sur les draps froissés et la contempla, forçant sa mémoire malgré la migraine.

Piqués de force. Ils étaient restés dans celle salle un certain temps, et il avait… Non, il n'avait rien fait. Puis on les avait traînés ici, puis Tsunade avait commencé à faire des avances à un homme…

Elle avait couché avec cet homme. Et lui les avait regardé en rigolant.

Bon sang, on avait vraiment dû lui administrer une dose de cheval pour qu'il ne réagisse pas ! Et Tsu… Mais qu'est-ce qu'ils lui avaient donné ? Il n'avait pas eu le temps de voir…

Soudain elle bougea, cligna des yeux en grognant.

« Jiraya ? Qu'est-ce que… »

Puis soudain ses yeux s'agrandirent et elle pâlit brutalement.

« Oh non… Oh mon dieu non ! »

Les larmes roulaient sur ses joues et elle se recroquevilla, cachant son visage dans ses mains.

Doucement Jiraya la recouvrit avec un drap, puis enserra ses épaules et la berça comme un enfant qui sort d'un cauchemar, murmurant des mots sans suite à son oreille.

Puis elle finit par arrêter de trembler et se leva, se drapant dans le drap, essuyant pensivement ses joues.

« Je vais prendre une douche. » Soupira-t-elle.

Jiraya resta dans la chambre, aux aguets, prêt à intervenir au moindre bruit suspect.

Mais non, elle émergea habillée et coiffée, l'air décidé.

« Prépare-toi, on se casse. »

« Tout de suite ? »

« Tout de suite. »


Orochimaru était au lieu de rendez-vous convenu, où il campait.

Il ne dit rien à leur arrivée, puis au bout de quelques secondes d'observation ses yeux s'agrandirent.

« Qu'est-ce qu'il s'est passé ? »

Ils lui dirent tout. Il écouta sans parler, sans bouger.

Puis il s'approcha sans gestes brusques et les prit dans ses bras.

Ainsi soudés tous les trois, il leur semblait que tout allait beaucoup, beaucoup mieux. Que leur équipe pouvait faire face quoi qu'il arrive. Qu'aucun d'eux n'avait failli, que l'horreur s'estompait.

Puis avec un sourire Jiraya vola un baiser à Orochimaru, puis embrassa Tsunade, imité à leur grande surprise par le serpent.

Et c'est en riant doucement pour chasser les démons qu'ils reprirent la route pour Konoha.

Le soir même, Orochimaru prit sa revanche en faisant hurler de plaisir son amant, qui se prit une baffe monumentale de Tsunade le lendemain matin pour « lui apprendre la discrétion bordel de merde ! »

Deux jours plus tard, le seigneur usé par le poison d'Orochimaru mourut d'une overdose.

Le sourire de maniaque de Tsunade faillit battre celui du psychopathe de service.

A la fin de la semaine, Jiraya emménagea pour de bon chez son amant, défrayant une fois de plus la chronique avec les rumeurs qui couraient à leur sujet.

Mais qu'est-ce qu'ils pouvaient bien s'en foutre !


Je remercie vivement les Guns N' Roses pour avoir fait des chansons aussi parfaites et qui m'ont autant motivé pour taper tout ça, et je remercie mes petites cousines de dix ans de pas être venues lire par dessus mon épaule pendant que j'écrivais le lime, je veux pas être celle qui les aura définitivement perturbées (garde ses illusions lol)

Pour toi Seme d'amour!