Chapitre 3
Le bain de sang est la première épreuve, pour en réchapper il n'y a qu'une solution : courir. Quoi qu'il arrive, quoi qu'on entende, il faut courir. Le plus vite et le plus loin. Peu importe le nombre de personne qui s'effondrent à nos côtés, peu importe si notre allié nous appel à l'aide, il ne faut en aucun cas faire demi tour. Et surtout, ne pas essayer pas de nous retrouvez l'un l'autre.
Ca a été le dernier point abordé par Mags. Je crois que ça à surtout été la dernière chose qu'elle avait encore le courage d'avouer. Après ça, l'atmosphère était tellement pesante qu'Ezla a tenté par tous les moyens de nous dérider. Mais le silence persistait. Nous avons rejoins le wagon restaurant où des plats aussi beau qu'ils étaient bon nous attendaient et j'ai vécu le repas le plus silencieux de toute ma vie –alors que j'ai quasiment toujours vécu seule.
On a quitté chacun notre tour la table, moi la dernière parce que je me sentais mal d'abandonner Ezla qui faisait tant d'effort pour nous être agréable. J'avais envie de lui dire qu'on l'apprécierait d'au tant plus s'il n'avait cette perruque bleu qui nous agressait les yeux, mais… il n'aurait pas compris.
Après cette longue journée, je me retrouve enfin seule dans ma chambre. Isolée, en proie à mes réflexions. D'abord sur mon district : parce que je me sens trahis, peu importe qu'ils n'avaient pas le choix, ils nous ont jeté en pâture. Le Capitole, qui attise ma haine un peu plus à chaque instant. Les Jeux enfin, car j'ai beau essayé de les pousser dans un coin de ma tête, je dois me rendre à l'évidence : je ne peux pas y échapper.
J'ai accepté l'idée de mourir là-bas. En même temps, je n'ai pas vraiment le choix. Mais Mags à soulevez deux nouveaux problèmes. Deux nouveaux murs à briser : comment vais-je mourir et si je vais tuer. Les têtes de chaque tribut flottent au dessus de moi. Je ne me vois en tuer aucun, mais je les vois tous me tuer. A quoi vais-je survivre dans l'arène ? Est-ce que je vais ressentir ce que Mags à décrit tout à l'heure ? Ou est-ce que je n'irai pas plus loin que le bain de sang ? Mais le plus important : vais-je faire un effort, alors que je sais déjà comment ça va se finir ? Pourquoi devrais-je me battre si je ne compte pas revenir chez moi ?
Je ne peux ni tuer, ni survivre. Mais j'ai peur.
C'est sûrement la peur qui guidera mes pas.
En tout cas c'est elle qui me guide jusqu'à la chambre d'Hook. J'ai besoin de lui parler. Parce que je ne suis pas la seule embarquée dans ce bateau. On doit bien être vingt-quatre à se demander ce qu'on fait là.
Je toque d'abord, puis colle mon oreille à la porte -elles sont si épaisses, comme est-ce que je peux entendre une quelconque réponse ? C'est un grognement qui me répond et l'idée que je le réveille peut être me vient à l'esprit. Trop tard, je rentre. Mais il ne dort pas, pas du tout même : torse nu allonger au sol, il a l'air de faire des pompes. Il s'entraîne.
- Qu'est-ce qu'il y a ? Me demande-t-il après un silence de ma par.
Je reprends mes esprits, réellement perturbée. Non, ce n'est pas le fait de le voir à moitié nu en train de faire des exercices qui me perturbe –je viens du Quatre, des garçons à moitié nus en sueur, j'en vois tout les jours. C'est de voir les efforts qu'il fournit pour être au niveau pour les Jeux. Il se donne des chances de réussir alors que moi, je me lamente sur la fatalité. Je viens m'asseoir à sa hauteur, adossée à son lit.
- Alors tu penses avoir une chance ? Dis-je enfin.
- Tu as entendu ce qu'à dis Mags. J'ai une semaine et demie pour devenir plus fort que ce gars du Deux.
- Ou celui du Sept.
- Qui ?
- Le balafré.
Il semble réfléchir. Apparemment, le colosse ne l'a pas marqué, je me demande pourquoi. Il continue à faire une série et je suis incapable de lui parler. En fait, je ne sais pas trop quoi lui dire, comment aborder le sujet qui me pend aux lèvres. Que je n'ai aucune chance de gagné, que je ne pourrais pas tuer et surtout pas lui. Que par conséquent, s'il pensait vraiment en avoir la force, j'aimerai qu'il gagne, parce qu'un revenant veut toujours mieux que pas de revenant. Mais le mot sacrifice refuse de sortir.
Au lieu de quoi, je joue mes mèches de cheveux. Ils sont d'un châtain délavés –à cause de la mer et du soleil, typique du Quatre. Ceux d'Hook sont aussi noir que la nuit –ce qui n'est pas si rependu chez nous. Mais nous avons les mêmes yeux. Menthe à l'eau, comme on dit là-bas.
- L'arène peut être un avantage, dit-il enfin.
- L'arène n'a jamais été un avantage pour personne.
Il s'arrête un instant, me lance un regard, l'air de dire "femme de peu de fois" avant de rependre ses exercices.
- Il y a huit ans, c'était une toundra et la moitié des tributs sont mort au deuxième jour. Sauf les tributs du Huit qui ont su se confectionner des manteaux. Et plus tard, grâce à des picots empoisonnés qu'il avait tissés, Woof a remporté ses Hunger Games.
Je n'ai pas le temps de réagir qu'il reprend.
- Il y a cinq ans, c'était une forêt et la fille du Sept s'en est sortie en grimpant au sommet d'un arbre.
- Ils ont abattu l'arbre pour qu'elle prenne par au combat. Et elle s'est fait tuée.
- Peut être, mais elle a survécu six jours. Six jour, Peach, ça a faillit être les Hunger Games les plus long de l'histoire. Et elle aurait pu gagner si elle avait fait l'effort de se battre.
Ses paroles ont l'effet d'un raz-de-marée. Il sait que j'ai abandonné dès que j'ai entendu mon nom. Mais je ne comprends pas ce qu'il cherche à faire. Me motiver ? Peine perdue.
- Il y a trois ans, quand ils avaient placé l'arène dans des mines, le Douze a connu son premier vainqueur. L'année dernière, parce qu'il savait comment était confectionné l'arène, Lick a pu se camoufler et est resté invisible aux yeux de tous. S'il n'avait pas eut son mouchard, jamais on ne l'aurait retrouvé.
Lick, le gagnant du Six qui avait plongé dans la morphine. Super exemple.
- Mais-
- Et l'année ou Mags a gagné...
Il ne termine pas sa phrase parce que je sais. Je sais comment Mags a gagné.
- C'était un océan, termine-je à sa place.
- L'arène peut nous être favorable. Tu sais tisser et je sais lancer un harpon. Nous savons tout les deux nous servir d'un crochet ou d'un hameçon. On sait nager, ce que peu de district savent. On sait se servir de couteaux.
- Oui, pour vider un poisson ! Pas égorger une personne.
Il garde le silence et je le remercie de ne pas dire tout haut que c'est presque la même chose.
- Nous sommes plus malin.
- Qu'est-ce que tu en sais ?
- On sait lire dans le vent.
Je marque une pause involontaire, comme un flash back de mon district. On nous apprend à lire le vent et la mer. C'est une expression qui signifie avoir le sens de l'observation. Mais pas seulement. Quand on part en mer, il faut savoir guetter la tempête, les cours d'eau pour comprendre où vont les poissons, le vent aussi pour l'avoir toujours dans le dos. Mais lire le vent et la mer, c'est avoir ce sixième sens, comme on disait autrefois. L'instinct de ce qu'il y a, là où nos sens ne peuvent aller. C'est presque un don, celui de prévoir les catastrophes.
Je me souviens de ma gorge serrer quand Ezla à ouvert l'enveloppe et le manque de surprise quand le nom d'Hook, puis le mien a été sortie. L'instinct, nous l'avons tous au Quatre. Peut être est-ce notre seul avantage.
- Est-ce que se sera suffisant ?
- Non, mais c'est un bon début. L'un de nous peut rentrer à la maison
Hook se redresse et s'installe pour travailler ses abdos. Après un moment d'hésitation, je m'allonge à ses côtés et l'imite. Je ne pense toujours pas gagner, je suis toujours sûre de mourir, mais une détermination nouvelle vient de naître en moi : si Hook y croit, alors moi aussi.
Le lendemain je suis épuisée et j'ignore par quel miracle j'ai réussis à me hisser jusqu'à mon lit. Nous nous sommes entraînés jusqu'à tard dans la nuit –jusqu'au petit matin peut être ?- et je me demande si des séances de musculations changerons la donne. Après observation, je suis beaucoup moins rachitique que ce que je pensais, sans doute grâce aux activités de mon district –avancer contre vents et marrés est quelque chose de parfaitement anodin chez nous. Mais il est clair que je ne fais toujours pas le poids face aux tributs du Un, du Deux et ce gars du Sept.
Cette constations ébranle mes convictions. Après réflexion, je ne pense toujours pas faire le poids contre la moitié des tributs. Pourquoi est-ce que je déploie au tant d'effort ? Ah oui, c'est vrai : Hook m'avait presque convaincu hier.
- Bonjour ! s'écria Ezla, toujours pimpant celui-là.
Hook grommèle un "salut" et je lui souris amicalement. A peine assis, il se lance sur un débriefing de la journée, notre arriver au Capitole et le déroulement de la semaine à venir. Il est si enthousiaste et joyeux que je fini par me demander s'il comprend qu'il est en train de nous mener à l'abattoir. Certainement pas. Mags nous rejoins, à mi chemin entre "les chambres de l'hôtel sont sublimes" et "vous allez même pouvoir rencontrer le Président !' Je me souviens être passé devant sa chambre et avoir entendu des gémissements. Des sanglots, peut être, je ne suis sûre de rien. Mais des cernes sont creusées sur son visage et elle a l'air si fatigué.
- Bien dormis ? Nous demande-t-elle.
- Pas beaucoup.
Elle nous lance un regard interrogé : elle ne doit certainement pas s'attendre à ce qu'on se soit entraîné.
- On a fait un peu d'exercice, explique Hook.
Mes muscles ricanent au "un peu", je suis à deux doigts d'avoir des courbatures.
- On a réfléchit hier, reprend-t-il. Sur notre talent. On n'est pas être pas excellent d'un un domaine, mais nous sommes bon dans plusieurs. Je pense que chercher une botte secrète n'est pas la bonne tactique à adopter. On devrait se concentrer sur des acquis qui se complètent.
- Comme quoi ?
- Ce qu'on a apprit au District. Ce qui t'as servit pour gagner tes Jeux. Et puis les point fort de chaque district, comment les déjouer. Ce qu'il y a évité et comment choisir un allié. On a réfléchit à tout ça.
- Ensemble ?
Nous hochons la tête en même temps. Mags plisse les lèvres, elle semble embêtée. Peut être parce qu'elle nous a déconseillé de nous choisir comme allié et que nous ne l'avons pas écouté. C'est vrai après tout, c'est notre mentor, si on commence déjà à lui désobéir, ce n'est pas gagné.
- Ca semble être une bonne tactique, tempère Ezla.
Mais Mags garde le silence. Je ne sais pas pourquoi, je sens la pression monter en moi. Mon cœur accélère son rythme alors qu'il ne se passe rien de particulier : nous attendons juste qu'elle finisse de soupeser la situation. Contre toute attente, elle se tourne vers moi, ce qui me surprend puisque c'est Hook qui à parler en notre nom depuis le début.
- Est-ce qu'on peut se parler ? Seule à seule ?
Je lance un regard interrogé au tour de moi. Ezla est aussi perdu que moi et Hook semble confiant. J'acquiesce difficilement en me levant et par à sa suite dans le wagon voisin. Après s'être assurée que la porte du wagon était bien fermées, elle me fait asseoir. D'abord silencieuse, elle me lance un sourire dont elle seule à le secret.
- J'ai du être le mentor de beaucoup d'enfants qui pensaient avoir leur chance. Nous, au Quatre, on manie des armes depuis toujours : trident, filet, hameçon, nœud, harpon. Nous sommes résistant, forgés par la marré. Nous avons plus d'aptitudes naturelles que n'importe qu'elle autre district.
Je n'arrive pas très bien à savoir où elle veut en venir, mais je continue de l'écouter avec attention.
- Pour tant, nous ne somme pas ceux qui reviennent le plus souvent. Nous sommes résistants, mais ceux qui gagnent sont fort. Ceux du Deux ont la rage de vaincre et ceux du Un sont toujours les plus soutenus, les plus proches du Capitole, mais surtout des sponsors. Toi, qu'est-ce que tu as ?
Je ne prend même pas la peine de réfléchir, j'ai toujours eut la réponse à cette question.
- Je n'ai rien.
Mags soupire, une mine désolée plaquer sur le visage.
- C'est bien ce que je me disais. Tu veux faire gagner Hook.
Je sursaute, surprise être aussi transparente. Bon, je ne m'en suis jamais caché mais, j'ai l'impression de l'avoir déçu, comme si elle en attendait plus de moi. Mais quoi ? Je ne vaux pas plus, ni mieux que n'importe quel autre tribut qui ceux sont avancé dans cette arène et qui sont mort avant qu'on ne leur donne une chance.
- Tu crois peut être sincèrement que tu préférerais qu'Hook gagne, mais quand tu seras dans l'arène, tu ne penseras qu'à ta propre survit et tu n'auras aucune stratégie. Je ne veux pas que tu essayes de l'aider.
Elle s'arrête et reprend sur un ton grave.
- Je veux que tu essayes de te sauver.
Pourquoi ?
Je ne lui avais pas demandé ce jour là, sans doute parce que je n'étais pas prête à entendre la réponse. Ou sûrement parce que je savais que je ne l'aurai comprise qu'en foulant le sol de l'arène. Mais, maintenant que je suis seule, dans cette crevasse à agoniser, je me dis que j'aurai du m'en tenir au plan.
J'aurai du tout faire pour qu'Hook survive et gagne.
Je n'aurai pas du laisser les choses s'inverser.
Merci à Peetniss pour ses review, c'est très encourageant :)
