Salut les gens ! Ca faisait longtemps, hein ? Pour tout vous avouer, le peu de reviews reçues pour le dernier chapitre du journal de Poppy m'a découragée et un peu plus mise dans l'esprit vacances. Vu que tout le monde est dans le même cas (je parle de l'ambiance farniente), je n'ai pas vraiment fait d'effort, ou plutôt, n'ayons pas peur des grands mots, je n'ai fait aucun effort pour tenir une quelconque activité d'écriture. D'autant plus que de voyage en voyage, je n'arrêtais pas de bouger, donc pour écrire ou publier ce n'était pas vraiment idéal.
Et puis j'ai eu un moment pendant lequel j'ai écrit comme une folle sur plein de projets différents. Et notamment deux chapitres d'OS en tous genres ! Je croyais faire tenir la dernière partie en un chapitre, mais elle était tellement longue que j'ai dû la découper en deux. Je les ai tous deux écrits et corrigés, mais ce serait moins drôle pour moi de tout poster tout de suite donc je ne mets que ce chapitre pour l'instant. Le prochain arrivera bientôt, sans doute juste avant le 28 juillet, date de mon départ pour un mois sans internet. Je reviens le 28 du mois suivant, et j'aurai encore un peu l'occasion d'écrire. Et puis après, ce sera le désert…
Bref ! Je me suis bien amusée à écrire ce chapitre. Je tiens à préciser qu'au fur et à mesure de l'écriture, je ne savais absolument pas ce que James et Ginger préparaient. J'ai tout découvert en même temps qu'eux, et c'est l'effet de surprise qui a maintenu mon intérêt jusqu'à la dernière ligne de ce four-shots !
Ne me reste plus qu'à vous souhaiter une très bonne lecture…
18h. Je prends une douche ultra-rapide avec un shampoing acheté à la dernière visite à Pré-Au-Lard et caché dans une chaussette dans ma valise pour être sûre que personne ne mette la main dessus. En sortant, j'en profite pour balancer à la poubelle ma bouteille de shampoing habituelle. Je jette quand même un dernier coup d'œil à l'intérieur : comme de juste, Potter a remplacé le savon par un produit noir, épais et malodorant.
Quel amateur. Il pensait vraiment m'avoir avec ça ?
Je me sèche et m'habille rapidement, puis je retire un à un les scorpions qu'un petit malin a cachés dans mon lit. Manque d'originalité déplorable : j'ai eu droit à la même chose l'année dernière. Il faudra que je le signale à Potter : s'il continue à ce rythme, nos batailles du 1er avril n'auront plus aucun intérêt pour moi.
Je descends jusqu'à l'infirmerie j'ai concocté un petit quelque chose de sympathique pour ceux qui s'y trouvent. Comprenez-moi bien : ces élèves ont fait semblant d'être malades pour la journée pour ne pas se trouver sur mon chemin ou celui de Potter. Je trouve ça dommage pour eux : ils ne savent pas ce qu'ils manquent.
- Miss Enderson ? Vous désirez vous faire soigner ? m'accueille Mme Pomfresh à l'entrée, sourcils froncés. C'est hors de question. Lorsque vous subissez ce genre de choses, vous ne pouvez vous en prendre qu'à vous-même !
- Je n'ai rien à me faire soigner, merci, je réplique. J'aimerais dire bonjour à… hm… A Charles Woles, c'est mon capitaine de Quidditch.
- Vous ne voulez pas vous faire soigner ?
- Mais de quoi je pourrais bien avoir envie de me faire soigner ?
Elle sort un petit miroir de sa poche et me le tend. Je me regarde dedans.
-X-X-
J'attends à l'angle du couloir menant à l'infirmerie. J'ai suivi Enderson. J'attends le moment fatidique…
Ca ne devrait plus tarder.
Trois…
Deux…
Un…
- AAAAAAAAAAAAAAAAARGH ! POTTER ! TU VAS ME LE PAYER !
Mission accomplie !
-X-X-
- Vous allez réveiller mes malades ! me sermonne Pomfresh alors que je commence déjà à m'éloigner.
Comment a-t-il fait ? A quel moment a-t-il…
Mais bien sûr, quelle idiote. La serviette de bain. Il a dû mettre quelque chose dessus ! C'est pour ça que ça me grattait un peu alors que je me séchais… Oh non… Ca veut dire que j'ai ça non seulement sur le visage… mais aussi partout ailleurs sur mon corps ? Prise de panique, je retrousse la manche de mon uniforme.
Sur ma peau, des boutons ont fleuri et écrivent maintenant en lettres capitales : « SEPT A SIX. TU VAS PERDRE, ABANDONNE ! »
J'entends des pas rapides résonner. C'est Potter, j'en suis sûre. Je cours le rejoindre. Il est là, marchant tranquillement au milieu du couloir, l'air heureux.
- Tiens, coucou, Enderson. Tu te promènes, toi aussi ?
- Tu-vas-me-le-payer, je siffle entre mes dents.
- Ne deviens pas rouge de colère comme ça, on ne voit même plus les boutons, c'est dommage.
Je m'approche de lui jusqu'à ce que nos visages soient à deux centimètres l'un de l'autre. Il arbore toujours le même air satisfait et enrageant.
- Tu sais, Enderson, même de près, tu ne me fais pas peur. Même si je dois admettre que tu es particulièrement horrible vue d'ici.
En moins d'une seconde, je tire une fiole de mon sac, la débouche, ouvre le col de Potter et déverse la potion dedans. Il recule très vite mais trop tard. Sa peau commence à rougir et il se met à se gratter furieusement partout.
- Poil à gratter dans une potion de rougeur, j'énonce d'une voix contrôlée. Je le destinais aux malades de Pomfresh mais tu avais l'air de vraiment avoir envie de l'essayer avant eux. Au fait : la dose conseillée, c'est un millilitre pour une personne.
Je renverse le flacon la tête en bas et aucune goutte ne tombe : j'ai versé intégralement son contenu.
- Je crois que j'ai un peu dépassé la dose, tu m'en excuseras… Au fait, y a-t-il un moyen de changer le message sur ma peau ? Parce qu'on en est à 7 partout, maintenant.
Il ne me répond pas, trop occupé à se gratter et à me lancer des coups d'œil meurtriers. Je souris, satisfaite, et m'éloigne.
Mais c'est dommage pour les malades, ils n'auront rien eu du tout… Oh, ce n'est pas si grave, la journée n'est pas encore terminée.
-X-X-
18h45. Après avoir finalement mélangé trois crèmes différentes, les démangeaisons ont un peu diminué. Je sors mon journal, tire une plume de mon sac de cours et la trempe dans un encrier.
Oui, j'ai un journal intime, et alors ? Ce n'est pas un journal intime comme un autre : c'est un journal de farces. Je note dessus toutes celles que j'ai inventées. Mais aujourd'hui, j'ai une autre idée, et ça pourrait me permettre de gagner le défi du jour : vaincre Ginger Enderson en ce premier avril.
« Mission : Anticiper les mouvements d'Enderson
- Bancs transformés en cactus, boissons remplacées par du jus d'épinard
- Lunettes ensorcelées
- Volibris : facteur de désordre
- Bombabouses et poulet en caoutchouc n°1
- Plantes carnivores et poulet en caoutchouc n°2
- Chaise volante
- Chute d'un arbre
- Peinture rose
- Colle et plumes »
Il doit y avoir une logique… Cette fille est complètement folle mais il y a bien de la logique même chez les plus fous… Quel est le lien entre des cactus, un poulet en caoutchouc et des chaises volantes ?
…
Bon sang. J'y suis.
Il faut que j'empêche ça par tous les moyens ! Vite !
Je fourre mon journal intime dans mon lit et dévale les escaliers du dortoir, bousculant Albus qui a l'air terrorisé en croisant ma route. Je n'y prête même pas attention et traverse en une demi-seconde la salle commune, tout le monde s'écartant sur mon passage – même le tableau de la Grosse Dame qui ne fait aucun commentaire alors que je passe au travers du trou dans le mur à la vitesse de la lumière.
Je grimpe trois étages, glisse sur une rampe, emprunte deux passages secrets et arrive finalement dans le bâtiment Ouest. Je cours, cours à perdre haleine, passe dans un autre couloir et…
... un instant. C'était quoi, ça ?
Je reviens sur mes pas, le cœur battant la chamade.
Je ne rêve pas. Il y a bien un hibou au beau milieu du chemin.
Je déglutis.
- Potter ? Tu t'es finalement débarrassé des quelques gouttes que j'ai malencontreusement versées dans ton pull ?
Je ne me retourne même pas, continuant de fixer l'oiseau.
- Fais pas la maligne, Enderson. Qu'est-ce que t'as fait avec les hiboux ?
- Je t'ai laissé le déjeuner, non ? Le dîner est pour moi…
- Enderson. Pas les oiseaux. Pas CA.
- Que fais-tu là, d'ailleurs ? Qui t'a vendu la mèche ?
- J'ai deviné tout seul, je déclare en me faisant finalement volte-face. Tu es tellement prévisible.
Elle plonge les mains dans ses poches, blasée.
- Noooon, TU as deviné ? J'ai un scoop, là ! Je ne savais pas que tu pouvais penser! Et c'est pour ça que tu es venu ? Pour faire étalage de ton intelligence ? Ou pour essayer vainement de m'arrêter ? C'est déloyal.
- A la guerre comme à la guerre, je grogne.
- Comme tu dis, affirme-t-elle. C'est pour ça que j'ai décidé pour une fois d'être… imprévisible.
Je dégaine ma baguette, mais il est trop tard : vive comme l'éclair, elle lance sur moi quatre petites boules noires qu'elle cachait dans ses poches elles traversent mon Protego et s'écrasent à mes pieds, laissant se dégager une épaisse fumée noire. De la poudre instantanée du Pérou ! Je n'entends plus que le rire maléfique d'Enderson s'évanouir au loin. Je profère une insulte à son égard, tout en gardant la baguette dressée, prêt à l'attaquer si elle revient par ici.
La fumée se dissipe, petit à petit soudain, je perçois un mouvement à ma gauche.
- A-HA ! Expelliarmus !
Les deux personnes qui se trouvaient là sont restées parfaitement immobiles. Quand la fumée s'est complètement dissipée, je réalise que c'est McGonagall et Pomfresh que j'ai essayé de désarmer et qui me fixent d'un air interloqué.
Et je réalise du même coup que pour une raison mystérieuse, je ne porte plus que mon caleçon.
Enderson, tu vas me le payer.
-X-X-
19h. J'ai toujours été nulle en potions, mais il y a trois mois l'un des cours de ce bon vieux Slughorn a attiré mon attention. Depuis j'ai dépensé toute mon énergie ou presque à essayer de reproduire correctement la potion et en changer les propriétés.
Et j'y suis arrivée.
La potion de mitage était née. Capable de ronger pratiquement tous les tissus existants au monde. Mêlée à la poudre instantanée du Pérou et lancée sur Potter, dans un couloir très proche de la salle des professeurs… J'avais hâte d'en avoir des nouvelles. Le fait qu'il me reste encore quelques boutons de la serviette piégée de Potter n'avait pas altéré mon excitation.
Malheureusement je suis très déçue du résultat quand je vois Potter pénétrer dans la salle commune, rouge de honte ou de colère.
- T'as un caleçon en acier ou quoi, Potter ? je lui lance, de mauvaise humeur.
- Quoi ?
- La poudre instantanée, elle était sensée détruire tous tes vêtements. Alors, ton caleçon, il est fait en quoi ?
- Ca me regarde ! aboie-t-il.
- Woah, du calme…
Je le regarde quitter la pièce pour les dortoirs, un sourire aux lèvres. J'ai peut-être un peu raté mon coup, mais là, je considère que je mène avec huit à sept. Plus que quelques heures et je serai la grande gagnante ! Il faut juste que j'aie toutes mes forces pour pouvoir réagir promptement s'il me met des bâtons dans les roues.
Je pose une boîte de bonbons devant moi puis entame un magazine de Judith, prenant l'air le plus nonchalant possible, allongée sur le canapé devant la cheminée. Roxanne s'installe sur le fauteuil à côté, un livre de Divination à la main.
- Ginger…
- Moui ?
- Quand as-tu l'intention de te mettre à réviser ?
- Demain.
- C'est ce que tu dis depuis janvier.
- C'est ce que je dirai jusqu'à la veille des BUSES.
- Regarde-moi, Ginger ! J'ai commencé à réviser la Divination, LA matière où je ne travaille jamais. Ca devrait te mettre la puce à l'oreille, non ?
- Ce qui devrait me mettre la puce à l'oreille, c'est que tu as remplacé la couverture de Coup de foudre au Chaudron Baveur par celle de ton livre de Divination. C'est un nanar déguisé que tu as dans les mains, Roxanne, n'essaie pas de me tromper.
- Tu devrais travailler quand même, boude-t-elle en ouvrant son roman d'amour dissimulé. Et au fait, ce que tu essayes de faire, ça ne marchera pas.
- De quoi ?
- Ne fais pas l'innocente. Ces dragées de Bertie Crochue sur la table ont des goûts plus immondes les uns que les autres, personne n'en prendra.
- Comment tu sais que…
- Ca se lit sur ton visage. Je serais toi, je m'en éloignerais.
Je fixe le feu de cheminée tandis qu'elle se remet à lire. Puis, brusquement, elle lève la tête et m'annonce :
- Ecoute Ginger, tout ça est idiot. Il est temps que tu grandisses ! Tu as déjà quinze ans et tu continues de faire des blagues stupides qui…
- CHUT ! je m'exclame.
- Quoi ?
- Ca m'a l'air passionnant ton bouquin, je m'écrie en m'emparant de son roman dissimulé.
- Mais… tu détestes ce genre de livres, non ? demande-t-elle en penchant la tête sur le côté, ne comprenant pas mon comportement.
- Chut.
Je regarde au-dessus des pages du livre. Cible en vue. Il approche… il approche… Il a repéré le panier de bonbons ! Il regarde à droite… à gauche… Il le prend discrètement et le cache dans sa cape… et il s'en va.
- Mission accomplie ! je chuchote.
- T'es incorrigible, soupire Roxanne. Dis, juste par curiosité, pourquoi James est-il entré en caleçon ?
- Parce qu'il s'est mis en travers de mon chemin pour le dîner.
- Il a deviné ce que tu comptais faire ?
- Oui. Je dois admettre que c'était prévisible…
- Ginger, je suis ta meilleure amie et je n'ai rien réussi à prévoir du tout.
- Seul un autre farceur de ma trempe peut le faire, Roxanne.
- Tu admets que James a ton niveau en matière de premier avril ?
- Tu admets enfin ma supériorité ! s'écrie James avec un petit sourire satisfait.
Il est de retour de son dortoir où il a eu l'occasion de se rhabiller. Il s'assied dans le canapé en face sans cesser de me fixer avec ce sourire irritant.
- Bien sûr que non, pauvre imbécile. Et tu ferais mieux de te tenir à carreau, tu auras un traitement de faveur ce soir.
- Ca change vraiment quelque chose si je me comporte bien ou mal avec toi par rapport à ce qui m'attend ?
- Non.
- Tant mieux, dit-il en se levant. Au fait, je t'ai lancé un sortilège de glue perpétuelle. Tu as remarqué que tu étais fixée à ton fauteuil ? Bon courage pour faire le chemin jusqu'à la Grande Salle.
Et il s'en va d'un pas tranquille vers son dortoir.
- … Ginger ?
- Quoi, Roxanne ?
- T'es toute rouge. Tu me fais un peu peur. Et les boutons restants de tout à l'heure n'arrangent rien.
- Comment on fait pour annuler un sortilège de glue perpétuelle ?
- C'est bien ça, le problème, Ginger. On ne peut pas.
J'essaie de remuer les fesses, en vain. Je me tortille d'une façon absolument ridicule pendant quelques minutes, puis, au bout de deux minutes et demi, je prends conscience du fait que seule ma robe est collée. Pas mon corps. Il faut donc que je retire ma robe pour me libérer.
- Tu as un plan, Ginger ? me demande Roxanne, l'air soucieux.
- Ouais. Je vais enlever ma robe.
Ce qui attire évidemment l'attention de tous les garçons alentours.
- Tu me mettras ta cape sur le dos pour me couvrir après ?
- Ah non, dit-elle en rouvrant son livre de Divination. Moi, je ne me mêle pas à des choses comme ça.
- Tu sais que la journée n'est pas finie et que je pourrais me venger de ta trahison, Roxanne.
- Tu sais que l'année n'est pas finie et que je pourrais me comporter comme une vraie peste, Ginger.
Je déglutis.
- Ca va, ça va, je vais me débrouiller seule.
- Bien, fait-elle en se plongeant dans sa lecture.
Tout le monde me fixe à présent. Certains garçons rigolent. Il y en a même un qui a sorti un paquet de chips.
- Ok, je voudrais faire une annonce publique, je lance haut et fort. Si je repère des personnes qui me regardent pendant que je retire ma robe, je leur arracherai les yeux et je les enfilerai sur un fil pour me faire un collier avec ! Et je ne reviens jamais sur ce que je dis. Compris ?
Tous les élèves d'une promotion moins ancienne que la mienne font les yeux ronds puis s'éclipsent dans leur dortoir ou dehors. Par contre, les cinquième et sixième années restent. Les septième, quant à eux, s'en fichent royalement.
- Ca va me faire un beau collier, je me marmonne à moi-même en commençant à me tortiller pour retirer ma robe collée au canapé.
Au bout de trente longues secondes à me débattre avec mon vêtement – je déteste les fringues des sorciers – je finis par émerger en bas du canapé, en sous-vêtements. Je serre mes bras contre mon corps et me dépêche de grimper les escaliers pour mon dortoir. Sauf que quelqu'un est juste devant pour m'empêcher de passer.
- Potter, dégage de mon chemin, je siffle.
Je commence à sentir mes oreilles chauffer. Tous les regards sont sur mon dos.
- Alors là, jamais de la vie, répond-il avec un immense sourire. Chacun son tour ! Au fait, on en est à huit partout.
Je lui donne un immense coup de poing sur la joue tellement puissant qu'il tombe par terre, sonné. Il reprend cependant rapidement ses esprits :
- Ech… echpèche de MALADE ! Tu m'as pété une dent !
- Bien fait pour toi, je rétorque en montant les escaliers en vitesse.
-X-X-
20h. Quelle malade ! Non mais quelle malade, vraiment !
- James ? me demande Arthur.
- Quoi ? je réponds un peu brusquement.
- Je crois que je peux deviner tout seul la raison de la présence de cette poche à glace contre ta joue… Mais… Le parapluie dans ta main ?
- J'ai également une bonne raison de l'avoir, mon cher Arthur, je grogne.
Deux tables plus loin, les filles de Poufsouffle de notre promo ouvrent également leurs parapluies. Elles, en tout cas, elles ont rapidement réalisé à quoi elles avaient affaire. Neville, à la table des professeurs, commence à s'agiter, mal à l'aise. Lui a bien compris pourquoi il aurait mieux fait d'avoir un parapluie tout à l'heure…
Enderson arrive enfin, et son premier pas dans la Grande Salle résonne à l'infini contre les murs dans un silence quasi-total. Elle jauge du regard la pièce, bien consciente du fait que tous les yeux sont vissés sur elle. Elle fait mine de regarder derrière elle, comme si elle ne comprenait pas pourquoi tout le monde est focalisé sur sa personne, puis hausse les épaules et rejoint la table des Gryffondor d'un air insouciant. Lorsqu'elle s'assoit sur sa cape pour ne pas se faire piquer par les bancs-cactus, j'ouvre mon parapluie d'un coup sec.
- Potter, me salue-t-elle avec un immense sourire. Contrairement à ce que tu sembles croire, le plafond de la Grande Salle est un faux. Il ne va pas vraiment te pleuvoir dessus, tu sais.
- Je t'apprends quelque chose en te disant que ton sourire fait ressortir au moins trois boutons sur ton visage ? je rétorque. C'est tout à fait charmant.
Elle perd son air satisfait aussi sec. Et toc !
- Ne te repose pas trop sur tes lauriers, Potter.
- Ca, c'est un parapluie, pas un laurier.
- Nous en sommes à huit partout. Egalité, donc. Je ne tiens pas à m'arrêter là.
- Et moi de même, je réponds en commençant un duel de regards méchants avec elle.
Je ne cille pas. Elle nous plus. Elle plisse les yeux. Moi aussi.
- AAAAH ! Les hiboux ! hurle quelqu'un, mais même ça ne peut me déconcentrer.
- Au secours ! Ils sont devenus fous ! crie quelqu'un d'autre, et le chaos prend subitement possession de la salle.
Mais je ne cède pas ! Non, je ne cèderai jamais, je…
Je me prends un hibou dans la figure et tombe à la renverse.
- HAHA ! T'as perdu Potter ! Neuf à huit, je mène la danse !
Je lui lance un regard furax au milieu de l'agitation. Tout le monde court vers la sortie en poussant des petits cris apeurés ou indignés, même les profs qui ne savent pas quoi faire face aux chouettes folles. Celles-ci fondent en piqué sur la tête des gens pour attraper des cheveux, et recommencent sans trêve ni relâche.
- QUOI ? C'était même pas une farce, c'était un duel de regard ! Ca compte pas ! TRICHEUSE !
- Quelle mauvaise foi ! s'écrie-t-elle en s'emparant de la carafe d'eau et de lancer son contenu vers moi.
J'ai la présence d'esprit de mettre rapidement entre le jet et moi mon fidèle parapluie. Je l'ôte alors et lance avec fierté :
- Alors, qu'est-ce que tu…
Je suis évidemment obligé de m'arrêter quand je me prends en pleine figure une douche de jus de citrouille.
- …tu vas me le PAYER ! je hurle.
- Là, ça compte, tu ne peux pas le nier. Neuf à huit, blanc-bec !
Elle évite de justesse un melon que je lui ai envoyé dans la tête et file de la pièce déjà quasiment vidée de ses occupants. Je retire lentement les lunettes et les essuie le plus dignement possible sur une serviette de table avant de les remettre sur mon nez collant à cause du jus.
- Cette fois-ci, j'en fais une affaire personnelle, je grogne en fixant l'endroit où elle a disparu de ma vue.
- Ah, c'était pas une affaire personnelle avant ? demande Arthur qui était resté à côté de moi.
Je lui lance un regard meurtrier, mais il ne le remarque même pas, aux prises avec une chouette essayant d'arracher son insigne de Gryffondor de sa chemise.
J'espère que ça vous a plu ! Et pas la peine de vous rappeler que pour moi, il n'y a qu'un moyen de savoir ce que vous en avez pensé… *sourire innocent*
A bientôt !
