Chapitre 4 : En route pour Poudlard


N'étant pas doté d'un bon sens de l'orientation, l'adolescent se repérait souvent dans un environnement inconnu grâce aux plantes qui y poussaient. Certaines lui indiquaient qu'il était près d'un cours d'eau, d'autres non loin d'une forêt et surtout s'il y avait des habitations à proximité. En effet, il s'était souvent perdu étant enfant tandis qu'il jouait dans les vastes espaces entourant sa maison et c'était ainsi qu'il avait appris à en retrouver le chemin.

Malheureusement, tout cela lui était inutile ici… pour la simple raison qu'il n'y avait rien. Pas d'arbre, pas de fleur, même pas la moindre mousse… non, il n'y avait que des cailloux et autres pierres dans le paysage décharné où il cheminait inlassablement. Il n'y avait pas non plus d'animaux, ou la moindre trace de civilisation… c'était juste un désert, un désert de rocs. Le silence n'était troublé que par les fortes rafales de vent qui mugissaient par moments.

Le jeune homme aurait sans doute perdu tout espoir s'il n'avait pas entendu le bruit de vagues déferlant sur les roches. Se mettant à courir le plus vite possible, il grimpa la petite colline d'où semblait venir le bruit et ne mit que quelques minutes à en atteindre le sommet. Ce qu'il vit le laissa profondément secoué…

Face à lui se trouvait une mer sombre, presque noire, et absolument déchaînée. En effet, elle s'abattait sur les rochers avec une telle force qu'on avait l'impression qu'elle allait les briser. Plissant les yeux, il finit par apercevoir quelque chose au loin, un rivage où se tenaient trois personnes mais dont il n'arrivait pas à distinguer les silhouettes.

Luttant contre les bourrasques qui menaçaient de l'emporter, il finit par apercevoir quelque chose sur l'eau. Croyant d'abord qu'il s'agissait d'un mirage, il put ensuite constater qu'il s'agissait d'un bateau… enfin, si l'on pouvait appeler cette minuscule barque, un bateau.

Contrairement aux trois individus de l'autre côté de la mer, il pouvait distinguer quelques traits de l'unique occupant de la frêle embarcation. Tenant sa rame à deux mains, il s'agissait d'un garçon aux cheveux noirs et paraissant assez jeune. Une épée était accrochée dans son dos, et c'était d'ailleurs le reflet de la pâle lumière sur la lame argentée qui avait attiré son attention.

Il était encore trop loin pour distinguer son visage mais s'il réussissait encore à se rapprocher, peut-être…

Neville… Neville…



- NEVILLE !

Le Gryffondor sursauta en entendant quelqu'un lui crier dessus. Ouvrant rapidement les yeux, il se rendit compte que Ron et Jamie le regardaient avec des expressions exaspérées tandis que Ginny semblait plus préoccupée. Seule Luna semblait indifférente, perdue dans sa lecture du Chicaneur, qu'elle tenait toujours à l'envers.

- Qu'est-ce qu'il se passe, Neville ? Tu n'as pas dormi cette nuit ? Lui demanda Ginny d'une voix douce.

- Pas beaucoup non… Grand-mère voulait absolument que je finisse certaines plantations avant mon départ et ça m'a pris une partie de la nuit.

- Tu aurais dû lui dire non. Tu n'es plus un gamin à qui on peut ordonner n'importe quoi ! S'exclama Ron d'un ton ferme.

- Oh, ça me rappelle… n'était-ce pas toi qui a passé toute la journée d'hier à ranger ta chambre parce que maman t'a dit de le faire ? Remarqua la benjamine des Weasley d'un ton sarcastique.

Le jeune Weasley rougit et tenta de bredouiller quelques excuses mais ne réussit qu'à sortir des bribes de phrases absolument incohérentes. Se passant une main sur le visage pour finir de se réveiller, Neville remarqua alors un détail auquel il n'avait pas prêté attention auparavant.

- Au fait… où est passée Hermione ?

Cette question provoqua des réactions variées. Ginny lança un regard noir à son frère, Jamia haussa les épaules en laissant échapper un sourire tandis que Ron se renfrognait comme un enfant en train de bouder… quant à Luna, elle se contenta de tourner une page de son journal. Ce fut finalement Ginny qui lui répondit d'un ton exaspéré.

- Ron n'a pas arrêté de l'embêter parce qu'elle est devenue préfète et comme toujours, ça a dégénéré… elle est sortie du compartiment en claquant la porte il y a quelques minutes. Ça m'étonne que tu ne l'aies pas entendu d'ailleurs… Déclara-t-elle, un air songeur sur son visage.

- Euh… je dors d'un sommeil assez profond, il faut pas mal de bruit pour me réveiller. Répondit-il, un peu nerveux en pensant qu'il ne pouvait décemment pas leur raconter le contenu pour le moins étrange de son rêve.

- Oui mais au moins toi, tu ne ronfles pas. Lui répondit-elle avec un sourire, avant de lancer un regard moqueur en direction de Ron.

Ce dernier rougit de honte tandis que Neville tournait la tête vers la fenêtre. D'habitude, un compliment de la part de Ginny l'aurait fait rougir mais son esprit était encore trop absorbé par son rêve pour le remarquer. Ce n'était pas la première fois qu'il rêvait de ce paysage désertique mais c'était la première fois qu'il arrivait jusqu'à la côte…

… et surtout la première fois qu'il voyait un autre être vivant.

Ses pensées se portèrent brièvement sur les trois individus aperçus au loin, puis sur le quatrième, qui se trouvait dans la barque. Qui était-il ? Pourquoi cherchait-il à le rejoindre ? Etait-il seulement réel ?


Hermione Jean Granger se plaisait à penser qu'elle était une personne rationnelle et réfléchissant toujours avant d'agir. Peu de choses en ce monde étaient capables de la faire sortir de ses gonds, et malheureusement pour elle, Ronald Weasley en faisait partie.

Le rouquin avait beau être son ami depuis près de cinq ans, cela ne voulait pas dire qu'elle devait écouter ses remarques blessantes et ses jérémiades sans rien dire. Or, depuis l'instant même où ils s'étaient retrouvés avec Jamie sur la quai 9 ¾, il n'avait eu de cesse de se plaindre, en demandant pourquoi il n'avait pas été nommé préfet, pourquoi il n'était pas capitaine de l'équipe…

Seule la réunion des préfets l'avait sauvée de sa présence des plus gênantes mais le répit ne s'était malheureusement avéré être que de courte durée. Sitôt revenue avec Jamie dans le compartiment, elle s'était vue bombarder de toutes autres demandes, comme de faire ses devoir pour se « faire pardonner », d'arrêter de lire des livres quand elle était avec eux…

C'était à peu près à ce moment là qu'elle lui avait dit ses quatre vérités avant de sortir en claquant la porte derrière elle. Hélas, elle n'avait pour une fois pas réfléchi aux conséquences de ses actes, à savoir que la plupart des autres compartiments étaient déjà pleins ou occupés par des personnes qui ne voulaient absolument pas de sa compagnie, comme Malefoy et ses sbires…

Voilà comment elle s'était retrouvée presque au bout du train, et ouvrit la porte du dernier compartiment avec un air fatigué sur son visage. Ne faisant pas attention où elle marchait, elle trébucha… et serait sûrement tombée si quelqu'un ne l'avait pas rattrapée juste à temps.

Relevant sa tête vers son sauveur, qui s'avérait être l'unique occupant du compartiment, elle plongea son regard dans ses yeux d'un bleu profond. Ses cheveux noirs étaient coupés assez courts, même si certaines mèches retombaient sur son front. Il était vêtu des robes inhérentes à un élève de Poudlard mais aucun blason n'ornait son torse.

- Est-ce que ça va ? Lui demanda l'inconnu, ses traits gracieux exprimant son inquiétude tandis qu'il l'aidait à se remettre sur ses pieds.

La jeune fille se mit à rougir sans comprendre pourquoi. Elle avait l'impression d'être dans un rêve… sauf qu'elle n'avait jamais rêvé d'un garçon comme celui-ci.

- O… oui, je ne faisais pas attention où j'allais… est-ce que je peux m'asseoir ?

- Bien sûr.

Elle s'assit en face de lui et essaya de regarder partout sauf à l'endroit où il était assis. C'est d'ailleurs de cette manière qu'elle remarqua l'ouvrage posé à côté de lui et qu'elle aurait reconnu entre mille.

- Oh ! Tu lis l'Histoire de Poudlard ? L'interrogea-t-elle en essayant de contenir l'excitation dans sa voix.

Après tout, elle n'avait jamais rencontré personne d'autre l'ayant lu en entier. Même les Serdaigle disaient que c'était une perte de temps puisqu'ils pouvaient en apprendre davantage en demandant aux professeurs… bien sûr, ils ne comprenaient pas ce que pouvait ressentir une née-moldue qui faisait son entrée dans le monde magique.

Le garçon esquissa un petit sourire gêné avant de lui répondre :

- Et bien, oui… comme c'est la première fois que je vais à Poudlard, même si je suis inscrit en cinquième année, je me suis dis que je pouvais essayer d'en apprendre le plus possible sur l'école…

- Oh… je comprends mieux.

- Dis-moi… est-ce que je peux te demander ton nom ? L'interrogea-t-il d'une voix hésitante ?

Le visage d'Hermione s'empourpra de plus belle, mais sous le coup de la honte cette fois-ci. Comment avait-elle pu oublier de se présenter alors qu'elle venait de débarquer en plein milieu de son compartiment ? S'éclaircissant la voix en tentant de regagner un simulacre de dignité, elle lui répondit d'un ton gêné.

- Je m'appelle Hermione Granger, je suis élève dans la maison Gryffondor. Lui déclara-t-elle en lui tendant sa main.

- Enchanté. Moi, c'est Matthew, Matthew Black. Répondit-il en prenant délicatement sa main dans la sienne avant de la porter jusqu'à ses lèvres.

Hermione ne sut pas par quoi elle fut le plus surprise : apprendre que son mystérieux inconnu n'était autre que le fameux neveu de Sirius ou bien par le fait que ce dernier lui faisait un baisemain comme on en voyait que dans les films. Si certains pouvaient trouver cette pratique démodée, la jeune Granger la trouvait quant à elle profondément romantique.

Le jeune homme avait du remarquer le frisson qui avait parcouru la Gryffondor parce qu'il prit un air gêné tout en relâchant doucement sa main.

- Désolé, c'est juste que… ma mère me disait toujours d'être poli avec les filles, et comme le baisemain était d'usage dans un grand nombre des pays que j'ai visité, c'est devenu une habitude. J'espère que tu ne m'en veux pas.

- Non ! Non, pas du tout… Lui répondit-elle tout en attrapant sa main, sentant ses joues irradier de chaleur.

Le professeur Trelawney, reconnue par la majorité de la population étudiante de Poudlard comme n'étant rien d'autre qu'une diseuse de bonne aventure sans le moindre pouvoir, disait souvent que certains événements étaient dictés par le destin et ne pouvaient être empêchés. De leur côté, les moldus avaient énoncé ce qu'ils énonçaient la loi de Murphy, à savoir que si quelque chose peut mal tourner, alors cette chose finira infailliblement par mal tourner.

Voilà peut-être pourquoi la porte du compartiment s'ouvrit pour révéler trois Gryffondor qui lui étaient familiers et dont les yeux se portèrent bien évidemment sur les mains jointes des deux adolescents. Là encore, les réactions s'avérèrent assez variées : Jamie se contenta de montrer un air surpris, Ginny lui adressa un sourire complice tandis que Ron paraissait bouillir littéralement de rage.

D'ailleurs, le rouquin ne tarda pas à sortir sa baguette avant de la pointer sur Matt, son visage déformé par la colère qui le consumait.

- Qu'est-ce que tu fais avec Hermione ?!

- Je me suis présenté à elle, c'est ce que les gens civilisés font… contrairement à d'autres qui braquent leurs baguettes sur des personnes désarmées après avoir pénétré dans leur compartiment sans même prendre la peine de frapper. Répondit l'adolescent d'un ton glacial, ses yeux bleus brillants d'hostilité.

- Oh attends un peu… Déclara Ron, davantage en grognant qu'en parlant tandis qu'il cherchait le maléfice le plus mauvais qu'il pouvait trouver…

… mais il n'eut pas le temps d'en énoncer un car une voix ferme se fit entendre derrière eux.

- Qu'est-ce que tout ça signifie ?

Un garçon aux cheveux bruns et aux yeux gris, vraisemblablement un élève de septième année si l'on en croyait sa taille et le badge de préfet-en-chef accroché sur son torse. Portant fièrement le blason des poufsouffle, il abaissa la baguette de Ron tout en prenant la parole :

- Brandir une baguette au milieu d'un couloir, surtout sur un élève désarmé est quelque chose que je n'aurais jamais cru voir chez un Gryffondor. J'enlève dix points à Gryffondor et je parlerai personnellement au professeur McGonagall de ton comportement.

- C'est injuste ! Ce… ce garçon était avec Hermione ! Comment peut-il être dans le Poudlard Express alors qu'il ne porte pas l'écusson d'une des quatre maisons ! Il n'est sûrement pas parmi les premières années !! Rétorqua le rouquin d'un ton venimeux, ses joues s'empourprant sous le manque d'oxygène.

Hermione ne sut pas si elle devait être impressionnée que le Gryffondor ait remarqué autant de détails sur Matthew ou se sentir révoltée par les soupçons qu'il osait porter sur le neveu de Sirius, surtout alors que son seul crime avait été de se comporter comme un parfait gentleman.

Le préfet se tourna vers l'élève assis et un air imperturbable prit place sur son visage.

- Avez-vous quelque chose à dire pour votre défense, Monsieur ?

- Black. Matthew Black. Mais je trouve assez grossier que vous ne vous soyez pas présenté avant…

Les deux jeunes hommes se fixèrent du regard pendant quelques secondes avant que tous deux ne finissent par éclater de rire, sous les regards stupéfiés des autres personnes présentes. Quand le préfet eut finalement arrêté de s'esclaffer, il tendit sa main à Matthew.

- Belle performance, Matt… même si tu as peut-être un peu trop regardé de James Bond.

- Tu n'étais pas mal non plus, Céd' mais tu as encore du mal pour l'intimidation…

N'en pouvant plus de ce dialogue auquel elle ne comprenait rien, Hermione prit la parole d'une voix confuse.

- Vous vous connaissez ?

Les deux garçons se retournèrent vers elle, ignorant complètement le visage cramoisi de Ron qui piétinait sur place en se demandant s'il pouvait légitimement attaquer un préfet-en-chef sans se faire expulser ou pire, être réprimander par une année entière de retenues avec Rogue.

- Bien sûr ! S'exclama Cédric, un grand sourire aux lèvres. Matt a participé à un petit tournoi de duel il y a trois semaines, où il se trouve que j'étais également inscrit. J'avais jamais vu un garçon si jeune se battre aussi bien, c'est à peine si j'ai réussi à tenir trois minutes…

- N'exagère pas, Cédric. C'est parce que tu avais les yeux plongés dans le décolleté d'une des jeunes membres du jury que tu n'as pas vu mon sortilège de stupefixion arriver. Répondit Black d'un ton malicieux.

- C'est quoi cette histoire de décolleté ? S'exclama une nouvelle voix derrière eux.

Le visage de Diggory pâlit en reconnaissant la silhouette de Cho se profiler au milieu des trois Gryffondor qui se tenaient toujours plantés sur le seuil du compartiment… et à en voir l'expression de son visage, la Serdaigle n'avait pas l'air de très bonne humeur.

- Euh… ce n'est rien, Cho, je vais t'expliquer…

- J'espère bien, Cédric sinon je peux t'assurer que tu vas te sentir très seul cette année…

Et les deux élèves disparurent dans le couloir aussi vite qu'ils étaient arrivés, laissant les autres élèves en train de rire à cœur joie des déboires du préfet-en-chef. Lorsqu'ils se furent calmés, Jamie fut le premier à prendre la parole, tout en tendant sa main à Matt.

- Salut, je m'appelle Jamie Potter.

- Matthew Black, enchanté. Répondit-il en serrant sa main tendue.

Il fit ensuite un baisemain à Ginny qui, au contraire d'Hermione, se contenta d'esquisser un sourire de prédatrice plutôt que de rougir. La dernière fois que la jeune Granger avait vu un tel regard chez elle, c'était lorsqu'elle avait jeté son dévolu sur Michael Corner… et franchement, elle espérait que Matt ne succomberait pas à ses charmes comme l'avait fait le Serdaigle.

Le jeune Black s'avéra beaucoup plus distant avec Ron, se contentant d'incliner la tête à son attention. Le rouquin ne se montra pas plus expressif et une sorte de « trêve » s'installa entre eux, qu'elle espérait voir durer au moins jusqu'à la fin du trajet jusqu'à Poudlard.

Une fois tous les cinq assis, Jamie commença à parler à Matthew des Maraudeurs, et plus précisément de l'amitié entre son père, James Potter, et l'oncle de Matt, Sirius Black. Cela continua ainsi une partie du chemin, jusqu'à ce que les quatre Gryffondor ne doivent retourner dans leur compartiment d'origine pour se changer.

Une fois seul, le jeune homme ferma la porte du compartiment d'un coup de baguette avant de jeter un regard au paysage défilant de l'autre côté de la vitre. Un léger sourire fleurissant sur ses lèvres, il murmura à voix basse :

- McGonagall a bien fait son travail. Hormis le garçon Weasley, ils me voient déjà tous comme le gentil neveu de leur cher Sirius… le retrouver devrait s'avérer plus facile avec eux pour me servir de guides.


Dans l'un des plus hauts étages d'un gratte-ciel situé dans la Cité de Londres, assis dans de confortables fauteuils en cuir, se trouvaient deux hommes que tout aurait dû opposer.

Le premier était un homme d'une trentaine d'années, aux cheveux blonds impeccablement coiffés et dont le physique d'athlète était parfaitement visible dans son costume noir taillé sur mesure. Ses yeux gris étaient fixés sur son interlocuteur tandis qu'il se servait un verre de scotch, qu'il ne tarda pas à porter à ses lèvres.

Le second, assis en face du premier, possédait au contraire de longs cheveux noirs et gras, qui lui descendaient jusqu'aux épaules et qui transigeaient avec sa peau pâle, presque cireuse. Vêtu de robes noires de jais, il observait son interlocuteur avec la même intensité mais paraissait attendre que celui-ci prenne la parole.

Ce qu'il ne tarda pas à faire, d'ailleurs, d'une voix parfaitement voluptueuse.

- Qu'avez-vous appris, mon cher Severus ?

- Peu de choses, malheureusement. Le Seigneur des Ténèbres réunit toujours des partisans mais je pense qu'il ignore tout de l'existence des Cinq. Quant à Dumbledore… il ne m'en a jamais parlé mais je suspecte qu'il connaisse au moins une partie de la vérité.

- Intéressant… sait-il quelque chose concernant les Anciens ?

- Non, monsieur. Il m'est arrivé de prononcer ce mot de manière anodine mais il n'a jamais suscité la moindre réaction chez lui.

- Bien… quant est-il du jeune Potter ?

- Toujours aussi arrogant… mais il n'a pas vraiment montré de talent particulier, même face au Seigneur des Ténèbres. Ce n'est que grâce à l'intervention de son père et de Black qu'il a pu réchapper vivant du cimetière…

- Je vois… et votre cher protégé, le fils Malefoy ?

- Je pense qu'il peut être converti… il idolâtre beaucoup son père mais une fois qu'il aura compris quel genre de pouvoir les Anciens peuvent lui offrir, il n'hésitera pas avant de trahir sa famille. C'est un Malefoy après tout.

- Parfait. Mes maîtres seront satisfaits de vos services, Severus, et une fois qu'ils seront revenus parmi nous, soyez certain qu'ils sauront vous remercier bien davantage que je ne le fais déjà.

Et tout en déclarant ces mots, il posa une minuscule clé d'or sur la table basse qui les séparait, juste à côté de la bouteille de scotch à moitié entamée. Le maître des potions la saisit délicatement avant de la fourrer dans l'une des poches intérieures de sa robe.

- Trois mille gallions, comme d'habitude. S'exclama le blond, comme pour répondre à la question muette du professeur.

Ce dernier se contenta de sourire, dévoilant ses dents jaunâtres avant de prendre lui-même la parole.

- Savez-vous quand les Anciens reviendront, M. Bowman ?

- Très bientôt, mon cher Severus. Ce n'est plus qu'une question de mois… et souvenez-vous que lorsqu'ils seront là, vous et moi serons des hommes plus riches et plus puissants que nous ne l'avons jamais été… nous entrerons dans une nouvelle ère, une ère où il n'y aura plus de Dumbledore, plus de Voldemort… mais seulement nous.

- Aux Anciens. Déclara solennellement Severus en levant son verre.

- Aux Anciens. Renchérit Bowman.

Et le bruit de leurs verres s'entrechoquant résonna dans le silence de la pièce, tel le glas sonnant pour la fin de ce monde et annonçant peut-être le début de cette nouvelle ère qu'ils voulaient tant voir arriver…