Dans les quartiers Nord de la ville, Jessica ROSE avait rendez vous avec l'un de ses informateurs. Elle se tenait avec lui à l'entrée d'un immeuble. L'homme se cachait dans l'entre bâillement de la porte du bâtiment. Elle prenait discrètement des notes pendant qu'il parlait. A quelques mètres d'eux se tenait Mickey sur sa moto. Il ne quittait pas la scène des yeux. Son téléphone portable sonna, il décrocha très rapidement. C'était Sarah. Elle avait suivi Lois durant tout l'après midi et quand elle l'avait vu rentrer au Daily Planet, elle appela son partenaire pour le tenir au courant.
« Lois a rencontré la majorité des jurés du premier procès. Maintenant elle est au Planet. Mais il y a un petit problème… »
« Lequel ? » s'étonna Mickey.
« Une femme a interpellé Lois il y a une petite heure. Elle dit être la sœur de Cindy MAYER. »
« Et alors ? » demanda Mickey
« Elle a essayé de dissuader Lois de continuer son enquête. »
« Et… » s'impatienta Mickey.
« Rien, la fille était très en colère. Mais j'ai l'impression que… » elle n'eut pas le temps de finir sa phrase que Mickey la coupa.
« Je dois te laisser, l'avocate part. » lui dit-il, et il raccrocha.
« …qu'il y a un truc de louche. » termina-t-elle en entendant l'homme raccrocher.
Mickey rangea son téléphone et remis en marche son engin. Il attendit que Rebecca soit montée dans sa voiture et ait fait quelques mètres pour se glisser dans la circulation en filature.

Lois était au Planet, installée à son bureau. La salle de rédaction était presque vide. Il était tard et beaucoup des journalistes présents aujourd'hui étaient rentrés chez eux. Il était rare que Lois soit là aussi tard, surtout depuis qu'elle était mariée et maman. Mais ce soir, il fallait qu'elle écrive son article avant qu'elle ne rentre chez elle. Elle savait que si elle avait ramené le sujet à la maison, Clark et elle auraient finit par se disputer. Pourtant Lois n'était pas très concentrée. Elle se laissait vite distraire et n'avançait pas vite. Son esprit vagabondait entre les photos de son fils sur son bureau, le bureau vide de Clark et celui de Perry. Ce dernier était encore au journal, mais pour lui c'était une habitude. Pourtant à travers les stores aux vitres, Lois pouvait voir que Perry était préoccupé. Comme elle n'arrivait pas à écrire un mot de plus, Lois sauvegarda son article et se dirigea vers le bureau de Perry. Elle frappa un coup et ouvrit doucement la porte.
« Chef, ça va ? » demanda-t-elle doucement.
« Je peux vous l'avouer, je suis dépassé. » soupira Perry.
Lois s'était avancé et se trouver face au bureau, assise sur l'accoudoir d'un fauteuil.
« Je n'ai pas arrêter de téléphoner de la journée. » Lois ouvrit grand les yeux, pour faire signe qu'elle ne comprenait pas où était le problème - Perry passait ses journées au téléphone – comment pouvait il être dépassé ?
« C'est cette recherche d'héritier, qui me fatigue. Plus personne ne veut entendre parler de Luthor, même quand il s'agit de son héritage. »
« Vous avez retrouvez des héritiers ? » fut surprise Lois.
« Aucun. Tout ceux qui ont porté le nom de Luthor ont eu un destin tragique. Divorce, prison, empoisonnement, suicide et bien sûr meurtre, régissent l'empire Luthor. Et les seuls qui ont survécus refusent tout ce qui peut venir de Lex. Quatre personnes refusent l'héritage. Mais votre mari se charge de la cinquième. Nous ne savons toujours pas qui c'est. »
Au moment où Perry arrêta de parler une petite secousse de quelques secondes se fit sentir. Perry se raidit sur son fauteuil, tandit que Lois se leva et resta immobile. Rien n'avait bougé dans la pièce, mais l'atmosphère était tendue.
« Vous avez senti ça ? » demanda surpris Perry
« Tout comme vous chef ! Ce doit être une réplique, j'appelle Christian HENDEL du Centre de Géologie, pour en être sûr… »
Lois commença à sortir du bureau quand Perry l'arrêta.
« Lois, je vais le faire, rentrez chez vous. » ordonna Perry.
« Mais… » contesta Lois.
« Rentrez chez vous ! – Perry s'était levé et commença à mettre Lois à la porte en la prenant par le bras – Je m'en charge. »
Une fois Lois dehors, il referma la porte. Lois resta devant la porte, la bouche encore entre ouverte. Elle ne savait – pour une fois – plus quoi dire.

Quand Lois rentra chez elle, elle trouva le salon vide. Elle se débarrassa de son manteau et de ses affaires avant d'appeler son mari.
« Clark, t'es là ? » Une voix lointaine se fit entendre, elle venait du premier étage.
« Je suis en haut. »
En l'attendant, elle sortit un dossier de son sac et le posa sur la table basse du salon, à côté de l'ordinateur portable. Il était allumé. Clark avait du essayer de travailler un peu en rentrant. Elle commença à lire le document affiché à l'écran quand elle entendit son fils éclatait de rire. Elle sourit et décida de monter voir se qui se passait au premier. Quand elle arriva sur le seuil de la chambre de son fils, elle vit Clark finir de mettre son pyjama au petit. Christopher, allongé sur la table à langer, lui rendait la tâche difficile car il n'arrêtait pas de gesticuler. Elle s'appuya contre l'encadrement de la porte. Il y a quelques années, elle aurait fuit cette pièce en courant, mais aujourd'hui tout lui semblait si naturel.
« Besoin d'un coup de main ? » lui lança-t-elle. Clark lui sourit en retour et elle entra dans la chambre.
« Content de te voir » avoua-t-il en lui tendant le pyjama.
« En un seul morceau ?!» le taquina-t-elle.
Elle prit le vêtement et Clark s'adossa au mur, la regardant faire. Elle avait habillé Christopher avec une rapidité et une agilité qui étonna Clark, vu que l'enfant n'avait pas cessé de bouger. Une fois finit, elle mit fièrement Christopher debout.
« Et voilà le travail ! »
Le petit lui-même était surpris se qui fit rire ses parents. Lois et Clark couchèrent Christopher et descendirent dans le salon. Clark se laissa tomber dans le canapé.
« Y'a quelque chose qui te tracasse ? » lui demanda Lois.
« C'est cette histoire de tremblement de terre qui me préoccupe. T'as senti toute à l'heure, la réplique ? »
« Ouais, j'étais au journal. J'ai entendu à la radio qu'il n'y avait aucun dégât, mais c'est vrai que c'est inquiétant. Je voulais joindre le Centre de Géologie mais Perry m'a mis à la porte du journal. Il avait l'air tendu lui aussi, mais plus par cette histoire d'héritage. »
« On tourne en rond. Je suis sûr que Lex avait tout prévu. »
« Quoi ? »
« Un héritier que personne ne soupçonne, pour que personne ne récupère la LEX CORP. » expliqua Clark.
« C'est tordu, mais ça ne m'étonnerait pas du tout que se soit le cas… »
Lois et Clark étaient l'un en face de l'autre. Aucun des deux ne souhaitaient continuer cette discussion, l'atmosphère était lourde. Clark regardait Lois qui fuyait son regard. Clark finit par briser le silence en posant la question tant redoutée par Lois.
« Et de ton côté, ça avance ? »
Lois mit du temps avant de répondre, elle ne voulait vraiment pas se disputer avec lui ce soir. Elle ne savait que faire pour changer de sujet. Elle se leva, et vint s'asseoir à califourchon sur les genoux de Clark. Elle commença à l'embrasser dans le cou en marmonnant :
« J'ai pas très envie de parler boulot, ce soir… »
Clark connaissait bien Lois, et il savait que quelque chose n'allait pas. Il la repoussa doucement et se détacha de son étreinte. Il la tenait par les épaules. Il voulait savoir se que dissimuler sa femme.
« Dit moi la vérité, lois » demanda-t-il doucement.
Lois ne pouvait plus fuir son regard et finit par aborder le sujet.
« Et bien, j'ai rencontrer pas mal de gens cet après midi, et beaucoup ont avoué avoir cédé à la facilité en désignant Billy BOY comme coupable des sept meurtres. Ils ont plus ou moins évoqué des pressions du procureur pour faire accélérer le procès et le verdict – Lois parlait de plus en plus vite – Et puis j'ai rencontrer cette femme qui prétend être la sœur de la journaliste disparue, elle m'a vivement déconseillé de poursuivre mon enquête. Au début j'ai pensé que c'était pour mon bien, mais en faisant des recherches je me suis aperçue que Cindy MAYER n'avait pas de sœur. Je ne sais pas qui est cette fille, mais elle m'a fichu la trouille. »
Sur ces mots Clark se tendit, mais Lois était lancé et elle poursuivit son histoire, toujours en parlant de plus en plus vite.
« Et puis pendant toute la fin de la journée j'ai eu une drôle d'impression, c'était comme si quelqu'un surveillait mes faits et gestes. » Lois s'arrêta soudainement.
Clark senti que Lois commençait à paniquer.
« Lois… »
Elle le coupa pour finir par avouer ce qu'elle redoutait
« Je crois que j'ai été suivi. » lui avoua-t-elle en baissant les yeux.
Elle allait se mettre à pleurer. Clark ne voulait pas que Lois sente son angoisse. Ce qu'il redoutait lui aussi, été en train de se produire : cette enquête allait mal tourné. Il voulait la rassurer.
« Lois… »
Elle le coupa encore une fois, en le regardant droit dans les yeux.
« Clark, j'ai peur. » lui dit-elle simplement.
Ca y est, les mots étaient sortis. Et maintenant, elle pouvait pleurer. Les larmes roulaient sur ses joues, c'était un peu de sa panique qui s'évacuait. Clark ne supportait pas de voir sa femme pleurer. Lui aussi avait très peur. Il l'avait pourtant mis en garde, mais il connaissait sa femme. Il savait qu'elle ne renonçait pas à un article, même s'il pouvait s'avérer dangereux. Que pouvait-il lui dire maintenant : Je te l'avais dit ? Arrête tout de suite ! Tu n'avais qu'à m'écouter. Non, il ne pouvait pas lui reprocher sa détermination. Après tout, c'est ce qu'il aimait chez elle. C'était une brillante journaliste, sa passion et sa détermination avait fait d'elle la meilleure. Comment pouvait-il la rassurer, lui apporter son soutien ? Allait-il trouver les mots pour lui dire que quoi qu'il arrive, il la protègerait. Lois le regardait, elle redoutait, elle aussi, que Clark la sermonne. Elle savait qu'il ne voulait pas qu'elle fasse cet article, il lui avait dit l'autre soir. Mais elle ne l'avait pas écouté, encore une fois. Elle ne pouvait lire, dans le regard de Clark, s'il éprouvait de la colère ou de la peur. Elle sentait que son mari, était aussi perdu qu'elle.
« Clark… » commença-t-elle, avant qu'il ne la coupe avec un baiser.
Ce n'était pas n'importe quel baiser. Il était intense, passionné, rassurant et protecteur. Clark avait étreint Lois en l'entourant de se bras. Elle répondait, elle aussi à ce baiser. Elle savait que Clark serait toujours à ces côtés, et que quoi qu'il arrive, il l'a soutiendrait, l'épaulerait, la sauverait et l'aimerait. Toujours en embrassant Lois, Clark l'allongea sur le canapé. Ils ne pouvaient se détacher l'un de l'autre. Leur étreinte devint plus passionnée, et Clark caressait Lois tout en déboutonnant son chemisier. Il avait enfin trouvé le moyen de rassurer sa femme, de lui prouvait qu'il serait toujours à ses côtés. Ils allaient faire l'amour pour s'apaiser l'un et l'autre. Se montrer qu'ils étaient partenaires, amis, amants et parents, et que rien ne pouvait changer ça.

Un peu plus tard dans la nuit, au premier étage, dans leur chambre, Lois dormait profondément sous le regard de Clark. Il l'avait tenu dans ses bras jusqu'à ce qu'elle s'endorme. Mais adossé sur l'oreiller à côté d'elle, il ne trouvait pas le sommeil. Il ne pouvait défaire de son esprit, l'image de sa femme paniquée en lui avouant que son enquête tournait mal. Il était inquiet, car malgré le danger, il savait que Lois n'allait pas abandonner son article. Il lui avait proposé de l'accompagner dans ses déplacements, mais Lois avait refusé. Il avait lui aussi une enquête à terminer. Une enquête qui ressemblait à un casse tête. Comme il ne pouvait dormir, il décida de descendre au salon, continuer ses recherches sur l'héritage de Luthor. Clark était installé devant l'ordinateur portable, il s'était servit un verre de lait, et essayait de se concentrer. Il avait épluché presque tous les dossiers qui étaient devant lui. Les papiers étaient éparpillés sur la table basse du salon et tout commençait à se mélanger dans sa tête.
« Je n'y arriverais jamais tout seul… » soupira-t-il en se frottant les yeux.
Une petite voix se fit entendre venant de l'escalier.
« C'est pour ça que je suis là. » Lois descendait les escaliers, vêtu seulement d'une chemise de son mari.
Elle s'assit sur ses genoux. « C'est quoi ça ? » lui demanda-t-elle en montrant l'écran de l'ordinateur du nez.
« C'est l'empire de Lex, mais tout est codé. »
« Codé ?! »
« Regarde là – Clark lui montra l'écran – il y a les codes administratifs de la Lex Tel, de la LL News, et de toutes les autres sociétés. Mais regarde ça, les deux ou trois premiers chiffres ne correspondent à rien. Pourtant je les retrouve à plusieurs reprises sur les testaments de Luthor. »
« Les testaments de Lex sont codés ? »
« Pas vraiment. Chaque société qu'a dirigé Luthor est régit par des protocoles d'administration. Il y ait écrit, qui dirige qui, quelles actions sont placées et ou, mais il est aussi écrit que si Lex décède, la société revient à la personne qui est nommé par les codes. Le seul problème c'est qu'à part Luthor, personne ne peut décoder ces chiffres. »
« Donc Lex avait tout prévu. Qui sont les quatre personnes qui refusent sont héritage ? » Clark prit une feuille et la montra à Lois.
« Meredith Harris, premier secrétaire général de la Lex Com ; Louis Costelle, ancien bras droit de Luthor avant son premier mariage ; Martin Georges Jr, ancien attaché de presse ; et John MacDorthy, P.D.G de la LL News. Deux d'entre eux restent actifs au sein de la Lex Corp. » expliqua Clark.
« Attends une seconde, quatre ont refusé l'héritage, deux ont prit leur biens, et un reste inconnu. Ca fait sept. »
« Sept quoi ? »
« Sept héritiers. Sept était le chiffre porte bonheur de Lex. Peut être que Lex a joué avec les chiffres ? » Clark ne paraissait pas adhérer à l'idée de Lois.
Il lui lança un regard intrigué, qu'elle ignora et continua sa théorie.
« Peut être que les chiffres se trouvant avant les codes administratifs sont liés à notre inconnu ? Donne moi les. »
Elle prit un calepin et attendit que Clark lui dicte les chiffres.
« Je ne suis pas sûr Lois. – Quand il vit le regard déterminé que lui lançait sa femme, il ne continua pas de s'opposer. – Ok, alors 160563, donc 16 ; puis 10428, donc 10. »
Lois le coupa. « Va à l'essentielle Clark, je vais être perdu. »
« Donc – soupira Clark – les suivants sont 65 ; 27 ; 06 ; 87. »
« Ok, on a six chiffres. Peut être que je me trompe mais je pense que ces chiffres vont nous permettrent de retrouver cet héritier. On récapitule, 16, 10, 65. – Elle s'arrêta net et Clark fixa sa femme droit dans les yeux. Sans dire un mot, ils savaient tous les deux, qui était l'inconnu. – Oh non… »
Lois et Clark restèrent sur le canapé, en se regardant, sans rien dire.

FIN suite dans "Plus que tout au monde"