Hellow!
Bienvenu pour ce nouveau chapitre.
Je tiens à dire que je l'ai nommé après une fic de ma super Bêta Just D, et lisez-là elle vaut le coup d'oeil (surtout Negan...nom de Dieu je m'en remets pas de ce mec...)
Bref, merci pour les Reviews c'est super important que vous compreniez comment ça me fait plaisir et comment ça m'aide pour la suite.
Enjoy!
Chapitre 3 :
Pas d'exception
L'humidité s'infiltre dans mon jean et vient engourdir mes genoux. Je sens des picotements désagréables envahir mes jambes, et l'air froid brûle ma gorge à chaque bouffée. Mais je garde une respiration calme et une posture courbée. Je ne lèverai les yeux sous aucun prétexte.
Le bruit environnant devient un bourdonnement indistinct et les voix (la seule voix en vérité) ne sont qu'un bruissement nébuleux, comme une brume dans laquelle je me trouve, mais qui ne me touche que par sa froideur. Et dire qu'on aurait pu éviter tout cela. Et dire que je l'avais vu venir…mais pas d'aussi près.
**Flashback**
« C'est un coup à se prendre des revers de bâton historiques. »
L'église, encore muette et sous le choc de la révélation de Rick, tourne des yeux pleins d'espoir dans ma direction.
Un nouveau groupe est entré en contact avec nous, mais comme tous les chats errants, ils ont apporté leur lot de maladies, à savoir leur chef à l'égo surdimensionné, et un certain Negan qui leur mène la vie dure. Je vous passe les détails, mais Rick et Maggie en sont arrivés à l'idée d'éradiquer la menace une bonne fois pour toute, par la force des armes en échange de vivres. Je ne vous raconte pas le bordel pour organiser une simple défense avec ces bras cassés, alors une attaque ! Contre un ennemi dont nous ne connaissons rien !
« Ils ont des vivres et un médecin. » dit un gaillard dans l'assemblée, comme si la question ne pouvait pas se poser.
« Nous avons aussi un médecin et les vivres, nous les feront pousser. Qu'est-ce qui vous fait croire qu'on peut leur faire confiance ? Qu'ils n'essaieront pas de nous entuber une fois le gros méchant loup neutralisé ? » intervient Lucy depuis le fond de l'église.
« Rien ne vous garantit que nous ne tirerons pas avantage de la situation. Tout comme rien ne me garantit que vous n'essaierez pas de prendre la Colline une fois la mission accomplie. » dit l'homme chevelu à la droite de Rick. Une voix apaisante, le regard rassurant et pourtant la source de tous nos problèmes. Jésus qu'il se fait appeler...j'en aurais ris si la situation n'était pas aussi dramatique.
« Il vient chez nous pour nous remettre en question ? » dit Sacha en se relevant.
Je vois Abe poser une main sur la sienne, et elle reprend sa place sans lâcher ledit « Jésus » du regard.
« Personne n'entubera personne. On va remplir notre part du contrat, et eux la leur. Ce sera le début des échanges entre nos deux communautés. » conclut Rick.
« Si tous ces échanges doivent se passer dans la violence, je préfère retourner dehors. » dit Lucy, pas très fort, mais assez pour faire tourner quelques têtes étonnées, voir scandalisées par ses propos.
Vous vous doutez bien que nous n'avons pas eu notre mot à dire. Et les votants étaient à l'avantage de Rick et de son équipe. Mais je ne perds pas espoir et vais immédiatement à la rencontre de Glenn en sortant de l'église.
« Je peux te parler une seconde ? »
Il échange un bref regard avec son épouse qui nous laisse avec un sourire.
« Tu ne peux pas laisser faire. Glenn, je sais que tu n'as jamais tué de vivants… on ne tue pas les vivants, nous sommes tous dans le même bateau, tu te souviens ? Ou ce n'était que des paroles en l'air ? »
Je vois dans son regard que l'opinion générale le dérange, mais sa décision personnelle est prise. Il ne laissera pas Rick, et certainement pas parce que j'en appelle à sa conscience. Ils partagent beaucoup trop pour ça.
« Je sais que cela ne te plaît pas, et tu n'es pas obligée de venir. Reste avec ta sœur, ne t'impose pas ça. »
Je lève les yeux au ciel avec impatience.
« Oh mais tu le fais exprès ? Tu as vu ce qu'il fait ! Il tue une personne d'un groupe et en enlève une autre pour soumettre le chef de clan. Ces gens-là sont organisés. Il ne s'agit pas d'un simple règlement de compte. Et s'ils s'en sortent… »
« Alors ils ne devront pas s'en sortir. Excuse-moi, ma femme m'attend. »
Sur ce, je suis laissée en plan devant l'église. Je ne peux décemment pas les laisser partir sans moi. Si les choses tournaient mal, je m'en voudrais à vie.
**Présent**
La respiration de Carl est calme, ses inspirations profondes, et son regard droit. Un contraste quasi-total avec Eugène à ma gauche dont je peux entendre chaque goutte de sueur couler sur sa peau tremblotante.
Le mot est dit : nous allons le rencontrer. Un mélange de peur et d'anticipation me tord le ventre. Tous les regards convergent avec appréhension et défiance, vers cette portière qui a signifié à une époque lointaine, un refuge. Elle ne le sera plus jamais. Sans la voir, je peux entendre notre camping-car résonner, trembler, crouler un peu plus à chacun des pas de la bête vers la porte de sortie. Ménageant son effet, il marque une courte pause avant d'ouvrir le battant à la volée, l'envoyant claquer contre le flanc du véhicule. La réaction est immédiate, je baisse la tête, comme un enfant trop apeuré pour regarder le méchant clown dans les yeux.
Les lumières des phares des voitures nous cernant, étendent nos ombres devant nous. Toutes se joignent en une seule tête à quelques mètres devant nous. Une tête bien vite piétinée par une paire de bottes fraîchement cirées, d'un noir brillant.
Les pas s'avancent gaiement dans notre direction, se balançant d'un pied à l'autre, comme pour savourer chacun des regards baissés, chacune des respirations saccadées, chaque corps courbé par sa seule présence.
« Alors, mes poulets ? On mouille sa culotte ? »
La voix grave résonne comme un grondement dans mes entrailles. Je serre les poings, mais ne bouge que la tête. Je m'autorise à le jauger de bas en haut. Il est de loin le mieux loti de son groupe. Des vêtements propres, les cheveux gominés, un sourire éclatant de jouissance, un regard dominateur, et une batte entourée de barbelés reposant tranquillement sur son épaule, attendant sagement son tour dans la petite mise en scène du patron. Son apparence est soignée jusqu'au moindre détail. Même dans une foule, on aurait pu reconnaître cet homme comme un leader. Un chef à l'image de son peuple, à moins que ce ne soit l'inverse.
Mais je dois avouer avoir ressenti un certain soulagement à l'écoute de sa voix. C'est un stratège, un gangster, mais c'est avant tout un homme. Avec tout ce que cela implique de faiblesse. Je le dévisage depuis le bout de la file, faire son petit effet sur Rick, plein de son autosatisfaction, de son indéfectible confiance en lui, son charisme conduisant les plus faibles à la soumission et les adeptes à l'admiration. Un monstre dans toute sa splendeur.
**Flashback**
« Tu te fous de ma gueule ? »
« Calme toi ! »
Je pousse Lucy vers le camping-car et la fait monter avant que Rick ne l'entende.
« Il est hors de question de prendre des risques inutiles ! » continue-t-elle en me faisant face.
« Carol et Maggie ont besoin de nous, Lucy. Elles auraient fait la même chose pour nous. »
« Carol nous aurait laissées crever comme des bêtes si cela aurait pu garantir la sécurité de Maggie. »
Elle n'a pas tort.
« Maggie aurait traversé tout le bâtiment armée d'un couteau suisse pour une personne de la communauté. »
Je tente de la convaincre en vain. Je la sais trop pragmatique pour que l'argument de la grossesse de Maggie puisse tenir.
« Ecoute, c'est l'affaire de quelques heures, grand max, et on reviendra en vie et en sécurité à la maison. »
S'il y a un mot qui peut la faire flancher, c'est bien le mot « maison ». Alexandria représente sa seconde chance d'une vie normale, meilleure, et d'une nouvelle famille. Ce qui implique de ne pas se battre simplement pour l'une et l'autre, mais pour les quelques dizaines sur place.
Je vois cependant son visage se décomposer et ses épaules s'affaisser. Elle se laisse tomber sur la banquette, et pour la première fois depuis des mois, je la vois craquer. La pression de cette nuit sanglante retombe sur ses épaules frissonantes.
"Dis-moi au moins que ça en valait la peine..." murmure-t-elle.
Un poids de plomb tombe dans mon estomac. Je n'avais pas réfléchi de la soirée. Nous venons de tuer des hommes endormis et sans défenses, dans cet avant-poste. Et pour elle, c'était la toute première fois. Je n'avais pas réussi à la faire seulement garder les portes. Je pose une main que je veux rassurante sur sa tête blonde et caresse ses cheveux.
"Ne sors plus d'ici."
Puis, je tourne les talons et rejoins le groupe dehors, prêt à l'action. Je sens la merde venir de loin, et cet enlèvement n'en est qu'un avant-goût.
**Présent**
"Vous allez tellement regretter de m'avoir croisé...oh oui..."
Sa main gantée se resserre sur sa batte et émet des craquements qui résonnent jusque dans mes entrailles. Je n'ose pas tourner davantage le regard dans sa direction, il semble à peine digérer celui de Rick.
"Tu vois Rick, peu importe quelle tuile te tombe sur le coin du crâne ou quelle merde tu branles dans ton coin, tu ne déconnes pas avec le nouvel ordre mondial. Et le nouvel ordre mondial tient en une phrase vraiment très simple, alors même si t'es très con, ce qui est tout à fait possible, t'es capable de comprendre ça."
J'entends ses bottes crisser sur le sol et la respiration de Rick devient plus rapide à mesure que Negan se rapproche de lui. Le groupe se tend à l'unisson et je vois notre ombre frémir.
"T'es prêt ? Alors j'y vais, écoute bien..."
J'entends sa batte fendre l'air et ses gants craquer encore un peu plus, avant qu'elle n'atterrisse dans un bruit étouffé sur l'épaule de Rick.
"Donne-moi tout ce que t'as, ou je te crève."
Il garde un silence millimétré, savourant son emprise sur la situation et l'effet de ses paroles sur le groupe. Je vois Abe bomber le torse, sa fierté de soldat prête à éclater, mais il ne dit rien. Je serre les poings de part et d'autres de mes cuisses, gardant la tête obstinément basse, alors que le monstre se tourne dans ma direction pour continuer son monologue. Si la situation n'était pas si tendue, j'aurais pu rire. Son égo est presque matérialisé autour de lui, l'enveloppant comme un manteau chaud et confortable, dans lequel il se complaît à chaque putain de seconde devant nous. Chaque respiration erratique, chaque sanglot, chaque regard apeuré le fait grossir dans son orgueil. Il n'aura pas ma part.
"Tu sais, je te comprends...T'avais quelque chose...T'étais le grand patron. Tu te croyais en sécurité. Oui mais voilà Rick...t'es pas en sécurité. T'en est loin ma caille... En fait t'es même plutôt dans la merde. Toi et tes ouailles. Et vous êtes encore plus noyés dedans si je n'obtiens pas ce que je veux, et ce que je veux... c'est la moitié de ce que t'arrives à chier par semaine."
Michonne le darde de son œil le plus venimeux et je prie pour qu'il ne croise pas son regard. Je me retrouve à regarder son petit numéro sans le vouloir, happée par son putain de charisme. Il est tellement sûr de lui...
En soi il n'est pas un très grand homme. Mais je ne souhaite à personne de croiser son regard. C'est coup à se liquéfier sur place. Même s'il parle comme le quarter-back de mon lycée et se comporte comme un gosse pourri gâté, désobéir ou se rebeller ne viendrait pas à l'idée du plus suicidaire du groupe. Sacha semble sur le point de vider son estomac. Et Maggie... Maggie...
Glenn ne la lâche pas du regard, comme si la simple force de sa volonté pouvait la protéger depuis sa place.
Negan se tourne de nouveau dans notre direction avant de retourner à Rick, s'assurant de ne perdre l'attention d'aucun d'entre nous.
"Juste pour être clair : je veux que vous bossiez pour moi, chose que vous ne pouvez pas faire si je vous ai tous butés au préalable, j'ai pas raison ?"
Un soupir qui semble se prolonger le long du groupe, presque imperceptible, témoigne d'un soulagement qui n'a pas sa place. Je sais qu'il n'en a pas fini avec nous. Sa batte attend patiemment dans sa main de pouvoir nous faire aussi son petit discours. Et il sera moins plaisant.
**Flashback**
"C'est trop beau pour être vrai."
"Arrête ça tu vas faire tourner mon lait !"
« C'est vrai quoi ! Regarde…pour un peu je m'attendrais à voir débarquer Jésus les bras ouverts : Vous avez trouvé la Terre Promise, Peuple élu. Rick vous a sauvés les fesses de peu!»
Carol rit de mon imitation et reporte son attention sur ses indémodables cookies.
« Tout est dans la cuisson. » dit-elle en enfournant la première plaque.
« Carol. Je sais que tu n'y crois pas une seconde. S'il te plaît, il faut ramener Rick à la raison et commencer à organiser une bonne défense, ça ne va pas tarder à puer pour nous ici. Et cette, fois ça n'aura rien à voir avec le groupe des Wolf. »
Elle soupire et me fait face, son regard a changé, son sourire a disparu. Là est la Carol que tout le monde devrait connaître, pas le simulacre qu'elle nous offre depuis des mois.
« Rick n'est pas un homme que l'on peut influencer. Et s'il pense faire ce qui est bon pour nous, ce ne sera que plus difficile pour toi de lui prouver qu'il a tort. »
Elle tourne la tête et observe les enfants jouer par la fenêtre.
« Mais cet endroit en vaut la peine. »
Donc je suis seule. Je ne sais pas ce qui la trouble et ne cherche pas à en savoir plus avant. Je sors un paquet de mon sac et le pose devant Carol.
« Carl a oublié ses livres avant de partir, hier. Tu lui diras de lire Les Hauts de Hurlevent pour la semaine prochaine ? »
Elle ne répond pas et se contente de me sourire. Je sors sans plus de cérémonie et rentre dans Denise qui traverse le trottoir.
« Fais attention ! » je grogne, de mauvaise humeur.
« Désolée… »
Je lève la tête et la vois quitter le secteur des habitations avec Daryl et Rosita.
« On peut savoir où vous allez ? » je crie en leur courant après.
« Dehors ! » me répond Denise sans se retourner.
Elle atteint très vite le portail où Abraham leur pose la même question et obtient la même réponse.
« Tu peux développer ? » dit ce dernier en descendant de sa tour de garde.
Le temps qu'il les atteigne, je suis à leur niveau et attrape Denise par le bras.
« Qu'est-ce que t'essaies de prouver ? »
Elle se dégage rageusement.
« Il y a des carences dans les stocks d'antibiotiques. Et Maggie a besoin de vitamines prénatales. »
« On peut se débrouiller si tu fais une liste. » avance Abraham.
« Non. Je dois le faire. Combien de temps est-ce que vous pensez que je peux encore vivre cloîtrée et surprotégée ? »
« Parce que tu penses avoir le choix ? Tu es la seule chose qui se rapproche le plus d'un médecin à des kilomètres, et pas question de faire un nouveau deal avec la Colline. »
« Dommage. En tout cas je sors, avec ou sans ton accord. »
Je la regarde prendre place dans un vieux tacot, impuissante. Je retourne des yeux suppliants vers Daryl qui se contente de hausser les épaules et de la suivre.
Tout va à vaux l'eau dans ce bled ! Je n'aurais jamais cru dire ça un jour, mais Deanna manque cruellement à cette ville de fous.
« Eh ben…on aura essayé. Bordel à queue c'est encore pire que d'essayer de parler à un mur. » marmonne Abe dans son habituel ton bourru.
Je tourne les talons et m'empresse de rejoindre Lucy. Si ça tourne mal, peu importe l'issue, elle ne doit pas se trouver ici. Je resterai avec Rick, mais elle, elle doit rejoindre la Colline. Ils nous en doivent une.
**Présent**
Un froid a traversé le groupe. Un vent glacé, fatal. Il a prononcé sa sentence: l'un d'entre nous doit mourir pour les cinquante autres. Je m'interdis toute réaction, ne pouvant penser à autre chose qu'à Lucy. Je me félicite une nouvelle fois d'avoir insisté pour qu'elle reste à la maison.
Le sang bat sourdement à mes oreilles, et je dois me concentrer pour l'entendre parler .
"Voilà Rick... Je te présente Lucille. Et elle est putain de fantastique." dit-il en présentant sa batte sous le nez de Rick dont la panique devient très vite contagieuse.
Negan s'en nourrit et sourit en jouant de sa batte, jonglant avec, faisant baisser les regards autour de lui. Je vois l'éclat des barbelés luire sur le bois clair de l'arme, menaçante. Tout le monde la regarde comme le danger mortel qu'elle représente pour chacun d'entre nous.
"Tout ça...tout ça, c'est pour désigner qui sera celui ou celle qui aura l'honneur de faire sa connaissance." dit-il en tendant sa Lucille dans notre direction. Puis il la reprend à deux mains.
"Je vous jure qu'elle en vaut la peine."
Il souffle un rire, et promène son regard sur le groupe, son éternel air satisfait étirant ses lèvres craquelées. Il s'arrête sur Sacha qui a visiblement perdu toute trace de défi dans son regard et dans son attitude.
"Oh non, chérie. Ne pleure pas maintenant, j'ai pas encore choisi."
Elle détourne le visage et garde son regard obstinément fixé sur le sol. Sa réaction lui fait expirer un nouveau rire, puis il se redresse, balançant Lucille, luisante et plus dangereuse que jamais, à chacun de ses pas. Les respirations accélérées font monter un immense tourbillon de condensation, recouvrant ses pas devant nous. Il s'arrête devant Abraham et je retiens mon souffle. Le connaissant, il ne peut pas laisser passer une seule humiliation, et le simple fait d'être mis à genoux et menacé de mort par un couillon avec une batte, peut lui faire dire des choses très regrettables.
Mais il ne dit rien. Ne fait rien. Il se redresse, bombe le torse, et le défie en le poignardant du regard. Ses mains ne tremblent pas, sa respiration reste régulière, ses genoux ne flanchent pas. Il est prêt au sacrifice pour le groupe. Putain de militaire...Le regard de Negan change durant une fraction de seconde, et lui aussi gonfle la poitrine. J'assiste au combat de coqs le plus court de l'univers, puisqu'il coupe court à tout espoir de voir cette soirée écourtée par un sacrifice bien senti, et se contente de gratter sa barbe en riant.
"Ah, va falloir que je rase cette merde moi..."
Il se détourne d'Abe pour se tourner complètement vers mon côté du groupe. Mon coeur manque un battement, et je détourne rapidement le regard, me réduisant à une pauvre loque à deux doigts de gémir de peur. Mais ses pas s'arrêtent devant mon voisin le plus proche. Carl n'a pas bougé d'un pouce. Pas plus lorsque le monstre Negan s'accroupit devant lui avec son sourire amusé. Il le pointe avec Lucille, avant de s'appuyer dessus pour garder l'équilibre.
"Toi, mon pote, t'as un de nos flingues."
Il penche sa main pour la récupérer d'entre les genoux de Carl qui continue à le fixer comme si ses yeux pouvaient le torpiller sur place. J'ai soudain très honte de mon attitude, mais ne bouge pas pour autant.
"Putain, gamin...détend-toi. Ou chiale un coup." rit-il.
Même accroupi, il continue de remplir tout notre espace vital avec sa putain de présence. Son autorité nous écrase, et je me rends compte que je retenais ma respiration, lorsqu'il s'éloigne à nouveau. Pour retrouver se rapprocher encore de Maggie. Je le savais. La plus faible du groupe ne lui serait d'aucune utilité.
"Putain de merde! Tu verrais ta gueule! Je ferais peut-être bien d'abréger tes souffrances..."
Puis il lève la batte, et avant que j'aies pu crier quoi que ce soit, une hurlement de rage déchire la tension accumulée dans le groupe. Glenn s'est levé et se précipite vers Negan pour l'arrêter. Il n'y a pas besoin d'être un fin stratège pour se rendre compte que c'est une idée de merde, mais le désespoir déforme chacun de ses traits. Il est immédiatement arrêté par les sbires de la Bête, et plaqué au sol. L'éclat d'une arme pointée sur son crâne fait hurler Maggie, et un chien armé me fait bondir, mais Negan seul y met fin.
"Non...non, remettez-le à sa place."
Les hommes le tirent comme un chien enragé, dont les hurlements et les attaques deviennent supplications et lamentations.
"Pitié...ne faites pas ça...ne tuez pas ma femme..."
Negan, pas le moins du monde ému par la scène, attend patiemment que tout le monde ait recouvré ses esprits pour parler à nouveau. Il soupire, frustré d'avoir été stoppé dans son élan.
"Ok alors ouvrez-bien vos oreilles : ne vous amusez pas à me refaire un coup comme ça. J'explose la tête au premier qui rouvre sa gueule, pas d'exceptions."
La respiration de Glenn emplit l'espace, et les gémissements de Maggie arrivent en réponse à la menace de Negan. Personne ne doit mourir pour elle.
"Pour cette fois, c'est gratuit, c'est un moment chargé en émotions, je laisse couler."
Il se tourne encore une fois vers Rick, qui cette fois semble plus effrayé que jamais. Il a comprit que la menace n'était pas seulement des paroles en l'air. Il va en tuer un.
"Ca craint, hein? Ce moment où tu réalises que t'as perdu le contrôle de la situation."
Son regard glisse insidieusement sur le groupe et se plante une fois encore sur Carl. Cette fois, son regard se fait plus joueur. Comme un lion avec sa nourriture, il veut jouer pour mieux savourer.
"C'est ton gosse, pas vrai?" dit-il en faisant la navette entre les deux avec sa Lucille. Il laisse échapper un rire amusé. "Ha ouais! C'est ton putain de rejeton!"
Il s'avance dangereusement vers Carl dont le regard devient plus perçant.
"Non! Arrêtez-ça!" crie Rick en tentant de se relever.
"HEY!" hurle Negan.
Je le vois pour la première fois perdre le contrôle sur son tempérament. Il redevient immédiatement le charmeur à l'air enjoué qui est sorti de la caravane.
"Ne me fait pas tuer le futur Norman Bates, Rick! Ne me rend pas la tâche plus facile!"
Rick baisse immédiatement les yeux, se rendant compte qu'il aurait très bien tué son fils s'il l'avait souhaité. "Pas d'exceptions" il a dit.
Un poids bat dans mon ventre. Il recherche une victime. Si je le force à me prendre, il laissera les autres partir. Lucy comprendra...ils n'auront qu'à suivre ses instructions pour la suite, une révolte arrivera bien assez tôt. Ne réfléchissant pas plus que ça, je tente de gagner du temps pour les autres.
"Vous allez finir par en choisir un, ou est-ce que vous comptez nous tuer d'ennui avec vos paroles vides?"
Mon ton est un peu plus ferme que ce que j'aurais voulu. Mais trop tard, le mal est fait. Il a marqué une pause, son large dos fermement planté à quelques mètres de moi. Un de ces hommes pointe son arme sur mon crâne, je sens le métal froid dans mes cheveux. J'entends le claquement typique du cran de sécurité qui se débloque. Je me redresse, et accorde quelques pensées à mes parents. Mais rien ne se passe. Le lunatique se retourne, lentement dans ma direction. Son regard n'est pas furieux, son sourire est cependant figé. Son expression change soudain et un air faussement peiné tire la commissure de ses lèvres vers le bas. Je ne sais pas encore lire dans cet homme, mais je crois que je vais y passer.
Il s'approche, lentement, balançant Lucille dans sa main droite. Mon coeur bat furieusement dans ma poitrine en la voyant devenir plus brillante à mesure qu'elle s'approche de moi. Il finit par la reprendre fermement et la tend dans ma direction. J'ai commencé à fermer les yeux par réflexe, mais il décide de me parler.
"Qui t'es, toi?"
Je reprends doucement ma respiration, plus très sûre que mon ton soit aussi convaincant. Je passe rapidement ma langue sur mes lèvres, et articule:
"G...Grace..."
"Grace..." Il marque un instant de pause durant lequel il me regarde, intensément. Puis il reprend "Eh bien Grace, t'apprendras à tes dépends, que défier un mec comme moi, c'est pas un bonne idée. Surtout s'il te menace explicitement depuis vingt putain de minutes. Mais...j'admire les fortes têtes. Mêmes si elles ne vivent pas longtemps."
Il fait le tour et baisse la main de son sbire.
"On ne fait pas ça, Simon. On a l'honneur d'avoir dans notre assemblée, la fille la plus couillue de toute la Virginie. Faut lui faire honneur."
Je l'entends simplement prendre sa respiration profondément et je devine qu'il a levé sa batte loin au dessus de ma tête, prêt à l'abaisser sur mon crâne. Mais, encore, rien ne se passe. Il va venir à bout de mes nerfs.
"Mais je dois bien avouer...ça me ferait mal au cul de gâcher une poule pareille."
Je crois que je vais avoir une crise de panique. Mon estomac se tord, et je sens l'oxygène se bloquer dans ma poitrine. Il me contourne de nouveau et vient poser un genou devant moi, reposant négligemment son bras dessus.
"T'es pas dégueux pour une rousse, tu sais ça?"
Je ne peux pas baisser les yeux son regard captivant le mien, tandis que je les sens s'embuer de larmes. Il sourit de nouveau.
"Oh wow...merde. Respire, ma puce. Nom de Dieu elle va faire une crise."
Je me reprends du mieux que je le peux, et ignore son haleine qui vient s'écraser sur mon visage à chaque expiration, chaque rire. Il prend mon menton entre son pouce et son index, et rapproche mon visage du sien. Je suis secouée de frissons, partagée entre l'envie de hurler et celle de le tuer à mains nues. Mais je ne suis capable que de le regarder, incapable de penser.
"Regarde-moi bien dans les yeux, Grace. Je ne suis pas un baratineur. Et je te dis que ce soir, ton groupe perdra un membre...mais ce ne sera pas toi."
Puis il se lève, et me laisse retomber sur mes membres tremblants. Je ne suis plus très sûre de vouloir recommencer l'expérience. Carl se penche et m'aide à me relever, alors que ce monstre de suffisance nous tourne royalement le dos, avançant avec détachement et autorité vers le côté opposé de la ligne que nous formons.
"Il faut bien que je choisisse quelqu'un!"
Il regarde sa batte quelques instants, avant de détourner un regard menaçant et amusé vers Rick.
"Hé je sais...j'ai une idée."
**Flashback**
Carol est partie. Elle a quitté la ville aux aurore.
Je ne pouvais pas dormir après un énième cauchemar. J'ai pris ma douche et suis sorti prendre l'air. Et je l'ai vu descendre la rue principale, sereinement, son sac sur le dos. Voilà ce qu'elle cachait.
Je ne peux pas lui en vouloir. La Sauveurs vont vouloir leur vengeance, et je sais qu'ils ne feront aucun prisonnier. Trop des leurs sont morts. On ne voulait pas qu'ils nous remarquent, je crois qu'en réalité nous avons tiré la queue du loup pendant qu'il nous tournait le dos. Et maintenant il ne peut plus nous ignorer. Qu'est-ce qu'on leur doit à ces gens? Pourquoi Rick n'écoute-t-il jamais? A moins que les avertissements ne viennent de Carol, auquel cas ils sont paroles d'évangiles.
Je suis retournée dans mon lit, ne voulant pas attirer l'attention sur moi lorsque tout le monde le devinera. Et ça n'a pas tardé. Lucy vient me retrouver peu après 8h du matin.
"Il y a un brèche qui commence à se former sur la muraille nord. Je dois donner un coup de main. Tu compte rester dans tes bouquins toute la journée?"
Je lève les yeux de mon vieil exemplaire du Prince de Machiavel.
"Ils restent les seuls ici à ne pas m'avoir déçue."
Je lui souris. Elle m'embrasse avant de sortir en trombe.
"Prends au moins un truc pour la route!" dis-je, alors que la porte d'entrée claque bruyamment. "Enfin ,si Carol n'a pas tout embarqué avec elle." je grogne dans ma barbe en reprenant mon livre.
Mais je ne peux pas me concentrer d'avantage. Le fait de savoir qu'elle s'est fait la malle, alors qu'on a besoin de tous nos effectifs...être aussi égoïste, ça me dépasse. Je souffle en posant mon livre sur la table de la cuisine, et sors sur le perron.
C'est l àque j'appreçois Daryl filer à toute allure sur sa moto en direction du portail.
"Oh non..."
Je descends les marches à toute vitesse. Je ne sais pas pourquoi je m'y attendais pas, il est tellement prévisible!
J'arrive essoufflée au niveau du portail pour trouver Glenn, Michonne et Rosita dans un vanne. Je ne réfléchis pas et vais pour ouvrir la portière arrière.
"Non Grace, tu restes ici. On a besoin de nombre." dit Michonne fermement.
"Cet abruti va se faire tuer, et ils sont trop nombreux!" je proteste.
"Justement. La mort de Denise n'est qu'n début, et s'il devait de passer quelque chose ici, tu y serais plus utile." dit Maggie.
Je la regarde et lutte contre toute ma volonté pour fermer cette porte. Daryl nous a sauvé de l'extérieur, et c'est à mon tour de le sortir de la merde. Mais je ne peux pas, pour le bien commun. Je me recule, et croise le regard d'Abraham, lui aussi frustré et haïssant son impuissance.
Le vanne démarre en trombe, et je mes vois disparaître avant que la grille ne se referme sur eux. Chacun retourne à son poste. Mais journée de merde oblige, il n'a pas fallut plus de dix minutes à Rick pour débarquer, accompagné de Morgan et du caniche de Carol un air désemparé sur le visage.
"Carol est partie."
Il n'en faut pas plus pour créer un véritable raz de marée dans le petit groupe. Je n'ai jamais pu comprendre Carol, mais elle semble être le ciment du groupe. Un peu comme la mère d'une famille nombreuse. Une fois partie, tout le monde edt perdu, et c'est là qu'on prend des décisions de merde.
Rick a très vite été mis au courant de la mission suicide de Daryl, et c'est avec Morgan qu'il décide de partir à la recherche de Carol.
"Si je peux me permettre..."
Je prends la parole pour la première fois, et Rick semble tout juste prendre conscience de ma présence.
"Carol est maline et autonome, elle a survécu seule pendant des mois, chose qu'aucun de nous n'a fait. Il n'y a aucune raison que cela se passe mal pour elle."
Chacun attend la réaction de Rick. C'est Maggie qui me rejoint.
"Elle a raison. Tu dois rester, ce n'est pas le moment de prendre des risques inutiles."
Il n'en faut pas plus à Rick.
"S'ils avaient voulu riposter ça aurait été fait depuis longtemps. On a tué un trop grand nombre d'entre eux."
"Trop grand nombre? A chaque fois que l'un d'entre nous en a croisé, ils étaient une vingtaine et ce n'étaient jamais les mêmes têtes!" je l'interrompt.
Avec le recul, je me rends compte que Maggie a raison, rester à Alexandria et défendre la ville doit rester une priorité. Comme je me tuais à le leur faire comprendre avant l'attaque contre les Sauveurs.
Si je n'ai convaincu le chef de clan, il semble tout de même considérer notre décision. Il gratte sa barbe naissance et fait les cent pas.
"D'accord...d'accord" finit-il par dire. "Sacha, Abraham vous ne bougez pas de votre tour de garde, ne descendez sous aucun prétexte., et si vous voyez quoique ce soit qui ne ressemble pas de près ou de loin à Daryl ou à Glenn, tirez à vue. Maggie, tu vas faire le tour des murailles avec Grace, notez les brèches colmatez les du mieux que vous pouvez, on y retouchera lorsque je reviendrais."
Spencer s'avance, offensé d'avoir été mis de côté.
"Et moi?"
Rick croise le regard de Maggie, assez lpngtemps pour que j'y vois de l'agacement.
"Met en revue les stocks d'armes avec Olivia. Je veux savoir le nombre exacte de balles et de fusils, y comprit celles des Sauveurs. Grace, je sais que tu en a un qui vient de chez eux. "
Je soupire et sors mon Glock coincé dans ma ceinture, et la lui tends. Mon regard se pose brièvement sur la crosse ornée d'une batte enroulée de barbelés, grossièrement taillée, comme pour marquer son appartenance.
"Bien. Si on tarde, ne venez pas nous chercher." conclu Rick en montant dans une de nos voitures de patrouille. Morgan nous regarde longuement, et nous salue calmement, avant de suivre son ami.
Un drôle de pressentiment contracte mes boyaux le temps d'une respiration.
S'il ne devait pas revenir, nous serons tous perdus.
**Présent**
Et là débute le plus long et terrible Am Stram Gram de l'Histoire. Tout cela est d'autant plus horrible qu'il ne suit pas du tout l'ordre du groupe. Il commence par Rick et n'a pointé sa batte qu'une seule fois sur moi. Cet instant m'a semblé durer des heures. Mais pas une fois il n'a posé sa batte devant Aaron. Lorsqu'il arrive au dernier Gram, il lance un regard désolé à Abraham, avant de reprendre. Je sens mes membres trembler dangereusement. Je sais qu'il ne me tuera pas. Il a dit que c'est un homme de parole, je crois que je peux avoir confiance au moins en ça. Mais un membre de ma famille va mourir. Je ne peux pas baisser les yeux, et le spectacle de leur angoisse m'est insupportable. Mon sort n'a que très peu d'importance. Je suis la dernière arrivée, ils n'ont pas eu le temps de s'habituer à moi.
Et soudain, il s'immobilise. Lucille a choisi.
"Au premier qui bouge, au premier qui ouvre sa gueule, vous arrachez l'autre oeil du gamin et vous le faites bouffer à son père, et on passera aux choses sérieuses. Vous pouvez respirer, vous pouvez cligner des yeux, vous pouvez pleurer. Putain...ça, vous allez tous le faire."
Et Lucille s'élève, scintillante, puis s'abat violemment sur Abraham. Des cris, des jurons, des supplications. Lucille frappe encore. Et encore. Et encore. Et dans la mare rouge, elle continue de s'abreuver.
Essoufflé, dans un dernier effort, il se relève, riant de son exploit.
"Vous avez entendu ? Il a dit "Suce mes boules"!"
Je n'ose plus détourner le regard. Le cri encore coincé dans ma gorge ne sort qu'en gémissement. J'aurais voulu hurler, frapper, tuer, arracher, étrangler...et je n'ai pu fixer le corps inerte d'Abraham. Je ne le reverrai plus... il ne reviendra plus.
"Non mais regardez-moi cette vilaine fille!" dit-il en la levant dans la direction de Rick, envoyant des milliers de gouttelettes s'écraser sur lui.
Sacha baisse la tête et tente de retrouver sa respiration. Rosita a noyé son regard loin derrière le camping-car.
C'est finit...c'est finit...il va nous laisser partir. On va enterrer Abe, et tout ira bien. On trouvera un moyen de le faire tomber.
Il émet un rire essoufflé, écartant les bras, comme pour s'adresser à des amis insensibles à son humour.
Mais son regard se reporte sur Rosita, plus démunie que jamais, ses yeux toujours dans le vague, écarquillés d'horreur.
"Ma jolie...mate-moi ça..." sourit-il en glissant Lucille repue et rouge devant son visage pâle.
"Nom de Dieu...t'étais avec lui? C'est pas de chance." dit-il avec un faux air désolé immédiatement remplacé par un air de jubilation fortement déplacé.
"Mais il faut te dire que c'était pour la bonne cause! Le sacrifice du rouquin aura au moins servi à sauver tes petites fesses! Et la première impression est la plus importante. Je suis obligé de faire ce que je fais."
Elle garde obstinément le regard au loin, la bouche ouverte dans un cri muet.
"Et puis deux roux dans un seul groupe...c'est pas vous rendre service. Je vous ai laissé la plus bonne des deux, vous êtes pas contents ?" dit il en levant Lucille, envoyant à nouveau du sang voler autour de lui.
"Alors tu vas poser tes yeux sur ma Lucille...REGARDE!" rugit-il en approchant la batte de Rosita.
Mais il n'a pas le temps d'ajouter quoi que ce soit, qu'il est immédiatement cloué au sol. Le poing de Daryl s'abat sur son visage dans un son sinistre. La réaction est immédiate, trois hommes se jettent sur lui.
"Daryl !"s'exclame Rick.
"NON! Non! Remettez-le à sa place!" ordonne Negan.
"Daryl, espèce d'idiot..." je murmure.
Je ne sens pas les ongles s'enfoncer dans la paume de mes mains. Des larmes roulent sur mes joues et mouillent ma chemise, mais je ne fais aucun bruit, incapable de me détourner de cette scène d'horreur.
Son rire retentit à nouveau, plus sec.
"Ca, c'est le truc qu'il ne fallait surtout pas faire. Ce genre de comportement, ça passe pas du tout avec moi, les copains."
Un balafré, le Dwight qu'avait décrit Daryl, débarque avec une arbalète en tous points identique à celle de Daryl, et le menace avec. Je laisse échapper un gémissement et presse mon poing sur mes lèvres. Il me regarde de loin, entre ses mèches sombres. Cela fait quelques heures que je ne l'ai pas vu, et je trouve un autre homme à sa place. Un animal. Il souffle, grogne et feule...
Negan emmêle ses doigts dans sa tignasse et tire en arrière pour mieux voir son expression. Une profonde satisfaction habituelle traverse son visage.
"Non, D. On ne tue pas ce genre de bête. Pas avant de le dompter un peu." sourit Negan.
Je souffle légèrement, avant de réaliser que ce répit n'est que de courte durée.
Son schémas me reviens soudain violemment en tête, comme une gifle glacée. Une mort, et un enlèvement.
Il se relève, et nous fait face comme si de rien n'était.
"Enfin bref, je vous ai déjà dit que ce genre de comportement ne marche pas avec moi. Le premier passe, le deuxième...ben disons que Lucille va devoir faire des heures sup'..." dit il en la reprenant fermement en main.
Sacha gémit et le regarde, suppliante, mais il ne lui accorde aucune attention.
"Je suis désolé, mes chatons... mais comme je l'ai dit : pas d'exception. Et demandez à Gracie, je suis un homme de parole."
Il croise un court instant mon regard, et je peux y voir son intention. J'ouvre la bouche, et fixe Glenn, le regard inquiet posé son épouse. Il ne se doute pas que...
"Bon, au boulot!"
En un demi-tour rapide, Lucille se retrouve de nouveau projetée en l'air.
"NON !" je hurle en me jetant en avant, mais je suis vite rattrapée par Carl qui me tire vers ma place. Il garde un sang froid exemplaire, alors que son regard exprime la pire des douleurs.
"Reste ici. Tu vas y passer aussi." souffle-t-il entre ses dents.
Un cri faible, une lamentation gémissante de Maggie brise mes dernières volontés, et je pleure à bout de forces. Je m'arrête, alors que Glenn se relève et mon estomac se retourne d'horreur. Je cache mon visage dans l'épaule de Carl, alors que j'entends chacun de ses gargouillements et ses tentatives pour parler. Je presse mes paumes sur mes oreilles et me redresse, cherchant désespérément un objet neutre à fixer, mais je ne peux rien voir qui ne soit souillé par la présence de Negan et de ses hommes... et tout devient étouffant, et envahissant. J'ouvre la bouche pour chercher l'air qui ne vient plus. Le sang bat de plus en plus fort dans mes oreilles, couvrant le moindre bruit extérieur, et bientôt, une tâche noire au milieu du camping-car s'agrandit et m'engloutit toute entière. J'entends un vague murmure...
"Grace!"
0o0
Alors?
