Note d'auteur: Ce chapitre contient des passages et des propos vulgaires et violents. Toutefois, ils respectent l'évaluation du niveau T de lecture.


L'après-midi qui suivit, Adrien sortait des vestiaires après une bonne douche qui avait été nécessaire après son intense entrainement d'escrime. L'un comme l'autre l'avaient ragaillardie et avait ramené ses pensées à la bonne place.

Il allait rejoindre son chauffeur qui devait l'attendre devant les marches de l'école. Qu'il soit en terminal ou non, son père exigeait toujours de lui qu'il se déplace avec standing. Il considérait que puisqu'Adrien était maintenant une personnalité mondaine, il ne devait pas être vu dans les transports en commun par les paparazzis.

Un bruit dans un rangement sur sa droite l'intrigua. Il s'agissait de petits coups plus ou moins régulier et même si un gémissement le fit hésiter de peur de tomber sur un couple, il ne pouvait repousser l'impression qu'il n'y avait qu'une seule personne à l'intérieur.

Ouvrant la porte en grand, il eut une vision qui lui fit bouillir le sang. Une corde serrée autour des bras et de la poitrine, son amie pendait accrochée au plafond. Elle avait un chiffon sale sur les yeux, un torchon de nettoyage dans la bouche, les pieds attachés ensemble et une corde de pendu était passée autour de son cou sans être reliée à autre chose en signe de menace de mort.

Il lui fallu beaucoup plus de temps pour la décrocher qu'il ne l'aurait cru. Si seulement, il avait commencé par se changer en ChatNoir avant de retirer le bandeau qui lui couvrait les yeux!

La corde finalement décrochée, il la sortie du placard empestant les produits chimiques pour masser doucement ses bras et son dos blessés par la corde trop serrée. La gardant assise sur ses genoux, il l'encouragea à respirer doucement et profondément.

Elle était si nerveusement épuisée qu'elle commença à s'endormir sur lui. « Je te ramène. » assura-t-il.

« Quelle heure est-il? Mon portable n'est pas sur moi. » fit-elle un peu plus réveillée mais encore à mi-chemin du sommeil.

« 17h10 » répondit-il en sortant son propre portable.

« Dans ce cas, il vaut mieux que j'attende ici. J'ai rendez-vous avec Alya. »

« Marinette » demanda Adrien qui cherchait malgré tout à la faire dormir en glissant ses mains dans son dos. « Tu pourrais m'expliquer ce qui c'est passé? »

Le visage de la jeune fille resté caché derrière son épaule, elle ravala ses émotions pour lui répondre plus calmement : « C'est une longue histoire mais, quelqu'un qui était derrière moi a mit un chiffon d'éther sur mon visage à la fin des cours. …Et ensuite, c'est le noir complet. Encore une fois, j'ai eu de la chance que tu sois là pour me sauver! »

« Je… je crois que je te dois des excuses. » commença doucement Adrien. « Pendant un bon moment, j'ai cru que tu faisais semblant de tomber sur moi dans le but de me séduire. Tu sais, exactement comme Chloé. J'ai remarqué que tu devenais plus timide avec moi qu'avec les autres personnes et j'ai pensé que tu faisais cela pour me séduire. Je suis désolé d'avoir cru que tu étais comme elle. J'ai pensé, comme un idiot, que tu étais amoureuse de moi. J'espère que tu ne m'en veux pas trop. Et si je peux faire quelque chose pour me faire pardonner… » sa voix s'éteignit dans un étranglement. Sa grande main n'était plus dans son dos mais sur sa nuque et il caressait sa chevelure douce.

Marinette songea un instant à lui en vouloir mais songea rapidement que tout était plutôt de sa faute. Elle aurait dû être capable de lui avouer ses sentiments d'une façon plus humainement normale plus tôt. Comme elle ne savait pas quoi lui répondre, elle opta pour la plaisanterie, ce n'était pas le meilleur timing pour lui dire qu'il ne s'était pas trompé sur les sentiments qu'elle avait pour lui. L'humour était une chose amicale.

« Oh! » fit-elle avec un sourire taquin dans la voix « Tu n'as qu'à me demander en mariage et tout sera oublié! » Elle éclata de rire mais plutôt que de rire aussi, il la serra brièvement dans ses bras.

Son rire se tu aussitôt, c'était exactement le comportement de ChatNoir! La façon dont il la tenait lorsqu'il vivait une émotion qu'il ne savait comment exprimer.

« Marinette! Tu es là! Tu vas bien? » Alya affolée de voir son amie assise au sol dans les bras d'un Adrien appuyé au mur d'un corridor, s'inquiétait qu'elle ne se soit à nouveau évanouie. « J'ai trouvé ton sac derrière un pot de fleur de la cafétéria. »

« Ça va Alya. Tu as trouvé l'adresse? » L'arrivée d'Alya avait permit à Tikki de se glisser sur Marinette sans être vue. Elle était initialement partie après avoir proposer à Marinette de retrouver le kwami de ChatNoir afin que celui-ci vienne l'aider. Mais l'arrivée providentielle d'Adrien était beaucoup moins compromettante.

« Oui, je viens de la recevoir. » l'informa Alya.

« Alors, allons-y » fit Marinette en se remettant doucement sur ses jambes engourdies.

« J'imagine que tu vas dans une clinique privé pour y être examiné parce que c'est le seul endroit où tu devrais être après ce qui vient de t'arriver! » menaça à demi Adrien.

« Je ne peux pas maintenant, il faut que je règles quelque chose d'important! Au revoir Adrien et merci encore! »

Les filles disparues, Adrien regarda les cordes sur le sol entre la porte ouverte du placard et l'endroit où il était se tenait. Il songea à appeler la police pour trouver le coupable de cette agression mais il était trop inquiet pour Marinette pour la laisser filer sans la garder à l'œil. Il n'aurait jamais cru qu'elle était entêtée à ce point.

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La petite maison se trouvait dans une impasse. Elle ne devait mesurer que deux mètres de façade. Les filles sonnèrent à la porte et une femme d'environ trente ans blonde, aux cheveux raides descendant aux épaules leur ouvrit.

Elle resserra sa veste de laine autour d'elle pour se protéger du froid de la nuit qui tombait mais Alya et Marinette pouvait encore voir sa grossesse avancée.

« Je suis Alya Césaire du ladyblog nous voudrions vous interroger à propos d'un article paru dans le Paris scandale concernant la possible paternité de ChatNoir. » engagea la journaliste.

« Faites vite alors et pas de caméra! » répondit hargneusement la dame.

« Euh, suite à l'enlèvement d'un homme ayant affirmé avoir embrassé Ladybug, n'avez-vous pas peur qu'il vous arrive quelque chose? » aborda Marinette de la façon la plus professionnelle qu'elle le pouvait.

La dame regarda par-dessus leurs épaules et pointa le feuillage d'un arbre. «J'ai pas vraiment grand-chose à craindre. Je savais qu'il allait venir. » Elles se retournèrent pour apercevoir ChatNoir qui y était perché.

« Chat? » appela Marinette surprise.

Lorsqu'il se vit repéré le héros sauta au sol et s'avança vers les filles gardant le regard fixé sur Marinette.

« Elle a raison madame, vous jouez à un jeu dangereux. Je ne suis pas ici pour assurer votre protection mais, la sienne. » Il se positionna en face de Marinette qui s'était légèrement éloignée de la porte et la regarda intensément dans les yeux. « Tu étais sensé m'appeler si tu avais des ennuis. Tu ne devrais pas sortir après la nuit tombée. C'est ça que tu appelles te reposer? Tu as vu un médecin au moins? » s'inquiéta-t-il d'une voix douce et attentionnée.

« Oui, la nuit dernière… » rougit la jeune fille.

« Et? » insista ChatNoir essayant de percevoir ses battements de cœur avec ses sens surdéveloppés.

« Et je vais passer un test dans deux semaines pour savoir qu'elle dose de médicaments je dois prendre. » compléta-t-elle.

« Et tu es tout de même ici? » reprocha-t-il.

« Il faut bien savoir comment cette rumeur a débuté! » protesta-t-elle.

« Princesse, tu te rends compte que normalement les gens qui viennent d'être enlever juste après avoir reçu un diagnostique de problème cardiaque ne court pas les rues pour rendre service à un ami? »

« Je ne suis peut-être pas très normale… » dit Marinette d'une petite voix en regardant au loin.

« Tu as les lèvres bleues » s'inquiéta le héros qui se dit que ce n'était vraiment pas bon signe. « Je te ramène chez toi ou à l'hôpital, tu choisies. »

« Oui, mais cette rumeur… » Il y avait eu beaucoup trop de problèmes lorsque des rumeurs avaient courut sur elle-même pour qu'elle ne s'occupe pas de celle-ci. Elle avait vraiment peur de devoir combattre une femme enceinte et akumatisée.

Toujours dos à la porte ouverte, ChatNoir glissa la main sur la joue de Marinette. « Je n'ai jamais posé les yeux sur cette femme ni ce soir, ni avant mais il y a deux choses dont je suis certain. Il n'y a deux filles avec qui je discute lorsque je porte le costume, disons trois. » fit-il avec un coup d'œil pour Alya. « Et Ladybug sait où me trouver. Donc, je ne connais pas cette femme. Par conséquent, la seule information manquante pour l'article d'Alya qui fera oublier toute cette histoire aux gens, c'est le montant du paiement que Lucian lui a remit et ça on devrait plutôt le demander directement à la source après avoir mit ce type hors d'état de te nuire. »


Lucian laissa Marinette tranquille pour toute la journée du jeudi. Mais en dernière période du matin, le vendredi, Adrien demanda aux autres leurs plans pour la fin de semaine. Il avait plusieurs engagements mais voulait inciter Marinette à trouver un moment pour qu'ils se parlent du concours… et aussi de sa santé.

Il avait obtenu de son père la permission de lui faire voir un cardiologue réputé en le payant avec son salaire de mannequin. Il lui expliqua que chaque fois qu'elle voyait un professionnel du domaine, il prononçait un diagnostique inquiétant avant de se débarrassé d'elle.

Son père accepta mais lui expliqua qu'il devait parler à Marinette de lui avancer les fonds sinon elle se sentirait redevable. Adrien était plutôt d'avis que les dettes entre amis éloignaient les gens.

Alya suggéra qu'ils n'avaient pas fait de soirées jeux vidéo chez Marinette depuis une éternité et demanda s'il y avait un inconvénient à déranger ses parents. Marinette allait répondre en les invitant, mais elle surprit le regard cruel et colérique de Lucian sur elle et son sourire disparu. La cloche les libéra pour le repas de midi et elle répondit : «Désolée, mais je crois que ce serait une bonne chose que je me repose.»

Alya qui avait elle aussi surprit ce regard décida d'enquêter sur ce type. Elle le vit glisser un mot à Marinette lorsqu'elle passa près de lui.

Adrien reçu alors une très bonne nouvelle par messagerie. Il rattrapa Marinette dans le corridor et l'invita à manger avec lui. «Ça – ça va si on se retrouve dans la classe de science avec nos repas?» Elle ne voulait pas que personne sache qu'ils mangeraient seuls à seuls.

«Marinette. Est-ce que tu accepterais de venir quelque part avec moi à 16h30 aujourd'hui? C'est quelque chose de très important pour moi.»

«Tu ne préférerais pas que Nino y aille à ma place?» fit-elle un peu surprise de cette nouvelle attitude envers elle.

«Non, je veux que tu viennes. C'est en quelque sorte quelque chose pour me faire pardonner.» expliqua-t-il.

«Adrien, non, tu n'as vraiment pas à faire quoi que ce soit pour moi…» plaida-t-elle.

«Je ne le fais pas pour toi. Je te l'ai dit : Je vais là-bas parce que c'est très important pour moi. Mais comme je tiens à me faire pardonner, j'aimerais que tu m'accompagnes. J'aimerais, qu'on passe plus de temps ensemble. J'ai l'impression qu'on ne se connait pas vraiment. Pas autant qu'on le devrait après autant d'années d'amitié.» Maintenant qu'il la pensait sincère, il la voyait sous un tout autre jour.

«Je le voudrais aussi mais, ce serait difficile pour moi de faire ça en ce moment. J'ai des problèmes à résoudre et je ne voudrais pas t'y entraîner. Tu veux bien garder ta proposition en attente?» fit-elle avec un clin d'œil.

«J'attendrai tout le temps qu'il te faudra!» l'assura-t-il

«Adrien, je voudrais avoir ton avis. Tu as entendu parler du concours junior de stylisme?»

«C'est un piège!» statua-t-il «La moyenne d'âge des grands noms du design de Paris tourne autour des 60 ans. Ils savent qu'ils ne plaisent plus aux jeunes acheteurs. Le prêt-à-porter et le Do It Yourself est en train de les dépasser. Ce concours, c'est leur façon de trouver les meilleurs talents et de les faire rentrer dans leur moule. Pour éliminer la concurrence.»

«Oh! Je n'avais pas vu ça de cette façon.» Elle baissa les yeux sur son plat, il avait surement raison.

«Je suis désolé, Marinette. Tu rêvais surement de devenir l'un d'entre eux.» s'excusa-t-il.

«Non, en fait, j'aimerais simplement vivre de mes créations…Pour pouvoir passer mes journées à créer sans arrêt.»

«Pour ça, je ne me fais pas de soucis pour toi. Tu as tout ce qu'il faut pour réussir et accomplir tes objectifs. Et si tu as un jour besoin d'un coup de main, tu n'as qu'à me demander. Je serais heureux d'apporter ma modeste contribution à ton succès.» louangea-t-il.

Ils tentèrent de partir de l'école aussi discrètement que possible, en après-midi. Marinette alla déposer ses livres chez elle et prévenir sa mère de son absence. Et ne monta qu'ensuite dans la voiture d'Adrien. Mais ils furent tout de même repérés par l'une des élèves d'un autre groupe dont la voiture les dépassa.

Adrien l'amena dans un grand bâtiment remplit de beaux bureaux très chic. Marinette était vraiment intriguée par ce rendez-vous mais comme Adrien lui tenait la main, elle ne posa aucune question.

Il signala leur présence à la réceptionniste puis revint vers elle avec un regard de mauvais garçon.

«Marinette, il faut que je t'avoue quelque chose, en fait, je t'ai menti. Ce rendez-vous, je l'ai prit pour toi. Nous sommes chez un cardiologue.»

«Mais Adrien, voyons, ça doit coûter horriblement cher…» Elle se sentit pâlir tout à coup.

«Peu importe ce que ça coûte, c'est déjà payé de toute façon.» balaya Adrien.

«Mais, c'est impossible…» protesta-t-elle faiblement.

«Écoute, il est prêt à te recevoir, alors s'il-te-plait, soit honnête, joue le jeu et fait semblant que ta santé me tient à cœur et que ce qui est important pour toi, l'est aussi pour moi.»

Le médecin était vraiment compétent et il lui expliqua que ce n'était pas normale de devenir rouge tomate peu importe le sourire du garçon. C'était un signe de mauvaise circulation et de forte pression sanguine.

Il lui demanda si elle vivait beaucoup de stresse. Et elle répondit qu'elle était harcelée par plusieurs personnes. Elle lui avoua aussi avoir reçu une injection intracardiaque quelques semaines plus tôt mais que le miraculous l'avait fait disparaître de son organisme.

«Il a tout de même été présent puis retiré, évidement ce n'est pas un stresse qui a été cliniquement étudié mais je suis certain que ça reste une épreuve pour le cœur. » Une clinicienne prit un échantillon de son sang et le médecin l'analysa sur place. Il lui fournit ensuite une prescription adaptée pour elle, son mode de vie et son âge. Et elle ressortit du bureau beaucoup plus rassurée malgré la soirée qui l'attendait.


Dans la soirée, après un cocktail de bienfaisance où il avait fait une apparition dans son beau costume trop serré, Adrien s'élança de sa fenêtre pour évacuer son stresse dans la nuit parisienne. Mais il n'alla pas très loin. Près de l'hôtel d'en face, il entendit les cris furieux d'un homme. Il s'approcha pour jauger la situation.

« Tu caches bien ton jeu, Ladybug!» fit-il d'une voix dangereuse. «Non, je ne t'appellerai plus jamais comme ça. Tu ne mérites pas ce titre. Tu n'as rien d'une lady. Tu n'es qu'un insecte, sans talent, sans envergure, expendable! Tu ne vaux rien! Salope! Une roulure! À combien d'homme as-tu fait le coup en plus de moi et du type de l'autre jour? Tu nous fais croire que tu en vaux la peine. Que tu es une femme fréquentable mais tu m'as trompé. Jamais personne ne te regarderas sans ton masque, encore moins un type comme lui. Il a tout et tu n'as rien. Tu n'as rien à lui offrir. Rien à offrir à personne!»

ChatNoir entendit un coup frappé et décida d'intervenir mais la situation était tout autre de celle à laquelle il s'attendait. Plutôt que de voir sa Lady corrigé l'arrogant. Il vit Londres se préparant à abattre un second coup de point sur le corps de Marinette déjà à terre.

Il bougea si vite que le point s'abattit sur son bras armé. Il avança menaçant pour faire reculer ce sale individu. Peu importe qu'il ait raison sur l'identité cachée de sa Lady. Que Marinette soit Ladybug ou non, il ne laisserait personne lui faire du mal.

Il montra les dents en grognant furieusement s'avançant toujours aussi doucement.

«Tu ne peux rien contre moi, toi non plus!» ricana-t-il en brandissant son téléphone.

«Je peux t'empêcher de la toucher! T'arracher les deux bras devrait être un bon début!» cracha ChatNoir d'une voix venimeuse. Il donna un coup de bâton pour écarter le téléphone.

«Je la tient. Je peux faire ce que je veux d'elle! Si j'en ai envie, je peux la prendre encore et encore jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus march –»

Lucian manqua d'air pour terminer sa phrase. ChatNoir avait vu rouge et repousser ce dégénéré très loin dans la ruelle. Où il fit une longue glissade sur le bras gauche. Il avait bougé si vite que le sale type ne l'avait pas vu initié son mouvement. Marinette dépassa ChatNoir et s'avança un peu plus vers le maître chanteur. Lorsqu'il se remit sur ses pieds, sa chemise était déchirée et en sang.

«Et je vous tiens tous les deux maintenant. » fit le salaud en se relevant et reprenant son téléphone, serrant sa main valide sur la blessure de son bras d'où le sang s'échappait. «Vous êtes liés l'un à l'autre et c'est moi qui tirerai les ficelles. » Il partie lentement vers l'hôtel soufflant sous l'effort.

Elle voulu se retourner contre son partenaire et se fâcher mais elle était trop faible pour paraître impressionnante. Il la prit dans ses bras et éclata en sanglot sur son épaule. Ému plus qu'elle ne l'avait jamais vu, il la couvrit d'une pluie de baiser.

Il la porta jusque chez elle sans jamais demander de confirmation sur ce qu'il avait entendu. Il voulait garder cette fille à l'abri et c'était tout ce à quoi il pouvait penser. Rien d'autre ne comptait. Qu'elle soit ou non Ladybug, même s'il s'avérait qu'elle était une rouée séductrice patentée qui s'était sciemment fait du mal et avait orchestré tout ça, il s'en foutait. Qu'elle ait la main mise sur lui si elle le voulait, du moment qu'elle ne souffrait plus cela lui convenait.

«Il va nous contrôler tous les deux maintenant.» déplora-t-elle lorsqu'il la borda dans son lit.

«On ne le laissera pas nous atteindre.» promit-il en déposant un baiser sur son front en guise de bonne nuit.

Il resta longtemps assit sur son balcon, assurant inconsciemment la sécurité des lieux, sentant qu'il venait d'y trouver sa véritable place en ce monde.


Dès la fin de son cours d'escrime le lendemain avant-midi, il s'élança du toit de l'école et entra discrètement par la trappe de la chambre de Marinette.

Il espérait la trouver toujours en train de rattraper son sommeil puisque c'était une journée de congé mais elle était assise devant son ordinateur, les bras couverts d'une courte pointe.

Il consulta l'écran lui aussi après avoir déposé un sac contenant du maquillage pour ses blessures sur un des bureaux. Elle ne s'était pas encore retournée. Sur l'écran, on trouvait des extraits de film la montrant : entrain de se transformer, marchant dans le bureau personnel du maire, la lumière éteinte et lui-même une grimace menaçante déformant son visage.

Il y avait ensuite une photo. On y voyait le bras d'un homme musclé portant le tatouage de la silhouette d'une femme nue. Le tatouage était traversé de haut en bas par quatre longues cicatrices grossièrement recousue de gros point de suture.

Il avait dû être blessé par des morceaux de verre en tombant mais à coup sûre tout le monde y verrait la marque de ses griffes.

Il ferma l'écran et s'agenouilla devant elle, posant la tête sur ses genoux. Il ne voulait pas la blesser en la prenant dans ses bras. Par un automatisme, sa main caressa les boucles blondes.

«Je suis désolé. J'aurais dû remarquer avant que tu avais tant de problèmes. J'aurais dû être là pour toi.»

«Tu as toujours été là pour moi! Je ne voulais pas t'impliquer dans de nouveaux ennuies. Cette situation, c'est ce que je voulait éviter.» le détrompa-t-elle.

«Il avait raison sur un point pourtant.» fit-il en relevant son visage. «Toi et moi nous sommes liés. De plus d'une façon. Nous sommes à la fois si pareils et complètement à l'opposé.»

Il se releva doucement en entendant des pas précipités dans l'escalier : Alya.

Il souleva Marinette doucement et avec mille précautions l'installa sur sa méridienne, s'assurant qu'elle était confortable et emmitouflée laissant Alya s'exciter toute seule de la présence du héros chez sa meilleure amie.

«Comment vas-tu Marinette?» s'enquit-elle ensuite après s'entre calmée devant le naturel des deux autres.

«Pas beaucoup mieux pour l'instant mais Adrien m'a amener voir un vrai bon médecin et j'ai commencé à prendre une bonne médication.»

«C'est là où vous êtes allé hier? La rumeur a fait le tour des élèves. Tout le monde croit que vous avez eu un rendez-vous galant.»

«Non, la soirée d'hier était tout sauf agréable.» expliqua Marinette

«Lucian l'a frappée.» dévoila ChatNoir.

«Quoi? Quel sale mec! J'ai bien fait d'enquêter sur lui!» se fâcha Alya.

«Qu'est-ce que tu as trouvé jusque là?» demanda ChatNoir intéressé.

«Pas grand-chose, il n'a rien d'officiel à se reprocher. Il était vraiment enseignant à Londres. Il a prit un congé là-bas pour travailler ici. Mais j'ai tout de même déniché une information qui nous sera utile pour nous en débarrasser. J'ai juste besoin de ton téléphone, Marinette.» Elle lui indiqua le bureau de travail et Alya y prit l'info dont elle avait besoin. Elle le tendit ensuite à Marinette : «Tu as un message en attente.»

Marinette le consulta et blêmit. Elle montra l'écran à ChatNoir. Le message était pour lui. Lucian lui ordonnait de se rendre à 18h à son appartement.

«Réponds-lui que tu vas me laisser un message mais que tu n'as aucune idée du moment où je l'aurai s'il n'y a pas d'alerte akuma.»

Il lui répondit immédiatement par un long e-mail lui donnant à elle des instructions pour une nouvelle corvée. Mais celle-ci était différente. À coup sure, se qu'il cherchait c'était à l'humilier.


ChatNoir repartit peu après pour aller à un essayage puis à un cinq à sept mais, lorsqu'il revint il la trouva debout et fouillant dans sa garde-robe. Lorsqu'il lui demanda pourquoi elle n'était plus allongée, elle répondit qu'elle avait fait une longue sieste mais qu'elle devait se préparer pour la soirée.

«Il m'oblige à aller danser dans une boîte de nuit en sous-vêtement. Je crois que j'avais des vieux dessous style grand-mère quelque part. Ça fait un moment que je crée tout ce que je porte et tous mes dessous sont…»

«Affreusement appétissants?» suggéra-t-il.

Elle tourna la tête vers lui. Il ne flirtait pas. Il donnait son avis. Elle en comprit qu'il avait déjà vu ses dessous.

«Rassure-moi, ChatNoir. Tu ne te sers pas de tes pouvoirs pour entrer dans la chambre de douces jeunes filles à leur insu?» demanda-t-elle menaçante.

«Rien de semblable!» la calma-t-il. «En fait, je t'ai vu involontairement. Mais si je t'en raconte plus tu sauras qui je suis. Pas que je ne veux pas te le dire. J'ai vraiment hâte de pouvoir le faire. Mais je pense qu'en te cachant mon identité encore un peu, ça pourrait nous donner un avantage sur lui. Je te le dirai dès qu'on s'en sera débarrassé.»

Elle s'approcha de l'endroit où il était assis et appuya son front contre le sien. «Je n'ai pas besoin de savoir le nom que tu portes, je sais déjà qui tu es au fond de toi. Je ne te connais pas en surface mais je te connais à l'intérieur.»

«Oui, moi aussi je sais très bien de quelle nature tu es mais je suis tellement si heureux de savoir ton identité! Je trouve complètement injuste que tu ne saches pas qui je suis. Hé! Je t'ai toujours dit à quel point on était fait l'un pour l'autre mais je n'avais aucune idée que ça allait jusque là. Lorsqu'on se serra débarrassé de tes harceleurs, nous serons très heureux ensemble. C'est une évidence.»

«Chaton, tu sais que j'aime quelqu'un d'autre!»

«Garde-moi comme meilleur ami si tu le souhaite, ma Lady. Mais depuis que je sais qui tu es, je suis convaincu qu'il n'y aura jamais personne d'autre que toi pour moi. Et même si nous ne sommes jamais un couple, je veux partager ma vie avec toi.»

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Marinette était nerveuse. La plupart des gens présents ce soir-là dans la boîte de nuit avaient beaucoup bu. La piste de danse était remplie. Londres avait exigé d'elle qu'elle aille danser seule et en sous-vêtements sur cette piste.

Avec ChatNoir, ils avaient réussit à élaborer une stratégie. Elle avait enfilé de simples et confortables sous-vêtements blancs athlétiques sous une robe noire transparente. Elle avait glissé un billet au personnel pour qu'ils allument les lumières noirs et qu'ils jouent son morceau.

Elle ne resterait qu'une danse et ferait son numéro. ChatNoir resterait près d'elle sans danser. Il était transformé mais avait enfilé des vêtements normaux par-dessus. Du coup, personne ne pouvait dire avec certitude s'il était le vrai héros ou une personne déguisée comme lui. Elle espérait que ça découragerait les plus entreprenants.

Aux premières notes de sa chanson, ils entrèrent parmi les danseurs près du kiosque du DJ et elle se mit à danser. Sa chanson était mouvement et féministe dans les paroles. Rien qui parla de couple ou de lascivité.

ChatNoir prit une photo pour preuve et dès la fin de la chanson l'entraîna par la main avant que des hommes se décident à l'aborder.

Dans la ruelle bordant le club, elle reçu un texto de Lucian. Il était furieux. «Si ChatNoir intervient encore, je divulgue ton identité dans les médias. Je vous préviens. J'ai le doigt sur la gâchette. Rendez-vous demain 20h.»

À l'heure donnée, le dimanche soir, ChatNoir se glissa à l'extérieur du manoir Agreste. Si ChatNoir ne pouvait intervenir, Adrien le pouvait encore. Il n'eu pas à aller très loin pour les repérer. Comme il le pensait, ils étaient encore dans la ruelle derrière le Grand Paris.

«Tu m'as séduit avec tes grands sourires et toutes tes minauderies. Tu fais rêver tous les hommes mais aucun ne vaux plus qu'un déchet à tes yeux. Tu vas me payer tout ce que tu m'as fait! Toutes les fois où tu m'as dit non. Toutes les fois où je t'ai offert mon cœur sur un plateau et où tu m'as répondu avec une froide politesse. Habilles-toi convenablement. Je ne veux pas te voir dans ton linge de moins que rien et mets-toi à genoux.»

Encore une fois, il la gardait entre lui et le mur menaçant et dominateur. Lorsqu'elle se fut placée comme il le demandait, Adrien le vit baisser son pantalon.

«Maintenant, tu vas être très gentille avec moi et me donné une bonne raison de ne pas empirer les choses pour toi. La situation pourrait être bien pire. Appliques-toi!»

Adrien vit rouge! Il comprenait ce qu'avait vécu ce type. Lui aussi c'était fait dire non par Ladybug alors qu'il en était amoureux. Lui aussi éprouvait du désir pour Marinette mais la faire chanter et abuser d'elle? Ça, il n'aurait jamais pu. Au grand jamais!

Il fut tenté de demander à Plagg de le transformer mais il ne voulait pas bafouer l'interdit s'il y avait une autre solution.

Il attrapa une poubelle de métal et la lança sur un conteneur. Il appela la sécurité de l'hôtel et déclencha l'alarme du stationnement.

Il vit Lucian se rhabiller et guider Ladybug dans un autre endroit, plusieurs rues plus loin. Lorsqu'il voulu la forcer à nouveau, Adrien recommença son boucan. Lucian vint lui-même voir de quoi il retournait. Adrien resta caché mais Lucian choisit tout de même un troisième endroit. Lorsqu'Adrien fit encore plus de bruit, Lucian et Marinette, qui avait rapidement laissé tombé la transformation, furent surpris par le videur d'un club qui voulu les accuser de vandalisme. ChatNoir repartit chez lui lorsque Marinette fut en sécurité chez elle.