Salut! Voici le 4 ème chapitre, le plus long que j'aie écris, j'en suis plutôt fière, l'inspiration était bien présente et tout est venu naturellement. On monte d'un cran dans la douleur d'Edward, lecteurs/lectrices sensibles gardez vos mouchoirs à porter de main! Le prochain Chapitre est en cours, j'essayerais de tenir le même rythme, un chapitre par semaine, même si je ne peux pas en être sûr!
Bonne lecture & Merci pour vos rewiews, c'est très encourageant et très plaisant.
Napi
Muse - Eternally Missed
No it doesn't change ( Non ça ne change pas)
And you can't resist ( Et tu ne peux pas résister)
Making me feel eternally missed (De me faire sentir manqué éternellement)
And you can't resist (Et tu ne peux pas résister)
And you can't resist (Et tu ne peux pas résister)
Making me feel ( De me faire sentir)
Une sorte de voile rouge obstrua ma vue. Emmett vint aussitôt à ma hauteur. Je montais à bord du véhicule.
« Tu as entendu la conversation ?»
J'opinais en silence.
La colère, la haine, la peur, la rage m'avaient envahi. La voiture roulait à plus de 200km/h, bien que cela me semblait toujours pas assez rapide. N'en pouvant plus, j'ouvris la portière.
« J'irais plus vite en courant. »
Je sautais avec aisance et atterris avec légèreté. Je me remis de suite à courir de plus en plus vite. Je n'avais pas souvenir d'avoir couru à une telle vitesse. La haine et la peur furent mes principaux carburants. Victoria était près de Fork, j'avais beau savoir ma famille sur place, la tension était toujours là. Emmett et moi étions, avec Jasper, les membres les plus puissant de la famille. Emmett avait, par son impressionnante carrure, la force d'un nouveau né. Jasper avait presque un siècle de guerre vampire derrière lui, il était un grand connaisseur de la lutte vampirique et possédait un esprit de brillant stratège. Pour ma part, ma faculté de lire dans les esprits me donnait plusieurs longueurs d'avance sur mes ennemies. De plus, je possédais une agilité et une vitesse non négligeable.
Heureusement pour moi, je venais de chasser donc j'étais en grande de forme, cela se ressentait, mes foulées étaient longues et rapides. Je sortais du bois et m'engageais sur la national. U coup d'œil derrière moi m'apprenait que j'avais semé Emmett.
Ou était-elle précisément ? Près de Forks ou à Forks même ?
Elle avait bien choisi son moment, la vipère. Elle manifestait une intelligence, que je ne lui soupçonnais pas. Il était vrai que je n'avais pas pris le temps de sonder son esprit avec autant de soucis que celui de James. Elle m'avait paru négligeable en comparaison à la menace que représentait son compagnon. Je n'avais également pas capté l'étendu de son affection qu'elle avait pour ce monstre. L'esprit de James ne m'avait pas montré un attachement particulier envers sa compagne de route. Elle était avec lui, elle les avait rejoins il se servait juste d'elle.
Mon téléphone vibra dans la poche droite de mon jean. Je le sortais sans ralentir. C'était Alice.
« Edward, j'ai vu que tu allais m'appeler. »
Son ton était neutre, avec juste le minimum de politesse. Je pouvais aisément deviner son exaspération derrière chacun de ses mots. Je n'y fis pas attention, j'avais en tête, des ennuis plus graves que la colère de ma sœur. Aussi impressionnante soit elle.
« Où est-elle ? »
« À Port Angeles, elle a comme direction Forks. Nous la traquons de notre côté. »
« Elle en a après Bella, n'est ce pas ? » Rageais-je.
« Evidemment. »
« Je suis en route, sera-t-elle seule ? »
« Oui, Laurent est toujours à Dénali. »
« Bien. »
Je m'apprêtais à raccrocher quand Alice parla :
« Je t'ai vu Edward, avec ses hommes. »
Elle raccrocha avant que je puisse articuler la moindre syllabe. Qu'aurais-je pu dire ? Que j'avais failli assassiner 3 pauvres malheureux ?
Je mettais ses pensées de côté, pour me recentrer sur Victoria. Le voile rouge couvrait toujours ma vision. Mes foulées étaient toujours aussi longues, rapides, si c'est plus. C'était plus fort que mes instincts. Rien ne saurait me stopper. Ce n'était plus le sang que je voulais c'est la mort de Victoria. C'était plus intense que ce que j'avais ressenti à Port Angeles. Ce n'avait été que des hommes, même s'ils ne méritaient pas d´être nommer ainsi. Victoria, elle, était un vampire en quête de vengeance, avec de très mauvaises intentions. J'avais promis à Bella de la tuer. Jamais, je n'accepterais de la voir à moins de 3000 kilomètres de Bella.
Non, enfaite, tant qu'elle existerait, qu'elle polluait la planète de son infâme présence, je ne serais tranquille. Pour que plus jamais mon Ange soit en danger. Victoria était telle une épée de Damoclès au dessus de la tête de Bella. Tant que cela durait, jamais Bella ne pourra passer à autre chose. Ni oublier l'existence de mon monde. Paradoxalement, je n'avais pas envie qu'elle m'oublie. Je voulais qu'elle se souvienne de l'amour que je lui portais, qu'elle sache qu'elle avait été aimé plus que n'importe qui sur cette Terre.
Chose, toutefois, irréalisable, vu que j'avais retiré toutes mes promesses, toutes mes paroles.
Ma blessure qui jusqu'à là, c'était calmé avec l'apparition de sa voix, se réveilla.
Qu'elle se taise ! Je n'avais pas le temps de souffrir et de me lamenter. Je devais la sauver. Sa vie que je chérissais tant, que j'avais tant cherché à protéger, risquait de lui être enlever. La cause même de cette souffrance était le désir incommensurable de la protéger de moi, de mon monde. Monde qui aujourd'hui la menaçait de nouveau. Je pourrais (difficilement) vivre, (si on pouvait qualifier mon existence, sans elle, de vie), en la savant saine et sauve.
Chaque jour serait une épreuve. Ne plus la voir, ne plus sentir son parfum. Sans doute souffrirais-je atrocement, que mon existence serait similaire à l'errance d'un fantôme. Je ne sourirais plus, j'oublierais comment bouger les muscles de mon visage. Je n'avais pas dans l'idée, d'imposer ma présence à ma famille. La douleur qui me rongerait serait et était un fardeau que j'étais le seul à devoir porter. Esmé ne devait pas avoir de la peine ou de l'inquiétude pour moi. Jasper n'avait pas à ressentir chaque onde de souffrance qui me revenait. Alice cesserait de me haïr, du moins je l'espérais, en me voyant chaque jour.
J'errais sur Terre, sans but, sans espoir, sans rêve, que pouvait-on espérer d'une carcasse vide ? Mais la savoir en vie me permettrait de survivre. Le jour de sa mort sera également le jour de la mienne. J'étais née le jour de notre rencontre, je mourrais le jour de sa mort. Je la suivrais dans la tombe. Je trépasserais heureux de l'avoir côtoyé. J'avais quand même dans l'idée que l'amour inconditionnel et sans limite que je lui vouais survivrait au-delà de la mort.
Mon seul regret résiderait dans le fait de ne pouvoir partager le repos éternel avec elle. J'étais voué aux Enfers alors que Bella retrouverait le Paradis, là où était sa place. Cela avait toujours été une des raisons de mon refus à la transformer.
On ne condamnait pas un Ange aux Enfers.
J'avais parfaitement conscience qu'à la mort de Victoria, je devrais partir pour respecter ma deuxième promesse. Je devrais partir loin.
Loin de ma Lune, de ma source de lumière.
Loin de l'amour de mon éternité.
Chaque seconde loin d'elle me paraissait interminable. Mais je devais privilégier sa sécurité à mon bonheur. Au fond, Jasper n'avait peut être pas tord, je n'étais pas autant égoïste au final.
**
J'arrivais à Forks dans la nuit, au lieu de me rendre au manoir, je me rendis en premier lieu chez Bella. Je voulais m'assurer que les alentours étaient sur. Je n'entendais aucunes pensées malveillantes, Victoria n'était pas dans les parages. J'étais juste en dessous de la petite fenêtre blanche qui donnait sur sa chambre. Je savais comment monter, par où prendre la fenêtre pour qu'elle s'ouvre sans bruit. J'avais du le faire une centaine de fois, pour venir la retrouver sans que son père le sache. J'étais un peu comme Roméo allant voir sa Juliette. Bella dormait à en juger sa respiration régulière et calme. Comme j'aurais aimé être à la place de la couverture qui reposait sur elle, qui touchait sa peau, qui la réchauffait. Je ne possédais certes aucune chaleur corporelle, ma peau était d'une froideur peu agréable pour un mois de Novembre. Mais Bella avait toujours aimé être contre moi, même si au début, j'avais eu peur que cela la rebute. Ha ! J'étais bien misérable d'envier de simple objets à présent. Je secouais la tête, irrité plus que je ne l'aurais voulu.
Bella était elle au courant ? Savait elle qu'un vampire était à ses trousses ? Réclamant vengeance ?
J'espérais que non, elle n'avait nullement besoin de le savoir. Elle se porterait mieux en l'ignorant. Nous pouvions très bien tuer Victoria sans qu'elle s'en aperçoive. C'était dans son intérêt. Reprendre une vie normale serait plus difficile en sachant qu'un vampire était à ses trousses. Non que je veuille la laisser dans l'ignorance, mais j'avais été témoin, impuissant, l'été dernier, de son entêtement à vouloir régler les choses, quitte à se mettre en danger.
Toutefois, ma paranoïa habituelle me poussa à vérifier dans sa chambre. Je voulais être certain qu'elle allait bien, que durant mon absence, rien ne lui était arrivée. Je m'approchais donc de la demeure en latte blanche.
Était-ce mon côté protecteur qui s'exprimait ou l'envie de l'observer ?
(Je te le déconseille Cullen.) Alice
Je me retournais et trouvais en face de moi ma lutine de sœur. Elle affichait une expression peu avenante et désapprouvant ce que je m'apprêtais à faire. Elle avait veillé sur Bella depuis que sa vision était apparue. Jasper la suivait, tout deux avait guetter aux alentours une quelconque apparition de Victoria.
(Bonne chasse ?) Jasper
Vaine tentative de me dérider et de détendre l'atmosphère. Je supposais que la tension et la colère émanant de moi était plus que palpable et visible au yeux de tous, possédant un don ou pas.
« J'espère que tu ne projetais une visite nocturne dans sa chambre. » Siffla Alice.
La menace était clairement perceptible. Je changeais de sujet. Nous nous querellions plus tard, je n'étais pas d'humeur à supporter ses remontrances.
« Est-elle au courant de ce qui se trame ? »
« Elle l'est. » Rétorqua Alice.
Je m'approchais d'elle en fulminant de colère.
« Pourquoi ! Ne valait il pas mieux qu'elle l'ignore ?! »
Jasper s'interposa automatiquement entre nous. Je pus clairement voir dans son esprit qu'il craignait que je me montre violent envers Alice. Il s'imagina la scène, ce qui eu le don de me calmer derechef. Jamais je ne pourrais avoir un comportement pareil avec un membre de ma famille. Me connaissait-il donc si mal ? J'avais, certes, eu un comportement étrange ces derniers temps, je restais néanmoins le frère qu'il avait connu. Un frère au cœur brisé, certes, mais jamais je ne me serais défouler sur un membre de ma famille. Le fait de l'avoir pensé me mit en colère.
Jasper m'envoya une onde de calme.
« Arrête ça Jasper ! »
Il s'exécuta, bon gré mal gré. Alice eut une brève vision de Bella. Je n'eu pas le temps de comprendre, je vis sa chambre et elle, endormit. Ma sœur se mit aussitôt à réciter l'alphabet me fermant ses pensées.
« Qu'as-tu vu ? »
« Rien d'important, allons-y. » Répliqua-t-elle en tournant les talons.
( A, b, c, d, vite, e, f, g, h, vite, i, j ,k,….) Alice
Elle prenait des précautions, seule son envie de partir filtrait. Malgré moi, je suivis le mouvement quand Jasper me poussa gentiment. Il était préférable de fuir loin de la tentation que représentait cette fenêtre blanche.
Pour elle et pour mon cœur meurtri.
(Vite, vite) Alice
Nous atteignîmes la forêt, nos sens aux aguets, attentifs à chaque mouvement, chaque bruit. Nous attendions un signe nous indiquant la présence de notre ennemi, ou une trace du fumet de Victoria. Nous ne trouvâmes aucune trace de ce genre, la femelle n'avait pas mis les pieds ici. Aucun d'entre nous rompîmes le silence, seul les pensées d'Alice se faisaient entendre. Nous avancions vite, Alice était en tête de peloton, Jasper était dans son sillage. Le pas de ma sœur se faisait pressant, elle faisait attention à ne pas laisser filtrer d'information. Cependant, elle se stoppa.
( Trop tard) Alice
Un son lointain me parvint. Le mur qu'elle avait mis entre son esprit et moi disparu. Je ne pris qu'une seconde pour analyser la vision. Puis une autre seconde pour faire demi-tour si rapidement que ni Alice ni mon frère ne purent m'arrêter. Je courais jusqu'à la maison Swan. Je me stoppais au pied de la maison, juste en dessous de sa fenêtre. Je la contemplais en attente du son, redoutant de l'entendre à nouveau
J'attendis que le bruit se reproduise. En vain. Peut être qu'au fond, j'avais simplement rêvé, ou du moins, tout cela n'avait été que le fruit de mon imagination. Je devenais fou un peu plus chaque jour. Mon esprit me jouait donc, des mauvais tours. J'avais eu, il y a peu, une hallucination auditive qui m'avait semblé plus que réelle. Preuve que mon esprit partait en vrille.
Comme un drogué qui reste à jamais changer par la drogue. Je ressentais surement les effets du manque.
Un nouveau hurlement retentit, bien réel, j'eu la chair de poule, le son broya ma tête et mon cœur mort.
« Non ! Je t'en pris ! Nooon ! » Hurla Bella avec ardeur.
Elle faisait un cauchemar. Personne n'était dans sa chambre, rien ne la menaçait. Elle cauchemardait juste. Je maudissais, une fois encore, ma condition vampirique. L'ouïe que nous possédions me permettait d'entendre chacun de ses hurlements. Je percevais chaque aigue avec précision. Je pouvais ressentir le frottement de ses cordes vocales, la tension qui émanait d'elle. J'imaginais son corps, frêle et fragile, se tendre sous la peur.
Je tombais à genoux, c'était plus que ce que je pouvais supporter. Ce cri empli de souffrance pénétra ma poitrine, tel un flèche. Je serrais les dents pour retenir un cri. Je sentis une main se poser sur mon épaule. Je devinais que c'était Jasper, quand une onde de calme tenta de me parvenir.
Étrangement, quelque chose repoussa l'onde, surement une œuvre du destin qui décidait de m'achever. Les cris ne cessèrent pas, je m'y mes mains sur mes oreilles, sans résultat. Je ne percevais que les cris de mon Ange, les pensées d'Alice et Jasper écrasées par la souffrance de Bella.
Souffrance qui trouva éco à la mienne. J'avais la sensation qu'on me transperçait la poitrine à coup de tisons brulants. La douleur atteint son paroxysme, j'attendais l'inconscient, seul soulagement, seule délivrance. Cependant, étant vampire, l'inconscient ne me sauverait pas. J'étais condamné à subir la douleur.
Ne tenant plus, je m'écroulais au sol, dos contre terre, les yeux rivés sur le ciel. La nuit pouvait elle seulement être aussi noire ? Où était la Lune ? N'y avait-il donc point d'étoiles ? Je ne me rappelais plus la dernière fois que m'avais été permis d'admirer un ciel lumineux. Les temps heureux me semblaient si loin à présent.
Mes membres ne bougeaient plus, ne répondant plus aux stimuli de mon cerveau, qui les encourageait à se hisser dans cette chambre. J'aurais pu me croire dans le coma.
Le noir m'entourait alors que je sentais des mains sur moi. La maison avait disparu, le bleu nuit du ciel n'était plus. Les mains s'affairaient avec affolement autour de mon corps immobile. Je ne percevais aucune pensée, je n'entendais que les hurlements de Bella dans mon esprit, tel un vieux disque.
Bella, comment allait-elle ? Pourquoi criait-elle ainsi ? Cauchemardait-elle sur moi ? Ou ma famille ? Nous voyait-elle la menaçant ? Me voyait-elle comme une menace, voulant lui prendre son sang ?
Elle avait supplié qu'on ne lui fasse pas de mal.
Ma poitrine se souleva soudainement sous la douleur, je revis mon environnement, sortant de mon délire. Je me trouvais toujours sur le sol des Swan, mon frère et ma sœur autour de moi. Je me levais brutalement pour rejoindre Bella, qui hurlait toujours, dans sa chambre.
Jasper me ceintura à la taille. Alice attrapa mon visage pour me forcer à la regarder. Je ne la vis pas car je replongeais déjà dans les abimes de ma douleur. Je retournais sur mon bucher, je m'écroulais dans les bras de mon frère.
Me vint alors en mémoire, une expérience similaire que j'avais déjà vécue par le passé. Un souvenir douloureux que j'aurais préféré oublié.
Ma transformation.
Tout ce passait exactement comme quand Carlisle m'avait transformé, bien que je n'avais pas souvenir d'une telle douleur. Celle-ci était bien plus puissante, plus vive, que celle que j'avais ressenti à peu près 100 ans plus tôt.
J'aurais voulu que l'on m'achève, que le destin cesse ce jeu pervers auquel il se donnait. Cela ne lui suffisait-il donc pas ? Pourquoi tant d'acharnement sur ma carcasse sans vie ? Quel prix élevé à payer pour les meurtres commis. Mais qui étais-je donc pour juger les lois du destin ? Je n'avais jamais eu connaissance de ces lois, me faire une opinion, était alors impossible.
Une part de moi-même fut soulagé, et quel doux soulagement, de savoir que si telle punition m'était réservé, celle de ce monstre de James serait à la hauteur de mes espérances.
Un brasier incandescent s'empara de moi, le foyer du feu se trouvant dans ma poitrine. N'était-ce as là un des rare avantage des vampires, ne plus ressentir de douleur ? 100 ans que je ne l'avais plus côtoyé, quel doux feu était celui de ma gorge.
L'Ange m'avait donc rendu si humain, que je ressentais tout tel un des leurs ? Ce cadeau que bon nombre d'entre nous désirait, se retournait à présent contre moi. Jamais je n'avais vu dans l'esprit de quiconque aussi vive douleur. Jamais personne n'avait atteint un tel seuil de la douleur.
Mais je devais payer mes fautes, mes péchés. Mon côté masochisme ne tarda pas à accepter cette sentence. Personne d'autre que moi n'était responsable des actes commis.
Car oui j'étais coupable, oui j'avais tué mais oui, cent fois oui, j'avais aimé.
C'est ainsi que j'acceptais le nouveau coup de tison brulant avec un sourire. N'était-ce pas là les Enfers ? J'avais toujours su que je m'y retrouverais un jour ou l'autre. Mais qu'était une éternité aux Enfers comparé à presque 1 an de bonheur aux côtés d'un Ange ?
Qu'importe la douleur qui parcourait chacun de mes membres, peu importe combien de temps durerait mon châtiment. On pouvait me transpercé autant de fois la poitrine, retirer mon cœur, m'extraire chaque organe. Il y avait un seul de mes péchés que je ne pourrais, au grand non jamais, regretter ; j'avais désiré Bella.
J'avais aimé, j'avais eu, ou du moins, entraperçu ce qu'était vivre. J'avais gouté au bonheur, j'avais eu la sensation agréable d'avoir un cœur qui bat. J'avais caressé du bout des doigts Bella, j'avais posé mes lèvres sur les siennes, j'avais serré sa taille, j'avais entendu son cœur battre, j'avais ressenti son éco dans ma propre poitrine.
Alors oui, j'acceptais la douleur, la souffrance, la torture de ce feu.
L'accepter de le rendit pas moins douloureux pour autant. Mais je cru voir un petit bout de Paradis dans l'enfer des flammes.
Une étonnante lumière d'un blanc éclatant m'aveugla, était-ce vraiment là les Enfers ? Impossible une lumière aussi pure ne pouvait venir de là. Impossible qu'elle provienne du Paradis. Les vampires n'allaient pas au Paradis. L'accès nous y étais refusé, interdis.
C'est là qu'elle m'apparu.
Si belle, si pure, si désirable, si…elle.
Bella.
Elle avança vers moi. Elle était là, ma Lune, au milieu de mon ciel noir.
Mais que faisait-elle ici ? Pourquoi était-elle dans ce lieu si austère, lieu qui fut mon bucher, il y a peu. Ma douleur, mon martyr, comme dans la forêt, s'apaisa automatique au contact de pareil Ange. Mais la raison de sa présence ici, me restait inconnu. Était-ce un dernier cadeau du destin ? Était-ce là une faveur qui m'était accordée ? Ou alors une occasion de me faire souffrir un peu plus ? Peut m'importait d'en obtenir la réponse, elle était là.
« Nous sommes dans ton esprit, Edward. » Annonça-t-elle tendrement.
Qu'elle prononce mon nom déclencha des frissons de plaisir le long de mon échine. Je remarquais comment sa voix m'avait manqué, bien que notre dernière entrevu datait de l'après-midi même. J'aurais voulu la toucher mais elle paraissait si loin, alors que je avais sous les yeux son incroyable beauté. Même dans mon esprit, je ne pouvais être avec elle. Comment pourrais-je être près d'elle dan la réalité, si même ce privilège m'était interdis dans mes rêves.
« Cesse d'être si masochiste. »
« Le lion est masochiste je te rappelle. Répliquais-je, incapable de retenir un sourire devant la perfection de l'Ange.
Le masochisme expliquait alors parfaitement la présence des flammes et de la douleur. Mais aurais-je été assez fou pour m'affliger à moi-même pareil douleur ?
Justement, une nouvelle vague de douleur me happa, je tentais d'étouffer un cri entre mes dents. Celles-ci grincèrent sous la pression que j'exerçais. J'entendis un vague appel, mais la souffrance était tel que je ne pus y prêter plus ample attention. Elle bouchait mes oreilles, m'interdisant tout connexion avec mon environnement.
L'inquiétude s'inscrivait sur le visage de Bella. Ses doux traits se crispèrent. Non, elle n'avait pas à être inquiète pour moi. Je lui avais menti, je l'avais arraché à son monde, j'avais mis sa vie en danger. J'avais été horrible avec elle. Je ne méritais pareil attention.
Je l'avais voulu, l'avais désiré, comme un vampire désire une proie, puis comme un homme désire une femme. Je n'en avais pas le droit. Les tisons devinrent plus brutaux, avec un intervalle de temps encore plus réduit, entrant et sortant de ma poitrine.
Je me cabrais et hurlais.
Ma vison se troubla, la silhouette de l'Ange devint flou. Je ne tentais de me battre, ni de repousser la douleur. Si la mort venait, je l'accepterais sans défense.
« Edward ! Edward ! » S'époumona Bella.
Je forçais mes paupières à se lever. Bella se tenait près de moi, mon visage entre ses mains. Pourtant je ne sentais pas ses paumes, ni ses doigts caressant mes tempes. Pourquoi ? Pourquoi n'y avais-je pas le droit ?
« N'abandonne pas ! Je te l'interdis ! »
Mais je l'avais abandonné ! Comment ne pas m'abandonner moi-même quand j'avais perdu ma vie ? Une nouvelle déferlante de douleur s'abattu sur moi, ma tête partie en arrière, mes dents s'entrechoquèrent, une raideur gagna mes membres. Au prix d'un très grand effort, je tendis une main tremblante vers son magnifique visage, mes doigts ne touchèrent que du vide.
« Je…t'ai…tellement blessé.. » Murmurais haletant, chaque syllabe me brulant la gorge.
« Réveille-toi Edward ! Rejoins les tiens ! »
Elle m'embrassa mon front, je jurais silencieusement de ne pas pouvoir profiter de la douceur de ses lèvres. Quel esprit tordu que le mien !
La lumière disparut, le noir réapparut. Quel fut mon étonnement de ne plus ressentir de tisons. Les plaies, grands trous découpés dans ma poitrine grossièrement, m'élançaient. La douleur se fit plus calme, plus supportable que précédemment.
A croire que Bella avait pansé mes blessures.
Encore une fois, j'éprouvais de la gratitude envers l'Ange qui m'avait sauvé pour la deuxième fois aujourd'hui.
**
Ce fut comme regagner la surface de l'eau. Je sursautais, je me trouvais ans le salon, sur le canapé, ma famille autour de moi. Ma respiration était plus forte que d'habitude.
« Edward ! » S'écria Alice en me sautant au cou. « Je m'en veux tellement ! »
( Et dire que les dernières paroles que j'avais prononcé était des reproches !) Alice
Je restais immobile, incapable de bouger.
« Du calme Alice, laisse-moi l'examiner. »
Carlisle s'avança vers moi, un air inquiet sur le visage que je ne lui avais vu que rarement.
« Que m'ai t'il arrivé ? » Demandais-je, ayant retrouvé l'usage de ma langue.
Mon père s'assit sur le divan, juste à mes côtés. Il m'observa longuement.
« Je ne sais pas. Je n'ai jamais vu ça. Tu t'es écroulé au sol, près de la maison Swan, ton frère t'a porté jusqu'ici. »
Je levais les yeux sur le reste de ma famille. Je vis une Esmé affolée accroupie près de moi, que je n'avais pas remarqué. Un Emmett inquiet, une Alice soulagée car rassurée par ses visions. Un Jasper horrifié par la douleur qu'il avait senti et une Rosalie énervée.
« Je suis désolé de vous avoir inquiété. »
« Que s'est-il passé Edward ? » Nous avons assisté, impuissant, à ta souffrance. Nous aurions pu croire que tu te transformais. » Demanda Esmé.
Je fermais les yeux, respirais un coup, en massant ma poitrine trouée. Je me trouvais une certaine contenance puis leurs racontais mon récit.
J'expliquais les hurlements de Bella, comment je m'étais écroulé. Le moment où je m'étais cru en Enfers, et que je ne percevais plus aucune pensée.
« Tu n'entendais plus les pensées ? » S'écria Emmett, ébahi.
Carlisle lui intima le silence, il voulait savoir la fin de mon récit. Je reprenais. Je racontais sans rentrer dans les détails, mieux valait qu'ils ne sachent pas l'étendu de ma douleur. Je préférais garder le silence sur l'apparition de l'Ange.
Carlisle réfléchit, Esmé caressa ma joue, compatissante.
(Tu pars vraiment en vrille Eddie !) Emmett
(Quel abruti !) Rosalie
Cette dernière semblait en colère contre moi, je ne comprenais pas cet excès de haine qui débordait de ses pensées. Non que cela fût inhabituel venant de Rosalie, mais je n'en voyais pas la cause. C'est alors que son esprit me donna la réponse de lui-même. Elle était en colère car j'avais mis en péril l'équilibre de notre famille. Le puissant clan Cullen aurait été dévasté par ma mort, selon elle. Je me retenais de siffler devant pareil égoïsme, je l'étais aussi mais Rosalie jouait dans la catégorie supérieure.
« Je n'ai aucune réponse concrète à t'apporter, juste quelques théories. » Expliqua mon père me sortant de me réflexions.
Quelles explications censées aurait-il pu donner à une situation de fou ? Moi-même, je n'avais aucune réponse. J'étais juste fou.
Carlisle ordonna silencieusement aux autres de nous laisser seuls. Esmé s'approcha le haut de mon front.
(Je ne supporterais pas de perdre un autre enfant) Esmé
La culpabilité me submergea, je regrettais aussitôt de l'avoir inquiété, de lui avoir causé autant de soucis. Elle était ma mère d'adoption. Elle ne serait jamais Elisabeth Masen mais elle comblait l'absence de ma mère sans jamais prendre sa place.
Je me retrouvais seul, face à face avec Carlisle.
« Je pense que tu devrais t'éloigner quelques temps Edward. »
« Non, hors de question de laisser Bella sans protection ! » M'écriais-je
« Elle ne sera pas sans protection, nous serons là pour veiller sur elle. »
« Je reste. »
« Ce n'est pas un éloignement définitif, juste temporairement, tu as besoin de prendre du recul. »
(Passe quelques jours chez les Dénali.) Carlisle
« Hors de question ! Je ne suis pas disposer à subir les fantasmes de Tanya à longueur de temps. »
« Elle a été averti, Tanya saura se tenir. »
« Permets-moi d'en douter. »
Il était inenvisageable que je passe un séjour là bas, j'appréciais certes, Carmen et Éléazar, mais Tanya était plus que démonstrative dans son affection. J'avais beau la repousser et lui faire comprendre gentiment qu'elle ne m'intéressait pas, Tanya s'obstinait. Outre son attitude, elle émettait des images très explicites de situation érotique entre nous. Dans mon état actuel, je doutais franchement de mon sang-froid. Un rien pouvait me chambouler.
« Je veux que tu y ailles. »
Je restais choqué. Jamais Carlisle ne nous avait forcé en quoi que ce soit, du moins dans ce genre. Il nous contraignait à certaines mesures à nos débuts vampiriques, mais il nous avait par la suite, toujours laissé libre de nos choix.
« Tu nous manqueras c'est certain, mais je pense que cela sera bénéfique pour toi. Tu souffres, c'est indéniable, mais tu as choisi de souffrir, Edward. Lorsque j'ai vu Jasper, te ramener, le corps parcouru de sursaut, tes cris de douleurs.. Je me suis senti si impuissant face au mal qui rongeait mon fils. Ne pense pas que c'est par lâcheté que je t'éloigne de nous. Je pense que l'air pur de l'Alaska te fera du bien. »
Jamais je n'aurais pu qualifier Carlisle de lâche, toute sa vie avait été marquée par son courage. Il était un modèle pour tous. Mon modèle.
Face au discours, censé, de mon père, je cédais.
« Bien. Dans ce cas… »
« Nous ne t'abandonnerons jamais, sois en sûr mon fils. » Enonça-t-il, ses paroles assurées et appuyées par sa main sur mon épaule.
Ainsi fut décider que, je partais dès maintenant pour Dénali, pour une période de une semaine.
A suivre
