Titre – Ghoster's

Auteur – FicAndRea

Public – Pour l'instant (et je pense que cela concernera toute la fanfiction), je vise le G, si cela venait à se modifier, je vous préviendrai en début de chapitre et j'éditerai ce message.

Spoilers – J'essayerai de respecter toutes les données fournies par les sept livres, mais il peut arriver à ce que j'en oublie ou en change. Bien sûr, cette histoire n'influencera pas l'histoire des bouquins, après… j'espère ne pas me planter.

Genre – Il n'y a pas de " genre " en particulier. Si ce n'est que cela se passe dans le temps des Maraudeurs mais après leur scolarité.

Disclaimer – C'est là où ça devient intéressant. Cette histoire est un crossover entre le livre Harry Potter et la série TV Ghost Whisperer. Néanmoins, il n'est pas nécessaire de connaître celle-ci pour comprendre l'histoire. La seule chose que j'utilise c'est le contexte et le personnage principal, Mélinda Gordon. Pour cette fois, je ne possède rien, ne réclame rien, ne gagne rien… Tout appartient à l'auteur du livre et à ceux qui ont travaillé sur la série, moi, rien.

Résumé – Je n'en fais pas, il suffit de lire le prologue pour le connaître !

Note – Assaillie par un doute, je suis allée regarder une « encyclopédie » sur Harry Potter pour voir les détails connus sur Lily Evans Potter. Miséricorde, elle est morte à 21 ans, ce qui est loin d'être ce que j'imaginais pour ma fanfiction… Aussi, m'en voudrez-vous si je retarde sa mort de quelques années ? (et pour tout le reste aussi, bien sûr…) Vraiment, vraiment désolée pour ça !

Note 2 – Merci Amy ! J'espère que la suite va te plaire…


Chapitre 2


- " Lily ? " s'étonna Remus Lupin. " Que fais-tu ici ? "

Lily Evans ne le savait pas. Elle se rappelait juste d'avoir vu James passer une bague au doigt de Sirius et d'avoir transplané immédiatement sous le choc. Ce n'était pas qu'elle pensait sérieusement que James pût virer de bord, et encore moins Sirius… mais elle n'avait pas su quoi dire ni que faire. En réalité, elle ne se souvenait même pas d'avoir eu l'intention de transplaner. Et devant tant de moldus !

- " Oh mon dieu ! " s'écria-t-elle, soudainement paniquée par le chaos qu'elle avait du causer. " Remus, j'ai fait une bêtise. Oh noooon ! Qu'est-ce que je vais faire ? Qu'est-ce que je dois faire ? "

- " Calme-toi Lily, je ne comprends pas ce que tu me racontes, " lui dit Remus en s'écartant du chemin. " Allez, entre ! "

Celle-ci s'avança dans l'appartement du jeune homme et l'entendit fermer la porte derrière eux.

- " Oh Remus, j'ai… C'était tellement… Je n'ai pas su quoi faire… J'ignore ce qui m'a prit… C'était… "

- " Écoute, Lily… " Il prit la jeune rousse par les épaules et la guida jusqu'à une chaise de la cuisine. " Tu vas t'asseoir ici, je vais t'apporter à boire et pendant ce temps, tu vas essayer de te calmer et de reprendre tes esprits. Ensuite, tu me raconteras ce qui s'est passé, d'accord ? "

Elle acquiesça lentement et se laissa tomber sur la chaise qu'il venait de décaler pour elle. Puis, il se dirigea vers la cuisine, prit un verre et lui servit de l'eau fraîche. Quand il revînt, la jeune femme paraissait tout aussi perdue mais bien plus calme. Il posa le verre sur la table devant elle. Lily le prit et le remercia. Remus attendit alors qu'elle en bût au moins une gorgée avant de lui parler.

- " Très bien. Raconte-moi ce qui te met dans des états pareils. "

- " J'ai transplané devant des dizaines de moldus… " se mit-elle à sangloter. " Et des français, en plus ! En plein cœur de la capitale ! "

Remus se laissa tomber sur le dossier de sa chaise. Et bien ! Pour une bêtise, on ne pouvait pas dire qu'elle y était allée en douceur ! Cependant, il comprit que pour que la Préfète en Chef, soucieuse du respect des règles et du maintient de l'ordre, en arrivât à une telle extrémité, la raison devait être grave.

- " Lily, " dit-il d'un ton chaleureux. " Qu'est-ce qui s'est passé ? "

- " Ben, j'ai… pas réfléchi… Je ne sais pas ce qui m'a pris… C'était si… si… " Lily secoua la tête en signe de défaite. Elle ne trouverait pas le mot qui convenait.

- " Mais quoi ? Lily, essaie de te concentrer sur le principal. Qu'est-ce qui s'est passé ? C'est à propos de James ? "

Lily leva alors la tête et plongea ses yeux verts dans les siens. Remus frissonna. Oui, en effet, cela avait un rapport avec Cornedrue. Celui-ci lui avait demandé de ne rien dire à Lily sur ce qu'il préparait. Remus se doutait que la jeune fille finirait par avoir des doutes surtout si elle rencontrait Sirius. Il ne pouvait décemment pas s'enfermer dans son appartement quand il ne se trouvait pas en missions ou au Ministère ! Cependant, il était également impossible que Lily perdît ses moyens pour ce simple mensonge.

- " Et si tu me racontais tout, Lily ? " demanda-t-il encore une fois. " Je pourrais peut-être t'aider à y voir plus clair… Mais je ne peux rien faire si tu ne me dis rien. "

- " Oui, tu as raison… Je suis désolée… J'ai l'impression de devenir folle tout un coup. " Lily but une autre gorgée d'eau et fixa le verre devant elle avant de soupirer en secouant la tête. " C'est tellement stupide. J'ai honte… Mais voilà… "

Elle se mit à raconter ce qui s'était passé. Le fait d'avoir rencontré Sirius au Chaudron Baveur, son étrange comportement et l'excuse qu'il lui avait donné. Elle lui expliqua qu'elle avait demandé aux Potters et que ceux-ci, eux-mêmes, paraissaient différents, comme s'ils lui cachaient quelque chose. Ses parents ne savaient rien et personne n'était en mesure de lui expliquer où était son mari. Peter avait bredouillé qu'il ne savait rien et lui… Elle n'avait pas réussi à le joindre jusque là. Remus, en effet, avait dû s'absenter de toute l'après-midi pour une commission que le professeur Dumbledore lui avait demandé de faire mais dont il ne pouvait lui parler. Puis elle lui parla de Paris. Paris ! Que faisait-il là-bas ? Elle lui expliqua tout le reste, comment elle avait perdu la trace des deux jeunes hommes dans la foule et les avait ensuite retrouvé dans ce bar, James penché vers Sirius et lui mettant la bague au doigt…

- " C'est là que j'ai transplané… Oh Remus ! Je me sens tellement bête… Et puis, Sirius et James… Ça m'a choqué. Je ne comprends pas pourquoi j'ai réagi aussi bêtement. "

Remus acquiesça et réfléchit pendant quelques secondes avant de s'arrêter sur une question.

- " Dis-moi Lily, es-tu sûre que tu étais choquée par le fait d'avoir vu James enfiler la bague à Sirius… ou plutôt parce que tu as compris que cette bague t'étais destinée ? "

Lily le regarda sans répondre. C'était comme un arrêt sur image, elle ne bougeait plus avant de se remettre à sangloter. Inquiet, Remus s'approcha et la prit dans ses bras pour la consoler… enfin, la rassurer tout du moins. En tout cas, elle avait besoin d'une épaule et il était là. La jeune fille et lui s'adoraient mutuellement. Ils trouvaient en l'autre l'ami et le confident qu'ils n'avaient jamais eu. C'était si facile de discuter. Ils se comprenaient très bien et se retrouvaient un peu dans l'autre. Dans un entourage comme Sirius, Peter et James, il n'était pas étonnant qu'ils fussent si proches. Surtout pour Lily, pensa Remus. Elle avait besoin d'un peu d'air frais et de bon sens.

- " Je suis si heureuse ! " pleura Lily. " Mais j'ai l'impression d'avoir gâché un moment sacré… Il doit m'en vouloir ! J'aurais du lui faire confiance… Mais je n'ai pas pu. J'étais… "

- " Shht, " souffla Remus. " Tu étais juste inquiète pour lui, c'est normal. Et puis James ne t'en veut sûrement pas. À mon avis, c'est lui qui doit se sentir le plus coupable de vous deux. "

Lily renifla et finit par se redresser en essuyant ses larmes. Elle se sentait toujours aussi idiote d'avoir réagi ainsi néanmoins elle se sentait légèrement mieux. Elle savait qu'elle devait d'abord parler à James mais elle était déboussolée. Que devait-elle faire ? Que pouvait-elle faire pour rattraper le coup ? Et sans parler de ça, il y allait avoir des problèmes avec le fait qu'elle eût fait de la magie devant des moldus. Elle avoua son inquiétude à Remus et cette fois, celui-ci ne trouva pas de mots miracles pour la réconforter.

- " Allons voir à ton appartement, " annonça Remus. " À mon avis, tu as du recevoir quelque chose du Ministère s'ils sont déjà au courant. Sinon, nous irons faire un tour directement chez les Français et expliquer la situation pour qu'il n'y ait pas d'autres complications. "

- " D'accord, " approuva Lily en se levant.

- " Lily, " reprit Remus en se levant à son tour. " À mon avis, tu ferais mieux d'aller d'abord voir James… "

- " Mais… "

- " Je m'en occupe, " la coupa-t-il. " Ce qu'il y a de plus important pour toi en ce moment, c'est de régler cette histoire au clair, non ? James ne doit pas se sentir très bien en ce moment, tu sais. Il a fait beaucoup d'efforts pour te plaire allant même jusqu'à te mentir. Tu ferais mieux d'aller lui dire ce que tu ressens. Tout ce que tu ressens. "

Lily opina du chef.

- " Merci Remus… "

- " File maintenant ! "


Mélinda ferma la boutique et rentra chez elle. Durant tout le trajet du retour, elle pensa aux paroles du fantôme. Pendant toute l'après-midi, elle avait attendu qu'il réapparût comme le font généralement les autres esprits désirant son aide, mais il était resté à l'écart. Elle s'inquiétait de ce que cela signifiait. Qui avait empêché cet esprit d'apparaître devant elle ? Plus elle y pensait et plus elle se demandait si l'ombre qui l'avait traversé n'était pas, en réalité, cet autre dont le fantôme parlait. Qu'est-ce que cela signifiait ? Que lui voulait-il ?

Elle gara sa voiture dans le petit parking en dessous de son immeuble et entra à l'intérieur. Elle salua son voisin du rez-de-chaussée, un homme affable et peu bavard, dégarni de tout poil au niveau du visage (crâne, sourcil, cil… elle avait beau cherché le reste d'une ancienne présence de cheveux, rien n'apparaissait) ; puis elle grimpa les escaliers jusqu'à cinquième étage. Elle vivait dans un large appartement qui occupait deux étages. C'était son mari, Regulus Acturus Black, qui l'avait acheté. Il aimait les grands espaces et voulait qu'à défaut d'avoir une vraie maison, ils aient au moins le privilège d'avoir deux étages rien que pour eux.

Elle posa ses affaires sur le divan et déclara qu'elle était de retour. Bien sûr, personne ne lui répondit. Elle soupira. Chaque fois qu'elle sortait de l'appartement et y revenait en le découvrant désert, elle sentait une immense solitude l'envahir.

- " Sini ? " appela-t-elle avec espoir. Si au moins, elle pouvait avoir l'occasion de parler à son ami de toujours, elle se sentirait moins seule…

Cependant, il ne vînt pas, probablement trop occupé à hanter les humains en danger. Il faudrait que je trouve un loisir qui pourrait m'occuper dès que je rentre à la maison, pensa-t-elle. J'en ai marre de n'avoir rien à faire d'autre qu'à lire les journaux et mes livres… Plusieurs fois, elle avait songé à écrire. Cette idée lui plaisait bien. C'était une occupation qui remplirait ses heures libres. Mais jusqu'ici, elle n'avait encore rédigé que des esquisses de poèmes et de nouvelles. Rien de bien sérieux. Elle, elle voulait écrire un roman avec un grand « R ». Quelque chose qui plairait au public, qui pourrait être lu de tous. Elle avait la motivation et le temps nécessaire, elle avait toujours été douée en anglais et savait s'organiser.

Mélinda s'imaginait se réveillant en pleine nuit, prise par une inspiration soudaine qui l'obligerait à se lever et reprendre son fourneau… Elle imaginait déjà les longues heures à passer devant la lumière de la bougie vacillant devant elle… Et les recherches qu'elle effectuerait à la bibliothèque pour peaufiner son travail, le rendre plus réaliste… Les histoires, elle en avait plein la tête. Il suffisait qu'elle pense à la vie d'un esprit qu'elle avait aidé. Et dieu savait combien ils étaient nombreux ! Mélinda avait été surprise de découvrir l'originalité qui découlait de chaque vie. Bien que certaines possédassent des points similaires, aucune ne se ressemblait vraiment. Elle pourrait raconter la vie de ces gens et leur rendre un dernier hommage.

Mais laquelle choisir ?

Durant la soirée, elle avait préparé un petit casse-croûte, n'ayant pas réellement faim et décida d'aller se coucher tôt puisqu'elle n'avait rien d'autre à faire. Ce soir, elle n'avait pas envie de lire. Elle repensa à sa journée, aux premières clientes qu'elle avait reçues, les compliments qu'elles lui avaient adressé (car jusque là, il ne s'agissait que de femmes). Elle avait venu quatre bricoles de valeur moyenne. Cependant, Mélinda était enthousiaste. Cela allait fonctionner. Il lui fallait juste faire une bonne publicité et espérer que le bouche à oreille fonctionnât.

Elle finit par s'endormir profondément…

Au réveil, Mélinda sentit le poids d'un bras sur elle. Le cœur battant, elle se tortilla pour se retourner sous la couette et apercevoir à côté d'elle l'homme qu'elle aimait, endormi. Une source de chaleur envahit tout son corps et elle ne put s'arrêter de sourire. À ce moment-là, elle avait l'impression de toucher au bonheur. Elle s'approcha de lui, et se blottit délicatement contre son torse, laissant juste assez d'espace pour regarder son visage. Du bout des doigts, elle décala une mèche qui tombait sur ses yeux et eût l'envie irrésistible de l'embrasser. Elle se retint néanmoins de peur de le réveiller.

Elle resta là pendant quelques minutes, profitant de la chaleur de son corps contre le sien avant de se reculer. Même si elle aurait voulu rester là pour toute la matinée, elle devait aller au travail. Mélinda se déplaça donc millimètre par millimètre, soulevant le bras de son mari et le baisant du bout des lèvres. Puis, elle souleva doucement la couette et se retourna pour quitter le lit. Mais à ce moment-là, un bras s'enroula sur son ventre et la força à se rallonger.

- " Non, reste-là, " grommela-t-il sans même ouvrir les yeux. " Et continue à me contempler. "

Mélinda revînt se blottir contre lui et il en profita pour passer son autre bras sous elle pour l'enserrer contre lui.

- " C'est mieux, " soupira-t-il en collant sa joue sur le creux de son cou. Mélinda respira l'odeur de ses cheveux, caressant le dos musclé de celui qu'elle aimait.

Elle jeta un coup d'œil au réveil qui était posé sur la table de chevet de l'autre côté du lit. Il était sept heures et demi. Si elle voulait ouvrir à huit heures et demi, elle devrait sortir du lit.

- " Je t'aiderai à transplaner, " rouspéta son mari en devinant ses pensées. " Alors, reste-la… Encore un peu. "

- " Tu es rentré pendant la nuit ? " demanda Mélinda.

- " Hum-mmm… "

- " Et… Tu restes aujourd'hui ? "

- " Normalement, oui. "

Le sourire de Mélinda s'élargit avant qu'elle se rappelle qu'elle ne sera pas là de la journée.

- " Je rentrerai à midi alors… " dit-elle, le cœur bouillant.

- " Hum-mmm… Dis, Mélinda… " Il attrapa sa main gauche et l'approcha de sa bouche en caressant l'annuaire. " Où est ta bague ? "

- " Sur mon cœur, " répondit-elle en soulevant son collier de dessous sa nuisette. " Regarde, je la porte toujours ici. "

Il l'attrapa et l'observa. Il s'agissait d'une bague familiale qui se passait de mère en fille et il avait pu lui offrir comme bague de fiançailles puis comme bague de mariage, signe que la vieille harpie l'acceptait dans sa famille. Mélinda ne voulait pas la porter à son doigt lorsqu'elle sortait et comme elle allait travailler au sein des sorciers, elle avait préféré faire en sorte qu'on ne la voit pas. Il y eût une minute de silence. Puis Mélinda déclara qu'il était à présent temps qu'elle aille se préparer.

- " Tu sais, hier… " Elle hésita, quitta le lit et alla ouvrir son armoire. " J'ai rencontré ton frère… "

Elle l'entendit se redresser dans le lit en grognant.

- " Je n'ai pas de frère, " dit-il froidement. " Ce… Il ne fait plus partie de la famille. "

Mélinda n'osa pas le regarder et n'en dit pas plus. Elle savait qu'il n'aimait pas qu'on lui parlât de Sirius Black. Regulus n'avait jamais vraiment aimé son frère pour diverses raisons… Cependant, elle se demandait si réellement il lui disait toute la vérité. Tant d'animosité devait cacher quelque chose d'autre. Seulement, elle ne voulait pas le brusquer. Elle attendrait qu'il lui parlât de lui-même. Aussi, elle décida de changer de sujet.

- " J'ai ouvert la boutique hier ! " s'exclama-t-elle enthousiaste.

- " Ça s'est bien passé ? " demanda-t-il. " Désolé, j'aurais voulu être là… "

- " Hum-mmm, c'est pas grave, " mentit-elle. " Kreattur est venu m'aider pour transporter mes cartons et puis, j'ai reçu de l'aide de quelqu'un… Alors tout va bien. "

- " Qui ça ? "

- " Une jeune femme… Plus vieille que moi, probablement vers les vingt-quatre, vingt-cinq ans… " Mélinda hésita. Lily était amie avec Sirius Black, ce n'était peut-être pas une bonne idée de lui parler d'elle.

Heureusement, Regulus ne sembla pas plus intéressé par son identité. Il se leva, attrapa ses vêtements et les enfila pendant qu'elle filait vers la salle de bain pour prendre une bonne douche. Cette fois, elle put l'apprécier et sortit plus tôt. Elle parcouru le couloir, descendit les escaliers et rejoignit Regulus à la cuisine.

- " Des œufs au plat ? " demanda-t-elle.

- " Je t'en ai fait, " dit-il. " Alors, tu as eu des clientes ? "

- " Yep ! Quatre femmes… Deux m'ont acheté des babioles. Pas des trucs chers mais c'est déjà ça ! " Mélinda était aux anges. Elle s'assit devant le petit bar américain qui séparait la cuisine de la partie salle à manger et l'observa faire avec bonheur. Ce qu'elle adorait le trouver présent le matin ! Elle avait l'impression qu'ils n'étaient plus alors qu'un jeune couple fraîchement marié sans problème, sans magie, sans lui… " Tu sais… J'ai également vu un esprit, hier. En fait, peut-être deux… "

- " Tu ne le sais pas ? " Regulus se tourna vers elle, la mine inquiète.

- " Ben… Je pense qu'il y en a eu deux, mais… c'était bizarre. Même effrayant. "

Regulus fit glisser les œufs dans deux assiettes et partit rincer la poêle. Puis, il sortit deux tranches de jambon et du pain avant de récupérer le café qui tintait sur la cuisinière. Il sortit deux tasses, versa le café, y glissa deux sucres pour elle et vint déposer le tout sur la table. Mélinda se déplaça et s'y installa. Elle lui raconta ce qui s'était passé. Les objets qui avaient bougé, l'histoire de l'esprit et de la boîte à musique… Pour en revenir sur l'ombre qui l'avait traversé.

- " Ça m'a fichu la trouille, " avoua-t-elle avant d'avaler une bouchée d'œuf. " Je pense que c'est lui qui empêchait l'autre esprit à se montrer plus tôt… Mais je ne sais pas pourquoi… "

- " Tu penses que c'est le même que les autres fois ? " l'interrogea Regulus. " Tu as eu d'autres soucis du genre avant. "

- " Je ne sais pas… Il n'était jamais apparu comme ça, " souffla-t-elle. " Là, j'ai vraiment cru qu'il m'attaquait. "

- " Hé. " Il lui prit la main. " Il ne peut rien contre toi. Tu es la plus puissante des Ghosters qui existe et en plus, tu es vivante. Pas lui. "

- " Hmm… Tu as raison… " Mais elle n'en était pas tout à fait sûre. " Ah, au fait, " se reprit-elle en changeant de sujet. " Ta mère veut qu'on se rende au manoir samedi soir… Réunion de famille. "

- " D'accord. "

Regulus ne rajouta rien de plus. Comme toujours, il ne commentait jamais les réunions de famille, ni les contestait. Pourtant Mélinda savait que cela ne lui plaisait qu'à moitié. Il suffisait de voir dans quel état il revenait à chaque fois. Il devenait extrêmement fatigué et susceptible. Mélinda soupira. La fin de semaine s'annonçait très joyeux…


Peter Pettigrow rejoignit le chemin de Traverse par le biais de la cheminée. Quand il atterrit dans le bar, il se dégagea immédiatement et se glissa sur l'une des chaises. La soirée avait été mouvementée ! Il avait dû traverser une forêt entière à pied et, qui plus est, sous sa forme d'animagus. Parfois, il y avait de quoi désespérer. Un rat ! Voilà en quoi il devait se transformer… Mais quelle idée ! Mais quelle idée ! Si seulement il avait pu choisir. Il aurait bien aimé être un aigle. Mais vu sa chance, il serait devenu un vautour. Cette idée le fit sourire. En fait, ce n'était pas si faux que ça. Un rapace, c'était peut-être ce qui lui convenait le mieux. Mais non. Il se transformait en un rat. Remarque, cela n'avait pas que des défauts. Qui se méfierait d'un si petit animal ? Quand le danger devenait imminent, il pouvait toujours se transformer et fuir sans qu'on pût le toucher. Peter n'était pas fait pour se battre, il le savait bien ! Mais qu'aurait-il pu faire d'autre dans un monde en pleine guerre ? Rien.

À part mourir, peut-être. Et ça, il le refusait. Tant qu'il y aura des sorciers puissants, il pourra trouver un moyen de se protéger. Certes, ce n'était pas glorifiant pour lui mais il s'y résignait. Il préférait vivre plutôt que de gâcher sa chance. Il n'y pouvait rien : il était faible, mais pas idiot. Il vivait sa vie de la façon la plus sûre qu'il fût. Enfin… Il existait toujours un risque. Mais qui pourrait le suspecter, lui, de fourberie ? Le petit Peter ! Le pauvre idiot qu'il était ! Trop maladroit ! Trop timide ! Trop dépendant ! Non, personne ne viendrait à douter de lui. Le simple fait qu'on le jugeait faible le mettait immédiatement dans le rang des innocents.

Cependant, qui sera là à la fin ? Lui. Dans tous les cas, il pouvait trouver un moyen de s'en sortir. Il le savait : il vivrait. Même si parfois le doute l'assaillait, il se répétait qu'il avait fait le bon choix, qu'un jour, tout le monde reconnaîtra sa force. Peut-être même qu'on le félicitera de son entreprise. Oui, un jour… On saura que Peter Pettigrow n'était pas seulement Queudver, le petit gros lard de la bande des Maraudeurs qui les suivait comme un toutou fidèle, mais plutôt un être intelligent et calculateur.

Peter se gratta la nuque et bailla. Il lui fallait dormir mais il avait promis de déjeuner avec les Maraudeurs pour midi. Il commanda un remontant et le but d'une traite. Il n'y avait que de l'alcool pour le réveiller un peu. Il avait juste eu le temps de prendre une douche et de se changer avant de venir. Si seulement il pouvait tout envoyer en l'air…

- " Salut Queudver. "

- " Salut Remus ! Comment vas-tu vieux ? " demanda-t-il de façon enjouée.

- " À te voir, j'ai bien l'impression d'être en pleine forme, " commenta-t-il. " Il s'est passé quelque chose ? "

- " Nop, " mentit-il. " Mais ma soirée a été bien arrosée avec les gars de la fac… Et tu sais, trop d'alcool… "

Remus acquiesça, compréhensif. Peter avait toujours été celui qui ne supportait pas la boisson, ou du moins, pas en forte dose. Aussi Tom le regarda avec suspicion. C'était que le barman écoutait les conversations ! Peter toussota.

- " Où sont les autres ? " demanda-t-il.

- " Ils terminent de régler une affaire et ils nous rejoignent, " répondit Lunard.

- " Une affaire ? " fit Peter, surpris. " Quelle affaire ? "

- " À propos des fiançailles de James, " expliqua-t-il, distrait.

- " Il s'est fiancé ? "

Peter savait qu'on lui avait caché des choses. Les autres pensaient sûrement qu'il était incapable de garder un secret… Bien sûr, il n'avait pas attendu pour découvrir la vérité et avait prit James en filature pour le découvrir à Paris à la recherche d'un plan pour ses fiançailles. Quel idiot ! Lui pourtant si arrogant n'était pas capable de demander convenablement sa copine en mariage… Si cela s'était su… Bien sûr, il fit semblant de ne rien savoir.

- " Désolé Peter, " s'excusa sincèrement Remus. " J'étais d'avis qu'on te le dise mais… "

- " C'est pas grave, " dit-il d'une voix teintée de tristesse. " Je comprends… " Tu parles !

Remus lui raconta alors ce qui s'était passé et Queudver ne se retenait pas de rire. Même Remus eût un sourire amusé quand il expliqua l'idiotie de Sirius et la bague coincée.

- " Il la porte encore ? " le questionna Peter entre deux rires. Et c'est ça qu'on considère comme « la crème des étudiants » ? des « sorciers prometteurs » ? Pff !

- " Non, ils ont finalement réussi à la lui retirer, " répondit Remus en soupirant d'exaspération. " Mais ce n'est pas le plus important. Avec ça, ils ont entraîné pas mal de problèmes avec la police française. Il a fallu qu'ils retrouvent tous les moldus présents et étouffent l'affaire du côté des journalistes et de la police moldue… Lily et James ont du payé une forte somme pour dédommagement et ont tous deux reçus un avertissement… "

- " Aïe. "

- " Sans compter que cela a légèrement jeté un froid à James, " continua-t-il.

- " Tu m'étonnes ! " s'exclama Peter. " Et Lily ? Comment elle prend la nouvelle ? "

- " Elle est la femme la plus comblée sur terre en ce moment, " sourit Remus. " Bien que James continue à s'en vouloir, on peut être sûr que ça lui restera en mémoire… "

- " C'est exactement ce que je redoute le plus, " intervint la voix de James derrière eux.

Ils éclatèrent de rire et continuèrent de plaisanter sur le sujet pendant plusieurs minutes. Ils étaient alors ressortis du Chaudron Baveur et se dirigeaient à présent vers un petit café-restaurant moldu qu'ils appréciaient. Celui-ci se trouvait à trois tournants du Chaudron Baveur. La taverne du Petit Artisan. Il s'étendait au dehors, sur la chaussée. Ils s'installèrent à une table et commandèrent.

- " Alors, comment ça s'est passé ? " demanda Remus.

- " J'ai réussi à la convaincre de revenir à Paris demain soir, " déclara James. " Elle sait peut-être pour les fiançailles – bien que je lui ai défendu de me répondre maintenant ni d'en parler – mais j'ai encore une surprise de taille dont elle ignore tout. "

- " Nous aussi par la même occasion, " grommela Sirius.

- " Vous le saurez… Mais après ! " sourit James.

- " Dis-moi Peter, qu'est-ce que t'as fait pour avoir l'air d'un zombi ? " demanda alors Sirius. " On t'a convoqué ? " chuchota-t-il.

- " Nop… Fête avec des copains de la fac… Pas dormi et beaucoup bu… " répondit-il. " Pas fameux au réveil… "

- " Et le travail ? " le questionna James. " Je croyais que tu devais encore passer des entretiens ? "

- " Oh, non, ça, c'est du passé, " confia Peter avec fierté. " J'ai été pris ! "

- " Nooon !? " s'étonna Sirius. " Cachottier ! Où ça ? "

- " Au Ministère ! " annonça-t-il tout sourire.

- " Au Ministère !? " s'écrièrent les trois autres, surpris. La preuve même qu'ils n'imaginaient pas qu'il pût réussir à obtenir une place là-bas… Peter grinça des dents mais continua de faire comme si tout cela était vraiment normal.

- " Yep ! Dans le département de Contrôle et de Régulation des Créatures Magiques ! " Il baissa d'un ton à la fin de la phrase de peur que des moldus ne vinrent à l'entendre.

Soudain un silence pesant envahi la table. Peter les regarda surpris.

- " Ben quoi ? C'est super comme boulot non ? "

James et Sirius secouèrent la tête.

- " J'y crois pas que tu as postulé pour travailler là-bas ! " s'exclama James.

- " Mais…mais… Pourquoi ? "

- " Idiot ! Tu te rends compte que tu vas travailler dans le bureau qui pose le plus de problème à Remus pour trouver du boulot ou ne serait-ce que de vivre décemment ! " l'accusa Sirius. " Tu aurais du le savoir, ça, pourtant ! "

- " Justement ! " répliqua Peter. " Si je travaille là-bas, je pourrais tenter de calmer le jeu et de les persuader que Remus n'est pas un danger pour quiconque ! "

Sirius allait rétorquer quelque chose mais Remus lui fit signe d'arrêter.

- " Tu as raison, Peter, " dit-il alors. " Je suis content que tu travailles là-bas. Et je pense que ça mérite un toast. "

- " C'est vrai, " approuva finalement James. " Vaut mieux que ce soit toi plutôt qu'un autre. Au moins toi, tu sais ce qu'il en est ! Félicitations ! "

Sirius finit par les joindre et ensemble, ils trinquèrent.

- " D'ailleurs, on ferait mieux de ne pas trop tarder si on ne veut pas être en retard pour notre premier jour de travail ! " déclara James.

- " Parle pour toi, " rigola Sirius. " Moi ça fait déjà une semaine que j'y suis ! Et toi Peter ? "

- " Mon premier jour sera demain, là, j'ai franchement pas la forme de bosser, " dit-il.


- " Mélinda ! "

Elle sursauta et se tourna vers l'arrière de la boutique. Elle s'y rendit et découvrit Regulus qui l'attendait en habits moldus. Il portait néanmoins une capuche sur la tête pour tenter de dissimuler ses cheveux et tenait à la main une paire de lunettes de soleil.

- " Qu'est-ce que tu fais là habillé ainsi ? " demanda-t-elle surprise.

- " Ben, je suis venu te chercher comme prévu. "

- " Ah bon ? Je pensais prendre le bus pour rentrer… "

- " Moi, je pensais plutôt qu'on pourrait aller manger ailleurs, " susurra-t-il en l'attrapant par la taille. " On n'a pas l'occasion de beaucoup sortir. On pourrait en profiter. "

- " C'est vrai... D'accord. Je ferme le magas— "

À ce moment-là, la cloche de la porte d'entrée retentit. Un nouveau client venait probablement d'arriver. Elle embrassa furtivement Regulus et lui demanda de patienter avant de ressortir de la pièce en refermant la porte derrière elle.

- " Bonjour ! " salua-t-elle la cliente qui lui tournait le dos en regardant un petit miroir à pied.

Celle-ci se retourna et Mélinda reconnut alors Lily qui la salua.

- " C'est vous Lily ! " fit-elle surprise. " Vous allez bien ? "

- " Oh ça ! Pour aller bien, je vais super bien ! " répondit la jeune rousse avec un tel enthousiasme que cela en respirait le bonheur. " Et vous ? "

- " La même chose ! " répondit Mélinda avec chaleur. " Alors, ça vous plait ? "

- " Beaucoup ! C'est très joli ce que vous vendez ! J'imagine déjà l'histoire que cela contient… " sourit-elle. " Dîtes-moi plutôt, vous avez déjeuné ? "

- " Pas encore… " Ouïlle, ouïlle.

- " Et si nous déjeunions ensemble ? " proposa-t-elle.

- " Euh… À vrai dire… " bafouilla Mélinda. " J'avais déjà prévu quelque chose… "

- " Oh ! " Lily parut alors légèrement embarrassée. " D'accord. Ce sera pour une autre fois alors ? "

- " Mais nous pourrions sans doute prendre un café ensemble cette après-midi, si ça vous dit ? " se rattrapa Mélinda. " Ou bien, venez à la boutique à quatorze heures nous discuterons ensemble ! Il n'y a pas grand monde, vous savez… Et nous avons même une table et des chaises confortables où s'asseoir. "

Lily sourit et accepta l'offre. Après quoi, elle sortit du magasin et Mélinda en profita pour fermer la porte à clef et retourner le panneau pour signaler que le magasin était fermé.

- " Prendre un café sur une table à vendre, est-ce vraiment sérieux ? " demanda Regulus sous l'embrasure de la porte de derrière.

- " Tu veux qu'on te voit ? " répliqua Mélinda.

- " Avec tout ce qu'il y a dans la vitrine, il y a peu de chance, " rétorqua-t-il.

- " Qu'est-ce que tu as ? " demanda-t-elle en fronçant les sourcils, n'appréciant pas le ton avec lequel il lui parlait.

Regulus soupira et secoua la tête.

- " Rien, " dit-il. " Allons-y ! Sinon tu seras en retard pour ton rendez-vous. "

Il était définitivement piqué. En soupirant à son tour, elle attrapa son gilet et son sac avant de le rejoindre dans l'arrière boutique. Il la prit alors par la taille avec douceur et l'enserrant près de lui, ils transplanèrent.

Ils atterrirent dans une petite ruelle sombre et se dépêchèrent de rejoindre la rue principale où les moldus se dépêchaient d'aller manger.

- " Encore heureux que tu ne t'habilles pas comme les sorciers, " déclara Regulus.

- " Je n'aime pas ces robes que vous portez, " grimaça-t-elle.

Elle glissa sa main dans celle de son mari et regarda autour d'eux. Elle ne reconnaissait pas l'endroit. Probablement pour que personne ne les reconnût. Regulus retira alors son bonnet et se coiffa d'une main. Mélinda rangea le bonnet dans son sac et tous deux se mirent à la recherche d'un coin pour manger.

- " Où sommes nous ? " demanda-t-elle.

- " À Hasting, " répondit Regulus. " Normalement, personne ne devrait me reconnaître. "

- " Je l'espère… " souffla-t-elle.

C'était quand même désagréable de devoir se cacher alors qu'elle avait réellement envie qu'on sût qu'elle était mariée à lui. Elle l'aimait et se moquait bien du reste. Elle ne se sentait concernée par cette guerre seulement parce que lui s'était engagé dedans. Parfois, Mélinda se demandait si sa vie serait meilleure si elle avait épousé quelqu'un d'autre. Mais il suffisait qu'elle fût près de lui pour que ses doutes s'envolassent.

- " J'ai utilisé un sort de reflet, " déclara-t-il.

- " Un sort de reflet ? " répéta-t-elle. " Qu'est-ce ? "

- " Les gens ne me voient pas tel que je suis, " répondit-il en souriant. " Leurs esprits n'enregistreront de moi que l'image que celui de ton type d'homme. C'est-à-dire celui avec lequel ils t'imaginent le mieux. "

- " Vraiment ? " rigola-t-elle. " Alors, ils doivent te voir tel quel. "

- " Tu te trompes… " souffla-t-il. " Tiens, allons manger ici. Ce coin m'a l'air bien sympa. "

- " D'accord. Mais avec ce sort, n'aurait-on pas pu manger à Londres sans craindre qu'ils te reconnaissent ? " demanda alors Mélinda.

- " Trop de monde auraient risqué te reconnaître… " dit-il. " À ton avis, comment aurais-tu pu justifier si deux de tes connaissances nous croisaient et que l'un d'eux te verrait bien avec un rouquin et l'autre un gars aux cheveux blancs ? "

- " Que tu as une défaillance génétique qui fait que… selon la lumière et l'angle de perception dans lequel on te regarde, tes cheveux changent de couleur, " plaisanta Mélinda.

- " Et si l'une me voyait avec un nez crochu et l'autre un nez de cochon ? "

- " Qui voudrait que je sois avec un nez crochu ou un de cochon ? " rigola-t-elle. " Allez, pose-moi une vrai colle. "

- " Choisis d'abord ton menu et après on verra. "

- " OK mais ne pense pas en avoir terminé avec ça, " le défia Mélinda. " J'ai une mémoire d'éléphant sur ce genre de choses. "

- " C'est bien ce qui m'inquiète. Allez, choisis au lieu de jacasser. "


Lily était rentrée chez elle pour déjeuner. Elle aurait bien aimé discuter avec Mélinda et la connaître un peu plus. La jeune femme lui laissait toujours une impression particulière. Elle avait quelque chose qui lui disait qu'elle pouvait se confier à elle. Depuis qu'elle sortait avec James, Lily avait un peu délaissé ses amies d'école. Alors l'idée de se lier avec Mélinda lui plaisait beaucoup. Surtout qu'elle voulait absolument raconter à quelqu'un ce qui s'était passé le soir précédent et dire ce qu'elle ressentait. Seule une femme pouvait l'écouter et la comprendre, sans compter que tous les amis de James étaient au courant de l'affaire et se trouvaient déjà impliqués. Elle souhaitait en discuter avec quelqu'un qui ignorerait tout et qui serait sincèrement surprise en l'écoutant.

Elle attendit patiemment l'heure que Mélinda lui avait indiqué et repartit par le biais de la poudre de cheminette au Chaudron Baveur. Elle salua Tom et lui demanda de lui prendre deux cafés. Quand il entendit qu'il s'agissait de Mélinda, il l'arrêta.

- " Ne pas oublier les deux doses de sucre ou tu peux être certaine qu'elle te renverra en chercher ! "

- " Tu la connais bien, Tom ? " demanda alors Lily avec curiosité.

- " Je la considère comme ma propre fille ! " affirma-t-il, ses yeux brillants de cette chaleur paternelle qu'ont justement les pères en parlant de leur fille – surtout lorsque celles-ci sont absentes.

Lily sourit et quitta le bar pour traverser la longue rue du chemin de Traverse. Il fut difficile de conserver les cafés bien sur leur soucoupe avec tout ce monde qui affluait et qu'elle tentait d'éviter comme s'il s'agissait de projectiles dangereux. Elle ne voudrait pas que les tasses se renversent ! Quand elle arriva face à la boutique elle soupira de soulagement mais se trouva devant un dilemme. Elle regarda à l'intérieur mais la salle était vide.

Y a plus qu'à l'attendre, pensa-t-elle.

- " Lily ? " La porte venait de s'ouvrir de l'intérieur et Mélinda l'invita à entrer. " Merci pour le café ! Tiens, je vais te le prendre. "

Elles installèrent leur tasse sur le comptoir.

- " Vous êtes arrivée comment ? " l'interrogea Lily. " Je n'ai pas vu personne. "

- " En fait, j'étais déjà présente, " lui indiqua Mélinda. " Mais je me trouvais dans la salle, juste là. " D'un mouvement de la tête, elle lui montra la porte au recoin du mur. " Je me demandais si je ne ferai pas mieux de mettre les robes de mariées dans le magasin, des fois que des fiancées proche du jour J viendraient en chercher par ici… "

Lily manqua de s'étouffer avec son café et en renversa légèrement sur elle. Mélinda posa immédiatement sa tasse et se leva pour récupérer un mouchoir qu'elle lui tendit.

- " Il vaut mieux laver ça tout de suite… " dit-elle. " Y a-t-il une formule qui puisse le faire ou doit-on le laver à la main ? "

- " Oui, mais il faut que je retire quand même mon vêtement, " expliqua Lily. " Est-ce que je peux aller dans l'arrière boutique ? "

- " Bien sûr, venez. "

Mélinda la guida alors dans la salle et la laissa. Lily retira alors son pantalon et appliqua la formule avant de le remettre et de revenir la rejoindre. Quelqu'un venait d'entrer dans la boutique et faisait le tour. Lily s'avança vers le comptoir et échangea un sourire avec Mélinda qui semblait alors aux anges.

- " Mon premier client masculin, " lui murmura-t-elle avec complicité alors que l'homme leur tournait le dos.

- " Excusez-moi, " l'appela-t-il alors.

Mélinda contourna le comptoir et se dirigea vers lui. Lily la regarda raconter au client l'histoire de ses convoitises – le même miroir devant lequel elle s'était arrêtée ce matin et qui possédait de magnifiques reliures en or – puis lui annoncer le prix. Mélinda y mettait tellement de cœur et d'enthousiasme qu'il était difficile de ne pas être touché. Et le client se prêtait très bien au jeu.

- " C'est pour l'anniversaire de notre cinquième année de mariage, " lui confia-t-il.

- " Alors c'est un cadeau parfait, " lui assura-t-elle. " Je suis sûre que ça lui plaira beaucoup. "

Cinq minutes après, il repartait avec un paquet en main lui promettant de faire parler de sa boutique en retour. Mélinda exultait de joie.

- " Ça semble te plaire, " commenta Lily. " Tu permets que je te tutoie ? "

- " Bien sûr ! " assura-t-elle. " J'allais justement te le demander… Cette boutique, c'était mon plus grand rêve. Je ne crois pas que je réalise que ça y est, je l'ai enfin ouvert. "

- " Je t'envie, " avoua la jeune rousse. " Avoir un métier qui te plait autant, c'est le rêve. "

- " Et la bibliothèque ? " demanda Mélinda. " Tu as eu une réponse ? "

- " Pas encore je pense, " dit-elle. Il vaut mieux attendre deux jours… Mais tu sais, je commence à douter. "

- " Et pourquoi donc ? "

- " Et bien… En te voyant si heureuse de tenir ce magasin, j'ai bien envie d'essayer. "

- " Ah… Écoute ! " s'exclama Mélinda. " J'ai une idée ! Et si tu venais travailler à la boutique jusqu'à ce que la bibliothèque te donne sa réponse ou que tu trouves quelque chose qui te plaira plus ?... Et qui peut-être te payera plus cher… Le salaire que je peux te proposer pour le moment ne sera pas forcément des plus élevés comme je viens tout juste de commencer… "

- " Ça me plairait beaucoup ! " répondit Lily avec joie. " Ne t'inquiète pas, je ne suis pas non plus très difficile pour le salaire… "

- " Alors, c'est conclu. Tu commences demain ? "

- " Tout de suite, tu veux dire ! "