De retour

Toujours avec du retard. Cette fiction est un tel brouillon Enfin je me dis que si vous aimez ça, je pourrais vous présentez quelque chose de plus travailler que vous aimerez aussi… bref je vous envoie un court chapitre 3 destiné à changer une peu l'univers de J.K. Rowling )

Hermione pesta. Elle avait toutes les raisons de pester. Non ça ne la mettais pas en joie d'enfreindre le règlement pour sortir de la salle commune de Griffondor après le couvre feu. Ca ne la mettait pas en joie non plus mentir à Grace en prétextant un besoin urgent d'aller prendre un bain à la salle de toilettes des préfets. Enfin ça ne la mettait pas en joie d'aller risquer d'attraper la crève tout ça pour aller parler à cette abominable personne, que dis-je, cette affreuse fouine qu'était Malfoy dans un l'endroit le plus crasseux que Poudlard ait dans son répertoire, c'est-à-dire la volière. Oui, franchement, il y avait de quoi pester.

En chemin, l'envie lui prit à plusieurs reprises de faire demi tour et d'aller se réfugier sous sa couette comme elle avait pensé le faire dés le départ. Mais Hermione se l'interdit. Elle savait que si elle séchait cette petite entrevue, Malfoy allait être impossible et elle ne supporterait pas son regard mauvais posé sur elle à longueur de journée. Ce qui aurait pu passer pour une faiblesse de sa part – car au fond elle suivait les directives de son ennemi – ne pouvait être considéré ainsi. Car même si Hermione avait été surprise de ce rendez vous et n'en avait pas tout de suite compris le but, elle avait finit par réaliser qu'au fond, s'il ne l'avait pas demandé le premier, elle aurait du le faire par la suite. Leur situation avec Grace était assez complexe et elle devinait qu'ils avaient des choses à mettre au point.

Mais tout de même ! Etait-ce une raison pour m'empêcher de dormir et me traîner à l'autre bout du château ?

La jeune fille en avait profité pour rédiger une brève lettre adressée à ses parents qu'elle comptait envoyer à l'aide d'un hibou de l'école. L'idée lui vint d'employer Edwige mais elle ne voulait pas se risquer à gêner Harry en lui subtilisant quelques jours sa précieuse chouette.

Pourtant ledit volatile ne fut pas de cet avis à en juger par sa réaction, lorsqu'elle franchit la porte de la volière. Edwige se jeta littéralement sur l'épaule d'Hermione sans toutefois lui faire de mal et pointa derechef ses serres dans sa direction, dans l'attente d'une nouvelle mission. Elle paraissait la supplier de lui confier son courrier, comme si elle n'était pas sortie dehors depuis des mois.

- Non Edwige…

Son ton était trop tendre. Elle n'avait jamais su être ferme avec les animaux. Ils étaient le reflet de la maigre douceur des humains. Elle ne pouvait résister à leurs yeux quand ceux-ci la suppliaient. C'est sans doute pour ça qu'elle avait adopté Pattenrond.

Edwige persista et réussit à arriver à ses fins. Hermione accrocha à ses serres le bout de parchemin en soupirant. La chouette s'était redressée, montrant aux autres hiboux endormis qu'elle avait de l'importance, elle.

- Comme d'habitude Edwige.

La chouette opina et battit des ailes pour s'envoler. Elle connaissait les habitudes de la griffondor. Celle-ci n'envoyait de courrier qu'à ses parents et lorsqu'il lui arrivait d'écrire des lettres plus formelles elle utilisait impérativement un des grands ducs de l'école.

Pensive, la jeune fille resta debout au milieu de la pièce. Il était 23h10. Il était en retard. Autour d'elle, une armée d'oiseaux gênés de la voir rester dans la volière. L'odeur n'était pas aussi insupportable que dans ses souvenirs. Non pas qu'elle ne souhaitait s'éterniser là, mais elle parvenait à inspirer sans avoir de nausées. Cependant cette compensation accordée à son odorat ne parvenait pas à la calmer. 23h13 ! Il se foutait vraiment du monde. N'ignorait il pas qu'elle aurait préféré dormir plutôt que de l'attendre ici ? Elle était là à sa demande, ce qui représentait déjà un sacrifice en soi, et lui ne daignait pas monter le bout de son nez.

Excédée, la jeune fille sortit de la pièce à 23h15. C'était vraiment se payer sa tête que de l'avoir traîner ici pour rien et ça n'allait en aucun cas aider leur situation bancale avec Grace Sebold. D'un pas qu'elle voulait décidé et droit elle fonça vers la salle commune des Griffondor avec pour seul et unique objectif celui de se glisser dans ses draps et de n'en ressortir que le plus tard possible.

Les escaliers mobiles étaient, avec les tableaux, les seuls à faire du bruit. Le brouhaha quotidien des couloirs de Poudlard avait disparut. Hermione n'avait jamais ressentit un tel vide, même lorsqu'elle sortait la dernière de la bibliothèque, juste avant le couvre feu. Elle avait l'impression d'avoir le château pour elle toute seule et en profita pour flâner. Les jeunes filles en général traînent devant les vitrines, regardent goulûment leurs contenus avant de s'avancer vers les suivantes. Elles appellent ça "Flâner". Hermione, elle, regarde les tableaux, les arabesques des plafonds d'une école vieille de plusieurs siècles. Contrairement aux autres filles qui s'émerveilleraient devant des vêtements derniers cris, Hermione, elle, montre de l'intérêt pour une statue datant de l'époque des quatre fondateurs de Poudlard et ce à 23h30.

Mais le bruit de fond revint à son grand déplaisir. Des pas se faisaient entendre aux loin. Hermione n'y prêta pas attention. Quel intérêt de s'inquiéter parce qu'une personne monte, descend ou même marche à des mètres et des mètres d'elle ? Elle continua à se balader, telle une touriste moldue dans un musée, en chassant de sa tête le bruit de pas.

Cela dura un certain temps jusqu'à ce qu'Hermione admit que les pas ne descendaient pas, pas plus qu'ils ne montaient. Au contraire, ils semblaient faire le tour de l'étage, du moins, le tour de couloirs ouverts aux élèves.

S'il continue comme ça, il va finir par me trouver, pensa-t-elle.

La possibilité que cette personne soit un élève était infime sachant qu'elle était au 4e étage. L'étage qui comprenaient certaines salles de cours et des appartements de professeurs. Non, elle penchait plutôt pour Rusard. Elle avait donc de quoi s'inquiéter.

Elle pressa le pas et, comme l'aurait fait une souris, se faufila au travers du labyrinthe de couloir pour rejoindre les escaliers principaux. Quel dommage qu'elle n'ait pas pris la carte des Maraudeurs ! Son cœur battait la chamade comme à chaque bêtise qu'elle faisait. Elle devait l'avouer avec Harry Potter comme meilleur ami et Drago Malfoy comme pire ennemi, des bêtises dans ce goût là, c'était son lot quotidien.

Elle n'avait aucune envie de se faire prendre par Rusard. Il y avait quelque chose chez cet homme qui la terrifiait. Sa chatte en elle-même était si discrète qu'Hermione manquait un battement de cœur à chaque fois qu'elle la croisait.

Elle finit par entendre plus distinctement le bruit des escaliers qui tournicotaient. Le bruit de pas avait cessé ce qui ne l'a calmait pas pour autant. Quand enfin elle distingua dans la pénombre les premières marches d'un escalier qui montait, une main s'abattit sur son poignet. Elle aurait voulu crier mais une autre se plaqua contre sa bouche l'empêchant de faire quoi que ce soit.

Elle se résonna.

Ca ne peut pas être Rusard. Il ne m'aurait pas empêché de crier, au contraire, il aurait adoré. Misère, il est dans mon dos… Je n'arrive pas à voir qui c'est.

Par habitude, Hermione tenta de se dégager. A sa grande surprise elle ne rencontra aucune résistance et parvint à se détacher le plus simplement du monde pour retrouver l'usage de sa bouche et de son bras.

Elle en profita pour attraper d'une main sa baguette et pivoter sur ses talons pour faire face à son "agresseur". Même sans le noir elle le reconnaissait. Elle aurait du se fier au parfum dés le départ d'ailleurs.

- Alors Granger, on me fait faux bond ? Constata Malfoy en lui lançant un regard de déception qu'Hermione prit de façon ironique.

- Je ne t'ai pas fait faux bond. C'est toi qui n'es pas venu à l'heure. Je retournais me coucher.

La voix d'Hermione était glaciale. Pourtant son cœur continuait à battre la chamade. Il fallait dire qu'être en compagnie d'un mangemort ou futur mangemort vers minuit, dans un endroit où personne ne pourra l'entendre, n'avait rien de très rassurant.

- Tout doux Granger. Tout doux. Et bien, si tu n'y vois pas d'inconvénient, je pourrais te reconduire jusqu'au trous des rouge et or. Ne le prend pas mal Granger mais tu me parais un peu pale, si tu veux mon avis à ce rythme là, tu te feras surprendre par Peeves dans un armure et mourra d'une crise cardiaque avant d'avoir pu atteindre ton dortoir.

Drago jouait d'elle. Il l'avait cerné et l'utilisait pour se donner de l'assurance. Que pouvait elle bien répondre à ça ? Il était inutile d'essayer de lui expliquer pourquoi elle était nerveuse. Ca ne ferait que l'enfoncer davantage. Alors elle acquiesça et prit la direction de sa salle commune. Le Serpentard la suivait de prêt et elle n'aimait pas ça.

- Je t'ai demandé de venir et tu sais pourquoi, dit Drago sans chercher à s'expliquer. Grace a du te parler de moi. J'imagine que tu as été surprise. Au moins autant que j'ai été surpris quand elle m'a dit que tu étais sa camarade de chambre.

Ca pour une surprise…

Hermione reconnaissait bien là Malfoy. Son ton été grave et sa voix était ailleurs, tout comme le reste de son esprit. Il paraissait en pleine réflexion avec lui-même. Non, il était plutôt en grande réflexion avec lui-même. Qu'Hermione eut été là ou pas, cela n'aurait rien changé à ses dires.

Il n'y avait que quand il était dans cet état d'esprit qu'Hermione n'avait pas envie de lui faire ravaler toutes les saloperies qu'il lui avait fait. C'était rare, mais parfois elle arrivait à le comprendre, à se comparer à lui.

Ne souhaitant donc pas casser cette attitude, Hermione attendit silencieusement qu'il n'enchaîne.

- J'ai besoin de savoir : que lui as-tu dit ?

Il avait lui-même changé de comportement, il lui parlait directement, à elle. Il avait cessé de marcher et sans s'en rendre compte, elle aussi. Malgré l'obscurité on pouvait voir les yeux clairs du garçon posé sur la Griffondor. Il paraissait impassible, jaugeant minutieusement la jeune fille qu'il avait devant lui. Hermione n'en menait pas large. Elle le connaissait assez bien pour savoir que lorsqu'il la regardait comme ça, cela précédait une probable colère. Et puis elle n'avait plus aucune idée de ce qu'elle avait bien pu raconter à Grace la nuit dernière. Mais ce qui l'agaçait par-dessus tout c'est qu'elle n'arrivait pas à deviner ce que Malfoy voulait vraiment savoir.

- Je ne sais plus. Je me souviens seulement qu'elle a cru que j'étais une de tes conquêtes. Elle a parut surprise quand elle a compris que nous ne nous entendions pas, murmura-t-elle sans espérer de miracles.

Comme elle l'avait prévu, sa réponse ne suffit pas à Malfoy qui se rapprocha dangereusement d'elle.

- Granger. Je me fous de ce qu'elle a pu penser. Je veux savoir de quoi tu lui as parlé ! lui cria-t-il en la forçant à reculer.

Dans ces conditions, Hermione était perdue.

- Mais de rien ! Nous n'avons pas beaucoup parlé de toi. Tu n'es pas mon sujet de conversation préféré tu sais.

Malfoy émit un rictus. A partir de là, la jeune fille su qu'il n'irait pas la chercher plus loin sur ce sujet là.

- Ok, Granger. J'ai deux ou trois choses à te dire alors écoute moi bien parce que je ne répèterais pas. Dans ton propre intérêt et dans le mien aussi, n'évoque jamais la magie noire en sa présence. Même si c'est pour parler des Serpentards et de tu-sais-quoi.

Hermione hocha la tête sans rien dire. Le garçon paraissait on ne peut plus sérieux et exerçait inconsciemment une sorte de pression sur elle.

Il fit une pause, la regardant droit dans les yeux comme pour s'assurer de l'attention de la rouge et or.

- Il va falloir que nous fréquentions.

- Pardon ?

- Nous fréquenter. Nous supporter quoi.

- Pour ?

Elle croyait rêver. Lui au contraire était grave. Elle voyait bien que ce n'était pas de gaieté de cœur.

- Grace est ma petite amie.

- Oui, ça merci, j'étais au courant.

- Elle m'a demandé de… faire un effort…

Il était gêné, ça se voyait. Durant un court instant il avait détourné ses yeux d'elle, comme si elle l'avait brûlé du regard. Et c'est sans doute ce qu'elle aurait fait si elle avait pu. "Faire un effort" pour Malfoy c'était beaucoup. Surtout si ça l'obligeait à lui parler. Hermione était surprise de constater l'emprise que pouvait avoir Grace sur lui.

Hébétée, elle laisse échapper un "Mince alors… tu dois vraiment l'aimer pour…"

Malheureusement pour elle, sa petite réaction ne tomba pas à l'oreille d'un inconnu. Le Serpentard se rétracta, sentant le danger pointer. Hermione en conclut que le garçon devait considérer comme une faiblesse le fait qu'il se laisse dominer par sa copine. Il était trop tard pour rattraper le coup. Drago Malfoy était quelqu'un de spontané, qui n'était pas du genre à revenir sur ses pas.

- Tu sais quoi Granger ? Ton avis j'en ai rien à foutre. Tu vas devoir passer du temps avec elle et moi aussi. Alors pour que ça se passe bien, je te conseille de coopérer.

Son ton s'était fait plus menaçant mais aussi plus sec. La situation d'Hermione lui revint en mémoire aussitôt. Elle n'était pas en mesure de refuser si elle tenait à passer une année sans la pénible supériorité de Malfoy qu'elle verrait deux fois plus.

- Ok. On va coopérer.

Malfoy lui lança un sourire, un de ceux qui paraissaient malsain venant de sa bouche mais qui ne faisaient que marquer son contentement.