pour moi, l'école c'est une grande connerie, et puis,
tu sais quand la maîtresse t'appelle, c'est un peu débile, parce qu'il peut y en avoir un qui n'a pas étudié, elle lui met une note…
tout ça n'a rien à voir avec la vie
les notes, tout ça n'a rien à voir avec la vie !
au contraire, la vie a à voir avec l'amour, la joie, le bonheur découvrir la vie !
à hurler :
je veux vivre !
je veux être libre !
franck si trova (d'amore si vive)
la bulle
« TU T'Y connais,toi, en animaux magiques ? » hasarda un jour Harry, alors que Charlie était chez lui.
L'enveloppe qui contenait les papiers d'inscription pour Apos qu'il lui avait donné le jour de son « anniversaire » attendait patiemment au pied de son lit, qu'il daigne y touche. Malheureusement, il ne l'avait même pas encore ouverte, et le kraft était encore intact.
Il se posait encore des questions quant à son inscription. Est-ce qu'il devait faire confiance au roux et l'intégrer alors qu'il ne savait absolument rien de ce qu'il se passait là-bas ? Il avait juste eu le droit à quelques petits détails, de temps en temps, quand Charlie en disait un peu trop, et d'après ce qu'il avait entendu, l'école paraissait presque tyrannique. Cependant, malgré ces aspects parfois absolutistes, l'école lui offrait une liberté qu'il ne trouverait nul part ailleurs.
Il pouvait y entrer et en sortir comme il voulait, ne pas assister aux cours s'il souhaitait faire autre chose à la place, cours auxquels lui-même choisissait s'il voulait les suivre ou non. Il pouvait par exemple s'intéresser deux mois à une certaine matière, puis se rendre compte que ce n'était pas pour lui et choisir à la place une autre discipline.
« Un peu, pourquoi ? »
Deux minutes plus tard, après que Murdoc lui ait annoncé qu'il y avait des animaux sous stase dans ses coffres à Gringotts, il était sur ses pieds, ravi de cette nouvelle aventure.
Sa potion de croissance avalée en guise de déjeuner, Murdoc enfila une paire de jeans puisqu'il n'avait pas particulièrement envie d'aller à la banque en caleçon.
Charlie, lui, avait désormais les cheveux bruns, les yeux bruns et toutes ses tâches de rousseur étaient effacées.
Ils remontèrent rapidement les rues jusqu'à Gringotts, où Murdoc demanda à voir le Gobelin du début de ses vacances, parce que c'était plus simple comme ça, et ils arrivèrent bientôt dans un des wagons qui s'arrêta sans attendre devant le coffre des Black.
« Ils sont là, Charlie ! » appela le brun.
Le Weasley regarda attentivement toutes les créatures devant lui-même, et encore plus les espèces de chiots regroupés autour de ce qu'il présumait être la mère : un animal qui était un mélange entre un grand chien et un loup, brun, avec une tâche bleue autour de l'œil et pas de queue. Ses poils étaient hirsutes et durcis, et l'attitude féroce de l'animal figé laissait penser qu'il défendait ses petits avant d'être ensorcelé.
« C'est un Nafl, » déclara-t-il. « Et ses petits. Ils me semblent assez âgés pour vivre sans la femelle. » Son attention se porta sur autre chose de plus petit mais de plus intéressant. « Regarde ! Ce sont des œufs de dragons ! Assez vieux pour que je ne puisse pas reconnaître leur espèce ! »
Il semblait vraiment excité par ce qu'il voyait, lui qui habituellement abordait une joie enfantine rapidement remplacée par une mine sérieuse, puis par la mine enfantine et ainsi de suite. On pouvait dire qu'avec Murdoc, il avait à s'en faire. Quand le garçon n'avait pas une idée dangereuse, c'était l'idée dangereuse qui le frappait en pleine face, et bien qu'il s'en sortait toujours à temps et en vie, il ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter pour sa survie. Il ne comprenait pas pourquoi Dumbledore l'avait laissé chez ses moldus, car c'était là-bas qu'il aurait pu avoir les plus mauvaises résolutions, comme sortir seul sur Traverse.
Heureusement qu'il n'avait rien tenté d'autre que cette escapade, d'ailleurs, parce que Charlie savait que les ennuis lui seraient tombés dessus, à moins que cela ne soit déjà arrivé sous la forme d'Irvin ?
Il se re-concentra sur le brun qui tournait autour de petites créatures frêles, comme si leurs pattes étaient de fins bâtons de bois. Leur corps étaient recouverts d'un drap gris, sale et déchiré. Murdoc se dit que s'il y avait eu un peu de vent, ces entités à têtes rappelant celles de souris se seraient envolées. Charlie, lui, ne lui fit pas la remarque que contrairement à ce qu'on pouvait penser au premier abord, les Strigyx vivaient dans des plaines venteuses, et qu'ils savaient très bien s'y faire avec cet élément.
« Et les autres ? » finit-il par demander, après avoir détaillé chaque être vivant des yeux.
« Des créatures assez banales, plutôt mauvaises, si tu veux mon avis. Il vaut mieux ne pas annuler la stase, ce serait assez horrible et radical, comme effet. »
« Et les Nafl ? » demanda à nouveau le cadet.
« Comme tu veux. Tu peux peut-être en prendre un avec toi ? » suggéra Charlie.
Immédiatement, Murdoc prit un des petits contre lui. Ça avait tout d'un cadavre, sauf sa mollesse : c'était froid, pas de battement de cœur et figé, comme s'il avait été empaillé. Il sortit sa baguette qui était coincé dans l'arrière de son jeans et lança un finite. Il ne tenait pas à garder la créature dans cet état plus longtemps, c'était horrifiant.
Aussitôt que la lumière du sort s'estompa, la boule de poils se lova contre son torse, à la recherche de chaleur. Murdoc fondit tout de suite pour l'animal.
En moins d'une semaine, il avait déjà adopté deux animaux dont il ne savait trop rien. Mais ce n'était pas grave, parce que Ssiwa était plutôt agréable à la discussion et que cette bestiole était trop mignonne pour sa santé mentale.
« Il y en d'autre dans le coffre Potter. Des créatures, je veux dire. Et aussi des plantes. Beaucoup de plantes. »
« Allons-y, dans ce cas, » articula Charlie, heureux de ces découvertes.
Et effectivement, il en avait vu, des plantes, dans sa vie, mais jamais autant à la fois que dans la deuxième pièce du coffre Potter. Là-bas étaient entreposés des tas et des tas de branches, de fleurs, de lianes, de tronc de racines et de feuilles indéterminées qui s'enroulaient les uns aux autres dans différentes teintes de vert, de brun et de couleurs froides ou chaudes peignant au mieux les pétales délicates de chaque arbre.
Apos, qui pourtant comprenait une jungle tropicale, une forêt de conifères et une forêt d'arbres à feuilles caduques comme on en trouvait le plus en Europe, n'avait pas de certaines de ces espèces, ce qui était vraiment, mais vraiment rare, parce que l'école était connue pour être une encyclopédie vivante de tout ce qui pouvait exister sur Terre.
Il exagérait un peu, en disant ça, mais de peu.
« Ça, » énonça-t-il en montrant du doigt un arbuste au bois noueux et vieillit et aux feuilles étrangement ressemblantes à des plumes, « c'est un Arbre au Phénix. Quand un Phénix se consume pour la dernière fois, il ne reste que des cendres, et de ces cendres pousse un arbre. Quand il est en extérieur, les Phénix viennent faire leurs nids dedans et y pondent leurs œufs. C'est seulement dans ces arbres que les œufs éclosent. »
C'était vraiment merveilleux, pensa Murdoc, et il nota dans un coin de sa tête de ramener l'Arbre au Phénix pour le mettre dans sa cour, derrière sa maison.
Ses yeux se posèrent sur un jeune arbre souple dont les branches se balançaient sans même qu'il n'y ait de vent. Il s'étrangla avec sa salive. « Une pousse de Saule Cogneur ? Vraiment ? »
Charlie opina.
Là, dans le fond, se trouvait une plante – encore – les racines profondément enfouies dans un pot en céramique. Des petites feuilles vertes poussaient sur ses quelques branches d'un bois presque noir, mais le plus spectaculaire était ses fleurs bleues en forme de cônes dont sortaient une multitude de bulles.
Il en tomba amoureux sur le champ, et décida de la ramener.
Le Nafl contre sa poitrine et le pot sous le bras droit, il sortit de Gringotts. Charlie le laissa en plan parce qu'il devait trouver « deux trois choses pas trop loin, tu m'attends ? », ce à quoi le brun avait répondu par un haussement d'épaule avant de s'asseoir sur un banc vide.
Il regarda pendant dix minutes les passants qui marchaient d'un endroit à un autre, pressés, encombrés de sacs, parfois un enfant sur la hanche.
L'agitation de Traverse lui manquerait s'il partait à Apos, parce qu'il s'amusait beaucoup à regarder chaque petit détail, chaque petite chose qui caractérisait les personnes faisant leurs achats ou flânant dans les cafés ou les bars.
Murdoc sentit une personne s'asseoir à sa droite, trop proche de lui pour que ça soit un inconnu. Ses cheveux blonds, presque blancs, allaient jusqu'à la taille, ondulés et emmêlés. Il reconnut immédiatement Luna Lovegood. Elle portait aujourd'hui une salopette en jean, trop grande pour elle, qu'elle avait retroussé en bas de ses mollets. Sur le tissu était accroché une dizaine de pins affichant des marques moldues, comme Coca-Cola ou encore Disney Club. Une seule bretelle du vêtement était mise, l'autre pendait dans le vide, et c'est pourquoi il pouvait voir qu'elle ne portait qu'une brassière rose pâle en dessous. Il n'avait jamais vu Luna en dehors de l'école, sans son uniforme, ce fut donc une surprise de la croiser ici.
Les yeux bleus de la jeune fille pétillèrent de bonheur et de malice quand il croisa finalement son regard.
« Jolie nouvelle tête, Ha- » Il l'empêcha de finir sa phrase en plaquant sa main sur sa bouche. Elle leva les yeux au ciel et retira la main. « Personne ne nous écoute. »
« On ne sait jamais. Comment tu as su ? C'est si évident ? » attaqua-t-il.
« Mais non, je reconnaît juste ton aura. Elle n'est pas comme les autres, elle est violette et elle sent l'herbe fraîchement coupée. Alors que par exemple, si on prend celle de cet homme, là-bas, elle est grise et sent le goudron, et celle de l'autre là-bas, elle est grise, mais plus vers le blanc et sent la colle liquide. Les auras, ça sent pas très bon, d'habitude, mais la tienne elle sent bon, et elle est belle à regarder. Y'a comme des vagues dedans. »
« Attend, attend, c'est quoi cette histoire d'auras ? » souffla-t-il.
Il n'avait pas beaucoup parlé à Luna Lovegood au cours des ces dernières années, mais il savait que la jeune fille avait quelque chose de spécial, un plus que les autres n'avaient pas.
« Tu ne savais pas ? Ma mère pouvait voir les auras, alors moi aussi, » dit-elle d'une voix enjouée. « Mais j'aime pas trop ça, ça sent pas bon, » répéta la blonde, encore une fois. « Les grands sorciers, eux, ils sentent bon, et ils ont de belles couleurs. »
« Qui a une belle aura ? » questionna Murdoc en caressant sa peluche vivante, qui ronronnait comme un chat, toujours contre lui.
Elle prit un petit temps pour réfléchir.
« Il y a bien le Professeur Dumbledore, mais son rouge fait mal aux yeux et il sent les épices. Dès qu'il est près de moi, j'éternue. » Il rigola franchement à cette remarque, et le nez de la jeune femme se fronça. « Tu te moques de moi ? »
« Bien sur que non, je trouve juste que c'est une bonne description de Dumbledore. Qu'est ce que tu fais ici ? Tu achètes tes affaires pour Poudlard ? »
« Non, Papa m'a laissé chez ma cousine pour les vacances, mais elle passe ses journées chez son copain, alors je me promène sur Traverse. »
« Tu peux venir chez moi, si tu t'ennuies trop. J'ai tout un magasin à réorganiser, une maison à aménager, et je suis seul aussi la plupart du temps, » proposa-t-il avec un petit sourire.
Encore une fois, elle réfléchit.
« C'est gentil, mais j'aime bien me promener. Mais j'y penserai. »
En voyant Charlie revenir vers lui – elle l'avait très certainement reconnu – elle se leva et s'apprêta à partir. « Tu ne sais même pas où c'est, » lança-t-il en la voyant s'éloigner, pour la retenir. Il aimait beaucoup la présence calme mais énergique de la petite blonde.
« Mais si ! »
Et effectivement, le soir même, elle était assise sur son canapé, s'amusant à lancer des sorts avec la baguette sans Trace de Murdoc. Il eut soudainement une idée. Il se leva du canapé où il était lui aussi installé et alla fouiller dans sa malle qui était dans sa chambre. Il en sortit quatre baguettes, celles qui avaient fait partie du lot, quand il avait acheté la sienne chez le brocanteur, sur le chemin des Embrumes. Il avait d'ailleurs toujours ce vieux bouquin qui ne s'ouvrait pas et que le vendeur l'avait forcé à prendre.
Il en proposa une a Luna. Murdoc ne savait pas trop quoi en faire, elles traînaient dans sa chambre depuis qu'il les avait acquises, et savait qu'il ne voudrait pas s'en servir. La sienne lui allait parfaitement, maintenant. Il sentait qu'il pouvait s'en séparer d'une pour la transmettre à la blonde, il lui faisait confiance, même après aussi peu de temps
La jeune fille passa sa main droite au dessus des baguettes, comme si elle pouvait ressentir leurs énergies et laquelle lui correspondrait le plus.
Puis, avec un sourire de remerciement, elle se stoppa au dessus de la blanche, celle que Murdoc supposait être taillée dans une dent de Basilic. De petites gravures tournaient le long de l'os, comme des torsades, et si l'on s'en approchait, on pouvait y voir des mots qui se formaient dans une langue qui lui était inconnue, mais qui s'approchait des Runes Antiques.
Soudainement, même si son sourire restait en place, des perles commencèrent à briller au coin de ses yeux. Murdoc supposa qu'elle pleurait, et ne sut pas trop comment l'approcher.
« Hey, qu'est ce qu'il se passe ? » balbutia-t-il, pas trop certain de lui.
Avant de dire quoi que ce soit d'autre, elle préféra s'assurer de quelque chose.
« Nous sommes amis, pas vrai ? »
Elle plongea ses prunelles bleues dans celles bleues et mauves de Murdoc. Elle pouvait voir la vérité, comprit-il. Il hocha la tête. Il ne mentait pas, le peu de temps qu'ils avaient passés à discuter, que ce soit à Poudlard ou ici, l'avait conforté dans son choix de pouvoir la considérer telle que.
Elle sourit un peu plus franchement et cela marqua une fossette dans sa joue. Les larmes glissèrent sur sa bouille et se coincèrent dans le creux. Tout cela était un peu bizarre, elle n'avait pas l'air triste ou joyeuse à en pleurer.
« Merci, » souffla-t-elle, et cela venait du fond de son cœur. Jamais quelqu'un n'avait remercié Murdoc avec un sentiment aussi puissant.
La blonde conjura une fiole et dirigea ses larmes dedans. Elle referma le flacon avec un bouchon en verre dans lequel elle fit passer une chaîne, qu'elle tendit ensuite à Murdoc. Il l'interrogea du regard, bien qu'il se doutait maintenant que ces larmes devaient avoir une propriété magique quelconque.
« J'ai entendu dire que les larmes des enfants du Peuple des Airs étaient rares et avaient des propriétés curatives, » dit-elle d'une voix douce. « Et que celles des Elfes du Soleil assuraient une grande force. Je me demande ce que tu feras d'un mélange des deux. »
Elle faisait donc partie de deux peuples ? Murdoc n'avait jamais entendu parlé du Peuple des Airs, et ne pouvait donc pas établir une seule hypothèse à son propos, mais il connaissait par contre les Elfes par la littérature anglaise folklorique. Si celle-ci était assez proche de la vérité, alors les Elfes vivaient en communauté et étaient assez fiers. Il n'auraient pas accepté le mélange de deux espèce parmi eux.
« Tes parents sont donc un Elfe et, » il se coupa, ne connaissant pas le mot pour désigner les personnes faisant parti du Peuple des Airs.
« Ma mère était une Quetzalcon, effectivement. »
« Quetzalcon comme Quetzalcóatl ? »
Luna hocha la tête.
Cela tenait la route, parce que de ce qu'il en savait, Quetzalcóatl était le dieu de l'air Aztèque.
« Le Peuple de l'Air descend de Quetzalcóatl. Dans les croyances Aztèques, c'est lui qui a donné vie aux humains, en dérobant aux enfers des ossements et en les arrosant de son sang. Mais il a aussi donné naissance à ses propres enfants, trompé par Tezcatlipoca, son frère. La légende raconte que lorsque ses fils et filles furent nés, ils étaient si pleins de couleurs qu'il en fut jaloux, alors il les leur vola. C'est pourquoi les Quetzalcon ont tous la peau presque translucide, les cheveux blancs et les iris blancs, et que le Serpent à Plume est toujours représenté avec mille couleurs. »
Murdoc saisit finalement la fiole et la passa autour de son cou. Cela serait utile, même si le sang était ici mélangé et que les effets en seraient changés. Le brun la remercia d'un signe de la tête. Ce qu'il avait entre les mains était précieux.
Luna focalisa son attention sur sa baguette nouvellement acquise, et l'empoigna plus fermement. Sans prononcer un mot, elle fit apparaître des grandes guirlandes de lumières moldues, comme celles qu'il y avait dans les guinguettes.
« Comme ça, y'aura un peu de moi ici, » prononça-t-elle dans un bâillement.
LA PORTE du magasin s'ouvrit avec un tintement, et immédiatement Murdoc se leva de son lit et descendit en trombe les trois étages qui séparaient sa chambre du rez-de-chaussée.
« PEU IMPORTE QUI VOUS ÊTES, FAITES ATTENTION À LA BESTIOLE ! » hurla-t-il dans les escaliers.
« LA BESTIOLE ? » lui répondit la voix lointaine d'Irvin. « QUELLE BESTIOLE ? »
« FAIT JUSTE ATTENTION ! »
Puisqu'il ne regardait pas où il allait, il ne se rendit pas compte que le punk montait lui aussi les escaliers et se le prit de plein fouet. Heureusement qu'il s'accrocha à lui car ils auraient sinon finis en bas de l'escalier, par terre, les os brisés.
Irvin le gratifia d'un petit sourire moqueur, comme à son habitude. Murdoc n'y faisait plus attention, maintenant. L'aîné regarda autour de lui, pour voir de quelle bestiole il s'agissait. Il disait être habitué à Ssiwa mais n'osait pas s'approcher à plus de deux pieds d'elle. Cela faisait beaucoup rire Nina, qui n'en avait pas mené large quand Murdoc lui avait proposé de prendre le serpent autour de son coup, comme le reptile le faisait autour du sien.
Il releva la tête vers lui, s'interrogeant sur quel animal plus dangereux que le serpent corail habitait maintenant le magasin de botanique.
« Un Nafl, » précisa Murdoc. « C'est mignon, plein de poils, ça se nourrit d'insectes et de lait pour le moment, et ça chassera plus tard pour sois-même. Enfin, s'il n'est pas trop domestiqué, mais j'arriverai à gérer ça. »
« Et ça n'a pas de nom ? »
« Pour l'instant, c'est la bestiole, on verra plus tard. »
Ils montèrent les escaliers jusqu'au premier étage où se trouvait le salon et son canapé, et le semblant de cuisine qu'il s'était construit. Il demanda ce que voulait boire Irvin – il ne se faisait pas d'illusion, quand Irvin venait chez lui sans rien demander ou annoncer, c'était parce qu'il voulait profiter de ses boissons ou de sa nourriture – pendant que celui-ci s'installait confortablement dans le moelleux canapé. La boule de poil, dans un jappement, demanda à grimper sur les genoux du punk, et il ne put résister à son regard doux.
« Pas trop domestiqué ? » souligna-t-il en passant sa main dans le pelage rêche mais agréable, toujours son rictus moqueur imprimé sur le visage.
Murdoc soupira. Il n'était pas sorti de l'auberge.
C'ÉTAIT un matin, Murdoc s'était levé à trois heures – et endormi à une heure – et tournait en rond dans son appartement sans trouver aucune distraction assez percutante pour le distraire.
Ssiwa était sur sa pierre chauffante et il ne voulait même pas essayer de la lever, parce que cela relèverait de l'imbécillité, et Bestiole était couché entre les anneaux du serpent. Oui, la bestiole s'était désormais transformé en Bestiole Irvin l'avait décidé. Murdoc n'aimait pas trop appeler le Nafl comme cela et préférait le diminutif Stio ou Sti.
Ssiwa, elle, depuis que Sti était arrivé, se prenait pour sa mère, tout comme elle se prenait aussi pour la mère de Murdoc. Le petit dormait maintenant auprès de sa mère serpent, et les deux semblaient se liguer contre lui pour le faire devenir fou le plus possible.
Il avait aussi essayer de brasser des potions utiles, mais celle qu'il avait commencé nécessitait vingt heures de repos après avoir ajouté les trois premiers ingrédients, c'est à dire, une aile de libellule entière, une écaille de Dragon-Nageur séparée en trois morceaux égaux et le jus d'une mousse foudroyante écrasée. Autant dire que cela ne lui avait prit qu'une demi-heure, grand maximum.
Il avait ensuite allumé sa télévision nouvellement acquise, mais il n'y avait rien à voir si tôt le matin.
Son projet suivant avait été de continuer à aménager la partie magasin de son appartement mais avait laissé tomber pour cause de découragement après s'être fait attaqué par des lianes magiques qui avait faillit l'étrangler. Murdoc avait réussit à éviter l'attaque de peu en se jetant sur la droite pour ensuite s'entraîner à esquiver. Il manquait cruellement d'entraînement.
Après un autre abandon, il était remonté dans son salon, s'était allongé dans le canapé orange et avait détaillé la pièce autour de lui.
Le parquet n'était plus recouvert de poussière et était désormais brillant. Un meuble était placé contre un mur sur lequel était posée sa télévision, un petit poste ridicule, mais il n'avait rien trouvé de mieux quand il avait fallut se dépêcher d'en acheter un pour voir un film que Nina ne voulait absolument pas rater.
Le salon était ouvert sur la cuisine. Des assiettes sales s'empilaient dans l'évier, alors il donna un coup de baguette vers elles, et avec la bonne formule, la vaisselle se fit toute seule.
Il regarda le plafond, cherchant désespérément quelque chose à faire. Murdoc était quelqu'un qui avait besoin d'être occupé, et sans cela, il s'ennuyait très vite.
C'est comme ça qu'en promenant ses yeux sur la pile de livres qui étaient dans le salon, il tomba sur un bouquin qui décrivait une discipline magique dont il n'avait jamais encore entendu le nom.
Et c'est aussi comme ça qu'il se rendit compte qu'il y avait beaucoup de choses dont il ne connaissait rien, et que s'il allait à Apos ainsi, il se ferait tuer en quelques secondes par les autres étudiants qui seraient bien plus avancés que lui.
Le titre de ce livre était : LA MAGIE GLYPHIQUE.
Le livre était d'un beau rouge écarlate, comme le sang sur une plaie à vif, et sur sa couverture, suivant ses bords, étaient reliés méticuleusement de nombreuses runes dorées, presque luisantes. Les pages, à l'intérieur, étaient jaunies, bien que correctement conservées pour un livre ayant été entreposé des dizaines d'années plus tôt dans un des coffres froids et humides de Gringotts. Un sort, sans aucun doute, était responsable de cet état.
Les glyphes était un dérivé de l'alphabet runique de base. Cet alphabet, il l'avait appris en même temps qu'Hermione à Poudlard, en lui faisant réviser chacune de ses leçons une dizaine de fois. Et grand bien lui en était, car quand plus tard, il décida de se mettre à la magie glyphique, il fut soulagé de ne pas avoir tout à ré-apprendre. Les signes différaient un peu mais pas leur utilisation.
Les runes pouvaient avoir une signification quand elles étaient seules, mais comme un alphabet, il fallait les assembler pour former des mots. Les glyphes, sur l'exemple des runes, étaient plutôt des idées, semblablement aux kanas japonais.
Enfin, les glyphes étaient réservés aux tissages, alors que les runes, sur la même utilisation, pouvait être utilisées seules. Cependant, une rune ne faisait effet qu'une seule fois, contrairement aux tissages.
Un tissage était formé de plusieurs glyphes reliées qui avait un effet concret et qui intensifiait ou développait une capacité humaine une fois dessinées sur le corps du sujet. Vous deviez les dessiner vous même, sans pour autant créer ses propres motifs (certains existaient déjà dans des livres comme celui que possédait Murdoc, mais vous aviez aussi la possibilité de construire vos motifs vous-même avec une bonne maîtrise des glyphes).
Par exemple vous pouviez dessiner un tissage d'endurance, qui justement, allait améliorer votre endurance. L'espace approprié sur le corps différait d'une personne à une autre : l'un pourrait le dessiner sur ses talons, si l'autre le faisait au même endroit, cela n'aurait pas la même puissance.
Trois méthodes existaient.
La première était le dessin, et c'était la plus sure, car si un tissage était mal placé, mal calculé ou mal dessiné, la douleur devenait insurmontable et vous en mourriez. Avec un simple dessin, le tissage était vite effacé pour éviter la mort. Mais son point faible résidait en cela aussi : si vos glyphes s'effaçaient ou s'estompaient alors que vous combattiez, cela posait problème.
C'est pourquoi Murdoc, qui s'intéressait de plus en plus à cette pratique datant de la Rome Antique, passa ce premier choix et regarda le second.
Celui-ci était les tatouages. Comme le dessin, les tatouages étaient visibles sur la peau, et les dessins ne risquaient pas de s'effacer dans un faux mouvement. Par contre, au bout de quelques jours, et cela dépendait de votre niveau de magie, l'encre était absorbée et les glyphes ne faisaient donc plus effet.
Lui voulait une quelque chose de permanent. La troisième méthode lui convint donc tout particulièrement, et dès qu'il eut fini de lire les explications, il chercha quel serait son premier tissage et quel était l'endroit qui lui convenait le mieux.
La troisième et dernière méthode consistait à se graver les tissages dans la peau. Il fallait un couteau ou quelque chose qui coupait avec assez de précision, espérer ne pas se tromper car cette fois-ci, les tissages ne pouvaient s'effacer, et ensuite observer les effets.
Évidemment, un tissage ne se faisait qu'en une seule fois, d'une seule ligne.
Peu sur de lui, Murdoc arriva à la section des modèles. Ces tissages étaient universels, connus de tous ceux qui avaient un jour cherchés à s'informer sur la discipline.
Il avait vraiment envie d'essayer maintenant, et toujours bloqué dans ce cercle vicieux de l'ennui, il alla chercher des feutres pour tester la première méthode : il n'était pas fou, il se devait de tester ça avant d'enfoncer des marques profondément dans sa peau.
Murdoc se plaça en tailleur au milieu de son salon, attacha ses cheveux pour ne pas qu'ils tombent dans ses yeux pendant qu'il dessinait, et ferma les yeux.
Le tissage qui avait le plus attiré son regard était l'utilisation de toute sa magie. Le bouquin spécifiait que c'était l'un des premiers que toute personne utilisant les glyphes faisaient.
Le brun, derrière ses paupière closes, chercha ce qui était le plus en rapport avec sa magie dans son corps. Qu'est ce qui ici était la source de sa magie ? Où sa magie circulait-elle ? Comment ? L'apprenti se laissa doucement guider par les ondes bienfaitrices et l'endroit qui lui paru bientôt le meilleur était les paumes de ses mains, là où tout son flux magique se regroupait quand il était en surdose.
Avec un grand sourire, il attrapa son feutre bleu et commença à tracer une spirale dans le creux de sa main. Trois branches étaient reliées à cette spirale, l'une traversait le pouce, la seconde le majeur et la dernière l'auriculaire. Il plaça ses deux mains côtes à côtes, ses deux auriculaires se touchant, et continua la ligne pour cela forme le même dessin symétriquement sur l'autre main. Il traça ensuite les runes, faisant attention à ce que la pointe du feutre ne quitte jamais sa peau, quitte à repasser sur des lignes.
Une heure après, quand chaque lettre fut placée avec précision, Murdoc lâcha le feutre avec un soupir de bien être, et s'étira. Il fit craquer par la même occasion la plupart de ses os.
L'adolescent saisit sa baguette – qu'il gardait toujours prêt de lui – et l'agita simplement pour faire apparaître une boule de lumière. Il frissonna sous l'intensité de la sensation. La picotement agréable qui le saisissait dès qu'il utilisait sa magie avait au moins triplé en puissance et il se sentait juste en harmonie avec lui même. Ce dessin faisait juste en sorte que toute sa magie lui parvienne, mais Dieu que c'était bon.
Il avait besoin de ça indéfiniment.
Murdoc fit venir un lui un couteau, et toujours avec des traits délicats et la précaution d'un apprenti, il passa la lame sur les traits déjà dessinés.
Seulement après dix minutes, sa peau le tiraillait déjà douloureusement, mais il tint bon et finit son tissage. À travers les plaies ouvertes, il pouvait apercevoir courir dans son sang une lueur blanche qui retraçait les formes dessinées sur ses paumes.
La magie l'entoura, le faisant presque suffoquer. Il se demanda si tout était normal, car rien de ce qui lui arrivait n'était expliqué dans son livre. En même temps, il n'y avait que les bases dans celui-ci, et s'il avait voulu en apprendre plus pour avoir plus de sûreté, il aurait du se renseigner ailleurs. Mais les manuel lui avait semblé tellement complet qu'il n'avait pas cherché à aller voir autre part.
Quand il grava la dernière ligne dans sa peau, la pièce fut immédiatement remplie d'une surcharge de magie et Ssiwa, toujours sur sa pierre, siffla de mécontentement.
Murdoc essaya de bouger, mais ses membres restèrent statiques tant la pression était forte autour de lui.
Est-ce que ça voulait dire que son dessin était raté ? Pourtant, cela avait marché quand il l'avait seulement au feutre, et la douleur présente venait de l'extérieur, et pas de son corps.
Puis soudainement, tout s'arrêta. Le brun prit quelques minutes pour retrouver son souffle, et haletant, il regarda la luminosité de ses glyphes disparaître. Il se releva en chancelant.
L'adolescent regarda autour de lui, cherchant ce qui avait changé, mais rien ne lui donna d'indice. Tout était en ordre, à sa place, et Ssiwa ronflait à présent sereinement. Pourtant, il lui semblait que quelque chose était différent dans l'air, qu'il y avait une variation. Ne voyant rien de plus, il n'appela pas Charlie et décréta que son expérience avait marché. Fier de son œuvre, il s'en tint là pour la journée.
Mais cela ne résolvait pas son problème d'ennui. Il avait peut-être étudié un nouveau sujet, mais il lui en restait tellement si un jour il voulait vaincre Voldemort.
Malgré ce que Charlie lui avait dit à propos d'un destin libre, il se sentait obligé de battre le sorcier. Parce qu'il était la seule personne à pouvoir le faire, parce que s'il abandonnait maintenant, le reste des sorciers d'Angleterre allaient perdre espoir et que la race sorcière n'existerait plus dans son pays si Voldemort exterminait tout le monde.
Et il savait qu'il ne pouvait pas le vaincre avec ses connaissances actuelles. Là-dessus, le roux n'avait pas eu tort et lui avait remis les yeux en face des trous : il n'était même pas capable de vaincre un professeur de Poudlard, comment faire avec le mage noir le plus puissant d'Angleterre ? Il ne pourrait même pas tenir plus de cinq minutes face à lui, toutes les dernières fois ayant été de la chance pure.
Si la prophétie disait qu'il était le seul à pouvoir vaincre Voldemort, cela ne disait pas qu'il en était actuellement capable. Ce n'était pas en agitant la baguette deux fois que, par magie, le mage allait tomber.
Dumbledore avait essayé de lui faire croire ça, mais maintenant qu'il voyait clair, il savait qu'il devait étudier, parce que Voldemort avait quarante années d'avance sur lui.
Apos semblait donc la solution, mais est-ce qu'il avait le niveau pour aller là-bas ? Charlie disait que oui, mais maintenant qu'il avait conscience de son retard, il voulait absolument en apprendre plus et rapidement. Avec la trentaine de jours qu'il lui restait avant la rentrée dans l'école (qui était le dix septembre) il ne pouvait pourtant pas faire grand-chose. Il avait une tonne de livres dans lesquels il pouvait se renseigner mais il n'aurait jamais assez de temps. Il ne savait même pas par où commencer parce que pour étudier telle ou telle forme de magie il fallait d'abord maîtriser celle-ci, et pour maîtriser celle-ci, il fallait maîtriser celle-là. C'était un cercle vicieux qui au final lui démontrait encore qu'il n'avait le temps de rien faire
C'est après une dizaine d'heures passées dans son appartement, quand il voulut sortir, qu'il se rendit compte que son problème était résolu.
C'était encore le matin sur Traverse.
L'heure n'avait pas avancée. C'était toujours la même qu'après avoir fini son tissage.
« Où étais-tu parti ? » accusa la femelle serpent, dès qu'il rouvrit la porte.
« Je suis resté deux minutes dehors ! »
« Cela fait une journée entière que tu es sorti, et tu n'as rien laisser pour manger. »
« Une journée entière ? » questionna-t-il, un peu dépassé.
« Vingt-quatre heures, plus ou moins. » Il avait appris à son serpent la valeur du temps, car ce n'était sinon pas quelque chose que les serpents connaissaient ou faisaient attention à.
Tout était il qu'il venait de créer une bulle spatio-temporelle où le temps n'avançait pas à la même vitesse à l'intérieur, tout ça en faisant un rituel dont le sang était un composant. Il ne le savait pas, mais encore une fois il n'avait pas pris ses précautions, et avait joué avec sa magie dans une maison entièrement remplie d'artefacts magiques dont il ne connaissait pas les effets.
Ainsi, dans sa chambre, juste au dessus de lui, le pendentif en forme de sablier plat dont il n'avait toujours pas trouvé le sens mais qui servait sur les champs de bataille, pour les guérisseurs, à créer une bulle où le temps passait moins vite pour soigner les blessés avec plus d'efficacité, venait d'être touché par la puissant magie du garçon qui était en train de faire un rituel pour augmenter la puissance de sa magie, pour y avoir entièrement accès.
Tout le monde savait qu'il ne fallait pas prendre les rituels de sang à la légère parce qu'ils amplifiaient la magie sur le moment, et qu'il fallait les pratiquer dans une salle protégée, où dans un endroit sans magie, comme au milieu d'une forêt moldue.
Le premier conseil qu'il nota, donc, en rentrant, était de ne laisser aucun de ses animaux dedans quand il allait à l'extérieur. Il avait passé à peine deux minutes dehors, qu'est ce que cela donnerait si il partait une journée entière ?
Il ne savait pas combien de temps cela allait durer, mais puisque la solution était venue à lui comme par enchantement – et c'était un peu le cas –, il allait en profiter.
Bon alors, vous en pensez quoi ? J'ai mis un peu de temps à le finir, parce que reprise des cours (en fait c'est pas vraiment les cours qui m'ont pris du temps, c'est mon devoir de syndicaliste, plutôt !)
J'attends toujours vos avis sur si Harry/Murdoc doit être en couple et avec qui, parce que pour l'instant, on est à égalité sur soit Irvin, soit Charlie.
À bientôt pour la suite les amis ! :)
